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Emmanuel Chabrier

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sud273
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MessageSujet: Emmanuel Chabrier   Mar 13 Fév - 18:11

« Chabrier, nous faisions, un ami cher et moi,
Des paroles pour vous qui leur donniez des ailes.
Et tout trois frémissions quand, pour bénir nos zèles,
Passait l’Ecce Deus, ou le je ne sais quoi.

Chez ma mère charmante et divinement bonne,
Votre génie improvisait au piano
Et c’était tout autour comme un brillant anneau
De sympathie et d’aise aimable qui rayonne.

Hélas ! ma mère est morte et l’ami cher est mort,
Et me voici semblable au chrétien près du port
Qui surveille les tout derniers écueils du monde,
Non toutefois sans saluer à l’horizon
Comme une voile sur le large au blanc frisson
Le souvenir des frais instants de paix profonde . »

Verlaine écrit ce sonnet en juin 1887, à l’asile de Vincennes où l’ont conduit la passion et l’absinthe. L’ami cher qui écrivit avec lui le livret de Fich-Ton-Kan c’est Lucien Viotti, son ami du Lycée Bonaparte (aujourd’hui Condorcet).
Chabrier vivra sept ans encore, dont une bonne moitié dans un état végétatif consécutif aux évolutions de la syphillis et d’autres maladies opportunistes.

Chabrier est né au milieu du 19ème siècle, en 1841, en Auvergne, la même année que Berthe Morisot, Clemenceau, Dvorak, Catulle-Mendes, Renoir, Fallières, Bazille, si cela permet de situer, l’année où meurent Lermontov et Aloysius Bertrand.
Il viendra à la musique 20 ans plus tard et n’en laissera guère qu’une dizaine d’heures, à peine plus que Dukas, Boulanger ou Lekeu.
Quasi autodidacte, voire dilettante à la Borodin, il marque d’une empreinte indélébile toute la musique française de 1860 à 1950, même s’il est plus pratique de le ranger parfois dans le placard comme un aimable rigolo n’ayant composé que l’équivalant du Beau Danude Bleu, Espana, une petite pièce que les compilateurs enregistrent volontiers à côté de la Danse Macabre, de l’Apprenti et du Boléro. Son influence sur les élèves de Franck, comme sur les Six et l’Ecole d’Arcueil, dépasse nos frontières pour s’infiltrer jusqu’à Villa-Lobos, Rota, ou Strauss (Richard, cette fois). Sauf que, même sérieux, Chabrier a toujours le bon goût de ne faire que dans l’humour.
Je propose, en cette veille d’élection présidentielle, que chacun réécoute la Ballade des Gros Dindons afin d’avoir une vision plus réaliste de l’avenir.


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kougelhof 1er
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mar 13 Fév - 21:44

Je viens de consulter le site Amazon afin de prendre connaissance avec la discographie consacrée à Chabrier, on peut en passant écouter des extraits d'oeuvres afin de s'en faire une petite idée. je retiens les oeuvres suivantes : Espana, Habanera, Bourrée Fantasque, Gwendoline, Suite Pastorale, Briséis ou les Amants de Corinthe, Pièces Pittoresques pour piano et des Mélodies. Je connaissais un peu Espana mais ignorait le nom du compositeur, j'ai aimé un bref passage de l'ouverture de Gwendoline ainsi que les Pièces Pittoresques. Je ne connaissais pas Chabrier, je suis content d'avoir réparé cet oubli ! Merci Sud273 pour ce sujet consacré à ce compositeur.
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sud273
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mar 13 Fév - 22:04

il y a un vieux disque de Dervaux avec la meilleure possible ouverture de Gwendoline, Espana, la Joyeuse marche et la fête bohémienne du Roi Malgré Lui.
Si tu veux vraiment passer un bon moment et rire un peu en écoutant de la très bonne musique, je crois que L'étoile (Gardiner/Allio-Lugaz) vient de ressortir en CD. Je vais probablement céder à mon propre conseil et le racheter bien que je l'aie déjà dans divers formats.


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kougelhof 1er
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mar 13 Fév - 22:08

sud273 a écrit:
il y a un vieux disque de Dervaux avec la meilleure possible ouverture de Gwendoline, Espana, la Joyeuse marche et la fête bohémienne du Roi Malgré Lui.
Si tu veux vraiment passer un bon moment et rire un peu en écoutant de la très bonne musique, je crois que L'étoile (Gardiner/Allio-Lugaz) vient de ressortir en CD. Je vais probablement céder à mon propre conseil et le racheter bien que je l'ai déjà dans divers formats.


Rire un peu comment cela ? explique-toi si tu veux bien !
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sud273
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mar 13 Fév - 22:17

L'étoile est une comédie irrésistible, beaucoup plus drôle que n'importe quel Offenbach, aussi rigolotte que les Mamelles de Tirésias de Poulenc, avec une maîtrise d'écriture qui ferait pâlir n'importe quel compositeur français de Berlioz à Roussel.
Chabrier a fait avec le même sérieux des opéras très wagnériens (pour résumer) et des opérettes mozartiennes, et malheureusement, comme Moussorgsky, si peu de musique d'orchestre et de musique de chambre.


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kougelhof 1er
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 1:04

sud273 a écrit:
L'étoile est une comédie irrésistible, beaucoup plus drôle que n'importe quel Offenbach, aussi rigolotte que les Mamelles de Tirésias de Poulenc, avec une maîtrise d'écriture qui ferait pâlir n'importe quel compositeur français de Berlioz à Roussel.
Chabrier a fait avec le même sérieux des opéras très wagnériens (pour résumer) et des opérettes mozartiennes, et malheureusement, comme Moussorgsky, si peu de musique d'orchestre et de musique de chambre.


Cette "Etoile" est belle musicalement ?
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Xavier
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 3:25

sud273 a écrit:
il marque d’une empreinte indélébile toute la musique française de 1860 à 1950


Chabrier, plus important et novateur que Debussy?

Laughing

Bon, sinon j'aime beaucoup la Bourrée fantasque, pièce vraiment originale et réussie, mais rien d'autre n'a attiré mon attention jusqu'ici...
J'ai bien écouté d'autres choses pourtant, mais bon.
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Fuligo
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 4:44

J'aime beaucoup l'Etoile. J'hésite un peu pour le DVD (Gardiner), quelqu'un le connait? A quoi ça ressemble niveau mise en scène?
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aconit-er
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 10:21

sud273 a écrit:

Chabrier est né au milieu du 19ème siècle, en 1841, en Auvergne...


Chabrier est natif d' Ambert, et c'est pour cela qu'à chaque fois que j'écoute sa musique, ça me met en fourme ! Laughing
_________________
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sud273
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 10:24

Citation:
Chabrier, plus important et novateur que Debussy?


Mais oui, certainement, le chaînon manquant entre Berlioz et Dutilleux. "Je m'en vais le montrer tout à l'heure":


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sud273
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 17:27

Influence sur Debussy et Ravel

L’influence de Chabrier sur la musique du 20è siècle est considérable ; elle est néanmoins sous-terraine et d’une telle discrétion qu’on pourrait presque croire qu’elle n’a pas existé. Même Debussy reconnaît qu’il était « merveilleusement doué pour la Muse comique », la « Marche Joyeuse , certaines mélodies sont des chefs-d’œuvre de haute fantaisie dus à la seule musique ». Ce faisant, il semble ne considérer chez Chabrier que la veine drôlatique (et de nombreux témoins se souviennent effectivement de ses fou-rires lorsqu’il interprétait le « duo de la Chartreuse » de L’Etoile), ce qui permet selon la mauvaise foi habituelle de Debussy, de gommer tous les emprunts qu’il fait à ses prédécesseurs : placer Chabrier sur le terrain du rigolo permet d’affirmer qu’ils ne jouent pas dans la même catégorie. Pourtant lorsqu’on écoute La Demoiselle Elue, on est frappé de constater qu’il décalque presque mesure par mesure l’instrumentation de la version pour orchestre de l’Ode à la musique, qui constitue pour la jeune génération, une sorte de Talisman comparable à la petite ébauche de Gauguin que vénéraient les Nabis. Les critiques soulignent assez souvent que même dans Le Roi malgré Lui, l’entrée de Minka préfigure certaines tournures de Pélléas, et l’on trouverait maintes ressemblances dans divers fragments isolés des Pièces Pittoresques avec La Plus que lente, les Arabesques ou la Suite Bergamasque. Franck, sans doute plus honnête, ne disait-il pas lors de la première audition des Pièces pittoresques « Nous venons d’entendre quelque chose d’extraordinaire. Cette musique relie notre temps à celui de Couperin et de Rameau. » On prétendra souvent la même chose de la musique pour piano, si « tradition française » de Debussy. L’influence de Chabrier sur Debussy passe aussi par ces intermédiaires que sont Wagner et Ravel, et le côté « musique liquide » des deux « impressionistes » français (même s’ils rejetaient avec véhémence cette qualification) descend tout autant des Jeux d’eau de la Villa d’Este de Liszt que des atmosphères des scènes chorales qui ouvrent les opéras sérieux complètement oubliés de Chabrier. La musique de Debussy comme la peinture de Monet tend à se perdre dans la forêt obscure des sensations ébauchées, celle de Chabrier, comme la peinture de son ami Manet, est tournée vers l’affirmation franche et lumineuse : à son éditeur, il écrivait : « C’est très clair , cette musique-là [la sienne] : ne vous y trompez pas et ça paie comptant: c’est certainement de la musique d’aujourd’hui ou de demain, mais pas d’hier ... Ce qu’il ne faut pas, c’est de la musique malade ; ils sont là quelques-uns, et des plus jeunes, qui se tourmentent tout le temps pour lâcher trois pauvres bougres d’accords altérés, toujours les mêmes, du reste; ça ne vit pas, ça ne chante pas, ça ne pète pas.»
Au contraire de Debussy qui cherche plutôt à l’enterrer, Ravel (auteur d’un célèbre à la manière de), comme Poulenc (lequel se décrivait musicalement comme son petit-fils) ont martelé ce thème de l’influence de Chabrier, « le véritable inventeur de la musique française moderne » selon les mots-mêmes de Florent Schmitt. La Sérénade grotesque comme toutes les premières œuvres de Ravel en sont issues en droite ligne, et cette influence est tellement évidente qu’elle a joué un rôle important dans le reniement de Ravel au sujet de la Pavane et de nombre de ses essais de jeunesse. L’importation des gammes modales ou défectives, les polyrythmies révélées par Espana (qui est aussi l’acte de naissance de l’école ibérique, Albeniz, Falla, Granados), sont responsables des bouleversements attribués généralement au séjour parisien de Stravinsky, sauf que tout cela se fait toujours sans avoir l’air d’y toucher, avec le sourire, par plaisanterie. « Les partitions de Chabrier sont un véritable répertoire d’effets nouveaux qui n’appartiennent qu’à lui et constituent sa physionomie artistique plus que ne le fait sa conception particulière du drame chanté, adaptation au goût français du système wagnérien » écrivait Dukas, qui n’était pas le plus conciliant des critiques.
Bien sûr en faisant référence à Debussy, Schmitt et Ravel, on a sauté une génération, celle de Chausson et d’Indy, qui, plus éduqués que le petit auvergnat auront appris beaucoup de ses facilités, comme de Lalo et Delibes.


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kougelhof 1er
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 17:46

sud273 a écrit:
Citation:
Chabrier est natif d' Ambert, et c'est pour cela qu'à chaque fois que j'écoute sa musique, ça me met en fourme


Ambert et Issoire, le centre du monde selon le Jules Romain des Amis...

Citation:
Chabrier, plus important et novateur que Debussy?


Mais oui, certainement, le chaînon manquant entre Berlioz et Dutilleux. "Je m'en vais le montrer tout à l'heure":


L’influence de Chabrier sur la musique du 20è siècle est considérable ; elle est néanmoins sous-terraine et d’une telle discrétion qu’on pourrait presque croire qu’elle n’a pas existé. Même Debussy reconnaît qu’il était « merveilleusement doué pour la Muse comique », la « Marche Joyeuse , certaines mélodies sont des chefs-d’œuvre de haute fantaisie dus à la seule musique ». Ce faisant, il semble ne considérer chez Chabrier que la veine drôlatique (et de nombreux témoins se souviennent effectivement de ses fou-rires lorsqu’il interprétait le « duo de la Chartreuse » de L’Etoile), ce qui permet selon la mauvaise foi habituelle de Debussy, de gommer tous les emprunts qu’il fait à ses prédécesseurs : placer Chabrier sur le terrain du rigolo permet d’affirmer qu’ils ne jouent pas dans la même catégorie. Pourtant lorsqu’on écoute La Demoiselle Elue, on est frappé de constater qu’il décalque presque mesure par mesure l’instrumentation de la version pour orchestre de l’Ode à la musique, qui constitue pour la jeune génération, une sorte de Talisman comparable à la petite ébauche de Gauguin que vénéraient les Nabis. Les critiques soulignent assez souvent que même dans Le Roi malgré Lui, l’entrée de Minka préfigure certaines tournures de Pélléas, et l’on trouverait maintes ressemblances dans divers fragments isolés des Pièces Pittoresques avec La Plus que lente, les Arabesques ou la Suite Bergamasque. Franck, sans doute plus honnête, ne disait-il pas lors de la première audition des Pièces pittoresques « Nous venons d’entendre quelque chose d’extraordinaire. Cette musique relie notre temps à celui de Couperin et de Rameau. » On prétendra souvent la même chose de la musique pour piano, si « tradition française » de Debussy. L’influence de Chabrier sur Debussy passe aussi par ces intermédiaires que sont Wagner et Ravel, et le côté « musique liquide » des deux « impressionistes » français (même s’ils rejetaient avec véhémence cette qualification) descend tout autant des Jeux d’eau de la Villa d’Este de Liszt que des atmosphères des scènes chorales qui ouvrent les opéras sérieux complètement oubliés de Chabrier. La musique de Debussy comme la peinture de Monet tend à se perdre dans la forêt obscure des sensations ébauchées, celle de Chabrier, comme la peinture de son ami Manet, est tournée vers l’affirmation franche et lumineuse : à son éditeur, il écrivait : « C’est très clair , cette musique-là [la sienne] : ne vous y trompez pas et ça paie comptant: c’est certainement de la musique d’aujourd’hui ou de demain, mais pas d’hier ... Ce qu’il ne faut pas, c’est de la musique malade ; ils sont là quelques-uns, et des plus jeunes, qui se tourmentent tout le temps pour lâcher trois pauvres bougres d’accords altérés, toujours les mêmes, du reste; ça ne vit pas, ça ne chante pas, ça ne pète pas.»
Au contraire de Debussy qui cherche plutôt à l’enterrer, Ravel (auteur d’un célèbre à la manière de), comme Poulenc (lequel se décrivait musicalement comme son petit-fils) ont martelé ce thème de l’influence de Chabrier, « le véritable inventeur de la musique française moderne » selon les mots-mêmes de Florent Schmitt. La Sérénade grotesque comme toutes les premières œuvres de Ravel en sont issues en droite ligne, et cette influence est tellement évidente qu’elle a joué un rôle important dans le reniement de Ravel au sujet de la Pavane et de nombre de ses essais de jeunesse. L’importation des gammes modales ou défectives, les polyrythmies révélées par Espana (qui est aussi l’acte de naissance de l’école ibérique, Albeniz, Falla, Granados), sont responsables des bouleversements attribués généralement au séjour parisien de Stravinsky, sauf que tout cela se fait toujours sans avoir l’air d’y toucher, avec le sourire, par plaisanterie. « Les partitions de Chabrier sont un véritable répertoire d’effets nouveaux qui n’appartiennent qu’à lui et constituent sa physionomie artistique plus que ne le fait sa conception particulière du drame chanté, adaptation au goût français du système wagnérien » écrivait Dukas, qui n’était pas le plus conciliant des critiques.
Bien sûr en faisant référence à Debussy, Schmitt et Ravel, on a sauté une génération, celle de Chausson et d’Indy, qui, plus éduqués que le petit auvergnat auront appris beaucoup de ses facilités, comme de Lalo et Delibes.


C'est très bien dit et très bien vu tout ça Sud273, j'ai entendu des extraits de Chabrier sur Amazon et me suis dit que les sonorités faisaient impressionnistes ou pré-impressionnistes. J'ai été très surpris. Je ne peux donc plus considérer Debussy comme étant un "extra-terrestre" qui aurait inventé l'impressionnisme en musique tout seul et partant de rien. De plus Espana, de Chabrier qui revint d'Espagne, a dû certainement inspirer les oeuvres "ibériques" de bon nombre de compositeurs, Ravel par exemple ainsi que d'autres. Ce Chabrier encore un bienfaiteur méconnu ! Au fait Sud273, n'y a-t-il pas d'essence impressionniste dans certaines oeuvres de Florent Schmitt ? D'après toi, après le post-romantisme comment a-t-on pu en arriver à l'impressionnisme en musique ?
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sud273
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 21:44

je ne sais pas trop comment répondre à ta question: parler d'impressionnisme en musique est une commodité de langage, et quels en seraient les représentants sortis de Ravel et Debussy?

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jolan
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 21:53

sud273 a écrit:
avec une maîtrise d'écriture qui ferait pâlir n'importe quel compositeur français de Berlioz à Roussel


Mouais, si l'ont veut.

Moi je veux pas...
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Chez moi c'est ici : www.paysagesinterieurs.com

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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 21:58

sud273 a écrit:
je ne sais pas trop comment répondre à ta question: parler d'impressionnisme en musique est une commodité de langage, et quels en seraient les représentants sortis de Ravel et Debussy?


Caplet, Koechlin, Szymanowski...

sud273 a écrit:
Schmitt, qui précède Stravinsky et Debussy dans le "modernisme"


Ah bon?
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sud273
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 22:37

je sais, Xavier que tu penses que j'exagère l'importance de Florent Schmidt, en répétant ce que lui écrivait Stravinsky. Peut-être Stravinsky ne cherchait-il qu'à le flatter par opportunisme.

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Xavier
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Mer 14 Fév - 23:33

Je sais que Stravinsky s'est dit très admiratif de la Tragédie de Salomé.

Ca n'en fait pas pour autant de Schmitt le précurseur de la Mer, du Faune et du Sacre! Laughing
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sud273
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Lun 19 Fév - 11:23

voici le texte de l'éloge de Chabrier que prononça Alfred Bruneau à la demande la SNM. Ce n'est peut-être pas le meilleur moyen d'intéresser les auditeurs à la musique de Chabrier, mais on est alors en 1913, à la veille de la guerre et l'exaltation du sentiment français est de mise.

"Toute l'ample force du pays natal éclate dans l'oeuvre splendide d'Emmanuel Chabrier; toute l'immense allégresse de la terre nourricière rit en sa musique robuste, large, pleine, exubérante et joviale. D'avoir vu le jour au Centre, au coeur palpitant de la France, celui que la Société des Auteurs Dramatiques me prie d'honorer avec vous fut le plus réellement gaulois de nos compositeurs; gaulois par la loyauté, la sincérité, l'enthousiasme, gaulois par la verve audacieuse, la libre allure, la passion virile et bien portante. Certes son double génie pathétique et comique eut assez de grandeur et de puissance pour chanter ardemment, supérieurement, l'universalité des êtres et il n'existe personne qui, du nord au midi, de l'est à l'ouest du monde, ne retrouve un peu de soi-même dans les mélodies innombrables jaillies de sa plume tantôt émouvante, tantôt divertissante.

Mais son âme garda l'empreinte profonde qu'y laissa la mère patrie et c'est nous surtout, avec les traits particuliers de notre caractère, qui revivrons éternellement en ses pages les plus typiques où la vaste poésie de notre ciel, de nos arbres, de notre sol, est exprimée de si merveilleuse façon, où les traditions pittoresques, les gaies coutumes de nos campagnes, de nos villages, de nos provinces, sont comme glorifiées et immortalisées. Rappelez-vous seulement la Marche Joyeuse et la Bourrée Fantasque, ces deux étonnants morceaux, uniques dans la littérature instrumentale et dont le rythme, la couleur semblent impossibles à égaler. Ce sont des tableaux de moeurs, comparables aux "Kermesses" des vieux peintres flamands, reflets fidèles de l'esprit d'une race. Par eux, à travers les siècles, se continuera l'intense mouvement de nos fêtes rustiques; par eux les peuples lointains y participeront; par eux les bornes de notre domaine seront reculées à l'infini. Ils suffiraient à montrer, si nous n'avions tant d'autres exemples, ce qu'il y a de vraiment national dans l'art de notre cher Emmanuel Chabrier.

Inclinons-nous devant l'image à laquelle l'illustre sculpteur Constantin Meunier a donné une saisissante beauté. C'est celle d'un homme qui, en dépit des flammes heureuses de son bon regard, connaît l'amertume et la désillusion. Après le foudroyant succès d'España aux Concerts Lamoureux, il avait le droit d'espérer que ses opéras seraient joués et applaudis sans retard. Hélas ! Il dut attendre très longtemps. La noble et fière Gwendoline ne fut représentée ici qu'à la fin de sa vie. La bouffonnerie charmante et subtile du Roi malgré lui décontenança le public de la Salle Favart. Et la mort l'emporta au moment où il achevait le premier acte de Briséïs, qui est probablement son chef d'oeuvre. L'originalité dont il témoigna dans ses partitions empêcha qu'on les comprît instantanément.

Cette originalité, cependant, était chez lui naturelle, foncière. Rien d'excentrique, d'inquiétant ni d'hostile n'en amoindrissait la franchise. Chabrier avait étudié presque seul. Il restait à l'écart des cénacles, ne se souciait point de grouper autour de lui des disciples ou des thuriféraires. Il obéissait à des lois d'indépendance absolue et il créa ainsi une langue musicale de nouveauté extraordinaire, de prodigieuse saveur. Il n'eut pas que de la fougue, de la violence et de l'éclat.

Il posséda également une grâce, une sensibilité, une tendresse adorables. Au cas où le délicieux accord de son orchestre et de ses voix ne le prouverait pas assez, on en aurait l'assurance formelle en lisant ses lettres, ses lettres superbes, épiques et familières, à la fois si amusantes et si touchantes qu'elles mettent le rire à nos lèvres et les larmes à nos yeux.

Lorsque j'évoquais les luttes soutenues par Chabrier, je ne voulais pas, croyez-le bien, plaindre exagérément le vaillant maître, car, s'il a souffert, il a aussi réalisé son rêve de travailleur, de producteur, celui qu'il mettait au-dessus des autres et qui nous vaut de l'avoir toujours parmi nous, puisque sa pensée nous reste. Quoi de plus magnifique, de plus enviable ? Et qu'importe l'âpreté des batailles quand elles s'achèvent par la victoire !

Cette victoire, nous la célébrons et, malgré la tristesse poignante qui nous saisit devant ce tombeau, nous en éprouvons un immense bonheur. Imaginons que des "marches joyeuses" vont se dérouler ici, triomphalement, que des "bourrées fantasques" vont s'exalter aux sons des flûtiaux et des musettes qui là-bas, en Auvergne, bercèrent l'enfance d'Emmanuel Chabrier et lui prédirent son destin. Gardons au fond de nous-mêmes le religieux souvenir de notre grand ami; continuons d'user largement, fermement à son égard du doux privilège de justice que nous exerçons aujourd'hui, prolongeons l'hommage que nous lui rendons, multiplions les preuves de la dévotion qui lui est dûe.

A cette heure où il entre définitivement dans la gloire, je salue de toute ma filiale affection, de toute ma fervente admiration le vibrant et rayonnant musicien français, humain, universel."


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sud273
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Lun 19 Fév - 17:38

Chabrier chez Wagner (ou plutôt chez sa femme)

Parler de l’influence et de la réception de Wagner en France est une chose difficile, on risque sans cesse de se heurter à des présupposés politiques : donc on essayera de parler essentiellement ici de musique. Wagner a été assez mal reçu lors de ses visites en France, en 1860 il a dirigé trois concerts au cours desquels on a pu entendre l’ouverture du Vaisseau fantôme, le prélude de Tristan, des extraits de Lohengrin, avant que l’opéra de Paris n’accepte de monter Tanhauser qui, victime des cabales, ne fut guère défendu que par Baudelaire et Catulle-Mendès. Dans le langage de la critique, wagnérisme, « musique de l’avenir » deviennent synonymes d’orchestration lourde, à effets, cuivrée, dissonnances, bruit, récitatifs interminables et bizarreries harmoniques, on taxe aussi bien Massenet que Berlioz de ce défaut repoussant, si étranger trouve-t-on au « génie français ». Chabrier a été durablement fasciné par Wagner, il est même devenu peu à peu le vecteur principal de l’importation du dernier Wagner en France. Dès 1862, il a appris l’orchestration dans Wagner, en recopiant la partition de Tanhauser : il a été le premier français à pleurer à l’écoute de Tristan, se désespérant longtemps que Wagner et lui fussent « du même métier ».
A partir de 1869, il est au centre du premier cercle wagnérien de Paris, celui initié par Antoine Lascoux, juge de profession et chef d’orchestre amateur. Chez Lascoux comme au sein d’autres salons bourgeois, Chabrier au piano, Lamoureux à l’alto et d’Indy aux timbales donnent des concerts privés où ils jouent en réduction les grands moments des partitions du Maître. Quand Lamoureux crée les « nouveaux concerts » destinés à la promotion de la musique nouvelle, Chabrier quitte son emploi au ministère pour devenir répétiteur à ses côté et préparer les premières auditions de Tristan ; il y voit en effet le moyen d’entrer en contact avec la partition et de l’apprendre par cœur.
Une grande amitié lie Chabrier à d’Indy et surtout à Duparc, son cadet de huit ans, extrêmement actif dans la défense de Wagner, et qui serait sans doute devenu le plus important musicien français s’il n’avait été frappé très jeune par une maladie nerveuse et une cessité totale qui lui interdisent de composer à partir de 1885. Duparc a joué devant Liszt en 1869, chez qui il a rencontré Wagner : accompagné de Chabrier ils sont les premiers français à assister aux représentations de Tristan en Allemagne en 1880 (Duparc y séjournera de nouveau de 1883 à 1886, alors qu’il sombre dans l’aboulie et la neurasthénie, avant les fatales crises mystiques qui auront définitivement raison de sa santé mentale au tournant du siècle).
En 1889, Chabrier pénêtre dans le saint des saints, il est invité à goûter à Wahnfried et reçu par Cosima Wagner, qui vit dans le culte idolâtre de son défunt mari. S’il est bien accueilli, c’est sans doute grâce aux rapports qu’il entretient depuis quelques années avec le grand chef d’orchestre Félix Mottl, celui que Cosima a choisi pour remplacer Levy (mis en place par Wagner lui-même) à Bayreuth, principalement parce qu’elle trouve incongru de laisser ce chef juif diriger Parsifal, œuvre éminemment chrétienne. Mottl gardera une si grande estime pour Chabrier, qu’il réalisera l’orchestration de nombre de ses pièces de piano, la Bourrée Fantasque, les trois valses romantiques : ses talents d’orchestrateur sont malheureusement bien moins grands que ceux de Chabrier lui-même, et ses versions ne se maintiendront qu’un temps au concert.
La rencontre historique avec Cosima tient de la farce la plus totale : Cosima déteste la musique de Chabrier, on le sait par sa correspondance : à propos du Roi Malgré Lui elle parle des « trivialités de café-concert », et là, elle n’a certainement pas tort, quelque chose dans le Roi relève bien du comique qu’un autre allemand a imposé dans la France du second empire, Offenbach, promoteur du café concert : ces trivialités sont justement la marque de fabrique de Chabrier, ce sont les mêmes qu’on peut retrouver dans Mahler et Petrushka, « elle avait une jambe de bois » et autres citations rigolardes qui se mêlent à un discours des plus sérieux. Mais Cosima avait sans doute encore moins d’humour que ses mari et père, elle était de plus aveuglée par la haine, influencée par l’autre courant des théoriciens français (post Gobineau) et déjà prête à jeter dans les bras du national-socialisme son héritage bavaro-hongrois (les deux musiciens concernés n’y pouvant mais, triste emprise des familles sans talent sur les cendres des génies statufiés…)
On lit sous la plume de la dame : « Samedi j’ai vu à Dresde le Roi malgré Lui. C’est tout simplement de la camelote de A à Z ! Grands dieux ! Quelle vulgarité et quel manque d’idée ». Mais c’est pire lorsque Chabrier tente de s’approcher de la veine sérieuse : « J’ai revu Gwendoline que j’ai trouvé moins mauvaise qu’à Karlsruhe, quoique encore assez lamentable » et le mot est enfin lâché : « Gwendoline de Chabrier, que j’ai vu à Karlsruhe, m’a semblé faire partie de ces mauvaises œuvres. Le texte était tout simplement infect et un tel mélange juif, que le sujet naïf de Fra Diavolo (Auber sans doute, autre compositeur français encore célèbre en Allemagne), donné le lendemain, me semblait d’un génie florissant.»
Sa méfiance a sans doute été renforcée par le passage de Chabrier dans le sanctuaire : au goûter de Wahnfried, on servit à Chabrier une pâtisserie au chocolat si indigeste qu’il chercha en vain le moyen de s’en débarrasser sans offenser l’hôtesse. Pendant qu’elle tournait le dos, il la fourra dans un tiroir, lequel contenait les dernières chemises blanches portées par le grand homme (nul doute que les bonnes eurent du mal à les ravoir !) Pire encore, dans son enthousiasme, Chabrier joua pour une version si endiablée d’Espana qu’il cassa le mécanisme de diverses touches du piano de l’idole !.. Il aurait cherché à le faire exprès qu’il n’eut pas fait pire.
Même s’il considère Wagner comme le plus grand musicien de son temps, Chabrier, lui, n’est pas totalement aveuglé par son génie : de Bayreuth il rapporte un quadrille (« Souvenirs de Munich ») sur les thèmes de la Tétralogie (lequel ne sera créé qu’en 1911), et sa vision diffère sensiblement de ce que les musiciens de la génération suivante puiseront dans Wagner : dans la correspondance de Chabrier en juillet 1887 : « Sous prétexte d’unité, j’allais dire d’uniformité, il y a dans Wagner des quart d’heures de musique ou récit absolu dont tout être sincère, sans parti pris, dépourvu de fétichisme, doit trouver chaque minute longue d’un siècle. Ça, je le prouverai, la partition à la main, quand on voudra. On s’en fout !!! Ce sont des soudures, comme sous l’ancien régime, pour arriver à des passages plus intéressants, et pas toujours. Moi, je veux que ce soit beau partout. » (17 juillet 1887). L’année suivante, à propos de Briséis, au ténor Ernest Van Dyck, également maltraîté par la virago : « je n’ai pas besoin de te dire que ce sera d’un moderne à tout casser et qu’il n’y aura ni choeur de baigneuses, ni marches triomphales. Naturellement, je fais de la musique à moi, bien à moi : j’ignore si cette musique sera française, mais à coup sûr elle ne sera pas allemande ; tant pis, mais je veux être de mon pays, c’est mon premier devoir. Je cherche à m’inoculer l’esthétique de l’autre, de l’homme de bronze [Wagner], mais sa musique, jamais, car elle est à lui et l’on ne doit voler personne, quitte à rester pauvre (mais honnête). » Dans la dernière extrémité Chabrier confiera encore, « je n’aime plus que deux musiciens, Offenbach et Wagner », c’est précisément au milieu de ces deux extrêmes qu’il se situe. Et Ravel ne s’y trompera pas, en faisant cette déclaration provoquante : « Je préfèrerais cent fois avoir composé Le Roi Malgré Lui que L’anneau des Nibelungen. »


Dernière édition par le Mer 14 Mar - 11:45, édité 2 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Emmanuel Chabrier   Lun 19 Fév - 19:18

Oui, singulier éloge de Bruneau, tout ce qu'il faut pour faire tomber définitivement Chabrier dans l'oubli aujourd'hui !

Merci pour ce récapitulatif circonstancié du rapport à Wagner. Incontestablement, la nature de l'orchestration, la richesse des couches orchestrales lui doivent beaucoup.

Mais tu le dis très bien, ce n'est jamais au service d'une solennité prétentieuse, toujours avec un certain art de l'allègement (par un humour pas toujours léger au demeurant). Pour faire un parallèle grossier, on peut songer à Stendhal, dont les développements tragiques sont volontiers parés de bouffonneries (le meurtre de Giletti et ses conséquences, par exemple).
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Emmanuel Chabrier

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