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| | Opéra de Bordeaux, 2006-2007 | |
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vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 25 Oct - 1:09 | |
| http://www.opera-bordeaux.com/index.php?id=27&id_cat=1

L'elisir d'amore de Donizetti.
Néophyte à peu près complet en la matière opératique de l'Italie belcantiste, j'ai naïvement débuté la saison, ce soir, avec ce nanar bien savoureux.
Production Opéra National de Nancy et de Lorraine, Théâtre de Caen et Opéra de Rennes
DIRECTION MUSICALE Paolo Olmi MISE EN SCENE, CHOREGRAPHIE Omar Porras DECORS, CREATION DE MASQUES Fredy Porras COSTUMES Coralie Sanvoisin LUMIERES Mathias Roche
ADINA Maïra Kerey NEMORINO Stephen Costello BELCORE Nigel Smith DULCAMARA Till Fechner GIANNETTA Laure Baert
Orchestre National Bordeaux Aquitaine - Chœur de l’Opéra National de Bordeaux
Comme prévu, toutes les têtes blanches étaient bien présentes, le théatre complet. Même Juppé et Madame (en un superbe tailleur fuschia) étaient là.
La musique, parlons-en vite. C'est du niveau d'une bonne fanfare municipale, une succession de ritournelles convenues, d'accords des plus triviaux. Le rythme sans aucune subtilité Zim-Boum-Boum.
(EDIT: disons qu'il y a quelques passages réussis, le final du I par exemple, je suis un peu dur)
Le livret est d'une légèreté incroyable. Un synopsis, il est vrai qui nous évite les retournements de situation multiples. En fait une pochade qui n'est pas si éloignée de cela d'une Serva padrona ou quelque farce de Molière.
Ce ne serait l'absence de dialogues parlé, on est dans la vivacité d'esprit d'un Offenbach (qui écrivait un peu mieux son harmonie tout de même). En deux actes, tous les soucis d'amour de Nemorino sont réglés. A noter que l'élixir, c'est du bordeaux!
La prestation de l'orchestre national de Bordeaux est difficile à juger sur quelques lourds accords majeurs et roulement de grosse caisse. Si, si les cors (le cor, je crois) étai(en)t excellent (s).
Du côté de la scène, les choses vont mieux. Mise en scène vivante, des trouvailles amusantes qui transforment ce navet musical en pastorale comique poulaillère. Excellents décors et costumes d'oiseaux à la Papageno des protagonistes tous masqués.
L'Adina de Maïra Kerey, illustre chanteuse Kasakh est bien maladroite scéniquement, les aigus vaillants et tonitruants mais inexpressifs au possible, un médium instable assez désagréable.
Le Nemorino de Costello, dans le plus classique style du ténor italien (pour ce que j'en connais) émouvant, une voix qui ne "passe" pas mais très expressive à nous faire oublier la "légèreté" du propos.
Le Dulcamara de Fechner, bateleur de première, baryton agile et captivant.
Le Belcore de Smith, hum...
Des choeurs formidables efficacement utilisés sur scène.
Pas une mauvaise soirée, mais un certain étonnement à savoir cette oeuvre aussi considérée et produite.
En attendant avec appétit le Jakob Lenz de Wolfgang Rihm le 14 novembre. |
|  | | Xavier Père fondateur

Age : 27 Inscrit le : 08 Juin 2005 Messages : 32932
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 25 Oct - 1:59 | |
| Tiens ça ressemble aux impressions de Pauken qui est allé voir un Donizetti à Bastille.
Tout ça ne me fait pas terriblement envie... |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 25 Oct - 2:02 | |
| En tout cas, ne fais pas le déplacement à Bordeaux uniquement pour ce spectacle.  |
|  | | Xavier Père fondateur

Age : 27 Inscrit le : 08 Juin 2005 Messages : 32932
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 25 Oct - 2:14 | |
| | Xavier a écrit: | Tiens ça ressemble aux impressions de Pauken qui est allé voir un Donizetti à Bastille.
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J'ai eu du mal à retrouver parce que Pauken poste n'importe où!
http://classik.forumactif.com/viewtopic.forum?p=54040&highlight=#54040
| Citation: | Bon, on m'avait prévenu ... c'est vrai que même en direct, Donizetti c'est quand même de la musique royalement chiante, malgrès un orchestre très bon, une Nathalie Dessay radieuse et une bonne mise en scène. J'ai vraiment horreur de ces fanfares à tout bout de champ, ces grands accords de La Majeur pour accompagner la découverte d'un suicide, ou un meurtre en direct ... bref complètement inapproprié selon moi. |
On retrouve le mot "fanfare" dans vos deux commentaires, et pourtant ça n'était pas le même opéra.  |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 25 Oct - 11:17 | |
| Oui, ça ressemble en effet!
Vive Donizetti!  |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Inscrit le : 30 Déc 2005 Messages : 23651 Localisation : Bordeaux
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 25 Oct - 21:09 | |
| | vartan a écrit: | | Comme prévu, toutes les têtes blanches étaient bien présentes, le théatre complet. Même Juppé et Madame (en un superbe tailleur fuschia) étaient là. | Juppé à l'opéra ! C'est vraiment pour se faire voir, parce qu'on ne l'y avait plus vu depuis le Giulio Cesare de 98, à ma connaissance.
| Citation: | | La musique, parlons-en vite. C'est du niveau d'une bonne fanfare municipale, une succession de ritournelles convenues, d'accords des plus triviaux. Le rythme sans aucune subtilité Zim-Boum-Boum. |
Je ne l'aurais pas cru, mais je vote au secours de Donizetti. C'est sans doute possible ce qu'il a écrit de mieux (et Dieu sait qu'il y a de vrais nanars chez lui), avec une écriture d'une justesse dramatique incroyable. Tout est bâti de façon extrêmement habile, avec une tension sans cesse augmentée jusqu'au final de chaque acte. Celui du I est une merveille, comme tu le soulignes.
Evidemment, il ne faut pas chercher chez Donizetti de l'innovation harmonique ou rythmique, des idées d'orchestration, ce n'est pas son but. Mais ici, contrairement aux Vaccai scéniques que sont pas mal de ses autres opéras, tout est totalement tendu vers l'action, dans une fraîcheur, un charme indubitables.
C'est un opéra que j'aime beaucoup.
| Citation: | | En deux actes, tous les soucis d'amour de Nemorino sont réglés. A noter que l'élixir, c'est du bordeaux! |
Evidemment, c'est purement léger, le but n'est surtout pas que ce soit crédible ! Nous sommes dans la catégorie du vraisemblable extraordinaire si chère à Corneille. 
| Citation: | | La prestation de l'orchestre national de Bordeaux est difficile à juger sur quelques lourds accords majeurs et roulement de grosse caisse. Si, si les cors (le cor, je crois) étai(en)t excellent (s). |
M'étonnerait qu'il n'y en ait pas deux, ils ne maraudent jamais seuls.  Je dois avouer que l'audition de l'ONBA dans ce répertoire est pour beaucoup dans ma défection, surtout après la double ration mortelle de leur Cenerentola.
Pour le reste, on peut lire un avis ici : http://www.vocalises.net/spip.php?article142 . On m'en a dit que le ténor était promis à une grande carrière, que la petite était vraiment très bien dans son registre léger, que Fechner manquait sérieusement d'abattaque et que Smith était plutôt bon. Mise en scène unanimement adorée. Sur le papier, je ne comprends pas pourquoi on n'a pas inversé Fechner, baryton trop clair pour Dulcamara, et Smith, qui dispose en plus d'une très bonne maîtrise de l'agilité (excellentissime Argante de Rinaldo).
| Citation: | | Des choeurs formidables efficacement utilisés sur scène. |
On nous les a changés. Généralement, la pâte est assez épaisse et la diction incompréhensible. C'était mieux ? Beau Lohengrin, je me souviens, mais c'est si bien écrit ! Et la mise en scène de Giuseppe Frigeni favorisait les résonances des différents pupitres.
| Citation: | | Pas une mauvaise soirée, mais un certain étonnement à savoir cette oeuvre aussi considérée et produite. |
Je ne suis pas très étonné que tu n'aimes pas. Mais c'est à mille lieues au-dessus du Barbier de Séville ou de Don Pasquale !
| Citation: | | En attendant avec appétit le Jakob Lenz de Wolfgang Rihm le 14 novembre. |
Moi aussi ! Moi aussi ! Surtout que Rihm écrit diablement bien pour la voix, c'est stable, humain, presque verdien, avec une écriture assez conjointe, des incursions raisonnables dans l'aigu, de très beaux choeurs homogènes. Et puis cet orchestre, diablement percussif ! Ce doit être une splendeur, si c'est du même tonneau que ce que je connais.
Merci pour le compte-rendu ! |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Jeu 26 Oct - 0:30 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | Juppé à l'opéra ! C'est vraiment pour se faire voir, parce qu'on ne l'y avait plus vu depuis le Giulio Cesare de 98, à ma connaissance.
|
Le Prince doit désormais se montrer à ses nouveaux administrés.
| Citation: | | Je ne l'aurais pas cru, mais je vote au secours de Donizetti. |
David au bord de l'extraordinaire.
| Citation: | | une écriture d'une justesse dramatique incroyable. Tout est bâti de façon extrêmement habile, avec une tension sans cesse augmentée jusqu'au final de chaque acte. Celui du I est une merveille, comme tu le soulignes. |
Je te trouve un peu excessif, c'est habile, enlevé, oui.
| Citation: | | Evidemment, il ne faut pas chercher chez Donizetti de l'innovation harmonique ou rythmique, des idées d'orchestration, ce n'est pas son but. |
Je pense que ceci me gêne beaucoup précisément. Même chez Massenet et une certaine farce héroïque on trouve plus de recherche musicale. Pour le spectacle en lui-même je ne me sentais pas face à un opéra (déception).
| Citation: | | Evidemment, c'est purement léger, le but n'est surtout pas que ce soit crédible ! Nous sommes dans la catégorie du vraisemblable extraordinaire si chère à Corneille. |
Evidemment, les conventions du genre sont tendues à l'extrême, c'est même plutôt réjouissant. Mais, Diable, pourquoi Belcore revend-il le contrat d'engagement de Nemorino, son rival qu'il libère du même coup?

| Citation: | | Citation: | | La prestation de l'orchestre national de Bordeaux est difficile à juger sur quelques lourds accords majeurs et roulement de grosse caisse. Si, si les cors (le cor, je crois) étai(en)t excellent (s). |
M'étonnerait qu'il n'y en ait pas deux, ils ne maraudent jamais seuls. |  Le deuxième dormait peut-être? 
| Citation: | | Je dois avouer que l'audition de l'ONBA dans ce répertoire est pour beaucoup dans ma défection, surtout après la double ration mortelle de leur Cenerentola. |
Nous sommes en province, David!
| Citation: | | Pour le reste, on peut lire un avis ici : http://www.vocalises.net/spip.php?article142 . On m'en a dit que le ténor était promis à une grande carrière, que la petite était vraiment très bien dans son registre léger, que Fechner manquait sérieusement d'abattaque et que Smith était plutôt bon. Mise en scène unanimement adorée. Sur le papier, je ne comprends pas pourquoi on n'a pas inversé Fechner, baryton trop clair pour Dulcamara, et Smith, qui dispose en plus d'une très bonne maîtrise de l'agilité (excellentissime Argante de Rinaldo). |
Bis pour le ténor qui sort largement du lot. Pas bis du tout pour la petiote qui me semblait plus exécuter un numéro de cirque que chanter la comédie, peu expressive de mon point de vue.
Pour le reste, j'ai justement trouvé Fechner agile et bateleur parfait pour son rôle. Mais sur la distribution des voix je n'ai pas d'avis.
| Citation: | | Citation: | | Des choeurs formidables efficacement utilisés sur scène. |
On nous les a changés. Généralement, la pâte est assez épaisse et la diction incompréhensible. C'était mieux ? |
A peine de ton point de vue. Dans cet italien assez simple on comprenait. Sur le côté pateux, rien de changé mais un dynamisme sur scène où ils participaient activement, bien étonnant.
| Citation: | | Citation: | | Pas une mauvaise soirée, mais un certain étonnement à savoir cette oeuvre aussi considérée et produite. |
Je ne suis pas très étonné que tu n'aimes pas. Mais c'est à mille lieues au-dessus du Barbier de Séville ou de Don Pasquale ! | J'ai bien peur que l'opéra italien me reste fermé. Rigoletto peut-être en février?
| Citation: | | Citation: | | En attendant avec appétit le Jakob Lenz de Wolfgang Rihm le 14 novembre. |
Moi aussi ! Moi aussi ! Surtout que Rihm écrit diablement bien pour la voix, c'est stable, humain, presque verdien, avec une écriture assez conjointe, des incursions raisonnables dans l'aigu, de très beaux choeurs homogènes. Et puis cet orchestre, diablement percussif ! Ce doit être une splendeur, |
 
| Citation: | | Merci pour le compte-rendu ! |
J'avais espéré le tien! Je l'ai presque eu.  |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Inscrit le : 30 Déc 2005 Messages : 23651 Localisation : Bordeaux
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Jeu 26 Oct - 9:53 | |
| | vartan a écrit: | | DavidLeMarrec a écrit: | Juppé à l'opéra ! C'est vraiment pour se faire voir, parce qu'on ne l'y avait plus vu depuis le Giulio Cesare de 98, à ma connaissance.
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Le Prince doit désormais se montrer à ses nouveaux administrés. |
Je sens une pointe d'acrimonie. Me trompé-je ?
| Citation: | | Citation: | | une écriture d'une justesse dramatique incroyable. Tout est bâti de façon extrêmement habile, avec une tension sans cesse augmentée jusqu'au final de chaque acte. Celui du I est une merveille, comme tu le soulignes. |
Je te trouve un peu excessif, c'est habile, enlevé, oui. |
Ah non, il y a peu d'oeuvres qui fonctionnent à ce point, aussi bien. Qui plus est, je trouve les mélodies délicieuses, une fois n'est pas coutume.
Franchement, écoute Elisabetta Regina d'Inghilterra de Rossini et on en reparle. Les récitatifs sont construits comme suit : sol7 ut ut sol7 accord diminué fa7 - et à la moitié de l'opéra, attention, MODULATION : ré7 sol sol ré7 accord diminué ré7. 
Et les mélodies ressemblent à celles qu'obtiennent, par hasard, les premières années d'harmonie lorsqu'ils écrivent sur une basse donnée.
| Citation: | | Citation: | | Evidemment, il ne faut pas chercher chez Donizetti de l'innovation harmonique ou rythmique, des idées d'orchestration, ce n'est pas son but. |
Je pense que ceci me gêne beaucoup précisément. |
C'est bien ce que je comprends. Ca me gêne aussi ailleurs, dans des opéras plus complexes psychologiquement (pas fou de Lucia), et surtout lorsqu'on sent que le principe est usé jusqu'à la corde (je vous passe la liste, c'est à peu près quarante des drames lyriques de Donizetti...).
| Citation: | Evidemment, les conventions du genre sont tendues à l'extrême, c'est même plutôt réjouissant. Mais, Diable, pourquoi Belcore revend-il le contrat d'engagement de Nemorino, son rival qu'il libère du même coup?
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A partir du moment où Nemorino est riche, tout se dénoue : - succès auprès des femmes et jalousie d'Adina qui prêtait déjà trop attention à lui ; - argent pour acheter lui-même, si besoin, un homme pour aller au combat à sa place, comme cela pouvait se faire alors.
Le fait qu'Adina ait déjà payé est certes un moyen de réunir les deux personnages, mais il est surtout un petit effet comique : on dénoue le noeud deux fois ! Songeons au Mariage de Figaro, où la Comtesse donne de l'argent une fois que Figaro ne peut décidément plus épouser sa mère. L'épisode n'est pas expliqué chez Da Ponte, c'est d'ailleurs la grosse faiblesse de cette transposition par ailleurs réussie.
| Citation: | | Citation: | | Citation: | | La prestation de l'orchestre national de Bordeaux est difficile à juger sur quelques lourds accords majeurs et roulement de grosse caisse. Si, si les cors (le cor, je crois) étai(en)t excellent (s). |
M'étonnerait qu'il n'y en ait pas deux, ils ne maraudent jamais seuls. |  Le deuxième dormait peut-être?  |
Je n'ai pas particulièrement de mauvais souvenirs des cors de l'ONBA, cela dit. Pas de pains en tout cas.
| Citation: | | Citation: | | Je dois avouer que l'audition de l'ONBA dans ce répertoire est pour beaucoup dans ma défection, surtout après la double ration mortelle de leur Cenerentola. |
Nous sommes en province, David! |
Je ne vois pas bien le rapport. Les orchestres de Lyon et Montpellier, parmi d'autres, sont bons, pourquoi pas Bordeaux ? J'ai l'impression d'un certain manque d'enthousiasme, parce que certains chefs en tirent vraiment des merveilles.
Souvenirs notamment : Huitième de Beethoven et Nuit Transfigurée avec Max Pommer, Ouverture de Manfred et Quatrième de Schumann avec George Cleve, Cinquième de Tchaïkovsky et Fiancée du Tsar avec Hans Graf, Fliegende Holländer avec Günter Neuhold, des soirées d'une qualité que je n'ai jamais pu retrouver au disque ! Si, bien sûr, les Cinquièmes, on peut penser à Mravinsky, Gergiev, Monteux, tout de même un cran au-dessus. Mais le Fliegende Holländer chambriste de Neuhold, ah çà, non ! Ou alors, dans un genre totalement opposé (apocalyptique), Böhm. Idem, pour la Quatrième, rien ne m'a plus contenté à part Furtie, pour la Huitième et la Nuit, plus rien ne m'a convaincu depuis.
On le voit vite, lorsqu'il y a eu du travail sérieux : - d'habitude, les coups d'archets ne sont pas harmonisés (!) - d'habitude, les premier rang font un vibrato de soliste, les deuxième un vibrato orchestral standard, les troisième font semblant de faire du vibrato, les derniers posent simplement les doigts sur la touche. 
Inutile de dire que lorsque tout cela est harmonisé, on ne reconnaît plus l'orchestre, pour notre plus grand plaisir ! 
J'ignore si c'est une question de niveau technique des musiciens, d'investissement faible, de temps de répétition trop court. A les voir, je n'ai pas toujours l'impression d'un enthousiasme débordant, mais c'est peut-être une impression.
| Citation: | | J'ai bien peur que l'opéra italien me reste fermé. Rigoletto peut-être en février? |
Rigoletto est un opéra merveilleux, mais pour être sûr de ne pas t'ennuyer, je te recommanderais de lire le Roi s'amuse, tu pourrais ainsi t'occuper en relevant les similitudes et différences. C'est très significatif.
(bon sang, où ai-je mis mon travail sur la question )
[quote]| Citation: | | Citation: | | Citation: | | En attendant avec appétit le Jakob Lenz de Wolfgang Rihm le 14 novembre. |
Moi aussi ! Moi aussi ! Surtout que Rihm écrit diablement bien pour la voix, c'est stable, humain, presque verdien, avec une écriture assez conjointe, des incursions raisonnables dans l'aigu, de très beaux choeurs homogènes. Et puis cet orchestre, diablement percussif ! Ce doit être une splendeur, |
 
| Citation: | | Merci pour le compte-rendu ! |
J'avais espéré le tien! Je l'ai presque eu.  |
On m'en a dit tellement de bien, j'irai peut-être. Mais je connais tellement l'oeuvre par coeur que, si ce n'est pas purement exceptionnel, je risque trouver le temps long. Pour ma part, cette année, je pense que ce sera le régime allégé, la saison dernière m'a tellement laissé sur ma faim à tous les concerts (radio lettonne et Testé notablement exceptés).
Mais j'irai voir Jakob, Mireille, Karine et Felicity. Pour le reste... |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 15 Nov - 13:33 | |
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JAKOB LENZ de Wolfgang Rihm
Opéra de chambre en 13 séquences créé à l'Opéra de Hambourg le 8 mars 1979 Livret Michael Fröhling d'après Georg Büchner dans le cadre de Novart - Création à Bordeaux Nouvelle production, en collaboration avec l'Opéra National de Nancy et de Lorraine
Direction musicale Olivier Dejours - Mise en scène Michel Deutsch - Décors, costumes Roland Deville - Lumières Hervé Audibert
JAKOB LENZ Johannes M. Kösters - PERE OBERLIN Gregory Reinhart - KAUFMANN Ian Caley Orchestre National Bordeaux Aquitaine - Membres du Chœur de l’Opéra National de Bordeaux : Sandrine Labory, Wha-Jin Lee, Claire Larcher, Sophie Etcheverry, David Ortega, Pascal Wintzner - Jeune Académie Vocale d’Aquitaine issue de "Polifonia Eliane Lavail "
Très belle soirée pour cet opéra créé en 1979 à Hambourg.
Livret en allemand, le naufrage dans la folie du poète prisonnier de son art, impuissant, persécuté, désespéré. Trois personnages: Jakob, le pasteur, l'ami. Rien ni personne n'y fera, ni les exhortations du religieux à jouïr de la beauté du monde, ni les liens affectifs qui le relie aux autres (sa Fredericke est morte, ses parents bien loin), il finira dans la camisole de force que ses amis lui passeront.
Aucune action dramatique, le simple commentaire d'états d'âme sur un mode expressioniste, de rares tentatives des autres protagonistes pour le relever, le sauver momentanément du suicide, mais finalement l'abandonner à la déréliction, à sa misère psychique qui le laisse hagard et délirant lançant de longs hurlements.
La musique est riche en couleurs, Rihm s'égarant au même titre que l'état psychique de son héros dans tous les recoins de la musique. Son orchestre assez léger, riche en cuivre, soutient, commente en récitatif accompagné toute l'oeuvre. Des solistes du choeur dans la fosse, en écho répondent comme une hallucination aux questions que se pose Jakob. La couleur de cet orchestre vagabonde sur les terres de Ligeti, Scelsi, Britten, Strauss... sous la forme de clins d'oeil fugitifs. Bien sûr tout ceci reste assez dissonant, mais pas dans une atonalité froide et erratique. Les nombreux interludes permettent à Rihm de déployer un discours plus étoffé musicalement qui à l'instar de Pelléas assure une fonction de contenance à la scène qui va suivre.
Sur scène, d'excellents chanteurs, le rôle-titre habité absolument par Kösters, baryton au timbre confondant d'émotion, le déchirement à fleur de gorge, n'en faisant pas trop, fragile et sensible. Une belle basse pour le pasteur, voix solide, charnue qui comparée à celle de Jakob laisse ce dernier encore plus seul.
Des choeurs discrets, beaucoup d'enfants qui ajoutent à cette vision poétique de la folie.
Mise en scène simple, un lit, une chaise, de la pluie, de la neige, une lumière crépusculaire. Belle.
Belle soirée donc (tiens Mr Juppé est encore là). _________________ c'était un grand malade ce Scriabine. (Morloch)
Dernière édition par le Mer 15 Nov - 13:59, édité 1 fois |
|  | | Coelacanthe Bernard Pivot

Age : 24 Inscrit le : 13 Fév 2006 Messages : 2529 Localisation : Paris (ou presque)
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 15 Nov - 13:42 | |
| Aucun intérêt : tiens marrant, un politicien qui regarde un opera "contemporain"  _________________ « La couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux et l’âme est le piano avec les cordes. » |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 15 Nov - 13:48 | |
| Mais là il est le maire de la ville et dans sa loge municipale, il aime peut-être l'opéra? _________________ c'était un grand malade ce Scriabine. (Morloch) |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 15 Nov - 13:49 | |
| « La couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux et l’âme est le piano avec les cordes. »
Tu es d'humeur poétique en ce moment? _________________ c'était un grand malade ce Scriabine. (Morloch) |
|  | | Coelacanthe Bernard Pivot

Age : 24 Inscrit le : 13 Fév 2006 Messages : 2529 Localisation : Paris (ou presque)
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 15 Nov - 13:54 | |
| | vartan a écrit: | | Mais là il est le maire de la ville |
Ben merci, je suis au courant 
| vartan a écrit: | | et dans sa loge municipale, il aime peut-être l'opéra? |
Oui, il aime peut être vraiment l'opera, parceque la plupart viennent aux evénements, comme l'ouverture de la nouvelle salle pleyel, et point barre. Et ça m'enerve!  _________________ « La couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux et l’âme est le piano avec les cordes. » |
|  | | Coelacanthe Bernard Pivot

Age : 24 Inscrit le : 13 Fév 2006 Messages : 2529 Localisation : Paris (ou presque)
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 15 Nov - 13:56 | |
| | Citation: | | Tu es d'humeur poétique en ce moment? |
Je trouvais ça joli  _________________ « La couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux et l’âme est le piano avec les cordes. » |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 15 Nov - 13:58 | |
| Mais c'est joli!
Gentil aussi peut-être.  _________________ c'était un grand malade ce Scriabine. (Morloch) |
|  | | Coelacanthe Bernard Pivot

Age : 24 Inscrit le : 13 Fév 2006 Messages : 2529 Localisation : Paris (ou presque)
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 15 Nov - 14:00 | |
| | vartan a écrit: | Gentil aussi peut-être.  |
Venant de qui ça vient on comprend mieux, non mais!  _________________ « La couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux et l’âme est le piano avec les cordes. » |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 15 Nov - 14:00 | |
|  _________________ c'était un grand malade ce Scriabine. (Morloch) |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 17 Jan - 1:29 | |
| 
Ce soir au Grand Théatre:
LA MORT DE CLÉOPÂTRE de Berlioz LA VOIX HUMAINE Poulenc/Cocteau
Direction musicale Kwamé Ryan - Mise en scène Mireille Delunsch - Scénographie Pierre-André Weitz Soprano Mireille Delunsch Orchestre National Bordeaux Aquitaine
Mireille Delunsch donc seule en scène pendant une heure et demi.
Le Berlioz: Devant le rideau de scène, une sorte d'autel de temple, doré. Fond noir. Devant, Mireille habillée (oui, quand même) d'une grande robe moitié costume de scène XVII°, moitié Cléopâtre de Liz Taylor chez Mankiewicz. Une lourde coiffure ceinte d'un diadème portant l'uraeus protecteur. Jusqu'ici tout va bien.
Départ vaseux des violons mal accordés qui savonnent, contrebasse fausse. Mireille chante cette longue scène opératique divisée en trois airs (quatre peut-être) séparés de récitatifs.
Elle démarre dans le grave et c'est moche. Elle peine à articuler les différents registres, dans le médium c'est bon, les aigus superbes.
Globalement cette scène ne manque pas de panache, mais la scénographie est bien pauvre, le jeu de Delunsch un peu outré, quelque choses des actrices du cinéma muet. Elle campe une Cléopâtre guerrière. On dirait que ça se passe mal: "Osiris proscrit ma couronne". On tremble pour la suite.
Orchestralement ça reste moyen. L'ensemble est un peu lourdingue. On est chez les Cartaginois des Troyens avec encore plus de pesanteur. Le final assume la catastrophe avec des idées poétiques. Les cordes à nouveau éveillées scandent les battements cardiaques affolés puis saccadés et ralentissants de la reine qui se meurt (elle n'a pas d'Aspi-venin à sa portée).
Je suis déçu, l'orchestre de la fosse couvre sa voix dont on n'a pas compris une seule articulation. Le texte est quasiment incompréhensible. Fin de cette partie qui dure 15-20 minutes.
Surprise! Le rideau de scène s'ouvre aussitôt les derniers soubressauts de la pharaone, pendant les applaudissements tout l'orchestre est venu s'installer sur la scène en arrière d'une chambre assez simple dont les limites sont symbolisées par des néons. Le chef sur scène, en arrière de cette "installation" surveille la scène d'un regard sur un écran de télévision. Mireille tranquille est assise devant une table de loge et se dévêt de sa tenue péplum, se démaquille consciencieusement, boit un verre d'eau. La salle reste respectueusement silencieuse.
Le Poulenc:
Mireille de dos, le reflet de son visage aperçu dans le miroir de sa coiffeuse s'empare du téléphone.
Et là mes amis le spectacle commence! Mireille est stupéfiante dans ce rôle, émouvante, passionnée, vivante, à cent lieues de la Cléopâtre de l'instant d'avant. En deshabillé de satin noir doublé de soie mauve passé sur un robe noire, elle incarne cette femme abandonnée et sensuelle, éclairée à la Marlene Dietrich. La diction est parfaite, la voix d'un parlé-chanté équilibré qui reste naturel. Les légères félures de sa voix magnifient la douleur de cette bourgeoise qui perd ses certitudes. Une émotion qui bouleverse aux larmes. Cette pièce qui peut lasser, file d'un trait. Elle retient son amant au téléphone comme les spectateurs assez stupéfaits. Emouvant aux larmes. De façon tout à fait étrange, l'ONBA se surpasse (bon, la partition n'a pas l'air incroyablement difficile). Clair, tendre, fin. Il est admirablement dirigé ce soir. La voix de la soprano passe merveilleusement la rampe. Tout se finit quand lâchée, elle enjambe le trou noir de la fosse d'orchestre. La salle est plongée dans le noir.
J'ai passé une excellente soirée.  _________________ c'était un grand malade ce Scriabine. (Morloch) |
|  | | Xavier Père fondateur

Age : 27 Inscrit le : 08 Juin 2005 Messages : 32932
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 17 Jan - 2:08 | |
| Comme quoi il s'en passe des choses à Bordeaux!
En tout cas je vois que ton idôlatrie reste mesurée et ne t'empêche pas la critique.
Quelles sont les prochaines réjouissances à l'Opéra de Bordeaux? |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23314 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Opéra de Bordeaux, 2006-2007 Mer 17 Jan - 2:31 | |
| Rigoletto Orfeo de Moteverdi par Savall Fidelio Les noces
Et un concert symphonique autour du cinéma: Strauss - Le Beau Danube bleu (2001 Odyssée de l’espace) Williams - La Guerre des étoiles Mahler - Ve Symphonie, adagietto (Mort à Venise) Williams - La Liste de Schindler Howard Shore - Le Seigneur des anneaux Williams - Marche (Les Aventuriers de l’arche perdue) Rossini - Guillaume Tell, ouverture (Tex Avery) Mancini - La Panthère rose _________________ c'était un grand malade ce Scriabine. (Morloch) |
|  | | | Opéra de Bordeaux, 2006-2007 | |
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