Autour de la musique classique

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 Autour de Samuel Barber (1910-1981)

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Jaky
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 13:59

Au fait il y a le livret dans le RCA Mitropoulos?
Dire que je vais devoir patienter 2 ou 3 semaines… Rolling Eyes
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 14:14

RCA fournit les livrets, généralement, mais avec les rééditions, difficile d'être catégorique.

On trouve le livret sur le site de la RAI italienne (ainsi que la traduction en langue vernaculaire pour les anglosceptiques), je peux te le passer si tu veux (html ou pdf).

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Jaky
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 14:16

DavidLeMarrec a écrit:
RCA fournit les livrets, généralement, mais avec les rééditions, difficile d'être catégorique.

On trouve le livret sur le site de la RAI italienne (ainsi que la traduction en langue vernaculaire pour les anglosceptiques), je peux te le passer si tu veux (html ou pdf).

Si cela ne te dérange pas! bounce
Merci!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 14:21

Jaky a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
RCA fournit les livrets, généralement, mais avec les rééditions, difficile d'être catégorique.

On trouve le livret sur le site de la RAI italienne (ainsi que la traduction en langue vernaculaire pour les anglosceptiques), je peux te le passer si tu veux (html ou pdf).

Si cela ne te dérange pas! bounce
Merci!

Il y est encore, parfait :
http://www.radio.rai.it/radio3/radio3_suite/archivio_2006/eventi/2006_11_11_vanessa/libretto_inglese.pdf .

Tu veux la version italienne aussi ?

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natrav
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 14:24

Ecrevisses à la bordelaise? Shocked
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Jaky
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 14:32

DavidLeMarrec a écrit:
Tu veux la version italienne aussi ?

No thanks Wink
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Jaky
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 14:33

vartan a écrit:
Ecrevisses à la bordelaise? Shocked

Que rajoutes tu dans ton lait cassis? Laughing
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natrav
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 14:37

Ca! I.1

http://www.radio.rai.it/radio3/radio3_suite/archivio_2006/eventi/2006_11_11_vanessa/libretto_inglese.pdf
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Jaky
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 14:42

Ils(elles) ont un solide estomac… cat
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natrav
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 15:30

Des goinfres sous couvert de raffinement!
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Jaky
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 15:47

Je n'ai pas encore lu le livret : rassurez-moi, ce n'est pas la version originale de la grande bouffe? Laughing
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felyrops
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MessageSujet: Autour de Samuel Barber   Sam 6 Jan - 22:37

Eh les gars, il n'est toujours pas tombé dans le domaine public, hein...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 22:40

Tout à fait, mais la RAI le propose, c'est un peu comme lorsqu'on peut podcaster les émissions de France Musique[s] ou de France Culture, c'est un service officiel offert où les ayant-droits ont été consultés et probablement rémunérés.

Par prudence, j'ai juste fourni l'adresse et ne l'ai pas mis sur un serveur personnel ou sur le forum.

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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 23:23

merci à tous pour ces références passionnantes; je pense que, sur la lancée, je vais finir par arriver à parler de Vanessa aussi quand j'aurai fait le point sur les infos intéressantes: c'est vraiment "potage crémé aux perles" pour prolonger les réjouissances du jour de l'an. Felyrops, conserve précieusement ton exemplaire original, il se peut qu'il présente un intérêt insoupçonné effectivement, vu le trajet accompli.

Aujourd'hui, un épisode un peu plus sombre, toujours en rapport avec la musique symphonique.
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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Sam 6 Jan - 23:25

Digression 3 : Porgy and Bess
Voyons, je ne me souviens pas de l’âge que j’avais le jour où j’ai offert à ma grande sœur, l’enregistrement historique de Porgy and Bess. Le disque était entouré d’un bandeau rouge, on y voyait Léontyne debout dans un décors misérabiliste digne des derniers opéras véristes, avec à ses pieds, à genoux, Porgy, l’handicapé dans son chariot à roulettes, William Warfield, qui était encore officiellement le mari de la diva. Ça devait être l’anniversaire de ma sœur, et, comme elle m’avait offert un Rodrigo (Ajanruez) je tentais de lui rendre la pareille. Mais elle avait déjà ce disque, ce qui fait qu’il m’échut, ô bonheur sans nom ; un des disques décisifs de toute ma discothèque en vinyl, je devais avoir treize ou quatorze ans. Je pense que c’est toujours un des disques essentiel à recommander à tous, plus encore que le Carmen, une merveille. Léontyne Price y chante tout, même les airs de Clara, qui ne sont pas dans son rôle, et avec une maîtrise que personne n’atteindra plus comme dans le trait final de « My man’s gone now », cette montée de gamme sur deux octaves qui redescend en sanglots convulsifs dans la formidable déploration de Serena.

Il est assez bien porté, chez les critiques sérieux, de se moquer de la pauvreté des moyens de Gershwin, de son orchestration hollywoodienne, de ses imitations de Negro spirituals, mais qui parvient, à part Maazel à rendre la polyphonie compliquée de la prière pendant l’ouragan, à maîtriser le swing de l’air du train ou du duo si violemment sombre de la scène sur Catfish Row ? Plusieurs fois dans Vanessa Barber regarde vers ses racines américaines, n’entend-on pas au début du dernier acte, brièvement, les trois notes du thème de Summertime ? et Gershwin et lui n’ont-ils pas assidûment fréquenté la partition de Wozzeck, et particulièrement « l’intermezzo sur une tonalité », celui-là même que Schippers enregistra, en compagnie du prélude de Fervaal de d’Indy sur un disque entièrement consacré à Barber.


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felyrops
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MessageSujet: Autour de Samuel Barber   Dim 7 Jan - 1:58

Voici le premier disque français (ou disponible en France) au 25-3-1952:
S. Barber "Adagio pour cordes, op. 11" (LP. 25 cm) et comme je n'ai que le tôme 1 du Guide français du disque (1946-1952), je ne peux que renvoyer au tome 2: voir musique XXe siècle, Boyd-Neel, Déc. LX-3042.
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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Dim 7 Jan - 18:23

Naissance d’une comète

Dans la galaxie Barber, une étoile brille un peu plus fort que les autres : c’est une étoile noire. Un jour de 1960 le président Lindon Johnson lui a dit : « vous apportez de la lumière au monde ». This little light of mine, I’m gonna let it shine. Le flambeau, Barber l’a porté à bout de bras, dès 1953.

Quand je suis tombé amoureux de Léontyne Price, ma mère (sans doute un peu écoeurée par les passages en boucle de mon disque d’extraits) m’a raconté avoir assisté à l’un des spectacles de la tournée historique en Europe de Porgy and Bess. Je doute un de la réalité de l’anecdote, car la tournée triomphale fut écourtée à Paris pour une reprise sur Broadway de l’opéra historique de Gertrude Stein et Virgil Thomson 4 saints in 3 acts, pour lequel Léontyne avait été engagée en 1952, (l’année même où elle sort diplomée de la Julliard School). Les 4 saints sont passés par Paris en 1952, Porgy and Bess, l’été suivant dans la salle de l’Empire.

A Julliard Léontyne Price possédait des rôles qu’elle ne sortira que très tard dans sa carrière, elle est distribuée à Tanglewood dans Ariane à Naxos, en 1950. Si elle finit par enregistrer tardivement l’opéra de Strauss, elle ne refera jamais la Nella de Gianni Schicchi ou la Mistress Ford de Falstaff , qui sont pourtant à l’origine de sa carrière.

Léontyne Price elle-même raconte que sa première rencontre avec Sam aurait eu lieu à New York chez son professeur de chant et « coach » pour employer un mot d’aujourd’hui, Mrs Florence Page Kimball, sur laquelle on regrette de n’avoir pas plus de renseignements :
« C’est dans le studio de mon merveilleux professeur de chant à Julliard que je fus, jeune étudiante encore, présentée à Barber : c'est-à-dire qu’il a appris à connaître ma voix très tôt, à une époque où elle était encore en développement ».
Dès 1953, alors qu’elle n’est connue que pour Bess, qu’elle chante quatre fois par semaines (l’enregistrement des highlights ne se fera que dix ans plus tard), Barber veut absolument l’obtenir pour le récital qu’il doit donner à la library of Congress le 30 octobre, pour l’anniversaire de Mme Coolidge. Ce concert doit livrer la première de la commande passée en 1947 (Barber l’avait attendue près de quinze ans) pour un deuxième quatuor à cordes. Mais, bien qu’il ait esquissé un adagio central pour quatuor de cordes, Barber ne songe qu’à écrire des mélodies : coup sur coup, il va inscrire à son catalogue les deux cycles les importants de sa carrière, Mélodies passagères et Hermit songs.

Ses échanges épistolaires avec Harold Spivacke, (directeur de la section musique de la Library of Congress de 1937 à 1972, sont assez lestes mais insistent avec intransigeance sur le choix de l’œuvre et de l’interprête : « Oui, affirme-t-il en juin, les Hermit songs sont bien l’œuvre écrite pour la commande Coolidge, et ne vous en déplaise, fichus bureaucrates que vous êtes, j’ai bien l’intention de dépenser tout ce flouzz à Paris, pour lequel je m’envole dès demain » et le mois suivant « je regrette un peu le ton léger de ma récente missive… quoique le cri d’effroi de mon portefeuille soit des plus sincères … je n’ai jamais eu de lettre officielle spécifiant la teneur de la commande Coolidge, dont nous n’avons discuté que par téléphone… Ne serait-il pas temps d’engager quelqu’un pour le concert anniversaire de la fondation Coolidge. Comme vous le savez les plannings des chanteurs sont bouclés très à l’avance, alors que les compositeurs, pauvres comme Job, sont toujours à votre disposition » et fin août : « la nature de la commande et même la rétribution ayant changé, il ne m’est jamais apparu comme certain que des conditions plus ou moins évoquées dans une lettre de 1947 soit toujours d’actualité. Pour n’importe quel compositeur, la transformation en cycle de mélodies d’un quatuor à corde, constitue un vrai choc psychologique, comme l’est une augmentation des dédommagements. Je pensais que ce quatuor n’était plus qu’une vieille blague et considérais votre lettre (et la mienne ?) comme aussi anachroniques que les honoraires d’origine. Prétendre que cette lettre n’est pas caduque et ne s’applique pas au présent cycle de mélodies serait aussi difficile qu’embrasser goulement une ex-fiancée. Notez que j’aurais aimé dédidacer un quatuor à Mrs Coolidge, mais si vous continuez à affirmer que je peux raisonnablement dédier une chanson comme le n°7, qui est intitulée Promiscuité, à une femme de la classe de Mrs Coolidge, je commencerais à croire que vous êtes moins galant homme qu’il n’y paraît ! Non, sérieusement, pensez-vous que je puisse lui dédier la première chanson du cycle, qui est assez substancielle ? Et j’espère vraiment que vous pourrez vous débrouiller pour avoir Price : tenez-moi au courant . Leontyne Price m’a chanté les Hermit songs en privé, et très bien (largement souligné à l’encre noire) ; ce serait elle mon premier choix. Elle a envie de les faire, la seule difficulté est qu’elle encore sous contrat pour Porgy and Bess, tant que le spectacle reste à l’affiche, ce qui l’empêche d’accepter d’autres engagements ». Le 11 septembre, Spivacke répond « cette histoire de Léontyne Price a été un vrai cirque » mais il annonce aussi qu’il a fini par négocier un jour de liberté pour lui permettre de chanter le 30 octobre. Barber répond « Léontyne Price paraît penser que tout ira bien pour le concert, et je me réjouis tellement d’avance de travailler avec elle… Une fois le programme établi, même si votre concert ne se fait pas, nous pourrons toujours aller chanter bénévolement pour l’Armée du Salut ! »
Ce n’est qu’après avoir obtenu confirmation de l’engagement de Léontyne Price qu’il envoie le manuscrit du cycle complet.


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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mar 9 Jan - 23:36

Digression 4: colors

En 1953, pour un événement de portée nationale, diffusé en direct à la radio, préférer à Seefried ou Steber une débutante, noire de surcroit, c'est-à-dire, pour l’immense majorité du public, une chanteuse de jazz (les opéras de Thomson et Gershwin ont la particularité d’employer uniquement des chanteurs noirs, et ils ne gagneront leur place dans les salles d’opéras que bien longtemps après) dut effectivement être « un vrai cirque ».

On a du mal à imaginer aujourd’hui ce que pouvait être l’amérique de la ségrégation raciale. A Laurel dans le Mississipi, où elle est née en 1927 d’un père bûcheron et d’une mère sage-femme, Violet passe ses après-midi libres avec Big Auntie, la cuisinière et femme de chambre des Chisolm, qui vit dans une cabane au fond du jardin. Grâce à une bourse d’étude financée par Paul Robeson (le grand chanteur noir) qui l’a entendue en 1943, puis à l’aide des Chisolm qui lui permet d’entre à Julliard, elle parvient à envisager de se tourner vers le professorat. Car les scènes d’opéra ne sont pas ouvertes pour les chanteuses noires, et bien des années plus tard, alors qu’elle est une star internationale, Léontyne continuera à entrer chez ses bienfaiteurs de Laurel par la porte de derrière, pour ne pas choquer les gens, et à servir à table, pour « ne pas perdre la main ». A Laurel, Mississipi, un rédacteur de journal commente ainsi ses premiers succès : « Son exemple est bon pour les noirs : on voit bien qu’elle n’a pas été éduquée dans une école de nègres. »

En 1955, Marian Anderson, (la plus profonde contralto américaine, presque une basse dans certains spirituals) en fin de carrière est enfin engagée par le Met, pour le rôle (noir, souligne de livret) d’Ulrika la bohémienne du Trouvère. C’est en janvier de la même année, grâce à la télévision, dans une version en anglais de Tosca, diffusée par NBC, que Léontyne est révélée au public, ou plutôt à une partie du public, puisque plusieurs réseaux régionaux refusent de diffuser le programme.
En 1957, Poulenc la choisit pour créer le rôle de Mme Lidoine du Dialogue des Carmélites à Chicago, car, dit-il, il aime ce qu’elle fait de ses mélodies. A partir de cette date la machine est en marche, il ne faut plus qu’un peu de chance, et par deux fois coup sur coup elle remplace au pied levé deux cantatrices victimes de malaises dans Aïda : «ma carrière, dit-elle, a été lancée par les appendicites aiguës des sopranos italiennes.»


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sud273
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mar 9 Jan - 23:38

Mélodies Passagères op 27

Le premier voyage de Poulenc aux Etats-Unis date de 1949 (« pendant la guerre je ne pouvais pas, avant j’étais un inconnu »). Durant cette tournée promotionnelle, Poulenc présente le Concerto champêtre. (Bernac vit une partie de l’année à New York, en 1952 c’est là qu’il enregistre pour Columbia les Amours d’un poète de Schumann, accompagné par Casadesus). J’imagine que c’est cette année-là qu’il passent commande à Barber d’un cycle de mélodies destiné à leur concert commun à Carnegie Hall, prévu début 1952. En effet la date de composition des Mélodies passagères est 1950-51. Les premières composées sont sans doute les numéros 1-4-5 puisqu‘Eileen Farrell donne la première de ces trois numéros avant les dédicataires. Le texte de Rilke n’est peut-être pas ce que la poésie française peut offrir de meilleur, quoique en certains endroits il confine au surréalisme et recèles quelques belles formules « un cygne avance sur l’eau/Tout entouré de lui-même » : les grands textes produisent rarement de grandes mélodies. Là, tout est à réinventer musicalement. La référence à Debussy et au bestiaire de Poulenc est évidente dans le cygne, « dors on fond de l’allée » est preque une parodie de Durey, l’aisance de Bernac dans « le clocher qui chante » montre combien cette chanson est écrite spécifiquement pour lui, avec son accompagnement de carillon (Barber, comme Menotti ont composé dans leurs jeunes années des suites pour carillon). « Départ » est un exemple unique dans toute la production de Barber, un morceau complètement atonal, cultivant sur un tempo lent des dissonances stridentes, recommendant au chanteur de dire avec emportement le vers « ce sera un point rose », un discours musical en contradiction systématique avec le texte, et qui doit laisser les auditeurs incertains quant au moment où il convient d’applaudir.
Le plus important c’est que Barber dans les Mélodies Passagères (d’où vient ce titre d’ailleurs, puisqu’il est modifié à partir du premier vers de Rilke et que signifie-t-il ? chansons courtes d’un étranger en promenade ?) trouve la formule du cycle et introduit une dimension dramatique dans l’ordonnancement de chaque passage, alors que ses recueils de chansons auparavant ne sont souvent que des florilèges sans grande cohérence interne.


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natrav
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MessageSujet: Re: Autour de Samuel Barber (1910-1981)   Mer 10 Jan - 0:19

Merci pour le sujet en Français!
Vanessa m'est revenue par des canaux amicaux et je ne suis pas à l'aise en Anglais. Je l'écouterai ainsi avec plus de précision.
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Autour de Samuel Barber (1910-1981)

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