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 Le Madrigal italien (1530 - 1640)

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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 1 Juil 2007 - 2:29

tu es trop fort quand tu t'y mets! Evil or Very Mad
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 1 Juil 2007 - 2:31

Franchement je ne dirais pas mieux que ça. Shocked

T'as tout compris, enfin ce que je pense être la richesse de ce genre d'une sensibilité si intime qu'elle paraît souvent incommunicable. Mais si tu en est là, mon pauvre qu'est ce que tu vas vivre quand on arrivera à Gesualdo, d'India et les derniers Monteverdi ?

mains
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 1 Juil 2007 - 2:32

sud273 a écrit:
tu es trop fort quand tu t'y mets! Evil or Very Mad

C'est un muet de plus en plus éloquent...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 1 Juil 2007 - 10:51

vartan a écrit:
Et la partition pour en profiter à fond ! Mr. Green
Soyez rassurés, je ne ferai pas ça pour tous les autres madrigaux.
On y remarque d'ailleurs que la modernité est en marche... Outre l'inventivité rythmique, quant on compare à la quasi homophonie de Wert, ou même aux tuilages plus sobres d'Agostini, l'ambitus est étonnant, particulièrement pour la voix d'alto qui, normalement, ne plonge pas sous la clef de sol...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 1 Juil 2007 - 10:55

vartan a écrit:
Je sais trop bien l'impression d'obstacle à rentrer dans cet univers mais une fois immergé dedans, comme me confiait un célèbre Bordelais, on touche à la beauté infinie (pour moi) de ces oeuvres.
Héééé, mais c'était off !

Quand je dis que les Bordelais ont des goûts bizarres.

Gloire du madrigal, amour de la fratriiiie,
Que ne m'avez-vous point coûté !
C'est pour vous qu'un héros à qui le post nous lie,
Le vaillant Vartanoooooooor vient de perdre sa nui-it !
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 4 Juil 2007 - 12:14

A un giro sol de' bell'occhi lucenti (Guarini)

Tout débute dans le goût ferrarais imagé, le vent la mer, la nature en fête, plus impressionniste que classiquement pastoral.
Le ton change brusquement avec le nuage de la crudel, des luci lagrimose. Les protagonistes se regroupent par deux, le voix de basse s'autonomise de son rôle mélodique, le ton se fait moins chantant et plus déclamatoire, récitatif.
Ces langueurs se résolvent dans une belle polyphonie des plus orthodoxes.

A un giro sol de' bell'occhi lucenti
Ride l'aria d'intorno,
E 'l mare s'acqueta e i venti,
E si fa il ciel d'un altro lume adorno;
Sol io le luci ho lagrimose e meste.
Certo quando nasceste
Cosi crudel e ria,
Nacque la morte mia.


Ces beaux yeux n'ont qu'à poser leur regard alentours
Et tout devient riant,
La mer s'apaise ainsi que les vents,
Et le ciel se pare de lueurs nouvelles.
Seul, je reste en pleurs, les yeux tristes.
Le sort fit qu'en te faisant naître,
Ainsi cruelle et méchante,
Il fit naître également ma mort.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 4 Juil 2007 - 12:43

Ohimè, se tanto amate

Un bel exemple de madrigalisme virant à la seconda prattica, le Ohimè et ses accords subversifs.

Ohimè se tanto amate
Di sentir dir Ohimè,
Deh, perchè fate
Chi dice Ohimè morire ?
S'io moro, un sol potrete
Languido e doloroso Ohimè sentire;
Ma se, cor mio, volete
Che vita abbia da voi,
E voi da me, avrete
Mille e mille dolci Ohimè.


Hélas, si vous aimez tant
Entendre dire Hélas,
Alors pourquoi faites-vous
Mourir celui qui dit Hélas ?
Si je meurs, vous ne pourrez plus entendre
Qu'un ultime et faible Hélas.
Mais si, mon coeur, vous voulez
Que ma vie soit vôtre,
Et la vôtre, mienne, vous aurez
Mile et mille doux Hélas.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 4 Juil 2007 - 14:03

Quel augellin, che canta

Léger, frais et élégant, virtuose malgré tout, ferrarais, cantabile au possible.
Deux minutes de joie.

Quel augellin, che canta
Si dolcemente e lascivetto vola
Or da l'abete al faggio
Ed or dal faggio al mirto,
S'avesse umano spirto,
Direbbe: "Ardo d'amore, ardo d'amore."
Ma ben arde nel core
E chiam' il suo desio
Che li rispond': "Ardo d'amor anch'io."
Che sii tu benedetto,
Amoroso, gentil, vago augelletto.



Ce petit oiseau qui chante
Si doucement et gracieusement vole
Tantôt du sapin au hêtre,
Et tantôt du hêtre au myrte,
S'il avait une âme humaine
Il pourrait s'écrier: "Je brûle d'amour, je brûle d'amour."
Il a bien le coeur enflammé
Et il appelle son amour
Qui lui répond: "Je me consume d'amour moi aussi."
(Que tu) sois béni,
Amoureux, tendre, gracieux petit oiseau.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 4 Juil 2007 - 16:47

Non più guerra, pietate, pietate


Un des premiers madrigaux de "guerre d'amour" qui deviendra si fréquent chez Monteverdi.
Toute la première partie encavalcade, en battaglia vive et agitée, le vaincu réclame la clémence de sa triomphatrice, après une pause une deuxième partie qui bascule brusquement dans la plainte endeuillée chromatique.

Non più guerra, pietate, pietate,
Occhi miei belli, occhi miei trionfanti !
A che v'armate
Contr'un cor ch'è già preso, e vi si rende ?
Ancidete i rubelli,
Ancidete chi s'arma e si difende,
Non chi, vinto, v'adora.
Volete voi ch'io mora ?
Morro pur vostro, e del morir l'affanno
Sentiro si, ma sarà vostr'il danno.



Non, plus la guerre, pitié, pitié !
Mes beaux yeux, mes yeux triomphants,
Pourquoi vous armer
Contre un coeur déjà pris et qui se rend à vous ?
Tuez les rebelles,
Tuez celui qui s'arme et se défend,
Pas celui qui vaincu vous adore.
Voulez-vous que je meure ?
Je mourrai donc pour vous, mais si c'est bien moi
Que cette mort étreint, c'est vous qui l'éprouverez.
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marcus
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 4 Juil 2007 - 17:06

Je ne dirais qu'un mot...
Eblouissant. mains
Quel travail....
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 4 Juil 2007 - 17:06

marcus a écrit:
Je ne dirais qu'un mot...
Eblouissant. mains

Là faut développer. T'as écouté quoi ?
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 4 Juil 2007 - 17:09

Ah ? Le travail ? Embarassed Merci beaucoup, mais c'est un plaisir de se plonger là-dedans. Wink
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marcus
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 4 Juil 2007 - 17:17

Je parlai effectivement de ton travail ,de tes traductions magifiques ,pleines de poésie.
Very Happy
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 5 Juil 2007 - 1:12

Si ch'io vorrei morire

Dès l'entrée, l'extase, le soupir, hommes et femmes unis dans les mêmes mouvements ascendants. La délicatesse avec laquelle les voix caressent les vers suivants est furieusement érotique. La musique encore plus que les paroles ose l'indécence. Les cris de joie physique des amants, les halètements saccadés, les soupirs s'éteignants en suspens. Les mouvements sur Ahi bocca, ahi, baci , ahi lingua marquent l'acmé de ce moment de plaisir. Suit l'apaisement de cette mort de bonheur sur "Si ch'io... " final. Monteverdi est un homme passionné qui ne recule pas devant le plaisir, le plaisir de démontrer la virtuosité du madrigal de ce XVII° débutant. Le figuralisme implacable de ce madrigal est proprement stupéfiant.

Si ch'io vorrei morire
Ora ch'io bacio, Amore,
La bella bocca del mio amato core.
Ahi, cara e dolce lingua,
Datemi tant'umore
Che di dolcezz'in questo sen m'estingua !
Ahi, vita mia, a questo bianco seno,
Deh, stingetemi fin ch'io venga meno !
Ahi bocca, ahi baci, ahi lingua,
Torn'a dire:
"Si ch'io vorrei morire".


Comme j'aimerais mourir
A l'heure où j'embrasse, Amour,
La belle bouche de mon coeur bien aimé.
Ah, chère et douce langue,
Livre-moi tous tes sucs
Que je puisse m'abîmer de douceur dans ce sein.
Ah, ma vie ! Contre cette blanche poitrine
Serre-moi tant qu'à la fin je me pâme.
Ah, bouche ! Ah, baisers ! Ah, langue !
Répète encore: "Comme j'aimerais mourir".
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 5 Juil 2007 - 1:24









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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 5 Juil 2007 - 8:20

C'est beau, une partition!! sunny
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 5 Juil 2007 - 8:27

Et oui, mais c'est l'art du photographe qui fait tout ! Laughing
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 5 Juil 2007 - 12:43

Anima dolorosa che vivendo

Difficile de rendre justement ces jeux de mots et d'images autour de l'idée de mort.

Anima dolorosa
Che vivendo tanto peni e tormenti
Quant'odi e parli e pensi e miri e senti,
Amor spirti ? Che speri ?
Ancor dimori in questa vita morte ?
In quest'inferno
De le tue pene eterno ?
Mori, misera, mori !
Che tardi più ? Che fai ?
Perchè, mort'al piacer, vivi al martire ?
Perché vivi al morire ?
Consuma il duol che tu consuma omai,
Di questa morte che par vita uscendo.
Mori, meschina, al tuo morir morendo.



Âme douloureuse
Qui souffre tant de peines et de tourments,
Quoi que tu entendes et dises et penses et voies et ressentes
Tu aspires à aimer. Mais qu'attends-tu ?
Demeurer ici bas plus mort que vif ?
Dans cet enfer de peines éternelles ?
Meurs, misérables, meurs !
Qu'attends-tu ? Que fais-tu ?
Pourquoi mort de plaisir tu vivrais le martyre ?
Pourquoi vivre si c'est pour mourir ?
Consume la peine qui te consume éternellement,
Cette mort qui procède de cette vie.
Meurs, malheureux, pour tuer cette mort.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 5 Juil 2007 - 14:44

Piagn'e sospira, e quand'i caldi raggi

Le Tasse qui a été délaissé (il reviendra) dans ce livre se voit confié le rôle de conclure ce recueil par le plus long madrigal et peut-être le plus beau musicalement. Le texte est aussi somptueux de mélancolie retenue. Cette femme abandonnée qui incise le tronc de l'arbre comme si elle voulait montrer comment son propre coeur saigne, une sorte de rage froide et désespérée. C'est vraiment beau.

Une montée chromatique d'alto par quatre demi-ton hallucinante d'étrangeté s'interrompt, cette fioriture fait sans doute signe pour captiver l'auditeur et va se résoudre sur un contrepoint rassurant ? Non, ça continue. Ce chromatisme douloureux est repris en fugue avant la lettre par la voix de soprano, puis les autres et en tuilage développent une torsion de la tonalité dans des chromatismes douloureux hautement évocateurs des émotions insupportables de la malheureuse. Quelques rappels polyphoniques apaisants, un passage déclamatoire en fin de madrigal, un aspect homophonique - homorythmique pour conclure. Du grand art.

Piagn'e sospira, e quand'i caldi raggi
Fuggon le greggi a la dolce ombr'assise,
Ne la scorza de pini o pur de' faggi
Segno l'amato nome in mille guise;
E de la sua fortuna i gravi oltraggi
E in vari casi in dura scorza incise,
E in rilegendo poi le proprie note
Spargea di pianto le vrmiglie gote.


(Le Tasse, Gerusalemme conquista, VIII, 6.)

Elle pleurait et soupirait et quand les chauds rayons du soleil
Fuirent les troupeaux, elle s'assit dans la douce ombre.
Dans l'écorce d'un pin, ou bien était-ce un hêtre,
Elle grava le nom de l'amant de mille façons
Et de la Fortune, tous les coups qu'elle subit,
Chacun inscrit dans la dure écorce.
Et en relisant ce qu'elle avait gravé
Elle inondait de larmes le vermeil de ses joues.

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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 5 Juil 2007 - 15:10

Question discographie, je ne connais que les versions Alessandrini et La Venexiana.
Si elles sont comparables d'un point de vue stylistique et technique (quelques imperfections de certaines voix de soprano au timbre un peu acide et quelques défauts légers de justesse dans les deux CD) l'avantage revient à Alessandrini qui choisit des tempi plus souples qui laissent mieux respirer l'émotion, c'est moins plat.



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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 5 Juil 2007 - 15:26

Citation :
l'avantage revient à Alessandrini qui choisit des tempi plus souples qui laissent mieux respirer l'émotion, c'est moins plat.
trop de modestie, trop d'esprit critique! Déjà qu'il a à peine le temps,, l'auditeur moyen risque d'en rester aux belles traductions
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sofro
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 5 Juil 2007 - 15:47

vartan a écrit:

Ca y est, il ne se contente plus de se servir de sa table en teck comme présentoir à partition, maintenant il la grave !


Il ne fallait pas faire ça pour nous... et que va dire maman ?
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 6 Juil 2007 - 0:24

sofro a écrit:
Ca y est, il ne se contente plus de se servir de sa table en teck comme présentoir à partition, maintenant il la grave !


Il ne fallait pas faire ça pour nous... et que va dire maman ?

Comme à l'accoutumée, la maison ne recule devant aucun sacrifice pour vous servir au mieux. S'il était nécessaire, je la brûlerais cette table si le madrigal devait en sortir grandi.

Vartan Palissy
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 6 Juil 2007 - 0:26

sud273 a écrit:
Citation :
l'avantage revient à Alessandrini qui choisit des tempi plus souples qui laissent mieux respirer l'émotion, c'est moins plat.
trop de modestie, trop d'esprit critique! Déjà qu'il a à peine le temps,, l'auditeur moyen risque d'en rester aux belles traductions

Je voulais dire moins plat que La Venexiana ! Mr. Green
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 27 Oct 2007 - 10:49

1605: Cinquième livre de madrigaux à cinq voix de Claudio Monteverdi, maître de musique de Son Altesse Sérénissime le Duc de Mantoue, avec basse continue pour le clavecin, le chitarrone et tout autre instrument similaire, à l'usage des six derniers madrigaux et pour les autres ad libitum "

Le contexte:

Tout le soin extrême porté à ce recueil est là dans cette formulation, la préface est encore plus incisive.

Ce livre sera réédité sept fois en dix ans à Venise chez Ricciardo Amadino, on le retrouve publié jusqu'au Danemark dans une compilation.
Il constitue une réponse cinglante au chanoine Artusi et fait triompher la seconda prattica .

Dix neuf madrigaux assez courts essentiellement composés sur le Pastor fido de Guarini qui met en scène des guerres d'amour.
Monteverdi est toujours dans ces années-là accablé de travail (musiques de scène, ballets, concerts à diriger...) et de dettes: son épouse se remet difficilement de sa troisième grossesse et Claudio envoie supplique sur supplique en réclamation de ses émoluments qui lui sont réglés au lance-pierre.

Ce cinquième livre sort donc en même temps qu'une réédition du quatrième. Il est dédié au Duc Vincent. La préface en profite pour décocher une flêche de mépris au méchant chanoine. tongue

"Ne soyez pas surpris si je livre à l'impression ces madrigaux sans avoir répondu préalablement aux objections d'Artusi car je ne dispose pas du temps nécessaire." Laughing

Il est conscient de la portée de ce livre:

"[aux lecteurs] qu'ils soient bien persuadés qu'en ce qui concerne les consonances et les dissonances, il y a un autre point de vue à considérer [...] justifié par la satisfaction qu'il procure au sens de l'ouïe comme à la raison."

Plaisir sensuel, sensoriel et satisfaction intellectuelle, Monteverdi défend son art mais aussi la liberté de l'artiste à s'engager dans des voix non-orthodoxes, dans la droite ligne de l'Humanisme du temps. La dissonance, si elle est hérétique prime sur la consonance parce qu'elle apporte du plaisir, qu'elle est nécessaire et donne du sens. Le 'projet' baroque est déjà contenu dans cette préface. La forme doit se plier au fond.

"...le compositeur moderne bâtit ses oeuvres en les fondant sur la vérité. Vivez heureux !"

La tradition est nettement mise en question. Il est clair que "l'accord de 9° qui fit délirer Artusi est justifié par l'impact émotionnel qu'il apporte dans le madrigal Cruda amarilli et non à rejeter pour sa dysharmonie. Les grands intervalles condamnés par les anciens entrent dans l'écriture musicale."

Les pièces décriées par Artusi sont déjà écrites et chantées en 1598. Leur parution après la polémique a donc valeur de manifeste esthétique et il sera perçu comme tel par la communauté des mélomanes de la Renaissance finissante. On ne parlera plus jamais d'Artusi qui rejoint le Seigneur en 1613.

Malgré tout, son brûlot:

http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&O=NUMM-51491

Les madrigaux:

Guarini donc ici. On reste dans la continuité du IV° livre. 16 madrigaux sur 19 utilisent sa poésie. Ce choix a priori (pour moi) moins intéressant poétiquement, pour la richesse de la langue, pour les idées que celle doloriste et si raffinée du Tasse est plus adaptée au projet de Monteverdi. Cette poésie s'inscrit dans un champ théâtral: blessures, un madrigal répond à l'autre, des dialogue, des combats, des passions contrariées, des revirements de l'âme, des conclusions heureuses... On est proche de l'écriture de l'Orfeo et dans la même optique dramatique. Chaque madrigal devient une scène lyrique.
La vraie révolution formelle c'est l'autonomisation des voix intermédiaires et de la basse chantée par l'ajout d'une basse ad libitum puis obligée pour les derniers madrigaux. Pour le dernier, Monteverdi compose même un prologue et un intermède instumentaux. C'est furieusement novateur.

La rupture avec le genre est consommé avec ces six derniers madrigaux accompagnés dont certains ne peuvent être intelligibles sans la basse instrumentale. La liberté de ton musical, l'emploi de la monodie surtout, le parlando, le recitativo... toutes les formes d'expressions vocales sont utilisées. Le n° 15 voit des parties qui annoncent l'aria (la reprise est différée après l'intervention d'une autre voix), des duos, des trios. C'est l'opéra qui s'annonce en provenance de la chanson et non du théâtre comme à Florence.

Ce livre plus technique vocalement, plus concertant que les précédents a été élaboré avec un groupe de chanteurs professionnels virtuoses attachés à la chambre du Duc sur le modèle du Concert de Ferrare. Il se réunissait toutes les semaines sous la direction de Claudio.

La réaction après la publication est unanime et les critiques louent la modernité et l'expressivité de l'écriture de Monteverdi.


Dernière édition par natrav le Dim 1 Fév 2009 - 22:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 27 Oct 2007 - 11:39

Trois groupes de madrigaux qui empruntent des strophes successives au Pastor fido, le premier en cinq parties, presque un acte d'opéra.
Je proposerai la traduction des madrigaux en gras et comme pour les autres j'ai préféré sacrifier la poésie pour laisser plus littéralement la succession des images du vers italien respectée.

1- Cruda Amarilli (Guarini)
2- O Mirtillo, Mirtill'anima mia (Guarini)
3- Era l'anima mia già presso a l'ultim'hore (Guarini)
4- Ecco, Silvio colei ch'in odio hai tanto (1° partie) (Guarini)
5- Ma se con la pietà non è in te spenta (2° partie)
6- Dorinda, ah diro mia, se mia non sei (3° partie)
7- Ecco piegando le ginocchie a terra (4° partie)
8- Ferir quel petto, Silvio (5° partie)
9- Ch'io t'ami e t'ami più che mai dura (1° partie) (Guarini)
10- Deh, bella e cara (2° partie)
11- Ma tu più che mai dira (3° partie)
12- Che dar più vi poss'io ? (anonyme)
13- M'è più dolce il penar per Amarilli (Guarini)
14- Ahi, com'a un vago sol cortese giro (anonyme)
15- Troppo ben puo questo tirrano amore (Guarini)
16- Amor, se giusto sei (anonyme)
17- "T'amo, mia vita" (Guarini)
18- E cosi a poc'a a poco torno farfalla semplicett' (Guarini) à six voix
19- Questi vaghi concenti (à neuf voix !)
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 27 Oct 2007 - 12:21

Cruda Amarilli*, che col nome ancora,
D'amar, ahi lasso ! Amarente insegni;
Amarilli, del candido ligustro
Più candida e più bella,
Ma de l'aspido sordo
E più sorda e più fera e piu fugace;
Poi che col dir t'offendo,
I' mi morro tacendo.


Cruelle Amaryllis, par ton nom,
D'aimer, hélas, tu enseignes l'amertume
Amaryllis, plus que le pâle troène,
Tu es blanche et belle,
Mais, plus que le vil aspic
Tu es sourde et blessante et fuyante
Comme mes paroles t'offensent
Je me meurs en silence.


*Il y a un jeu d'alitérations fréquent dans le madrigal avec amar

Amarilli
Amare (aimer)
Amaro (amer)
...

Un des madrigaux les plus célèbres de ce recueil en raison de l'intervalle et accord de 9° sur Ahi lasso. Peut-être pas le plus touchant par contre.
Des plaintes descendent sur Cruda qui remontent sur amar et se résolvent sur ahi lasso dans cette fameuse dysharmonie qui a du mal à se faire entendre à nos oreilles perverties (sol grave à la basse sur le lasso et le la aigu de la soprano sur ahi)

Le reste du madrigal est apaisé, les lignes mélodiques ne cessent de s'entrecroiser, le rythme peu marqué, des entrées en imitation d'un pupitre à l'autre. Peu de madrigalisme (et c'est aussi une évolution), le rythme accélère sur fugace. Le madrigal s'achève en beauté sur de lumineuse gammes ascendantes et chromatiques, paradoxalement avec la mort de l'amant. Belle image de la félicité à aimer.
fleurs
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 27 Oct 2007 - 14:06

vartan a écrit:
Je proposerai la traduction des madrigaux en gras et comme pour les autres j'ai préféré sacrifier la poésie pour laisser plus littéralement la succession des images du vers italien respectée.
Du Bellay est en toi...

L'imprégnation est forte ; à quand un manifeste ?


Sinon, je partage ton avis sur la plus grande platitude de Guarini - mais on ne prend pas beaucoup de risques à assurer ça, j'en conviens.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 27 Oct 2007 - 14:30

C'est alambiqué, oui. Embarassed
Mais je n'ai pas saisi l'allusion à Du Bellay. scratch

Je ne le lis pas tous les jours surtout depuis la fin de ma 6°. Confused
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 27 Oct 2007 - 14:38

C'est juste que Du Bellay est le roi des emprunts, farci d'italianismes. Il a tendance, comme ses contemporains à faire comme tu le faisais dans ta phrase, à permettre encore des libertés de placement (ton participe passé rejeté à la fin).

Certains de ses sonnets sont de simples réécritures de poèmes italiens, notamment Pétrarque.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 27 Oct 2007 - 14:40

Je me hisse au niveau de Du Bellay ! Very Happy

Ca ensoleille mon week-end ! cheers

A bientôt. Wink
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 27 Oct 2007 - 17:39

Madrigal
Bonjour, je m'excuse par avance, peut être que la réponse à ma question se trouve dans l'une des 12 pages précédentes, mais je ne les ai pas toutes lues. Enfin, toujours est il que je ne comprends pas bien quand vous dîtes que le texte était servi par la musique au XVième XVI ième siècle. Je croyais que Monteverdi et quelques prédécesseurs avaient été les premiers à permettre une intellegibilité du texte. Ils avaient en effet rompu avec l'ancienne pratique, système qui confondait les voix et qui n'installait pas un système hierarchique entre les voix. Monteverdi a donc créé la "nuova pratica" où se démarquent deux pôles prédominants: la basse harmonique, et la voix claire qui récite le texte. A mon sens , c'est cette pratique qui permet une meillleure intelligibilté de texte. D'où certains madrigaux de Monteverdi où la musique "figure" le texte. Donc précédemment, dans le stile antiquo, les voix se mêlaient les unes aux autres, le texte étant juste un pretexte, et surtout inaudible... Non ?
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 28 Oct 2007 - 19:45

Je ne suis pas certain d'avoir compris la question. C'est un résumé un peu rapide, l'évolution du genre n'a pas attendu Monteverdi pour individualiser les voix et "servir le texte" dès le milieu du XVI° siècle. Les madrigaux de Verdelot sont déjà intelligibles. La vieille polyphonie au contraire s'évertuait (et encore c'est à modérer) à mêler le plus étroitement possible les voix (bien que le cantus garde une certaine prépondérance) sans chercher à mettre en valeur le texte effectivement.

La seconda prattica propose un véritable rupture puisqu'il y a autonomisation complète des voix (longs passages monodiques) et effectivement l'utilisation de la basse continue qui laisse le champs libre à la virtuosité vocale.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 28 Oct 2007 - 22:49

Cette fois Vartan n'a pas gravé ses amours avec le livre V sur un tronc d'arbre comme il l'a fait avec le livre IV: on sent que c'est le mal aimé... Confused
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 28 Oct 2007 - 23:38

Tout juste, quelle perspicacité. J'ai eu du mal à m'y mettre mais ça va venir. Very Happy
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 29 Oct 2007 - 1:51

2-
O Mirtillo, Mirtillo, anima mia,
Se vedessi qui dentro
Come sta il cor di questa
Che chiami crudelissima Amarilli,
So ben che tu di lei
Quella pietà, che da lei chiedi, avresti.
Oh anime in amor troppo infelici !
Che giova a me l'aver si caro amante ?
Perché, crudo destino,
Ne disunisci tu, s'Amor ne strigne ?
E tu, perché ne stringi,
Se ne parte il destin, perfido Amore ?


O Myrtil, Myrtil, mon âme
Si tu voyais en moi
Ce qu'éprouve le coeur de celle
Que tu appelles cruellissime Amaryllis,
Tu lui accorderais bien
Cette pitié que d'elle tu implores.
Oh, trop infortunées, ces âmes amoureuses !
Que gagnes-tu, mon coeur, à être aimé ?
Que gagnes-tu à posséder un si cher amant ?
Pourquoi cruel destin
Nous désunis-tu si Amour nous réunit ?
Et toi, pourquoi nous réunir,
Perfide amour, si la destinée doit nous séparer ?


Débute par une grande déclamation en majeur à l'unisson, simple.
Tout change brusquement sur crudelissima dans de douloureux appels chromatiques, des frottements, le tout en mineur dans un climat très expressif, bouleversant.
Le "choeur" à l'unisson reprend ses droits et conclue dans une belle harmonie.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 29 Oct 2007 - 12:23

3-
Era l'anima mia
Già presso a l'ultim'ore
E languia come langue alma che more;
Quand'anima più bella, e più gradita
Volse lo sguardo in si pietoso giro,
Che mi manten' in vita.
Parean dir que' bei lumi:
"Deh, perché ti consumi ?
Non m'è si caro il cor, ond'io respiro,
Come se' tu, cor mio;
Se mori, ohimè, non mori tu, mor'io."


Mon âme était
Déjà proche de sa dernière heure
Et languissait comme languit une âme qui se meurt;
Alors une âme plus belle et plus plaisante
Tourna vers moi un regard si attendri
Qu'il me maintint en vie.
Et ces prunelles semblaient dire:
"Alors, pourquoi dépérir ainsi ?
Il ne m'est pas aussi cher, ce coeur qui me fait vivre,
Que toi-même mon coeur;
Si tu meurs, hélas, tu ne meurs pas, toi, c'est moi qui meurt."



Les trois premiers vers déclamé de façon monocorde, sourde installent l'atmosphère de mort et d'abandon. De beaux mélismes chromatiques sur de discrètes gammes descendantes sur e languia come langue alma amènent la douleur.
La suite s'anime, l'espoir renaît de la vie du regard de l'amant(e). Les voix se séparent en groupes qui se répondent en imitation.
Mais la conclusion surprend, le dernier vers est travaillé avec le dernier raffinement, il est développé à lui seul sur le tiers de la durée du madrigal, infiniment. Les mori et ohimè s'entremêlent douloureusement et chromatiquement, amoureusement, chacun des groupes de voix masculines et féminines faisant assaut de sincérité amoureuse jusqu'à la mort.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 29 Oct 2007 - 14:12

8- C'est Dorinda qui parle:

Ferir quel petto, Silvio ?
Non bisognava agli occhi miei scovrirlo,
S'avevi pur desio ch'io tel ferissi.
O bellissimo scoglio,
già da l'onda e dal vento
De le lagrime mie, de' miei sospiri
Si spesso invan percosso,
E pur ver che tu spiri
E che senti pietate ? O pur m'inganno ?
Ma sii tu pure o petto molle o marmo,
Già non vo' che m'inganni
D'un candido alabastro il bel sembiante,
Come quel d'una fera
Oggi ingannato ha il tuo signore e mio.
Ferir io te ? Te pur ferisca Amore,
Ché vendetta maggiore
Non so bramar che di vedetti amante.
Sia benedetto il di che da prim'arsi !
Benedette le lagrime e i martiri !
Di voi lodar, non vendicar, mi voglio.



Blesser ce coeur Silvio ?
Il n'y avait nul besoin de l'offrir à mon regard
Si ton seul désir était que je le frappasse.
Oh si bel écueil,
Déjà, par les flots et les vents
De mes larmes et de mes soupirs
Si souvent battu en vain,
Il est donc vrai que tu ressentes
Et que tu aies entendu mes prières ? Ou bien me trompè-je ?
Mais que tu aies le coeur tendre ou dur comme le marbre,
Je ne veux plus être dupée par
La blancheur d'albâtre d'un si doux visage,
Comme celui d'une bête féroce
Qui tromperait et ton maître et le mien.
Te blesser, moi ? Qu'Amour te blesse,
Grande vengeance.
Je ne puis désirer que de te voir amoureux.
Béni soit le jour qui vit mes premiers tourments,
Bénies soient les larmes et les souffrances.
De vous je ne veux que me louer et non me venger.



Ce madrigal vient en réponse conclusive aux quatre précédents madrigaux extraits de ce passage du Pastor fido.
Madrigal au tour classique, plus polyphonique, les voix se retrouvent plus souvent en tutti. Mais l'émotion déborde dans la reprise des vers E pur ver che tu spiri E che senti pietate ?.
Sur Ferir, io te ? et sur ferisca (blesser) des intervalles de quinte descendante viennent brusquer le déroulement contenu de ce chant, le coeur amoureux de Dorinda qui répond ainsi à Silvio (madrigal précédent) qui réclamait la mort de la main de son amante.
L'atmosphère de piété amoureuse s'installe avec les "benedetto" (béni) dans la reprise de la cantillation de la vieille polyphonie sacrée des offices. Le tout s'achève sur des descentes tuilées par tierces de la plus grande élégance !
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 30 Oct 2007 - 1:02

9-
Ch'io t'ami, e t'ami più de la mia vita,
Se tu nol sai, crudele,
Chiedilo a queste selve,
Che tel diranno, e tel diran con esse
Le fere loro e i duri sterpi e i sassi
Di questi alpestri monti,
Ch'i' ho si spesse volte
Inteneriti al suon de' miei lamenti


Que je t'aime, que je t'aime plus que ma vie !
Si tu ne le sais, cruelle,
Interroge cette forêt
Qui te le dira, comme te le diront
Les bêtes sauvages de ces bois, les dures ronces et les rochers
De ces hautes montagnes
Que j'ai si souvent
Attendries à l'écho de mes pleurs.


Beau poème anonyme qui a le mérite d'une belle concision, du feu de la déclaration, presque haineuse.

Très beau madrigal qui commence par la seule déclamation sur un ton de confidence ch'io t'ami du ténor. Les voix reprennent le ton de reproche qui s'acumine sur Se tu nol sai. Et restent homophones presque toute la pièce.
Un beau madrigalisme sur fere et sterpe dissonances douloureuses, alpestri monti qui ondule.
Conclusion élégiaque et classique pour les deux derniers vers, une seule altération chromatique sur de' miei qui met en valeur un lamenti qui feint d'être apaisé et non torturé.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 30 Oct 2007 - 1:08

Good
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 30 Oct 2007 - 1:11

Finalement ce V° livre me plaît de plus en plus. Very Happy
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 30 Oct 2007 - 16:05

15-
Troppo ben può questo tiranno, Amore,
Perché non val fuggire
A chi no'l può soffrire.
Quand'io penso talor com'arde, e punge,
Io dico: "Ah ! Core stolto,
Non l'aspettar; che fai ?
Fuggilo sì, che non ti prenda mai."
Ma non so com'il lusinghier mi giunge,
Ch'io dico: "Ah ! Core sciolto
Perché fuggito l'hai ?
Prendilo sì che non ti fugga mai."



Qu'il est trop puissant ce tyran, Amour,
Car rien ne sert de fuir
A qui ne le peut souffrir.
Quand je songe comme il peut brûler, et transfixier,
Je me dis: "Ah, coeur changeant,
Ne l'attends pas, que fais-tu ?
Fuis-le, que jamais il ne t'attrape."
Mais je ne sais comment l'enjôleur me rejoignit
Et je me dis: "Coeur désinvolte
Pourquoi le fuyais-tu ?
Attrape-le qu'il ne t'échappe jamais plus."


Deuxième madrigal avec basse obligée de ce livre. Le ton en est changé. Le traitement des parties vocales est très solistisant. La seconda prattica, monodie et style concitato très utilisés.
Les voix sont bien individualisées et rivalisent de virtuosité, de traits ornementaux annonçant déjà les folies vocales du seria.

Le début est assez classique, la première phrase voit entrer successivement les cinq voix qui se mêlent et s'appesantissent sur Amore,puis fuggire et enfin soffrire.

Deuxième phrase, Monteverdi se lance et transgresse franchement le genre avec une sorte d'aria de la soprano à découvert, qui entre modestement puis développe deux séries de vocalises "hors style" comme qui dirait. Mr. Green
En fait il n'y a pas de vrai reprise à proprement parlé, mais la soprano redéveloppe cette phrase à la fin du madrigal.
Pour lier la sauce les autres voix viennent harmoniser et ponctuer discrètement cette déclaration esthétique. Virtuosité qui n'est pas gratuite puisqu'elle inclue des figuralismes pour rendre compte de la douleur sur arde et punge.

Les autres voix viennent répondre à cette aria en répétant par trois fois et chaque fois plus fermement par adjonction des voix dans la dernière répétition, l'ordre: Non l'apettar (ne l'attends pas)

Démarre alors une fuite sur fuggilo de toutes les voix qui cavalcadent en imitation jusqu'à l'arrêt brusque donné par la voix de soprano qui semble revenir sur sa décision.

Elle reprend son air sur Ma non so. De la même façon les autres voix viennent trois fois infirmer leur précédente décision perché fuggito l'hai (pourquoi le fuir ?)

Encore la cavalcade puis une belle entrée fuguée de toutes les voix sur... fugga. Et conclusion presque comme la polyphonie ancienne où les voix se réunissent sur la même note.

C'est un des plus beaux madrigaux de ce recueil qui symbolise l'étape qui vient d'être franchie vers une plus grande liberté vocale et, plus généralement, formelle, le madrigal cède la place à autre chose, véritable esprit baroque.
La théatralité de ces microscènes atteint un point jamais égalé. Monteverdi est prêt pour le projet qui succède à cette édition, l'Orfeo est composé deux années après la publication de ce V° livre.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 30 Oct 2007 - 16:57

vartan a écrit:
Deuxième phrase, Monteverdi se lance et transgresse franchement le genre avec une sorte d'aria de la soprano à découvert, qui entre modestement puis développe deux séries de vocalises "hors style" comme qui dirait. Mr. Green
Chic... c'est une mission pour... SuperNatalie !


Citation :
La théatralité de ces microscènes atteint un point jamais égalé. Monteverdi est prêt pour le projet qui succède à cette édition, l'Orfeo est composé deux années après la publication de ce V° livre.
Et Monteverdi est enfin prêt pour faire sa sixième...
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 30 Oct 2007 - 21:30

Sa sixième, sa sixième ? Comme tu y vas ! I don't want that

je finis d'abord le V°, on verra après s'il en a écrit d'autres. Shit
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hansi
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 30 Oct 2007 - 22:05

comment faire pour apprendre à aimer le madrigal italien cher vartan ? a-t-on l'équivalent en france pour comprendre mieux ce que c'est ? motet ? chant de troubadour ? j'en sais rien !
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mar 30 Oct 2007 - 23:06

hansi a écrit:
comment faire pour apprendre à aimer le madrigal italien cher vartan ?


Cher Hansi, je ne sais pas si on peutl' apprendre, ça m'a pris un jour comme ça. J'imagine que c'est comme pour les allumés du Lied, c'est un peu pathologique. Il y a tout un monde émotionnel et esthétique d'une grande richesse ici mais qui se cache, tout l'intérêt de la chose, partir à sa découverte.
C'est (un peu) d'un accès difficile car c'est un genre musical TRES lié au texte. La moitié de l'intérêt du madrigal réside là. En écouter la seule "musique" revient à écouter la bande-son d'un film sans en voir les images. La moitié de l'information disparaît et l'oeuvre est incompréhensible, le sens abscons. Il faut donc écouter toujours en lisant le texte. Ce n'est même pas proche de l'opéra où on ne rencontre pas ce travail de dentelière autour de la prosodie comme ici. La "peinture du mot": les mélismes, figuralismes, ces manières que l'on appelle madrigalismes commentent musicalement le mot au plus près.


Citation :
a-t-on l'équivalent en france pour comprendre mieux ce que c'est ?

Non, il y a la chanson qui est une genre populaire et polyphonique dont les compositeurs s'essayaient aussi au madrigal voire même qui devinrent de très grands madrigalistes. En effet les premiers madrigalistes étaient franco-flamands ! Mais la chanson reste en deça de la richesse émotionnelle du madrigal à mon sens même si techniquement les deux genres s'égalent. La chanson à ma connaissance n'a pas vu cette évolution foudroyante qui fait du madrigal le germe de toute la musique vocale à venir (opéra, cantate...).

Citation :
motet ? chant de troubadour ? j'en sais rien !

Des genres très éloignés en fait car ce qui unifie le madrigal c'est quand même la poyphonie.

Je te conseillerais quand même de te taper les 12 pages du topic et si tu veux (ou qui que ce soit) de me contacter pour en savoir plus sur tel ou tel livre de madrigal. Wink
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 31 Oct 2007 - 1:04

Amor, sei giusto sei,
Fa che la donna mia
Anch'ella giusta sia.
Io l'amo, tu il conosci, e ella il vede,
Ma più mi strazia e mi trafigge il core,
E per più mio dolore
E per dispregio tuo, non mi dà fede.
Non sostener, Amor, che nel tuo regno
Là dov'io ho sparta fede mieta sdegno,
Ma fa, giusto signore,
Ch'in premio del mio amor io colga amore.


Amour, si tu es juste
Fais que ma Dame
Soit juste elle aussi.
Je l'aime, tu le sais, et elle le voit.
Mais elle déchire et me transperce le coeur,
Et pour en accroître la douleur
Et par mépris pour toi, elle me refuse sa pitié [foi - fidélité]
Ne permets pas, Amour, que sous ton règne,
Là où je délivre ma foi, je récolte le dédain.
Mais fais, juste seigneur,
Qu'en prime de mon amour, je récolte l'amour.


Madrigal assez simple et frais. La soprano délivre la première phrase chantante comme un rengaine populaire. La basse lui répond de façon plus sérieuse en rythme pointé que développe le ténor, arioso, syncopé, quelques figuralismes traversent le chant, une petite modulation en mineur sur il core, de grands intervalles chromatiques sur per disppregio. Un tutti vient habiller savamment la partie centrale du poème et enfin les voix se scindent en groupes qui viennent entrelacer leur chant dans une ambiance chromatique.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Mer 31 Oct 2007 - 16:42

19-
Questi vaghi concenti
Che l'augellett'intorno
Vanno temprado a l'apparir del giorno
Sono, cred'io, d'amor desiri ardenti;
Sono pene e tormenti;
E pur fanno le selv'e'l ciel gioire
Al lor dolce languire.

Deh ! Se potessi anch'io
Così dolce dolermi
Per questi poggi solitari e ermi,
Che quell'a cui piacer sola desio
Gradiss'il pianger mio,
Io bramerei, sol per piacer a lei,
Eterni i pianti miei.


Ces doux concerts
Que les oiseaux alentours
Font résonner au lever du jour
Sont, crois-le, d'ardents désirs amoureux.
Ils sont peines et tourments
Et ils réjouissent les bois et les cieux
De leur douce langueur.

Hélas si je pouvais moi aussi
Me lamenter ainsi avec grâce
Par ces côteaux isolés et solitaires,
Que celle à qui plaire est mon seul désir
Soit touchée par mes pleurs.
Ainsi je lancerai, puisqu'elle en ressent du plaisir
Eternellement mes plaintes.


Madrigal conclusif exceptionnel par sa durée (7'30"), son accompagnement instrumental assez riche, la présence d'une sinfonia introductive reprise en intermède au milieu du madrigal et les neuf voix organisées en deux choeurs à 4 et 5 voix. On est plus près de la cantate ici que d'un madrigal. La polyphonie n'est qu'un moyen parmi d'autres dans cette oeuvre qui résume toutes les techniques déployées par Monteverdi dans le reste du recueil.

Après cette sinfonia qui évoque les premières ébauches vivaldiennes ou d'un Corelli les choeurs viennent ensuite alterner avec de larges soli du ténor, du soprano ou de la basse tour à tour en style récitatif ou plus arioso. De brusques arrêts dramatiques, des lamentations interiorisées animent cette pièce de plusieurs épisodes. Grande construction qui annonce déjà le livre VIII.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 1 Nov 2007 - 0:08

J'ai toujours un peu de mal à vraiment apprécier ce livre autant que les autres. Soit le côté expérimental qui ne convainc pas dans toutes les pièces même si certaines sont absolument magnifiques. Ou bien l'irruption des instruments au milieu du recueil et le dernier madrigal aux dimensions quasi mahlériennes font que ce livre peut sembler manquer de cohérence.

Deux enregistrements facilements disponibles, Alessandrini reste la valeur sûre ici même si on peut regretter quelques petits problèmes de justesse chez une des sopranos. Leppard ne l'a pas enregistré à ce que je sache.



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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 1 Nov 2007 - 14:17

vartan a écrit:
Ou bien l'irruption des instruments au milieu du recueil et le dernier madrigal aux dimensions quasi mahlériennes font que ce livre peut sembler manquer de cohérence.
Dépêche d'agence :
Amazon enregistre une hausse imprévue de commandes de Monteverdi en provenance de Classik. Les causes en sont encore inconnues.
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Le Madrigal italien (1530 - 1640)
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