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| | | L'orchestre baroque français de Lully à Rameau | |
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| Auteur | Message |
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Wolferl Lapinophobe

Nombre de messages: 9952 Age: 19 Localisation: Paris Date d'inscription: 27/06/2006
 | Sujet: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Sam 15 Aoû - 20:26 | |
| Voilà ! Je me lance, ce n'était pas mon domaine de prédilection, mais au fil des recherches je me suis pris de passion pour ce sujet. Le petit topo que je vais faire ici n'est évidemment pas exhaustif, alors si vous avez des choses à rajouter, à rectifier, n'hésitez pas ! Surtout que les sources peuvent être parfois assez divergentes, ça donnera lieu à discussion. Je vais commencer par faire un petit tour des institutions musicales de l'époque, puis la composition de l'orchestre français, son évolution, la spécificité de l'écriture puis je tenterai de détailler quelques instruments (et là dessus, je pourrai avoir besoin de votre aide  ). I Les institutionsLa Musique du Roy est une institution régentant toute la vie musicale à la cour au cours des XVIIe et XVIIIe siècles en France. Elle est composée de plusieurs ensembles aux usages différents : la Chambre, la Chapelle et la Grande Ecurie, qui se créèrent et se définirent à plusieurs époques Musique de la Chambre :Créée par François Ier au cours du XVIe siècle, la Musique de la Chambre prendra forme petit à petit, avec la création du poste de Surintendant en 1598 puis avec la création d’un deuxième corps d’instrumentistes réunis par Lully vers 1648. - Vingt-Quatre Violons du Roy (Grande Bande) - Petits Violons (Petite Bande) Les Vingt-Quatre Violons du Roy :Appelés également « Grande Bande », par opposition à la future « Petite Bande », ils sont d’abord composés de 22 instrumentistes en 1609, 23 l’année suivante et leur nombre définitif sera fixé en 1614. C’est ainsi en 1630 qu’ils prendront ce nom et que leur organisation sera établie. Les Vingt-Quatre Violons jouent sur ordre de Sa Majesté aux grandes cérémonies avec le reste de la Musique du Roy, mais la plupart du temps se cantonnent aux divertissements de cour, aux ballets… Sous Henri IV, un groupe de violons, déjà utilisés principalement pour le ballet, commence à prendre son indépendance. Faisant d’abord partie de l’Ecurie, les violons passent en 1571 dans la Chambre sous le règne de Charles IX, qui commande une série d’instruments au luthier crémonais Andrea Amati. C’est Lully qui leur fera prendre leur essor après en avoir pris la direction en 1653. On trouve à leur tête deux Surintendants, deux Maîtres de Musique et deux Compositeurs de la Chambre, alternant chacun par quartier semestriel. Au XVIIe, un membre de l’orchestre possède la charge de Répétiteur, qui deviendra au XVIIIe le Maître de Musique. Le compositeur de la Chambre peut aussi les faire répéter mais le Surintendant ne dirige que lors des représentations en présence du Roi. Les Violons du Roy sont des membres réguliers, disposant de nombreux privilèges, qui achètent leur charge et peuvent la revendre en démissionnant. Il gagnent une livre par jour (environ 15 euros, si mes sources sont bonnes) à laquelle sont ajoutées des primes par concert et des gratifications en nature. Parmi eux, certains sont aussi des danseurs et musiciens réputés dans les ballets de cour, parfois même compositeurs pour la Grande Bande, comme Charles Chevallier, Michel Henry ou Michel Mazuet. On les demande très souvent comme professeurs, de danse comme de musique. Leur renommé rayonne dans toute l’Europe et dicte l’esthétique musicale française, véritable symbole de la splendeur versaillaise. Cet ensemble sera pourtant supprimé en 1761, sous Louis XV, par une réforme abolissant les charges des Musiciens de la Chapelle et de la Chambre, qui fusionnent en un seul orchestre aux effectifs très réduits.  Le nom de « violon » ne correspond évidemment pas à l’instrument que nous connaissons aujourd’hui, mais à une familles de cordes aux tessitures bien définies. La formation de l’orchestre à la française comprend cinq parties, du plus aigu au plus grave : le dessus de violon, la haute-conte, la taille, la quinte, et la basse de violon. Voici les effectifs des Vingt-Quatre à deux moments charnière de leur histoire, leur naissance et le début de leur déclin :  On observe, alors que l’équilibre est a peu près équivalent dans tous les pupitres en 1636, qu’une polarisation se fait autour des voix extrêmes au profit des voix intermédiaires, si bien que la quinte de violon disparait totalement à partir de 1718. Ces deux tendances vont persister, jusqu’à l’adoption définitive de l’écriture à quatre parties italienne. Mais je reviendrai plus tard sur l’évolution de cette écriture et ses enjeux… _________________ Méfions-nous de l'écriture, où nous finissons par réduire la beauté vivante des sons à une opération où, péniblement, deux et deux font quatre. Il n'y a pas de théorie : il suffit d'entendre. Le plaisir est la règle !
Claude Debussy
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|  | | franchom Mélomane averti

Nombre de messages: 217 Age: 42 Localisation: valenciennes Date d'inscription: 29/01/2008
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Sam 15 Aoû - 20:32 | |
| merci pour cette présentation Je suis un néophyte et je ne connais pas cette période Toutefois j' ai toujours été surpris en peinture quand à la fin du XVII ou au XVIII on représentait des salles de bal ou des concerts avec des orchestres pléthoriques . |
|  | | Crapio Mélomane chevronné

Nombre de messages: 7573 Age: 21 Localisation: Lille Date d'inscription: 30/04/2007
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Sam 15 Aoû - 20:34 | |
| Comme franchom je connais mal l'histoire du baroque. C'est fort intéressant. On attend la suite.  _________________ Tu peux toujours courir.
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|  | | Wolferl Lapinophobe

Nombre de messages: 9952 Age: 19 Localisation: Paris Date d'inscription: 27/06/2006
 | |  | | franchom Mélomane averti

Nombre de messages: 217 Age: 42 Localisation: valenciennes Date d'inscription: 29/01/2008
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Sam 15 Aoû - 21:03 | |
| | Wolferl a écrit: | | franchom a écrit: | Toutefois j' ai toujours été surpris en peinture quand à la fin du XVII ou au XVIII on représentait des salles de bal ou des concerts avec des orchestres pléthoriques . |
Oui, contrairement à l'idée reçue, on ne privilégiait pas à l'époque, en tout cas en France, les effectifs réduits. Ça faisait justement partie du faste des cérémonies d'avoir le plus de musiciens possible, et des ensembles parfois plus fournis que nos orchestres philharmoniques actuels. Mais j'en parlerai plus tard...  |
Quand j' étais jeune étudiant , nous étions obligés de baigner dans ce travail Si cette référence peut t' aider ... C 'est bien loin.. LEMAITRE, Edmond, “L’orchestre dans le théâtre lyrique français chez les continuateurs de Lully (1687-1715)”, Recherches sur la musique française classique, 1986, XXIV, pp. 107-127. |
|  | | Iskender Mélomane averti

Nombre de messages: 166 Age: 42 Localisation: Bretagne Date d'inscription: 11/08/2009
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Sam 15 Aoû - 21:45 | |
| | Wolferl a écrit: | | franchom a écrit: | Toutefois j' ai toujours été surpris en peinture quand à la fin du XVII ou au XVIII on représentait des salles de bal ou des concerts avec des orchestres pléthoriques . |
Oui, contrairement à l'idée reçue, on ne privilégiait pas à l'époque, en tout cas en France, les effectifs réduits. Ça faisait justement partie du faste des cérémonies d'avoir le plus de musiciens possible, et des ensembles parfois plus fournis que nos orchestres philharmoniques actuels.
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Il me semble que c'était également le cas à Rome, dans les orchestres où officiaient Corelli au premier violon et Pasquini au clavecin, non ? |
|  | | Ophanin Mélomane averti

Nombre de messages: 178 Age: 22 Localisation: Elancourt Date d'inscription: 13/12/2008
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Dim 16 Aoû - 20:59 | |
| | Iskender a écrit: | | Wolferl a écrit: | | franchom a écrit: | Toutefois j' ai toujours été surpris en peinture quand à la fin du XVII ou au XVIII on représentait des salles de bal ou des concerts avec des orchestres pléthoriques . |
Oui, contrairement à l'idée reçue, on ne privilégiait pas à l'époque, en tout cas en France, les effectifs réduits. Ça faisait justement partie du faste des cérémonies d'avoir le plus de musiciens possible, et des ensembles parfois plus fournis que nos orchestres philharmoniques actuels.
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Il me semble que c'était également le cas à Rome, dans les orchestres où officiaient Corelli au premier violon et Pasquini au clavecin, non ? |
Les effectifs augmentaient aussi pour jouer en extérieur. A Versailles, par exemple, c'était très courant. |
|  | | atomlegend Roi de la bourde

Nombre de messages: 6852 Age: 42 Localisation: bourgogne Date d'inscription: 27/11/2007
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Mar 18 Aoû - 11:17 | |
| Merci Wolffi  |
|  | | Wolferl Lapinophobe

Nombre de messages: 9952 Age: 19 Localisation: Paris Date d'inscription: 27/06/2006
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Mar 18 Aoû - 15:47 | |
| Les Petits ViolonsA partir de 1653, Lully se voit confier la direction d’un nouvel ensemble : les Petits Violons du Roi, ou « Violons du Cabinet ». Formé de jeunes musiciens, plus dociles, et soumis à l’extrême rigueur de Lully, il se forme rapidement une concurrence féroce avec les « Vingt-Quatre ». En effet, le Maître, pour plus de cohésion, leur interdit désormais toute initiative personnelle, improvisation, réduction ou ornement superflu ; ces pratiques qu’il reprochait avec virulence à la Grande Bande. Favoris de Louis XIV, ils rythment toutes ses journées par de petits divertissements et l’accompagnent même pendant ses voyages. Ils s’unissent également aux « Vingt-Quatre » lors des grandes cérémonies ou spectacles. Les musiciens sont nommés gratuitement, bénéficient du statut d’Officiers du Roi, perçoivent un livre et demie par jour et habitent même Versailles à partir de 1680. Tous ces privilèges montrent que la Petite Bande a fini par supplanter la Grande Bande aux yeux du Roi. Cependant, les rivalités finissent par cesser puisque les instrumentistes exercent plusieurs fonction. En 1712, par exemple, quatre d’entre eux sont également membres de la Grande bande et quatorze autres membres de la Chapelle. À la mort de Louis XIV, en 1715, l’ensemble n’a plus de raison d’exister et disparaît donc définitivement. L’ensemble est composé de 21 instrumentistes en 1665, mais ira jusqu’à 26 en 1712 après l’addition de quatre à cinq vents : des dessus de cromorne et de hautbois ainsi que deux bassons. Les cordes ont des effectifs similaires à ceux des « Vingt-Quatre » : - dessus (6 à 8 ) - hautes-contres ( 2) - tailles (3) - quintes (2) - basses (4 à 5) _________________ Méfions-nous de l'écriture, où nous finissons par réduire la beauté vivante des sons à une opération où, péniblement, deux et deux font quatre. Il n'y a pas de théorie : il suffit d'entendre. Le plaisir est la règle !
Claude Debussy
Dernière édition par Wolferl le Dim 23 Aoû - 17:08, édité 1 fois |
|  | | Ophanin Mélomane averti

Nombre de messages: 178 Age: 22 Localisation: Elancourt Date d'inscription: 13/12/2008
 | |  | | jerome Fugueur intempéré

Nombre de messages: 5656 Date d'inscription: 10/03/2008
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Mar 18 Aoû - 17:15 | |
| J'ai déjà vu passer un bouquin très complet au sujet de ces orchestres, leurs effectifs, le placement des musiciens etc... Malheureusement, je ne me rappelle plus du titre  |
|  | | Wolferl Lapinophobe

Nombre de messages: 9952 Age: 19 Localisation: Paris Date d'inscription: 27/06/2006
 | |  | | Ophanin Mélomane averti

Nombre de messages: 178 Age: 22 Localisation: Elancourt Date d'inscription: 13/12/2008
 | |  | | franchom Mélomane averti

Nombre de messages: 217 Age: 42 Localisation: valenciennes Date d'inscription: 29/01/2008
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Mer 19 Aoû - 18:52 | |
| | Ophanin a écrit: | | Wolferl a écrit: | Voici les effectifs des Vingt-Quatre à deux moments charnière de leur histoire, leur naissance et le début de leur déclin :

On observe, alors que l’équilibre est a peu près équivalent dans tous les pupitres en 1636, qu’une polarisation se fait autour des voix extrêmes au profit des voix intermédiaires, si bien que la quinte de violon disparait totalement à partir de 1718. Ces deux tendances vont persister, jusqu’à l’adoption définitive de l’écriture à quatre parties italienne. Mais je reviendrai plus tard sur l’évolution de cette écriture et ses enjeux… |
En fait elle est remplacée par le basson, ce qui explique l'intégration de cet instrument dans l'orchestre à la même période. Rameau lui donne beaucoup d'importance et lui confit même de petits solos. Pactrick Cohen-Akenine pense que les musiciens en eut en quelque sorte assez de cet instrument peu pratique. (pour l'anecdote, quand il a été "reconstitué" comme par hasard on a commencé à dire que les suites pour violoncelle de Bach lui était destinées...)
J'ai d'autres chiffres, en 1692 les Vingt Quatre Violons contiennent : - 7 dessus - 3 hautes-contre - 4 tailles - 3 quintes - 7 basses de violons
C'est frappant de voir la continuité des effectifs, on peut la mettre en parallèle à la continuité du répertoire. L'Académie remonte chaque année un ou deux opéras de Lully même plus de 50 ans après sa mort ! |
D' ailleurs , à la révolution on décrit des orchestres avec 20 bassons .... |
|  | | WoO Surintendant

Nombre de messages: 9952 Date d'inscription: 14/04/2007
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Ven 21 Aoû - 21:11 | |
| Magnifique ! Merci Wolferl pour ce superbe fil. Je n'aurais pas été d'une grande aide  _________________ "La musique repose sur trois piliers : le chant, la danse et la marche" - Dmitry Kabalevsky
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|  | | Wolferl Lapinophobe

Nombre de messages: 9952 Age: 19 Localisation: Paris Date d'inscription: 27/06/2006
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Dim 23 Aoû - 17:15 | |
| La Chapelle-Musique
Elle est composée de la Chapelle de Musique, dont les membres sont des ecclésiastiques, et de la Musique de la Chapelle. Ces deux corps s’unissent pour les messes et offices chantés ainsi que, pour les Grands Motets, avec les musiciens de la Chambre et de l’Ecurie. Pour les messes basses quotidiennes, seule la Musique de la Chapelle est présente, dont quatre châtelains sont chargé, à partir de 1692, de l’accompagnement polyphonique. Le Maître de Chapelle est un ecclésiastique, non musicien, et ce sont les quatre Sous-Maîtres de Chapelle, alternant par quartier, qui dirigent les différents ensembles. Cette a charge a été attribuée à des compositeurs réputés tels que Delalande, Campra ou Mondonville. On dénombre en 1708, vingt-sept chantres officiers augmentés d’un chœur de soixante-sept musiciens divisés ainsi : - dessus et castrats (9) - hautes contres (18) - hautes-tailles (24) - basses (13) Auxquels s’ajoutent trois joueurs de serpent ainsi que les six à huit enfants « pages de la Chambre », recrutés dans des Maîtrises françaises et renvoyés immédiatement après la mue. Les effectifs du chœur semblent assez étranges, avec cette prédominance des voix intermédiaires, mais l’ont peut supposer que cela est dû à la présence restreinte de femmes dans cette institution religieuse, et que les castrats ne courent pas les rues. On ne connaît pas exactement les effectifs des symphonistes de la Chapelle, mais disposons de plusieurs listes d’instrumentis. En 1692 : - 4 dessus de violon - 2 flûtes allemandes (ou traversières) - hautes-contres, tailles, quintes - 2 basses violon - 1 théorbe - 1 cromorne - 2 bassons En 1708, deux violons s‘y sont ajoutés, ainsi que deux hautbois, une basse de violon ou une théorbe (jouées indifféremment par La Barre) et un basson, une flute ou un hautbois (joués par Philidor). La Chapelle-Musique suit la cour dans tous ses déplacements et sont, en plus des privilèges, payés entre 450 et 600 livres par an. Des solistes sont invités exceptionnellement, pour l’exécution d’une nouvelle œuvre, dont souvent castrats mais aussi des femmes. Un orgue est commandé en 1679 pour la quatrième chapelle de Versailles, mais celui-ci n’est finalement reçu et inauguré que dans la nouvelle chapelle à la fête de Pâques 1711, par l' organiste attitré François Couperin. _________________ Méfions-nous de l'écriture, où nous finissons par réduire la beauté vivante des sons à une opération où, péniblement, deux et deux font quatre. Il n'y a pas de théorie : il suffit d'entendre. Le plaisir est la règle !
Claude Debussy
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|  | | Wolferl Lapinophobe

Nombre de messages: 9952 Age: 19 Localisation: Paris Date d'inscription: 27/06/2006
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Ven 28 Aoû - 16:53 | |
| L’ÉcurieFondée sous François Ier, cette institution regroupe les officiers de cérémonie (hérauts d’armes, porte-épées, musiciens etc) ainsi que les chevaux du Roi. Dédié principalement à la musique militaire, aussi bien pour les cérémonies solennelles qu’au quotidien, pour le retour de chasse par exemple, l’ensemble instrumental est beaucoup moins varié que le reste de la Musique du Roi. En effet, celui-ci est essentiellement constitué de vents qui devaient être très audibles en plein-air, comme les trompettes et hautbois, quelques fifres, et évidemment des percussions tels que les tambours et timbales montées (c’est-à-dire déplaçables). Des violons et flûtes viendront parfois s’y ajouter. On compte, au XVIIe siècle, des vieux instruments hérités de la Renaissance : des trompettes marines, des cornets, sacqueboutes, musettes et cromornes, qui disparaîtront petit à petit. A leur tête se trouve le Grand Ecuyer, non musicien, ce qui peut laisser deviner une qualité et une discipline discutables… du moins avant l’arrivée de Lully. Parmi eux se trouva tout de même des musiciens et compositeurs respectés comme les Philidor, père et fils ou Jaques-Martin Hotteterre. _________________ Méfions-nous de l'écriture, où nous finissons par réduire la beauté vivante des sons à une opération où, péniblement, deux et deux font quatre. Il n'y a pas de théorie : il suffit d'entendre. Le plaisir est la règle !
Claude Debussy
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|  | | natrav Papa pingouin

Nombre de messages: 34319 Date d'inscription: 08/12/2005
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Ven 28 Aoû - 17:30 | |
| Ah oui ! J'oubliais le troisième feuilleton de l'été.  C'est très intéressant de suivre les développements de ces ensembles, ça permet de mieux comprendre le développement des formes également. |
|  | | Wolferl Lapinophobe

Nombre de messages: 9952 Age: 19 Localisation: Paris Date d'inscription: 27/06/2006
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Ven 28 Aoû - 18:29 | |
| Merci ! Bon, là c'est encore la partie un peu rébarbative, parce qu'il faut faire un petit point rapide d'histoire tout en en laissant assez pour "l'analyse"... _________________ Méfions-nous de l'écriture, où nous finissons par réduire la beauté vivante des sons à une opération où, péniblement, deux et deux font quatre. Il n'y a pas de théorie : il suffit d'entendre. Le plaisir est la règle !
Claude Debussy
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|  | | Wolferl Lapinophobe

Nombre de messages: 9952 Age: 19 Localisation: Paris Date d'inscription: 27/06/2006
 | Sujet: Re: L'orchestre baroque français de Lully à Rameau Ven 28 Aoû - 18:55 | |
| L’Académie Royale de MusiqueInstituée en 1669 par Colbert, alors Surintendant des bâtiments, arts et manufactures, elle est chargée de diffuser l’ opéra français dans tout le royaume. Rapidement, elle n’est plus appelée que l’« Opéra ». Le librettiste Pierre Perrin en prit la direction pour douze ans, en collaboration avec le compositeur Robert Cambert, qui créèrent Pomone en 1671. Il s’agit d’un des premiers exemples d’opéra français avec airs et récitatifs, avant même la création des tragédies lyriques de Lully et Quinault. Malgré son immense succès, les artistes étant payés par les recettes du spectacle et non par le roi, et à cause des problèmes de gestion et de fréquentation de Perrin, celui-ci fut enfermé pour dettes et dut revendre son privilège à Lully dès 1672. Favori de Louis XIV, Lully le convainc rapidement de subventionner l’Académie et de lui octroyer le monopole de la musique de scène en France, soit une interdiction de représentation avec musique qui dépasserait « six musiciens, douze violonistes et instrumentistes sans l’accord du Sieur Lully ». Les ordonnances se multiplièrent afin d’ajuster les effectifs, face aux plaintes nombreuses des concurrents désormais évincés, mais le Surintendant garda ce privilège durant toute sa vie. On lit souvent que l’orchestre et les danseurs et chanteurs de l’Académie étaient tous les ensembles de la Musique du Roy réunis, ce qui n’est pas tout à fait exact. En réalité, après sa prise de la direction, Lully voulut se charger lui-même de la nomination des musiciens. Il contourna alors une ordonnance du roi interdisant le cumul des charges et favorisa les instrumentistes qu’il avait déjà sous ses ordres parmi les Vingt-Quatre ou les Petits Violons. Si l’on sait que la création de Pomone comptait « treize symphonistes », on ne connait les effectifs précis de l’Académie Royale de Musique qu’à partir de 1704 et jusqu‘à 1783. En voici un récapitulatif sur quelques années importantes : (Grand Chœur : D = dessus de violon ; HC = haute-contres ; T = tailles ; Q = quintes ; B = basses de violon puis violoncelles et contrebasses ; F-H = flûtes & hautbois ; Bn = basson | Petit chœur (basse continue) : Cl = clavecin ; Bv = basse de viole ; T = théorbe)On remarque que la polarisation entre l’aigu et le grave est de plus en plus grande, si bien que le dessus et la basse deviennent disproportionnés face aux trois instruments intermédiaires, qui n’attendent plus que leur disparition : la quinte en première, comme dans la plupart des ensembles de l’époque. Suivie le remplacement des haute-contres et quintes en alti et celui des basses de violon en violoncelles et contrebasses. Les instruments de basse continue diminuent aussi progressivement, pour ne plus comporter qu’un seul clavecin, là où l’équilibre entre Grand Chœur et Petit Chœur était parfois presque égal cinquante ans auparavant. Toutes ces modifications montrent une adaptation progressive au modèle de l’orchestre à l’italienne qui domine l’Europe au XVIIIe siècle. La Querelle des Bouffons se déroulera en effet aussi sur le terrain de l’orchestre, comme nous le verrons par la suite… _________________ Méfions-nous de l'écriture, où nous finissons par réduire la beauté vivante des sons à une opération où, péniblement, deux et deux font quatre. Il n'y a pas de théorie : il suffit d'entendre. Le plaisir est la règle !
Claude Debussy
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