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 Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?

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Hermès
Mélomane du dimanche


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MessageSujet: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 20:37

Florent Schmitt : Un Berlioz du vingtième siècle encore à découvrir ?


Qui connaît encore aujourd’hui l’œuvre de Florent Schmitt ?

Ce compositeur largement méconnu, peu ou pas enregistré et qui pourtant de son vivant été considéré comme un des plus importants compositeurs du XX siècle au même niveau qu’un Maurice Ravel, Paul Dukas, Albert Roussel !….

Bien sûr nous entendons quelquefois encore dans les concerts et à la radio une de ses œuvres maîtresse : « la tragédie de Salomé ». Mais c’est l’arbre qui cache la forêt : la production de Florent Schmitt comprend pas moins que 138 opus et la majeure partie sa production n’est toujours pas enregistrée en ce début du XXI siècle !

Une rapide présentation pour le lecteur pressé :

Cofondateur en 1909 de la Société Musicale Indépendante avec Maurice Ravel, Gabriel Fauré, Emille Vuillermoz, Louis Aubert, Charles Koechlin, et Jean Huré; il fut le directeur du conservatoire de Lyon de 1921 à 1924; chroniqueur du journal « Le Temps » de 1929 à 1939; membre de l'Institut en 1936; Grand Prix musical de la Ville de Paris en 1957; et surtout compositeur célèbre avec son «Psaume»; honoré par Stravinsky et Diaghilev, avec son ballet « La tragédie de Salomé », Florent Schmitt n'a plus aujourd'hui la place qu'il mérite ni dans nos concerts ni dans les catalogues discographiques.

Sa musique vigoureuse, caractérisée par un dynamisme rythmique et une ligne mélodique sensuelle, possède un langage harmonique riche et suave.

Son inspiration peut être rageuse et humoriste; elle trouvera son expression aussi bien dans les formes classiques que dans de superbes envolées d'un romantisme rénové.

Personnalité assez rude, indépendante, ennemie des dogmes et des systèmes, avec une fécondité rare due à sa longue vie, il compose dans tous les domaines excepté l'opéra.

Florent Schmitt est aujourd'hui encore méconnu du grand public; sa grande indépendance et son faible attachement à la renommée et aux suiveurs de modes ne sont pas étrangers à ce fait.

II subit depuis trente ans le même purgatoire injuste que Arthur Honegger, André Jolivet…et tant d'autres musiciens français que essayons de faire (re)connaître avec notre association, trop près de nous pour être réhabilités, trop loin, ou ressentis comme académiques, pour être installés dans le sanctuaire des adeptes de la musique dite contemporaine.

La discographie «florentine» disponible aujourd'hui en disques compacts est quasiment inexistante; on ne peut donc s'attendre qu'à une redécouverte, à l'instar de Ralph Vaughan Williams en Angleterre, qui fut son exact contemporain.

On peut, sans conteste, affirmer aujourd'hui qu'avec Debussy, Ravel, et Roussel, il a marqué d'une pierre blanche l'histoire de la musique française de la première moitié du XX siècle.

Les principales étapes d'une longue vie créatrice:

Florent Schmitt est né d'une famille de mélomanes à Blâmont, en Lorraine, le 28

Septembre 1870; après des études au lycée, il se fixe à Nancy à 17 ans pour étudier le piano et l'harmonie, puis il entre au Conservatoire de Paris à 19 ans; il complète alors ses études musicales, notamment avec Massenet et Fauré.

Louable persévérance, il concourt cinq fois avant d'obtenir le Premier Grand Prix de Rome avec sa cantate «Sémiramis» en 1900.

A trente ans Florent Schmitt est l'auteur d'une vingtaine d'oeuvres, surtout des mélodies et des pièces pour piano à deux ou quatre mains.

Le séjour dans la ville éternelle de 1901 à 1904 sera l'occasion d'un travail fructueux, mais aussi, en transgressant quelque peu le règlement, l'occasion, pour une nature aussi indépendante, de nombreux voyages qui le conduiront dans plusieurs pays d'Europe et d'Afrique du Nord.

Prétextant que «tous les chemins mènent à Rome», il passera par l'Algérie, le Maroc, et la Turquie, avant de séjourner six mois en Allemagne ! [3]

II sera toute sa vie un grand voyageur.

Entre temps, il compose « Lucioles », œuvre d'un futur maître qui innove par son écriture pianistique et qui annonce déjà le piano ravélien, puis il termine les « Musiques Foraines » pour piano à quatre mains, musique pleine de verve, dans le sillage de Chabrier, une réussite.

Le piano de Schmitt sera toujours somptueux, précis, d'une conception quasi-orchestrale, dont il tirera un parti fulgurant. (l’enregistrement intégral de sa musique de piano occuperait aujourd’hui pas moins qu‘une dizaine de CD ! ) [voir ci-après « intégrale piano » ]

Trois chefs-d'œuvre avant 1908:


Son catalogue s'enrichit : il met au point un chant élégiaque pour violoncelle et piano qu'il orchestrera plus tard. Il compose des valses intitulées « Reflets d'Allemagne », un poème symphonique, « Le Palais Hanté », d'après Edgard Poe, et surtout son « Quintette en si mineur » pour piano et cordes, chef-d'œuvre du genre, où il donne déjà la mesure de son attrait pour les vastes développements rigoureux, dans la complexité d'une écriture contrapunctique serrée; le mouvement lent dégage une émotion rare, toute empreinte de son maître Gabriel Fauré.

En 1904, il écrit d'un trait son prodigieux Psaume XLVII.

Composition gigantesque, mais sans longueurs, et qui laisse une impression de plénitude avec son épisode central très expressif, long chant d'adoration passionnée. Cette oeuvre monumentale renouvelle les données même du style de la musique religieuse par son dynamisme, ses accents de violence et d'âpreté, l'audace de ses contrastes et de sa couleur instrumentale, d'un rythme entraînant et irrésistible. Lili Boulanger et Albert Roussel nous donneront par la suite d'aussi fortes contributions à la musique sacrée. « Un cratère de l’histoire de la musique s’est ouvert » !

En Septembre 1905 il se marie; un fils lui est né l'année suivante :Jean surnommé par son père « raton » (j’ai échangé du courrier avec lui au début des années 80, il regrettait que les mélodies de son père soient restées méconnues) son petit-fils Paul (qui nous a quitté récemment et que j’ai bien connu, par contre) aimait raconter que son grand père était très matinal et qu’à 6h du matin il réveillait toute la maison : il n’admettait pas que sa famille dorme pendant qu’il travaillait ! ),

Florent Schmitt passera toujours ses vacances dans la solitude pyrénéenne d'Artiguémy. A l'automne il rentre à Saint-Cloud, où sa maison de la rue du Calvaire et son jardin sont, au printemps, si accueillants pour ses amis.

En 1907, la Tragédie de Salomé, ballet commandé par Robert d'Humières pour le théâtre des Arts à Paris, est jouée sous la direction du jeune D.E. Inghelbrecht, puis montée par les ballets russes de Serge de Diaghilev en 1912.

Un chef-d'oeuvre absolu va naître, que l'on peut comparer sans hésiter aux autres grandes partitions écrites en France à cette époque (L'oiseau de Feu, Daphnis et Chloé, La Péri, Bacchus et Ariane...).

Cette musique, d'où émanent à la fois la volupté, les rythmes fulgurants, les enchantements, le sang, et la mort, connaît encore aujourd'hui les faveurs des concerts et de l'enregistrement discographique. La couleur de l'orchestre et sa rythmique sont à la fois sombres, farouches, éclatantes, et somptueuses. Partition exceptionnelle, que nous ne connaissons surtout dans la suite symphonique tirée pour le concert, et qui atteint les plus hautes cimes de l'art.

Florent Schmitt innove, avec la Danse de l'Effroi et son rythme haché, qui conclut la partition, et qui annonce déjà les prémisses de ce que sera le grand émoi du 29 Mai 1913 au Théâtre des Champs-Elysées : « Le Sacre du Printemps ».

Stravinsky, reconnaissant, lui écrira d’ailleurs en Février 1912 que l'audition de Salomé lui procurait : « la plus grande émotion qu'une œuvre d'art puisse lui donner ! »

Schmitt s'est fait une réputation de « Sanglier des Ardennes » et il l'entretient soigneusement; il assiste en 1913 à la première audition du Sacre du Printemps de Stravinsky et il est suffoqué par cette musique, que sa Tragédie de Salomé annonçait en substance. Il en devient un des premiers défenseurs.

C’est lui qui allait crier du balcon à la première « Taisez vous les grues du XVI ième ! »

Je conserve pieusement un enregistrement d’un interview de Schmitt avec Bernard Gavoty réalisé pour les jeunesses musicales à la fin de sa vie ou il raconte cette soirée mémorable.

De cette époque datent encore les « Dionysiaques », poème symphonique pour un orchestre militaire débordant de timbres purs, qui trouvera peu d'équivalents dans le répertoire des musiques d'harmonie.

Prémonition ?, la guerre éclate, il est mobilisé à Tours.

Il continue toutefois de composer et apporte sa contribution avec un « Chant de guerre » en 1915, d'un souffle patriotique ardent.

A la fin de la guerre, il écrit « Ombres » pour piano, un des sommets de la littérature pianistique de cette époque. La première pièce intitulée : «J'entends dans le lointain...» est écrite sur trois portées; elle est inspirée par un passage des Chants de Maldoror : « J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poignante...» . D'une grande difficulté d'interprétation, cette page est une des plus hardies que le compositeur ait confiée au piano. Elle attend encore une redécouverte.

Cléopâtre, Salammbô, Oriane [3] [4] [5] [8]

En 1919, Florent Schmitt met le point final à sa «Sonate libre en deux parties enchaînées» pour piano et violon puis il compose l'année suivante une musique de scène pour une nouvelle traduction par André Gide du drame de Shakespeare : « Antoine et Cléopâtre ».

Et encore une fois, dans les quelques quarante minutes de musique qu'il nous offre, nous retrouvons l'Orient avec sa brutalité, ses mélopées sinueuses et obsédantes.

L'épisode intitulé « Nuit au Palais de la Reine » a peu d'équivalents dans l'histoire de la musique pour évoquer les mystères, l'inquiétude, la volupté puis l'apaisement, par la seule magie du langage des sons.

Il y a eu « Sémiramis », puis « Salomé »; il y a maintenant « Cléopâtre », et bientôt « Salammbô », suivies de « Oriane » et de « Abisag ».

C'est toujours la débauche d'or et de pourpre, le scintillement des pierreries, les cris de détresse au milieu du tumulte orchestral.

En 1924, un autre chef-d'œuvre du maître est dansé à l'Opéra Comique de Paris : « Une semaine du Petit Elfe Ferme-l'Œil » d'après Andersen, issu d'un recueil pour piano daté de 1912; l'orchestration est délicate et comme saupoudrée de paillettes d'argent. Cette évocation du monde de l'enfance, qui fut également chère à une pléiade de compositeurs, est toute en clarté, humour et délicatesse; son intérêt musical est comparable à celui de Ma Mère l'Oye de Ravel. Il faut regretter qu'aucun enregistrement de la version orchestrale de ce joyau de notre patrimoine musical n'ait été réalisé à ce jour.

En 1925, c'est la musique du film « Salammbô » . Schmitt en tirera trois suites d’orchestre pour le concert. La dernière suite pour chœur et orchestre atteint une force inouïe. Malgré une interprétation peu expansive et timide cette œuvre qui a été enregistrée en 1993 a reçue les honneurs de la critique musicale.

En 1943 il écrira une autre musique pour un film documentaire : « Essais de Locomotives », partition restée inédite à ce jour et jouée à Saint-Cloud lors de l'hommage rendu au musicien en 1986 par le festival de Ville d'Avray.

A SUIVRE......
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Hermès
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 22:06

Impossible de mettre la suite et fin sur Florent Schmitt.
Le serveur refuse : "message trop long"

J'ai du faire une suite avec un autre "post"

désolé...

Sad

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En 1928, le grand chef américain Serge Koussevitzky commande à plusieurs compositeurs une oeuvre symphonique (Honegger. Stravinsky, Prokofiev, Hindemith répondront à cette sollicitation).

Schmitt compose une Symphonie concertante pour piano et orchestre qu'il ira lui-même jouer en 1932 aux Etats-Unis. Œuvre complexe, qui a soulevé à l'époque de nombreuses polémiques. « Symphonie déconcertante » pour les critiques! . Mais c'est aussi une de ses œuvres les plus captivantes avec un mouvement lent d’une beauté rarement atteinte dans la littérature musicale des années trente. Un jeune musicologue a qui j’ai fait découvrir un jour cette œuvre était enthousiaste, pour lui elle annonçait les œuvres capitales de Messiaen !. C’est certainement la composition la plus novatrice de Florent Schmitt. Un petit ouragan se déchaîna lors de la création parisienne en 1937.

Un parapluie fut brandit dans le tumulte, ce qui fera dire à Schmitt : «C'est bien dommage que personne n'ait été tué : quelle publicité pour ma Symphonie !»

En 1929 Florent Schmitt devient critique musical dans le journal Le Temps; il combat pour la musique contemporaine, il défend les jeunes en toutes occasions; sa plume est acerbe, ses boutades légendaires et redoutées.

« Encore une fois pour ceux d’en bas qui n’ont rien compris ! » crie –t-il à la première houleuse de la rapsodie espagnole de Ravel !
Ou encore : Assis près de notre cher Darius Milhaud à la première de « Maximilien » à l’opéra de Paris :

« Vous restez ?, moi je quitte la salle ! »

A quoi Milhaud répondit, avec beaucoup d’humour : « je suis bien obligé de rester mon cher ! »
Les deux musiciens entretenaient entre eux des rapports ambigus, voici un extrait d’une lettre de Darius Milhaud datée de 1938 caractéristique à cet égard : [10]

«… C'est tout de suite après la guerre chez les Godebski, qui recevaient avec tant de simplicité tous les dimanches soirs dans leur appartement de la rue d'Athènes, que je rencontrais Florent Schmitt et Erik Satie. La musique de Schmitt et la mienne n'ont pas toujours fait bon ménage. Nous nous sommes réciproquement maltraités dans nos articles de critique, mais ce que j'aime dans le caractère de Schmitt, c'est que cela n'a jamais nui à nos excellents rapports qui ont toujours été extrêmement cordiaux. Il est très rare que, malgré une franchise assez crue, on puisse avoir des relations fort agréables, lors des nombreuses rencontres auxquelles on est exposé dans la vie musicale. J'ai toujours eu un vif plaisir à voir Schmitt. Ses boutades m'enchantent et j'apprécie énormément d'avoir toujours pu le voir, sans aucune gêne, même après des articles que j'ai écrits et qui auraient très bien pu l'inciter à me tourner le dos. C'est ce qui me permet de parler de lui très librement. Les divergences d'esthétique ne devraient pas nuire aux plaisirs de la conversation, des discussions même, et surtout à l'admiration que l'on peut porter pour quelqu'un dont on s'est senti malgré tout assez éloigné pendant longtemps. Je dis pendant longtemps parce que je suis très sensible à l'évolution récente des œuvres de Schmitt. J'aime énormément sa Suite en rocaille et surtout son Oriane, d'inspiration plus légère, plus méditerranéenne, qui contient des pages splendides et d'un lyrisme extrêmement pur… ».


En effet, l'année 1932 fut en grande partie occupée par la composition d'un grand ouvrage lyrique et chorégraphique : « Oriane et le Prince d'Amour ».

L'Opéra inscrivit ce nouveau ballet chanté à son répertoire en 1938.

Ce sont Serge Lifar et Charles Münch qui assurèrent le succès de cette magnifique partition (toujours non enregistrée dans sa version intégrale —la seule valable — en 2002 !


Arthur Honegger est aussi un admirateur de Schmitt, il écrira : « il semble que Schmitt, plus que jamais, est en possession d'une parfaite maîtrise orchestrale; jamais il n'a atteint une telle nouveauté, une telle richesse de combinaisons sonores; il circule dans cette partition une vie rythmique étonnante faite de contrastes saisissants d'une rudesse très personnelle et d'une suavité musicale d'une grande préciosité...»


En Septembre 1934, il se rend à Moscou, où il dirigera la Tragédie de Salomé.

1935 c'est l'année de la composition de : « In Memoriam » pour orchestre; cet hommage à Gabriel Fauré est une véritable cathédrale dédiée à son vénéré maître. Rarement une musique atteindra cette haute élévation de pensée, une émotion aussi grave et retenue. Cette année-là Schmitt compose encore la « Suite en Rocaille » pour flûte, violon, violoncelle, alto, et harpe, puis la Sonatine pour clavecin, flûte, et clarinette; deux joyaux dont il dira modestement : «Je vaque, faute de mieux, aux pipeaux; ce sera toujours ça!... »

L'élévation vers la musique pure : [1] [3]

En 1936, Florent Schmitt est élu membre de l'Institut, où il remplace Paul Dukas. Il continue à voyager à Venise, Rabat, Fez, Monte-Carlo.


Le goût du calembour se retrouve dans son opus 89 daté de 1937, « La suite sans esprit de suite » en cinq parties : Majeza, Charmilles, Pécorée de Calabre. Thrène, Bronx. Le titre est justifié en apparence par la diversité des morceaux, mais, comme l'écrit Yves Hucher, «en dépit de son titre — première supercherie de Florent Schmitt qui nous en réserve bien d'autres — cette oeuvre a son unité : celle de son esprit, tout d'abord; celle que lui confère ensuite le caractère de danse de chacun des mouvements qui la composent : danse-ouverture de la première, sicilienne ou barcarolle de la seconde, boléro ou polonaise de la suivante, mouvement de sarabande du Thrène, allusions au jazz avouées dans Bronx...» [6]

Les années passent. Pendant les heures sombres de l'occupation, la vie musicale parisienne continue. La musique de chambre l'attirera de plus en plus.

Signe des temps ? sa musique devient plus austère, plus grave, une ironie désabusée pointe dans les titres de ses productions :

A tour d'anches (pour bois et piano).

Clavecin obtempérant, (Allusion au Clavecin bien tempéré de J.S. Bach).

Chants Alizés (pour vents),

A tour d’anches ( pour piano, hautbois, clarinette et basson)

Quatuor pour presque tous les temps ( Allusion au "Quatuor pour la fin du temps» d'Olivier Messiaen).


En 1946, c'est la première audition du trio à cordes, d'une extraordinaire difficulté d'interprétation et d'une grande densité : l'oeuvre attend encore sa résurrection.

Un enregistrement réalisé par Cybélia (au début des années 1980 en LP 33 T non réédité) aurait demandé un an de travail aux interprètes pour le mettre au point !

Schmitt est maintenant septuagénaire; il écrit à cette époque : «Je vais me dépêcher de copier mon trio pour avoir la joie de l'entendre avant que je disparaisse de la circulation »…

Deux années plus tard, c'est l'admirable « quatuor à cordes » où l'auteur continue son ascension vers l'idée de musique pure.

Dans son guide de la musique de chambre, François-René Tranchefort note [1] : «C'est une partition de vastes proportions (...) un long et continu frémissement de musique dont l'écriture maîtrisée, d'une souveraine aisance dans la répartition des cordes, a soulevé l'enthousiasme à son apparition; sans qu'on puisse prétendre, aujourd'hui, qu'une telle œuvre ait encore connu son heure de gloire. On doit s'en étonner (...) et exiger des interprètes qu'ils s'y intéressent.»

En 1949 il voyage au Brésil. Il y rencontre son ami Heitor Villa-Lobos.

L'auteur des « Chôros » a composé à cette occasion un Hymne en son honneur qu'il fera jouer à sa descente du train.

A quatre-vingts ans, Florent Schmitt a conservé toute sa verve; une photographie le montre à bicyclette; il visite la maison de Grieg en Scandinavie, il est célèbre dans le monde entier.

La ville de Saint-Cloud, la presse et la radio lui rendent hommage. G. Charbonnier et B.

Gavoty réalisent des interviews pour la radio que je conserve précieusement; son Psaume est enregistré en microsillon sous sa supervision par G.Tzipine. Il vient d’être réédité en CD.

Son activité créatrice ne faiblit pas : voici « Introït, récit et congé » pour violoncelle et orchestre, qu'André Navarra fait acclamer chez Colonne, puis une admirable floraison d'un musicien qui semble retrouver la jeunesse pour chaque création de son esprit : quatuor de flûtes, quatuor de saxophones, sextuor de clarinettes, quatuor pour trombones et tuba.

Maurice André donne à la radio en 1956 la « Suite pour trompette et orchestre », d'une grande difficulté d'exécution, ce qui explique aujourd'hui le silence des interprètes.

Sauf peut être Eric Aubier qui a interprété cette œuvre dans un enregistrement fort recommandable.

Une symphonie pour son chant d'adieu à la vie


1958. Le dimanche 15 Juin, au Palais des Fêtes de Strasbourg, Charles Münch dirige sa « deuxième Symphonie », la dernière oeuvre qui précédera la composition d'une ultime Messe avant la disparition du maître le 17 Août de la même année.


Dans la salle, il est entouré de ses amis et admirateurs; il est malade; il demande à René Dumesnil (médecin et critique musical) :

"Alors, est-ce que ce n'est pas trop une musique de moribond ? - En combien de jours meurt-on de ce que j'ai ? »
L'andante de la Symphonie est un admirable chant d'adieu à la vie. A 88 ans, Florent Schmitt nous offre encore un dernier joyau. Le succès est immense. La salle tout entière debout l'acclame. Je conserve pieusement l’enregistrement de cette première audition

René Dumesnil écrira le lendemain : «Il est là tout entier avec sa sensibilité enveloppée de pudeur, avec cette tendresse qui lui dictait, il y a un demi-siècle le solo de la soprano du Psaume».

Robert Bernard concluait ainsi son histoire de la musique consacrée à notre musicien :

« Puissance et légèreté, laconisme et ampleur, pondération classique et hardiesse du vocabulaire, émotion et esprit, alternance et vivacité de violence et de calme méditatif, cette symphonie est l'harmonieux aboutissement d'une longue évolution (...) qui, au seuil de la tombe, atteint à un olympien et vigoureux équilibre, à un équilibre qui est un
symbole de vie et de perpétuelle jeunesse». [7]


Florent Schmitt aujourd'hui et demain


Pendant longtemps les organisateurs de concerts ont occulté cette musique.

En cette période de foisonnement et de luxuriance de disques lasers rares, on peut considérer aujourd'hui comme encore anormale la pauvreté du choix des enregistrements disponibles consacrés à Florent Schmitt en 2004.

Des pages d'une grande valeur méritent de susciter la curiosité des directeurs artistiques, aussi bien pour les cantates, les œuvres chorales, la musique symphonique, les ballets, la musique de chambre, les mélodies et le piano.

Quelques tentatives en disques compacts ne représentent que des oeuvres secondaires. Une trentaine de disques devraient être gravés.

Des rééditions s'imposent…

L’INA possède les enregistrements de la plupart des œuvres de Florent Schmitt.

Alain Pâris a réalisé en 1981 une série de huit émissions sur France-Culture consacrées à notre musicien,

Pour obtenir à l’époque que Florent Schmitt soit joué sur France Musique j’ai dû faire expédier à la direction de la radio une pétition nationale signée de près de soixante dix nom prestigieux de l’époque : Messiaen, Sauguet, Dutilleux, Auric, Ohana, Daniel-Lesur, Henri Barraud, etc…(je conserve encore toutes les réponses, seul Pierre Boulez et Marcel Landowski n’avaient pas voulus répondre ! – Landowski rétorquant qu’il ne signerait pas une lettre dont il n’était pas l’auteur ! )

Alain Pâris avait été chargé ( par G.Erisman à la direction de France Culture pour les programmes musicaux) de réaliser 10 émissions en 1981…France Musique ( déjà à l’époque – dirigé par R.Koering – ne prenait pas part aux festivités !

Mais il faut aussi saluer : Henry Barraud, Jacques Bourgeois, Pierrette Germain, Arthur Hoérée, Yves Hucher, Michèle Lejeune, Jean Roy, etc..., qui ont aussi rendus de nombreux hommages au compositeur. Je conserve les enregistrements sonores des oeuvres essentielles de Florent Schmitt non disponibles dans le commerce et repiquées à la radio depuis 1970 !

Bibliographie

Ce post a pour point de départ les ouvrages suivants :

[1] • Guides de la Musique (symphonique, de chambre, chorale) édités chez Fayard et réalisés sous la direction de François-René Tranchefort, 1987 à 1989.
[2] • P.O. Ferroud, Autour de Florent Schmitt, Paris A. Durand, 1927.
[3] • René Dumesnil, Histoire de la Musique (tome 4), A. Colin, 1958.
(4) • Yves Hucher, Florent Schmitt, Edition «Le bon plaisir», Paris, Pion, 1953
(réédité dans la collection : «Les introuvables»).
5 • Madeleine Marceron, Florent Schmitt, Ventadour, 1959.
[6] • Yves Hucher, L'œuure de Florent Schmitt, Catalogue Durand, 1959.

[7] • Robert Bernard, Histoire de la Musique, Fernand Nathan, 1971.
[8] • Catherine Lorent, L'inspiration orientale dans l'oeuvre de Florent Schmitt, thèse de Doctorat .

[9] • Enregistrements d'émissions de Radio-France réalisés dans les années 50, 60, 70, 80 (INA).

[10] « Portraits de Darius Milhaud » Bibliothèque Nationale de France – direction M.Chimènes et C.Massip - 1998

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Pour la discographie, il faudra me la demander.... compress
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Xavier
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 22:20

Bah coupe-le en deux je sais pas.

On ne va pas faire un sujet par message...
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Coelacanthe
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 22:37

Merci Hermès pour ce sujet sur Florent Schmitt.
Je dois être franc avec toi, mes connaissances se limitent à un cd d'oeuvres pour vents (Lied et Scherzo Op54; Suite en Rocaille Op84, à tour d'anches op 97, Chants Alizés op 125), un sextuor pour clarinettes (bizzarerie je trouve) et Dyonisaque pour un ensemble de cuivres.
Je ne peu en dire grand chose, si ce n'est que j'avais trouvé que sa musique, tout en étant très française, me semblait aussi inspirée de musique germanique. Sans doute est-ce dut à sa manière d'écrire le contrepoint, et à l'importance qu'il semble y accorder. Mais il y a un petit quelque chose dans les harmonies, je ne saurais pas dire quoi Embarassed

PS : Tu devrais importer l'autre message ici, ce serait un peu plus clair. Il y a plusieurs topics qui ont été fait ainsi. Par exemple celui de Tõru Takemitsu ou d'Anton Webern Wink
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 22:43

Merci Claude. Nous allons étudier tout ça.

Je vois que tu as réussi à tout coller dans le même fil, bravo. Cool
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Hermès
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 22:44

Je n'arrive pas à mettre les deux parties de mon post sur le même.
Le serveur refuse : "message trop long"...

A +
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Xavier
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 22:46

Hermès a écrit:
Pour la discographie, il faudra me la demander.... compress

Non pas la liste, pitié...

Donne plutôt des pistes, quelques premières choses indispensables.

Personnellement j'aime beaucoup le disque Martinon avec le Psaume et la Tragédie de Salomé.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 22:47

Coelacanthe le feu-follet a écrit:

Je ne peu en dire grand chose, si ce n'est que j'avais trouvé que sa musique, tout en étant très française, me semblait aussi inspirée de musique germanique. Sans doute est-ce dut à sa manière d'écrire le contrepoint, et à l'importance qu'il semble y accorder. Mais il y a un petit quelque chose dans les harmonies, je ne saurais pas dire quoi Embarassed

C'est tout à fait ça, je trouve qu'on est exactement à mi-chemin entre musique française et musique germanique.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 22:52

Hermès a écrit:
Je n'arrive pas à mettre les deux parties de mon post sur le même.
Le serveur refuse : "message trop long"...

A +
Si, si, ça a marché. Regarde plus haut. Cool
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Hermès
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 16 Sep 2006 - 23:17

Oui il y a un côté germanique chez F.Schmitt. L'influence de Richard Strauss et de ses poèmes symphoniques. Mais aussi et Debussy.

Les grandes oeuvres à écouter, j'ai déjà donné des pistes :

Le Psaume et la Tragédie de Salomé
EMI Martinon - ORTF - 1972 LP - 1987 CD
Ou
ERATO-MUSIFRANCE - Radio France - M.Janowski - 1990

Le quintette pour piano et cordes op 51.
ACCORD Quatuor de Bernes. Il existe une version plus récente aussi que j'ai vu passer.

Après cela peu de choses enregistrées et disponibles aujourd'hui :

Un CD récent pour les amateurs de piano:

Crépuscules, Ombres, et autres pièces
www.saphirproduction.net
Laurent Wagschal
Les Ombres sont certainement une des pièces majeures de la musique de piano (française) du XX siècle.
A comparer à Gaspard de la Nuit de Ravel !

le CD NAXOS, si il est encore disponible:
Symphonie N° 2 (écouter surtout le mouvement lent) et autres pièces
Orch Rhénanie-Palatinat, L.Segerstam

Symphonie concertante (écouter surtout le mouvement lent)
Rêves
Soirs
VALOIS - AUVIDIS - Orch Monte Carlo. David Robertson - 1993

La musique du film "Salammbô"
ADES - Orch National d'ïle de France, Jacques Mercier.
1992

Pour commencer, c'est tout ce que je préconise.

Puis pour le passionné :

Suite en trois parties pour trompette et orch (CD avec E.Aubier)

dionysiaque (CD CALLIOPE) avec Berlioz et Koechlin

oeuvres pour choeurs de femmes (CD CALLIOPE)

Etude pour le palais hanté (EMI - G. Prêtre avec Debussy "la chute de la maison Usher" et Caplet "le conte fantastique")

Musique de chambre
(lied et scherzo, suite en rocaille, à tour d'anches, chants alizés)
CD PRAGA Digitals - harmonia mundi - Prague wind quintet. 2000

Les 4 CD Cybelia ne sont plus disponibles:
andante religioso
Antoine et Cléopatre
danse d'abisag
fonctionnaire 1912
In Mémoriam
Oriane et le prince d'amour - suite d'orchestre.
ronde burlesque
suite sans esprit de suite
légende pour alto et orch
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Ouf1er
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Ven 6 Oct 2006 - 20:48

Hermès a écrit:
Oui il y a un côté germanique chez F.Schmitt. L'influence de Richard Strauss et de ses poèmes symphoniques. Mais aussi et Debussy.

Les grandes oeuvres à écouter, j'ai déjà donné des pistes :

Le Psaume et la Tragédie de Salomé
EMI Martinon - ORTF - 1972 LP - 1987 CD
Ou
ERATO-MUSIFRANCE - Radio France - M.Janowski - 1990

Le quintette pour piano et cordes op 51.
ACCORD Quatuor de Bernes. Il existe une version plus récente aussi que j'ai vu passer.

Après cela peu de choses enregistrées et disponibles aujourd'hui :

Un CD récent pour les amateurs de piano:

Crépuscules, Ombres, et autres pièces
www.saphirproduction.net
Laurent Wagschal
Les Ombres sont certainement une des pièces majeures de la musique de piano (française) du XX siècle.
A comparer à Gaspard de la Nuit de Ravel !

le CD NAXOS, si il est encore disponible:
Symphonie N° 2 (écouter surtout le mouvement lent) et autres pièces
Orch Rhénanie-Palatinat, L.Segerstam

Symphonie concertante (écouter surtout le mouvement lent)
Rêves
Soirs
VALOIS - AUVIDIS - Orch Monte Carlo. David Robertson - 1993

La musique du film "Salammbô"
ADES - Orch National d'ïle de France, Jacques Mercier.
1992

Pour commencer, c'est tout ce que je préconise.

Puis pour le passionné :

Suite en trois parties pour trompette et orch (CD avec E.Aubier)

dionysiaque (CD CALLIOPE) avec Berlioz et Koechlin

oeuvres pour choeurs de femmes (CD CALLIOPE)

Etude pour le palais hanté (EMI - G. Prêtre avec Debussy "la chute de la maison Usher" et Caplet "le conte fantastique")

Musique de chambre
(lied et scherzo, suite en rocaille, à tour d'anches, chants alizés)
CD PRAGA Digitals - harmonia mundi - Prague wind quintet. 2000

Les 4 CD Cybelia ne sont plus disponibles:
andante religioso
Antoine et Cléopatre
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Oriane et le prince d'amour - suite d'orchestre.
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(Pollution sans intérêt)


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Xavier
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Ven 6 Oct 2006 - 20:50

Ouf1er a écrit:

Naxos a aussi édité la version originale du ballet complet de La Tragédie de Salomé (dirigée par Patrick Davin), bien plus longue que la suite d'orchestre plus connue. Je ne sais si elle est encore disponible.

Je n'ai pas un très bon souvenir de ce disque, tout d'abord le ballet en entier m'avait semblé un peu longuet, et surtout l'orchestration originale pour petit orchestre sonne vraiment cheap.
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Hermès
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 7 Oct 2006 - 6:49

Xavier a écrit:
Ouf1er a écrit:

Naxos a aussi édité la version originale du ballet complet de La Tragédie de Salomé (dirigée par Patrick Davin), bien plus longue que la suite d'orchestre plus connue. Je ne sais si elle est encore disponible.

Je n'ai pas un très bon souvenir de ce disque, tout d'abord le ballet en entier m'avait semblé un peu longuet, et surtout l'orchestration originale pour petit orchestre sonne vraiment cheap.

Oui, cette partition a été retrouvé (dans la bibiothèque de l'opéra) par une musicologue aujourd'hui professeur de musique à Toulouse : Catherine Lorent.
Florent Schmitt avait réorchestré pour les ballets de Diagilev entièrement la partition intégrale pour grand orchestre. Cette version a été donnée il y a peu de temps à paris et diffusée semble-t-il par Radio France. Mais ce jour là j'étais absent et je n'ai pas pu entendre ni le concert, ni la radio.
Un camarade (le fils d'Eugène Bigot le chef d'orchestre de la radio des années 40-60) qui a pu l'entendre au concert, m'a indiqué qu'après cette version, on ne pouvait plus entendre les autres versions...
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 24 Fév 2007 - 3:22

.


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Ouf1er
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 21 Avr 2007 - 12:04

(Pollution sans intérêt)


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Bertrand67
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mar 12 Fév 2008 - 12:24

La version du psaume 47 par Janowski est pas mal d'apres ce que je lis ? je peux y aller sans trop prendre de risques ?

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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mar 12 Fév 2008 - 13:42

Oui, très bon disque, pour les deux oeuvres.
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mar 12 Fév 2008 - 13:43

Ah chouette comme j'essaie de decouvrir tout azimut, j'en ai assez d'ecouter tout le temps la meme chose.
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mar 12 Fév 2008 - 14:50

Chez Schmitt je connais uniquement la légende pour saxophone, et le quatuor de saxophones.
Deux oeuvres majeures du répertoire pour sax sunny
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ashro
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MessageSujet: Florent SCHMITT   Sam 12 Avr 2008 - 23:47

L'étude pour le Palais Hanté est littéralement fantastique.
Un énorme talent que celui de Florent Schmitt.
Merci pour le sujet !
++
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Dim 13 Avr 2008 - 9:31

Bienvenue Ashro ! coucou
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Stanlea
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Dim 13 Avr 2008 - 10:18

Et ton nom, c'est Tempel ?
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MessageSujet: La Tragédie de Salomé par les ballet Russes : Merveilleux !   Mer 10 Déc 2008 - 18:10

Je connaissais la musique de Schmitt et je craignais d'en voir le ballet à l'Opéra de Kiev,et en fait c'était un spectacle incroyable. L'orchestre symphonique de Kiev au grand complet débordait de la fosse... Et les danseurs du Bolchoi de Moscou étaient en totale lévitation. En fait les Russes ont repris sans arrêt ce spectacle depuis le passage de Schmitt à Moscou en 1935 où il avait impressionné les spectateurs dont Staline et les membres du Conservatoire de Moscou. Et voilà ce ballet survivre intact 73 ans plus tard et attirer une foule immense à Kiev, alors qu'à Paris, Schmitt reste un inconnu.
Voilà c'est simplement pour témoigner sur ce ballet. J'ai hérité de mon grand père, une curiosité pour la musique flamboyante et lyrique qu'il faut absolument faire revivre...
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 13 Déc 2008 - 12:16

comme Xavier, j'ai le disque de Martinon, une exécution à couper le souffle, quelle musique ! En revanche, je ne connais pas les symphonies, je vais regarder ça de plus près (et les écouter aussi). Mr. Green
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 13 Déc 2008 - 13:02

la 1ère est la symphonie concertante avec piano (symphonie dé-concertante disaient les critiques de l'époque). La 2ème date de 1957, Schmitt avait 83 ans je crois Je doute que tu les trouves facilement.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 13 Déc 2008 - 13:09

La 2è se trouve chez Naxos.
La concertante se trouve assez facilement aussi je crois.
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christophe21
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Sam 13 Déc 2008 - 13:16

merci pour les infos, je fouille pas mal chez Naxos en ce moment, et j'écoute aussi plein de choses sur leur site, vu que je me suis abonné.
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FLORENT SCHMITT
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mer 7 Jan 2009 - 18:53

L'Orchestre d'harmonie de la région centre, direction Ph Ferro
vient d'enregistrer quelques inédits de Florent SCHMITT
vous trouverez sur le web les moyens d'acquerrir ce CD (D)étonnant !


Dionysiaque
Fanfare du camp de Pompée (antoine et cléopâtre)
Lied et Scherzo pour dixtuor à vent et cor principal
Marche du 163 régiment d'infanterie op 48 N° 2
Sélamlik, divertissement op 48 N° 1
Hymne funèbre pour ténor, chœur et orchestre d'harmonie op 46 N° 2

A signaler aussi chez TIMPANI 2 CD pour le 50 ième anniversaire de sa disparition :

Antoine et Cleopâtre
Mirages
Quintette
Hasars


Indispensables


Claude
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mer 7 Jan 2009 - 19:47

merci pour les infos. Même après 50 ans, il reste un compositeur peu connu du grand public, pourtant de belles œuvres à son actif.
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mer 7 Jan 2009 - 19:58

oui méconnu, faisons-lui sa fête!

«Nous avons assez de mauvais musiciens en France sans qu'on nous envoie tous les juifs d'Allemagne.» Florent Schmitt 1934

Le Groupe Collaboration prolonge le Comité France–Allemagne (1935-1939). Créé officieusement à l'automne 1940 par l'écrivain Alphonse de Châteaubriant, il est autorisé en février 1941 par les autorités d'occupation. Il est fortement soutenu par l'ambassadeur Otto Abetz.

Collaboration regroupe des intellectuels et des bourgeois cultivés, conservateurs, aux fortes tendances antidémocratiques. Il se réclame de Pétain et de la révolution nationale. Il milite pour une Europe unifiée sous direction allemande.

Collaboration essaime des groupes locaux en zone nord et en zone sud (33 comités en zone sud). Il organise de nombreuses conférences à thèmes (économique, social, scientifique, artistique, littéraire, jeunes) en vue de favoriser la collaboration avec l'Allemagne nazie dans tous les domaines.

Section artistique subdivisée en trois : art dramatique, dirigée par l'auteur dramatique Jean Sarment ; musique, dirigée par Max d'Olonne, directeur de l'Opéra-comique, et avec comme présidents d'honneur les compositeurs Florent Schmitt et Alfred Bachelet ; arts plastiques, dirigée par Georges Grappe, conservateur au musée Rodin, avec comme vice-présidents Othon Friesz et Paul Belmondo.
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emmanuel
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mer 7 Jan 2009 - 20:05

Tu oublies qu'il avait accueilli un concert Kurt Weill d'un "vive Hitler" - il avait en l'occurrence perdu une occasion de se taire.
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christophe21
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mer 7 Jan 2009 - 20:10

de mon côté, je parlais des œuvres, pas du personnage qui ne semblait pas vraiment fréquentable ! Confused
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Mer 7 Jan 2009 - 20:20

j'aime bien la musique de Florent Schmitt, il me semble que les temps ne sont pas opportuns pour le célébrer, membre de l'institut, de l'ordre de la légion d'honneur il le fut suffisamment de son vivant.
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FLORENT SCHMITT
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 7:31

emmanuel a écrit:
Tu oublies qu'il avait accueilli un concert Kurt Weill d'un "vive Hitler" - il avait en l'occurrence perdu une occasion de se taire.

Oui, mais comme le dit le philosophe (juif) Perelman, ce n'est pas parce que Thales était un homme infréquentable que l'on ne doit pas appliquer ses théorèmes !

Il y a la musique et l'homme. Rien à voir.

Sinon pourquoi écouter encore Wagner, Orff, Karajan, et bien d'autres ...
Honegger aussi avait répondu à l'invitation de du régime nazi pour le 150 ième anniversaire de la mort de Mozart.

La musique de Schmitt est "pure" sans référence à son implication dans la collaborration. N'oubliont pas aussi qu'il était né à quelques km de la frontière allemande.

Pas d'Opéra, pas de mélodies qui ont une référence avec cela.
Contrairement à Wagner qui a écrit un livre antisémite (les juifs et la musique) ou encore aujourd'hui John Adams avec un opéra anti-sioniste
interdit par les musiciens juifs.

A la Libération, pour avoir prêté son nom au Groupe Collaboration[3], des poursuites judiciaires ont été engagées contre Florent Schmitt pour indignité nationale. Cependant, après enquête, s’étant toujours positionné d'un point de vue musical, ces poursuites ont été classées sans suite. Toutefois, il a été condamné dans le cadre de l'épuration professionnelle : le 7 janvier 1946, le Comité national d’épuration des gens de lettres, auteurs et compositeurs a prononcé contre lui une peine d’interdiction d’éditer ou de faire jouer ses œuvres d’une durée d’un an, interdiction partant du 1er octobre 1944[4].


WIKIPEDIA :
Florent Schmitt a expliqué son voyage en Allemagne par la volonté de revoir son fils, resté prisonnier dans le stalag XXIII de Pirmasens depuis juin 1940. Il a justifié son appartenance au Groupe Collaboration par son souci de défendre la musique française. Sa position lui permettant également de signer des pétitions en faveur de musiciens israélites tels que la cantatrice Magdeleine Grey, le pianiste François Lang, le compositeur Fernand Ochey ou de soutenir ses amis Paul Dukas, Alexandre Tansman ou Arnold Schönberg qu'il appréciait et défendait vigoureusement.

Honneurs:
Chevalier de l’Ordre de Léopold, Commandeur de la Couronne de Roumanie, Schmitt était membre de la Société musicale indépendante depuis 1909, de l’Académie royale de Belgique depuis 1932 et présidait la Société nationale de musique depuis 1938. En 1952, il a été promu Commandeur de la Légion d'honneur. En 1957, un an avant sa mort, il se vit décerner le Grand Prix musical de la ville de Paris.
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 9:36

mais oui, les mêmes excuses et atermoiements que les autres, il avait de la famille en difficulté, pauvre homme!
Mêler John Adams à l'approbation de la politique nazi est une indignité bien caractéristique des méthodes des intégristes de tous bords, et un amalgame mensonger.
Les hommes ne sont pas séparables de leurs oeuvres, ce n'est pas parce que ça ne s'entend pas que ça n'existe pas, ce n'est pas non plus les honneurs et la reconnaissance d'un état corrompu qui peut laver qui que ce soit de l'ignominie. Bien des vichystes ont été suffisamment malins, discrets et hypocrites pour occuper des postes officiels, certains d'entre eux ont pu ainsi continuer à nuire et à jeter les arabes à la Seine après avoir dénoncé les juifs et les franc-maçons.
Qu'on joue la musique de Schmitt est une phénomène marginal qui présente un intérêt historique; qu'on endosse son pseudonyme et son visage est une insulte à la dignité humaine. Aucun masochisme ne saurait justifier pareil avilissement.
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FLORENT SCHMITT
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 11:30

sud273 a écrit:
mais oui, les mêmes excuses et atermoiements que les autres, il avait de la famille en difficulté, pauvre homme!
Mêler John Adams à l'approbation de la politique nazi est une indignité bien caractéristique des méthodes des intégristes de tous bords, et un amalgame mensonger.
Les hommes ne sont pas séparables de leurs oeuvres, ce n'est pas parce que ça ne s'entend pas que ça n'existe pas, ce n'est pas non plus les honneurs et la reconnaissance d'un état corrompu qui peut laver qui que ce soit de l'ignominie. Bien des vichystes ont été suffisamment malins, discrets et hypocrites pour occuper des postes officiels, certains d'entre eux ont pu ainsi continuer à nuire et à jeter les arabes à la Seine après avoir dénoncé les juifs et les franc-maçons.
Qu'on joue la musique de Schmitt est une phénomène marginal qui présente un intérêt historique; qu'on endosse son pseudonyme et son visage est une insulte à la dignité humaine. Aucun masochisme ne saurait justifier pareil avilissement.
-----------------------------------------------------------------------------------
Il n'y a rien à répondre à des idioties pareilles !
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 13:49

J'avoue que Sud va trop loin dans sa dernière phrase.
Mais ce qu'il dit avant me semble tout à fait défendable, après on peut en effet considérer que l'oeuvre peut être recevable et pas le bonhomme. qui l'a créée.

Quant aux honneurs qu'il a pu recevoir, ça n'est jamais que son salonnage qui en est responsable, pas ses actes héroïques. Bien des salauds ont reçu de tels honneurs... Rolling Eyes

Personnellement je pense assez comme Sud, Gauguin me fait gerber maintenant.
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 13:54

C'est un débat qu'on a déjà abordé plusieurs fois: http://classik.forumactif.com/general-f1/les-compositeurs-leur-personnalite-t1666.htm

Personnellement je n'ai pas envie de me priver de la musique d'untel ou d'untel sous prétexte que c'était un con ou je ne sais quoi.
Que je sache, Wagner ou Schmitt n'ont tué personne.
Et quand bien même, tu écoutes bien Gesualdo avec plaisir il me semble? Laughing
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 13:56

C'est un malade et il s'est repenti. Mr. Green
Et sa musique ne traite pas de ses perversion, ce qui est le cas de Gauguin qui peint les gamines qu'il violait.

Dans le cas des collabos, ils étaient très conscients de ce qu'ils ont fait, j'ai du mal à mettre ça de côté. Gesualdo c'est la folie et un crime passionnel.
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 13:58

Dans ce cas-là aucun compositeur n'est concerné. (à part éventuellement Wagner si on cherche à lui faire dire ce qu'on veut)
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 14:02

Non pas Wagner, il n'a jamais été serré la main des complices d'Hitler, je suis d'accord.
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 14:48

je n'ai jamais dit qu'il fallait se priver d'écouter du Schmitt (Schmidt c'est autre chose, c'est en plus de la mauvaise musique), je trouve juste regrettable qu'on fasse sa promotion par portrait et pseudo interposé. J'ai même dit que j'aimais plutôt sa musique; je fêtais à ma façon le cinquantenaire de sa mort, je n'irai pas lui tresser des couronnes de laurier.
Les dérives personnelles me paraissent moins nuisibles que celles qui tendent à appuyer les mouvements de recul des sociétés: l'antisémitisme de Wagner (qui a pourtant engagé des chefs juifs pour diriger à Bayreuth) ou la xénophobie de d'Indy ne sont pas comparables à des prises de position en faveur du régime nazi, alors que quoi qu'on veuille faire croire, les camps d'internement existaient depuis 1933, et tous ceux qui voulaient le savoir le savaient.
Refuser de considérer les leçons de l'histoire et de condamner ceux qui ont abusé de leur position d'autorité morale pour cautionner des crimes de masse revient à abdiquer tout esprit critique, et à laisser impunément les victimes d'hier reproduire aujourd'hui les mêmes exactions, en les approuvant tacitement, sous prétexte qu'ils ont beaucoup souffert.
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FLORENT SCHMITT
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 18:48

natrav a écrit:
Non pas Wagner, il n'a jamais été serré la main des complices d'Hitler, je suis d'accord.

Mais Richard Strauss oui Bad(((
Il existe d'ailleurs une photographie.
Strauss avait même envoyé la gestapo chez Antoine Mariotte pour supprimer sa Salomée.

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Guillaume
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 18:52

Florent SCHMITT a écrit:
Google : Résultats 1 - 10 sur un total d'environ 107 000 pour richard strauss hitler (0,15 secondes)

Tu peux même taper "mozart hitler" :
Google a écrit:
Résultats 1 - 10 sur un total d'environ 2 010 000 pour mozart hitler (0,32 secondes)

Ca veut donc rien dire ton truc... Rolling Eyes
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FLORENT SCHMITT
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 20:34

Guillaume a écrit:
Florent SCHMITT a écrit:
Google : Résultats 1 - 10 sur un total d'environ 107 000 pour richard strauss hitler (0,15 secondes)

Tu peux même taper "mozart hitler" :
Google a écrit:
Résultats 1 - 10 sur un total d'environ 2 010 000 pour mozart hitler (0,32 secondes)

Ca veut donc rien dire ton truc... Rolling Eyes

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si tu ne sais pas taper sur google alors je suis plus explicite :

Richard Strauss (1864-1949) was appointed president of the Reichsmusikkammer (Reich Music Chamber) when Hitler came to power in 1933. Strauss accepted it as a way to get legislation passed which would benefit "serious" composers in a country he felt had become too commercial in its musical taste. His primary interest was purely musical, whether or not a person was Jewish was irrelevant to him. He regularly refused to fire Jewish musicians and continued to work with Jewish librettist, Stefan Zweig. In written statements to Zweig he indicated his aversion to political policies. This politically incorrect stance put him at odds with the Nazi government. Goebbels felt Strauss was opportunistic and distrusted him, considering his music borderline German. Only his worldwide fame kept him from being a "persona non grata." Because Strauss had Jewish relatives (his daughter-in-law) he was forced to deal cautiously with the authorities. There is a story that he attempted to visit his daughter-in-law's mother who was imprisoned at Terezín. The camp guards refused him entrance. Her photograph was returned to Strauss soon after her death. Strauss was forced to resign in 1935 after which time his music was censored by the Reichsmusikkammer.

http://fcit.usf.edu/HOLOCAUST/arts/musReich.htm

http://www.humanite.fr/2008-02-02_Cultures_Faut-il-sauver-le-compositeur-Richard-Strauss

http://www.qobuz.com/info/Qobuz-info/A-lire/Richard-Strauss-et-Hitler5869

http://www.classiquenews.com/lire/lire_chronique_livre.aspx?id=134
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 20:42

FLORENT SCHMITT a écrit:

Strauss avait même envoyé la gestapo chez Antoine Mariotte pour supprimer sa Salomée.
30 à 40 ans après? c'est assez peu probable, Mariotte est mort en 1939 et la Gestapo n'a pas exercé en France avant 1941. L'opéra de Mariotte a connu de nombreuses copies entre 1908 et 1919, année de ses dernières représentations, donc il était vain de compter faire disparaître la partition à cette date.
Ce qui est en revanche exact c'est que Strauss et Fûrster son éditeur, après avoir eu raison d'une partie des ayant-droit de Wilde ont conclu un accord avec Mariotte au terme duquel il aurait le droit de faire jouer son oeuvre pendant un an, moyennant un versement à Strauss de 40 pour cent des profits + 10 pour cent à son éditeur, après quoi il était censé remettre à ces deux escrocs la totalité des partitions afin qu'elles soient purement et simplement détruites! L'intervention de Romain Rolland auprès de Strauss mit fin à ce contrat inique, ce qui fait que nous possédons encore la partition, bien que la pression exercée par Strauss fait qu'on ne la joue jamais. Il n'est pas exclu qu'il ait songé à faire exécuter à retardement les termes du contrat mais dès 1939 Strauss n'était plus en position de réclamer quoi que soit au régime nazi.
On sait que la même chose se reproduisit avec Gnecchi peu après, raison de l'inimitié de Toscanini envers Richard Strauss.
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emmanuel
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 20:44

FLORENT SCHMITT a écrit:

Strauss avait même envoyé la gestapo chez Antoine Mariotte pour supprimer sa Salomée.
L'affaire de la Salomé de Mariotte c'est en 1908, la Gestapo n'existait pas!
En tous cas pour Schmitt, on a de la chance que la musique soit un art non-sémantique (sauf le chant évidemment), le problème est moins épineux que pour Céline: évidemment la musique de Schmitt n'est pas nazie. Mais il vaut mieux être prévenu de ce qu'était le personnage.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 21:08

Je ne vois pas le problème si Hermès / Florent Schmitt souhaite conserver son pseudo. On n'est pas censés opérer un jugement politique sur les pseudonymes tant que ça ne contrevient pas à la loi française. Sinon on n'en finit pas...
En plus, on comprend bien que c'est d'abord par militantisme sur sa musique.

Et j'en profite pour dire que ce serait bien si on laissait Richard Strauss en paix côté politique (ce que dit Sud sur ses relations artistiques conflictuelles est bien plus nourrissant).

C'était un antisémite par culture, mais absolument pas dans les faits (il a défendu ses proches juifs, et il en avait) ; il a été en charge officiellement sous le régime nazi, mais sous haute surveillance, parce qu'il s'est opposé frontalement lorsqu'il était en désaccord.
Ce n'est pas un héros qui aurait résisté de toutes ses forces, mais il n'a dénoncé personne, et on ne peut même pas dire qu'il se soit comporté en lavette.
En tout cas, en amoureux de la vieille Vienne cosmopolite, il était à des lieues de l'esprit nazi.

Pour ceux que le sujet intéresse absolument, je recommande chaudement Composers of the nazi era de Kater (sur Egk, Hindemith, Weill, Hartmann, Orff, Pfitzner, Strauss et Schoenberg). C'est documenté, concis, et ça permet d'en finir avec ces circonvolutions sans intérêt.
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 21:15

DavidLeMarrec a écrit:
Je ne vois pas le problème si Hermès / Florent Schmitt souhaite conserver son pseudo. On n'est pas censés opérer un jugement politique sur les pseudonymes tant que ça ne contrevient pas à la loi française. Sinon on n'en finit pas...
En plus, on comprend bien que c'est d'abord par militantisme sur sa musique.
Je ne m'étais pas rendu compte qu'on pouvait penser qu'on l'attaquait là-dessus. Ce n'est pas le cas en ce qui me concerne, je préférais juste rappeler qu'il fallait prendre le personnage avec des pincettes. Quant à sa musique, je ne connais que la Tragédie de Salomé que je trouve très belle.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?   Jeu 8 Jan 2009 - 21:33

Non, non, je répondais pous spécifiquement aux objections de Sud sur le choix du pseudo de Florent Schmitt, ce n'est pas comme ça que j'ai compris tes interventions. Wink
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Florent SCHMITT : Le Berlioz du XX siècle ?

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