Autour de la musique classique

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Allan Pettersson

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Swarm
Mélomaniaque



Inscrit le : 03 Avr 2006
Messages : 889

MessageSujet: Allan Pettersson   Jeu 21 Déc - 12:43

Allan Pettersson
(1911-1980)



"The music forming my work is my own life, its blessings, its curses: in order to rediscover the song once sung by the soul."

- Allan Pettersson



Voilà, suite à la demande de Xavier, je créée un sujet sur ce compositeur suédois malheureusement trop méconnu (même par moi, il faut l’admettre) mais que j’admire beaucoup (pour ce que je connais). Bien sûr, tous ceux qui connaissent ici (sûrement mieux que moi) sont invités (forcés) à participer!

Il a écrit 16 symphonies, dont trois (en tout cas) sont incontournables pour toute personne s’intéressant un tant soit peu à la symphonie au XXè siècle. Attention, Pettersson est un suédois, mais on est clairement dans la lignée d’un Mahler ou d’un Shostakovich et pas dans l’épanchement lascif de sonorités glacées et lisses qui « sonnent bien ». Ici c’est la réalité et la souffrance qui règnent en maître, même si cette musique reste essentiellement tonale et très facile d’approche pour n’importe quel adepte de musique du XIXè. C’est un univers musical clairement assez post-romantique, mais dur et froid comme la neige tassée entre les orteils gelés d’un prolétaire suédois affamé travaillant jour et nuit dans une mine pour un salaire de misère.

Parmi ses œuvres, je pense qu’il faut commencer absolument par la trilogie des symphonies des années soixante 6, 7 et 8. Ce sont trois gigantesques monuments, trois marches funèbres, trois processions de souffrance, d’une sincérité, d’une richesse et d’une inventivité sans pareil. Magnifique !

La 8ème est peut-être la plus facile d’accès (avec ce magnifique deuxième mouvement avec cette seconde mineure insistante), mais pour tous ceux qui sont habitués aux rudesses Shostakoviennes et aux noirceurs du destin implacable Mahlerien ainsi qu'à ses sautes d'humeur soudaines, les deux autres (6 ou 7) peuvent aussi fonctionner comme portes d’entrées…

Pour la discographie, je crois que CPO fait généralement un très bon travail (parfois même les seuls enregistrements existants), Leif Segerstam a quant à lui fait (entre autres) un très bel enregistrement de la 8ème, et Antal Dorati a enregistré la 7ème. Mais c’est clair qu’aucun autre (ou presque) "grand chef" ne s’est frotté à cette musique, dont, à mon avis, on parlera encore dans 150 ans, quand la majeure partie de la musique de Boulez, Ferneyhough et Lachenmann sera rangée au fond des tiroirs.

Citation:
Allan Pettersson
From Wikipedia, the free encyclopedia
Gustav Allan Pettersson (September 19, 1911 – June 20, 1980) was a Swedish composer.
Pettersson, one of four children of a violent alcoholic blacksmith, was born at the manor of Granhammar in Västra Ryd parish in the province of Uppland, but grew up in poor circumstances in Stockholm, where he resided during his whole life. There, in 1930, he began study of violin and viola, as well as counterpoint and harmony, at the Royal Conservatory of Music. He became a distinguished viola player but also started composing songs and smaller chamber works in the 1930s. At the beginning of the second world war he was studying the viola in Paris. During the 1940s he worked as a violist in the Stockholm Concert Society Orchestra, but also studied composition privately with Karl-Birger Blomdahl and Otto Olsson. His production from this decade include the twenty-four Barefoot Songs (1943-45) and a concerto for violin and string quartet (1949).
In 1951 Pettersson composed the first of his seventeen symphonies; the others were to follow in rapid succession. The first and last symphonies of the series are unfinished. He contracted polyarthritis in his forties, and by the time of his fifth symphony, completed in 1962, his mobility and health were considerably compromised. His greatest success came a few years later with his seventh symphony (1966-67), which has also received more recordings than his other works.
He was hospitalized for nine months in 1970, soon after the composition of his ninth and longest symphony, beginning to write the tenth (1972) from his sickbed. He recovered, but ill health confined him permanently to his apartment. The release of a recording of his seventh symphony (with Antal Dorati conducting the Stockholm Philharmonic) was a breakthrough, establishing his international reputation. During the last decade of his life he also wrote the cantata Vox Humana (1974), concertos for violin and orchestra (1977-7Cool and for viola and orchestra (1979), a twelfth symphony for mixed chorus and orchestra (1973) to poems by Pablo Neruda and a sixteenth symphony (1979) which features a bravura solo part for alto saxophone.
Pettersson's writing is tonal, but very strenuous and often has many polyphonic lines going on at once. Most of his symphonies are written in a single movement, making them all the more demanding. Generally serious in tone, often dissonant, his music rises to ferocious climaxes relieved, especially in his later works, by lyrical oases. Most of his music has now been recorded at least once and much of it is now available in published score.
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DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable



Inscrit le : 30 Déc 2005
Messages : 25423
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Jeu 21 Déc - 13:40

Swarm a écrit:
Il a écrit 16 symphonies, dont trois (en tout cas) sont incontournables pour toute personne s’intéressant un tant soit peu à la symphonie au XXè siècle. Attention, Pettersson est un suédois, mais on est clairement dans la lignée d’un Mahler ou d’un Shostakovich et pas dans l’épanchement lascif de sonorités glacées et lisses qui « sonnent bien ». Ici c’est la réalité et la souffrance qui règnent en maître, même si cette musique reste essentiellement tonale et très facile d’approche pour n’importe quel adepte de musique du XIXè.

Merci pour la présentation, Swarm ! Tout à fait d'accord avec ça, pour ma part. Et ce compositeur est assez unanimement aimé par les amateurs des symphonies "non officielles" (c'est-à-dire souvent tonales, tonalisantes ou de pays "exotiques") de la musique du vingtième siècle.

Sûr que ça devrait vraiment plaire aux amateurs du Chosta symphonique. C'est sans doute moins inventif, mais la matière sonore et surtout le langage sont comparables.
_________________
Je dis une chose très simple. Je n'ai pas d'arrière-pensée.
Si j'avais une arrière-pensée - pourquoi ne la dirais-je pas ?
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LONCIN Michel
Néophyte



Inscrit le : 27 Déc 2006
Messages : 1

MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Mer 27 Déc - 3:45

De fait, il est scandaleusement regrettable qu'un tel génie demeure frappé d'un véritable ostracisme par les grands médias et les oragnisations de concerts de nos nations francophones. Citoyen belge, j'ai essayé vainement d'interpeller la RTBF à l'occasion du 25ème anniversaire de sa mort afin qu'une émission lui soit consacrée. Peine perdue : on ne m'a même pas fait l'honneur de me répondre ! En fait de politesse !!!
Evidemment, sa musique demeure "difficile" d'accès, à la fois par la violence de maintes symphonie (et à l'intérieur de chacune d'elles, de sections entières) et par la noirceur et la désespérance qui semblent s'en dégager. Témoin de son temps, il a témoigné de ce qu'est son temps (et le nôtre), se situant à l'extrême avant-garde d'une dénonciation sans compromis. Et notre temps, qui compense sa férocité par le culte de l'infra humain semble ne pas être prêt à le lui pardonner, par delà la tombe !
Et pourtant, quel océan de beautés à l'état pur !!!
Je mettrai particulièrement en évidence :
- l'immense "coda" (s'agissant de Pettersson, de tels termes sont dépassés), d'une longueur infinie (plus de 20 minutes) de la 6ème Symphonie, citant un de ses Barfotsänger (chant des va-nu-pieds);
- la deuxième "île lyrique" de la 7ème Symphonie, moment unique d'une telle beauté qu'elle rejoint la fin du Chant de la Terre de Mahler ou la Passacaille de la 8ème de Chostakovitch ! Il suffirait qu'un metteur en scène de la réputation et du génie d'un Spielberg, renouvelant le miracle d'un Visconti, utilise cette musique pour une oeuvre cinématographique spécifique à son esprit pour que la masse des cinéphiles s'éprenne inconditionnelement de ces quelques cinq minutes d'extase (la version de Dorati, au tempo très lent, me semble restituer au mieux ce rare moment de la musique occidentale;
- la fin suspensive et infiniment douloureuse du 1er mouvement de la 8ème et celle, d'une noirceur à couper le souffle de son second mouvement ("les chants les plus tristes sont souvent les plus beaux / et j'en connais d'immortels qui sont de purs sanglots /");
- la quatrième section de la 10ème Symphonie, laquelle ouvre pourtant une cycle d'oeuvres extrêmement dissonant;
- la longue "île lyrique" de 10 minutes, peu avant la fin de la 13ème, extrêmement dissonante;
- les fins apaisées des 15ème et 16ème Symphonies;
Quand l'auditeur "de bonne volonté" se sera pénétré de ces beautés, il lui restera l'effort d'entrer progressivement dans l'univers de désespérance et de profonde humanité de ce génie, dernier grand symphoniste avec Chostakovitch et Henze.
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Xavier
Père fondateur



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MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Mar 2 Jan - 3:02

J'ai écouté la 7è symphonie.

Pas grand chose à en dire, si ce n'est que j'attendais mieux; en fait j'ai trouvé ça sans grande inspiration, très convenu même.
On évoque Mahler, Chostakovitch... Oui il y a de cela, mais ça ne joue pas dans la même catégorie à mon avis.
Les passages graves et funèbres me paraissent bien longs, voire lourds, tandis que les éclaircies lyriques sonnent mauvaise musique de film...

Citation:
la deuxième "île lyrique" de la 7ème Symphonie, moment unique d'une telle beauté qu'elle rejoint la fin du Chant de la Terre de Mahler ou la Passacaille de la 8ème de Chostakovitch ! Il suffirait qu'un metteur en scène de la réputation et du génie d'un Spielberg, renouvelant le miracle d'un Visconti, utilise cette musique pour une oeuvre cinématographique spécifique à son esprit pour que la masse des cinéphiles s'éprenne inconditionnelement de ces quelques cinq minutes d'extase


Je trouve John Williams souvent plus inspiré que cela...
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DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable



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MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Mar 2 Jan - 3:16

Et personne pour souhaiter la bienvenue à Michel ! Very Happy

Un peu dans le goût que tu décris, il y a Myakovsky, entre Tchaïkovsky et Chostakovitch, mais moins décadent que Pettersson. Je trouve ça très beau, mais on n'échappe pas à un côté un peu commun.

Pettersson, bien qu'il me séduise moins, me semble plus personnel.
_________________
Je dis une chose très simple. Je n'ai pas d'arrière-pensée.
Si j'avais une arrière-pensée - pourquoi ne la dirais-je pas ?
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jolan
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MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Mar 2 Jan - 3:19

DavidLeMarrec a écrit:
Et personne pour souhaiter la bienvenue à Michel ! Very Happy

Un peu dans le goût que tu décris, il y a Myakovsky, entre Tchaïkovsky et Chostakovitch, mais moins décadent que Pettersson. Je trouve ça très beau, mais on n'échappe pas à un côté un peu commun.

Pettersson, bien qu'il me séduise moins, me semble plus personnel.


Bienvenue Michel !

Tiens, on parle de Miaskovsky, que j'aime beaucoup...
Pas encore écouté l'ensemble de ses symphonies, mais son Concerto pour violoncelle doit bien être mon préféré
J'en profite donc pour vous conseiller son écoute.

Wink
_________________
Chez moi c'est ici : www.paysagesinterieurs.com

Ou ici : http://paysagesinterieurs.forumactif.com/
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Kia
vomi



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MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Mar 2 Jan - 3:25

Ma préférée, c'est la 10eme qui fait partie du groupe des symphonies 10 à 16 tres "chargées"...
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Xavier
Père fondateur



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MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Mar 2 Jan - 3:27

Kia a écrit:
Ma préférée, c'est la 10eme qui fait partie du groupe des symphonies 10 à 16 tres "chargées"...


Tu parles de Pettersson ou de Myakovsky?
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Kia
vomi



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MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Mar 2 Jan - 3:29

Xavier a écrit:

Tu parles de Pettersson ou de Myakovsky?

Pettersson Idea
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quintette op.57
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MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Lun 15 Jan - 14:02

Xavier a écrit:
J'ai écouté la 7è symphonie.
Pas grand chose à en dire, si ce n'est que j'attendais mieux; en fait j'ai trouvé ça sans grande inspiration, très convenu même.

?
Citation:
Les passages graves et funèbres me paraissent bien longs, voire lourds

Tu aimes Bruckner?
Citation:
tandis que les éclaircies lyriques sonnent mauvaise musique de film...

Je n'ai jamais entendu une musique de film qui ressemble à ça. Evil or Very Mad
_________________
On n'écoute jamais assez son papa Haydn
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Xavier
Père fondateur



Age : 27
Inscrit le : 08 Juin 2005
Messages : 34231

MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Mar 16 Jan - 0:56

quintette op.57 a écrit:

Citation:
Les passages graves et funèbres me paraissent bien longs, voire lourds

Tu aimes Bruckner?


Pas des masses.

quintette op.57 a écrit:
Citation:
tandis que les éclaircies lyriques sonnent mauvaise musique de film...

Je n'ai jamais entendu une musique de film qui ressemble à ça. Evil or Very Mad


Va voir davantage de films hollywoodiens récents, y a beaucoup de ça.
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quintette op.57
Mélomane averti



Inscrit le : 20 Avr 2006
Messages : 110
Localisation : Yvelines

MessageSujet: Re: Allan Pettersson   Mar 16 Jan - 2:24

Xavier a écrit:
quintette op.57 a écrit:

Citation:
Les passages graves et funèbres me paraissent bien longs, voire lourds

Tu aimes Bruckner?

Pas des masses.

C'est cohérent
Xavier a écrit:
quintette op.57 a écrit:
Citation:
tandis que les éclaircies lyriques sonnent mauvaise musique de film...

Je n'ai jamais entendu une musique de film qui ressemble à ça. Evil or Very Mad

Va voir davantage de films hollywoodiens récents, y a beaucoup de ça.

Je ne m'étonne pas du tout que des musiques de film s'inspirent de ça. Mais ça me surprendrait qu'on puisse y trouver une qualité ou une construction qui soutienne la comparaison.
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Allan Pettersson

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