Hé bien, comme annoncé, voici les réponses de ce BT spécial cinoche.
1. Il s'agissait de la chanson « Science-fiction double feature », interprétée (et composée) par Richard O'Brien. Cette chanson constitue le titre introductif de la comédie musicale culte
The Rocky horror picture show, réalisée en 1975 par Jim Sharman. On retrouve dans cette chanson toute l'atmosphère du film (et de la pièce musicale dont il est l'adaptation) : hommage aux séries B et Z de science-fiction des années 50, sublimation de leur caractère sexuel subversif plus ou moins inconscient, et apologie à travers ce mélange entre pureté nostalgique et sexualité débridée du rêve et de l'imagination auxquels tout un chacun devrait se laisser aller, voire prendre le risque de succomber. En gros, pour faire vite.
2. « Bad Guys », une chanson écrite (comme toutes les chansons du film) par Paul Williams. Il m'est impossible de citer ici les noms des interprètes. Cette chanson est tirée du film
Bugsy Malone, le premier film d'Alan Parker, réalisé en 1976. Dans cette comédie musicale parodiant avec une dérision réjouissante les mob-movies, tous les rôles (absolument tous) sont tenus par des enfants, ou par de jeunes adolescents. On y trouve ainsi au casting Jodie Foster, âgée de 14 ans, qui venait tout juste d'apparaître sur les écrans à l'affiche de
Taxi Driver.
Bugsy Malone fait partie de ces films injustement méconnus, qu'il faut voir de toute urgence si l'on ne veut pas mourir morose.
3. Si la plupart des participants ont identifié la voix de Jean Yanne, tous n'ont pas identifié le titre de cette chanson, à savoir « Alléluia garanti », ni le film dont elle est extraite,
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, réalisé par le même Jean Yanne en 1972. Un film traversé de part en part par un environnement musical extraordinaire ainsi que des chansons hilarantes, le tout composé par Michel Magne, sur des paroles de Jean Yanne, évidemment. Dans cette comédie où Yanne moque l'univers de la radio et la mode du néo-religieux dans les milieux intello-hippies des années 70, le franc-parler mâtiné de cynisme et la justesse de ton des acteurs et de la réalisation donne la sensation d'assister à une sorte de docu-fiction frôlant (et atteignant parfois) l'absurde ou le surréalisme. Le meilleur film de Jean Yanne, et à mes yeux l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma français. Un chef-d'oeuvre.
4. « The dentist », une chanson extraite du film
Little shop of horrors, réalisé en 1986 par Frank Oz, sur des musiques de Allan Menken. A partir du film original de 1960 que le grand monsieur du cinéma Roger Corman réalisa en deux jours, une comédie musicale puis un film totalement délirants furent tirés et donnèrent lieu à des numéros d'acteurs impressionnants et enthousiastes. Ici, c'est Steve Martin qui interprète cette chanson du dentiste sadique, et on le retrouvera plus tard dans le film face à Bill Murray dans un rôle de patient masochiste. Ces deux acteurs ne sont d'ailleurs pas les seuls membres du Saturday Night Live de l'époque à faire une apparition dans cette merveilleuse comédie musicale d'horreur... A noter enfin, pour la petite anecdote, que dans la version de 1960, le même rôle du patient masochiste était joué par Jack Nicholson.
5. Ici, ce sont les Beatles, tout bêtement, qui interprètent « I should have known better » (Lennon / McCartney), une des six chansons écrites spécialement pour le film
A Hard day's night, réalisé par Richard Lester et sorti en 1964. Ce film est le tout premier à mettre en scène les Beatles, et si ce n'est pas dans celui-ci que l'on peut entendre le « son » Beatles le plus original, il est en tout cas, d'un point de vue cinématographique, le meilleur qui ait jamais mis en scène les Fab Four. A l'exception sans doute de
Let it be, que je n'ai pas encore vu, et qui tient plus du documentaire que du film à proprement parler.
6.
Tommy, une comédie musicale écrite par les Who et réalisée par Ken Russel en 1975, est un film psyché-rock affichant dans son casting des guest-stars impressionnantes. Ainsi, la version de « Pinball Wizard » interprétée par Elton John demeurera dans les mémoires comme l'une des plus belles chansons rock des années 70. Mais dans le cas présent, l'extrait choisi était « Acid queen », magistralement interprétée par Tina Turner. Difficile de raconter l'intrigue de ce film. C'est comme
The Wall : il faut le voir.
7. « Cirrus Minor », composée et interprétée par les Pink Floyd, pour le film
More de Barbet Schroeder, sorti en 1969. Je ne suis pas très à l'aise pour en dire plus concernant le film, dans la mesure où je ne l'ai pas encore regardé... Je peux au moins vous dire que cette chanson compte parmi les plus belles et les plus envoutantes des Pink Floyd, l'une de celles qui m'ont fait aimer le groupe, et j'ajoute que celui qui n'a pas, au moins une fois dans sa vie, fermé les yeux et tiré une taffe sur un pétard en écoutant les longues notes soutenues de l'orgue qui conclue cette chanson, ne peut décemment pas prétendre donner une définition exacte du bonheur.
8. « Every sperm is sacred » composition de David Howman et André Jacquemin, et rédigée par Michael Palin et Terry Jones, autrement dit pour le compte des Monty Python, et cela dans le film
Monty Python The Meaning of life, réalisé par Terry Jones et sorti au cinéma en 1981. Cette chanson est à l'image du film : féroce, irrespectueuse, obscène et provocatrice. Ici, les Pythons raille les moeurs sexuelles préconisées par la religion catholique en faisant chanter à toute un chorale d'enfants : « Chaque goutte de sperme est sacrée / Chaque goutte de sperme est grande / Si le sperme est gaspillée / Dieu en est très irrité », avant que la chanson ne dégénère en un grand délire carnavalesque, selon les habitudes surréalistes et hystériques des Monty Python. Les Python sont ce que l'humanité a connu de plus drôle depuis l'aube de ses origines, et ce film est leur testament, vaste bras d'honneur adressé à tous les bien-pensants et autres censeurs vulgaires qui n'ont jamais cessé de les emmerder, et qui continuent encore aujourd'hui d'ailleurs...
9. Bon, là je n'ai pas grand-chose à dire en fait, je n'ai pas vu le film et je m'en fiche un peu, c'est juste que j'aime beaucoup la chanson, et qu'il aurait été dommage de faire un BT dans ce genre sans l'inclure dedans. Donc, il s'agit de « Live and let die », écrite par Mc Cartney et interprétée par Mc Cartney and the Wings, pour le film éponyme réalisé par Guy Hamilton et sorti sur les écrans en 1973. C'est Roger Moore qui y incarne James Bond, en plus. Moi, je ne jure que par Sean Connery.
10. Et enfin, voici une petite merveille, une chanson baptisée Maypole, écrite par Paul Giovanni, et interprétée par je-ne-sais-pas-qui. Cette comptine païenne (largement inspirée de mélodies folkloriques) qui chante et célèbre l'éternel renouveau de la vie, est extraite du film
The Wicker Man , réalisé par Robin Hardy et sorti sur les écrans en 1973. Sans doute l'un des films britanniques les plus importants des années 70, et le meilleur rôle de Christopher Lee au cinéma, ainsi qu'il le dit lui-même. Film fantastique traitant de la confrontation entre traditions religieuses différentes, voire opposées, et mené à la façon d'une enquête policière étrange et délirante,
The Wicker man fait partie de ces curiosités cinématographiques qui méritent largement d'être vues, et plusieurs fois si possible !