Autour de la musique classique
Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres.
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S’enregistrerS’enregistrer  ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
 

Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivante
AuteurMessage
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable



Inscrit le : 30 Déc 2005
Messages : 23651
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Lun 3 Sep - 12:10

A la demande de Xavier, voici donc une introduction très rapide sur ce qu'il faut savoir avant le concert.
Xavier a écrit:
Comment est construite l'oeuvre?
J'ai lu que Berlioz est plutôt fidèle à Goethe sauf à la fin...?
Dans quelle mesure s'agit-il d'un opéra ou pas?


*

La Damnation de Faust (présentée par son auteur comme une légende dramatique) s'inscrit dans une tradition déjà fournie de mise en scène des tableaux qui constituent le drame de Goethe.

Si Spohr (et plus tard Gounod, Boito, etc.) on proposé un véritable opéra, en revanche Beethoven, Schubert, Radziwill, Schumann, Wagner ont composé sur des scènes célèbres, un peu comme pour Wilhelm Meister dont les chants (du harpiste ou de Mignon) ont fait la fortune du lied allemand.
Dans les cas de Radziwill et de Schumann, on disposait même d'un orchestre pour accompagner ces scènes.

Berlioz appartient à ce dernier cas. Initialement, il compose des Scènes de Faust, utilisant la traduction de Nerval, qui incluent certains moments parmi les plus célèbres, notamment des chansons de Méphisto. Faust n'apparaît pas dans ces fragments, seulement Marguerite déjà mezzo et un Méphistophélès rieur, ténor.

Ce n'est que plus tard que Berlioz écrit les formidables récitatifs ("A la voûte azurée" est assurément un sommet du genre), le liant et les numéros complémentaires, sans que l'ensemble ne sonne, d'un point de vue musical, véritablement disparate.
Le livret est de Nerval et Berlioz, avec la partiticipation d'Almire Gandonnière pour certaines scènes spécifiques.

Cette gestation en deux étapes explique très bien la caractère fragmentaire dramatiquement de ce qui n'est pas conçu comme un opéra mais comme l'enchaînement élégant de scènes majeures. Au demeurant, le drame de Goethe est, lui, extrêmement césuré (écouter les Scènes de Faust de Schumann en donne la juste idée).

*

La trame retenue est celle du premier Faust, sans nuit de Walpurgis ; néanmoins, au lieu de laisser la suite en suspension à la mort de Marguerite (Barbier & Carré le font très exactement à la fin de l'opéra de Gounod, choeur extatique excepté), le livret laisse celle-ci en prison (non pas pour le meurtre de l'enfant, mais de la mère à coups de somnifère).
Faust, dupé par un faux contrat, vend son âme pour la sauver, sans que l'on sache rien de ce qui adviendra de la pauvrette, manifestement laissée à son sort.
Contrairement à l'errance initiatrice de Goethe, le drame se clôt sur la damnation de Faust (un titre subversif pour une adaptation de Goethe, en fin de compte), sur le modèle des versions plus anciennes du mythe - car l'introduction de l'incertitude, puis de la rédemption est le fait de Goethe.
Nous avons ainsi droit à un choeur en langue infernale, appelé pandemonium (une confusion avec le nom de la capitale des Enfers), marquant le triomphe de Méphisto. L'oeuvre s'achève tout de même sur une concession esthétique, à savoir l'assomption de Marguerite, manière de ne pas laisser le mal triompher du monde et de la vie dans une sorte d'aporie. De ne pas présenter un spectacle amoral non plus, sans doute.

Car toutes ces affaires de Marguerite-sainte ne sont pas traitées par Goethe (qui la laisse simplement mourir en prison à la fin du premier Faust), mais l'opéra, dans son besoin d'édification pour un spectacle un tant soit peu moral, en développe le motif chez les Français (Berlioz et Gounod).
A bien y réfléchir, d'ailleurs, Marguerite n'a rien d'une sainte, il s'agit d'une petite ingénue débauchée par les malices infernales (telles Alix et Blancheflor d'Une Larme du diable de Gautier), une victime tout au plus, qui tue tout de même, selon les cas, son enfant ou sa mère. Rien de particulièrement édifiant, mais Faust est déstabilisant en ce qu'il ne nous présente, du moins dans sa première partie, aucun personnage qui puisse servir d'exemplarité ou même seulement de support d'identification. Trop fragmentaires, trop imparfaits.
D'où cette exaltation paradoxale du personnage.

*

Bien, je crois que tu as là un début d'indication sur la conception du machin. Musicalement, bien sûr, mélange de pièces orchestrales, chorales, d'airs, de récitatifs, de scènes de genre, de ballets... On retrouve facilement ses petits dans cette variété. Smile

Contrairement à Zoilreb, je crois que Berlioz ne le souhaitait pas mis en scène tout simplement par impossibilité de faire jouer ce truc de travers comme un opéra, dont le cahier des charges était sensiblement distinct. Mais il n'existe pas d'objection interne à l'oeuvre à une mise en scène, bien au contraire, l'aspect visuel y est une richesse - tout s'y prête à merveille.
_________________
Armide est encore plus aimable qu'elle n'est redoutable !
Revenir en haut Aller en bas
Xavier
Père fondateur



Age : 27
Inscrit le : 08 Juin 2005
Messages : 32932

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Lun 3 Sep - 13:11

Merci! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Zoilreb
Mélomane chevronné



Age : 35
Inscrit le : 10 Mar 2006
Messages : 8659
Localisation : Wallonie

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Lun 3 Sep - 13:31

Il faudrait que je retrouve les différentes appellations de l'œuvre, car Berlioz a lui-même hésité. Il y a une reproduction de la page de garde autographe dans le livre consacré à Berlioz de la collection Solfèges, on y voit que l'appellation a été raturée à plusieurs reprises, et on peut encore deviner les anciens qualificatifs.

Pour moi, il s'agit clairement d'une œuvre de concert, la musique y est trop descriptive, même pour du Berlioz. D'autant plus quand on connaît les réticences et exigences de Berlioz face aux techniques de mise en scène de son époque, il est difficilement envisageable que Berlioz eut accepté de monter ça en scène. Il l'a en plus dirigé lui-même à plusieurs reprises en France et à l'étranger, et toujours au concert.

Le malentendu vient du fait qu'à la fin du XIXeme, environ 20 à 30 ans après la mort du compositeur, sa musique a bénéficié d'un regain d'intérêt et on montait alors tout en scène, y compris l'Enfance du Christ (j'ai la partition avec les indications de mise en scène). On a apparemment conservé cette "tradition" pour la Damnation, mais je trouve aussi dommageable de monter ça sur scène que son Roméo par exemple. La musique dit tout et une mise en scène figurative fait double emploi de façon assez grotesque.

Comme tu le dis, l'œuvre a pris de larges proportions, mais elle était bel et bien destinée au concert et ce depuis le début.

Citation:
le livret laisse celle-ci en prison

Elle est exécutée il me semble. Le dernier numéro est le chœur des anges qui la reçoit au Ciel:

Apothéose de Marguerite

CHŒUR D’ESPRITS CÉLESTES

Remonte au ciel, âme naïve
Que l’amour égara;
Viens revêtir ta beauté primitive
Qu’une erreur altéra.
Viens, les vierges divines,
Tes sœurs, les Séraphines,
Sauront tarir les pleurs
Que t’arrachent encor les terrestres douleurs.
Conserve l’espérance
Et souris au bonheur.
Viens, Margarita, viens !


… oui, enfin, on peut considérer aussi qu'elle est toujours en vie dans sa cellule et que la foi catholique s'empare d'elle.

EDIT: Ah ben non, elle est bien morte, puisque Mephisto parle de sa condamnation à mort dans le récitatif qui précède le pandæmonium: "en un cachot traînée, Et pour un parricide à la mort condamnée" et plus loin lorsqu'on entends la cloche, juste avant la chute de Faust en enfer: "Le glas des trépassés sonne déjà pour elle."
_________________
Les raisonnables auront duré, les passionnés auront vécu.


Dernière édition par le Lun 3 Sep - 13:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable



Inscrit le : 30 Déc 2005
Messages : 23651
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Lun 3 Sep - 13:34

On ne sait pas, elle meurt peut-être en prison comme chez Barbier & Carré.

En tout cas, tout cela reste hors-scène et n'est pas traité par le drame, c'est l'essentiel.
_________________
Armide est encore plus aimable qu'elle n'est redoutable !
Revenir en haut Aller en bas
sud273
Mélomane chevronné



Age : 46
Inscrit le : 03 Déc 2006
Messages : 9580

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Lun 3 Sep - 16:21

pour consulter ce que Berlioz en dit lui-même
http://www.hberlioz.com/Scores/damnationf.htm
(dans les liens on trouve le texte complet des mémoires entre autres choses)
Je recherchais les réflexions de Goethe sur la partition car Berlioz envoya à Goethe les huit scènes d'origine. Goethe ne lisait pas la musique et sur les conseils de je ne sais plus quel compositeur (Ries?) renvoya son oeuvre à Berlioz accompagnée de commentaires assez désobligeants: c'était trop moderne et criard, pas assez harmonieux si je me souviens bien.
Revenir en haut Aller en bas
Xavier
Père fondateur



Age : 27
Inscrit le : 08 Juin 2005
Messages : 32932

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Mer 5 Sep - 2:00

Donc, première audition intégrale et sérieuse de ma part ce soir à Pleyel.

J'ai été enchanté par le début et par l'ensemble de la 1ère partie.
Il y a un talent descriptif indéniable chez Berlioz, bien qu'il soit irrégulier à mon goût.
J'ai bien aimé le choeur ironique sur Amen avec l'entrée de Méphisto. Smile
Par contre le choeur final de la 2è partie m'a plutôt gonflé, là j'ai retrouvé le Berlioz tapageur et gratuit qui existe bel et bien dans certaines pages...
La 3è partie m'a davantage plu, avec notamment le menuet des follets qui est une page vraiment originale et amusante; idem pour la Sérénade de Méphisto et cet accompagnement en pizz très réussi.
Le problème que j'ai avec les 2 airs de Marguerite (le Roi de Thulé et la romance de la 4è partie), c'est que je ne trouve pas la mélodie berliozienne efficace.
Je ne trouve pas ça naturel, ça ne se retient pas du tout alors que ça a l'air fait pour. Et ce n'est pas spécialement intéressant non plus.
Bref, c'est un des problèmes pour moi avec Berlioz, je trouve ses mélodies souvent pas inspirées. (mais à d'autres moments si comme dans la Fantastique)
Du coup le duo ne fonctionne qu'à moitié pour moi; il y a un côté opéra italien dans ce duo, un côté démonstratif, mais ça ne m'émeut pas.
Le meilleur de l'oeuvre pour moi se situe à la fin, avec notamment la Course à l'abîme, superbe page, étourdissante et efficace, où Berlioz use de toute sa palette orchestrale.
Pour finir, le choeur des damnés et des démons pour Faust, puis le choeur d'esprits célestes pour Marguerite, closent l'oeuvre de belle façon.
Pourtant d'un point de vue formel il y a quelque chose qui me gêne dans cette légende dramatique, comme un goût d'inachevé.
Il y a des tableaux saisissants, une courbe dramatique claire, mais c'est comme s'il manquait des scènes, c'est très elliptique et on n'a pas le temps d'approfondir les personnages. (notamment Marguerite)
Même musicalement je trouve que ça manque d'unité.
Ca part un peu dans tous les sens mais je ne trouve pas ça d'une cohérence folle.
Sur la question opéra ou pas, je crois qu'il ne faut pas chercher à répondre, personnellement je ne trouve pas dramatiquement très abouti et complètement réussi, mais je ne vois pas ce qui s'oppose à une mise en scène pour cet ouvrage lyrique de 2 heures...
Revenir en haut Aller en bas
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable



Inscrit le : 30 Déc 2005
Messages : 23651
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Mer 5 Sep - 4:27

Xavier a écrit:
J'ai bien aimé le choeur ironique sur Amen avec l'entrée de Méphisto. Smile
Par contre le choeur final de la 2è partie m'a plutôt gonflé, là j'ai retrouvé le Berlioz tapageur et gratuit qui existe bel et bien dans certaines pages...

Ce n'est pas du tout tapageur, c'est normalement en coulisses... Mais Levine a du mal avec les choeurs de soldats... Dans son Faust de Gounod, c'était infâme et sans le moindre recul.


Citation:
La 3è partie m'a davantage plu, avec notamment le menuet des follets qui est une page vraiment originale et amusante;

N'est-ce pas !


Citation:
idem pour la Sérénade de Méphisto et cet accompagnement en pizz très réussi.

Ecrit au départ, dans les Scènes de Faust, pour ténor et guitare !


Citation:
Le problème que j'ai avec les 2 airs de Marguerite (le Roi de Thulé et la romance de la 4è partie), c'est que je ne trouve pas la mélodie berliozienne efficace.

Tout de même, d'Amour l'ardente flamme !


Citation:
Du coup le duo ne fonctionne qu'à moitié pour moi; il y a un côté opéra italien dans ce duo, un côté démonstratif, mais ça ne m'émeut pas.

C'est sans doute la partie la moins originale de l'oeuvre, tout à fait.


Citation:
Il y a des tableaux saisissants, une courbe dramatique claire, mais c'est comme s'il manquait des scènes, c'est très elliptique et on n'a pas le temps d'approfondir les personnages. (notamment Marguerite)

C'est ce que je signalais : c'est une collection de scènes fortes, pas conçue comme un opéra. Mais je trouve ce patchwork totalement saisissant.
(Tu voudrais faire quoi de Marguerite ? C'est Boito qui va le plus loin dans la psychologie, mais chez tous les autres, elle reste la victime...)
_________________
Armide est encore plus aimable qu'elle n'est redoutable !
Revenir en haut Aller en bas
Xavier
Père fondateur



Age : 27
Inscrit le : 08 Juin 2005
Messages : 32932

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Mer 5 Sep - 4:50

DavidLeMarrec a écrit:

Citation:
Le problème que j'ai avec les 2 airs de Marguerite (le Roi de Thulé et la romance de la 4è partie), c'est que je ne trouve pas la mélodie berliozienne efficace.

Tout de même, d'Amour l'ardente flamme !


Ca ressort par l'autre oreille, je t'assure.
Pourtant il la répète sa mélodie, joli cor anglais et tout... mais non, ça ne fonctionne pas chez moi.
Revenir en haut Aller en bas
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable



Inscrit le : 30 Déc 2005
Messages : 23651
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Mer 5 Sep - 5:05

Xavier a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:

Citation:
Le problème que j'ai avec les 2 airs de Marguerite (le Roi de Thulé et la romance de la 4è partie), c'est que je ne trouve pas la mélodie berliozienne efficace.

Tout de même, d'Amour l'ardente flamme !


Ca ressort par l'autre oreille, je t'assure.
Pourtant il la répète sa mélodie, joli cor anglais et tout... mais non, ça ne fonctionne pas chez moi.

Je l'écoutais aujourd'hui... Moment toujours ineffable pour moi.
_________________
Armide est encore plus aimable qu'elle n'est redoutable !
Revenir en haut Aller en bas
PJF
Mélomane averti



Age : 68
Inscrit le : 27 Juil 2006
Messages : 169
Localisation : Guadeloupe

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Mer 5 Sep - 14:26

Xavier a écrit:

Le problème que j'ai avec les 2 airs de Marguerite (le Roi de Thulé et la romance de la 4è partie), c'est que je ne trouve pas la mélodie berliozienne efficace.
Je ne trouve pas ça naturel, ça ne se retient pas du tout alors que ça a l'air fait pour. Et ce n'est pas spécialement intéressant non plus.
Bref, c'est un des problèmes pour moi avec Berlioz, je trouve ses mélodies souvent pas inspirées. (mais à d'autres moments si comme dans la Fantastique)


Je trouve au contraire que la Ballade du Roi de Thulé et la romance D'amour l'ardente flamme sont des mélodies splendides, et typiquement berloziennes, c'est à dire avec des inflexions très inattendues. La Ballade chez Gounod est évidemment plus facile à retenir, mais (et sans doute parce que) plus banale.

Xavier a écrit:

Le meilleur de l'oeuvre pour moi se situe à la fin, avec notamment la Course à l'abîme, superbe page, étourdissante et efficace, où Berlioz use de toute sa palette orchestrale


La Course à l'abîme est au contraire la partie que j'aime le moins.

De toute façon, la Damnation est certainement l'un des sommets de l'oeuvre de Berlioz. Il y en a d'autres, le Requiem par exemple.
_________________
L'idéal, c'est le bon goût. Le mauvais goût, c'est encore très bien. Le pire, c'est l'absence de goût (Stravinsky)
Revenir en haut Aller en bas
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable



Inscrit le : 30 Déc 2005
Messages : 23651
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Mer 5 Sep - 14:29

D'accord pour le sommet, mais je suis surpris pour la course à l'abîme... Tu trouves vraiment le moindre choeur supérieur à ça ?


Pour moi, de toute façon, le meilleur de l'ensemble est A la voûte azurée, le récitatif qui précède la Course, précisément. L'un des tout plus beaux récitatifs de l'histoire de l'opéra. A part quelques exemples dans Thora ou Sigurd (et bien sûr Pelléas !), je ne vois pas ce qui peut lui faire de l'ombre.

Mais c'est tout subjectif, parce que la scène de la taverne est tout de même d'une virtuosité étourdissante...
_________________
Armide est encore plus aimable qu'elle n'est redoutable !
Revenir en haut Aller en bas
Xavier
Père fondateur



Age : 27
Inscrit le : 08 Juin 2005
Messages : 32932

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Mer 5 Sep - 14:39

PJF a écrit:
Xavier a écrit:

Le problème que j'ai avec les 2 airs de Marguerite (le Roi de Thulé et la romance de la 4è partie), c'est que je ne trouve pas la mélodie berliozienne efficace.
Je ne trouve pas ça naturel, ça ne se retient pas du tout alors que ça a l'air fait pour. Et ce n'est pas spécialement intéressant non plus.
Bref, c'est un des problèmes pour moi avec Berlioz, je trouve ses mélodies souvent pas inspirées. (mais à d'autres moments si comme dans la Fantastique)


Je trouve au contraire que la Ballade du Roi de Thulé et la romance D'amour l'ardente flamme sont des mélodies splendides, et typiquement berloziennes, c'est à dire avec des inflexions très inattendues. La Ballade chez Gounod est évidemment plus facile à retenir, mais (et sans doute parce que) plus banale.


Et certaines mélodies wagnériennes ne se retiennent pas non plus, mais sont à mon avis mille fois plus intéressantes...
Là on est dans le type mélodie accompagnée, et donc il faut que ça soit efficace, émouvant, et que ça se retienne. Et pour moi, rien de cela.
Si c'est typiquement berliozien, eh bien alors définitivement je ne suis pas réceptif à la mélodie berliozienne.
Les "inflexions très inattendues", bof, moi j'entends la même mélodie répétée 6 ou 8 fois c'est tout...
Revenir en haut Aller en bas
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable



Inscrit le : 30 Déc 2005
Messages : 23651
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Mer 5 Sep - 14:40

Réécoute d'Amour l'ardente flamme, je t'assure...

Je ne suis pas fou de Thulé non plus.
_________________
Armide est encore plus aimable qu'elle n'est redoutable !
Revenir en haut Aller en bas
PJF
Mélomane averti



Age : 68
Inscrit le : 27 Juil 2006
Messages : 169
Localisation : Guadeloupe

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Jeu 6 Sep - 15:22

Xavier a écrit:

Et certaines mélodies wagnériennes ne se retiennent pas non plus, mais sont à mon avis mille fois plus intéressantes...
Là on est dans le type mélodie accompagnée, et donc il faut que ça soit efficace, émouvant, et que ça se retienne.

Il y a quand même des gens, dont je fais partie, qui les retiennent, et qui réussissent même à les chanter.

Xavier a écrit:

Si c'est typiquement berliozien, eh bien alors définitivement je ne suis pas réceptif à la mélodie berliozienne.

C'est très possible, moi-même je ne suis pas réceptif à la mélodie wagnérienne...
_________________
L'idéal, c'est le bon goût. Le mauvais goût, c'est encore très bien. Le pire, c'est l'absence de goût (Stravinsky)
Revenir en haut Aller en bas
PJF
Mélomane averti



Age : 68
Inscrit le : 27 Juil 2006
Messages : 169
Localisation : Guadeloupe

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Jeu 6 Sep - 15:31

DavidLeMarrec a écrit:
D'accord pour le sommet, mais je suis surpris pour la course à l'abîme... Tu trouves vraiment le moindre choeur supérieur à ça ?


Pour moi, de toute façon, le meilleur de l'ensemble est A la voûte azurée, le récitatif qui précède la Course, précisément. L'un des tout plus beaux récitatifs de l'histoire de l'opéra. A part quelques exemples dans Thora ou Sigurd (et bien sûr Pelléas !), je ne vois pas ce qui peut lui faire de l'ombre.

Mais c'est tout subjectif, parce que la scène de la taverne est tout de même d'une virtuosité étourdissante...


Bien d'accord. Non, ce que je n'aime pas beaucoup, c'est le rythme de galop, qui me paraît un peu... je ne sais pas comment dire : primaire ? bateau ? Bien sûr, il n'était pas question d'en faire une chevauchée triomphante comme celle des Walkyries, mais quand même, ça me paraît un peu faible. Mais c'est personnel !
_________________
L'idéal, c'est le bon goût. Le mauvais goût, c'est encore très bien. Le pire, c'est l'absence de goût (Stravinsky)
Revenir en haut Aller en bas
Zoilreb
Mélomane chevronné



Age : 35
Inscrit le : 10 Mar 2006
Messages : 8659
Localisation : Wallonie

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Sam 22 Sep - 15:03

J'ai retrouvé la page de garde, avec la mention "opéra" biffée:


_________________
Les raisonnables auront duré, les passionnés auront vécu.
Revenir en haut Aller en bas
sud273
Mélomane chevronné



Age : 46
Inscrit le : 03 Déc 2006
Messages : 9580

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Sam 22 Sep - 15:44

oui, donc ce n'est pas opéra, mais "opéra de concert"
Est-ce pour autant qu'il faut en proscrire la mise en scène? Je suis pas très favorable à la représentation théâtrale de la musique en général, mais le public considère souvent comme un pis-aller les concerts sans décor ni costumes. Il veut ses trois pardessus noirs et sa chaise rouge dans un cube tout blanc pour apprécier la musique.
"Samson et Dalila" aussi a commencé comme "oratorio". Dans la damnation, il y a de plus un certain nombre de numéros de ballets.
Malheureusement la Damnation de Faust reste bien l'opéra le plus connu et le plus joué de Berlioz. Pour faire avaler au grand public que ce n'est pas un opéra, je crains qu'il ne faille préalablement détruire toutes les copies de "La grande vadrouille", qui reste la preuve ultime de cet irréversible état des choses.
Revenir en haut Aller en bas
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable



Inscrit le : 30 Déc 2005
Messages : 23651
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Sam 22 Sep - 16:18

Zoilreb a écrit:
J'ai retrouvé la page de garde, avec la mention "opéra" biffée:

Ce qui prouve que... Question

C'est :
- une légende dramatique ?
- un oratorio avec ballets ?

Mr. Green
Revenir en haut Aller en bas
Bart Simpson
Psychopathe en puissance



Age : 21
Inscrit le : 24 Juin 2007
Messages : 1375
Localisation : Disneyland

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Sam 22 Sep - 17:12

Sur le manuscrit on voit bien "légende" rajouté au crayon. L'écriture semble être la même.
Revenir en haut Aller en bas
sud273
Mélomane chevronné



Age : 46
Inscrit le : 03 Déc 2006
Messages : 9580

MessageSujet: Re: Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust   Sam 22 Sep - 17:20

donc on est bien avancé, c'est une "Légende". Chez Dvorak ce même titre désigne des pièces pour violoncelle accompagné, autant qu'un oratorio à sujet religieux. Chez Rimsky, ça va de la cantate pour choeur d'hommes, soliste et orchestre, au grand opéra merveilleux. Quid de la scène? Le problème est que Berlioz ne semble pas s'être prononcé sur la nature drammatique ou non de son oeuvre (c'était déjà plus net dans la version antérieure puisqu'il s'agissait de "scènes"). En revanche on voit sur cette page de garde qu'il donne des indications très précises sur la disposition des masses chorales, ce qui doit venir de droite et de gauche de la scène, et comment cela se répond...
Or, c'est bien une indication de mise en scène, qu'on le veuille ou non: ce qui a dû retenir sa main au moment d'ajouter le "de concert" original. C'est bien la supression de la mention "de concert" plus que la transformation d' opéra en légende qui devrait attirer l'attention me semble-t-il. La dénomination est suffisamment vague pour qu'on puisse songer à représenter ou non.
Je veux dire: Berlioz n'a pas seulement rayé "opéra", il a aussi supprimé la mention explicite "de concert".


Dernière édition par le Sam 22 Sep - 17:31, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Hector BERLIOZ - La Damnation de Faust

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivante

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Autour de la musique classique :: Musique classique :: Général-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet