Autour de la musique classique

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 Charles TOURNEMIRE

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Charles TOURNEMIRE   Lun 25 Déc 2006 - 20:14

1870 (Bordeaux) – 1939 (Arcachon)

Charles Tournemire est surtout connu pour sa musique pour orgue, et pourtant, il a réellement écrit, et dans un volume a peu près égal, pour tous les genres. [mode biographique on] Contemporain de Louis Vierne et de Guillaume Lekeu, il a été l’élève de César Franck et a succédé comme organiste a Gabriel Pierné. [/mode biographique]

Je veux débuter par un grand merci à Zoilreb qui de sa voix claire et tonnante nous a ouvert les portes de la Sixième, justifiant ma récente replongée dans le merveilleux univers tournemystique, sans même parler de Zorro qui m’a cédé son enregistrement à un prix tout à fait décent.


1. Musique pour orgue

L’œuvre pour orgue est en effet écrasante, et a pour mérite non négligeable, dans le recueil L’Orgue Mystique, de proposer la musique des 51 messes de la liturgie catholique.

Ces œuvres ont un parfum mystérieux, mues par quelque force intérieure, regorgeant de surprises, de petites voix incidentes qui apparaissent et disparaissent. Véritablement de la belle musique.

Cette œuvre a été enregistrée en nombre, et je recommande l’intégrale de Georges Delvallée (label Accord, 10 disques à tarif honnête), qui fait par ailleurs référence, ou les anthologies du même qu’on doit trouver.



2. Musique de chambre (piano seul, petits ensembles)

Beacoup de pièces pour piano, des pièces caractéristiques aux noms évocateurs, des feuillets d’album.
De la musique de chambre où, à part « Pour une épigramme de Théocrite » (trois flûtes, deux clarinettes et harpe), les effectifs sont tout à fait traditionnels.

La musique pour piano seul (peut-être d’un intérêt limité), n’a à ma connaissance guère été enregistrée. Impossible de l’affirmer avec certitude, une pièce est si vite glissée dans un programme, et je pense bien que cela doit exister, mais je n’ai jamais pu mettre repérer de musique de chambre de Tournemire (piano solo compris), contrairement à Franck ou Vierne, en dehors du disque INA-Mémoire vive, épuisé depuis longtemps.




3. Musique vocale (hors symphonies)

De nombreuses mélodies un peu pittoresques, beaucoup de Samain (l'auteur de Polyphème, repris et coupé pour façonner l’opéra de Jean Cras) et de Verlaine.

Aussi l’étrange Fresque du Saint Graal pour orchestre et chœur de femmes invisible. Plusieurs opéras : Le Sang de la Sirène, Nittetis, Les Dieux sont morts, Trilogie mi-orchestrale Faust/Don Quichotte/Saint François d’Assise (vers l’Idéal, naturellement), La Légende de Tristan.

Il y a bien sûr la partie plus franchement religieuse : un Pater noster dédié à Widor, la mise en musique des Psaumes LVII et XLVI, une Apocalypse de saint Jean (triologie sacrée en trois partie), La Douloureuse Passion du Christ (oratorio pour chœur, sept coryphées, grand orgue et orchestre), Il Polverello di Assisi (« Le petit pauvre d’Assise », cinq épisodes lyriques en sept tableaux), sans parler de sa Sixième Symphonie sur laquelle je m’empresse de revenir plus loin.

En dehors de la mélodie « Sagesse » Op.34 sur texte de Verlaine (par Bernard Plantey et Henriette Puig-Roget, disque épuisé INA-Mémoire Vive), aucune de ces œuvres n’a jamais été enregistrée.


4. Musique symphonique

Quelques poèmes symphonies en dehors des huit symphonies qui sont elles aussi mal connues. 1ère « Romantique », 2e « Ouessant », 3e « Moscou », 5e « De la Montagne », 7e « Les Danses de la Vie », 8e « Le Triomphe de la Mort » (titre ambigu, tout de même !). Elles ont été, comme en attestent les numéros d’opus, composées dans une quasi-continuité.

Toutes ont été enregistrées par Antonio de Almeida et l’Orchestre Symphonique d’Etat de Moscou (label Marco Polo), en dehors de la Sixième, dont il existe deux versions dirigées par Pierre Bartholomée à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Liège, le Chœur Symphonique de Namur, le Chœur Polyphonia de Bruxelles et une moitié Chœur de Chambre de Namur (ces deux derniers dans la notice, et ces trois derniers dirigés par Denis Menier). L’une chez Valois avec Daniel Galvez-Vallejo en soliste (difficile à trouver, du moins à prix honnête), l’autre dont je m’aperçois seulement de l’existence, chez Naïve, avec Luc Ponet.
Encore un grand merci à Zoilreb qui m’a aussi fourni la distribution précise de cet enregistrement.

Incontestablement, ces œuvres ne jouent pas dans la même catégorie que leurs contemporaines de Roussel ou Ropartz ; celles de Tournemire sont beaucoup plus inventives quant à l’orchestration, beaucoup plus complexes du côté des textures.

Je ne les commente pas toutes, aussi je le précise en début de paragraphe pour les Première, Troisième, Sixième et Huitième que j'aborde.


    4.1. La Première Symphonie, « Romantique » Op.18


Commentaire DLM

Composée en 1900, bien plus tôt que les autres, elle est sans doute la plus séduisante, en quatre parties traditionnelles (le deuxième mouvement étant le Scherzo) avec des miroitements qui laissent entendre la filiation debussyste, mais aussi des rythmes plus déhanchés comme pouvaient en écrire Bizet ou Ravel, et une charpente qui dans les tutti paraît plus nettement bruckerienne.
Pour autant, cette variété est d’une grande grâce. Au fond, on peut penser assez nettement à Weingartner, mais la symphonie me semble mieux construite et plus riche dans le cas de Tournemire, avec des couleurs tout à fait imprévues. Chaleureusement recommandé.


Couplée avec la Cinquième dans le disque Marco Polo.


    4.2. La Deuxième Symphonie, « Ouessant »

L'oeuvre est dédiée « A Mme Charles Tournemire ». Déjà une grande forme de cinquante minutes, composée de 1908 à 1909 ; le compositeur en explique la genèse (c'est le cas de dire) : « Cette oeuvre a été inspirée par le fantastique d'Ouessant. Elle tend à la glorification de l'Éternel. »


    4.3. La Troisième Symphonie Op.43, « Moscou »


Commentaire DLM

Cette symphonie en mouvement continu (1912-1913, inspirée par la tournée de concerts en Russie de Tournemire) exploite, comme celle de Franck, un motif unique qui parcourt longuement toute l’œuvre. Avec le même risque de lassitude (ici évité), elle réussit à mon sens mieux que Franck, ne serait-ce que par l’invention de l’orchestration, pas très orthodoxe et sans doute inspirée par sa pratique d’organiste plus que par les traités en vigueur. Belle œuvre.


Couplée avec la Huitième dans le disque Marco Polo. Voir plus bas.


    4.4. La Quatrième Symphonie Op.44

Vous percevez à présent à quel point tous ces numéros d'opus sont proches. Composée exactement à la même époque que la Troisième, cette oeuvre est conçue comme une collection de « Pages Symphoniques », censées « exlater la poésie de la Bretagne ».


    4.5. La Cinquième Symphonie Op.47

1913-1914. Sans précision sur le programme, on s'accorde pour y reconnaître des éléments alpestres et c'est pourquoi elle est parfois surnommée « De la Montagne ». Dans la tonalité significativement bucolique de fa majeur (je ne vous fais pas l'outrage de vous rappeler Vivaldi, la Pastorale & Cie), elle est dédiée, comme la Deuxième, à sa femme.


    4.6. La Sixième Symphonie Op.48

Il s’agit, de son propre aveu, de « la première de mes œuvres de guerre ». Composée de 1915 à 1918 (oui, longuement car nécessairement entre deux séances d’organiste si pas de mobilisation). Elle emploie un ténor solo, des chœurs en grand nombre, un grand orgue et un grand orchestre.

Commentaire DLM

L’œuvre se fonde très largement sur les chœurs, et le ténor n’intervient que dans la seconde moitié de la seconde partie de l’œuvre, peu avant la conclusion. Les deux parties cumulées durent un peu moins d’une heure.
Le livret est rédigé par Tournemire lui-même, d’après les psaumes de Jérémie, Esaïe, Osée et Jean. Toute l’œuvre est conçue en tension autour de ces textes, avec de grandes ponctuations orchestrales dans le goût d’un Déluge de Saint-Saëns un peu plus instable harmoniquement. La couleur de l’ensemble rappelle considérablement, en réalité, les cantates du Prix de Rome de Ravel. A la fois cette limpidité encore romantique du propos, et une forme d’intranquillité latente, qui peut se déchaîner à tout instant – exactement comme lorsque le Barde porte-glaive interrompt le badinage insensé de Braïsyl. On y retrouve le même ton, le même lyrisme – et même des accents de Daphnis, lorsque, au terme de l’œuvre, le chœur perd le langage, ne poussant plus que des « a » extatiques dans le tonnerre de décibels de la fin.

Les deux parties, chacune divisée en plusieurs sections, telle une symphonie, mais sans aucune interruption à l’intérieur de chacune d’elles, développent comme souvent dans la musique symphonique de Tournemire des motifs répétés cycliquement et déformés, à la manière de César Franck, mais avec une subtilité et une grâce tout autres – et pas seulement du côté de l’orchestration. Quelques interludes déploient des miroitements debussystes saisissants qui attestent du cheminement (certains motifs sont même proches de Petrouchka, mais c’est à Daphnis qu’on pense le plus volontiers) vers la Huitième Symphonie, de ton bien plus spécifiquement français que les précédentes
La première partie contemple la dévastation du pays, tandis que la seconde emploie une traduction française du célébrissime psaume De profundis clamavi, où l’espérance en ce Dieu qui sauva déjà Israël est proclamée. Passée la moitié de la seconde partie, le ténor entre pour confirmer cette espérance en prononçant des paroles du Christ : « Je suis venu dans le monde, moi qui suis la lumière », et achevant ainsi : « Je vous donne la paix, je vous donne ma paix », le tout ponctué (et conclu) par des glossolalies en « a » du chœur.

L’œuvre, si on passe sur des mesures finales tonitruantes qui évoquent du Mahler mal compris, est très bellement orchestrée, avec des recherches de couleur, dans les modes de jeu des cordes (beaucoup de surprises écrites en pizzicato), dans l’usage colorant des bois, dans la présence très important des cuivres pour des configurations dynamiques piano. Au milieu de la seconde partie, une impressionnante apparition subito de l’orgue alors que l’orchestre se réduit et que semble s’ouvrir un abîme – ou s’illuminer le Ciel.
Le ton est farouchement épique, avec la déploration collective et combattive de la première partie « Nous souffrons au dedans de nos cœurs », mais aussi les interludes passionnés de Seconde Partie, qui disposent, avec un langage plus « moderne » cependant, du souffle des meilleurs passages du Roi Arthus de Chausson – un Chausson qui a entendu Richard Strauss.
Le mélange d’affliction et de combattivité – plus que de religiosité – qui parcourt l’œuvre lui donne une saveur toute particulière, et le relief procuré par l’ajout des chœurs et du sens est tout à fait délectable. Les interludes orchestraux, eux aussi, tirent toute leur force de ce contexte en exploitant un lyrisme qui, paradoxalement, transparaît moins dans les parties chantées.

Côté interprétation, on est surtout stupéfait par la clarté de la diction d’un chœur épique aux voix presque naturelles, peu vibrées, mais parfaitement en ton. L’intelligibilité, sur un texte pourtant arrangé par Tournemire, est quasiment totale, et c’est là un tour de force qu’on se plaira à louer encore et encore.
L’enthousiasme insufflé par Pierre Bartholomée est tout à fait communicatif, et nous lui en rendrons grâce, surtout que l’Orchestre Philharmonique de Liège semble parfois un peu prudent dans une partition totalement méconnue et manifestement difficile pour lui.
Comme Daniel Galvez-Vallejo a vite perdu sa voix à la douceur inimitable ! Ici, le timbre est assez nasal, un peu aigre, mais on retrouvera toujours la fraîcheur de ton qui le caractérise immanquablement.
Résultat parfaitement enthousiasmant. Chapeau et grand merci à la curiosité des interprètes !


(Valois, avec Daniel Galvez-Vallejo)


(Naïve, avec Luc Ponet)


    4.7. La Septième Symphonie Op.49, « Les Danses de la Vie »

Composée de 1918 à 1922, elle dure tout de même soixante-quinze minutes environ (contre une trentaine pour la plupart des autres, Sixième exceptée). En cinq parties. Tournemire en envisageait une représentation scénique.


    4.8. La Huitième Symphonie Op.49, « Le Triomphe de la Mort »

Composée de 1920 à 1924, elle est la dernière symphonie de Tournemire, composée à la mort de sa femme avec la dédicace suivante : « Pour ma femme à jamais dans les hauteurs ».

Commentaire DLM

Une œuvre très surprenante, en cinq mouvements attacca, qui se veut sombre mais qui n’échappe pas aux couleurs optimistes par réflexe de Tournemire. L’usage des bois est prédominant (dont des réponses de saxophone), et surmonte les abîmes de profondeur des cordes, qui vibrent dans l’extrême grave la certitude du trépas. Par moment, certains unissons étranges rappellent le Prélude de Fortabelsen/Antichrist de Langgaard.
La structure est comme de coutume fondée sur des motifs repris, mais la continuité semble plus difficile à saisir, fondée sur des pépiements et des échos, tandis que les motifs eux-mêmes paraissent scandés jusqu’à l’obsession, se contentant de changer d’aspect ou simplement de pupitre.

Sans doute la symphonie la plus française de ton de Tournemire, la plus énigmatique aussi, avec des bribes de chants populaires à la Le Flem qui émergent sur cet océan de déploration presque badine. Très surprenant.


Couplée avec la Troisième dans le disque Marco Polo. Voir ci-dessus.


Ajoutons que toutes les versions Almeida sont très réussies, fort bien mises en place, dans une prise de son tout à fait claire.


5. Œuvre théorique

Charles Tournemire a également écrit une biographie de César Franck (Ed. Delagrave, Paris 1931), un Précis d’exécution, de registration et d’improvisation (Eschig, Paris 1936) et une Petite méthode d’orgue (parution posthumen, Eschig, Paris 1949).


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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 25 Déc 2006 - 20:43

Petites mises à jour sur la présentation.
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jolan
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 27 Déc 2006 - 2:02

Un compositeur que je désire mieux connaître.

Dans mes notes musicales, j'ai écrit, à propos de la Symphonie 3 :
I - Très beau début, ample et gracieux, coloré. De beaux phrasés aux vents et aux cordes, on dirait du RVW.
II – Un peu plus nerveux et rythmé, plus cuivré, j’aime moins.
III – Un bel adagio, calme et serein.
IV – Pas mal, mais le début était vraiment mieux.

Ca mérite donc une réécoute approfondie pour de plus amples commentaires...

Laughing
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Xavier
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 27 Déc 2006 - 2:06

Il me faudrait du courage pour y découvrir certainement de belles choses, mais pour l'instant ses symphonies m'ont vraiment ennuyé, tout comme sa musique d'orgue, que j'avais pourtant entendu en concert par Delvallée.
J'avais bien aimé une sonate pour violon et piano en revanche, mais tout ça est assez lointain en fait.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 27 Déc 2006 - 2:19

Etonnant que tu n'aimes pas, parce que ça ressemble vraiment à du Franck assez bien dégrossi. Very Happy
Je ne sais pas quelles symphonies tu as entendues, mais il y a de fort belles choses.

J'aimerais beaucoup entendre ses mélodies (une seule enregistrée).
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joachim
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 27 Déc 2006 - 11:36

Bravo, David, pour avoir ouvert un topic sur Tournemire, que l'on ne connaît que pour son oeuvre d'orgue (et encore!) .Pourtant à consuter son catalogue, sur 76 n° d'opus, il n'y en a que 22 pour orgue !

J'ai entendu toutes ses symphonies, sauf la quatrième, et je possède aussi le CD Marco Polo qui comprend les Troisième et Huitième. Mes préféres sont les trois premières, qui sont, comme tu dis, dans la lignée franckiste.

Parmi ses oeuvres symphoniques, j'ai vu qu'il existe aussi une Trilogie op 52 (Faust - Don Quichotte - St François d'Assise) et la Queste du Saint Graal op 54, avec choeur, mais je ne les ai jamais entendues. Et toi ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 27 Déc 2006 - 13:42

joachim a écrit:
Bravo, David, pour avoir ouvert un topic sur Tournemire, que l'on ne connaît que pour son oeuvre d'orgue (et encore!) .Pourtant à consuter son catalogue, sur 76 n° d'opus, il n'y en a que 22 pour orgue !
Mais sans l'orgue, on ne parlerait plus jamais de lui...

Citation :
Parmi ses oeuvres symphoniques, j'ai vu qu'il existe aussi une Trilogie op 52 (Faust - Don Quichotte - St François d'Assise) et la Queste du Saint Graal op 54, avec choeur, mais je ne les ai jamais entendues. Et toi ?
Hélas non, pas plus que ses mélodies, il n'en reste rien au disque. (ne parlons pas du concert s'il te plaît Wink )

L'oeuvre la plus épique que nous ayons à disposition est cette Sixième que je présentais un peu plus longuement.
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Sam 30 Déc 2006 - 16:48

J' ai depuis longtemps l'enregistrement par Bartholomée des 4 et 7ème: j'oscille entre l'intérêt et l'ennui, appréciant parfois la richesse de l'écriture et des couleurs, mais déplorant aussi la banalité des thèmes et le côté "filandreux".
Je préfère et de loin Ropartz !
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franchom
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 3 Aoû 2009 - 22:05

DavidLeMarrec a écrit:
5. Œuvre théorique

Charles Tournemire a également écrit une biographie de César Franck (Ed. Delagrave, Paris 1931), un [i]Précis d’exécution, de registration et d’improvisation
(Eschig, Paris 1936) et une Petite méthode d’orgue (parution posthumen, Eschig, Paris 1949).


Faut-il ajouter que je vous invite à sa découverte ?

En effet et pour la petite histoire c est Joel Marie fauquet qui a édité le catalogue complet de son oeuvre 132 pages
et on sait qu il y a 10 ans il faisait paraître son Franck Chez Fayard Cool

Bravo pour ce fil , certains pans de son oeuvre sont encores très délaissés.
Un peu comme Vierne et ses poèmes symphonique même si le label Melbarecords (australien) devrait sortir un cd en septembre pour combler cette lacune.

Finalement la chance est avec nous; l'intégrale des symphonies , de la musique de chambre , la musique d 'orgue .......il faut pas nous plaindre......
Tournemire est sauvé..
.
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jerome
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Sam 13 Fév 2010 - 23:58

DavidLeMarrec a écrit:
La musique pour piano seul (peut-être d’un intérêt limité), n’a à ma connaissance guère été enregistrée. Impossible de l’affirmer avec certitude etc...
Il y a des extraits des Douze Préludes-Poèmes, Op. 58 sur YT, eh bien c'est vraiment pas mal !
Je ne m'attendais pas à ça, ça semble assez moderne Shocked
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Dim 14 Fév 2010 - 0:57

Pour les curieux, il y a tout un disque consacré à sa musique sur piano, interprétée par Delvallée.
Et ma foi, c'est loin d'être si anecdotique. J'aime assez bien.
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Dim 14 Fév 2010 - 1:29

Après l'écoute entière, je trouve cela tout à fait singulier et délectable. Cette musique puise ses sources dans une sorte de mysticisme aux racines françaises, que l'on comprend du point de vue sonore - et donc assez différent de ce que l'on trouve chez Scriabine. Ici, on est en présence d'une musique plus aérienne, plus douce, qui se plaît à évoquer l'écoulement de l'eau. Toujours assez mouvementé, mais pas forcément agité pour autant.
Assez intéressant, ce qui me pousse à nuancer grandement l'avis négatif de David en premier post.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 15 Fév 2010 - 21:27

Je n'ai jamais dit que c'était mauvais, j'émettais juste l'hypothèse d'un piano peut-être un peu aimable (ou très organistique), puisque je disais bien qu'il n'y avait apparemment rien de disponible.
Soit j'étais passé à côté, soit il y a eu du travail éditorial depuis, mais je découvre donc le piano de Tournemire grâce à ton signalement de ces disques... et j'en suis tout retourné.

C'est quelque chose de vraiment... puissant, quelque part entre les évocations de Dupont et la modernité débridée de Decaux. Ca fait perser au meilleur Vierne aussi (la mélodie Marine par exemple, parce que son piano n'est pas toujours du même tonnel...).

Il y a bien sûr un lien avec le côté régulier du genre Prélude, qui fait ici ou là penser aux Etudes de Chopin ; mais parfois, on est dans une telle rage dans les ostinati, un tel déchaînement des différents registres qu'on peut penser à Mosolov... Harmoniquement, d'ailleurs, il y a des couleurs qui ne sont pas sans parentés avec Chostakovitch.

Bref, ça secoue sévère, les Préludes-Poèmes. Je n'ai pas peur de dire que c'est à mon avis un corpus majeur, une sorte de vision développée des Clairs de lune de Decaux, quelque chose de vraiment cosmique.


Dernière édition par DavidLeMarrec le Lun 15 Fév 2010 - 22:43, édité 1 fois
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antrav
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 15 Fév 2010 - 22:41

J'ai été très surpris d'entendre ça ne connaissant que ses symphonies. Une capacité d'évocation émotionnelle surprenante. Une harmonie post-debussyste exquise et sans mièvrerie, une sensibilité qui me touche... Very Happy
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 15 Fév 2010 - 23:00

Ca faisait très, très longtemps que je n'avais pas été bouleversé comme ça par du piano. Depuis ma découverte de Chopin, peut-être.

Beaucoup de choses sont éblouissantes, mais comme tu le dis, c'est en plus très touchant. La Rhapsodie Op.39 est une sorte de Debussy brahmsisé, beau comme le premier, prenant comme le second. Sad
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 15 Fév 2010 - 23:09

Le langage de la Paraphrase qui ouvre le Poème Mystique Op.33 a beaucoup de parentés avec la Belle au bois dormant de Debussy... imaginez cette matière développée pendant de longues minutes... Surprised

Un seul signe suffira à me faire entendre :
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antrav
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 15 Fév 2010 - 23:12

Je ne connais pas encore... Neutral
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 15 Fév 2010 - 23:19

C'est un disque de Delvallée aussi, en plus quel toucher extraordinaire et quelle prise de son ! Dire qu'il est organiste, ça ne s'entend vraiment pas...

Dans l'Evocation qui suit, toujours sur le même opus, on est plus proche des couleurs harmoniques du Koechlin le plus avenant, c'est moins passionnant mais toujours avec de belles clartés.
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 15 Fév 2010 - 23:23

Ca y est, je peux me vanter d'avoir fait découvrir quelque chose (de bon) à David!
Content que ça te plaise et te bouleverse même, apparemment!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 15 Fév 2010 - 23:35

Ah ça oui, pour moi, clairement, c'est une révélation. J'étais curieux d'entendre son piano, mais je n'imaginais pas que ça sortirait aussi vite (deux disques !). Et surtout je ne m'attendais pas du tout à cette profondeur-là...

C'est tout un univers qui manque tout de même, avec le piano français, aux récitals. Surprised
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mar 16 Fév 2010 - 1:06

Symphonie n°7 : "Les Danses ( scratch ) de la Vie"
Informe et filandreux au possible ; coloré mais fade et linéaire... Pas de doute : on tient là un des champions de l'impressionnisme français ( I don't want that )
C'est incroyable, à force de ne mettre en valeur que des instruments solistes ou des groupes très réduits d'instruments on finirait presque par oublier qu'il y a un orchestre ! Et même quand ça s'excite un peu, on sait à l'avance qu'on va retomber très rapidement dans cette espèce de contemplation molle sans objet... Seules les "danses sanglantes" (4ème mouvement) font exception, avec leur agitation vaine, mais elles ne sont pas moins désagréables pour autant...

natrav a écrit:
Essaie la 6. Il y a de l'orgue et des choeurs. Elle dépote un peu.
J'avais trouvé la 8ème odieuse et la 3ème ennuyeuse, à mon plus grand regret (j'attendais beaucoup de cette dernière).
J'ai prévu d'écouter les autres. Je continuerai donc par la 6ème. Smile


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antrav
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mar 16 Fév 2010 - 1:15

Bon, j'espère que ça ne va pas te rendre malade quand même. pale
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Dim 23 Mai 2010 - 16:09

A propos des Préludes-Poèmes dont je disais qu'ils étaient peut-être la plus belle chose que j'aie entendue en piano seul (et dont je relevais la parenté des derniers numéros avec Decaux) :

Xavier a écrit:
Je suis en train de découvrir ça... Smile
(la partoche est à la réserve centrale siffle )
Ca a l'air super dur à jouer par contre. Confused Et si je le dis, lorsqu'on a déjà lu que je disais que la Sonate en si n'était pas très difficile en lecture. Mr. Green

Ce doit être plus carré que Roslavets, c'est sûr, mais il y a pas mal de traits et de choses assez chargées. Mais en cherchant des sections jouables, je pourrais le mettre à mon répertoire, c'est vrai. I love you

Merci du tuyau ! cheers

J'ai déjà la partition du Poème mystique, qui sonne beaucoup plus facile, mais qui est assez tordu par moment : avec des traits difficiles, des décalages entre binaire et ternaire pas toujours dans des endroits commodes, et souvent trois portées ou des accords à découper soi-même entre les deux mains, à l'organistique.
Il y a en revanche des moments faciles, ce qui me semble beaucoup moins le cas dans les Préludes-Poèmes.

Sans compter la différence d'audace du langage !
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Percy Bysshe
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Dim 23 Mai 2010 - 17:15

Pourtant, à l'écoute, ça ne semble pas si ardu que cela pour un pianiste de ton niveau. Smile
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Dim 23 Mai 2010 - 17:17

Pourtant tu m'as entendu en vrai, toi. scratch

Tu es très gentil, mais je crains grandement. Sad


La musique française avec des traits, c'est toujours plus difficile que la musique allemande, je trouve ; ça tombe moins naturellement sous les doigts, et harmoniquement, on peut beaucoup moins se fier à son instinct (c'est aussi ça qui fait que c'est beau). Sans parler des rythmes généralement moins pulsés.

Moi, à écouter, ça me paraît vraiment dur.

J'essaierai et je vous dirai. Si Xavier ne m'a pas soufflé la partition. hehe
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Zeno
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Dim 23 Mai 2010 - 17:35

David, si tu me dégotes l'Orgue Mystique du susdit, désormais introuvable et que j'ai loupé de peu, je veux bien te tourner les pages pour te remercier, voire faire la main gauche de temps en temps, si besoin est.
Je te promets, je resterai dans ton ombre.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Dim 23 Mai 2010 - 17:39

Zeno a écrit:
David, si tu me dégotes l'Orgue Mystique du susdit, désormais introuvable et que j'ai loupé de peu, je veux bien te tourner les pages pour te remercier, voire faire la main gauche de temps en temps, si besoin est.
Je te promets, je resterai dans ton ombre.
Twisted Evil
Ah oui, si tu voulais bien me faire la portée centrale lorsqu'il y en a trois, ça m'arrangerait.

L'Orgue Mystique, ça doit se trouver, pas forcément par Delvallée, certes.
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jerome
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Sam 21 Aoû 2010 - 10:27

Qu'est-ce que je serais curieux d'entendre ça ! Visiblement, ce n'est pas enregistré (source) Neutral

- Sonate pour violoncelle et piano, opus 5 (1895)
- Suite en 3 parties (pour alto et piano), opus 11 (1897)
- Quatuor pour piano et cordes, opus 15 (1898)
- Trio pour piano, violon et violoncelle, opus 22 (1901)

Mais mon enthousiasme pour Tournemire vient presque exclusivement des Douze Préludes-poèmes pour piano, postérieurs de plus de trente ans... Je ne sais pas à quoi peuvent ressembler ces oeuvres de relative jeunesse.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Sam 21 Aoû 2010 - 17:51

jerome a écrit:
Qu'est-ce que je serais curieux d'entendre ça ! Visiblement, ce n'est pas enregistré (source) Neutral

- Sonate pour violoncelle et piano, opus 5 (1895)
- Suite en 3 parties (pour alto et piano), opus 11 (1897)
- Quatuor pour piano et cordes, opus 15 (1898)
- Trio pour piano, violon et violoncelle, opus 22 (1901)

Mais mon enthousiasme pour Tournemire vient presque exclusivement des Douze Préludes-poèmes pour piano, postérieurs de plus de trente ans... Je ne sais pas à quoi peuvent ressembler ces oeuvres de relative jeunesse.
C'est son oeuvre de très loin la plus intéressante, je te préviens. J'aime beaucoup aussi sa Sixième Symphonie.

Flûte, je pensais en avoir vu sur IMSLP, mais non, plein d'autres raretés (notamment des Widor inédits), mais pas ça.
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Christophe
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 30 Aoû 2010 - 20:24

Coucou,

2ème écoute, plus approfondie, des "12 études-poèmes". Je ne pourrai pas parler "technique", n'étant pas musicien, mais juste décrire ce que j'ai ressenti pendant cette écoute. Ma première impression s'est confirmée : on est là dans un piano qui me touche beaucoup. c'est "moderne", parfois dissonant, mais cela reste très structuré et mélodieux. Un air qui semble très accessible pour un pianiste de niveau correct ... pas de notes superflues, pas "d'esbrouffe". Cela parait simple tout en étant très efficace et c'est peut-être là que Tournemire m'a le plus surpris.

Niveau émotions, noirceur, mélancolie et lumineux, voilà les 3 termes qui me reviennent tout au long de cette écoute. Un rythme (très) lent pour la mélancolie, et un mélange de notes graves et aigues, respectivement pour la noirceur et la lumière. J'ai l'impression (les spécialistes confirmeront ou infirmeront) qu'il n'y a que très peu de notes médium (milieu du clavier).

Je ne sais pas quelle "étiquette" est apposée à Tournemire mais pour moi, il est bien dans la continuité progressive de Chopin, Liszt, Medtner, Decaux et Dupont (ces 2 derniers que je viens tout juste de découvrir). Enormément d'analogies avec les "Heures dolentes" de Dupont. Post-romantique ?

Bref, un gros pavé dans la mare, pour moi, tout comme Dupont avec "La maison dans les dunes" et surtout "Heures dolentes".

Pour ceux qui connaissent et partagent mes goûts, c'est à écouter d'urgence !

Voilà pour mon retour musical,

A plus,
Christophe Wink
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 30 Aoû 2010 - 20:41

Christophe a écrit:
Je ne sais pas quelle "étiquette" est apposée à Tournemire mais pour moi, il est bien dans la continuité progressive de Chopin, Liszt, Medtner, Decaux et Dupont (ces 2 derniers que je viens tout juste de découvrir). Enormément d'analogies avec les "Heures dolentes" de Dupont. Post-romantique ?
Quelque part entre le postromantisme (il y a peut-être un peu de Liszt) et l'impressionnisme (beaucoup de debussysmes aussi).

Je suis d'accord, c'est formidable, c'est une des choses (la chose ?) les plus fortes que j'aie entendues pour piano.


... et je suis ravi que tu aimes aussi Dupont et, plus surprenant, Decaux (qui est quand même... atonal ! Very Happy ).

Bravo. Surprised


Et merci pour tes impressions !
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Christophe
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 30 Aoû 2010 - 20:59

DavidLeMarrec a écrit:

Je suis d'accord, c'est formidable, c'est une des choses (la chose ?) les plus fortes que j'aie entendues pour piano.

Très belle découverte pour moi aussi, en effet. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il s'agit d'une de mes plus fortes émotions pianistiques (Liszt, Medtner et Chopin lui grillent certainement la priorité), mais comme pour moi, la musique doit avant tout être triste, mélancolique et puissante, c'est évident qu'il va occuper une bonne place dans mon classement personnel.

DavidLeMarrec a écrit:
... et je suis ravi que tu aimes aussi Dupont et, plus surprenant, Decaux (qui est quand même... atonal ! Very Happy ).

Bravo. Surprised

Dupont, beaucoup. Pour Decaux, je ne l'ai pour l'instant qu'écouté sur mon ordi. Le passage sur la chaine hifi sera décisif ! Quant à atonal, dissonant, dysharmonieux, modal, ... comme je me mélange toujours les pinceaux avec tous ces termes, ils n'ont aucune influence sur mes écoutes Mr. Green . Seuls mon coeur et mon cerveau, mes émotions donc, me permettent de juger une oeuvre, et qu'importe s'il s'agit de Mireille Mathieu ou de Decaux pété de rire


DavidLeMarrec a écrit:
Et merci pour tes impressions !

Merci. J'aimerais tellement pouvoir, de temps en temps, faire une analyse plus technique et appronfondie, mais bon, je ne peux qu'exprimer mes émotions, avec mon petit vocabulaire, ce qui ne révolutionne guère le contenu de ce forum hehe .

Sinon, rien à voir, mais demain, reprise du boulot Crying or Very sad . En même temps, comme j'aime mon métier, ce n'est pas si terrible que cela ... juste le réveil qui va être difficile Laughing
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Xavier
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 30 Aoû 2010 - 21:03

Christophe a écrit:
Quant à atonal, dissonant, dysharmonieux, modal, ... comme je me mélange toujours les pinceaux avec tous ces termes, ils n'ont aucune influence sur mes écoutes Mr. Green .

Il suffit de savoir que la dissonance est présente dans 99% des musiques, de Monteverdi à Boulez en passant par Bach, Mozart et Liszt... Simplement, chez les classiques, la dissonance (la sonorité difficile, qu'on peut trouver désagréable lorsqu'on s'arrête dessus et qu'on n'a pas l'oreille trop habituée) se résout toujours sur une consonance. Petit à petit chez les romantiques on résout de moins en moins ces dissonances ou bien le plus tardivement possible. Puis on les enchaîne. (Ravel, Stravinsky, Scriabine ou qui on veut de cette époque-là)

Atonal ça veut dire qu'il n'y a pas de tonalité, pas de gamme de référence, plus de ton, de note principale. Smile (et en général, il y a beaucoup de dissonances, mais ce n'est pas obligatoire, par contre on peut avoir la sensation d'être perdu)

Dysharmonieux n'est pas vraiment un terme technique.

Modal ce sont des échelles de sons différentes des gammes majeures et mineures "traditionnelles". (ça peut être de la musique ancienne, mais aussi du Fauré ou du Messiaen)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 30 Aoû 2010 - 21:40

Christophe a écrit:
Dupont, beaucoup.
Ah, si tu aimes la mélancolie et les atmosphères... I love you

(C'est pas trop dur à jouer, d'ailleurs, pour ceux que ça intéresse. Smile )

Citation :
Pour Decaux, je ne l'ai pour l'instant qu'écouté sur mon ordi. Le passage sur la chaine hifi sera décisif ! Quant à atonal, dissonant, dysharmonieux, modal, ... comme je me mélange toujours les pinceaux avec tous ces termes, ils n'ont aucune influence sur mes écoutes Mr. Green .
Comme le dit Xavier, toute la musique tonale (celle que tu écoutes, quoi) contient des dissonances, des tensions pour faire avancer le discours. On parle de musique dissonante, de façon plus subjectif, quand on trouve qu'il y en a beaucoup. J'ai déjà raconté plusieurs fois que ma limite haute avait longtemps été Dvořák, mais pour d'autres, c'est spontanément Messiaen.

Dysharmonieux, c'est un jugement de valeur, pour dire que quelque chose que tu entends te déplaît et sonne mal.

Modal, c'est une autre gamme que la tonalité traditionnelle (par exemple dans certaines musiques folkloriques).

Atonal, c'est ce qui n'est pas tonal. Et généralement, ça se manifeste par un flottement, voire des dissonances. Dans Decaux, bien malin celui qui pourrait deviner où va porter le discours dans les deux premiers Clairs de lune. Smile Alors que dans la musique tonale, tu peux prévoir certains accords, tu sens qu'ils vont devoir intervenir.


Citation :
Merci. J'aimerais tellement pouvoir, de temps en temps, faire une analyse plus technique et appronfondie, mais bon, je ne peux qu'exprimer mes émotions, avec mon petit vocabulaire, ce qui ne révolutionne guère le contenu de ce forum hehe .
Ce forum n'est pas une encyclopédie, ce qui est important est l'échange humain autour de sujet qui nous passionnent, c'est tout.
Si on veut révolutionner la musique, on en écrit, on étudie la théorie, on participe à des colloques... et on ne perd pas son temps sur Classik. Smile


Citation :
Sinon, rien à voir, mais demain, reprise du boulot Crying or Very sad . En même temps, comme j'aime mon métier, ce n'est pas si terrible que cela ... juste le réveil qui va être difficile Laughing
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 29 Nov 2010 - 21:15

"Sa musique ne ressemble à aucune autre, elle dégage un ennui certain tout en étant composée de plein de choses extraordinaires, elle se détache de la tradition tout en étant enfermée dans un catholicisme dévôt"... Pierre Bartholomée, à propos de Tournemire...

(Sachez que les symphonies n°3, 5, 6, 7 et 8 sont incluses dans le coffret des 50 ans de l'Orchestre Philharmonique de Liège)...
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mar 30 Nov 2010 - 0:26

nugava a écrit:
"Sa musique ne ressemble à aucune autre, elle dégage un ennui certain
Voilà qui a le mérite de la franchise hehe
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 3 Déc 2012 - 13:19

L'Orgue mystique c'est gigantesque puisque ça fait 12 CDs ( affraid )
Soit 52 offices.

J'ai écouté le 7° office.
C'est génial ! Il n'y a pas d'autres mots. La dernière pièce "Fantaisie" qui couronne cet office est particulièrement réussie.
La musique est dense, mystérieuse jusqu'à l'extrême (c'est ça qui risque rebuter), utisant beaucoup les aigus.

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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 3 Déc 2012 - 13:56

Je suis justement entrain d'écouter le cycle de Pâques, seul que je connaisse car il est difficile de trouver l'intégrale de l'orgue mystique.
La version que je connais rend la qualité des offices un peu inégale (Georges Delvallée) mais cela reste une oeuvre très personnelle et magnifique.
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 3 Déc 2012 - 14:36

tourette a écrit:
Je suis justement entrain d'écouter le cycle de Pâques, seul que je connaisse car il est difficile de trouver l'intégrale de l'orgue mystique.
La version que je connais rend la qualité des offices un peu inégale (Georges Delvallée) mais cela reste une oeuvre très personnelle et magnifique.

C'est moi qui ait acheté la dernière intégrale dispo en occase sur marketplace hehe
Aujourd'hui ce n'est plus dispo du tout Neutral

Tu trouves ça inégal ?
J'aime beaucoup cette prise de son en tout cas.

Si tu trouves que certains offices sont mieux que d'autres dans le cycle de Pâques n'hésite pas à la dire bounce
Car le pb c'est la quantité chez lui Mr.Red

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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Lun 3 Déc 2012 - 22:52

J'ai ça en stock, je n'ai pas encore eu le courage de m'y mettre à cause de la durée effectivement...
Sinon il faut écouter les 12 préludes-poèmes pour piano, c'est magnifique et ça dure une heure.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mar 4 Déc 2012 - 0:49

J'en suis au 2è office, en effet c'est pas mal du tout, même si pour l'instant je ne suis pas complètement enthousiaste.
Cololi, c'est toi qui parlais d'influence sur Messiaen, je crois?
Mais ça a été écrit entre 1927 et 1932, et Messiaen était déjà en train de trouver son style à ce moment-là. (Banquet céleste, Apparition, et même l'Ascension qui a été commencée en 1932)
En tout cas c'est très proche dans le temps, sinon simultané.

Pour l'instant sinon c'est de l'orgue comme j'aime, avec de belles sonorités, et dans ces deux premiers offices on a le temps de goûter à la musique et de comprendre ce qu'il se passe, pas de déluges d'accords avec 15 mixtures incompréhensibles.
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mar 4 Déc 2012 - 8:36

Xavier a écrit:
J'en suis au 2è office, en effet c'est pas mal du tout, même si pour l'instant je ne suis pas complètement enthousiaste.
Cololi, c'est toi qui parlais d'influence sur Messiaen, je crois?
Mais ça a été écrit entre 1927 et 1932, et Messiaen était déjà en train de trouver son style à ce moment-là. (Banquet céleste, Apparition, et même l'Ascension qui a été commencée en 1932)
En tout cas c'est très proche dans le temps, sinon simultané.

Pour l'instant sinon c'est de l'orgue comme j'aime, avec de belles sonorités, et dans ces deux premiers offices on a le temps de goûter à la musique et de comprendre ce qu'il se passe, pas de déluges d'accords avec 15 mixtures incompréhensibles.

J'étais sur qu'au moins le style te plairait. Je crois comprendre tout à fait ce qui peut te rebuter dans l'orgue, et je voulais t'envoyer un mp pour justement te dire que je pensais que ça pouvait tout à fait te plaire.

Je disais que oui je sentais une vraie influence (fortuite ou pas). Je crois même que Messiaen la revendique. Mais finalement c'est l'influence sur Florentz qui me saute sensiblement plus aux oreilles.

Si tu as qq minutes, écoute la Fantaisie du 7° offiice, c'est vraiment génial.

Edit :

Je viens de trouver ça sur le Web :
Citation :
Enfin, Messiaen est un protégé de Charles Tournemire. L’influence de cet organiste et improvisateur de grand renom sur le jeune Messiaen est incontestable.
À propos des Sept paroles du Christ en croix de Tournemire, Messiaen s’extasie : « Un thème de pédale, effroyablement calme, qui ramasse tout la puissance de l’orgue en d’énormes si bémol, et reçoit sur les épaules de sanglants gémissements, d’aveuglantes et contrariantes clartés, puis s’amenuise jusqu’à un déchirant solo de clarinette, jusqu’à un soupir de bourdon ! Un tel thème, une telle musique, cela, c’est le génie ! »

http://www.canalacademie.com/ida4137-Olivier-Messiaen-l-amoureux-d-orgue.html

(une émission écoutable sur Messiaen organiste)

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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mar 4 Déc 2012 - 9:01

Cololi a écrit:
L'Orgue mystique c'est gigantesque puisque ça fait 12 CDs ( affraid )
Soit 52 offices.
C'est à dire un par dimanche de l'année : une illustration complète du calendrier liturgique.
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mar 4 Déc 2012 - 10:38

Je viens d'écouter cette émission et la réponse est claire : Messiaen assistait aux improvisations de Tournemire.
Dupré, Tournemire et Widor ont poussé pour qu'il soit titulaire à la Trinité. Il connait par coeur tous les compositeurs pour orgue du passé et du présent de la tradition française.
Dupré évidemment prof (en plus de Dukas), et Tournemire aussi apparement mais c'est plus flou.

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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Sam 18 Mai 2013 - 15:02

Musique orante opus 61 pour quatuor à cordes

Du Tournemire sombre et assez moderne: on pense presque à Bartok à plusieurs reprises.

Peut-être mon oeuvre préférée de Tournemire!
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 26 Juin 2013 - 11:04

Ma médiathèque ne possédant que les six premiers cd de l’intégrale (et parce que cela m’arrangeait un peu Mr. Green), je me suis tourné vers une anthologie 2 cd parue en 1989 chez Arion de L’orgue mystique (op.55, 56 et 57) par Delvallée.



Cette anthologie contient :

nº7 : Fantaisie
nº3 : Introït ; Offertoire ; Paraphrase
nº11 : Diptyque

nº12 : Clameurs et choral
nº13 : Offertoire
nº16 : Offertoire
nº17 : Paraphrase et double choral
nº25 : Communion ; Fantaisie – Choral

nº26 : Triptyque
nº32 : Alleluia nº4
nº34 : Supplications et fugue modale
nº35 : Paraphrase – Carillon ; Offertoire
nº38 : Choral nº3
nº43 : Choral alléluiatique
nº44 : Choral alléluiatique
nº48 : Choral
nº51 : Fantaisie sur le Te Deum et Guirlandes alléluiatiques


Très grande découverte : j’adore. sunny Comme je l’ai dit ailleurs, c’est une sorte d’intermédiaire entre les franckistes et Messiaen, mais aussi marqué de réminiscences grégoriennes (« Cinquante et un offices de l’année liturgique, inspirés du chant grégorien et librement paraphrasés »). Un autre trait qui m’a étonné et l’usage fréquent de l’ostinato.

« Château intérieur des sentiments et grâces correspondant à chaque mystère, vitrail sonore où le fortissimo de l’orgue déploie ses splendeurs et prolonge le temps, la liberté rhapsodique de sa forme qui semble défier toute analyse, est cependant soigneusement agencée, édifiée. La fantaisie immatérielle de ses rythmes, la somptuosité de ses harmonies, les reflets changeants de ses modes caméléonesques, les pierres précieuses de ses mixtures, et surtout la joyeuse et suave fantaisie de ses mélodies alléluiatiques qui semblent percer la matière avec la subtilité d’un corps glorieux, en font une merveille d’art mi-gothique, mi-ultra moderne, de la plus éblouissante originalité. » (Olivier Messiaen, « L’orgue mystique de Tournemire », in Syrinx, 1938).
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Cololi
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 26 Juin 2013 - 11:14

Citation :
mélodies alléluiatiques

Laughing

Au moins tu n'as pas à sélectionner dans les 12 CDs Smile (car pour le moment c'est ça qui m'arrête Laughing)
Si tu arrives à rentrer dans Tournemire à mon avis tu es mûr pour écouter tout le répertoire organistique du 20° ^^.

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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 26 Juin 2013 - 13:58

@Cololi. Si jamais tu ne sais quoi faire de ton exemplaire, pense à moi. Mr. Green

***

Douze Préludes-Poèmes pour piano op.58

Là encore, j’aime énormément. Je ne sais pas quoi dire d’autre que ce qu’ont déjà dit d’autres sur ce fil. Du très grand piano, avec des harmonies très intéressantes, globalement tourmenté, et excellemment servi par l’organiste Delvallée, qui tantôt exalte le côté « instrument à cordes » du piano, un peu comme Larrocha (ou LMY) mais de façon plus métallique, tantôt sort des sons arrondis magnifiques.

 


Dernière édition par yamaw le Mer 26 Juin 2013 - 20:24, édité 1 fois
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Zeno
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 26 Juin 2013 - 14:50

Grand amateur d'orgue et de mysticisme, je suis resté sur ma faim en écoutant la totalité du corpus il y a quelques années déjà. Il y avait pourtant là de quoi me séduire ! Beaucoup de pièces sont ternes, sans grande originalité, de peu de profondeur expressive et surtout, dépourvues de toute prégnance mélodique. C'est évidemment bien meilleur que les daubes néo-liturgiques qu'on déroule lors des offices, mais je trouve le Tournemire pianistique autrement intéressant. Pour finir, ces disques sont très bien en musique de fond, ça crée une ambiance.
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Cololi
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MessageSujet: Re: Charles TOURNEMIRE   Mer 26 Juin 2013 - 15:07

Je ne suis pas d'accord évidemment.

C'est une musique au contraire extrêmement originale, très recherchée, mystique mais sans kitch, sans volonté de paraître.
P être que les 12 CDs de l'Orgue Mystique ne sont pas à écouter en entier, c'est possible. En tout cas à la sortie d'une écoute de l'Orgue Mystique de Tournemire on est obligé de se dire que cette musique est très originale par sa poétique, et que c'est un peu la musique idéale pour l'orgue. On se demande comment on va pouvoir écouter les autres compositeurs du coup.
C'est vrai que le point faible c'est la prégnance mélodique.

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