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 Le Madrigal italien (1530 - 1640)

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 1:22

Chouette, la suite ! Je me demandais quand tu reprendrais le fil ! Very Happy C'est signe que tu vas mieux, ou au contraire que tu as passé la semaine au lit à peaufiner ça ? Confused

Bien chanté, disons que pour Kirkby et Agnew, c'est une question de goûts, tout de même. [Je ne déteste pas du tout, entendons-nous bien.]

A propos de Montverde, tu risques être déçu, que des tubes en vue l'an prochain à Bordeaux.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 1:37

Mais Agnew et Kirkby ont un minimum de métier !
Si tu savais ce que j'ai déjà entendu.
Pour explorer ce répertoire un peu perdu, c'est déjà beau d'avoir de vrais chanteurs. Ensuite les questions stylistiques restent posées, mais c'est tout à fait "expressif". Et à ma connaissance on n'a pas le choix ! Je ne crois pas connaître d'autre enregistrement du Livre I. Mais notre nouvel ami (zut j'ai oublié son nom) qui connaît très bien son Monteverdi pourrait peut-être nous renseigner ?

Oui, c'est ma maladie (merci les miasmes) qui m'a forcé à replonger là-dedans.
Mais c'est aussi la peur qui m'a fait prendre du retard, je ne sais pas comment aborder ce qui reste, c'est colossal, il faudrait parler de chaque livre en détail, de chaque madrigal, Gesualdo à venir... study
Et en parler sans le faire entendre c'est un peu frustrant en même temps. Il faudra que je fasse quelque chose à ce sujet.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 1:38

Bordeaux ! Mais David, un Faust de Gounod, que rêves-tu de plus ? lol!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 1:43

vartan a écrit:
Bordeaux ! Mais David, un Faust de Gounod, que rêves-tu de plus ? lol!
Si au lieu de surfer sur le forum le midi, tu sortais, tu verrais qu'il y a de très bonnes choses dans la saison à venir.

Nonmé.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 1:50

vartan a écrit:
Mais Agnew et Kirkby ont un minimum de métier !
Plus qu'un minimum, même.

Citation :
Si tu savais ce que j'ai déjà entendu.
J'imagine très bien.


Citation :
Ensuite les questions stylistiques restent posées, mais c'est tout à fait "expressif".
Je pensais juste à la nature des timbres... Kirkby, c'est vraiment petit et acide, et Agnew, il y a une affectation peu monteverdienne qui peu affleurer ici ou là.
Ses Stances du Cid, par exemple, sont à la fois intelligentes et un rien tortueuses.


Citation :
Mais c'est aussi la peur qui m'a fait prendre du retard, je ne sais pas comment aborder ce qui reste, c'est colossal, il faudrait parler de chaque livre en détail, de chaque madrigal, Gesualdo à venir... study
Même chose pour moi avec le lied. Ca prend du temps, et surtout, comment rendre compte globalement de Wolf ? Il faudrait faire des analyses assez précises et les recouper, mais comme j'ai mieux à écouter que Wolf, ça réclamerait un investissement que je n'ai pas trop le temps de donner en ce moment.


Citation :
Et en parler sans le faire entendre c'est un peu frustrant en même temps.
C'est pour ça que j'avais tenté le MIDI, mais manifestement ça ne convainc pas plus que ça.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 1:58

Le MIDI pour du Bach c'est parfait, ici sans le timbre de la voix je trouve que ça ne ressemble à rien même si on saisit bien les enjeux harmoniques et chromatiques de cette musique débutante.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 2:04

Je comprends bien, mais le but est d'illustrer. Pour écouter, on peut emprunter ou même acheter des disques. Very Happy

vartan a écrit:
Et en parler sans le faire entendre c'est un peu frustrant en même temps. Il faudra que je fasse quelque chose à ce sujet.
Je te vois venir... tu veux recruter sur Bordeaux pour illustrer tes articles. Shocked Surtout que nous avons du renfort ; ce sera aussi l'occasion de rencontrer Mondonville.

Je te préviens, sous la torture, les voix sont contractées, ça ne sera pas satisfaisant. Basketball
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 2:16

Tu voudrais chanter Monteverdi ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 2:18

Si tu me trouves un bon pseudonyme et que tu payes bien, pourquoi pas.

Ne me dis pas que tu recrutes. Shocked
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 2:42

Ca a toujours été mon rêve de chanter le madrigal.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 3:08

Tu es en train de sous-entendre qu'il ne manque plus qu'un troisième compère, chacun jouant simultanément d'un instrument ? Very Happy

J'ai des partitions de Gesualdo en réserve.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 10:01

DavidLeMarrec a écrit:
Tu es en train de sous-entendre qu'il ne manque plus qu'un troisième compère, chacun jouant simultanément d'un instrument ? Very Happy

J'ai des partitions de Gesualdo en réserve.

Il nous faudrait une soprano je crois au minimum, mais deux autres associés ne seraient pas de trop. Etre quatre ou cinq seraient parfait. Si tu veux bien t'occuper de la basse au clavicorde ou l'orgue positif...

Il reste à trouver un nom à l'ensemble.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 16:33

vartan a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Tu es en train de sous-entendre qu'il ne manque plus qu'un troisième compère, chacun jouant simultanément d'un instrument ? Very Happy

J'ai des partitions de Gesualdo en réserve.

Il nous faudrait une soprano je crois au minimum, mais deux autres associés ne seraient pas de trop.
Ca doit pouvoir se trouver sans trop de difficulté, en débauchant dans les conservatoires ou même les chorales.


Citation :
Etre quatre ou cinq seraient parfait. Si tu veux bien t'occuper de la basse au clavicorde ou l'orgue positif...
Bien sûr, mais il me reste la paupière droite de libre, je peux peut-être jouer de la guimbarde avec ?


Citation :
Il reste à trouver un nom à l'ensemble.
Oui, parce que le Madrigal de Bordeaux, c'est pris.


Il y a le choix :
- nom de compositeur : Ensemble Gesualdo
- nom théorique : Ensemble Mélismes
- nom artistique : Ensemble Tintoret

(Oui, pour les idées originales, le cabinet réclame un supplément.)
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 16:55

vartan a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Tu es en train de sous-entendre qu'il ne manque plus qu'un troisième compère, chacun jouant simultanément d'un instrument ? Very Happy

J'ai des partitions de Gesualdo en réserve.

Il nous faudrait une soprano je crois au minimum, mais deux autres associés ne seraient pas de trop. Etre quatre ou cinq seraient parfait. Si tu veux bien t'occuper de la basse au clavicorde ou l'orgue positif...

Il reste à trouver un nom à l'ensemble.
Nul besoin de soprano, Lonely vous fera ça tout en voix de tête: pour le nom je propose plus décalé (version 1) ensemble Uxoricide (ça sonne bien non?)
Je suis content d'avoir participé à la vulgarisation de la guimbarde en tant qu'instrument d'orchestre, mais avec la paupière, je prévois quelques hémorragies disgracieuses
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 17:24

sud273 a écrit:
pour le nom je propose plus décalé (version 1) ensemble Uxoricide (ça sonne bien non?)
Je reçois à l'instant un télégramme peu enthousiaste de Madame Vartan.

Je crois que je tiens un meilleur nom : Ensemble Quentin Massys. siffle

Sinon, en toute modestie, l'ensemble Vartan me va bien. coucou


Citation :
Je suis content d'avoir participé à la vulgarisation de la guimbarde en tant qu'instrument d'orchestre, mais avec la paupière, je prévois quelques hémorragies disgracieuses
Tant pis, je me mettrai au chitarrone.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 4 Juin 2007 - 18:22

aller à la page 8 du sujet
http://classik.forumactif.com/Musique-classique-c1/Discographie-f2/Les-pochettes-les-plus-tartes-ou-rigolotes-t220-140.htm
pour pleinement apprécier la perfidie du propos sur Quentin Massys
mais je sens qu'on s'éloigne du sujet batman
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 6 Juin 2007 - 23:17

Oui, Sud, tu es insolent, tu ne repectes rien ! Rolling Eyes

Mais plus sérieusement donc, le Livre I de chez Naxos est à éviter, il est terne, pas trop mal chanté, sans enthousiasme, des voix moyennes. C'est justement dans cette moyenne que Monteverdi est le plus mal déservi. Je préfère dix fois les contre-sens des premiers enregistrements ave gros vibrato, clavecin de bastringue ou voix belcantiste que ces demi-mesures. Je suis assez dur parce que ce n'est pas immonde malgré tout. Mais pour un novice, débarquer dans Monteverdi par là... Autant écouter les madrigaux chantés par Villazon ! Au moins la voix est belle.

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 6 Juin 2007 - 23:24

Avec un nom d'ensemble d'une modestie admirable. Very Happy
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 6 Juin 2007 - 23:31

Oui, Delitæ Musicæ... Mr. Green
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 6 Juin 2007 - 23:35

Un autre, dans la série Naxos, s'appelle tout de bon Concerto delle Donne di Ferrara. On ne se refuse rien !
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 7 Juin 2007 - 0:03

Oui, elles ont enregistré très tard. fleurs
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 17 Juin 2007 - 15:11

Deuxième livre de madrigaux à cinq voix (1589)

Monteverdi sent bien qu'à Cremone, il ne pourra pas obtenir de poste à la hauteur de son ambition, les débouchés y sont réduits et la ville est provinciale. La musique s'épanouit à Mantoue chez les Gonzague, à Milan, à Venise. Claudio entreprend alors un voyage à Milan chez Giacomo Ricard, président du Sénat qui pourrait lui offrir le poste de Maître de chapelle du Duomo dont le titulaire vient de disparaître. Il chante et joue de la viole de gambe avec adresse et son jeu plaît. Il prolonge son séjour alors que le poste lui échappe. Malgré tout, il dédie à son hôte son Deuxième Livre de Madrigaux à cinq voix qui sont publiés au tout début de 1590 à Venise chez Alessandro Raveri.

Le projet esthétique de Monteverdi s'annonce dans ce deuxième livre. Il a 23 ans.
D'abord le choix de la poésie. Alors que ses contemporains choisissent le plus souvent un panachage d'auteurs afin d'amener de la diversité poétique, Monteverdi fait appel pour 9 des 20 madrigaux au Tasse. Auteur épique déjà auréolé d'une légende de poète maudit (il finit sa vie déchiré par la psychose maniaco-dépressive), la sensibilité douloureuse de ses oeuvres où se déroulent les guerres d'amour se prête particulièrement au genre madrigalesque. Il inspire nombre de musiciens et Monteverdi puisera dans sa Jerusalem délivrée cette sublime pièce du VIII° livre, Il combattimento... Il est à la cour des Este comme le fut cet autre grand poète qu'était l'Arioste (Orlando furioso), les deux hommes se rencontreront, mais miné par la maladie, aucun des projets que Monteverdi avait en vue avec lui n'aboutiront.

Le ton des madrigaux en est plus érotique, plus changeant, de brusques ruptures de climat poétique entraînent leur équivalent musical.
Le discours se fait moins polyphonique et s'essaie à la déclamation monodique discète, souvent on n'entend que deux ou trois voix simultanément. La basse assure de plus en plus de rôle de basse harmonique dans une époque qui voit naître la tonalité. On sent l'influence de Marenzio de par l'utilisation des modes mineurs et majeurs dans un but expressif. Son chromatisme en est proche. Les madrigalismes s'affinent mais sont déjà d'une grande science (Non m'è grave il morire et ses tierces descendantes autour des plaintes et des larmes du texte).

L'organisation du madrigal est plus libre. Les interruptions et les cadences, l'organisation de thèmes et de rythmes en motifs répétés donnent une impression de virtuosité et de richesse qui ne fera que s'amplifier avec les livres à venir.

20 poèmes donc, mais dont le premier est divisé en deux parties (donc 21 madrigaux).

Le premier, Non si levava ancor l'alba novella: dans un mouvement ascendant de l'aube qui monte, les voix se posent puis virevoltent au gré des transports amoureux qu'abrite la nuit puis les larmes des "pianti" en mouvements d'imitation descendants, les halètements des "sospiri" érotiques... Le mouvement devient plus grave, polyphonique et ascendant comme au début autour des "mille désirs et mille envies restées inassouvies à la lueur de l'aube". L'érotisme le plus franc est l'élément le plus novateur des ces chansons sérieuses. On a quitté définitivement le poème courtois de la vieille polyphonie qui laisse à peine deviner les sentiments pour cette authenticité sensuelle, ces confidences merveilleuses.

Traduction personnelle libre de droits !

Non si levava ancor l'alba novella
Ne spiegavan le piume
Gli augelli al novo lume,
Ma fiammeggiava l'amorosa stella,
Quando i due vaghi e leggiadretti amanti,
Ch'una felice notte aggiunse insieme
Come Acanto si volge in vari giri,
Divise il novo raggio; e i dolci pianti,
Ne le accoglienze estreme
Mescolavan con baci e con sospiri.
Mille ardenti pensier, mille desiri,
Mille voglie non paghe,
In quelle luci vaghe,
Scopria quest'alma innamorata e quella.

L'aube ne s'était pas encore levée,
Les oiseaux n'avaient pas encore étiré leurs ailes
Aux lueurs du jour naissant,
L'étoile de la passion brûlait encore
Quand les charmants et soupirants amants
Qu'une heureuse nuit avait réunis
Comme les acanthes s'enserrant de leurs vrilles
Voyaient que les rayons du jour les séparaient; et les tendres plaintes
Qu'ils échangeaient entre les baisers et les soupirs,
Mille désirs ardents, mille pensées,
Mille envies inassouvies
Naissaient, à l'aube montante,
Dans les pensées de chacune de ces âmes amoureuses.

(A suivre pour ce livre II... j'y arriverai, oui !)

Si certains sont intéressés par du matériel libre de droit pour suivre cette histoire, qu'ils m'adressent un mp. Wink


Dernière édition par natrav le Dim 25 Jan 2009 - 16:25, édité 3 fois
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Rubato
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 17 Juin 2007 - 16:03

Chic, la suite du madrigal cheers Merci Vartan!

J'archive siffle
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 17 Juin 2007 - 16:09

Rubato a écrit:
Chic, la suite du madrigal cheers Merci Vartan!

J'archive siffle

OK ! Wink
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sofro
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 17 Juin 2007 - 22:17

vartan a écrit:
Le premier, Non si levava ancor l'alba novella: dans un mouvement ascendant de l'aube qui monte, les voix se posent puis virevoltent au gré des transports amoureux qu'abrite la nuit puis les larmes des "pianti" en mouvements d'imitation descendants, les halètements des "sospiri" érotiques...

Cela donne envie, comme toujours !

Par contre, le livre II a l'air moins facile à trouver que les autres livres...
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 18 Juin 2007 - 1:04

sofro a écrit:
vartan a écrit:
Le premier, Non si levava ancor l'alba novella: dans un mouvement ascendant de l'aube qui monte, les voix se posent puis virevoltent au gré des transports amoureux qu'abrite la nuit puis les larmes des "pianti" en mouvements d'imitation descendants, les halètements des "sospiri" érotiques...

Cela donne envie, comme toujours !

Par contre, le livre II a l'air moins facile à trouver que les autres livres...

Non, il existe (je voulais faire la disco à la fin de ce commentaire) plusieurs versions excellentes.


Une version attendue mais décevante, voix instables, justesse approximative (si à l'opéra c'est tolérable, dans le madrigal c'est insoutenable). Donne l'impression d'un travail baclé. Peu expressif.
La Venexiana cherche à faire une intégrale de Monteverdi, parfois ça sent le pensum.



Une des versions que j'apprécie particulièrement. Beau travail de mise en place (c'est bête mais c'est indispensable quand on chante à cinq). Les voix sont belles, pas toujours parfaitement adaptées au style madrigalesque, mais ces Anglais sont toujours très soigneux dès qu'il faut chanter à plusieurs, un régal. Le sentiment d'une osmose, pour ce deuxième livre en tout cas issu de ce gros coffret de sept CD. Même distribution qu'indiquée plus haut pour le livre I.
Gros inconvénient, il n'y a pas de livret, et sans le texte, le madrigal c'est pas la peine ! Non, non, non !


Travail parfait, plus chaleureux que La Venexiana, aussi bien amené que chez Rooley, l'italianité en plus et un beau travail de respect stylistique. Rinaldo Alessandrini et son Concerto italiano: Rossana Bertini, Claudio Cavina, Daniele Carnovich pour les plus connus.


A noter que la grande majorité des CD de madrigaux (Monteverdi et autres) sont édités avec des livrets très complets (La Venexiana et Alessandrini) associant textes traduits, réflexions organologiques et d'interprétation, textes de préface de Monteverdi quand c'est utile. Une bonne approche aussi du contexte culturel qui a mené à la création de ces oeuvres.
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Jaky
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 18 Juin 2007 - 1:16

vartan a écrit:

Gros inconvénient, il n'y a pas de livret, et sans le texte, le madrigal c'est pas la peine ! Non, non, non !
Alors on exige la traduction de l'intégrale des madrigaux de Monteverdi! bounce
Fallait pas commencer… siffle
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 18 Juin 2007 - 1:34

Jaky a écrit:
vartan a écrit:

Gros inconvénient, il n'y a pas de livret, et sans le texte, le madrigal c'est pas la peine ! Non, non, non !
Alors on exige la traduction de l'intégrale des madrigaux de Monteverdi! bounce
Fallait pas commencer… siffle

Si tu me laisses dix ans, je pourrais, mais on ne doit pas être loin des deux cent pièces !

Mais promis je vous en livrerai dans la semaine quelques-uns de ce livre avec de quoi juger sur pièce.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 18 Juin 2007 - 13:06

Le 2 n'est autre que la suite du 1, poème du Tasse divisé en deux madrigaux.

E dicea l'una sospirando allora

Toute de soupirs, de pauses, de retombées, d'interrogation, de langueurs érotiques.
Des Adio confiants dans le retour de l'amant. Des mouvements de gammes contraires sur les beaux vers qui évoquent les roses des lèvres qui pâlissent au fur et à mesure que le jour revient.
Le beau A Dio, ché parto e moro avec ses frottements douloureux. Du grand art.

E dicea l'una sospirando allora:
"Anima a Dio" con languide parole.
E l'altra: "Vita, a Dio", — le rispondea —
"A Dio, rimanti". E non partiensi ancora
Inanzi a l'alba che nel ciel sorgea,
E questa e quella impalidir vedea
Le bellissime rose,
Ne le labra amorose,
E gli occhi scintillar come facella.
E come d'alma che si parta e svella
Fu la partenza loro:
"A Dio, ché parto e moro !"
Dolce languir, dolce partita e fella !


Elle lui dit, soupirant,
"Mon âme, adieu", languissante.
Et l'autre en réponse: "Ma Vie, adieu"
"Adieu, reste !". Et elles (ils) ne se séparaient toujours pas
Malgré le jour nouveau.
Alors que l'aube pointait dans le ciel,
ils (elles) voyaient pâlir
les sublimes roses
des lèvres amoureuses
ainsi que les feux de leurs pupilles.
Et des âmes séparées et déchirées
Ainsi les laissait leur départ ;
"Adieu, je pars et je meurs"
Douces langueurs, doux et cruel départ.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 18 Juin 2007 - 13:45

Le 3, Bevea Fillide mia, de Girolamo Casone.
Le niveau poétique est ici moindre, compatible avec la chanson.

Tendresse et amour un peu fol, l'amant boit dans la coupe de l'être aimé comme pour embrasser ses lèvres... et s'en contente avec félicité.
Madrgal assez classique de forme proche de la canzonetta, homophonique, peu chromatique, mais le sujet est léger. La basse (belle chez Alessandrini) chante en imitation des autres voix mais assure déjà un rôle harmonique. Jeu avec les dolce et baci répétés. De la délicatesse pour cette courte pièce.

Bevea Fillide mia
E, nel ber dolcemente,
Baci a 'l dolce liquor porgea sovente.

Tutto quel che rimase
Lieta mi diede poi
Misto con baci suoi:

Io il bevo, e non so come bevo amore
Che dolcement' anch'ei mi bacia il core.




Ma Phyllis buvait
Et dans cette douce becquée,
Elle donnait comme des baisers à la douce liqueur.

Tout ce qu'il en restait
Elle était heureuse de me le donner
mêlé de ses baisers.

Je le bois et sans savoir comment je bois l'amour
Il vient lui aussi doucement me baiser le coeur.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 18 Juin 2007 - 14:16

Le n° 14 Ecco mormorar l'onde du Tasse.

Les madrigalismes (figuralismes et mélismes) peignent avec sûreté la vitalité d'une nature foisonnante. Loin des scènes pastorales compassées et antiquisantes de nombre de ses contemporains de poètes, la fraicheur de ces vers est incroyable. Monteverdi s'en empare avec joie, des duos presque, avec des passages où les pupitres se séparent (hommes et femmes).


Ecco mormorar l'onde
E tremolar le fronde

A l'aura matutina e gli arborscelli,
E sovra i verdi rami i vaghi augelli

Cantar soavemente,
E rider l'oriente.

Ecco già l'alba appare
E si specchia nel mare,

E rasserena il cielo,
E imperl'il dolce gielo,

E gli alti monti indora.
Oh bella e vag'aurora,

L'aura è tua messaggiera, e tu de l'aura
Ch'ogni arso cor ristaura !




Ainsi murmure l'onde
Et frémissent les frondaisons.

Dans la brise matutinale, sur les verts rameaux
Des arbrisseaux, les charmants oiseaux

Pépient tendrement alors que
L'Orient se met à sourire.

Déjà l'aube paraît
Et se reflète dans la mer,

Rassure les cieux
Et transforme le tendre gel en rosée,

Dore les hauts sommets.
Ô belle et tendre Aurore,

La brise est ta messagère et toi, celle qui
Apaise enfin les coeurs ardents.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 19 Juin 2007 - 0:35

Dolcemente dormiva la mia Clori, n° 16 du livre.

Du Tasse encore. Ici le plaisir et la simplicité règnent, tendresse et jeu entre sexes, les voix masculines et féminines se répondent d'un vers à l'autre comme les vers Dolcemente dormiva... et le vers E intorno al...
Plus loin Tempo perduto... et Allor io... puis se marient dans un baiser de paradis.



Dolcemente dormiva la mia Clori
E intorno al suo bel volto
Givan scherzando i pargoletti amori.
Mirava io, da me tolto,
Con gran diletto lei,
Quando dir mi sentei: — "Stolto, che fai ?
Tempo perduto non s'acquista mai !"
Allor io mi chinai, — cosi pian piano,
E, Basciandole il viso,
Provai — quanta dolcezz'ha il Paradiso




Ma Cloris dormait doucement
Et sur son beau visage
Passaient de petits amours, gaiement.
Je la contemplais, captivé
Comblé
Quand j'entendis cette voix: "Insensé, que fais-tu ?
Le temps passé ne se rattrape jamais !"
Alors je m'inclinais vers elle, doucement, lentement
Et lui baisant le visage,
J'éprouvais alors toute la douceur du Paradis.

(Traduction difficile, complète pour le sens mais pas très fluide Neutral )
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 19 Juin 2007 - 1:23

Le n° 19, un des plus beaux de ce recueil, Non m'è grave il morire.
Le plus desespéré et pathétique. La mort, dans une acceptation qui n'est pas celle imagée de la courtoisie amoureuse, mais réellement en jeu pour l'amoureux haï.
Poème de Bartolomeo Gottifredi.

Comme une implacable machine, les voix se mêlent en mouvements presques fugués, contraires descendants et ascendants pour concourir pendant toute la première partie à scander la résolution du jeune homme en une plainte douloureuse qui pourrait faire fléchir le coeur sévère.

Puis Ben morrei... le climat change, tout s'arrête, la mort devient l'issue attendue, elle pourrait même être une joie, le mot spento "éteint" est répété, détaché, entendu et accepté.

Les deux derniers vers comme une lente lamentation déchirante en un mouvement descendant et dans des dissonances discrètes évoquent presque une marche funèbre. Une lumière sur le mot piétà par une tierce majeure de la soprano comme de l'accord final sur morte.

Non m'è grave il morire,
Donna, per aquetar vostro desire,

Anzi il viver m'annoia,
Sapendo esser voler vostro ch'io moia.

Ben morrei più contento,
S'io fossi inanzi a voi di vita spento,

E vi vedessi a sorte
Lagrimar per pietà de la mia morte.



Peu m'importe de mourire,
Ma Dame pour apaiser votre désir

Car vivre m'ennuie
Sachant que votre seul vouloir est que je meure.

Je mourrai bien plus heureux
Si étendu devant vous, ma vie éteinte,

J'avais la chance de vous voir
Pleurer par pitié sur ma mort.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 19 Juin 2007 - 1:47

Une élégante conclusion pour le dernier madrigal. Monteverdi en un clin d'oeil en hommage à ses maîtres franco-flamands nous offre une pièce qui pourrait être issue du début du siècle. L'allusion au passé du madrigal est renforcée par le texte de Pietro Bembo "Cantai un tempo": Il fut un temps où je chantais.

Le ténor en bon berger de l'Ars nova conduit les voix en se démarquant à peine.

Belle polyphonie classique qui vient refermer ce recueil riche de toutes les modernités, les inventions en gésine qui vont bouleverser le siècle à venir et déclencher les foudres des conservateur dont Artusi quelques années plus tard.

Cantai un tempo, e se fu dolce il canto
Questo mi tacero, ch'altri il sentiva;
Hor è ben giont'ogni mia fest'a riva,
Et ogni mio piacer rivolti'in pianto.

O fortunato chi raffren'in tanto
Il suo desio, che riposato viva !
Di riposo e di pac'il mio mi priva:
Cosi va, chi in altrui pon fede tanto.


Il fut un temps où je chantais et ce fut un chant bien doux
Que je tais désormais car d'autres l'entendent.
Il est l'heure où ma joie touche au rivage
Où tous mes plaisirs se changent en plainte.

Ô bienheureux celui qui sait retenir
Son désir, quelle paix il connaît !
De repos et de paix le mien m'a privé:
Ainsi va celui qui à l'autre s'est trop offert.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 21 Juin 2007 - 17:46

vartan a écrit:
I° Livre de madrigaux à 5 voix (1587, publié à Venise).

Ardo si, ma non t'amo est un exercice de polyphonie classique qui semble relever en clin d'oeil un madrigal d'Ingegneri dont le thème inversé permet à Claudio d'étaler son savoir-faire.

Je ne connais malheureusement pas le triptyque de madrigaux qui closent ce recueil d'après un texte du Tasse (pas enregistré je crois).
EDIT: erreur ! Enregistré confidentiellement je l'ai retrouvé dans mes vieilleries.
Trois brefs madrigaut très déclamatoires qui reprennent une poésie de Guarini (mis en musique dans ce même recueilArdo si, ma non t'amo) que le Tasse parodie. Monteverdi renvoit cette parodie en utilisant le même thème dans les deux pièces.

je pense que ce sont les trois madrigaux enregistrés par Alessandrini dans son disque de 1989 sur les textes du Tasse chez Tactus/classic collection?
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 21 Juin 2007 - 17:54

vartan a écrit:
Le n° 14 Ecco mormorar l'onde du Tasse.

Les madrigalismes (figuralismes et mélismes) peignent avec sûreté la vitalité d'une nature foisonnante. Loin des scènes pastorales compassées et antiquisantes de nombre de ses contemporains de poètes, la fraicheur de ces vers est incroyable. Monteverdi s'en empare avec joie, des duos presque, avec des passages où les pupitres se séparent (hommes et femmes).


Ecco mormorar l'onde
E tremolar le fronde

A l'aura matutina e gli arborscelli,
E sovra i verdi rami i vaghi augelli

Cantar soavemente,
E rider l'oriente.

Ecco già l'alba appare
E si specchia nel mare,

E rasserena il cielo,
E imperl'il dolce gielo,

E gli alti monti indora.
Oh bella e vag'aurora,

L'aura è tua messaggiera, e tu de l'aura
Ch'ogni arso cor ristaura !




Ainsi murmure l'onde
Et frémissent les frondaisons.

Dans la brise matutinale, sur les verts rameaux
Des arbrisseaux, les charmants oiseaux

Pépient tendrement alors que
L'Orient se met à sourire.

Déjà l'aube paraît
Et se reflète dans la mer,

Rassure les cieux
Et transforme le tendre gel en rosée,

Dore les hauts sommets.
Ô belle et tendre Aurore,

La brise est ta messagère et toi, celle qui
Apaise enfin les coeurs ardents.

j'aime beacoup dans ce madrigal le disque septuagénaire de N. Boulanger…
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 21 Juin 2007 - 19:58

supernova a écrit:


je pense que ce sont les trois madrigaux enregistrés par Alessandrini dans son disque de 1989 sur les textes du Tasse chez Tactus/classic collection?

Oui, mais que j'ai dans un coffret Monteverdi chez Brilliant.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 21 Juin 2007 - 19:58

supernova a écrit:


j'aime beacoup dans ce madrigal le disque septuagénaire de N. Boulanger…

Connais de réputation seulement.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 22 Juin 2007 - 1:04

Troisième Livre de Madrigaux à Cinq voix (1592)

Monteverdi a 25 ans. Il est auservice des Gonzague de Mantoue. Il accède ainsi à la notoriété, celle d'un musicien de la cour d'Italie la plus raffinée en matière de musique de cour. Rappelez-vous Isabelle d'Este qui avait fondé dans cette même ville lo studiolo, camerata expérimentale d'où s'est dégagé le premier madrigal. Monteverdi n'est encore que gambiste et chanteur.

Ce troisième livre paraît le 27 juin 1592 à Venise, imprimé par les bons soins de Ricciardo Amadino. Ce recueil est réédité sept ou huit fois durant les trente années qui suivent, ce qui est exceptionnel pour l'époque (pas le nombre mais la durée du succès de cette musique). On trouvera ces rééditions aussi loin que la France (Lyon je crois), l'Allemagne du sud ou les Pays-Bas (Anvers).

Monteverdi va passer une vingtaine d'années à Mantoue. C'est le célèbre Giaches de Wert qui dirige la chapelle mantouane. Le maître de Monteverdi (le Duc) sera un prince exigeant, tracassier avec celui dont l'étoile montante sera bientôt connu de toute l'Italie (le madrigal reste un genre populaire malgré tout). Cette cour a repris le flambeau des Este de Ferrare dont la maison disparaît de cette cité faute de descendants.
S'y croise tout le gratin des poètes, des architectes et des peintres de l'époque: Rubens, De Wert, Le Tasse, Guarini, Rinuccini, les trois derniers étant les poètes les plus chéris de Monteverdi qui accompagneront de leurs vers Claudio toute sa vie. Une autre histoire commence ici que nous nous garderons de raconter de peur de n'en plus finir, celle de l'opéra. Le duc assiste à Florence aux festivités du mariage de Ferdinad de Medicis et de Christine de Lorraine. Les Intermèdes de la Pellegrina y sont donnés. Dès son retour, le duc ordonne la construction d'un théatre à machinerie pour faire jouer ces premières ébauches de spectacle mélodramatique. On sait dans quelle aventure va se retrouver Monteverdi qui va suivre les goûts extravagants de son seigneur. Orfeo en sortira dans une quinzaine d'années...


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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 22 Juin 2007 - 1:41

Revenons à nos moutons...
Trois postes s'offrent aux musiciens importants à Mantoue:
- La Chapelle du Duomo, tenue par Baccusi puis reprise par da Viadana
- L'église palatine Santa Barbara, tenue par Giaches de Wert qui y fera nommer Gastoldi.
- La Chapelle ducale, poste le plus convoité en raison des moyens qui lui sont attribués ("Choeur de 6 ou 7 violes, violon "alla francese", trombes, cornetti, flûtes , luths, épinette et organo di legno..."), tenue par de Wert assisté de Pallaviccino.

Monteverdi collabore avec tous et aussi les artistes de passage (Marenzio et Lassus pour n'évoquer que les plus connus).

Son labeur est énorme pour 12 écus par mois: service courant des offices, concerts à la chambre, fêtes exceptionnelles et fréquentes, concerts de diletanti... ce qui ne l'empêche pas de travailler à ses madrigaux qu'il dédie à son maître le duc de Mantoue.

Le style de ces madrigaux devient plus sérieux. Seuls deux madrigaux sur les quinze sentent leur canzonetta (La giovinetta pianta et Sovra tenere erbette).

Guarini surtout (neuf pièces) contre deux du Tasse (mais très longues) qui sont extraites de la Jerusalem délivrée. La première c'est Armide (la même que celle de Lully ou celle de Gluck), abandonnée par Renaud, elle se meurt, s'emporte, la deuxième pièce du Tasse c'est Tancrède et Clorinda qui servira des décennies plus tard à Monteverdi pour le fabuleux Combattimento du livre VIII, Tancredi se lamente, meurtrier qu'il est de son amante qu'il n'avait pas reconnue.

La poésie de Guarini est elle-aussi tourmentée mais avec plus de mesure que la desespérance du Tasse, très délicate.

Ce recueil est tourné clairement vers le départ, le deuil, la déploration (partenza, lamenti).

Le travail prosodique est encore plus approfondi dans chacune de ces miniatures dont l'originalité individuelle s'accentue encore. La particularité ici, c'est l'essai de la monodie dans nombre de ces pièces, un style déclamatoire plus libre souvent en début de madrigal, totalement compréhensible, parfois parlando. Le rythme s'en trouve libéré, plus coloré, une nouvelle respiration se fait sentir.

En quelques années Monteverde a pondu ces trois premiers livres. Il a fait ses armes, est devenu l'égal de ses pairs. Il attendra onze années avant de produire le volume IV. Mais il ne faut pas croire qu'il s'agisse d'un travail ponctuel, ces livres sont constitués au cours de plusieurs années, chaque madrigal est testé en cénacles privés, retravaillés parfois pendant des années. La parution d'un livre vient couronner le travail constant d'années de recherches. On pense que Monteverdi en a écrit beaucoup plus, ceux qu'il a publiés sont donc une collection spécialement choisie, una raccolta.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 22 Juin 2007 - 2:07

Ces madrigaux:
(je vous proposerai la traduction des titres en gras)

1- La giovinetta pianta
2- O come gran martire (Guarini)
3- Sovra tenere herbette
4- O dolce anima mia (Guarini)
5- Stracciami pur il core (Guarini)
6- O rossignuol ch'in queste verdi fronde (Bembo)
7- Se per estremo ardore (Guarini)
8- Vattene pur crudel (1) - Là tra'l sangu'e le morti (2) - Poi ch'ella in sè torno (3) (Torquato Tasso)
9- O primavera gioventù dell'anno (Guarini)
10- Perfidissimo volto (Guarini)
11- Ch'io non t'ami cor mio (Guarini)
12- Occhi un tempo, mia vita (Guarini)
13- Vivro fra i miei tormenti (1) - Ma dove o lasso me (2) - Io pur verro là dove siete (3) (Torquato Tasso)
14- Lumi miei, cari lumi (Guarini)
15- Rimanti in pace (1) - Ond'ei di morte la sua faccia impresa disse (2) (Celiano alias Grillo)
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 22 Juin 2007 - 2:36

Merci encore vartan pour ton travail passionnant. Je ne connais pas encore le Troisième livre mais ton texte donne vraiment envie de remédier à cette lacune au plus vite. Vu que je possède déjà presque tout ses enregistrements Monteverdi pour Opus111/Naïve, j'attendais particulièrement la version d'Alessandrini, mais je ne sais pas si elle arrivera un jour... En attendant, qu'est ce tu conseilles pour découvrir ce Livre: Rooney (pas de texte donc...), le disque Naxos (textes ?), la Venexiana ?
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 22 Juin 2007 - 2:58

adriaticoboy a écrit:
j'attendais particulièrement la version d'Alessandrini, mais je ne sais pas si elle arrivera un jour... En attendant, qu'est ce tu conseilles pour découvrir ce Livre: Rooney (pas de texte donc...), le disque Naxos (textes ?), la Venexiana ?

Ah là là, cette jeunesse, qu'elle impatience ! Mr. Green

Non, Alessandrini risque de ne jamais l'enregistrer, il a déclaré à plusieurs reprises qu'il n'enregistrait que ses préférés livres et qu'il était contre le principe des intégrales. Il a même réenregistré le livre VIII !

Mais La Venexiana est tout à fait valable ici, un beau disque. (et une belle pochette de Venus au miroir du Tintoret)





Rooley, il faudra que je réécoute, pas entendu depuis longtemps, mais j'ai à l'époque préféré La V.
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adriaticoboy
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 22 Juin 2007 - 3:19

vartan a écrit:
adriaticoboy a écrit:
j'attendais particulièrement la version d'Alessandrini, mais je ne sais pas si elle arrivera un jour... En attendant, qu'est ce tu conseilles pour découvrir ce Livre: Rooney (pas de texte donc...), le disque Naxos (textes ?), la Venexiana ?

Ah là là, cette jeunesse, qu'elle impatience ! Mr. Green
Oui, je suis désolé d'avoir interrompu ton exposé. Embarassed
Je devrais pourtant bien savoir qu'on ne dérange le maître pour lui poser des questions qu'une fois la leçon terminée! J'essaierai de me retenir la prochaine fois!
En tout cas, merci pour le conseil discographique! Wink
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 22 Juin 2007 - 8:21

adriaticoboy a écrit:

Oui, je suis désolé d'avoir interrompu ton exposé. Embarassed
Je devrais pourtant bien savoir qu'on ne dérange le maître pour lui poser des questions qu'une fois la leçon terminée! J'essaierai de me retenir la prochaine fois!
En tout cas, merci pour le conseil discographique! Wink

Oui !

Adriaticoboy fouet
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 22 Juin 2007 - 8:23

adriaticoboy a écrit:

Je devrais pourtant bien savoir qu'on ne dérange le maître pour lui poser des questions qu'une fois la leçon terminée!

Euh... ce topic est bien lu visiblement, mais peu osent y intervenir, il ne faut pas hésiter pourtant, c'est fait pour.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 26 Juin 2007 - 13:39

Comme pour le livre II, je vous propose ma traduction maison. C'est difficile, la poésie guarnerienne et du Tasse (moins) est suggestive, des mots juxtaposés donnent un sens pas toujours clair, un flou parfois artistique, quoi.
J'ai essayé de privilégier le sens sur la poésie, n'étant pas doué en la matière, veuillez excuser les tournures un peu lourdes. J'ai pu me tromper, n'hésitez pas à proposer d'autres interprétations.

2- O come è gran martire

O come gran martire
A celar suo desire,
Quando con pura fede
S'ama chi non se 'l crede.
O soave mio ardore,
O giusto mio desio,
S'ognun ama il suo core,
E voi sete il cor mio,
All'hor non fia ch'io v'ami
Quando sarà che viver più non brami.


Oh comme est grande la souffrance
De dissimuler son désir
Quand avec la plus grande fidélité
On aime celui (celle) qui ne le croit.
Oh, qu'est douce mon ardeur,
Et sincère mon désir.
Si chacun aime son coeur,
Et que vous êtes mon coeur,
A l'heure où je ne vous aimerais plus,
c'est que mon désir de vivre sera éteint.

Beau madrigal dans la lignée de l'école de Ferrare et de son Concerto delle Donne. Simple, retenu, avec ses délicats chromatismes, son lyrisme contenu par des entrées en imitationqu'on retrouve à travers toute la pièce.


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Philippe
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 26 Juin 2007 - 14:34

vartan a écrit:
Euh... ce topic est bien lu visiblement, mais peu osent y intervenir, il ne faut pas hésiter pourtant, c'est fait pour.
Bon dans ce cas j'y vais de ma petite contribution Very Happy :

adriaticoboy a écrit:
Merci encore vartan pour ton travail passionnant. Je ne connais pas encore le Troisième livre (...) j'attendais particulièrement la version d'Alessandrini, mais je ne sais pas si elle arrivera un jour...

vartan a écrit:
Non, Alessandrini risque de ne jamais l'enregistrer (...)
Voilà... juste pour signaler qu'Alessandrini a quand même enregistré quelques madrigaux du livre III :

Io pur verro
La Tra'l sangue
Ma dove o lasso me
Poi ch'ella in se torno
Vattene pur crudel
Vivro fra i miei


Ça se trouve sur un CD Tactus intitulé MADRIGALI SUI TESTI DEL TASSO avec d'autres madrigaux des livres I, II et IV :



Bon c'était juste pour dire quelque chose... Cool Laughing

Sinon dernière chose : impeccable ce sujet Wink ! Très instructif, merci vartan

cool-blue
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 27 Juin 2007 - 0:43

Excellente intervention, Philippe ! Mr. Green
J'oublie régulièrement ce bon disque maintenant disponible chez Brilliant.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 27 Juin 2007 - 1:28

Tendresse, sensualité et érotisme torride. Mais aussi fraicheur pour ce madrigal qui reste dans le ton de la canzonetta.
Le dialogue entre voix féminines et masculines renforce le jeu de séduction, objet de ce poème. Tout s'allanguit tendrement sur "morirmi anch'io" !


3- Sovra tenere erbette e bianchi fiori (ca chauffe avec celui-ci !)

Sovra tenere erbette e bianchi fiori
Stava Filli sedendo
Ne l'ombra d'un alloro,
Quando li dissi: "Cara Filli io moro".
Ed ella a me, volgendo
Vergognosetta il viso,
Freno frangendo fra les rose il riso,
Che per gioia del core
Credo ne trasse amore;
Onde lieta mi disse:
"Baciami Tirso mio
Che per desir sento morirmi anch'io."


Sur l'herbe tendre piquée de blanches fleurs,
Se tenait Phyllis assise
A l'ombre du laurier,
Je lui dis: "Phyllis adorée, je meurs".
Et elle, tendant vers moi
Chastement son visage,
Retenant un sourire, entre deux lèvres de roses,
Qui pour la joie du coeur
Fait éclore l'amour;
Emportée elle me dit:
"Embrasse-moi mon Tirsi
Car je me sens mourir de désir moi aussi."


Dernière édition par le Mer 27 Juin 2007 - 12:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   

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Le Madrigal italien (1530 - 1640)
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