 Autour de la musique classique Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres. |
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vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 22637 Localisation : Burdigala
| |  | | AndrewKillox Néophyte
Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 5
| Sujet: mes disques d'initiation Sam 17 Mai - 20:32 | |
| Tout a déjà été dit sur ces gravures illustres, mais je ne peux pas m'empêcher de placer ici un post que j'avais écrit pour un autre forum:
Une discographie de l’opéra roi ? Rabâché peut-être, périlleux sans doute, mais probablement essentiel pour permettre d’entrer dans cet univers que Mozart a ouvert à l’universalité justement. Don Juan nous est familier à tous, mythe de tous les âges, et Mozart y est pour beaucoup si pas pour tout. En suivant l’histoire des enregistrements, voici une sélection des compte-rendus qui m’ont permis de découvrir d’abord, d’aimer ensuite, et combien !, cette oeuvre inépuisable.
1/Du festival de Glyndebourne, la version de Fritz BUSCH (Brownlee, Souez, Helletsgruber, Pataky,...) 06-07/1936, le socle sur lequel j’ai construit mon rapport à l’oeuvre.
2/Bruno WALTER en 1937 (Pinza, Rethberg,...) enfiévré !
3/FURTWANGLER en 1953(son plus aléatoire, commendatore plus convainquant), et en 1954, EMI références, mieux enregistré. Sombre, métaphysique, essentiel, l’autre base de mon apprentissage.
4/MITROPOULOS en 1956 chez Sony. Siepi est pour moi le Don Giovanni suprême, et que dire de Della Casa, Simoneau... ? Peut-être la version que je préfère.
5/la version classique de GIULINI, EMI, en 1960. Avec Schwarzkopf, Sutherland, Sciutti,...
Je ne peux passer sous silence les réussites de Karl Böhm (Grümmer, Jurinac, Simoneau... !), de Solti 1996 Decca, Harnoncourt, Östmann, ni Krips en 1955. Voici qui devrait aider à tous les départs et tous les voyages ! |
|  | | calbo Pertusienne

Age : 37 Inscrit le : 29 Aoû 2006 Messages : 5280 Localisation : Poitiers
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 21 Mai - 17:09 | |
| Tu pourrais nous en dire plus sur les cinq versions que tu présentes s'il te plait? parce que je ne vois rien qui pourrait aider un(e) néophyte à choisir un enregistrement plus qu'un autre. _________________ Non temer, d'un basso affetto, Non temer, d'un basso affetto, Non fu mai quel cor capace |
|  | | Spiritus Gentil corniste

Age : 193 Inscrit le : 31 Jan 2007 Messages : 9440 Localisation : Saintes forever :P
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 21 Mai - 17:10 | |
| C'est très simple, tu achètes Bruno Walter.  _________________ Je ne me tairai jamais !
DLM. Voilà comment nous parlons de lui. Seulement DLM. Comme on dit Schreker ou Langgard.
  
L'aspi n'attend que toi, j'aspire à ton retour. |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Inscrit le : 30 Déc 2005 Messages : 22605 Localisation : Bordeaux
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 21 Mai - 17:13 | |
| | AndrewKillox a écrit: | 1/Du festival de Glyndebourne, la version de Fritz BUSCH (Brownlee, Souez, Helletsgruber, Pataky,...) 06-07/1936, le socle sur lequel j’ai construit mon rapport à l’oeuvre.
2/Bruno WALTER en 1937 (Pinza, Rethberg,...) enfiévré !
3/FURTWANGLER en 1953(son plus aléatoire, commendatore plus convainquant), et en 1954, EMI références, mieux enregistré. Sombre, métaphysique, essentiel, l’autre base de mon apprentissage.
4/MITROPOULOS en 1956 chez Sony. Siepi est pour moi le Don Giovanni suprême, et que dire de Della Casa, Simoneau... ? Peut-être la version que je préfère.
5/la version classique de GIULINI, EMI, en 1960. Avec Schwarzkopf, Sutherland, Sciutti,...
Je ne peux passer sous silence les réussites de Karl Böhm (Grümmer, Jurinac, Simoneau... !), de Solti 1996 Decca, Harnoncourt, Östmann, ni Krips en 1955. Voici qui devrait aider à tous les départs et tous les voyages ! |
C'est amusant : je ne suis d'accord avec à peu près rien de tout ça...  _________________ Veni, veni creator Spiritus ! |
|  | | Spiritus Gentil corniste

Age : 193 Inscrit le : 31 Jan 2007 Messages : 9440 Localisation : Saintes forever :P
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 21 Mai - 17:15 | |
| Ca, on sait.  _________________ Je ne me tairai jamais !
DLM. Voilà comment nous parlons de lui. Seulement DLM. Comme on dit Schreker ou Langgard.
  
L'aspi n'attend que toi, j'aspire à ton retour. |
|  | | calbo Pertusienne

Age : 37 Inscrit le : 29 Aoû 2006 Messages : 5280 Localisation : Poitiers
| |  | | Spiritus Gentil corniste

Age : 193 Inscrit le : 31 Jan 2007 Messages : 9440 Localisation : Saintes forever :P
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 21 Mai - 17:28 | |
| Bah c'est très excitant, réjouissant même.  _________________ Je ne me tairai jamais !
DLM. Voilà comment nous parlons de lui. Seulement DLM. Comme on dit Schreker ou Langgard.
  
L'aspi n'attend que toi, j'aspire à ton retour. |
|  | | calbo Pertusienne

Age : 37 Inscrit le : 29 Aoû 2006 Messages : 5280 Localisation : Poitiers
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 21 Mai - 17:29 | |
| | Spiritus a écrit: | Bah c'est très excitant, réjouissant même.  |
Mais encore?  _________________ Non temer, d'un basso affetto, Non temer, d'un basso affetto, Non fu mai quel cor capace |
|  | | Wolferl Lapinophobe

Age : 17 Inscrit le : 27 Juin 2006 Messages : 4443 Localisation : Marseille (pour l'instant...)
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 21 Mai - 20:09 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | | AndrewKillox a écrit: | 1/Du festival de Glyndebourne, la version de Fritz BUSCH (Brownlee, Souez, Helletsgruber, Pataky,...) 06-07/1936, le socle sur lequel j’ai construit mon rapport à l’oeuvre.
2/Bruno WALTER en 1937 (Pinza, Rethberg,...) enfiévré !
3/FURTWANGLER en 1953(son plus aléatoire, commendatore plus convainquant), et en 1954, EMI références, mieux enregistré. Sombre, métaphysique, essentiel, l’autre base de mon apprentissage.
4/MITROPOULOS en 1956 chez Sony. Siepi est pour moi le Don Giovanni suprême, et que dire de Della Casa, Simoneau... ? Peut-être la version que je préfère.
5/la version classique de GIULINI, EMI, en 1960. Avec Schwarzkopf, Sutherland, Sciutti,...
Je ne peux passer sous silence les réussites de Karl Böhm (Grümmer, Jurinac, Simoneau... !), de Solti 1996 Decca, Harnoncourt, Östmann, ni Krips en 1955. Voici qui devrait aider à tous les départs et tous les voyages ! |
C'est amusant : je ne suis d'accord avec à peu près rien de tout ça...  |
Détail incongru : moi aussi... "Siepi est pour moi le Don Giovanni suprême, et que dire de Della Casa"  _________________ Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre. Le souffle qui vous grise emplit mon coeur d'effroi, Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère, Car j'ai de grands départs inassouvis en moi.
Jean de la Ville de Mirmont |
|  | | sofro Mélomaniaque

Inscrit le : 19 Sep 2005 Messages : 1911 Localisation : LYON
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 21 Mai - 22:17 | |
| | AndrewKillox a écrit: | Tout a déjà été dit sur ces gravures illustres, mais je ne peux pas m'empêcher de placer ici un post que j'avais écrit pour un autre forum:
Une discographie de l’opéra roi ? Rabâché peut-être, périlleux sans doute, mais probablement essentiel pour permettre d’entrer dans cet univers que Mozart a ouvert à l’universalité justement. Don Juan nous est familier à tous, mythe de tous les âges, et Mozart y est pour beaucoup si pas pour tout. En suivant l’histoire des enregistrements, voici une sélection des compte-rendus qui m’ont permis de découvrir d’abord, d’aimer ensuite, et combien !, cette oeuvre inépuisable.
1/Du festival de Glyndebourne, la version de Fritz BUSCH(*) (Brownlee, Souez, Helletsgruber, Pataky,...) 06-07/1936, le socle sur lequel j’ai construit mon rapport à l’oeuvre.
3/FURTWANGLER en 1953(**) |
(*) le DG le plus mozartien (**)...avec le meilleur Commandeur que je connaisse...
Mes versions préférées n'ont pas été oubliées...
Maintenant n'écoute pas les voyous de ce forum... |
|  | | Elvira Mélomane chevronné

Age : 17 Inscrit le : 23 Mar 2008 Messages : 4907 Localisation : Cherbourg
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 21 Mai - 22:19 | |
| Je n'ai pas lu le fil en entier, mais j'aime bien le Don Gio de Milnes qui est un peu hors style, mais ce n'est pas grave.  _________________ Trema vil schiava ! |
|  | | AndrewKillox Néophyte
Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 5
| Sujet: être d'accord...de quartes et de quintes Jeu 22 Mai - 19:23 | |
| L'exercice de la discographie comparée, et mieux commentée, se heurte à un obstacle probablement aussi incompressible qu'inévitable. Arrive toujours un moment où la subjectivité, l'historicité de l'écrivain, qui dans mon cas l'est si peu, colorent sa vision, le détournent de l'objectivité et de l'universalité. Pour ceux qui ne goûtent pas un long débat épistémologique, dire simplement que mon propos est d'avantage l'expression, l'inspiration que la synthèse rationnelle. Je ne parle qu'en mon nom, comment pourrais-je faire autre chose?, je témoigne de ce qui me touche et m'a touché, nos ressentis changent, de ce que j'aime, de ce qui me rend heureux. Ainsi des cinq versions sus-citées. Elles ne sont pas des références auxquelles il convient de confronter, affronter?, les autres lectures qui enchantent tel ou tel, mais d'autres regards humains qui constituent autant d'occasions d'enrichir son rapport à l'oeuvre. Au fond, il ne s'agit que d'autres façons d'être heureux. Propositions, sans obligation, ouvertes aux désaccords salutaires...
Vivi felici! |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Inscrit le : 30 Déc 2005 Messages : 22605 Localisation : Bordeaux
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Jeu 22 Mai - 20:15 | |
| On est bien d'accord. C'est précisément pour cela que je n'ai pas pris la peine bien inutile de démonter un à un ce qui est de l'ordre de la préférence personnelle.
Disons qu'on a fait des progrès dans les modes de jeu (je ne parle pas des baroqueux, Marriner suffit tout à fait). A part Walter et Mitropoulos (bien sûr), ces versions manquent d'urgence, et toutes d'élégance, à mes oreilles.
Busch a du charme, mais sérieusement vieilli dans le style, qui reste un peu prudent, pour en faire une version de chevet chez moi, mais je comprends qu'on aime.
Pour Furtwängler, de la poésie, mais le drame sombre un peu, avec ces tempi...
Pour Walter, oui, un élan assez fou, pour Mitropoulos, une version totalement unique, avec un drame qui vous saisit immédiatement (qui s'essoufle un brin à la fin du I, cependant). Mais sur le détail, la vulgarité de Pinza, le confort de Siepi et au contraire l'inconfort de Della Casa dans Mozart (et en italien...) font que nous divergeons nettement. Pour Walter, c'est d'abord Virgilio Lazzari que j'aurais cité !
Enfin cette version Giulini me paraît, elle, sans réelle question de goût, une fausse gloire qui pèche de tous les côtés (le drame, le style, l'adéquation des chanteurs, leur forme du jour...). Version "de référence" extrêmement controversée, de toute façon, chacun l'encensant (lorsqu'on est conformiste comme Sofro) l'abrutissant d'injures (lorsqu'on est clairvoyant comme moi).
 _________________ Veni, veni creator Spiritus ! |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Inscrit le : 30 Déc 2005 Messages : 22605 Localisation : Bordeaux
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Jeu 22 Mai - 20:15 | |
| | sofro a écrit: | | AndrewKillox a écrit: | Tout a déjà été dit sur ces gravures illustres, mais je ne peux pas m'empêcher de placer ici un post que j'avais écrit pour un autre forum:
Une discographie de l’opéra roi ? Rabâché peut-être, périlleux sans doute, mais probablement essentiel pour permettre d’entrer dans cet univers que Mozart a ouvert à l’universalité justement. Don Juan nous est familier à tous, mythe de tous les âges, et Mozart y est pour beaucoup si pas pour tout. En suivant l’histoire des enregistrements, voici une sélection des compte-rendus qui m’ont permis de découvrir d’abord, d’aimer ensuite, et combien !, cette oeuvre inépuisable.
1/Du festival de Glyndebourne, la version de Fritz BUSCH(*) (Brownlee, Souez, Helletsgruber, Pataky,...) 06-07/1936, le socle sur lequel j’ai construit mon rapport à l’oeuvre.
3/FURTWANGLER en 1953(**) |
(*) le DG le plus mozartien (**)...avec le meilleur Commandeur que je connaisse...
Mes versions préférées n'ont pas été oubliées...
Maintenant n'écoute pas les voyous de ce forum... |
Dites, Sofro, je vous rejoins très volontiers sur le Commandeur d'Arié, mais franchement, expliquez-moi ce que c'est "le plus mozartien"... Quels sont les critères qui permettent de l'authentifier, je suis si impatient. _________________ Veni, veni creator Spiritus ! |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Inscrit le : 30 Déc 2005 Messages : 22605 Localisation : Bordeaux
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Jeu 22 Mai - 20:17 | |
| | Elvira a écrit: | Je n'ai pas lu le fil en entier, mais j'aime bien le Don Gio de Milnes qui est un peu hors style, mais ce n'est pas grave.  |
C'est surtout la direction lumineuse de Böhm qui vaut le détour !
Milnes se balade un peu trop, en fait, ça manque un peu d'enjeu. Mais c'est très très bien, même si le timbre métallique fait étrange ici. _________________ Veni, veni creator Spiritus ! |
|  | | Wolferl Lapinophobe

Age : 17 Inscrit le : 27 Juin 2006 Messages : 4443 Localisation : Marseille (pour l'instant...)
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Jeu 22 Mai - 20:48 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | | Elvira a écrit: | Je n'ai pas lu le fil en entier, mais j'aime bien le Don Gio de Milnes qui est un peu hors style, mais ce n'est pas grave.  |
C'est surtout la direction lumineuse de Böhm qui vaut le détour !
Milnes se balade un peu trop, en fait, ça manque un peu d'enjeu. Mais c'est très très bien, même si le timbre métallique fait étrange ici. |
Ca fait un bon moment que j'aimerais entendre cette version de Böhm, mais je n'ai que celle en allemand avec London ( ). C'est mieux encore ? _________________ Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre. Le souffle qui vous grise emplit mon coeur d'effroi, Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère, Car j'ai de grands départs inassouvis en moi.
Jean de la Ville de Mirmont |
|  | | sofro Mélomaniaque

Inscrit le : 19 Sep 2005 Messages : 1911 Localisation : LYON
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Dim 25 Mai - 11:21 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | | Dites, Sofro, je vous rejoins très volontiers sur le Commandeur d'Arié, mais franchement, expliquez-moi ce que c'est "le plus mozartien"... Quels sont les critères qui permettent de l'authentifier, je suis si impatient. |
Voilà, voilà... J'arrive !
Pourquoi peut-on penser que cette version est la plus mozartienne ? Je trouve la direction de Fritz Busch intelligente, spirituelle, vive, poétique, théâtrale, d'une grande pertinence pour accompagner les lignes de chants, et imprégnée d'un climat magique indéfinissable, particulièrement apte à favoriser les remontées de l'imaginaire (chez moi du moins !). Ajoutez que Baccaloni, savoureux et trucculent sans sacrifier son naturel, est à mon avis le meilleur Leporello de la discographie (les autres semblent patauds à côté), que j'ai une admiration particulière pour Ina Souez et K V Pataky, et vous comprendrez pourquoi je place cette version au premier rang ! La prise de son exceptionnelle pour l'époque rend cette version tout à fait écoutable.
Avez-vous d'autres questions 
Je suis prêt à livrer tous les éclairages que vous souhaitez nécessaires, apportant dans la mesure de mes modestes moyens ma quote part à l'édification grandiose de votre vaste projet culturel personnel...  |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Inscrit le : 30 Déc 2005 Messages : 22605 Localisation : Bordeaux
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Dim 25 Mai - 14:11 | |
| | sofro a écrit: | Voilà, voilà... J'arrive !
Pourquoi peut-on penser que cette version est la plus mozartienne ? Je trouve la direction de Fritz Busch intelligente, spirituelle, vive, poétique, théâtrale, d'une grande pertinence pour accompagner les lignes de chants, et imprégnée d'un climat magique indéfinissable, particulièrement apte à favoriser les remontées de l'imaginaire (chez moi du moins !). |
Oui, mais ça c'est parfaitement fantasmatique, ça n'augure en rien d'un style mozartien...
| Citation: | | Ajoutez que Baccaloni, savoureux et trucculent sans sacrifier son naturel, est à mon avis le meilleur Leporello de la discographie (les autres semblent patauds à côté), |
Forcément, si votre référence "à côté" est Taddei. 
Sesto Bruscantini et Virgilio Lazzari, voire Karl Christian Kohn sont bien plus intéressants à mon avis.
| Citation: | | La prise de son exceptionnelle pour l'époque rend cette version tout à fait écoutable. |
Oui, tout à fait, c'est une bonne version. Il y a un côté figé et pas très en style, mais une certaine fraîcheur aussi. Cela dit, j'ai un peu plus de mal à croire à l'histoire qu'on me raconte, mise à distance oblige. Mais ce n'est pas forcément la faute de Busch, ça !! _________________ Veni, veni creator Spiritus ! |
|  | | Wolferl Lapinophobe

Age : 17 Inscrit le : 27 Juin 2006 Messages : 4443 Localisation : Marseille (pour l'instant...)
| Sujet: Re: Mozart - Don Giovanni Mer 11 Juin - 23:16 | |
| Découverte tout à l'heure du Don Giovanni de Jacobs qui confime ce que j'en avais pensé lors du concert de l'année dernière...
Ici sensiblement la même approche, très dynamique et qui veut redonner un coup de jeune à l'oeuvre qui en a bien besoin. On va ici plus loin dans les partis pris qu'avec Harnoncourt qui reste encore un peu à mi-chemin, ou qu'Östman qui souffre plutôt d'un déséquilibre au niveau des interprêtes. Les tempi de Jacobs sont assez rapides, surtout comparés aux habitudes postromantiques de jouer l'Ouverture, le final du premier acte et un certain nombre des duos et arias deux fois plus lentement qu'indiqué sur la partition - mais ça ce n'est pas une découverte. Le tout est donc beaucoup plus cohérant et efficace dramatiquement, même si on aimerait parfois qu'il lâche un peu son rythme effréné pour laisser monter les émotions, comme dans le trio des Masques un peu trop rapide à mon goût. Certains partis pris sont également assez artificiels, comme des changements brutaux de tempo de manière un peu aléatoire, des ralentissements, des suspensions soudaines, ou bien la manie à la fin de chaque ensemble lorsqu'il y a trois cadences, de jouer la deuxième pianissimo et la dernière forte, tout cela pour ponctuer le discours et créer des contrastes, mais qui sonnent parfois un peu faux. Le Freiburger Barockorchester a des couleurs magnifiques, peut être parfois un manque de clarté mais c'est encore un choix de "pâte sonore" où les vents et les percussions ont souvent la part belle. On rate certains traits, certains contrepoints, mais il nous offre des tableaux tellement beaux que ça compense, ou plutôt que ça explique ce choix. Par exemple la mise en évidence, pendant le final du premier acte, du quatuor censé jouer sur scène est excellente, les dissonances ou étrangetés glissées par Mozart pour évoquer la tentative de viol au milieu de la fête sont ici exacerbées, c'est superbe et surtout très efficace. Petite retenue par contre sur l'utilisation excessive des timbales pendant la scène de la mort de Don Giovanni qui couvre quasiment tout l'orchestre et même le silence qui suit les derniers accords. Jacobs ne nous laisse décidément pas le temps de souffler. Un petit mot également sur le choix de la version de Vienne qui conserve pour une fois le sympathique duo entre Zerlina et Leporello, comme dans le spectacle, tout en insérant en "appendices" les airs de la version de Prague pour ne pas froisser les auditeurs en manque de nunucheries ténorisantes. Du côté des interprètes, c'est globalement du très bon et on sent qu'ils sont pour la plupart plutôt jeunes, ce qui donne encore à cette version une vivacité rafraîchissante (ne riez pas). Donc tout d'abord le Dion Giovanni de Johannes Weisser, très jeune comme je viens de le dire, un magnifique baryton central au timbre clair qui peut parfois jouer avec sa voix de manière suprenante (à surveiller ce petit). Un petit accent anglais qui se fait sentir dans les récitatifs mais rien de grave. Le personnage ressemble plus au coureur de jupons vif et audacieux, qui a réellement plus besoin des femmes "que de l'air qu'il respire", qu'à l'image habituelle du séducteur grisonnant et autoritaire. Le Leporello de Regazzo est magnifique, très riche, à la fois un peu bouffon et l'égal de son maître, comme un vieux Don Giovanni nostalgique mais beaucoup plus modéré. Les Anna et Elvira respectivement de Pasichnyk et Pendatschanska (les mêmes qu'au DVD) sont à mon goût un peu trop semblables de timbre, même si la deuxième et tout de même beaucoup plus impliquée - c'est son rôle aussi qui l'exige. La Zerlina de Sunhae Im n'a pas perdu toute la séduction qu'elle avait dévoilé sur scène avec son phrasé et sa voix pétillante, elle est vraiùment irrésistible. Pour le reste, Ottavio très joli, très transparent, et un Commandeur un peu terne au vibrato envahissant.
Donc voilà, une petit tartine uniquement pour décrire cette version vraiment excellente selon moi, aux partis pris pas toujours très subtils mais bien assumés et souvent séduisants... Un Don Giovanni séduisant, que demander de plus ?  _________________ Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre. Le souffle qui vous grise emplit mon coeur d'effroi, Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère, Car j'ai de grands départs inassouvis en moi.
Jean de la Ville de Mirmont |
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