PIANO
BOT-BA
Hat Hut ART CD 6092 (1992)
Marianne Schroeder, piano
Sonates N° 2, 3 (1939) et
Suite N° 8 « Bot-Ba » (1952)
Personnellement, je ne « rentre »pas dans ces sonates au discours peu élaboré, confus, lassant rapidement.
Peu de développement intéressant.
Des influences jazz qui restent en demi-teinte. On sent Scelsi effectivement limité par le timbre de l'instrument, lui qui deviendra dans les compositions à venir une grand magicien des timbres des cordes et des cuivres.
Quelques pièces charmantes hésitant entre Debussy et Scriabine, mais sentiment d'irrésolution, d'inabouti.
Hat Hut ART CD 6006 (1988)
Marianna Schroeder, piano
Suites N° 9 « Ttaï » (1953) et
Suite N° 10 « Ka » (1954)
Ttaï: 9 parties « Cette suite doit être écoutée et jouée avec le plus grand calme intérieur. Les agités s'abstiendront. » 35 minutes d'une oeuvre plus pertinente, Keith-Jarrettienne, jeux d'eau. Des accords ouverts, non résolus, légèreté mais faiblesse de l'inspiration rythmique, impression de maladresse.
Ka: Nouvelle manière de Scelsi, beaucoup de notes répétées, clusters, tentative d'approcher le son « Om ».
INTÉGRALE DES OEUVRES CHORALES
Disque Accord 206812 (1998)
New London Chamber Choir, Percussive Rotterdam, James Wood direction
Oeuvres intéressantes pour leur projet de synthèse (parfois réussie) entre monodie chrétienne et chant bouddhiste zen.
Vaut surtout pour Yliam et Tre canti sacri.
Chants néo-grégoriens: Antifona, Three Latin prayers
Chants spectraux: TKRDG, Yliam
Chants populaires: Tre canti popolari
Chants de synthèse religieuse expérimentale: Sauh III et IV, Tre canti sacri
Three Latin Prayers (1970):
Naïveté, simplicité du chant modal, pseudo-médiéval, privilégiant les tierces, malgré cela, ces choeurs homophones restent agréables d'écoute.
Sauh III et Sauh IV(1973):
Utilisation de la voix nasalisée, du vibrato +/- lent ou large, des trilles, glissandi permettant l'ondulation d'une ligne de chant sur de microintervalles. 2 lignes de chants se mêlent réalisant une hétérophonie. Chants sur des phonèmes complexes qui enrichissent les vibrations et résonances. Évoque les oeuvres de Ligeti plus anciennes.
TKRDG (1968):
3 pièces pour 6 voix d'hommes, accompagné de percussions dont une caisse de guitare.
Amusant, sans plus. Ambiance de chants religieux sioux dans un western hollywoodien ou un groupe de hippies vocalisant autour d'un feu de camps après avoir goûté quelques champignons hallucinogènes. (Si Fuligo pouvait nous identifier le responsable de cette intoxication...)
Antifona sul nome de Jesu (1970)
proche des Three Latins prayers. Aspect de musique byzantine homophonique trop simple, vite lassant.
Yliam (1964):
Incroyablement proche du Lux Aeterna de Ligeti qui lui est postérieur de 2 ans et que ce dernier n'a pu connaître en raison de la création très tardive de l'oeuvre (1990): même ambitus des voix, voix de femmes dans les aigus, microintervalles, utilisation importante des trilles. Clusters qui s'enchaînent, se recouvrent les uns les autres jusqu'à former un appel aigu, interrogatif moins sombre que la pièce de Ligeti, avec moins de force et de puissance peut-être. Superbes moyens, chef d'oeuvre.
Tre canti popolari (1958):
Participant d'une veine rurale. Évoque les chants balkaniques, danse de la troisième pièce. Tourne en rond. Tonal et lassant!
Tre canti sacri (1968):
Pièces plus inspirées que les précédentes. La troisième (Gloria) associe des voix mixtes qui lancent des flèches, des vagues qui se recouvrent mutuellement, sur un seul phonème, évoluant par quart de ton. Religiosité moins factice ou naïve qu'ailleurs. Tous les effets vocaux différenciant bien les 9 pupitres amènent un sentiment de paix intérieure. Magnifique pièce.