Autour de la musique classique

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 Autour de Samuel Barber (1910-1981)

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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Lun 26 Fév - 0:33

« Alors que la partition en appelle à un bruyant banquet romain avec tablées et torches ruisselantes, dans cette version on se passe de dîner. Antoine se tient dans une pièce aux lumières tamisées, au milieu de groupes d’hommes torse nu, assis à terre, qui se caressent les uns les autres. Il est approché par César, qui, sur une tendre mélodie à l’accompagnement délicat, lui offre sa sœur en mariage. Mais la production fait virer la tendresse à la lascivité. Comme il lui fait cette offre, l’empereur romain tripote les cuisses de sa sœur et lui pianote sur la main. Lorsque Antoine approche sa promise pour l’embrasser, Cesar finit par l’honorer à sa place, et Antoine, boudeur, se retire dans un coin pour rêver à Cleopâtre. Cette impersonification de Cesar et ses mignons ne trouve aucune justification dans la partition : c’est une invention qui affaiblit les différences dramatiques que Barber a voulu établir entre le monde publique de Rome… et l’univers insidieux et séduisant de l’Egypte de Cléopatre (où la musique rappelle les brouillards sensuels de Pelleas (sic !). Le livret tiré de la pièce de Shakespeare, oppose désir érotique et responsabilité politique. Mais si la cour romaine devient perversement libertine, alors quel est le sujet de l’opéra ? La mise en scène d’Elijah Moshinsky fait de ce conflit beaucoup de bruit pour rien ».
Edward Rothstein, le brillant critique qui écrit ces lignes parle évidemment par on-dit, il n’a jamais lu les pièces romaines de Shakespeare, Jules César surtout, où les rapports des généraux romains ne sont politiques que par prétexte et sous-entendent en permanence des rapports amoureux, des jalousies et des chamailleries de cour d’école.

Oui, tout le monde chante bien, la direction est discrète à souhait, encore une fois ils se sont ennuyé, ils trouvent ça à peine un peu moins stupide que Les Pêcheurs de Perles.
« Pourquoi, au fait exhumer cette œuvre ? Barber, en condensant et en réécrivant Shakespeare, a rendu ses personnages tout à fait antipathiques. Cleopâtre est une femme jalouse, possessive, lâche dans la bataille, revancharde ailleurs. Antoine est indolent et faible, reprochant à Cleopâtre ses propres manquements, fuyant le mariage avant même de goûter au plat de résistance. La production de Chicago amplifie ces excès. Pourquoi leur destin aurait-il le moindre intérêt quand ils n’en ont eux-même aucun ? » Pourquoi s’intéresser à Polly Peachum et Macky Messer, une voleuse et son maquereau ? à Porgy and Bess, une pute et un cul-de-jatte ?

Le 6 avril 2003 , en plein après midi, à Carnegie Hall, l’American Composer Orchestra (subventionné par la fondation Goelet) donne une version de concert d’Antoine et Cleopâtre avec Carol Vaness sous la direction de Robert Sloane. Il semble d’après les courts extraits qu’on peut en entendre à la radio que ce soit une assez bonne version. Les critiques ne comprennent pas qu’on n’ait pas su choisir entre une version statique et le semblant de mise en scène des scènes d’amour et de mort. Ils sont définitivement sourds et borgnes : margeritas ante porcos ?

Une dernière suggestion alors : ce n’est pas fait pour la scène ? qu’en est-il du second Faust de Goethe, de Peer Gynt d’Ibsen, du Mystère de la charité et de Jeanne d’Arc de Péguy ? Si l’on n’en veut pas en oratorio, Antoine et Cléopâtre me parait idéal en tant que bande son de film : il y faudrait évidemment un grand réalisateur, plus un Lars von Trier qu’un Oliver Stone, n’importe qui à vrai dire, sauf Zeffirelli. Bizet est mort en croyant que Carmen était un four. Un jour Antoine et Cléopâtre sera l’opéra américain le plus joué dans le monde. Il n’est pas interdit de rêver.


Dernière édition par le Mar 13 Mar - 16:28, édité 2 fois
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Xavier
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Lun 26 Fév - 0:41

sud273 a écrit:
Si l’on n’en veut pas en oratorio, Antoine et Cléopâtre me parait idéal en tant que bande son de film : il y faudrait évidemment un grand réalisateur, plus un Lars von Trier qu’un Oliver Stone, n’importe qui à vrai dire, sauf Zeffirelli.


Tu peux nous dire une bonne fois pour toutes ce qu'il t'a fait pour que tu le flingues à chaque message? Laughing
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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Lun 26 Fév - 0:53

il a tué Barber et quelques autres...
De plus c'est un élu de droite (extreme) en Italie, homopobe et homsexuel, ce qui à mon goût, ne va pas très bien ensemble


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Xavier
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Lun 26 Fév - 0:57

Voilà, comme ça c'est dit. Laughing
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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Lun 26 Fév - 1:01

ça va mieux quand c'est dit?
pas sûr, vu ce qui s'est passé après...


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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Lun 26 Fév - 23:25

puisque j'ai tiré ma révérence après ça, pour divergences politiques


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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mar 27 Fév - 0:38

f
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mar 27 Fév - 1:20

Sud, tu fais des bêtises... Tu es libre, mais pas sur le coup de la colère, pas pour Sarkozy... Shit

_________________
Indépendamment de ce qu'on a pu écrire sur ma nouveauté, et malgré ce que j'ai moi-même laissé entendre dans mes Mémoires, ma chère Amélie, il est un fait que je dois tout à Grétry.
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mar 27 Fév - 16:41

Xavier a écrit:
Ne le prends pas mal, mais tes messages font parfois un peu peur, par leur côté "massif".
Si tu aérais un peu la mise en page peut-être... Wink

Parce que là, on a l'impression qu'on arrivera jamais au bout! Laughing


C'est vrai , une lettre c'est trop long !!! tongue

_________________
DavidLeMarrec, sur CSS, en parlant de Rysanek a écrit:
Quoi qu'il en soit, sa carrière fut des plus brillantes, et elle marqua les esprits par la force de persuasion de ses phrasés brûlants et son grand impact vocal, très physique. En particulier en Sieglinde, où elle a ravi tant de suffrages.
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mar 27 Fév - 16:44

Je ne sais pas du tout ce qui s'est passé, j'interviens juste sur le sujet pour signaler gentiment à Guireu : c'est peut être pas nécessaire d'en rajouter une couche.
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mar 27 Fév - 20:39

comme c'est dommage Crying or Very sad

Tous ces messages m'avaient donné tellement envie de découvrir Barber sur lequel j'avais plein d'a-prioris.

C'est triste que d'autres lecteurs n'aient plus la chance de pouvoir les lire aussi, et tout cela pour une histoire de politique qui n'en valait pas la peine Confused
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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mer 14 Mar - 23:41

Marguerite Duras pour Vogue 1968 La Voce, repris dans Outside(P.O.L.)

Elle est très belle, fraîche comme une ondine au sortir de l’eau, d’une peau admirablement sombre, « éclairée », dorée comme si elle arrivait tout juste d’un été aux Iles. Elle n’est pas grosse, elle est plantureuse. Sa chair est légère et rappelle le tendre gonflement des chairs d’enfants. Dès qu’elle ouvre la bouche, dès qu’elle parle on se dit qu’il a fallu cette chair autour de la voix, pour la nourrir comme une bonne terre généreuse, afin qu’elle prenne cette profondeur, ce velours merveilleux.
Tout de suite, dès ses premiers mots, dès sa « voix parlée », on devine l’autre voix. La chambre résonne de sonorités inattendues, lointaines. La Voce fuse du corps comme d’une conque. Nous sommes à l’intérieur d’une coquille marine. En parlant elle chante déjà.
- Dès mon réveil, avant même d’avoir parlé, je sens immédiatement, au fond de mon corps comment elle est, dit-elle. Si elle est à sa place, c’est la felicità.
Elle, qui ? La Voce. Elle ajoute dans le langage de Verdi :
- La Voce e la felicità.
« Monstre noir sublime » disent les journaux. Et dans la salle comble des Champs-Elysées, à travers le délire j’ai entendu ces mots : « Même la Callas n’a jamais chanté le grand air de La Tosca comme ça ! »
Elle aussi a entendu. Elle salue avec simplicité, naturel. Elle le sait. Tout ce qu’on peut dire sur sa voix, elle le sait : qu’elle est dépositaire d’un trésor, qu’elle se trouve au point de sa carrière où, sur le ring mondial de l’opéra, elle est le danger numéro un.
- Depuis deux ans je suis en securità. Ma Voce est plus facile que jamais.Je crois que j’atteins
à la maturité de ma voix.
Qui est la porteuse de cette voix, Léontine Pryce ? (sic)
Je crois avoir compris qu’on ne peut pas les dissocier, elle et la voix. Elles ne font qu’un.
Si la question est posée différemment : quelle est la relation de Léontine Pryce avec le don qu’elle porte ? on trouve une certaine réponse : il me semble que cette relation est tout à fait extraordinaire, faite de peur, de colère et d’amour.
D’abord de peur. D’une certaine peur. Que ce don fantastique soit tombé sur elle, la petite fille noire du Mississipi, et qu’elle soit tenue de subir ce sort fait peur. Un devoir d’une importance capitale lui échoit : celui de porter à son apogée et de par le monde le message d’un art très rare. Et de n’avoir qu’une vie pour le faire : la sienne.
De là une certaine colère. Oui, je ne trouve pas d’autre mot.
Elle accuse, elle accuse la Voce. Pas d’enfants à cause de la Voce. Pas de mariage à cause de la Voce. Pas de vie personnelle à cause de la Voce. Il faut tout lui donner, tout son temps, toute son énergie, toutes ses émotions, tout son temps de vie. Tout .
- Je ne serai jamais une femme complète. A chaque succès cette certitude augmente. Je sais que le succès est ce que je dois accepter en lieu et place d’une vie personnelle. C’est la chose du monde la plus difficile à accepter.
Après un silence, elle ajoute :
- Sans Dieu, ce ne serait pas possible. Sans Dieu rien n’est possible. Je ne peux pas fonctionner sans cette croyance de toutes les minutes de ma vie.
Seul recours : l’amour de Dieu. Seul cause et seul recours à la fois, Dieu . L’amour de la musique, donc celui de Dieu, donc celui de toute la nature. Y compris la nature interdite : les doux champs de coton du Mississipi où nous aurion aimé un homme et entendu rire nos enfants.
La foi de Léontine Pryce lui vient du Sud, léguée par un père et une mère nois. Elle est simple, absolue.
Aussitôt qu’elle accuse la Voce et le cycle infernal de sa vie à travers les capitales de l’opéra, Milan, La Scala, Moscou, Londres, etc., elle se souvient que Dieu a voulu la Voce et qu’on doit lui obéir.
Et qaund elle revient à Dieu, elle revient tout aussitôt après à cette mère et à ce père restés à Laurel par qui est passée la volonté divine. Quand elle en parle, comme le ferait un enfant de 15 ans, on approche de ce qu’il y a en elle de plus définissant, de plus abrité contre la Voce. Elle aime ses parents par-dessus tout.
Il en est , curieusement, comme s’il dépendait encore d’eux qu’elle soit heureuse ou malheureuse. On dirait qu’elle est encore dans le regret d’avoir quitté cette maison de Laurel.
- Mes parents sont simples, calmes, heureux. Chaque fois que je vais les voir, je reviens plus forte.
Il n’y a pas de doute : ses parents sont devenus ses enfants. Les enfants qu’elle n’a pas. Elle les voudrait éternels. Elle se signe quand elle dit qu’ils sont en bonne santé et encore forts.
A part cet amour-là, inchangé ?
- Je ne suis pas sans amour, dit-elle. J’ai été mariée avant. Mais de cela je ne veux pas parler.
Cela a dû se passer –ce mariage- lorsqu’elle jouait Porgy and Bess à Broadway. Depuis cette phrase terrible parce que négative : « Je ne suis pas sans amour » dit sa privation.
En 1955 à Carnegie Hall lorsque Herbert von Karajan l’entend dans Pace, pace mio Dio, il l’engage immédiatement à Vienne. En 1961, au Metropolitan Opera, après Le Trouvère, le public lui fait une ovation de quarante-deux minutes, son éblouissant calvaire commence. Et elle n’a affaire au fond qu’à un seul partenaire maintenant, sans visage et sans nom, qui l’adore et l’arrache jalousement vers lui : le public.
- C’est un great challenge. C’est une grande chose, ce public. Mais à cause de lui j’ai sans doute renoncé à des choses très importantes.
Elle ne dit pas lesquelles.
Elle est sans orgueil. Elle a cette simplicité qu’on trouve chez les plus grandes. Cette acceptation de soi pour le meilleur et pour le pire.
- Je suis américaine et noire. Je représente ma race et mon pays. Je dois être toujours meilleure pour toujours mieux les représenter.
Elle parle de sa race avec émotion.
- Je suis fière d’être noire.
Elle parle de la douleur croissante de cette race, mais aussi de son espoir, des progrès.
- Vous pouvez dire maintenant que nous ne demandons plus. Nous réclamons. Il fallait que ça arrive .
Jusqu’ici, les chanteuses noires se bornaient au jazz. Maintenant elles commencent à s’approprier l’opéra. Depuis Marian Anderson, il y a Grace Bumbry, l’Anglaise et elle, Léontine Pryce.
Les journaux la disent aussi belle qu’il y a sept ans, lorsqu’elle a débuté dans Le Trouvère au Metropolitan Opera. Miraculeusement inchangée, disent-ils. Pourquoi ?
Je le comprends tout à coup. C’est une jeune fille de quarante ans qui se tient devant moi.
Sagement vêtue d’une robe noire. Autour de son cou, les perles fines. Le clip sur le cœur. Elle a vingt-cinq ans, trente ans au plus ? Non, on me dit que non. Que demain on fête son quarantième anniversaire. C’est possible. Mais du côté du sentiment la jeunesse enfermée est intacte. C’est ce qui se voit avant tout. La Voce et le soin fabuleux qu’il a fallu en prendre depuis qu’on était en âge de jouer à la poupée l’ont tenue à l’abri de toute usure du cœur. Et quand elle rit –car la gaieté est là aussi, prête à prendre son vol-, sa jeunesse explose, déchirante, superbe.

Vogue 1968
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natrav
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mer 14 Mar - 23:45

sud273 a écrit:
il a tué Barber et quelques autres...
De plus c'est un élu de droite (extreme) en Italie, homopobe et homsexuel, ce qui à mon goût, ne va pas très bien ensemble


C'est très fréquent au contraire !
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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mer 14 Mar - 23:54

ah? mais dans quel but? défendre Zefirelli? Et non, pas question de parler politique!
Héutontimoruménos si je me souviens du peu de grec que j'ai assimilé.
Je ne comprends pas bien la remarque sur la fréquence de la chose.
Et quand bien même, la gloriole vaut-elle de se renier à ce point?

Quoique, en ce qui concerner Zefirelli et Bing, quelque chose m'échappe encore sans doute.
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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Jeu 15 Mar - 0:08



Note sur Thomas Schippers

Tom Schippers a traversé ce monde tel un feu-follet. Né en mars 1930 à Portage, Michigan, près de Kalamazoo, où ses parents tenaient un magasin d’articles ménagers, il doit sa vocation au piano qu’il découvrit à quatre ans chez sa grand-mère. Sans doute aurait-il été un virtuose de cet instrument ou de l’orgue (ses deux dominantes au Curtis Institute) si sa route n’avait croisé celle de Menotti. Enfant prodige, sorti du lycée à quatorze ans, diplomé de Julliard à 17, élève en composition d’Hindemith à Yale, il sort second d’un concours de direction d’orchestre à Philadelphie, sans avoir apparemment jamais appris cette discipline. Monté à New York à 18 ans, où il survit en jouant de l’orgue pour 10 dollars la semaine dans une église de Grennwich Village, il fonde une compagnie d’opéra amateur, avant que la soprano Eileen Farrell l’emmène comme accompagnateur dans une tournée sud-américaine. Lors d’une audition, il rencontre Menotti, qui le choisit pour diriger Le Consul à Broadway en 1950, puis Ahmal et Les visiteurs de la nuit, diffusé par la télévision le 24 décembre 1951. Pour diriger The Old Maid and the Thief, il entre au New York City opera la même année, et remplace Tullio Serafin au pied levé en 1953 dans L’heure espagnole, alors qu’il a à peine eu le temps de lire la partition.
A 25 ans, récompensé par un Tony award pour la création de The Saints of Bleeker Street, (il semblerait presque que Menotti n’écrive des opéras que dans l’espoir qu’il les dirige) il devient l’un des chefs réguliers du Met et fait ses débuts à la Scala l’année suivante.

En 1958, Menotti l’emmène à Spoleto en tant que directeur musical. Le Macbeth qu’ils montent avec Visconti sur la place du village, est resté dans l’histoire, comme le Duc d’Albe de Donizetti qu’il recompose en chassant les ajouts posthumes de Salvi, et pour lequel le hasard veut que l’on retrouve, dormant dans un entrepôt, les décors de la production originale.
En septembre 1959, c’est Léonard Bernstein qui l’emmène à Moscou, en tant qu’assistant du New York philarmonique : il y joue Menotti mais aussi la Dance de vengeance de Médée.
1959, c’est l’année de la création de A Hand of Bridge à Spoleto : en dehors de la musique, Thomas Schippers avait une passion pour le bridge, pour lequel il se dit qu’il n’avait que peu de talent.

1963 est, selon Rudolph Bing, la saison du «festival Schippers » au Met (36 représentations dans 4 opéras différents dont la création américaine de The Last Savage). En septembre, il est le premier américain invité à Bayreuth où il dirige « Les Maîtres Chanteurs » : il sera d’ailleurs aussi un chef Wagnérien (la Walkyrie d’Osaka a laissé quelques souvenirs) même s’il est surtout reconnu pour ses enregistrements de Rossini et de Verdi, dont il enregistre avec Léontyne Price à Rome en 64 La Forza del Destino.

Il épouse en 1965 Elaine Lane, riche héritière de Carnegie Steel. Elle mourra en 1973 d’un cancer, l’année où Menotti et Barber se séparent, trois ans après que Schippers ait accepté la place de directeur permanent de l’orchestre de Cincinnati, formation avec laquelle il laisse un important leg symphonique, abordant des compositeurs aussi variés que Falla, Berlioz, Ravel, Moussorgsky, Prokofiev, Mozart, Beethoven, Schubert, Rorem, Proto.

Il meurt lui-même en 1977 d’un cancer du poumon, qu’il a tenté de cacher à ses proches, allant jusqu’à se faire opérer en cachette alors que l’académie Sainte-Cécile de Rome vient de le nommer à sa tête. Sans doute son cœur est-il toujours demeuré en Italie, puisque sur sa demande ses cendres seront déposées en grand pompe par Menotti dans une niche, au milieu du mur jouxtant la cathédrale de Spoleto en 1979.



Si quelqu'un peut m'aider à remplir les trous entre 66 et 77, en rapport avec Léontyne, Sam, Gian Carlo, Lee, Charles, merci de collaborer
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Jeu 15 Mar - 0:13

sud273 a écrit:

Je ne comprends pas bien la remarque sur la fréquence de la chose.
Et quand bien même, la gloriole vaut-elle de se renier à ce point?

Quoique, en ce qui concerner Zefirelli et Bing, quelque chose m'échappe encore sans doute.


Non, non, rien de méchant, juste une réflexion concernant le puritanisme parfois mal placé de certains homos honteux, c'est tout. J'ai vu ça, ce n'est pas rare. Rien de plus. Wink Si Zefirelli est bien d'extrême droite, pas d'inquiétude, j'en pense le même bien que toi !
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Xavier
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Jeu 15 Mar - 0:14

vartan a écrit:
Si Zefirelli est bien d'extrême droite, pas d'inquiétude, j'en pense le même bien que toi !


Disons droite berlusconienne si j'ai bien compris. (on peut trouver que c'est la même chose, ou pas)
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Jeu 15 Mar - 0:15

Bon, on va pas pourrir le joli topic de Sud, encore un post intéressant au-dessus. Wink
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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Jeu 15 Mar - 0:23

merci de le dire:
Je pense que malheureusement ça va au-delà de ça, et je ne voudrais pas constituer un dossier à charge mais la "nullification" d'Alagna me semble aussi une conséquence néfaste de l'influence de ce rebut qu'est le respecté sénateur qui se prononça également pour une interdiction de la gay-pride qui ennuyait le pape.
Mais bon , je ne vais pas non plus passer pour un défenseur de la cause homo, vu que ça n'est pas ma préoccupation plus de 30 pour cent de mon temps. Zeff est un nuisible, autant que les doryphores qui mangent mes patates.
Et causons de la Diva plutôt
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natrav
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Jeu 15 Mar - 0:38

Pour avoir écouté une bonne partie de la soirée Léontyne dans son dernier (un de ses derniers) récital, la voix semble-t-il cassée par l'âge (?) et la maladie. L'energie est intacte, l'engagement total, la sincérité confondante. Un sommet d'émotion. Elle se lance dans un dramatique Haendel dont elle n'assure pas les vocalises arpégées, la voix se casse aux changements de registre, un voile métalique est là dans l'aigu. Mais quelle sensibilité. Oui jazzy sans aucun doute comme Lady Day, avec cette même simplicité et honnêteté qu'une petite fille. Elle enchaîne comme un suicide Poulenc puis Duparc qui se perd dans le Bronx, Puccini qui la déchire mais moins qu'un certain Hoiby qui la maltraite comme ces hommes qui cognent une femme amoureuse. Seul Berlioz semble la laisser se reposer. Tout passe miraculeusement et qu'importe qu'elle puisse trébucher, on fait semblant de ne pas regarder. Quelques spirituals où elle ne se ménage pas, rauque et diseuse. Un beau moment Merci Wink

Le public est fou.
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Autour de Samuel Barber (1910-1981)

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