Autour de la musique classique

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 Kurt Atterberg (1887-1974)

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Tus
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MessageSujet: Kurt Atterberg (1887-1974)   10/8/2009, 19:11



Compositeur suédois, d'une génération plus jeune que les Sibelius, Stenhammar, Alfven et Peterson-Berger, qui a apparemment joué un rôle majeur dans la vie musicale de son pays et écrit une musique qui me semble tout à fait attachante.

Atterberg se définit comme un "classique nationaliste": comme Sibelius et Alfvén trente ans auparavant, il choisit d'exploiter le patrimoine musical de sa patrie, utilisant notamment beaucoup le registre folklorique, mais s'ingénie systématiquement à privilégier la rigueur formelle et la perfection de l'équilibre. Toujours tonale, limpide, très agréable d'écoute, sa musique est bien évidemment hors de son temps: on croirait à un Schubert nordique. Cela n'exclut pas un langage harmonique atmosphérique alla Sibelius et un vrai talent d'orchestrateur, mais il est vrai qu'on ne croirait généralement pas à de la musique du XXè siècle bien sonné. Atterberg trouve souvent un ton très pictural qui peut évoquer des ambiances de film, mais organise toujours ses oeuvres avec une finesse, une intuition et une rigueur remarquables. Si c'est parfois un peu tiède et fade, c'est en tous cas toujours très mélodique et il y a des moments de génie, où Atterberg atteint des "ambiances" qui n'ont rien à envier à ce qu'on trouve dans le meilleur Sibelius.


Je vais commenter tout ce que je peux de ce coffret.

La Quatrième symphonie est une oeuvre très brève (21 minutes) basée exclusivement sur des thèmes folkloriques suédois (c'est la seule symphonie d'Atterberg construite selon ce principe). Son caractère léger, joueur, et parfois un peu néo-classique l'ont fait surnommer "Sinfonia Piccola". Le deuxième mouvement en est une pure merveille sibélienne, d'une indicible poésie: sur un trémolo de violons dans l'aigu, se édéploie un paysage mélodique désolé mais envoûtant. Le scherzo, bruissant et enthousiaste, n'est pas en défaut. Les mouvements extrêmes, plus classiques et plus formels, ne sont pas déplaisants du tout mais n'atteignent pas le même niveau d'inspiration.

La Huitième symphonie est plus longue, plus complexe, mais pas plus ardue à aborder: la thématique est toujours aussi reconnaissable, l''orchestration toujours aussi limpide et claire, et si le propos se fait souvent plus dense et nourrissant, tout cela n'en reste pas moins d'une noblesse parfaitement classique. Très attachant, d'autant que l'Adagio contine tdes passages chambristes là aussi envoûtants (les mouvements lent sont ceux où le talent pictural d'Atterberg se révèle le mieux à mon avis). Superbe danse du scherzo et enthousiasme urgent du finale conclut l'oeuvre: là encore, une belle mais secondaire réussite, qui ne va pas chercher très loin mais donne une belle leçon de construction symphonique et de discous clairement bâti et maîtrisé.

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La Terre fait ainsi se briser contre elle-même toute tentative de pénétration. (...) Celle-ci peut bien revêtir l'apparence de la domination et du progrès en prenant la figure de l'objectivation technico-scientifique (...) elle n'en reste pas moins une impuissance du vouloir. Ouverte dans le clair de son être, la terre (...) est par essence ce qui se renferme sur soi. (...) La faire-venir dans l'ouvert (...), c'est l'oeuvre qui l'accomplit en s'y installant en retour.
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Octavian
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MessageSujet: Re: Kurt Atterberg (1887-1974)   11/8/2009, 17:01

Merci Spiritus! cheers J'avais entendu un peu de ces symphonies d'Atterberg (je ne saurai dire lesquelles) en "fond sonore", de passage à la Chaumière il y a quelques semaines, et j'avais trouvé ça très très bien.

(J'aurais probablement fait l'achat si je n'avais déjà grevé mon budget du mois avec d'autres choses. J'avais noté le nom du compositeur sur un ticket de métro que j'ai bien évidemment perdu ensuite, du coup je me souvenais juste qu'il y avait -berg dans le nom, qu'il était scandinave et édité chez CPO, et j'hésitais à lancer un appel au secours sur le forum. Mr. Green )

J'attends la suite de tes commentaires avec impatience. Wink

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WoO
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MessageSujet: Re: Kurt Atterberg (1887-1974)   11/8/2009, 23:19

J'aime beaucoup Atterberg mais je ne saisis pas très bien le rapprochement avec Schubert. Bien sûr, il y a le fameux concours de 1928, mais à part ça je ne vois pas. Il y a eu d'autres très grands mélodistes dans l'histoire de la musique et Atterberg relève bien entendu de cette catégorie. C'est d'ailleurs une des raisons qui fait que je l'adore même si je trouve quand même quelque chose de dérangeant dans sa posture réactionnaire et son imperméabilité absolue à la musique contemporaine. S'il glisse des éléments dodécaphiques dans la 9ème symphonies par exemple, ils n'y sont présents que parce qu'ils symbolisent le mal absolu, c'est assez révélateur. En fait, il a eu le malheur de naître cinquante ans trop tard, sans quoi il aurait sans doute été reconnu comme un des plus grands musiciens de son temps. Mais si on fait abstraction du contexte général où ces oeuvres ont vues le jour, ce qui est parfois difficile voire impossible, les 7ème et 8ème symphonies ont ainsi été créées en Allemagne nazie, devant un parterre particulièrement réceptif à ce style passéiste et nationaliste, la musique d'Atterberg, pour toute traditionnelle qu'elle soit est un vrai régal. Musique romantique tardive, privilégiant les grands arcs mélodiques, au ton souvent épique et faisant appel à des éléments folkloriques, les symphonies sont toujours superbement orchestrées et colorées, d'une hauteur de vue toute classique. Je ne connais pas encore sa musique concertante, par contre dans les symphonies j'aime autant les superbes mouvements lents que les mouvements rapides, généralement bien cuivrés. A une certaine époque on pouvait écouter librement la 1ère et la 4ème symphonie sur Musicme, je ne sais pas si c'est toujours possible, mais la 1ère m'avait fait l'effet d'un choc et j'avais aussitôt commandé le coffret de l'intégrale dirigée par l'excellent Ari Rasilainen.

Jolan a par ailleurs noté ses impressions sur les symphonies dans le fil des Musiques du Nord (Scandinavie, Baltique)

Spiritus a écrit:
Atterberg trouve souvent un ton très pictural qui peut évoquer des ambiances de film, mais organise toujours ses oeuvres avec une finesse, une intuition et une rigueur remarquables. Si c'est parfois un peu tiède et fade, c'est en tous cas toujours très mélodique et il y a des moments de génie


Tout à fait d'accord avec toi, à un détail près, je ne trouve jamais ça tiède et fade, à part peut-être le poème symphonique Älven, donné en complément de la 9ème, plutôt barbant. Les grandes envolées lyriques et épiques peuvent lasser à la longue mais quel talent !

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Octavian
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MessageSujet: Re: Kurt Atterberg (1887-1974)   7/11/2009, 16:32

WoO a écrit:
A une certaine époque on pouvait écouter librement la 1ère et la 4ème symphonie sur Musicme, je ne sais pas si c'est toujours possible

C'est ce que je viens de faire pour la 4e, découvrant ainsi l'œuvre (je viens de retrouver sur Amazon la pochette de ce que j'avais entendu à la Chaumière, c'était le disque avec les n°3 et 6). Malheureusement seuls les deux derniers mouvements de la Symphonie n°1 sont écoutables, les deux premiers n'étant proposés que sous forme d'extraits de 30 secondes. Du coup j'ai préféré laisser cela de côté et n'écouter (et euh... réécouter aussitôt Embarassed) que la Symphonie n°4. C'est dommage mais de toute façon, je crois que je vais acheter le coffret intégral d'ici peu moi aussi... Rolling Eyes

J'ai retrouvé ce caractère immédiatement séduisant qui m'avait déjà "accroché l'oreille" dans les circonstances décrites plus haut. C'est vraiment, je trouve, une musique merveilleuse - évidemment un peu "anachronique" si on la replace dans ce que l'on perçoit aujourd'hui du contexte de l'époque - encore qu'avec cette symphonie on ne soit qu'1918, il faut donc relativiser. Il va de soi que je perçois plus des similitudes avec (le meilleur) Grieg ou avec Dvořák qu'avec Stravinsky ou Bartók, mais je crois que WoO a bien résumé la chose:
WoO a écrit:
En fait, il a eu le malheur de naître cinquante ans trop tard, sans quoi il aurait sans doute été reconnu comme un des plus grands musiciens de son temps.

Mais franchement, je ne compte pas bouder le plaisir que je ressens pour autant (je suis plus gêné en revanche par ce que tu dis de la réception nazie... Confused mais bon...). Je ne trouve pour ma part rien à jeter dans cette œuvre-là. Et je l'apprécie encore plus à la réécoute, en en découvrant les subtilités.

drunken

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Kurt Atterberg (1887-1974)   7/11/2009, 16:38

Dire ça d'Atterberg après ton intervention sur Nielsen, Octavian... Shit

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Indépendamment de ce qu'on a pu écrire sur ma nouveauté, et malgré ce que j'ai moi-même laissé entendre dans mes Mémoires, ma chère Amélie, il est un fait que je dois tout à Grétry.
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MessageSujet: Re: Kurt Atterberg (1887-1974)   7/11/2009, 16:46

Bah oui je sais... mais que veux-tu? Mr.Red

J'ai pris (et repris) un plaisir à cette 4e d'Atterberg que je n'ai pas eu à l'écoute de la 4e, à peu près contemporaine, de Nielsen. D'accord il y a un côté traditionaliste, "passéiste" même, flagrant chez Atterberg, mais est-ce que ça suffit à discréditer l'œuvre pour autant? C'est parfaitement assumé par le compositeur et je trouve le résultat splendide, alors que Nielsen ne m'a pas semblé avoir un peu plus ... comment dire? une certaine partie de son anatomie coincée entre deux chaises, je n'ai pas trouvé ça franchement moderniste non plus, disons qu'Atterberg fait du néoromantique (et il n'est pas le seul à l'époque) alors que Nielsen dans son "Inextinguible" m'a donné l'impression de faire un peu du post-Bruckner light.

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Kurt Atterberg (1887-1974)   7/11/2009, 16:54

Mouais. J'ai un peu l'impression que tu veux me dire que Schnittke a beaucoup de charme et qu'au fond c'est mieux que Stravinsky qui paraît si sérieux. Confused

Non seulement Nielsen n'est pas spécialement sinistre (pas plus que Brahms dont il procède, en tout cas !), mais en plus Atterberg, c'est sympa, mais bon...

Cela dit, ça fait longtemps que je ne m'y suis pas frotté, je peux réessayer, je verrai peut-être la Lumière.


Quant à postBruckner, franchement : réécoute. Laughing Furtwängler, Schmidt à la rigueur en faisant semblant d'écouter, mais Nielsen, postbrucknerien... hehe

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Octavian
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MessageSujet: Re: Kurt Atterberg (1887-1974)   7/11/2009, 16:56

Là c'est toi qui introduis du contraste rhétoriquement malheureux, en comparant Nielsen à Stravinsky! Mr.Red

Le concernant, on poursuivra cette conversation dans le fil Nielsen quand j'aurai écouté les 3 et 5 si tu le veux bien.

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MessageSujet: Re: Kurt Atterberg (1887-1974)   7/11/2009, 17:00

J'établis un parallèle de raisonnement, pas plus, tu sais très bien comment ça fonctionne. tutut

Par ailleurs, oui, il y a une parenté évidente d'esprit entre le final de la Quatrième et les exultations balletistiques de Stra Exclamation

Mais on est HS par ta faute de goût.

Plutôt que la 3 et la 5, écoute le final de la 4 par Martinon. Very Happy

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Kurt Atterberg (1887-1974)

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