 Autour de la musique classique Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres. |
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Spiritus Gentil corniste

Inscrit le : 31 Jan 2007 Messages : 11081 Localisation : 45, rue d'Ulm... dans mes rêves
| Sujet: Arthur Bliss (1891-1975) Mar 20 Mai - 14:20 | |
|  Je découvre ce compositeur avec la sympathique Colour Symphony. Oeuvre attachante, d'une durée de 32 minutes, écrite en 1922 sur la proposition... d'Elgar en personne, et qui prend pour thème quatre couleurs (violet pour I, rouge pour II, bleu pour III, vert pour IV) qui inspirent librement le compositeur. Niveau langage, c'est relativement proche d'Elgar, justement, notamment au niveau de l'utilisation des bois et de l'hégémonie des cordes. Cela dit, c'est nettement plus aventureux qu'Elgar, plus moderne, peut-être à cause d'une certaine influence jazzy (II et III) et de l'utilisation des chromatismes (dans IV). Mais ça reste assez proche d'une esthétique XIXè siècle, pas agressif du tout. Reste que c'est très bien écrit, ...coloré, c'est bien le mot, original et très plaisant. Le premier mouvement est le plus elgarien, c'est un Andante Maestoso bien construit, solidement charpenté sur des thèmes aux cordes confortables: j'aime beaucoup. Le second est plus festif que violent, le rouge est apparemment perçu par Bliss comme une couleur ludique et joyeuse plus que sanguinaire. Le troisième est le meilleur: noté Gently flowing, il est doux et apaisé, rêveur, pas lent mais assez sautillant, très chouette, avec de jolis soli de bois. IV est le passage le plus moderne, avec des climats plus cuivrés, moins chaleureux, un peu moins convaincants à mon goût aussi. Le climax, qui superpose tous les sujets à la fois, est quand même une belle prouesse, et la coda qui n'introduit pas de résolution harmonique, plutôt intéressante. Dans l'ensemble, voilà une oeuvre sûrement pas renversante, mais très honorable et qu'il me plaira de diriger.  _________________ A ton avis, quel genre de chasseur serait-on si l'on effrayait le gibier que l'on pourchasse et qu'on le rendait encore plus difficile à capturer? (Platon, Lysis)
La cucaracha, la cucaracha, Ya no puede caminar, Porque no tiene, porque le falta, Marijuana que fumar!
Deux doryphores discutent; l'un dit: "J'ai la patate!", et l'autre, ben il le bouffe. Qui a inventé cette blague? |
|  | | Jaky Mélomane chevronné

Age : 13 Inscrit le : 23 Juil 2005 Messages : 5446 Localisation : ici
| Sujet: Re: Arthur Bliss (1891-1975) Mar 20 Mai - 15:21 | |
| J'attend le cd avec impatience, j'aurai droit à une dédicace?  _________________ “Ce n'est pas pour les snobs, mais pour le public normal qui croit encore dans les accords habituels et une mélodie de temps à autres”. Et il n’y aura pas de tickets gratuits, … Rutland Boughton
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|  | | Spiritus Gentil corniste

Inscrit le : 31 Jan 2007 Messages : 11081 Localisation : 45, rue d'Ulm... dans mes rêves
| Sujet: Re: Arthur Bliss (1891-1975) Mer 21 Mai - 15:29 | |
| Peut-être bien!
Adam Zero: nous avons là un ballet de la grande époque, assez long (17 scènes, 42 minutes) mais magnifique: ce qu'il y a de génial ici, c'est la grande diversité de climats, tous rendus avec une inspiration mélodique intarissable et une subtilité étonnante. Walton et ses Façades Suites ne sont pas loin, Stravinsky non plus par moments... Superbe. Le thème choisi est en fait, à travers les péripéties d'Adam (naissance, amour, printemps, automne, scène au night club , mort), une allégorie de la vie humaine. Je ne détaille pas trop, sachez que c'est génial de bout en bout, avec à peine de petites longueurs, et un art chorégraphique admirable: la scène du night club est délirante, on n'imagine pas un Lord anglais moustachu écrire de telles grivoiseries! L'orchestre est large et généreux, pas trop cuivré (un peu quand même), et il utilise le glockenspiel de façon violente et percussive comme Wagner dans l'Or du Rhin pour décrire le Nibelung. Les thèmes sont d'ailleurs également cycliques, mais variés, le tout explore les différentes facettes de la vie avec beaucoup d'inventivité. A noter que la fin est assez sombre. Une belle découverte! _________________ A ton avis, quel genre de chasseur serait-on si l'on effrayait le gibier que l'on pourchasse et qu'on le rendait encore plus difficile à capturer? (Platon, Lysis)
La cucaracha, la cucaracha, Ya no puede caminar, Porque no tiene, porque le falta, Marijuana que fumar!
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|  | | Xavier Père fondateur

Age : 27 Inscrit le : 08 Juin 2005 Messages : 33615
| Sujet: Re: Arthur Bliss (1891-1975) Mer 21 Mai - 22:27 | |
| | Spiritus a écrit: | | L'orchestre est large et généreux, pas trop cuivré (un peu quand même), et il utilise le glockenspiel de façon violente et percussive comme Wagner dans l'Or du Rhin pour décrire le Nibelung. |
Il n'y a pas de glockenspiel à ce moment-là, tu parles des enclumes plutôt? |
|  | | vartan Papa pingouin

Age : 42 Inscrit le : 08 Déc 2005 Messages : 23613 Localisation : Burdigala
| Sujet: Re: Arthur Bliss (1891-1975) Mer 21 Mai - 23:57 | |
| Mais non Xavier, c'est dans la version sur instruments baroques.  _________________ Je crois au moment. S'il n'y a pas le moment, à ce moment-là, il faut arriver à ce moment-là, au moment qu'on veut. JCVD |
|  | | Spiritus Gentil corniste

Inscrit le : 31 Jan 2007 Messages : 11081 Localisation : 45, rue d'Ulm... dans mes rêves
| Sujet: Re: Arthur Bliss (1891-1975) Jeu 22 Mai - 12:33 | |
| Merde oui, lapsus, les enclumes.  _________________ A ton avis, quel genre de chasseur serait-on si l'on effrayait le gibier que l'on pourchasse et qu'on le rendait encore plus difficile à capturer? (Platon, Lysis)
La cucaracha, la cucaracha, Ya no puede caminar, Porque no tiene, porque le falta, Marijuana que fumar!
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|  | | Spiritus Gentil corniste

Inscrit le : 31 Jan 2007 Messages : 11081 Localisation : 45, rue d'Ulm... dans mes rêves
| Sujet: Re: Arthur Bliss (1891-1975) Jeu 22 Mai - 12:44 | |
|  Je m'en excuse, je vais devoir être bref sur ces trois oeuvres. 
Dans cette musique pour piano, Bliss est plus moderne que dans la symphonie et le ballet, il utilise parfois le piano à la façon de Prokofiev, mais son ascendance la plus marquée est incontestablement Rachamninov, auquel il emprunte une écriture dense, une certaine forme d'orchestration et un caractère agité pour le concerto pour piano. Cela dit, au risque de passer pour hérétique j'avoueras que je préfère nettement Bliss à Rachma ici. 39 minutes pour cette oeuvre en trois mouvements qui épouse le modèle classique vif-lent-vif, et beaucoup de matériau qui se divisent en trois thématiques: un lyrisme mélancolique, une véhémence agitée et une influence jazzy. Ces deux derniers éléments dominent le premier mouvement, riche et jamais ennuyeux, et plus encore le finale, assez joyeux, festif, chargé mais équilibré et bien écrit. Le piano occupe de la place, mais moins que chez Rachma, il ménage des moments de calme et de méditation où l'orchestre, plus ou moins dégoulinant, reprend le dessus. Et l'intensité culmine dans le très beau mouvement lent, qui commence par une mélodie simple et ravissante, et introduit une dimension mélancolique très inspirée. Dans l'ensemble, malgré le dramatisme et la densité du langage, on a le sentiment d'une oeuvre sincère et humaine, qui dégage de l'émotion. Très chouette.
La sonate pour piano est un peu dans le même genre, mais en un peu moins bien. L'influence du jazz est carrément écrasante dans le premier mouvement, qui se déploie sur un rythme de marche intéressant mais un peu redondant. Pas génial mais pas désagréable non plus. Le deuxième est là aussi le plus réussi, il est harmoniquement beaucoup plus élaboré, presque debussyste par moments. Le troisième se rapproche de l'ambiance délirante du Night Club d'Adam Zero; cependant, la densité de l'écriture, sa violence deviennent à la fin un peu creuses et assez saoulantes, ça cogne beaucoup pour pas grand chose. Mais comme c'est court (21 minutes au total), on ne regrette rien.
Quant au concerto pour deux pianos, il est très condensé (12 minutes) et se divise en trois mouvements où le jazz joue encore une fois un rôle prépondérant. Très cuivrée, la première section rappelle le piano percussif de Prokofiev; curieusement, la partie centrale est très différente: douce et mystérieuse, elle comporte des harmonies orientalisantes incongrues mais très chouettes. La fin revient à l'agitation chérographique du début, qui convient très bien à la photo du disque.
Très intéressant ce compositeur! _________________ A ton avis, quel genre de chasseur serait-on si l'on effrayait le gibier que l'on pourchasse et qu'on le rendait encore plus difficile à capturer? (Platon, Lysis)
La cucaracha, la cucaracha, Ya no puede caminar, Porque no tiene, porque le falta, Marijuana que fumar!
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|  | | sud273 Mélomane chevronné

Age : 46 Inscrit le : 03 Déc 2006 Messages : 9972
| Sujet: Re: Arthur Bliss (1891-1975) Mar 24 Juin - 21:57 | |
| dès la première écoute, ce concerto pour piano me plait beaucoup: une oeuvre d'importance, plus que la symphonie concertante de Walton qui demeure une oeuvre mineure, autant que le deuxième concerto de Rawsthorne, une oeuvre de maturité sans aucun doute. Effectivement l'influence romantique est évidente, le côté rhapsodique de "danse russe" également. Dès le début, on ne sait pas très bien où on est, on va de surprises en surprises, le piano martèle le theme avec des sextuplets d'accords frappés, les oppositions entre l'aspect percussif, la gentille mélodie straussienne lyrique et espiègle est très amusant. La palette des émotions est très large; il y a bien aussi quelques échos de jazz, variations syncopés qui rappellent Gershwin, mais avec une maîtrise de l'orchestre et une virtuosité d'écriture bien supérieure. Des rappels d'Alwyn, quelques développement mystérieux, qui ne s'éloignent que brièvement d'un ton finalement assez jovial même lorsqu'il se teinte de mélancolie; ça me rappelle aussi le concerto sans doute plus tardif de Rudolf Ganz. Le finale est très réussi, une sorte de course folle semée de dissonnances piquantes. Une seule envie, recommencer immédiatement: ce que je fais d'ailleurs. |
|  | | Jaky Mélomane chevronné

Age : 13 Inscrit le : 23 Juil 2005 Messages : 5446 Localisation : ici
| Sujet: Re: Arthur Bliss (1891-1975) Mar 24 Juin - 22:51 | |
| Bliss a écrit combien de concerto pour piano? Ici sur cette pochette on peut penser qu'il n'y en a qu'un, j'ai pourtant un enregistrement qui indique concerto n°2 (avec Solomon au piano si mon neurone me renseigne bien).
 _________________ “Ce n'est pas pour les snobs, mais pour le public normal qui croit encore dans les accords habituels et une mélodie de temps à autres”. Et il n’y aura pas de tickets gratuits, … Rutland Boughton
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|  | | mariefran Mélomaniaque

Age : 46 Inscrit le : 25 Fév 2008 Messages : 965 Localisation : Lille
| Sujet: Re: Arthur Bliss (1891-1975) Mer 25 Juin - 15:34 | |
| | Jaky a écrit: | Bliss a écrit combien de concerto pour piano? Ici sur cette pochette on peut penser qu'il n'y en a qu'un, j'ai pourtant un enregistrement qui indique concerto n°2 (avec Solomon au piano si mon neurone me renseigne bien).
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Non, c'est le même concerto (B flat). Le CD Solomon (direction Boult) est couplé avec le concerto de Scriabin et la Fantaisie hongroise de Liszt. _________________ Ist dies etwa der Tod ? |
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