
Autour de la musique classique Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres. |
| | | La place de la musique de film (son indépendance ou non) | |
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| Auteur | Message |
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JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 2:01 | |
| Ben si tu compares la BO de "Marnie" sortie chez Tsunami, et sa réinterprétation par McNeely, ce sont 2 oeuvres différentes. Carrément. Est-ce que je dois comprendre que pour toi la Musique de Films n'est pas... de la Musique? Et par ce fait, n'a pas sa valeur propre sortie du contexte du film?  |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 2:06 | |
| ... "Sea Hawk" de Korngold a été interprété par André Prévin (il en existe en plus quatre versions longues), "Psycho" de Herrmann par Esa-Pekka Salonen (quatre versions aussi). Les exemples de réinterprétations sont multiples. |
|  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44488 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | |  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44488 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 2:30 | |
| | JérômeParadoxePerdu a écrit: | | ... "Sea Hawk" de Korngold a été interprété par André Prévin (il en existe en plus quatre versions longues), "Psycho" de Herrmann par Esa-Pekka Salonen (quatre versions aussi). |
Oui j'ai la version Salonen, mais en l'occurrence c'était dans le cas d'une "compil" Herrmann, il n'y avait que la suite de Psycho. |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 12:36 | |
| Oui, juste. C'était juste une manière de dire que la musique de films est aussi enregistrée par des sommités du monde Classique. (Et donc, quand je comptais 4 versions, je n'incluais pas la suite de Salonnen, seulement les versions de 40' et plus..) Quand à la musique qu'on écoute que parce qu'on connait le film, c'est (dans mon cas) archi-faux. Depuis très longtemps, j'écoute surtout les musiques par compositeur et pas en fonction des films. Il m'arrive d'ailleurs souvent de fantasmer sur le film pour laquelle la musique a été composée... et d'être très déçu quand je découvre le film. (Dernier en date: "Les Banlieusards/The Burbs" de Joe Dante, une bouse de film bien vulgaire et maladroite qui a donné naissance à un score de Goldsmith quasi miraculeux.) |
|  | | sud273 Mélomane chevronné
Nombre de messages: 13095 Date d'inscription: 03/12/2006
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 13:12 | |
| dans le cas d'Hermann en particulier les BO sont bien souvent comparables à de la musique pure, sans programme, parfois sans rapport avec l'image, "Psycho" entre autre est une sérénade pour cordes. Reléguer ça à de la musique incidentale c'est comme considérer que Porgy and Bess n'est pas un opéra. On ne traitera pas de la même façon les BO de Prokofiev; si Ivan le Terrible a survécu (le film) c'est sans doute grâce à la musique, et qui se préoccupe des images qui accompagnent Lieutenant Kidjé? |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 13:26 | |
| Pour "Psycho" en fait, je regrette presque les 2 passages du meurtre aux violons. Si on fait abstraction de ces deux passages (que je zappe parfois) c'est une des musiques les plus sublimement mélancoliques que je connaisse, qui ne m'évoques ni le sérial killer, ni la violence ni rien détestable. |
|  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44488 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | |  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 36911 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 22:35 | |
| Pour ma part, je considère également la musique de film comme de la musique fonctionnelle ; ce n'est pas nécessairement un jugement de valeur : cette musique est conçue pour un contexte précis, cela ne signifie en rien qu'elle soit mauvaise. C'est aussi le cas de l'opéra (ou à l'inverse du livret). Dans les deux cas, il existe des oeuvres qui tiennent très bien "toutes seules", et même certaines qui fonctionnent mieux sans le film / le texte... Je dois confesser cependant que mis à part des chefs-d'oeuvre comme les meilleurs Takemitsu (Kwaidan ou Seppuku en particulier), j'ai rencontré assez peu de musiques de cinéma vertigineuses individuellement. Le Mépris de Delerue s'écoute aussi bien aussi. Ce que je trouve étrange, chez Jérôme, est précisément de recruter chez la BO pour l'écouter en musique pure ; qu'est-ce que tu y trouves de plus ? C'est ce confort sonore, ou cette fragmentation peut-être ? |
|  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44488 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 22:38 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | | Le Mépris de Delerue s'écoute aussi bien aussi. |
Hum...
| DavidLeMarrec a écrit: | | Ce que je trouve étrange, chez Jérôme, est précisément de recruter chez la BO pour l'écouter en musique pure ; qu'est-ce que tu y trouves de plus ? C'est ce confort sonore, ou cette fragmentation peut-être ? |
On va partir en hors-sujet, c'est pour ça que j'avais indiqué le lien...
Oui je pense que tu as un élément de réponse concernant la béophilie. D'ailleurs dans la discussion avec Mathieu il disait qu'il avait du mal avec l'opéra, que ce soit Pelléas, Tristan... et disait que les BO c'était bien parce que ça changeait d'ambiance tout le temps. |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 36911 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 22:42 | |
| | Xavier a écrit: | | DavidLeMarrec a écrit: | | Le Mépris de Delerue s'écoute aussi bien aussi. |
Hum... |
Oui ?
| Citation: | | On va partir en hors-sujet, c'est pour ça que j'avais indiqué le lien... |
Oui, je sais bien, mais je n'ai pas l'impression que le débat va prendre, alors un message isolé...
| Citation: | Oui je pense que tu as un élément de réponse concernant la béophilie. D'ailleurs dans la discussion avec Mathieu il disait qu'il avait du mal avec l'opéra, que ce soit Pelléas, Tristan... et disait que les BO c'était bien parce que ça changeait d'ambiance tout le temps. |
Il est exact qu'à intervalles aussi brefs, ça n'existe pas à l'opéra... Mais s'il n'y avait que ça, il pourrait écouter du lied... |
|  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44488 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 22:44 | |
| | DavidLeMarrec a écrit: | | Xavier a écrit: | | DavidLeMarrec a écrit: | | Le Mépris de Delerue s'écoute aussi bien aussi. |
Hum... |
Oui ?
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Rien je trouve ça d'un mauvais goût dégoulinant, mais c'est tout personnel. |
|  | | DavidLeMarrec Mélomane inépuisable

Nombre de messages: 36911 Localisation: tête de chiot Date d'inscription: 30/12/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 22:46 | |
| Oui, on part de plus en plus HS.  J'avais été très agréablement surpris ; peut-être une affaire de contraste... Mais j'avais trouvé ça bien fait. |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 23:10 | |
| Pour Xavier tout d'abord: je suis allé voir l'autre topic, et, franchement... non merci. Il y en a 6 pages, et le peu que j'ai lu ne m'incite pas à vouloir m'y glisser. C'est bizarre, mais voilà...  Pour David: c'est une question que je me suis déjà posée, et de fait j'ai la réponse, mais elle est prend plusieurs chemins. La fragmentation est effectivement une réponse. On dit par exemple souvent qu'Herrmann (et de fait beaucoup d'autres compositeurs du genre) s'exprime par petites cellules musicales, et à l'inverse, certaines oeuvres classiques m'ennuient parce que... ça se traine, ça ne se renouvelle pas, ce n'est pas assez inventif. Un compositeur de film va souvent aller droit au but, sur un générique de 2'30". Celui de NbNW, par exemple, est proprement hallucinant. Je me souviens par exemple qu'après l'avoir entendu maintes fois sur le film ou à la radio ou autres, je me suis enfin décidé à acquérir cette formidable "mélodie" sur disque, et... j'étais quasi consterné!!! Le fameux Grall ne durait vraiment que 2'19"!!! Le reste de l'oeuvre contient bien d'autres airs mémorables et quelques variations sur le thème d'ouverture (mais quasi pas) et donc, voilà: NbNW, c'est avant tout 2'19" de jouissance absolue!!! En musique concertante, une telle concision est inconcevable, en cinéma... c'est un impératif. Si l'on considre un "hit" assez proche (les 2 ont la même ammorce): JAWS de Williams: le Main Title? 1'06" !!! En bref, la musique de films à une rythmique, un langage musical qui lui est propre, lié au besoin de soutenir une narration, une illustration émotionnelle particulière. Le Cinéma a aussi contribué à créé un style musicale "tripant", musique à faire peur (Psycho, Alien, Planète des Singes, Poltergeist, Omen, Jaws...) ou à suspense dont, sauf erreur on ne trouve pas d'équivalent ailleurs (en tout cas pas une telle foison..) Cette musique a aussi son style orchestral propre, faisant appel à des présences d'instruments particulières, des cuivres, des violons, des percussions, mais aussi le celesta, le theremin et les ondes martenots, le vibraphone et le xylophone, et l'usage occasionnel de synthés, de guitares électriques... tous instruments peu ou pas présents en musique traditionnelle. Herrmann, encore lui, a souvent osé des compositions orchestrales inhabituelles: orchestres symphoniques sans cordes (ou uniquement de cordes, à l'inverse) ou présence démultipliée d'insrtruments précis (9 harpes dans "12 Mile Reef")... (Une remarque d'ailleurs: il a plusieurs fois composé pour orgues et orchestre. Hors, je n'ai jamais entendu les orgues et l'orchestre jouer ensemble en musique concertante. Mariage contre nature?) Surtout, le cinéma, en temps qu'art enregistré, permet la mise en valeur d'instruments par un simple placement de micro (dans "Jaws", un violoncelle -seul?- évoque le requin blanc, au sein d'un orchestre entier). En conclusion, la musique est une forme de nourriture artistique spécifique, et une fois qu'on y a pris goût... difficile de s'en passer. |
|  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44488 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 23:20 | |
| | JérômeParadoxePerdu a écrit: | Pour Xavier tout d'abord: je suis allé voir l'autre topic, et, franchement... non merci.
Il y en a 6 pages, et le peu que j'ai lu ne m'incite pas à vouloir m'y glisser.
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Dommage, je trouve ça intéressant. D'ailleurs tu dis ne pas vouloir participer à ce débat, mais tu es en train d'y apporter ta réponse. C'est pour ça que j'avais donné le lien, sinon on recommence la même discussion ici, et je vais répondre les mêmes arguments. J'aurais aimé savoir ce que tu avais à y répondre... |
|  | | JérômeParadoxePerdu Mélomane filmique

Nombre de messages: 1239 Age: 50 Localisation: Genève Date d'inscription: 23/07/2007
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 23:22 | |
| J'essayerai, mais pas ce soir: je tombe de fatigue... Bonne nuit!  |
|  | | natrav Papa pingouin

Nombre de messages: 33976 Date d'inscription: 08/12/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 23:25 | |
| | JérômeParadoxePerdu a écrit: | | ça se traine, ça ne se renouvelle pas, ce n'est pas assez inventif. |
Ca dépend vraiment, au XX°, rien que le Sacre ou la musique de Debussy, ça se renouvelle sans cesse.
| Citation: | | En musique concertante, une telle concision est inconcevable, en cinéma... c'est un impératif. |
On trouve, on trouve: Kurtag, Webern, D. Scarlatti, Scriabine, Berg.
| Citation: | | En bref, la musique de films à une rythmique, un langage musical qui lui est propre, lié au besoin de soutenir une narration, une illustration émotionnelle particulière. |
Tout à fait et c'est bien la là différence, cette caractérisation qui habite et colore très rapidement ces oeuvres.
| Citation: | | Le Cinéma a aussi contribué à créé un style musicale "tripant", musique à faire peur (Psycho, Alien, Planète des Singes, Poltergeist, Omen, Jaws...) ou à suspense dont, sauf erreur on ne trouve pas d'équivalent ailleurs (en tout cas pas une telle foison..) |
Oui, j'avais assisté à un concert de musique de film et l'effet de personnification de la musique, de son utilisation assujétie au drame en rend les climats très marqués et impressionnants. Williams et d'autres étaient joués par l'ONBA et en salle c'est assez fulgurant il faut dire.
| Citation: | | Cette musique a aussi son style orchestral propre, faisant appel à des présences d'instruments particulières, des cuivres, des violons, des percussions, mais aussi le celesta, le theremin et les ondes martenots, le vibraphone et le xylophone, et l'usage occasionnel de synthés, de guitares électriques... tous instruments peu ou pas présents en musique traditionnelle. |
Ce n'est plus vrai au XX° encore moins aujourd'hui où la musique "traditionnelle" on va encore plus loin que la BOF.
| Citation: | | (Une remarque d'ailleurs: il a plusieurs fois composé pour orgues et orchestre. Hors, je n'ai jamais entendu les orgues et l'orchestre jouer ensemble en musique concertante. Mariage contre nature?) |
Rolalaaaa, et la symphonie avec orgue de Saint Saens ? et cell(s) de Tournemire... Si, si ça s'est beaucoup fait. Après on peut trouver ça vraiment bruyant. 
| Citation: | Surtout, le cinéma, en temps qu'art enregistré, permet la mise en valeur d'instruments par un simple placement de micro (dans "Jaws", un violoncelle -seul?- évoque le requin blanc, au sein d'un orchestre entier).
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Et là je te suis, même les fameux violons de Psychose me terrifient. 
| Citation: | | En conclusion, la musique est une forme de nourriture artistique spécifique, et une fois qu'on y a pris goût... difficile de s'en passer. |
Et c'est un bonheur de te voir y prendre ce plaisir.  |
|  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44488 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 23:27 | |
| | JérômeParadoxePerdu a écrit: | La fragmentation est effectivement une réponse. On dit par exemple souvent qu'Herrmann (et de fait beaucoup d'autres compositeurs du genre) s'exprime par petites cellules musicales, et à l'inverse, certaines oeuvres classiques m'ennuient parce que... ça se traine, ça ne se renouvelle pas, ce n'est pas assez inventif. |
Faux, ça demande juste plus d'attention. C'est moins brillant, moins clinquant, on passe pas du coq à l'âne... ça oui.
| JérômeParadoxePerdu a écrit: | | Le Cinéma a aussi contribué à créé un style musicale "tripant", musique à faire peur (Psycho, Alien, Planète des Singes, Poltergeist, Omen, Jaws...) ou à suspense dont, sauf erreur on ne trouve pas d'équivalent ailleurs (en tout cas pas une telle foison..) |
Tu te trompes, les Herrmann, Williams, Goldsmith puisent leur inspiration chez les classiques; tu n'as plus qu'à y fouiller pour trouver ton bonheur... C'est souvent moins descriptif par contre c'est vrai, mais aussi moins superficiel. (je l'avais dit qu'on repartait sur l'autre débat, je vais devoir diviser et recoller maintenant...)
| JérômeParadoxePerdu a écrit: | | Cette musique a aussi son style orchestral propre, faisant appel à des présences d'instruments particulières, des cuivres, des violons, des percussions, mais aussi le celesta, le theremin et les ondes martenots, le vibraphone et le xylophone, et l'usage occasionnel de synthés, de guitares électriques... tous instruments peu ou pas présents en musique traditionnelle. |
Ces instruments n'ont pas été inventés pour la musique de film. Ecoute du Bartok, du Varèse, du Messiaen, du Adams... et tu trouveras ces instruments.
| JérômeParadoxePerdu a écrit: | Herrmann, encore lui, a souvent osé des compositions orchestrales inhabituelles: orchestres symphoniques sans cordes (ou uniquement de cordes, à l'inverse) ou présence démultipliée d'insrtruments précis (9 harpes dans "12 Mile Reef")... (Une remarque d'ailleurs: il a plusieurs fois composé pour orgues et orchestre. Hors, je n'ai jamais entendu les orgues et l'orchestre jouer ensemble en musique concertante. Mariage contre nature?)
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Tu es moins curieux de musique "classique" c'est tout. Cet alliage n'est pas absent du répertoire, écoute les concertos pour orgue de Poulenc, Escaich, Haendel... la Symphonie n°3 avec orgue de Saint-Saëns... et je dois en oublier plein. Pour les nomenclatures bizarres, on pourrait trouver plein d'exemple aussi: encore Varèse qui a composé beaucoup sans cordes et même parfois pour percussions seules (Intégrales, Ionisation, Déserts avec bande magnétique), Messiaen également, à l'inverse il y a beaucoup beaucoup d'oeuvres pour orchestre à cordes, tu ne les connais pas ça ne signifie pas qu'elles n'existent pas...
Dernière édition par le Ven 21 Déc - 0:00, édité 1 fois |
|  | | Xavier Père fondateur

Nombre de messages: 44488 Age: 28 Date d'inscription: 08/06/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Jeu 20 Déc - 23:29 | |
| | vartan a écrit: |
| Citation: | | Cette musique a aussi son style orchestral propre, faisant appel à des présences d'instruments particulières, des cuivres, des violons, des percussions, mais aussi le celesta, le theremin et les ondes martenots, le vibraphone et le xylophone, et l'usage occasionnel de synthés, de guitares électriques... tous instruments peu ou pas présents en musique traditionnelle. |
Ce n'est plus vrai au XX° encore moins aujourd'hui où la musique "traditionnelle" on va encore plus loin que la BOF.
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Très largement oui, et même d'un point de vue plus global, la musique de films reste à peu près toujours scotchée au même langage. Je ne trouve absolument pas la variété et la richesse en question. |
|  | | Capri c'est fini Mélomaniaque

Nombre de messages: 1239 Localisation: Derrière mon ordi imbécile Date d'inscription: 10/06/2005
 | Sujet: Re: La place de la musique de film (son indépendance ou non) Ven 21 Déc - 0:04 | |
| Je crois vraiment que tu ne connais pas assez la musique de film Xavier pour dire que la musique de film reste toujours scotchée au même langage. La musique de films a donné naissance à un langage particulier c'est vrai, celui qu'on trouve à Hollywood essentiellement chez des compositeurs parfois interchangeables il est vrai, surtout dans les parties destinées à ne souligner que de manière fonctionnelle les scènes. Cela me conduit à plusieurs remarques: 1°) Le style hollywoodien, c'est un style particulier qui hélas non n'a pas d'antécédent. Tout le monde s'inspire de tout le monde, les compositeurs de BOFS (pour la majeure partie dans la continuité des compositeurs purs, comme Debussy est dans la continuité de la musique de Bach) n'y échappent pas, ce n'est pas pour autant que toute la musique de film est déjà contenue dans les musiques savantes précédentes. Notamment parec que la musique de films actuelle s'inspire aussi beaucoup des musiques extra européennes, des musiques pop et des musiques électro, en mélangeant tous ces styles. Des expériences très bizarres ont d'abord été faites sur des films, car la prise de risque était possible à l'époque: l'image rassurait, justifiait une audace. Comme je le dis souvent, si des compositeurs de musique contemporaine avouent aujourd'hui clairement leur filiation avec des compositeurs de BOFs comme Williams (suffisamment vieux pour faire école) c'est qu'il y a une raison et qu'ils n'ont trouvé pas ailleurs ce qu'ils ont entendus avec eux. Même à Hollywood, les styles de BOF varient et je te rassure, on ne les trouve pas ailleurs. Entre le style épique à la Williams, le style electro-orchestral de Powell ou le style synthético-orchestral et pop de Zimmer, il y a un monde (et évidemment les deux dernier courants ne sont pas appréciés des classiques). E 2°) S'il y a bien un genre un seul qui n'a aucune barrière, c'est bien la musique de film. On y trouve de tous les styles, tous les mélanges. En classique, on ne peut pas le faire: les auditeurs ont des attentes, sont souvent cloisonnés. Si on mettait une boîte à rythme dans un orchestre live, ce serait un scandale. Dans la BOF, c'est une pratique courante. Aujourd'hui, entre Williams, Thomas Newman, Morricone, Goldenthal et Powell, c'est le jour et la nuit. On ne peut pas en dire autant des compositeurs de musique contemporaine d'aujourd'hui qui composent souvent une musique symphonique à l'orchestration et aux effets analogues (ça me frappe quand je vais au festival Présence: je trouve qu'il y a un manque de renouveau chez ces compositeurs un peu trop inspirés par l'écriture à la Dutilleux) En France, tu peux ne pas aimer Delerue. mais il y a Sarde, De Roubaix, Desplat, Amar, Coulais, etc... qui ont des styles radicalement mais alors radicalement différents, entre eux comme à chaque film. La BOF ce n'est pas que l'orchestre, c'est aussi du jazz, de la pop, de l'électro... La diversité est impressionnante quand on regarde la musique de films dans sa globalité. Nous allons fêter son centenaire l'année prochaine. En 100 ans, la musique de films a évolué, s'est diversifié comme rarement un genre l'a fait en si peu de temps. Elle est une gigantesque éponge, un gigantesque laboratoire de création et d'audaces, de sons nouveaux... Si le son se formate aujourd'hui, ce n'est pas parce que la BOF manque de créativité, c'est que la musique en soi en manque. |
|  | | | | La place de la musique de film (son indépendance ou non) | |
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