
Autour de la musique classique Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres. |
| | | Sur le chant wagnérien... | |
| |
| Auteur | Message |
|---|
Cthulhu SP Mélomaniaque

Nombre de messages: 1276 Age: 32 Localisation: Fhtagn ! Date d'inscription: 05/11/2006
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Lun 6 Nov - 9:26 | |
| | Xavier a écrit: | En gros tu ne parles que de puissance... Mais ses aigus sont très bien assurés, au contraire de certains dinosaures barytonnants...
En tout cas il n'est pas couvert par l'orchestre; pourquoi lui demander plus? |
C'est marrant, parce que "incapacité à faire évoluer le personnage", ça ne fait pas trop référence à la puissance, mais je peux me tromper. Aigu assuré... faut dire, quand on s'aventure si bas, ce serait malheureux de les rater, ce qui ne l'empêche pas de passer pour un gosse égaré lors de ses "Wäaaaaahlse!", plutôt que pour un héros désespéré.
Et oui, la puissance est importante. Je n'en fais pas une maladie, contrairement à ce que tu essaies de croire, mais un cri de désespoir, un déchaînement d'émotion, des choses si fréquentes chez Wagner, ça doit surpasser l'orchestre, éclater, me faire dresser de mon siège, envie d'arracher une épée d'un arbre. Rien de tout ça chez Elming, alors que Vinay - puisqu'on en parle ! - malgré les innombrables imperfections de son "chant", réussit à transcrire cette émotion.
Je n'oserais même pas dire que c'est la différence entre aimer la beauté du chant et l'activité (voire l'hystérie) de la scène, parce qu'autant Vinay est référenciel à un des bouts du spectre, autant Elming...
Maintenant, pourquoi lui demander plus ? C'est une bonne question, une que je devrais me poser plus souvent, ça m'éviterait d'avoir envie de me frapper la tête sur les murs quand j'entends Wolfgang Schmidt (si si, juré, quand je vous dis que c'est ma némésis - et pourtant, du volume il en a, comme quoi !) |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 37401 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Lun 6 Nov - 11:00 | |
| Après un second plantage ce matin, me voici. :shaking2: | SP a écrit: | | Je ne défendrai pas Flagstad outre mesure, d'autant que les défauts que tu évoques, quoique largement amplifiés dans le Ring de 50 avec l'avancée en âge, sont pleinement fondés. |
Oui, elle a livré notamment de très beaux Wesendonck, mais là, les circonstances (ne serait-ce que la date) ne lui sont pas favorables.
| Citation: | | Maintenant, dans la logique dramatique voulue à cette époque - avec une vision statique, grandiose de Wagner, et des personnages à demi-divin - Flagstad s'impose assurément (même si je lui préfère de loin, comme j'ai dit ailleurs, Leider ou Lawrence en Brünnhilde) comme la chanteuse n°1 de son époque, un rouleau-compresseur qui a écrasé la scène internationale à un degré tel qu'on ne peut même pas l'imaginer de nos jours. |
Il est sûr qu'à choisir, Lawrence c'est peut-être un peu flou aussi côté diction, mais quel feu et quelle classe !
| Citation: | | C'est bien simple, tous ses défauts, notamment au niveau du phrasé, se retrouvent chez ses héritières directes (comme Traubel ou Varnay). Il y a un style qui s'est imposé avec elle, discutable car par bien des côtés simpliste, et qui a perduré longtemps, qu'on l'aime ou pas. |
Traubel est mon cauchemar - une énorme voix solide inintelligible, sans nuances dynamiques autres que le double et le triple forte, qui n'exprime rien. Varnay, c'est assez différent. Le problème vient plus de la couleur désagréable du timbre, des attaques peu orthodoxes qui donnent ces impressions de hurlement, voire de beuglement les mauvais jours, mais on ne peut pas lui enlever une conscience tout à fait précise de ce qu'elle dit. Quelles que soient mes réticences, je lui trouve de l'intérêt dans la plupart de ses témoignages. Hors son Ortrud absolument apocalyptique, il va sans dire.
| Citation: | | Aujourd'hui, on veut se la jouer "humanité à tout prix" (jolie explication pour passer sur bien des faiblesses), et donc oui, clairement, on peut du coup regarder certaines chanteuses passées comme des dinosaures. |
Evans n'est pas faible, elle s'arc-boute, quitte à manger son potentiel futur, pour réaliser proprement toute la partition, c'est assez admirable d'abnégation. Je n'ai jamais entendu Brünnhilde aussi bien chantée que par Herlitzius (legato qui manquait à Nilsson).
| Citation: | Je serai donc, avec joie, paléonthologue.  |
C'est à mon sens pour large partie une illusion d'optique, à quelques exceptions près. Il faut bien concevoir qu'il nous reste infiniment peu de témoignages de l'époque par rapport à tout ce qui se faisait. Si, d'aujourd'hui, on ne conservait que la Cassandre d'Antonacci, le Tristan de Heppner, la Pamina de Röschmann, la Brunehild de Millot, la Phoebé de Gens, l'Erinice de Panzarella, l'Iphigénie et l'Elvira de Delunsch, les Chopin de Szmytka, le Nicklausse et la Mélisande de Kirchschlager, le Hamlet de Keenlyside, le Rodrigo de Mattei, la Mélisande de Kozena, les Méphisto de Vernhes et l'Oreste d'Allen, nous dirions dans un siècle : quel âge d'or ! Il faut bien voir que nous ne connaissons de Golaud vraiment ancien que Vanni-Marcoux (et de Pelléas que Panzera !), pour prendre un exemple peu sujet à contestation.
Ensuite, oui, il y a une forme de chant qui n'existe plus, les écoles changent. Surtout, la diversification des langues rend le travail plus difficile que lorsqu'on n'en chantait qu'une seule - la sienne. Sans compter le travail scénique pas toujours confortable, en sus. _________________ Indépendamment de ce qu'on a pu écrire sur ma nouveauté, et malgré ce que j'ai moi-même laissé entendre dans mes Mémoires, ma chère Amélie, il est un fait que je dois tout à Grétry. Hector Berlioz, Correspondance, année 1862.
|
|  | | Cthulhu SP Mélomaniaque

Nombre de messages: 1276 Age: 32 Localisation: Fhtagn ! Date d'inscription: 05/11/2006
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Lun 6 Nov - 12:52 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | C'est à mon sens pour large partie une illusion d'optique, à quelques exceptions près. Il faut bien concevoir qu'il nous reste infiniment peu de témoignages de l'époque par rapport à tout ce qui se faisait. Si, d'aujourd'hui, on ne conservait que la Cassandre d'Antonacci, le Tristan de Heppner, la Pamina de Röschmann, la Brunehild de Millot, la Phoebé de Gens, l'Erinice de Panzarella, l'Iphigénie et l'Elvira de Delunsch, les Chopin de Szmytka, le Nicklausse et la Mélisande de Kirchschlager, le Hamlet de Keenlyside, le Rodrigo de Mattei, la Mélisande de Kozena, les Méphisto de Vernhes et l'Oreste d'Allen, nous dirions dans un siècle : quel âge d'or ! Il faut bien voir que nous ne connaissons de Golaud vraiment ancien que Vanni-Marcoux (et de Pelléas que Panzera !), pour prendre un exemple peu sujet à contestation.
Ensuite, oui, il y a une forme de chant qui n'existe plus, les écoles changent. Surtout, la diversification des langues rend le travail plus difficile que lorsqu'on n'en chantait qu'une seule - la sienne. Sans compter le travail scénique pas toujours confortable, en sus. |
On a quand même, désormais, des centaines de témoignages, que ce soit par des intégrales ou des extraits, certains remontant même aux premiers temps de l'enregistrement acoustique. Il y a du très bon, du très mauvais, du légendaire, du inaudible, du exceptionnel d'investissement, du formidablement statique (parfois avec les mêmes chanteurs). Mais de quoi connaître une large palette de chanteurs des années 30, et d'avoir une bonne idée de ce qui se chantait encore auparavant, sinon par tous les chanteurs, du moins par les principaux et aussi dans les différents courants d'interprétation. La victime des enregistrements étant plus l'orchestre (ou le piano) que la voix, ça n'est pas rédhibitoire.
Nul doute que l'on peut trouver son bonheur dans les productions récentes, moi j'ai malheureusement succombé (peut-être le côté historique qui m'y a poussé ) au charme de l'"Age d'Or" (je mets des guillemets, je n'ai pas d'avis sur la question) et du Neu Bayreuth, deux styles que je ne retrouve que peu de nos jours chez les chanteurs.
C'est là la base de toute l'incompréhension, totale - j'ai bien noté par exemple la critique du Tristan 52 faite par Xavier, et il est évident qu'elle est fondée sur bien des points. N'empêche dès que j'ai commencé à le réécouter... Je ne serais même pas capable de l'expliquer, c'est comme ça. Si on dit qu'Evans va au bout de son rôle, que dire là, c'est au delà du réel ! 
Dernière édition par le Lun 6 Nov - 13:05, édité 1 fois |
|  | | Cthulhu SP Mélomaniaque

Nombre de messages: 1276 Age: 32 Localisation: Fhtagn ! Date d'inscription: 05/11/2006
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Lun 6 Nov - 13:03 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | Traubel est mon cauchemar - une énorme voix solide inintelligible, sans nuances dynamiques autres que le double et le triple forte, qui n'exprime rien.
|
Une "Panzer-Soprano", et encore ce n'est pas la pire - le Bayreuth de Cosima puis plus tard la scène allemande de l'époque nazie, tout en étant capable de faire chanter Germaine Lubin ou Frida Leider, en sortait des cageots pleins (ce qui fait d'ailleurs que les seuls témoignages audibles et complets de Lorenz en Tristan "bénéficient" de ce genre de compagnie).
A Traubel , on lui a fait chanter n'importe quoi, même Elsa. Le public du Met semblait visiblement adorer le côté tonitruant, avec du Melchior en Lohengrin pour faire bonne mesure. Ca me fait penser : c'est rigolo, mais le Met semble avoir pour tradition de nous sortir les plus beaux clichés sur Wagner comme à plaisir : ce genre de péripéties pour le chant, la production Schenk pour la mise en scène... Ils sont payés par le groupe Nostalgie Cosima ou quoi ?  |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 37401 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Lun 6 Nov - 13:40 | |
| | SP a écrit: | | On a quand même, désormais, des centaines de témoignages, que ce soit par des intégrales ou des extraits, certains remontant même aux premiers temps de l'enregistrement acoustique. |
Pour beaucoup, ce sont les quelques mêmes stars. Un peu comme s'il ne nous restait dans cent ans que le catalogue EMI et Decca des années 50-60... nous ne connaîtrions pas tout un tas de chanteurs, excellents ou médiocres.
| Citation: | | Il y a du très bon, du très mauvais, du légendaire, du inaudible, du exceptionnel d'investissement, du formidablement statique (parfois avec les mêmes chanteurs). Mais de quoi connaître une large palette de chanteurs des années 30, et d'avoir une bonne idée de ce qui se chantait encore auparavant, sinon par tous les chanteurs, du moins par les principaux et aussi dans les différents courants d'interprétation. La victime des enregistrements étant plus l'orchestre (ou le piano) que la voix, ça n'est pas rédhibitoire. |
Oui, on a une idée précise du style. Mais du pourcentage de bons chanteurs, pas du tout.
| Citation: | Nul doute que l'on peut trouver son bonheur dans les productions récentes, moi j'ai malheureusement succombé (peut-être le côté historique qui m'y a poussé ) au charme de l'"Age d'Or" (je mets des guillemets, je n'ai pas d'avis sur la question) et du Neu Bayreuth, deux styles que je ne retrouve que peu de nos jours chez les chanteurs. |
On est clairement entré dans d'autres écoles, si pas dans un autre paradigme.
| Citation: | C'est là la base de toute l'incompréhension, totale - j'ai bien noté par exemple la critique du Tristan 52 faite par Xavier, et il est évident qu'elle est fondée sur bien des points. N'empêche dès que j'ai commencé à le réécouter... Je ne serais même pas capable de l'expliquer, c'est comme ça. Si on dit qu'Evans va au bout de son rôle, que dire là, c'est au delà du réel !  |
Surtout Mödl... Vinay pose tout de même problème dans la mesure où la moitié du rôle est crié. _________________ Indépendamment de ce qu'on a pu écrire sur ma nouveauté, et malgré ce que j'ai moi-même laissé entendre dans mes Mémoires, ma chère Amélie, il est un fait que je dois tout à Grétry. Hector Berlioz, Correspondance, année 1862.
|
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 37401 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Lun 6 Nov - 13:44 | |
| | SP a écrit: | | DavidLeMarrec a écrit: | Traubel est mon cauchemar - une énorme voix solide inintelligible, sans nuances dynamiques autres que le double et le triple forte, qui n'exprime rien.
|
Une "Panzer-Soprano", et encore ce n'est pas la pire - le Bayreuth de Cosima puis plus tard la scène allemande de l'époque nazie, tout en étant capable de faire chanter Germaine Lubin ou Frida Leider, en sortait des cageots pleins (ce qui fait d'ailleurs que les seuls témoignages audibles et complets de Lorenz en Tristan "bénéficient" de ce genre de compagnie).
|
Ne me dis pas que tu traites Helena Braun et Anny Konetzni de "cageots vocaux" !
Cela dit, ça fait vraiment plaisir de discuter avec un "wagnérien historique" qui ne soit pas intégristes, c'est une espèce rare. 
| Citation: | | A Traubel , on lui a fait chanter n'importe quoi, même Elsa. Le public du Met semblait visiblement adorer le côté tonitruant, avec du Melchior en Lohengrin pour faire bonne mesure. |
Ah, dans le Crépuscule, c'est sans doute plus adapté... L'Elisabeth de 42 passe étrangement mieux que l'Isolde de 40, pour moi. La seconde citée étant vraiment informe.
| Citation: | Ca me fait penser : c'est rigolo, mais le Met semble avoir pour tradition de nous sortir les plus beaux clichés sur Wagner comme à plaisir : ce genre de péripéties pour le chant, la production Schenk pour la mise en scène... Ils sont payés par le groupe Nostalgie Cosima ou quoi ?  |
 _________________ Indépendamment de ce qu'on a pu écrire sur ma nouveauté, et malgré ce que j'ai moi-même laissé entendre dans mes Mémoires, ma chère Amélie, il est un fait que je dois tout à Grétry. Hector Berlioz, Correspondance, année 1862.
|
|  | | Cthulhu SP Mélomaniaque

Nombre de messages: 1276 Age: 32 Localisation: Fhtagn ! Date d'inscription: 05/11/2006
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Mar 7 Nov - 12:45 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | Ne me dis pas que tu traites Helena Braun et Anny Konetzni de "cageots vocaux" !
|
Non ! Je voulais dire qu'il y en avait beaucoup des comme ça.
Comme modèle, je pensais surtout à Grob-Prandl (c'est de ma faute : dès que j'avais vu Lorenz + de Sabata, j'avais cru au miracle de la redécouverte de Bayreuth 39... bé non...), puissante, hiératique, ennuyeuse, que Lorenz à bout parvient à peine à déciller, mais Héléna Braun quoique nettement plus intéressante, à tendance à balancer des coups de javelots, et à garder constamment un ton un peu outré.
Konetzni, n'est pas dans la même catégorie - et pas dans le même format non plus, mais n'a rien d'inoubliable (la preuve, je n'y pensais même plus alors que c'est le premier Tristan avec Lorenz que j'avais acheté). |
|  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44911 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | |  | | Cthulhu SP Mélomaniaque

Nombre de messages: 1276 Age: 32 Localisation: Fhtagn ! Date d'inscription: 05/11/2006
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Mar 7 Nov - 12:50 | |
|
Dernière édition par le Mar 7 Nov - 12:52, édité 1 fois |
|  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44911 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Mar 7 Nov - 12:52 | |
| | SP a écrit: | Sur des extraits, ça vaut peut-être le coup, mais son Isolde, quoique impeccable techniquement, n'a strictement aucun intérêt. |
Pour ma part je n'ai entendu que des extraits de Siegfried dont David avait mis les liens je sais plus où. Sur la durée, je ne sais pas. |
|  | | Zoilreb Mélomane chevronné

Nombre de messages: 9345 Localisation: Liège Date d'inscription: 10/03/2006
 | |  | | Sauron le Dispensateur Etre malfaisant
Nombre de messages: 7000 Age: 26 Date d'inscription: 01/11/2006
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Dim 12 Nov - 16:15 | |
| | Citation: | | (Varnay qui gueule de la même façon en Brünnhilde, Elektra ou Senta) |
Non vraiment on ne peut pas dire ça... c'est injuste... dans la Walkyrie Varnay fait des choses absolument merveilleuses dans toute las scène des adieux avec Wotan... Dans Elektra elle est magnifique avec le Oreste de Hotter... Je pense que le pbe vient du fait que Xavier connaît le Ring de 1956 de Kna... Je ne comprend pas pourquoi il faudrait choisir entre telle ou telle chanteuse... pourquoi ne pas accepter l'idée qu'on peut entendre des choses très différentes et aussi intéressantes dans Wagner... Je le dis aussi bien pour les nostalgiques du nouveau Bayreuth que pour les tenants de la "modernité"... les dieux humanisés etc... |
|  | | Cthulhu SP Mélomaniaque

Nombre de messages: 1276 Age: 32 Localisation: Fhtagn ! Date d'inscription: 05/11/2006
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Dim 12 Nov - 20:08 | |
| | Sauron le Dispensateur a écrit: | | Je pense que le pbe vient du fait que Xavier connaît le Ring de 1956 de Kna... |
Le Ring de 56 a des côtés peu recommandables pour une raison toute bête, c'est qu'on balance sous la direction de Kna - qui a alors choisi de se la jouer hyper raide et lent, alors qu'en 57-58 il laissera un peu plus la bride sur le cou des chanteurs - toute l'équipe qui s'est payée jusqu'à présent Keilberth ou Krauss : le choc est brutal.
Windgassen cartonnerait (pour une fois...) dans Siegmund... s'il n'avait pas oublié qu'il y avait un orchestre à suivre. Et c'est comme ça pour beaucoup des chanteurs - Varnay souffre dans Siegfried comme jamais, même Hotter, pourtant celui qui a le plus de bouteille, n'est pas toujours irréprochable. Au Crépuscule, tout le monde est un peu crevé - ce qui fait d'ailleurs que, soudain, les chanteurs sont enfin au bon tempo .
Ce sera infiniment mieux en 58, mais moi j'aime bien quand même : il y a de l'énergie dans tout ça, mal maîtrisée, mais omniprésente. On reste intéressé, voire passionné par ce qui se passe - et c'est loin d'être toujours le cas.
| Citation: | | Je ne comprend pas pourquoi il faudrait choisir entre telle ou telle chanteuse... pourquoi ne pas accepter l'idée qu'on peut entendre des choses très différentes et aussi intéressantes dans Wagner... Je le dis aussi bien pour les nostalgiques du nouveau Bayreuth que pour les tenants de la "modernité"... les dieux humanisés etc... |
Oui, enfin bon, on est aussi là pour débattre, se rentrer dans le lard, défendre bec et ongle, avec mauvaise foi inside, ce qu'on aime ou qu'on aime moins. Il est évident que la subjectivité des uns et des autres sera toujours à respecter, mais une part de critiques plus ou moins acerbes sur une version ou un chanteur ne fait pas de mal.  |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 37401 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Dim 12 Nov - 21:08 | |
| | SP a écrit: | | DavidLeMarrec a écrit: | Ne me dis pas que tu traites Helena Braun et Anny Konetzni de "cageots vocaux" !
|
Non ! Je voulais dire qu'il y en avait beaucoup des comme ça.
Comme modèle, je pensais surtout à Grob-Prandl (c'est de ma faute : dès que j'avais vu Lorenz + de Sabata, j'avais cru au miracle de la redécouverte de Bayreuth 39... bé non...), puissante, hiératique, ennuyeuse, que Lorenz à bout parvient à peine à déciller, mais Héléna Braun quoique nettement plus intéressante, à tendance à balancer des coups de javelots, et à garder constamment un ton un peu outré. |
Ourgh.
Je n'avais même pas nommé Grob-Prandl, tant il me semblait impensable de la prendre pour une sous-fifre ! Il y a une classe incroyable, une luminosité chez cette chanteuse, une facilité ! Ce duo, n'était la platitude du son, est vraiment un grand moment.
Braun est intéressante, mais son Isolde est difficile. J'aime surtout son petit monologue après la scène avec Wotan au II dans Walküre, finement ciselé, le verbe souverain. Ensuite, le timbre et commun et la voix trop courte pour Isolde, c'est exact.
| Citation: | | Konetzni, n'est pas dans la même catégorie - et pas dans le même format non plus, mais n'a rien d'inoubliable (la preuve, je n'y pensais même plus alors que c'est le premier Tristan avec Lorenz que j'avais acheté). |
Anny Konetzni est tout de même une Elektra inoubliable, explosive (et explosée), attachante. _________________ Indépendamment de ce qu'on a pu écrire sur ma nouveauté, et malgré ce que j'ai moi-même laissé entendre dans mes Mémoires, ma chère Amélie, il est un fait que je dois tout à Grétry. Hector Berlioz, Correspondance, année 1862.
|
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 37401 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Dim 12 Nov - 21:09 | |
| | SP a écrit: | | Sur des extraits, ça vaut peut-être le coup, mais son Isolde, quoique impeccable techniquement, n'a strictement aucun intérêt. C'est chanté d'un bout à l'autre sur le même registre, une statue glacée qu'un vieux chevalier sur le retour (Lorenz est quand même sacrément débraillé en 51) essaye désespérément de faire défiger. |
C'est d'une élégance sans faille, c'est vrai, pas beaucoup de fissures. Mais tout de même, avec ce port et l'exécution de la partition, c'est un bienfait énorme ! _________________ Indépendamment de ce qu'on a pu écrire sur ma nouveauté, et malgré ce que j'ai moi-même laissé entendre dans mes Mémoires, ma chère Amélie, il est un fait que je dois tout à Grétry. Hector Berlioz, Correspondance, année 1862.
|
|  | | Cthulhu SP Mélomaniaque

Nombre de messages: 1276 Age: 32 Localisation: Fhtagn ! Date d'inscription: 05/11/2006
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Dim 12 Nov - 21:19 | |
| Moi ça m'horripile. En plus, je ne trouve même pas ça beau. Et puis, ça tranche tellement avec Lorenz... |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 37401 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Dim 12 Nov - 21:21 | |
| Oui, tu as raison, ça tranche beaucoup trop avec Lorenz : elle chante la partition.  _________________ Indépendamment de ce qu'on a pu écrire sur ma nouveauté, et malgré ce que j'ai moi-même laissé entendre dans mes Mémoires, ma chère Amélie, il est un fait que je dois tout à Grétry. Hector Berlioz, Correspondance, année 1862.
|
|  | | Cthulhu SP Mélomaniaque

Nombre de messages: 1276 Age: 32 Localisation: Fhtagn ! Date d'inscription: 05/11/2006
 | |  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 37401 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Dim 12 Nov - 21:28 | |
| | SP a écrit: | | DavidLeMarrec a écrit: | Oui, tu as raison, ça tranche beaucoup trop avec Lorenz : elle chante la partition.  |
Oui. Et elle oublie le rôle et le personnage. |
Dieu sait que je ne suis pas un intégriste de la probité vocale, mais franchement, s'il est vrai qu'il y a plus analytique (Polaski ou Ligendza, par exemple), il est tout de même difficile de lui faire le grief de ne pas incarner correctement Isolde, ça reste tout à fait suffisant.
Dans ce cas, que dire de Nilsson ? _________________ Indépendamment de ce qu'on a pu écrire sur ma nouveauté, et malgré ce que j'ai moi-même laissé entendre dans mes Mémoires, ma chère Amélie, il est un fait que je dois tout à Grétry. Hector Berlioz, Correspondance, année 1862.
|
|  | | Cthulhu SP Mélomaniaque

Nombre de messages: 1276 Age: 32 Localisation: Fhtagn ! Date d'inscription: 05/11/2006
 | Sujet: Re: Sur le chant wagnérien... Dim 12 Nov - 21:32 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | Dans ce cas, que dire de Nilsson ? |
Ni mieux, ni moins bien, pareil, la diction en moins.
Et ça, c'est pour les données objectives : pour les subjectives, sans raison claire, je préfère encore Nilsson - peut-être parce que, malgré tout, son couple avec Windgassen fonctionne, et qu'il y a de vrais échanges entre les deux.
Pour les plus "analytiques"... ce n'est pas vraiment à Polaski ou Ligendza que j'aurais pensé, c'est même le moins qu'on puisse dire.  |
|  | | | | Sur le chant wagnérien... | |
|
| Page 2 sur 24 | Aller à la page : 1, 2, 3 ... 13 ... 24  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|