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Tobias Picker (b1945)

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sud273
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MessageSujet: Tobias Picker (b1945)   Sam 14 Juin 2008 - 16:19

Voilà quelques semaines que je fais une fixette sur Tobias Picker. Pour une fois que j’ai envie d’acheter un disque, ce n’est pas disponible. Il s’agit du quatrième opéra de Picker, créé au Metropolitan le 2 décembre 2005, « An american tragedy ».

Il doit bien exister une video mais malheureusement je n’ai pas réussi à en trouver d’autre traces que les quelques extraits qui figurent sur You Tube.
Je vois d’ici les mauvaises langues prétendre que je ne m’intéresse à cette œuvre qu’à cause de la présence… charismatique… de Nathan Gunn, comme d’habitude assez peu vêtu, dans la distribution. Mais Gunn a également donné de sa personne dans deux autres opéras de Picker, comme Patricia Raquette et Susan Graham, et je suis moins attiré par Emmeline, même s’il y a peut-être d’intéressants passages dans Thérèse Raquin. Les deux ont été enregistrés par Chandos, c’est dire que c’est assez cher et que j’hésite à me procurer ce qui ne relève pas directement de ma première inspiration.

En fait je m’intéresse aussi à « An American tragedy », parce que cet opéra me paraît symbolique de l’évolution de l’opéra américain, vers des sujets proprement indigènes, mais dans un traitement musical qui s’inscrit dans la descendance de Barber, Floyd ou Martin Levy. Le sujet est tiré du célèbre roman de Théodore Dreiser, paru en 1925 et dont on connaît l’adaptation cinématographique de George Stevens, « Une place au soleil »(1951) avec Montgommery Clift et Liz Taylor au temps de sa splendeur. De plus je suis attiré par la similitude que présente la conclusion de l’histoire avec celle de « Dancers in the dark » : An american tragedy est probablement le premier opéra à représenter un procès et une exécution sur la chaise électrique (sauf qu’ici le personnage principal est véritablement coupable).

Extrait de l’article de Maxime Ohayon, sur club-opera.com :

Citation:
Picker est littéralement tombé dans An American Tragedy dès l’âge de 10 ans. "Le livre, dit–il, m’a cloué. Une histoire profondément triste, profondément émouvante". Le récit de cette jeune femme enceinte, noyée par son amant dans un lac de la région de New York en 1906, soulève les problèmes de classes, de religion et peint les fêlures humaines à grand échelle - en d’autres termes, un matériel parfait pour un opéra. Le Met souhaitait cette pièce pour 2001, mais Picker - dont le premier opéra, Emmeline, fut monté en 1996 - préféra attendre et acquérir une expérience théâtrale plus conséquente avant de s’atteler à ce travail. Entre-temps, il avait obtenu commande de deux ouvrages lyriques, Fantastic Mr. Fox créé à Los Angeles et Thérèse Raquin créé à Dallas. Deux projets d’envergure qui lui permirent d’affûter ses armes de compositeur et de s’impliquer, au-delà de la partition, dans la dramaturgie et la mise en scène.

"C’est une fascinante histoire, en tant qu’américain et new yorkais, j’ai pensé qu’elle était particulièrement appropriée pour le Met", explique Picker "C’est la tragédie d’un triangle amoureux et d’une mère oppressive qui a essayé d’inculquer à son fils ses convictions religieuses. D’un point de vue dramaturgique, c’est très théâtral. Et politiquement, j’ai été attiré par le constat d’une Amérique toujours plus préoccupée par le statut social et la fortune."


Du point de vue scénique, comme dans ses opéras précédents, Picker semble avoir traité plusieurs actions simultanément, réparties dans des plans superposés sur la scène, un peu à la manière du déroulement de certaines scènes des Soldats de Zimmermann. Les différents personnages chantent concurremment parfois des dialogues qui prennent place dans des espaces séparés, ce qui permet de créer des effets d’ensemble intéressants, alors que les protagonistes sont plongés dans des états d’émotionnels différents, voire contradictoires.

On trouve sur son site officiel http://www.tobiaspicker.com/ un synopsis en français de cet opéra.

La création d’American Tragedy a été accueillie avec un enthousiasme très mesuré par la critique musicale américaine, qui en matière d’opéra a pour tradition de dénigrer à peu près tout ce qu’on lui présente. Il me semble pourtant que les Etats-Unis ont trouvé en Tobias Picker un compositeur d’opéra aussi intéressant que Verdi et Puccini on pu l’être à leur époque pour la scène italienne. Sa musique est accessible, sans pour autant relever de la demi-mesure des comédies musicales de Broadway. Menotti a peut-être un successeur, plus doué pour la composition orchestrale,en même temps qu’il présente les mêmes compétences pour la musique vocale.

Notes biographiques

Né à New York en 1945, Picker a été l’élève de Milton Babbitt, Eliott Carter, et Charles Wuorinen. Ses premières compositions se situent dans la lignée de ces modernistes, mais il revient vite à un style plus lyrique et accessible. De 1985 à1990, il est le premier compositeur en résidence à l’orchestre de Houston.
Son œuvre la plus connue, le poème symphonique Old and lost Rivers a été jouée par les plus grands orchestres (y compris Vienne et Zurich) : il a été enregistré conjointement au concerto pour basson de John Williams, ce qui fait que certains fans de musique de film ont peut-être entendu cette pièce.
Son deuxième concerto pour piano, Keys of the City, a été créé pour le centenaire du Brooklyn Bridge.
Le catalogue complet de Picker contient trois symphonies (dont l’une au moins avec soprano obligée confirme son engagement vers la musique essentiellement vocale), des concertos pour violon, violoncelle, hautbois, un mélodrame Las Encantadas avec récitant sur des textes de Melville décrivant les Galapagos, et une abondante production de musique de chambre et de mélodies.

Tobias Picker est atteint du syndrôme Gilles de la Tourette : dans un documentaire pour la BBC (Mad but Glad, Fou mais Heureux) il évoque l’influence de cette maladie sur son processus de création, affirmant que sa musique comporte des éléments directement inspirés par ces éruptions de paroles incontrôlées. Il a participé aussi à divers projets thérapeutiques concernant les enfants atteints de cette affection.
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sud273
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MessageSujet: Re: Tobias Picker (b1945)   Sam 14 Juin 2008 - 16:23

j'espère que quelqu'un de plus renseigné pourra apporter des éléments supplémentaires, ou me conseiller sur ce qu'il faudrait acquérir en priorité.
Evidemment, j'imagine bien qu'on ne va pas parler longtemps de Picker, mais je compte transformer ce fil à terme en une discussion autour de l'opéra américain (hors Barber Hanson et Glass qui ont déjà ce qu'il faut), donc si quelqu'un avait envie de parler des Fantômes de Versailles de Corigliano ou de Susannah de Floyd, voire de Mourning becomes Electra...
ce sera bien venu aussi.
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Tobias Picker (b1945)

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