
Autour de la musique classique Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres. |
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| Auteur | Message |
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sud273 Mélomane chevronné
Nombre de messages: 13095 Date d'inscription: 03/12/2006
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Sam 17 Mai - 15:15 | |
| vraiment Stanford c'est gentillet, à mon avis tu vas t'ennuyer, Glazunov en revanche, si c'est les symphonies (surtout à partir de la 5ème) c'est très bien. |
|  | | Jaky Mélomane chevronné
Nombre de messages: 7292 Localisation: … Date d'inscription: 23/07/2005
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Sam 17 Mai - 15:30 | |
| Pour Stanford essayes les 3 "irlandaise" & 4 en priorité, enfin ce sont mes préférées…  C'est gentillet, mais la troisième contient de belles mélodies. |
|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Sam 17 Mai - 15:42 | |
| C'est ce que j'ai choisi, Jaky !  Pour Glazounov je vais prendre les symphonies 2 et 7, ça me branchait bien et c'est le disque le plus rempli. Je vais encore me choisir un Lutoslawski, je suis riche en ce moment (plus pour longtemps  ) _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Jaky Mélomane chevronné
Nombre de messages: 7292 Localisation: … Date d'inscription: 23/07/2005
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Sam 17 Mai - 15:43 | |
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Sam 17 Mai - 15:44 | |
| Je peux encore changer  Mais on ferai mieux de continuer sur le fil Glazunov. _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Octavian Mélomane chevronné

Nombre de messages: 2798 Age: 26 Localisation: Lyon / Aix / Marseille Date d'inscription: 07/05/2008
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Sam 17 Mai - 17:07 | |
| Je ne connaissais de Holst que les Planètes et je découvre en lisant ce fil des choses qui m'ont l'air fort intéressantes! J'aimerais en savoir un peu plus sur ces hymnes védiques composés à la fin de sa carrière: quel est le titre de l'œuvre? ça se trouve où et interprété par qui?... Et qu'est-ce que c'est que cet histoire d' "oratorio gnostique" dont parle Sud? (Et merci d'avance bien sûr!) _________________ « Je ne comprends pas qu'on laisse entrer les spectateurs des six premiers rangs avec des instruments de musique. » (Alfred Jarry)
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|  | | sud273 Mélomane chevronné
Nombre de messages: 13095 Date d'inscription: 03/12/2006
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Sam 17 Mai - 17:13 | |
| http://www.gustavholst.info/journal/article-001.php?chapter=1article très complet et remarquable en anglais sur The Hymn of Jesus. J'ai été plusieurs fois tenté d'en parler mais jusque là ça n'intéressait pas grand monde... A mon avis une des oeuvres religieuses les plus importantes du 20ème siècle, mais en général on se méprend sur son sens. http://www.gustavholst.info/recordings/listing.php?recording=28pour la version complète des hymnes du rig veda (trois groupes); Assez difficile à trouver, il y a d'autres disques mais des extraits, il me semble qu'on en trouve quelques uns chez Naxos (avec mélodies a capella et accompagnées au violon seul mais je ne retrouve pas la référence) |
|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Lun 23 Juin - 16:05 | |
|  Je commence avec la Brook Green Suite. Très courte oeuvre en trois mouvements d'une durée de six minutes, remarquable: musique accessible et très fluide, simple à l'écoute, très charmante, mélodiquement inspirée. On est bien en Angleterre, avec ces échos de gamme pentatonique, ces sonorités typiques. Ecrite pour les cordes, cette suite très sympathique, aux allures de chanson populaire tant les thèmes sont simples et marquants, est plutôt subtile et ne dégouline pas. Superbe! Un peu plus crème anglaise est Song of Night for Violin and Orchestra. Sorte de romance de huit minutes, c'est une oeuvre calme et passionnante que d'aucuns trouveront un peu "facile" mais où pour ma part je ne boude pas mon plaisir, car c'est d'un lyrisme soutenu, avec de très très belles mélodies et une orchestration fine et agréable. La pièce s'ouvre sur une cadence élégiaque du violon solo, puis un cantilène à l'orchestre, très beau et plutôt émouvant, qui grandit en un climax fiévreux mais toujours très nocturne, sans tapage. Puis la musique décroît sur le thème initial, toute en subtilité et en raffinement. _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Lun 23 Juin - 17:41 | |
| Sur le même disque, j'ai pu découvrir la Saint-Paul Suite: là encore quel chef d'oeuvre! d'autant plus fulgurant qu'il ne dure que douze minutes et que le matériau est condensé au maximum, pour un impact élevé. Ce qui marque ici, c'est la fluidité, la légèreté: on se croirait dans Haydn, avec cette thématique mobile et joueuse, ces airs guillerets, cette pureté d'ensemble qui ne doit pas cacher un travail harmonique intéressant. Jamais l'on ne s'ennuie, car la musique, pris dans un flot perpétuel de notes sautillantes et joyeuses, qui rappelle du (très bon) Haydn, se renouvelle sans cesse. Tout cela est très beau et à mon avis tout à fait bienvenu, bien loin du tapage spectaculaire des Planètes. On est ici dans la sobriété, presque dans le néoclassicisme (mais sans le côté agaçant des tentatives stravinskiennes; avec au contraire une bonhomie, une inspiration remarquables). Superbe. Le mouvement lyrique pour alto et orchestre est d'autant, par contraste, plus étonnant. Cette pièce tardive en un seul bloc, dans un tempo plutôt lent, a un caractère austère et funèbre qui me rappelle beaucoup l'Adagio de la 3è symphonie d'Elgar (qui met également en scène un alto solo). On retrouve ici la même orchestration sévère, mais variée et très bien construite, la même concision, une certaine parenté thématique aussi, et un usage similaire de l'alto, sans aucune virtuosité, de façon douloureuse et sombrement méditative. Le climat de l'oeuvre m'a un peu dérouté, en sortant de St Paul, autrement plus réjouissante: ici, c'est une intériorité un peu triste qui prime, et qu'illustrent les harmonies plus recherchées et dissonnantes, les tonalités mineures (avec la sensible diminuée, le plus souvent), l'atmosphère aux colorations sobres et plaintives. Du coup, je me dois de réécouter cette belle pièce un peu surprenante, que je n'ai pas apprécié comme j'aurais dû. _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Lun 23 Juin - 20:39 | |
| Le Fugal concerto for Oboe and Flute est un coup de génie difficile à penser sans l'avoir entendu.  Bon Dieu, mais vraiment, c'est à tomber par terre! Trois mouvements, huit minutes, et un Spiritus à genoux. Sublime: tout y est là dedans: le lyrisme, la grâce, la simplicité, la poésie, l'écriture intelligente, les harmonies, les couleurs, tout. Un condensé de bonheur, le premier mouvement surtout, basé sur un thème fugué que les deux solistes puis l'orchestre par morceaux énoncent et varient tour à tour, selon un procédé classique mais terriblement efficace. Cela produit la même impression que St Paul: une musique mouvante, dansante, sautillante, pleine de joie, rayonnante de bonne humeur! Et la mélodie qu'utilise Holst est de toute beauté. Le deuxième mouvement, calme, débute sur un solo de flûte bientôt enrichi par la réponse du hautbois et des cordes en sourdine. Un moment de paix et de sérénité - de poésie aussi, sans dégoulinage, avec vraiment beaucoup de retenue et de discrétion. Le finale établit un contraste entre les interventions sereines et détendues des solistes, et les rythmes hachés des cordes, pleins de syncopes et de contretemps (qui semblent d'ailleurs poser de sérieux problèmes à l'English Sinfonia). Le climat est au jeu, au rire et aux clins d'oeil. Quel chef d'oeuvre inattendu! Le concerto pour deux violons, plus tardif et plus long (enfin, il ne dépasse pas les quinze minutes, tout est relatif), est beaucoup moins accessible, plus complexe et moins expressif. Cela dit, c'est de la très belle musique, à la fois techniquement intéressante et émouvante. Holst s'y révèle plus moderne dans ses effets que dans les autres pièces, et cela se manifeste d'abord dans l'emploi quasi récurrent de la bitonalité lorsque les deux solistes (sans virtuosité, avec une grande sobriété très bienvenue) dialoguent à des tonalités différentes (un peu comme dans la fin de Zarathoustra, quand les accors de si majeur symbolisant la Nature et ceux de do majeur symbolisant l'Homme se superposent et ne s'annulent pas). Le premier mouvement est le plus "dur", il a le climat, la véhémence d'un scherzo, et le sérieux austère d'un allegro de Prokofiev. Une section mouvementée l'ouvre puis c'est un dialogue plus lyrique des deux solistes qui se met en place, et ouvre attacca le deuxième mouvement, pour le coup vraiment superbe, sorte de rhapsodie libre et émouvante où les deux violons rivalisent de lyrisme et de raffinement, sur fond d'un tapis subtil et discret des cordes de l'orchestre. Le finale commence comme le premier mouvement, de façon un peu aride, puis un nouveau dialogue des solistes, d'une intensité lyrique bouleversante, change le climat dans la section centrale. L'oeuvre, plus énigmatique, plus contrastée mais pas moins réussie que l'autre concerto, s'achève dans une animation difficile à définir. _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mar 24 Juin - 18:01 | |
|  J'attaque ce deuxième disque Holst avec la jolie Somerset Rhapsody, pièce de jeunesse d'une durée de neuf minutes, déjà très belle, malgré sa simplicité et son utilisation récurrente de chansons d'allure populaire. En cela, l'oeuvre se rapproche d'ailleurs de Vaughan Williams: même côté folklorique, même orchestration colorée - le passage du hautbois au début aurait très bien pu être écrit par Ralphy. De la très belle musique, qui ne tombe que rarement dans la facilité (un peu quand même, par moments), et ménage quelques surprises, avec des effets antiphoniques surprenants aux cuivres: les trompettes sonnent lointaines, derrière les cordes et les bois, de façon intéressante. La mélodie est très belle, et variée, car Holst exploite quatre thèmes différents; les climats sont pastoraux, lyriques et simples, un peu "faciles" peut-être mais on ne va pas bouder son plaisir. Chouette musique! _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mer 25 Juin - 8:35 | |
| Je m'amuse bien avec Holst! C'est décidément un compositeur passionnant, vraiment sous-estimé, qui a probablement été phagocyté par la popularité de sa propre création, les Planètes. Mais je peux vous assurer que le reste de sa production est digne d'intérêt. L' Invocation pour violoncelle et orchestre prend la forme d'une rhapsodie libre et poétique, à la façon du Chant de nuit pour violon que j'ai décrit plus tôt; on retrouve ici les mêmes couleurs attenuées, nocturnes, le même extrême raffinement, des atmosphères semblables aussi. Les deux pièces débutent d'ailleurs de la même façon: on retrouve là aussi une mélodie du violoncelle solo en introduction - qui me paraît encore plus belle et inspirée que celle de l'autre oeuvre. Des climats apaisés, en demi-teinte, se déploient dans un univers harmonique intéressant, avec d'étonnants échos expressionnistes (la harpe) et une orchestration très riche et subtile (jamais les cordes ne dégoulinent, c'est peut-être la différence avec RVW). C'est vraiment superbe, très inspiré, on ne s'ennuie jamais sur les onze minutes de l'oeuvre, réussie sur tous les plans. La Fugal Overture se situe évidemment sur un autre paradigme. Cinq minutes, donc un matériau condensé, ramassé à l'extrême; et l'oeuvre se base, non sur une improvisation rhapsodique pleine de lyrisme, mais sur une polyphonie fuguée dense et complexe qui ne trouble cependant pas l'auditeur - la musique reste, malgré la richesse de son contenu, extrêmement facile d'accès. Pour une fois chez Holst, le thème initial sur lequel se base toute l'ouverture n'est pas vraiment séduisant, mais ses développements sont enthousiasmants et le climat de bonne humeur qui domine le morceau rappelle les meilleurs moments de la suite Saint-Paul ou du Fugal Concerto. On ne voit pas du tout le temps passer, et cette ouverture attachante, chargée mais d'une animation communicative s'achève dans l'exubérance d'une écriture généreuse, qui n'en fait pas trop. Edgon Heath retrouve, quelque part, l'inspiration lyrique silencieuse de l'Invocation. Datant de 1927, elle est constituée par une rhapsodie sans réelle structure architecturale, mais d'une clarté, d'une lisibilité admirables. Le climat est ici, encore plus que dans l'Invocation, l'élément fondateur essentiel de l'oeuvre: des nappes de brouillard troubles, des coloris automnaux - comme souvent avec Naxos, le tableau mis sur la pochette du disque convient merveilleusement à l'atmosphère étrange et mystérieuse de l'oeuvre. Aucune vulgarité ici - juste un raffinement exemplaire et beaucoup d'expressivité. Je suis incapable de dire si David aimerait ou non cette musique: quelque part, il y a bien quelque chose du sirop qu'il adore détester; mais en même temps, le degré de subtilité de la musique de Holst me paraît supérieur et il est possible que cela lui plaise, comme du bon Schreker. Vraiment, je nage dans le doute. Bref, encore un chef d'oeuvre, et d'abord au niveau de l'orchestration, qui dépasse toutes mes espérances. On entend ici de clairs échos de Vénus (dans l'Invocation aussi, il est vrai) - en particulier dans le traitement très caractéristique des bois. Animée d'un souffle étrange, ce morceau très personnel s'inscrit bien dans la mouvance anglaise des pastorales brumeuses au climat indéfinissable, amenée ici à une saveur extraordinaire. Superbe! _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | joachim Mélomaniaque

Nombre de messages: 1048 Age: 63 Localisation: Nord (avesnois/thiérache) Date d'inscription: 02/03/2006
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mer 25 Juin - 9:43 | |
| Ton enthousiasme sur la musique de Gustav Holst est communicatif J'ai entendu une grande partie de sa production, de tous genres, grâce notamment à Naxos, mais également à Chandos, et j'avoue que je serais bien en peine de décrire les oeuvres comme tu le fais. Pour moi, bien que la plupart me plaisent, elles ne semblaient pas exceptionnelles. Maintenant, par ta faute, il faut que je réécoute... Les Planètes, évidemment sortent de l'ordinaire, ainsi que la St Paul Suite qui est je crois l'oeuvre la plus connue après les Planètes. On y retrouve à la fin le fameux Greensleaves. Un petit complément à tes descriptions : Egdon Heath n'est pas l'épopée d'un personnage mais la description de cette zone du sud de l'Angleterre à l'ouest de Bournemouth, où se passe une partie de Tess d'Uberville, ce célèbre roman de Thomas Hardy à qui le poème symphonique est dédié. La Fugal overture était prévue à l'origine comme ouverture à l'opéra "The perfect Fool", en sus de la suite de ballet assez connue. La Somerset rhapsody est basée sur trois chants folkloriques : d'abord Its a rosebud in june, au caractère pastoral, puis Higt germany, une sorte de marche, et The lowers farewell, assez chantant. Après un court développement, les trois chansons sont présentées en sens inverse. _________________ La musique rend la vie plus belle
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mer 25 Juin - 17:35 | |
| Le Scherzo, mouvement d'une symphonie qu'Holst n'a jamais eu le temps d'achever, est un court morceau de six minutes assez intéressant. On retrouve cette épure un peu austère, plus aride que la plupart des autres oeuvres, de la dernière période de Holst, couplée ici à une inspiration épique puissante. Des passages violents, plus véhéments que tout ce que j'ai entendu de Holst, voisinent avec des moments de calme mystérieux plutôt sombres mais d'un climat superbe. C'est plus difficile que le reste, on sent une certaine "modernité" dans l'esprit du compositeur, même si la musique reste extrêmement romantique dans ses tournures et son harmonie. _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Zeugma Mélomane averti

Nombre de messages: 288 Age: 21 Localisation: Toulouse Date d'inscription: 15/07/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mer 25 Juin - 17:36 | |
| J'aime beaucoup l'intermezzo de la St Paul Suite ! _________________ Are you hearing everything that is going on ? Are you really being sensitive to it ? (Aaron Copland)
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mer 25 Juin - 17:41 | |
| J'embraye immédiatement avec une oeuvre de prime jeunesse, l' Ouverture Walt Whitman op.7. Wahoo! ça en jette: on est en plein héroïsme, avec ce superbe thème aux cors qui ouvre la musique, ces tournures grandioses, cette construction d'ensemble tendue et pourtant très joyeuse. Oui, je crois que la musique de Holst a cela de particulier qu'elle est vraiment gaie: au XXè siècle, c'est rare. Enthousiasmant en tous cas, même s'il y a des maladresses et quelques flottements, dans les passages doux surtout: un très beau morceau de bravoure à l'ardeur communicative, et à l'orchestration déjà intelligente, même si les cuivres ont vraiment la prééminence ici. J'adore! _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mer 25 Juin - 18:16 | |
| Hammersmith est plutôt inattendu: ce n'est pas du Holst habituel. Cette oeuvre d'un petit quart d'heure pour orchestre d'harmonie (très large quand même, on voit à peine la différence avec un symphonique, sauf qu'il n'y a pas de cordes, évidemment) a quelque chose de moderne que ne présentaient pas les autres pièces. Je dois dire que j'ai été sérieusement déconcerté et qu'une réécoute s'impose. Les passages en tutti sont très attenués et rares, le tout n'a rien de militaire ou de pompier; au contraire, c'est une oeuvre mystérieuse, étrange, aux harmonies très poussées, très chromatiques, qui rappellent certains Hindemith par leur couleur peu familières. Je ne sais trop ce qu'est sensée dépeindre la pièce, j'attends les éclaircissements de sud là-dessus; en tous cas ça n'a rien d'une vulgaire fanfare, bien à l'inverse, c'est une pièce complexe, riche et nourrissante qui mérite à mon avis une exploration plus fouillée. _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mer 25 Juin - 18:18 | |
| | sud273 a écrit: | Sur le même disque des oeuvres se rattachant à ses périodes "paysagistes" aux deux bouts de sa carrière car Holst est aussi par moment un Bax ou un Vaughan-Williams, entre autre Sommerset Rhapsody(1906) et Egdon Heath (1927), plus l'Invocation pour cello reconstituée par Imogen. |
Tu tiens cela d'où, sud? Sur le livret du disque, ils ne parlent pas d'une reconstitution, ils disent que l'oeuvre a rencontré un franc succès lors de sa création, mais qu'elle est tombée dans l'oubli à cause d'Imogen qui n'y voyait aucune valeur... _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | Tus Gentil corniste

Nombre de messages: 15262 Date d'inscription: 31/01/2007
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mer 25 Juin - 19:48 | |
| Beni Mora est assurément un chef d'oeuvre. Et un très grand. Bien sûr, sud m'avait prévenu et je m'attendais à la révélation, mais c'est toujours sympa quand même de la voir venir! La vache, c'est génial, ce truc - ou plutôt cette suite en trois mouvements qui dure 18 petites minutes et m'a renversé. Evidemment Holst recycle ici un certain nombre de clichés orientaux, mais sa musique transcende vraiment ces recettes un peu évidentes pour atteindre une profondeur, un impact, un souffle impressionnants. Son art de l'orchestration s'exprime avec une grandeur époustouflante ici, et son talent pour les mélodies et les contrastes s'exerce de façon plus que convaincante - complètement délirante, je devrais dire. Le premier mouvement utilise beaucoup certaines formules toutes faites (arabesques aux flûtes, trémolos orientaux...), mais avec une intelligence hors du commun qui fait échapper la musique à la pure carte postale. Une sorte d'équivoque plane ici, symbolisée par les contrastes assez brutaux entre sections hétérogènes (certains passages dansants, presque hystériques, et d'autres mystérieux et plus sombres dans leur douceur menaçante), et l'alternance de ces orientalismes un peu surfaits (mais parfaitement intégrés et appropriés par Holst, cela va de soi) avec des passages plus "anglais", plus personnels. Le tout a quelque chose d'hypnotisant. On entend plein de choses ici, et même l'ostinato de Mars  (oui, triolet-noire-noire-deux croches-noire...) sur quelques mesures. Le deuxième mouvement est beaucoup plus court, plus menaçant encore. Une atmosphère un peu suffocante s'en dégage, comme si Holst voulait étouffer son public dans les stéréotypes. Musique géniale, visionnaire, qui préfigure beaucoup de choses. Le troisième est de loin le plus captivant: après une phrase sinistre dans le grave, un motif à la flûte très oriental se fait entendre, encore, encore, et encore... Des sept minutes du mouvement, il ne nous lâchera plus. Musique répétitive? Je ne sais pas, dans le fond, ce riff qui prend des allures d'ostinato n'est pas fondamentalement différent du motif à 5/4 de Mars. En tous cas, c'est à tomber par terre, car Holst, non seulement répète à l'infini ce motif envoûtant, mais encore crée autour de lui un crescendo fantastique où tous les instruments se rejoignent, pour culminer dans un climax d'une chaleur torride. L'oeuvre se conclut dans une retombée troublante. Il y a quelque chose de très érotique, de brûlant ici, et pas seulement à cause du brassage de quelques formules cinématographiques: la construction en paliers dégage une chaleur corporelle, physique, très troublante. _________________ La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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|  | | sud273 Mélomane chevronné
Nombre de messages: 13095 Date d'inscription: 03/12/2006
 | Sujet: Re: Gustav Holst (1874-1934) Mer 25 Juin - 19:59 | |
| en effet, et ça date de 1909! |
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