Autour de la musique classique
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Georges Enesco (1881-1955)

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joachim
Mélomaniaque



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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Lun 17 Sep - 20:37

La coïncidence veut qu'en ce moment même je suis en train de découvrir Oedipe pour la première fois, dans la version Gielen chez Naxos.

Cet opéra me plaît beaucoup. Personnellement, je ne trouve pas que la diction des interprètes est mauvaise, même si on ne comprend pas tout.
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hansi
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Dim 25 Nov - 11:46

je suis agréablement surpris par son opera OEDIPE.Il est "moderne", il date de 1936, est-il déjà "pré-contemporain"? Des fois, j'y ai trouvé des sonorités encore impressionnistes, puis plus récentes. Enfin je n'ai écouté que la moitié de l'opéra pour l'instant. Mais ça promet, je suis conquis.J'ai emprunté la version Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Lawrence Foster. Enesco était un élève de Gabriel Fauré, j'ai donc compris pourquoi la musique de cet opéra me faisait penser à Fauré !
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Booboup
Mélomaniaque



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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Jeu 19 Juin - 10:18

Encore un compositeur que je connais un peu mieux grâce à vous.
Pour ma part jusqu'ici je ne connaissais de lui que ça magnifiiiiique pièce pour flûte et piano cantabile et presto (mouais bon il s'est pas foulé encore pour le nom, mais c'est tellement beau), j'aimerais savoir si vous connaissez cette pièce et me faire un jugement, parce que je connais cette pièce pour l'avoir jouée, je ne l'avais jamais entendue avant, et donc je la trouve vraiment superbe, je voudrais savoir ce que les autres en pensent pour savoir si c'est le genre de compositeur que je suis bien plus adepte à jouer ou écouter, en tout cas je crois que je vais essayer de me procurer d'autres de ses oeuvres, enfin je vais essayé de me toruve un enregistrement d'Oedipe, ça m'a tout l'air très interessant, et puis déjà j'adore l'histoire d'Oedipe donc c'est un bon point.
(Bon d'accord j'aime beaucuop Wozzeck bien que le livret me semble complètement risible parfois... Mr.Red )
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Xavier
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Jeu 19 Juin - 10:22

Qu'est-ce que tu trouves risible dans Wozzeck?
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Booboup
Mélomaniaque



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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Jeu 19 Juin - 10:29

l'histoire en général, yta pire dans l'histoire de l'opéra mais ce qui me fait rire c'est quand il se noie, oui franchement le moment où il se noie, je peux m'empêcher de trouver ça drôle (peut être suis je tordue...)
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joachim
Mélomaniaque



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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Jeu 19 Juin - 11:08

Booboup a écrit:
Encore un compositeur que je connais un peu mieux grâce à vous.
Pour ma part jusqu'ici je ne connaissais de lui que ça magnifiiiiique pièce pour flûte et piano cantabile et presto (mouais bon il s'est pas foulé encore pour le nom, mais c'est tellement beau), j'aimerais savoir si vous connaissez cette pièce et me faire un jugement, parce que je connais cette pièce pour l'avoir jouée, je ne l'avais jamais entendue avant, et donc je la trouve vraiment superbe, je voudrais savoir ce que les autres en pensent pour savoir si c'est le genre de compositeur que je suis bien plus adepte à jouer ou écouter, en tout cas je crois que je vais essayer de me procurer d'autres de ses oeuvres, enfin je vais essayé de me toruve un enregistrement d'Oedipe, ça m'a tout l'air très interessant, et puis déjà j'adore l'histoire d'Oedipe donc c'est un bon point.
(Bon d'accord j'aime beaucuop Wozzeck bien que le livret me semble complètement risible parfois... Mr.Red )


Ce Cantabile et Presto a été composé en 1904, et destiné pour le concours du Conservatoire de Paris (de même qu'une Légende pour trompette et piano, un Allegro de concert pour harpe, un Konzertstück pour alto et piano). La pièce est certes agréable à écouter, mais c'est très peu pour te faire une idée d'Enesco.
En priorité, essaie de te procurer l'Octuor à cordes opus 7, la troisième sonate pour violon et piano opus 25, et naturellement les deux rhapsodies roumaines opus 11 (la première est un "tube").
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Jeu 19 Juin - 13:32

Oedipe est beaucoup moins évident que ce Cantabile et Presto, qui est un peu du Koechlin simplifié (c'est très beau, donc).

Ce n'est pas opéra fabuleusement passionnant, d'ailleurs, et pourtant j'ai de la sincère tendresse pour tout ce qui sort un tant soit peu de derrière les bassons.
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Booboup
Mélomaniaque



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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Jeu 19 Juin - 19:16

c'est dingue à chaque fois que je me pointe sur ce forum je me dit qu'il faut que j'aille encore reserver 15000 truc à la FNAC ou la médiathèque.
N'empêche qu'est ec que c'est bieeeen.
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Spiritus
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Sam 28 Juin - 21:47

Je viens d'écouter la 1ère symphonie, et je ne suis que très peu, voire pas du tout emballé. C'est assez bien fait, varié et sans doute qu'on peut trouver un intérêt à cette musique, mais pour ma part, je m'y suis pas mal ennuyé. Difficile de dire où se situe Enesco ici: quelque part entre Franck, Brahms et Spohr (j'ai curieusement pensé à lui en écoutant, on retrouve ici le même classisicisme, la concision formelle, la platitude de formules creuses qui tournent à vide aussi).
Le premier mouvement est carré, très "propre", sans rien qui dépasse: la thématique me semble très inconsistante et je n'accroche pas du tout, sauf la jolie coda, qui déploie un triomphalisme cuivré assez facile mais plus convaincant que les développements vains qui précédaient. Harmoniquement, Enesco est très tonal mais plutôt modulant, bien "français" en tous cas - la marque en est très reconnaissable: un certain raffinement, qui tourne ici à mon avis à la platitude.
Le deuxième volet est un mouvement lent très raffiné, d'une orchestration fluide et raréfiée, à mon sens un peu creux. Les sept premières minutes sont assez gentilles: quelques surprises harmoniques et un statisme immobiliste créent une atmosphère éthérée un peu mystérieuse, pas fascinante non plus. Heureusement que les cordes titillent l'oreille et finissent par susciter un certain lyrisme plus dégoulinant mais aussi plus emballant que les petites formules chromatiques du début. C'est bien le seul moment où j'ai accroché ici, car le finale est vraiment interminable, malgré sa faible durée: je m'y ennuie royalement: c'est vaguement cuivré, très sage, très propre, un peu "précieux", sans impact pour moi. La coda, là encore, fait ressortir quelques éclats de trompette assez jolies.
Dans l'ensemble, une oeuvre décevante, sans beaucoup d'intérêt pour moi...
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A ton avis, quel genre de chasseur serait-on si l'on effrayait le gibier que l'on pourchasse et qu'on le rendait encore plus difficile à capturer? (Platon, Lysis)

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Spiritus
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Dim 29 Juin - 10:00

Malheureusement la 2è symphonie n'est pas beaucoup plus séduisante que la première. Il y a bien ici un souffle plus grand, une expressivité accrue, mais quand même, on s'ennuie assez généreusement au cours de ces interminables 50 minutes et j'étais bien content d'entendre le dernier accord. Ici, Enesco m'a paru plus audacieuse que dans son oeuvre précédente, au niveau harmonique déjà, par l'abondance de chromatismes, mais aussi dans la structuration même de la thématique: il a substitué à des thèmes fixes et fondateurs, une ribambelle de motifs imbriqués les uns dans les autres, à l'expression contrastée, dont le flux incessant est seul garant de la progression du discours. Très personnelle, cette technique ne me paraît pas pleinement convaincante, car du coup, rien dans la thématique ne retient vraiment l'attention, on a le sentiment d'un bavardage continu mais creux, sans véritable conviction: et le premier mouvement, le plus développé, pâtit de cette espèce de machine motivique sans consistance. Pourtant, il commençait bien, avec un ostinato aux bois qui m'a rappelé la Symphonie Italienne de Mendelssohn, et un souffle épique qui aurait pu convaincre s'il n'était pas dilué par la suite dans des développements abscons et soporifiques. Le deuxième mouvement me semble beaucoup plus convaincant. Je ne m'y sens pas à l'aise avec les harmonies, qui induisent régulièrement des dissonnances déplaisantes pour l'oreille, car donnant le sentiment d'être maladroites et arbitraires, mais en contrepartie on trouve ici un lyrisme presque émouvant, dont l'impact est plus net que dans la 1ère symphonie, en tous cas. Du coup, on ne s'ennuie pas trop, même s'il y a des longueurs et des baisses de tension. Les deux derniers volets, un scherzo et un finale "Allegro martiale", sont malheureusement d'un ennui extrême, tellement flous et inconsistants thématiquement parlant, sans force, sans impact: c'est assez chiant à écouter. Dommage.

Du coup, c'est sans grande conviction que je me suis mis le poème symphonique de 27 minutes pour ténor hors scène, soprano, choeurs et orchestre Vox Maris. Et là... incroyable! affraid affraid A croire qu'Enesco a été transcendé, ce n'est plus le même. Cette pièce captivante de bout en bout a quelque chose de scriabinien, dans la langueur de ses harmonies, l'utilisation erratique, d'une passion brûlante du choeur sans texte, la puissance des climax aussi. Sur le plan harmonique, cette oeuvre est en effet extrêmement avancée; l'orchestration, scintillante et raffinée, a quelque chose de génial. Il me semble y avoir une progression dans l'oeuvre: elle commence de façon plutôt classique, sur de vastes phrases de cordes, et se termine dans un silence fascinant, à peine troublé par une machine à vent et des percussions qui produisent une impression de mystère insondable. Entre temps, un ténor est intervenu pour chanter une mélodie qui n'est pas sans rappeler le finale de la Pastoral Symphony de Vaughan Williams; et le choeur évoque à la fois la fin de Prométhée et une autre symphonie de RVW, l'Antartica, par ses mélopées étranges, son côté mystérieux. Pièce fascinante, vraiment, où des percussions façon Neptune de Holst créent un climat très particulier, plein de souffle et de méditation. Un vrai lyrisme aussi, qui jaillit de toutes parts. Incroyable Shocked
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Xavier
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Dim 29 Juin - 13:39

Comme toi, les symphonies m'ont beaucoup ennuyé, en revanche j'ai bien plus aimé Vox Maris!

Je crois qu'il y a un fossé chez lui entre certaines périodes, certaines oeuvres.

Ecoute la 3è sonate pour violon. Wink
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sud273
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Dim 29 Juin - 14:14

il y a des trésors aussi dans les suites pour orchestre.
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Spiritus
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Dim 29 Juin - 14:18

Si je tombe dessus, avec plaisir. Wink

En attendant j'ai quand même écouté, pour la forme, la 3è symphonie, qui est aussi sa dernière (ouf!), et cette longueur est presque insupportable, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas em**** comme ça en écoutant de la musique. Pourtant, c'est pas si mal, nettement plus réussi que les deux premières en tous cas: le langage d'Enesco a déjà quelque chose de la langueur et du souffle épique de Vox Maris, il est plus concentré (on n'a pas ici cette impression de déroulement infini de motifs dans le vide), plus efficace. Le premier mouvement commence très bien; il se développe dans un climat méditatif et un peu sombre, rempli de doutes. Dommage qu'Enesco se soit senti obligé d'en faire une tartine de 18 minutes: avec la moitié de cette durée, ça aurait pu être très bien, car à y prêter l'oreille (ce qui est difficile), c'est joli et vrai. Disons que ça ne me parle pas du tout. Le deuxième mouvement est une marche sinistre pleine de résonnances sombres, il est regrettable qu'elle s'étale un peu trop et que son impact en soit considérablement réduit. Enfin le finale, là encore loooong à n'en plus finir, préfigure déjà les meilleures pages de Vox Maris, avec ses harmonies fuyantes, son orchestration extatique et raffinée, qui exploite notamment de façon intelligente un choeur sans paroles et un orgue. Simplement, c'est trop dilué, trop bavard pour faire le quelconque effet, et à moins de se resaisir à chaque instant pour ne pas penser à autre chose, le résultat est un ennui profond. Je ne dis pas que c'est nul, mais ça n'interpelle pas, ça n'est pas prenant.
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stéphane
Néophyte



Inscrit le : 13 Juin 2006
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Mer 2 Juil - 13:41

Il haut bien insister sur le fait qu'il y a deux périodes bien différentes dans la carrière de compositeur d'Enesco.

Comme Janacek, il a commencé par composer des oeuvres pas inintéressantes, mais où il ne s'était pas encore "trouvé" (ses deux premières symphonies par exemple).

Puis, vers le début des années 20, il a trouvé sa voie et surtout sa voix, unique, synthèse magistrale et même géniale selon moi, entre son génie propre et la musique de son pays, où se font sentir les influences hongroises, slaves, grecques, orientales, tsiganes.

En quelques chefs d'oeuvres, il est allé à mon avis (et selon l'avis de quelques musicologues) aussi loin que Bartok et Falla : la sonate pour violon et piano "dans le caractère populaire roumain", Oedipe, la suite n°3 pour orchestre...
Si ce n'est pas du pur génie, alors je ne vois pas.

Je cherche encore un musicien qui sache seulement écrire pour l'orchestre comme Enesco. Il y a des choses d'un raffinement incroyable, inouï, sur le plan de l'orchestration et de l'harmonie dans Oedipe (la scène de la sphinge !)...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Georges Enesco (1881-1955)   Mer 2 Juil - 13:43

stéphane a écrit:
Si ce n'est pas du pur génie, alors je ne vois pas.

Bonjour Oedipe !

Ca faisait un petit moment que tu n'étais pas passé. Very Happy
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Georges Enesco (1881-1955)

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