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Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...

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Semolino
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Lun 29 Mai - 21:05

Xavier a écrit:
encolpio a écrit:

Comment prendre au sérieux une personne (Bizantino) qui vous balance autant de conneries sur Toscanini? par ta remarque sur la direction de Tosca dans Verdi tu te décridibilise...


Pour moi il s'est décrédibilisé depuis longtemps... Laughing


Ceux qui se sont réellement décrédibilisés sont tous ceux qui prônent la fidélité de Toscanini à la partition et son prétendu respect de la volonté du compositeur.
Pour se rendre compte que tout cela est complètement faux il suffit d'écouter, partition à la main, son horrible "interprétation" de la Traviata. Toscanini néglige 9 indications sur 10. Il s'agit d'indications qui concernent les chanteurs et l'une des tâches du chef d'orchestre dans un opéra c'est de concertare c'est à dire de faire respecter par les chanteurs les indications et la volonté du compositeur. Mais avec Toscanini il n'en est rien. Il sacrifie tout à sa conception aride, mécanique, rigoureusement cadencée et métronomique de la musique. Le chant se réduit à une dynamique monotone, à une alternance entre le mezzoforte et forte. Toutes les indications de Verdi qui invitent les chanteurs à moduler et à nuancer à des fins expressifs sont gommés.
Tous les grands chanteurs de l'époque voulaient chanter avec lui pour pouvoir chanter à la Scala et enregistrer des disques, il en a été de même avec Muti.

En ce qui concerne Muti et Abbado : à une écoute superficielle la direction de Muti peut faire un certain effet, car il s'agit d'une direction toute basée sur le rythme fortement cadencé et sur des sonorités tapageuses. Mais à une écoute plus approfondie cela ne tient plus la route. Muti se livre à une façon de diriger Verdi complètement vielle et dépassée, il nous livre un Verdi "rustre" exclusivement basé sur l'agitation extravertie mais superficielle et les rythmes fortement cadencés. Alors qu'Abbado a su rendre à Verdi toutes ses lettres de noblesses avec des interprétations qui sont plus chargées de vécu, plus interiorisées, plus nuancées, plus expressives et plus respectueuses de la partition.
Les exemples sont fort nombreux et par conséquent je me limiterai à deux ou trois : dans l'"allegro brillante" (le sorelle vagabonde) Muti paraît plus frémissant mais il reste à la surface alors que Abbado arrive à rendre, par les sonorités qu'il sait tirer de l'orchestre, toute l'atmosphère de tragenda qui est sous-entendue dans la musique.
Dans l' "andantino" (vieni t'affretta) Muti paraît plus impétueux mais en réalité il néglige la plupart des détails et des indications du compositeur, alors qu'Abbado est plus soigné dans les sonorités et dans les détails parce qu'il respecte davantage les indications notées sur la partition.
Dans la scène du "somnambulisme" et dans l'air "pietà rispetto e amore" Abbado est capable de guider les chanteurs et l'orchestre de la manière la plus adaptée à obtenir les effets expressifs que la mélodie et la situation exigent, alors que Muti peut frapper pour la clarté de ses accompagnements mais il ne sait pas tirer, ni de l'orchestre ni des chanteurs, un phrasé réellement émouvant, modulé et nuancé.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Jeu 1 Juin - 19:47

Welcome back, Semolino ! Six mois déjà !


Semolino a écrit:
Ceux qui se sont réellement décrédibilisés sont tous ceux qui prônent la fidélité de Toscanini à la partition et son prétendu respect de la volonté du compositeur.

La discution est ouverte à ce sujet. Il y a en effet une tendance à considérer qu'ayant été dirigé par Verdi, il serait automatiquement le dépositaire de la volonté du Maître, raccourci qui semble en effet abusif.


Citation:
Pour se rendre compte que tout cela est complètement faux il suffit d'écouter, partition à la main, son horrible "interprétation" de la Traviata.

Néanmoins, je me permets de ne pas être d'accord sur ce point et de trouve un rien abusifs les guillemets.
Son interprétation de la Traviata est extrêmement bien articulée, limpide, tendue.


Citation:
Toscanini néglige 9 indications sur 10. Il s'agit d'indications qui concernent les chanteurs et l'une des tâches du chef d'orchestre dans un opéra c'est de concertare c'est à dire de faire respecter par les chanteurs les indications et la volonté du compositeur. Mais avec Toscanini il n'en est rien. Il sacrifie tout à sa conception

C'est assez vrai.

Citation:
aride, mécanique, rigoureusement cadencée et métronomique de la musique.

On peut aussi le concevoir comme cela. Comme je le disais précédemment, il a d'autres mérites.


Citation:
Tous les grands chanteurs de l'époque voulaient chanter avec lui pour pouvoir chanter à la Scala et enregistrer des disques, il en a été de même avec Muti.

Sauf qu'ils n'embauchaient que des seconds couteaux, tous les deux... (je parle de carrière et pas de valeur)


Citation:
En ce qui concerne Muti et Abbado : à une écoute superficielle la direction de Muti peut faire un certain effet, car il s'agit d'une direction toute basée sur le rythme fortement cadencé et sur des sonorités tapageuses. Mais à une écoute plus approfondie cela ne tient plus la route. Muti se livre à une façon de diriger Verdi complètement vielle et dépassée, il nous livre un Verdi "rustre" exclusivement basé sur l'agitation extravertie mais superficielle et les rythmes fortement cadencés.

Je ne suis pas d'accord. Il y a une part d'épate chez Muti (plus intellectuelle que superficielle, d'ailleurs), mais il y a aussi des lectures très nourrissantes. La découverte de son Don Carlo procure une seconde jeunesse : les rapports entre tempi sont réinventés, mais avec pertinence, et on redécouvre la partition. Son Guillaume Tell dispose de climats extrêmement réussis, et surtout de ballets d'une élégance rare à l'Opéra. Son Aida munichoise est d'une urgence invraisemblable. Son Trouvère procure des couleurs comme on n'en a jamais entendu dans l'orchestre de Verdi (elles ne sont pas dans la partition, tout simplement !) - avec un D'amor sull'ali suspendu, absolument merveilleux.

Ensuite, on peut regretter dans ses premiers enregistrements, notamment avec le New Philharmonia, une certaine mollesse, alliée à un peu d'opacité. On peut ne pas le trouver idéal dans Gluck (ou même dans Mozart) - ce qui n'est pas forcément mon cas. Mais le priver de tous ses mérites est abusif.



Citation:
Alors qu'Abbado a su rendre à Verdi toutes ses lettres de noblesses avec des interprétations qui sont plus chargées de vécu, plus interiorisées, plus nuancées, plus expressives et plus respectueuses de la partition.

Je ne suis pas d'accord avec cela. Je révère Abbado partout, sauf dans Verdi où je le trouve inégal, et souvent assez dépourvu d'imagination. Beau son. Là où il réussit le mieux, c'est sans doute dans son Ballo de la Scala où il trouve des sonorités, certes rèches, plus inventives.


Citation:
Les exemples sont fort nombreux et par conséquent je me limiterai à deux ou trois : dans l'"allegro brillante" (le sorelle vagabonde) Muti paraît plus frémissant mais il reste à la surface alors que Abbado arrive à rendre, par les sonorités qu'il sait tirer de l'orchestre, toute l'atmosphère de tragenda qui est sous-entendue dans la musique.
Dans l' "andantino" (vieni t'affretta) Muti paraît plus impétueux mais en réalité il néglige la plupart des détails et des indications du compositeur, alors qu'Abbado est plus soigné dans les sonorités et dans les détails parce qu'il respecte davantage les indications notées sur la partition.

La comparaison, dans Macbeth, n'est pas loyale. C'est un disque assez moyen de Muti, où la prise de son est opaque et écrase la dynamique, et où la jeunesse de Muti n'est pas sous son meilleur jour, surtout avec cet orchestre. Au contraire, la version Abbado est bien plus respectueuse des climats et saisissante.
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Semolino
Samy's only friend



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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 4 Juin - 20:16

DavidLeMarrec a écrit:
Il y a en effet une tendance à considérer qu'ayant été dirigé par Verdi, il serait automatiquement le dépositaire de la volonté du Maître, raccourci qui semble en effet abusif.

Sur ce point on est d'accord et le sujet mériterait d'être amplement développer, mais cela dépasserait largement le cadre de ce fil.
DavidLeMarrec a écrit:
Son interprétation de la Traviata est extrêmement bien articulée, limpide, tendue.

A l'emporte-pièce, sans sentiment, sans nuances.
DavidLeMarrec a écrit:
On peut aussi le concevoir comme cela.

On peut le concevoir comme on veut; pour moi une telle conception ce n'est pas de la musique.
DavidLeMarrec a écrit:
Je ne suis pas d'accord. Il y a une part d'épate chez Muti (plus intellectuelle que superficielle, d'ailleurs), mais il y a aussi des lectures très nourrissantes. La découverte de son Don Carlo procure une seconde jeunesse : les rapports entre tempi sont réinventés, mais avec pertinence, et on redécouvre la partition. Son Guillaume Tell dispose de climats extrêmement réussis, et surtout de ballets d'une élégance rare à l'Opéra. Son Aida munichoise est d'une urgence invraisemblable. Son Trouvère procure des couleurs comme on n'en a jamais entendu dans l'orchestre de Verdi (elles ne sont pas dans la partition, tout simplement !) - avec un D'amor sull'ali suspendu, absolument merveilleux.

Je ne trouve absolument pas toutes ces qualités aux "interprétations" de Muti que tu cites : les ballets de Guillaume Tell n'ont aucune élégance, les sonorités sont frigides, l'articulation sèche, d'une rapidité absurde. Gardelli, qui n'est pas pour moi un grand chef, fait beaucoup mieux dans la version (en français) chez EMI. Dans Don Carlos ses tempi ont mis en difficulté plus d'un chanteur, dans les Vêpres siciliennes d'autant pire. Son Trouvère a des sonorités bruyantes, aucune atmosphère ne s'en dégage. Il ne crée aucune ambiance.
DavidLeMarrec a écrit:
On peut ne pas le trouver idéal dans Gluck (ou même dans Mozart) - ce qui n'est pas forcément mon cas.

A mon avis le meilleur de lui même Muti l'a justement donné dans Gluk, Cherubini et Mozart. Quand j'écoute son Gloria et son Magnificat de Vivaldi je pense qu'il aurait été le chef idéal pour le baroque (bien sûr un baroque non baroqueux).
DavidLeMarrec a écrit:
Abbado............ Là où il réussit le mieux, c'est sans doute dans son Ballo de la Scala où il trouve des sonorités, certes rèches, plus inventives.

Dans Ballo in maschera à la Scala il s'était fait hué.
A mon avis s'il y a un chef qui n'a jamais fait du beau son juste pour faire du beau son c'est Abbado. Celui d'Abbado c'est un Verdi introverti et cérébral, vécu de l'intérieur, réfléchi et beaucoup plus cohérent dans le choix des tempi que celui de Muti, et surtout, en phase avec les chanteurs et le chant en général. Aucun chanteur n'a jamais été mis en difficulté par Abbado.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 4 Juin - 20:54

Semolino a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
On peut aussi le concevoir comme cela.

On peut le concevoir comme on veut; pour moi une telle conception ce n'est pas de la musique.

Tant' ardir.

Citation:
Je ne trouve absolument pas toutes ces qualités aux "interprétations" de Muti que tu cites : les ballets de Guillaume Tell n'ont aucune élégance, les sonorités sont frigides, l'articulation sèche, d'une rapidité absurde.

Si l'on accepte d'entrer dans ses tempi, justement, il y a des choses très intéressantes, parfois m'as-tu-vu, c'est vrai, mais, par exemple dans Don Carlo, tout à fait fascinantes et intelligentes.


Citation:
Gardelli, qui n'est pas pour moi un grand chef,

A part Nabucco et Macbeth, il ne nous reste rien de bien impérissable de lui. J'imagine qu'il devait être efficace sur le vif.


Citation:
fait beaucoup mieux dans la version (en français) chez EMI.

Cette version souffre des défauts récurrents de Gardelli : mollesse, absence d'arête du propos musical, accentuations absente, platitude du propos, et d'une façon générale absence d'interprétation. En un mot : on s'ennuie.


Citation:
Dans Don Carlos ses tempi ont mis en difficulté plus d'un chanteur, dans les Vêpres siciliennes d'autant pire.

Pourtant, ils ne s'en sortent pas si mal, dans ces Vêpres ! Bien belles, par ailleurs. Pour parler franc, qu'il mette en danger les chanteurs n'est pas mon problème : en tant qu'auditeur, si le résultat est probant, je suis content. Le confort n'est pas toujours le meilleur ami de l'opéra, au demeurant.


Citation:
Son Trouvère a des sonorités bruyantes, aucune atmosphère ne s'en dégage. Il ne crée aucune ambiance.

Je souhaite à tous les chefs de la Création de nous faire du bruits comme son d'Amor sull'ali. Des couleurs comme ça dans le répertoire italien, on les a entendues une fois, et on fait bien d'en profiter, ce n'est pas pour demain qu'on les réentendra, je le crains.


DavidLeMarrec a écrit:
A mon avis le meilleur de lui même Muti l'a justement donné dans Gluk, Cherubini et Mozart. Quand j'écoute son Gloria et son Magnificat de Vivaldi je pense qu'il aurait été le chef idéal pour le baroque (bien sûr un baroque non baroqueux).

Oui, parce que son Gluck et son Mozart sont bien épais. Son Iphigénie est un peu pataude (bien que tout à fait honorable), mais j'aime beaucoup, par perversité sans doute, son Armide, plus souple, moins martiale que ne pourrait le laisser penser la partition (et, à plus forte raison, Minkowski). Ca reste massif cependant, et pas forcément d'un goût exquis.

Pour Mozart, ce n'est que récemment (années 2000), encore plus récemment que pour Verdi (tournant aux années 90), que je lui trouve de l'intérêt, une conception théâtrale très réussie. Je pense à ses très belles Noces de Vienne en 2002 - avec, au passage, un Keenlyside autrement passionnant que dans le disque de Jacobs où on aurait mieux fait de conserver l'excellent Spagnoli.
Ses opéras chez EMI sont en revanche épais et peu spirituels, en plus de la prise de son calamiteuse.


Citation:
DavidLeMarrec a écrit:
Abbado............ Là où il réussit le mieux, c'est sans doute dans son Ballo de la Scala où il trouve des sonorités, certes rèches, plus inventives.

Dans Ballo in maschera à la Scala il s'était fait hué.

Ce n'est pas un critère de qualité.
En outre, tu auras noté comme moi que Pavarotti se fait huer lors de certaines entrées, et très violemment à la fin de son air, exécuté parfaitement. Il n'avait pas payé la claque, tout simplement.
Je maintiens, quoi qu'il en soit, que sa vision à la fois épurée et tellurique de la partition était très intéressante, et esthétiquement assez aux antipodes de ses habitudes.


Citation:
A mon avis s'il y a un chef qui n'a jamais fait du beau son juste pour faire du beau son c'est Abbado.

On ne peut pas le soupçonne de cela en effet.


Citation:
Celui d'Abbado c'est un Verdi introverti et cérébral, vécu de l'intérieur, réfléchi et beaucoup plus cohérent dans le choix des tempi que celui de Muti, et surtout, en phase avec les chanteurs et le chant en général. Aucun chanteur n'a jamais été mis en difficulté par Abbado.

Tout à fait d'accord sur le soin aux chanteurs, mais Verdi est le lieu où je le trouve peu audacieux, se cantonnant assez dans les faiblesses orchestrales des partitions. Et même, ses Don Carlo scaligères sont assez peu passionnants par rapport au texte.

Mais je ne tiens pas à dire du mal d'Abbado, que j'admire partout ailleurs, que ce soit Mozart ou Schubert, Tchaïkovski ou Moussorgski, etc.
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Semolino
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 4 Juin - 21:33

DavidLeMarrec a écrit:
Semolino a écrit:
fait beaucoup mieux dans la version (en français) chez EMI.

Cette version souffre des défauts récurrents de Gardelli : mollesse, absence d'arête du propos musical, accentuations absente, platitude du propos, et d'une façon générale absence d'interprétation. En un mot : on s'ennuie.

On s'ennuie certes! Mais au moins chaque danse du ballet est bien caractérisée alors que chez Muti toutes les danses se confondent dans un infernal et bruyant galop.
DavidLeMarrec a écrit:
si le résultat est probant, je suis content. Le confort n'est pas toujours le meilleur ami de l'opéra, au demeurant.

Le résultat n'a pas été probant. Surtout pas dans les Vêpres où Studer a raté ses vocalises dans le boléro à cause du tempo de Muti.
DavidLeMarrec a écrit:
Des couleurs comme ça dans le répertoire italien, on les a entendues une fois, et on fait bien d'en profiter, ce n'est pas pour demain qu'on les réentendra, je le crains.

Personnellement je trouve son accompagnement assez monocorde et inexpressif.
DavidLeMarrec a écrit:
Oui, parce que son Gluck et son Mozart sont bien épais.

Depuis que les baroqueux ont tout allégé à chaque fois que l'on entend du baroque ou du Mozart avec un son plein et riche on le qualifie d'épais.
DavidLeMarrec a écrit:
Semolino a écrit:
Dans Ballo in maschera à la Scala il s'était fait hué.

Ce n'est pas un critère de qualité.

Cest vrai..............et les applaudissements non plus.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 4 Juin - 21:39

Semolino a écrit:
Depuis que les baroqueux ont tout allégé à chaque fois que l'on entend du baroque ou du Mozart avec un son plein et riche on le qualifie d'épais.

Mettons-nous à l'aise : j'écoute volontiers Mozart par Mitropoulos, Bach par Furtwängler, Jochum ou Scherchen. Je ne trouve pas forcément ces conceptions épaisses (à la rigueur Furtie, et encore...). Dans ces Muti, il y a quelque chose d'assez maladroit, le trait est large sans qu'on y gagne en beauté de la texture ou en ampleur, justement. Contrairement aux Muti plus récents.

Citation:
DavidLeMarrec a écrit:
Semolino a écrit:
Dans Ballo in maschera à la Scala il s'était fait hué.

Ce n'est pas un critère de qualité.

Cest vrai..............et les applaudissements non plus.

Tout à fait. (Et d'autant plus qu'il y avait peut-être une des claques qui, elle avait été payée. Mr. Green )
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Semolino
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 4 Juin - 22:50

DavidLeMarrec a écrit:

Mettons-nous à l'aise : j'écoute volontiers Mozart par Mitropoulos, Bach par Furtwängler, Jochum ou Scherchen. Je ne trouve pas forcément ces conceptions épaisses (à la rigueur Furtie, et encore...). Dans ces Muti, il y a quelque chose d'assez maladroit, le trait est large sans qu'on y gagne en beauté de la texture ou en ampleur, justement.

Je suis entièrement d'accord, on ne peut pas comparer Mozart par Muti avec Mozart par Mitropoulos ou Bach par Muti avec Bach par Furtwängler, Jochum ou Scherchen car ceux-là ont été de très grand chef et Muti (pour moi) n'en est pas un. Néanmoins je trouve que ses preuves dans Mozart et ses incursions dans le baroque ont été ce qu'il a fait de mieux. Le côté maladroit (je dirai, en plus, grossier) que tu remarques dans son Mozart je le retrouve plutôt dans ses Verdi et surtout dans le répertoire symphonique qu'il a dirigé.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 4 Juin - 23:02

Pour le répertoire symphonique, c'est variable. Beaux Tchaïkovski, Schubert intéressants, Schumann assez dépourvus de nerf. Il est vrai que je n'aurais pas pour réflexe d'aller le chercher pour le répertoire symphonique, mais ce n'est pas indigne.
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Semolino
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 4 Juin - 23:54

DavidLeMarrec a écrit:
Pour le répertoire symphonique, c'est variable. Beaux Tchaïkovski

Ses Tchaïkovski ne chantent pas avec assez de souplesse, je les trouve trop raides et les accélérations de tempo trop frénétiques et tape à l'oeuil.
DavidLeMarrec a écrit:
Schubert intéressants

Trop rapide et superfieciel, manque de tendresse et de candeur.
DavidLeMarrec a écrit:
Schumann assez dépourvus de nerf.

Au contraire il y en a trop et cela manque de sensualité.
DavidLeMarrec a écrit:
Il est vrai que je n'aurais pas pour réflexe d'aller le chercher pour le répertoire symphonique, mais ce n'est pas indigne.

Certes ce n'est pas indigne, sauf son Mahler et surtout son Bruckner.
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sofro
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Lun 5 Juin - 19:53

Sans Muti et Abbado, on n'ose pas imaginer à quoi ressemblerait le rayon opéras verdiens des disquaires!

Que pensez-vous de Zubin Mehta dans le répertoire puccini-verdi Question
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Lun 5 Juin - 21:56

Oui, et c'est bien dommage.

Mehta est un chef problématique. Il a beaucoup baissé en qualité au fil des ans, dit-on. Je crois surtout qu'il a besoin du vif pour tirer son potentiel, même s'il s'est atténué avec les années. En studio, c'est souvent (on parle de ce répertoire, pour Mahler c'est autre chose) terne, sans idées, plan-plan. Pas inécoutable, juste routinier.

Sur le vif en revanche ! Il nous a livré notamment un Trouvère, en 1972 au Met, inimaginable lorsqu'on a écouté l'indifférence polie de son studio RCA. Une des plus grandes captations de tous les temps, tous répertoires confondus. Arroyo, Verrett, Tucker, Sereni déchaînés au delà de l'imaginable, mais stylistiquement très probes. Une battue vive, avec des textures tout à fait réussies, dans un opéra où l'orchestre a peu à dire. Non seulement il écoute les chanteurs, mais il agence le drame, aiguillonne les interprètes, dans un incandescence que je n'ai jamais entendue à ce point ailleurs, où que ce soit.
La mauvaise nouvelle, c'est que ça n'a jamais été publié.
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sofro
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Lun 5 Juin - 22:14

Et Turandot chez Decca?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Lun 5 Juin - 22:30

Oh, nous avons été déplacés, che senza nome ed esule, in odio del destin chiedo anelando, ahi ! misero, il thread d'incontrar.


Citation:
Et Turandot chez Decca?

Je n'ai pas pour habitude d'acheter des moitiés d'enregistrement (sans les consonnes...), mais cette version a très bonne réputation, pour une Turandot paraît-il plus incarnée et campée qu'à l'accoutumée chez Mamie Joan. Ca ne sent donc pas trop le studio, à ce qu'on dit, et sur le papier, c'est très flatteur si on aime les protagonistes. On lit généralement peu de commentaires sur la direction de Mehta, ici, mais pas de réserves non plus.

Mais Semolino, si c'est bien lui, si j'en crois son inimitable signature (Werther ! Alfin ti trovo ! ), te renseignera très précisément.
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Semolino
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 18 Juin - 14:57

sofro a écrit:
Et Turandot chez Decca?

Zubin Mehta j'ai eu l'occasion de l'entendre assez souvent à l'opéra comme au concert. Il a été un jeune chef d'orchestre très prometteur. Malheureusement il n'a pas mûri avec le temps et il est devenu de plus en plus superficiel.
Dans la musique symphonique je l'ai toujours trouvé spectaculaire, parfois éblouissant, mais jamais vraiment habité.
Ce qu'il a fait de mieux c'est dans l'opéra. Il a le sens de la narration, il sait créer des sonorités très théâtrales et il sait accompagner les chanteurs.
De tous les opéras qu'il a enregistrés j'estime que Turandot (Decca) est ce qu'il a fait de mieux avec Aïda (Emi).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 18 Juin - 15:28

Semolino a écrit:
Dans la musique symphonique je l'ai toujours trouvé spectaculaire, parfois éblouissant, mais jamais vraiment habité.

Il y a de ça, mais sa Deuxième de Mahler, quand même, est très réussie. On ne peut pas dire qu'elle ne soit pas habitée, mais il y a toujours un petit côté clinquant, je ne le nie pas - mais il fait ici merveille.
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Dim 18 Juin - 21:19

DavidLeMarrec a écrit:
Il y a de ça, mais sa Deuxième de Mahler, quand même, est très réussie.

Si je ne m'abuse la Deuxième dont il est question fait partie de ses premiers enregistrements. Le fait est qu'avec le temps il n'a pas approfondi sa conception de la musique. Il n'a pas évolué.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Lun 19 Juin - 1:56

C'est exact, hélas.
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Semolino
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Mar 20 Juin - 19:09

DavidLeMarrec a écrit:
C'est exact, hélas.

Dans ce sens il est très significatif de comparer ses deux versions du Trouvère : Dans la première (RCA) Mehta adapte toujours les sonorités aux caractéristiques vocales réelles des chanteurs. Il arrive à obtenir des couleurs orchestrales qui se marient au timbre de chaque chanteur. Il fait preuve d'un sens de la narration très cohérent tout en rendant parfaitement l'atmosphère particulière de chanque scène. Dans la deuxième version (Decca), 21 ans après, de tout cela il ne reste plus rien. C'est bien dirigé sous l'aspect purement technique mais il alterne des moments fades et inexpressifs à des moments où il mise tout sur l'effet tape à loeil (un peu à la Muti) mais cela tombe à plat.
Il est devenu routinier et il ne compte plus que sur ses capacités techniques, son "style" est devenu une séries de formules à appliquer.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Mar 20 Juin - 20:54

Semolino a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
C'est exact, hélas.

Dans ce sens il est très significatif de comparer ses deux versions du Trouvère : Dans la première (RCA) Mehta adapte toujours les sonorités aux caractéristiques vocales réelles des chanteurs.

Ca reste assez commun cependant, surtout comparé à l'incandescence du live de 72.


Citation:
Dans la deuxième version (Decca), 21 ans après, de tout cela il ne reste plus rien. C'est bien dirigé sous l'aspect purement technique mais il alterne des moments fades et inexpressifs à des moments où il mise tout sur l'effet tape à loeil (un peu à la Muti) mais cela tombe à plat.

Oui, non seulement c'est dirigé au kilomètre, mais c'est un vulgaire assez peu soutenable. Lorsque Muti fait des effets, c'est plus dans une visée intellectuelle, même si c'est m'as-tu vu. Ici, c'est vraiment la vulgarité verdienne dans ce qu'elle peut avoir de plus détestable.

J'avais oublié ce disque, vraiment peu engageant pour le chef.
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Bertrand67
Malheur, Gustave !



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MessageSujet: Re: Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...   Jeu 7 Déc - 19:48

Bon je profite de ce topic Verdi pour demander votre avis sur ce dvd du Liceu: "Aida" chez opus arte.


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Verdi - Toscanini, Abbado, Muti, Mehta...

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