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| | | Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. | |
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| Auteur | Message |
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JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 14:43 | |
| J'ai décidé d'ouvrir un sujet suplémentaire sur Korngold, spécifique à sa Musique de Films, en plus de celui qui lui est consacré dans la section "Général", parce que ça me parait plus adéquat, surtout dans la mesure où certains (dont moi, évidemment) voudront déveloper des sujets spécifiquement cinématographiques sur sa musique. Si les Administrateurs désaprouvent, ils peuvent toujours déplacer le tout dans le sujet initial. Pour commencer, je réitère et complète ici ma liste personelle des musiques phares que Korngold a composés pour le cinéma, et disponible en CDs, à l'intention de ceux qui souhaiteraient se familiariser avec ce compositeur.       Zut, j'ai pas mis "Adventures of Robin Hood"!!! C'est un oubli, bien sûr!!! Dans la version Varese, meilleure que la Marco Polo. Ensuite, je vais poursuivre sur ma lancée une discussion entamée avec DavidLemarec (principalement) sur les différences entre sa musique de films et sa musique d'opéras, et plutôt que d’essayer de prouver que lune est supérieure à l'autre, je me dis qu’il peut être plus intéressant de démontrer simplement en quoi sa musique de films est riche et intéressante.Ensuite, chacun pourra décider s’il est plus enrichissant d’écouter l’une ou l’autre.Je dois avouer avant de commencer que je ne suis pas équipé pour faire une analyse technique : un musicien ou un musicologue serait plus à même de le faire. J’appellerai ceux-ci à la rescousse chaque fois qu’il le faudra.Je propose d’abord un survol (le mot analyse est sans doute inadéquat) des moments forts de « Sea Hawk ». (La référence que j’utilise pour l’instant est l’enregistrement illustré ci-dessus« Varese Sarabande » 1987- dirigée par Varujian Kojian, et non celui, récemment produit par Naxos, pas encore reçu, mais sûrement très bien.) Main Title : Depuis la 1ère écoute, celui-ci m’a toujours bouleversé. Je vais maintenant essayé de comprendre pourquoi .Ca démarre très fort (0- 0 :07’) avec l’expression d’une fanfare entraînante, dynamique, triomphale et rapide, avec une dominante de cuivres et de cordes, puis Korngold a recours à une de ses astuces (en fait un ensemble d’astuces) dont je n’ai toujours pas percé le mystère avec certitude (et je suis convaincu que c’est ce mystère qui est à l’origine d’une grosse part du pouvoir d’attraction de ce Main Title) : avant même de poursuivre la fanfare… il l’a répète (0 :8’-0 :20’), mais cette fois-ci, pour une grande part aux cuivre seuls, et ses cuivres l’entonnent cette-fois-ci avec un tempo plus saccadé, les cordes étant dans cette répétition seulement présentes par à-coups, utilisées dans un rôle d’accompagnateur rythmique. Par ce stratagème déjà, il « booste » son thème avant même que l’auditeur ne l’ait clairement intégré, donnant à ce thème une frénésie instantanée.Et enfin, lors de cette première répétition, il entonne la fanfare « plus haut dans la gamme », me semble-t-il (musiciens : SOS !!). Et le tempo est-il plus rapide ? Je n’arrive toujours pas à trancher. Je le pense, mais ce n’est pas sûr.Il concrétise par là une première excitation intense chez l'auditeur, en à peine 20 secondes!A la suite de cette répétition, il amène le thème vers une résolution avant d’enchainer (sans pause aucune)(0 :40-1 :14) sur le « love theme », avant de reprendre brièvement la fanfare, d’introduire très brièvement plusieurs motifs, notamment de suspense, qu’il réutilisera plus tard (1.20) avant de s’effacer (1:55): le spectacle peut commencer.Voici dans ce premier morceau des grands pans de l’art cinémusical de Korngold mis en place : mélodies et arrangements majestueux, envolées épiques et sentimentales, rapidité, thèmes interrompus et répétés avec variations de rythmes et d’orchestrations, et enfin une richesse presqu’outrancière de couleurs orchestrales.Rien n’est trop riche, ni trop exotique, ni trop frénétique!
Dernière édition par le Lun 30 Juil - 20:01, édité 3 fois |
|  | | sud273 Mélomane chevronné
Nombre de messages: 13095 Date d'inscription: 03/12/2006
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 15:00 | |
| génial ne me paraît pas discutable, c'est une affaire de goût, en revanche "pionnier" là je suis beaucoup moins sûr: tu l'appliquerais à Saint-Saëns, Florent Schmitt, Chostakovich, pourquoi pas? mais Korngold même s'il semble s'y être intéressé avant la guerre, ne fait tout de même pas parti des pionniers. Il se peut que ce soit le premier compositeur classique à apparaître en tant qu'acteur dans un film hollywoodien, mais c'est à vérifier je pinaille, certes... |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 15:14 | |
| Ca y est, ça commence... Oui, Korngold est un pionnier, dans la mesure où, des compositeurs que tu cites, seul Shostakovitch le précède par plusieurs musiques: Saint-Saens et Schmitt n'ont fait qu'une seule incursion chacun. Et aussi parce qu'il a amené à la musique hollywoodienne des éléments qui lui était inconnu avant lui, notamment le recours à des musiciens de formation symphonique, ce qui amènera tous les grands studios à constituer des orchestres symphoniques permanents. De toutes façons, j'utilisais le terme de "pionnier" dans le sens de: un des premiers, un des fondateurs. Il n'était pas LE premier, c'est clair.
Dernière édition par le Mar 31 Juil - 19:05, édité 2 fois |
|  | | Zoilreb Mélomane chevronné

Nombre de messages: 9343 Localisation: Liège Date d'inscription: 10/03/2006
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 15:21 | |
| Très certainement pionnier dans le fait d'appliquer, du moins partiellement et avec bonheur, le mickey-mousing au long-métrage cinématographique (ça doit être son ascendance straussienne qui le destinait à cette réussite). En plus sa formation "classique" l'amène à solidement charpenter sa musique, ce qui ne me parait pas toujours le cas à cette époque où on applique plus souvent le patchwork. Il a amené de l'ordre dans la complexité là où on risquait le désordre et un retour à la simplicité. |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 15:27 | |
| Désolé pour le cafouillage dans le démarrage de ce sujet: j'ai affiché une 1ère partie du 1er post avant le reste, parce que j'avais du mal avec la sélection des images et ne voulait pas tout perdre. Sur l'intervention de Bulgroz, non Loirzeb: rien à dire, c'est parfait. Bon,"mickey-mousing", j'aime pas trop, mais je ne sais si je dois contredire, alors: tant pis! Disney-Korngold: même combat!  |
|  | | Zoilreb Mélomane chevronné

Nombre de messages: 9343 Localisation: Liège Date d'inscription: 10/03/2006
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 15:46 | |
| Le mickey-mousing consistant à souligner musicalement les évènements physiques qui se passent à l'écran (parfois même les mouvements de caméra ou disons de l'œil du réalisateur, mais ça c'est plus marquant chez Williams je trouve) on peut dire que Korngold en fait… exemple: les bagarre dans le château de Nottingham au début et à la fin de Robin Hood. |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 15:50 | |
| Oui, oui. Je voulai juste dire que "mickey mousing" a une conotation très péjorative, mais, dans le cas de Korngold... certainement justifiée. Comme j'écoute d'avantage ses musiques que je ne regarde ses films, je préférais rester sur la réserve, mais je suis sûr que tu as raison. |
|  | | Zoilreb Mélomane chevronné

Nombre de messages: 9343 Localisation: Liège Date d'inscription: 10/03/2006
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 16:59 | |
| | JérômeParadoxePerdu a écrit: | | J'ai décidé d'ouvrir un sujet suplémentaire sur Korngold, spécifique à sa Musique de Films |
Très bonne idée. 
| Citation: | | Si les Administrateurs désaprouvent, ils peuvent toujours déplacer le tout dans le sujet initial. |
Ils ne sont pas là ! 
| Citation: | | Je propose d’abord un survol (le mot analyse est sans doute inadéquat) des moments forts de « Sea Hawk ». (La référence que j’utilise pour l’instant est l’enregistrement illustré ci-dessus« Varese Sarabande » 1987- dirigée par Varujian Kojian, et non celui, récemment produit par Naxos, pas encore reçu, mais sûrement très bien.) |
J'ai la version originale (édité par les éditions Tsunami, pas très légale je pense mais fort répandue à une époque dans le commerce). J'ai du mal a percer ça n'ayant pas vu le film, mes repères ne sont pas très clair, j'ai rarement dépassé les 15 premières minutes (sur 73 c'est peu) et alors j'ai aussi une sélection enregistré par André Previn et le LSO, enregistrée il y a peu et qui est déjà beaucoup plus facile à digérer.
| Citation: | | Main Title : Depuis la 1ère écoute, celui-ci m’a toujours bouleversé. Je vais maintenant essayé de comprendre pourquoi . |
Ce morceau m'apparaît aussi comme une indéniable réussite, surtout la fin et la transition du générique vers le début du film proprement dit avec cet accord dissonant bizzare et l'enclenchement de la musique hyspanique.
| Citation: | | Ca démarre très fort (0- 0 :07’) avec l’expression d’une fanfare entraînante, dynamique, triomphale et rapide, avec une dominante de cuivres et de cordes, puis Korngold a recours à une de ses astuces (en fait un ensemble d’astuces) dont je n’ai toujours pas percé le mystère avec certitude (et je suis convaincu que c’est ce mystère qui est à l’origine d’une grosse part du pouvoir d’attraction de ce Main Title) : avant même de poursuivre la fanfare… il l’a répète (0 :8’-0 :20’), mais cette fois-ci, pour une grande part aux cuivre seuls, et ses cuivres l’entonnent cette-fois-ci avec un tempo plus saccadé, les cordes étant dans cette répétition seulement présentes par à-coups, utilisées dans un rôle d’accompagnateur rythmique. Par ce stratagème déjà, il « booste » son thème avant même que l’auditeur ne l’ait clairement intégré, donnant à ce thème une frénésie instantanée. |
C'est un des grands enseignements de Korngold (parfaitement intégré par Williams sur lequel l'influence de Korngold est indéniable à mon avis… en tous cas pour ce genre de films) qui consiste à utiliser des thèmes courts très caractérisés et composés eux-même de cellules (donc d'éléments encore plus courts) également très caractérisées et utilisées dans le film comme signals auditifs dans les passages rapide. Ils prennent leur utilité s'ils sont répétés les premières fois de façon à ce que le spectateur les intègres complètement, et après dans le film, pendant les scènes de combats ou de poursuite, il suffit de les répéter une seule fois pour que sans effort et sans même y prêter attention le spectateur affine sa perception d'un moment du film. Ces cellules très courtes et très simples ont toujours une signification précise, même si elles véhiculent une idée vague comme l'élan de l'aventure par exemple.
C'est un peu ce que certains reprochent à la musique de film: le gros panneau de signalisation, mais c'est un fondement même de ce genre de musique et du cinéma hollywoodien d'ailleurs, exploité à fond les manettes par Korngold entre autres (c'est caractéristique de l'époque): la manipulation du spectateur. On te dit ce que tu doit penser et à quel moment… c'est tout un art auquel Korngold a amené des solutions aussi efficaces que surprenantes. On ne trouve pas du tout cette façon de faire dans Alexandre Nevsky par exemple (qui lui est contemporain).
| Citation: | | Et enfin, lors de cette première répétition, il entonne la fanfare « plus haut dans la gamme », me semble-t-il (musiciens : SOS !!). Et le tempo est-il plus rapide ? |
Non c'est la même hauteur, mais il brouille les pistes en répétant l'amorce que constitue cette cellule à différentes hauteurs elle, mais la fanfare est à la même hauteur.
| Citation: | | A la suite de cette répétition, il amène le thème vers une résolution avant d’enchainer (sans pause aucune)(0 :40-1 :14) sur le « love theme » |
… qui sent bon la haute mer. 
| Citation: | | …avant de reprendre brièvement la fanfare, d’introduire très brièvement plusieurs motifs, notamment de suspense, qu’il réutilisera plus tard (1.20) avant de s’effacer (1:55): le spectacle peut commencer. |
La transition dont je parlais apparait à 1:30, elle survient surement sur un texte déroulant introductif, fréquent à cette époque pour situer l'action.
| Citation: | | Voici dans ce premier morceau des grands pans de l’art cinémusical de Korngold mis en place : mélodies et arrangements majestueux, envolées épiques et sentimentales |
Caractérisation "outrancière" qui peut choquer aujourd'hui mais bien pratiquée elle se montre efficace et sert bien la narration.
| Citation: | | rapidité, thèmes interrompus et répétés avec variations de rythmes et d’orchestrations | Ca ça me parait plus intéressant au vu de la durée dont ces compositeurs disposaient pour écrire. Ce foisonnement était un luxe de compositeurs expérimenté et est une denrée tout à fait appréciable pour l'auditeur car elle donne l'impression de participer à un jeu de piste musical avec tout ce que cela recèle comme surprises, recherches et découvertes quand à la signification de certains passages. C'est d'autant plus passionnant que souvent tout cela a une signification rationnelle et justifiée par l'histoire racontée, par la narration.
| Citation: | | et enfin une richesse presqu’outrancière de couleurs orchestrales. |
C'était un autrichien ! 
… et pour eux:
| Citation: | | Rien n’est trop riche, ni trop exotique, ni trop frénétique! |
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|  | | Zoilreb Mélomane chevronné

Nombre de messages: 9343 Localisation: Liège Date d'inscription: 10/03/2006
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 17:14 | |
| | JérômeParadoxePerdu a écrit: | Oui, oui. Je voulai juste dire que "mickey mousing" a une conotation très péjorative, mais, dans le cas de Korngold... certainement justifiée. |
Korngold est sans doute arrivé à la conclusion que ces films qu'il mettait en musique étaient du divertissement au même titre que ces dessin-animés, dans l'imaginaire populaire américain, et qu'en pratiquant de façon adéquate, c'est-à-dire identique question langage il prenait le moins de risque vis-à-vis des producteurs: cqfd. … et ce qui est intéressant c'est qu'il ne se limite pas à ça. Sa culture classique XIXe s. y a aussi fait intrusion. |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 17:29 | |
| Tout-à-fait en passant, je ne suis pas sûr que le "mickey mousing" ait son origine dans les dessins animés ou que Korngold ait été influencé par la manière de composer pour eux. Je crois que cette technique est née directement de l'application de la musique sur les premiers films: il n'y a qu'à penser aux musiques accompagnant les films muets: Le méchant rentre ("Horreur!), il reçoit une chaise sur le crâne ("Patastras!"). Elle a eu tendance à s'atténuer avec le temps. Pour l'anecdote, j'ai lu que l'expression "mickey mousing" date des années 40 et serait due à un producteur hollywoodien, qui méprisait un certains style de compositions pour films. |
|  | | Zoilreb Mélomane chevronné

Nombre de messages: 9343 Localisation: Liège Date d'inscription: 10/03/2006
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 17:41 | |
| Le mickey-mousing fait précisément référence à l'utilisation de la musique dans les dessin-animés de l'époque (le fait de tout souligner par la musique: Donald monte les escaliers en courant, ce qui n'est pourtant pas facile pour un canard: on entend une gamme montante; il les descend, on entend une gamme descendante et ainsi de suite… il se prend une pelle, on entend un coup de grosse caisse, il voit des étoiles, on entend des clochettes…). Qu'il ait son origine plus tôt c'est autre chose. Si ça faisait référence à Wagner ça se saurait, on aurait appelé ça le tannhausering ou le ringring. |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 18:43 | |
| | Zoilreb a écrit: | | Le mickey-mousing fait précisément référence à l'utilisation de la musique dans les dessin-animés de l'époque (le fait de tout souligner par la musique: Donald monte les escaliers en courant, ce qui n'est pourtant pas facile pour un canard: on entend une gamme montante; il les descend, on entend une gamme descendante ... |
C'est marrant: j'ai utilisé cet exact exemple (sans mentionner Donald, quand même) pour expliquer le "mickey mousing" à ma compagne. Sinon, j'ai écrit que je ne pensais pas que le "m.m." avait son origine dans le dessin-animé, mais le terme y fait référence, évidemment. Détail, détail... Sinon, je viens juste de découvrir tes commentaires sur mon long 1er post: wow. Tu l'as rajouté après coup ou c'est moi qui est précédemment "zappé" la chose? |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 20:02 | |
| Je m'aperçois à l'instant que je n'ai pas mis "Adventures of Robin Hood" dans les scores phares de Korngold!!! C'est un oubli, bien sûr!!! Plutôt dans la version Varese, meilleure que la Marco Polo. |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Lun 30 Juil - 20:10 | |
| Zoilreb:"J'ai la version originale (édité par les éditions Tsunami, pas très légale je pense mais fort répandue à une époque dans le commerce). J'ai du mal a percer ça n'ayant pas vu le film, mes repères ne sont pas très clair, j'ai rarement dépassé les 15 premières minutes (sur 73 c'est peu) et alors j'ai aussi une sélection enregistré par André Previn et le LSO, enregistrée il y a peu et qui est déjà beaucoup plus facile à digérer." Je l'ai aussi, mais achetée après la Varese, et de fait, je ne l'ai plus écoutée depuis longtemps. Très pénible. J'ai eu le même problème avec "Captain Blood", sauf ce dernier n'existe pas autrement qu'en suite de 15-20 minutes, et certains des meilleurs moments sont dans l'intégrale en son d'époque: au bout d'un moment, c'est clairement "hard". "Juarez/The Prince and the Pauper", aussi de Tsunami est par contre de bien meilleure qualité sonore. Il contient en plus une longue suite, en son d'époque aussi, de "Between Two Worlds": superbe. |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Mar 31 Juil - 9:28 | |
| Vu que Morloch lance la question dans "General" et que la plupart des forumeurs semblent plus familiarisés avec "Robin Hood": Est-ce que l'intérêt des morceaux suivants de Robin Hood se limitent à leur aspect "kitsch" ? (ref l'édition Varese) (je pourrais mettre plus tard les ref DVD) (EDIT: En fait, J'ai les ref. DVD !!! Trop distrait je suis... Je les changerais plus tard, plus le temps là tout de suite...) ° Escape from Castle ° Ambush in Sherwood ° Duel, Victory, and Epilogue (la scène de combat final). Sinon, pour répondre sur l'aspect "amusant" de la musiques de films de Korngold, la référence "Mickey Mouse" me parait finalement encore plus pertinente qu'à la première lecture: dans ses musiques d'actions et d'aventures, Korngold a une dimension immédiate, naIve, juvénile en fait, qui me séduit beaucoup. On est en plein rêve: on saute, on joue, on aime, on déteste, on est Superman et Tarzan tout à la fois! (De fait, on est Robin et Sea Hawk, et Essex, ce qui est déjà pas mal ...) (Tous incarnés par Errol Flynn, j'y peux rien..)Aprécier la musique de film de Korngold demande une certaine part d'abandon. |
|  | | sud273 Mélomane chevronné
Nombre de messages: 13095 Date d'inscription: 03/12/2006
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Mar 31 Juil - 13:09 | |
| | JérômeParadoxePerdu a écrit: | Est-ce que l'intérêt des morceaux suivants de Robin Hood se limitent à leur aspect "kitsch" ? |
je ne trouve pas ça kitsch dans l'ensemble à part peut-être la valse qui est le meilleur moment "original" de la partition
| Citation: | ° Escape from Castle ° Ambush in Sherwood ° Duel, Victory, and Epilogue (la scène de combat final). |
Ce sont précisément les passages de récupération des oeuvres de jeunesse
| Citation: | dans ses musiques d'actions et d'aventures, Korngold a une dimension immédiate, naIve, juvénile en fait, qui me séduit beaucoup.
Aprécier la musique de film de Korngold demande une certaine part d'abandon. |
Une jeunesse bien proprette et dangereusement moutonnière alors...(celle de Keeper of the flame?) je m'explique:
On prête à Korngold l’invention de la musique de film taillée sur le modèle d’un « opéra sans paroles » avec retour de leitmotiv et astuces contrapuntiques épousant les « mouvements » des personnages : en somme on le crédite d’avoir inventé l’enluminure et la musique incidentale illustrative. L’academy of motion pictures fut sans doute ravie de ses efforts puisqu’il obtint le deuxième oscar de sa carrière pour la musique des Aventures de Robin des Bois. Lorsqu’on l’écoute sans les images cette musique paraît très datée, parfois pompeuse, hésitant sans cesse entre le grandiloquent et le sautillant. A la décharge du musicien, on peut remarquer qu’il disposa de peu de temps pour habiller le film et qu’il en confia les orchestrations à un tiers, dont le talent en la matière était sans doute discutable : tout le monde n’a pas la chance d’être, comme Gershwin, orchestré par Russel-Bennett, ou comme Cole Porter, par Koechlin. Le légende voudrait que Korngold ait improvisé la musique au piano en visionnant le film. C’est après tout possible (on se demande dans quel état la partition d’origine fut fournie, réduction au piano ?) car les défauts du film se retrouvent dans la musique, l’hésitation entre un héroïsme souriant, une comédie familiale de bon aloi, gentillette sans jamais prendre le parti de l’humour ni vraiment de l’aventure, un objet mou. Dès le générique, on se demande ce que c’est que ce rythme de danse espagnole tout à fait hors de propos : une agréable surprise survient dans la musique de fête, le thème aurait fait un bon support de variations, ce que le compositeur commence à faire, mais il s’agit d’un thème traditionnel anglais, emprunté pour faire cette fois « couleur locale ». La musique plus romantique qui se concentre autour du paysage féminin ne réussit qu’à être mielleuse et convenue. Passons sur l’emprunt de l’appel mahlérien (sol-mi-do-sol) : dans les passages agités, de meilleure tenue, Korngold se pille lui-même et n’hésite pas à dépecer la musique de son poème symphonique de 1919 Sursum Corda, dédié à Richard Strauss et imité de Till Eulenspiegel. On peut trouver kitsch certains poèmes symphoniques de Strauss, c’est au moins ingénieux et vivant. Ici, le style lui-même porte à l’ennui, ça ne module guère, jamais rien que d’attendu, un sirop indigne d’un compositeur de talent. On mesure combien les musiques de film de Walton, Rawsthorne, Vaughan-Williams regorgent de génie en comparaison. Même les partitions de Chostakovich pour le dessin animé, même les illustrations les plus « cuivrées » et serviles de Khatchaturian semblent des monuments d’invention et de subtilité. Lorsque Rabaud compose la musique du Miracle des Loups, le résultat est peut-être daté et indigent, mais on ne peut lui dénier une certaine sincérité dans l’entreprise. Cette musique me fait penser à ce que Rebatet dit d’Honegger : | Citation: | | « … d’innombrables musiques de film, pour L’Equipage, Napoléon, Mayerling, Regain, Mermoz, une kyrielle de documentaires. Ces alignements de notes correctes mais indifférentes sur n’importe quelle image n’étaient plus qu’un pénible simulacre de la fécondité. Travaux de circonstance, commandes alimentaires exécutées par un compositeur sans fortune, qui pratiqueait ainsi son « second métier » . Jamais cependant un grand musicien n’aurait laissé dans ces besognes aussi peu de lui-même . » |
Avoir de tels numéros à son catalogue dessert l’auteur d’honnêtes opéras et de concertos parfois bien menés. Il eut mieux valu ne pas les signer ou bien comme Ernst Toch se taire, ou s’orienter, comme Kurt Weill, vers la comédie musicale, qui eut peut-être exigé moins de reniements. Tout cela laisse le même sentiment de gâchis que ces artistes de variété retournés à l’anonymat, qui vendent une dernière fois leurs tubes aux publicitaires pour vanter des assurances ou des boîtes de petit pois. |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Mar 31 Juil - 18:31 | |
| Je ne vais pas répondre ici à Sud (dont les propos me laissent sans "voix"), mais plutôt transmettre une inquiétude qui m'est apparue aujourd'hui: devant certaines réactions assez indifférentes de forumeurs à la musique cinématographique de Korngold, je me suis demandé si certains d'entre vous n'avaient pas seulement vu ses films... à la télévision française, et en version française? Si c'est le cas... VOUS N'AVEZ PAS ENTENDU SA MUSIQUE!!! ... ou si peu. J'ai dernièrement suivi un bout de "Captain Blood" sur "Arte", et très rapidement, le malaise: je ne reconnaissais pas la musique de Korngold! En bref, pendant très longtemps, les musiques originales étaient retirées pour les exploitations étrangères dans toutes les scènes comportant des dialogues, et remplacées par... "autre chose" (je n'ai pas réussi à identifier la musique entendue sur la VF de "Captain Blood", mais c'était assez... informe). Au final, la musique originale n'était conservée que sur le générique de début et de fin, et 2-3 scènes dans le film. Voilà. Quant à l'intervention de Sud... je vais d'abord ruminer ça longuement... aux toilettes. A dans quelques heures... ou pas.  |
|  | | Morloch Lou ravi

Nombre de messages: 8823 Localisation: Ô jour affreux ! La terre tremble et l'Etna semble épuiser tous ses feux ! Date d'inscription: 14/10/2006
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Mar 31 Juil - 19:50 | |
| Sisi, je suis certain d'avoir vu Errol Flynn cabotiner en anglais, avec frère Tuck qui fait tomber tout le monde dans l'eau en anglais, le petit singe de la reine Elizabeth, Claude Rains et ses regards de traître en vo... Le truc, c'est que la musique de Korngold est un élément qui s'ajoute au reste : les décors en carton, les couleurs tecnicolor, les dialogues très naifs, les costumes hollywoodiens de la grande époque, les blagues lourdingues pour public familial. L'ambiance générale est kitsch, mais on les adore pour cela ces films de Michael Curtiz. Et la musique de Korngold accompagne idéalement tout cela Je n'ai jamais vu capitain Blood en revanche  (Noooooon ne pars pas Jérome ... !!!)
Dernière édition par le Mar 31 Juil - 22:27, édité 1 fois |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Mar 31 Juil - 20:55 | |
| Moi, je ne dialogue plus qu'avec ceux qui disent keu Korngold cé un génie, na! (Sérieusement, je vais bouder activement pendant "un moment" parce que pendant 2-3 jours -ou plus- je vais devoir gérer mon retour de vacances. Ranger les affaires, rentrer à la maison, reprendre le travail le 2, et dormir beaucoup après avoir repris le travail. Je veux paaaaas! Merci à tous d'avoir positivement contribuer à mes vacances. Même toi, sud. Heu non, pas toi.... bon, si, aussi, mais moins....) |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. Mer 1 Aoû - 9:23 | |
| | sud273 a écrit: | | Le légende voudrait que Korngold ait improvisé la musique au piano en visionnant le film. |
"La légende" peut-être! La réalité, c'est qu'il composait la musique devant le film, un projectionniste restant à sa disposition pour arrêter ou rembobiner le film à tous moments!!!
| sud273 a écrit: | | ...un objet mou. |
Heureusement que la grande majorité des critiques et des spectateurs depuis 71 ans ne pensent pas comme toi!
| sud273 a écrit: | | Korngold se pille lui-même et n’hésite pas à dépecer la musique de son poème symphonique de 1919 Sursum Corda, |
Je voulais attendre d'avoir le morceau sous la main (ce soir) pour répondre, mais je n'en ai pas besoin: cette affirmation est une pure bêtise!!! Qu'il y ait une vague similitude entre les 2 morceaux (musique de type symphonique avec des élans épiques), c'est possible, très probable même, mais ce serait comme d'affirmer que Beethoven s'est pillé lui-même en composant 2 symphonies!!! Connerie totale, désolé!
Si tu voulais vraiment étaler ta science (j'aime bien le faire,alors je compatis ), tu aurais plutôt cité "Wunder der Heliane", où un thème de "Robin Hood" apparait... brièvement.
| sud273 a écrit: | | On mesure combien les musiques de film de Walton, ... |
C'est affaire de goùt sans doute, mais je n'ai jamais trouvé de génie à Walton: c'est correct sans plus. Tu as des oeuvres à me recommander pour étayer ton point de vue? Idem pour Vaughn Williams et Shosta (que j'aime beaucoup mais connait peu pour ses scores: et, je n'en ai qu'un et... bof. Connait pas du tout Rawsthorne....,
Voilà, je ne vais pas dire que je n'en ai pas dormi de la nuit, mais il y a des choses que je ne pouvais pas laisser passer plus longtemps!!! Je me console d'ailleurs en relisant les interventions de Zoilreb: il s'exprime finement et juste. C'est presque trop. Encore! |
|  | | | | Erich W. Korngold: Génial pionnier de la Musique de films. | |
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