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 Le Madrigal italien (1530 - 1640)

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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 22 Fév 2007 - 3:06

DavidLeMarrec a écrit:
vartan a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:

Et le seria belcantiste prendra pour les Florentins une revanche posthume. (la complexité en moins)

Oui, c'est bien sombre comme fin.
Oui, ça finit mal. Crying or Very sad

Quoique... si on prolonge...

Lully, florentin, crée la tragédie lyrique, "madrigalesque". Et le genre dure tout le XVIIIe. Au dix-neuvième, certes, ce sont des italianisants qui s'installent à Paris, mais le Grand Opéra qu'ils créent est à l'opéra italien ce qu'était la tragédie lyrique au seria, même si l'usage de numéros estompe les différences.

Alors, est-ce vraiment la défaite ?

Je le crois en tout cas en ce qui concerne l'Italie. La France aura permis que cette synthèse de la langue et de la musique puisse encore offrir un art d'un grand équilibre. Il me semble que l'histoire particulière du madrigal, véritable interpénétration de deux science aux climats opposés, la polyphonie des bourguignons du Moyen-âge, austère, intellectuelle, mathématique d'une part et la vivacité, l'affectivité, la passionalità, le plaisir de la langue et du rythme de l'italianité d'autre part a enfanté quelque chose d'exceptionnel. Ces deux arts se sont freinés mutuellement et se sont fondus, la polyphonie s'est vitalisée au contact d'un peuple dont l'exhaltation a trouvé là un contenant qui a structuré sa vocalité. Avec le temps, le deséquilibre en faveur de l'italianité s'accuse, et l'opéra s'affadit (à mon avis), la boursoufflure de l'aria vient saccager tout ce travail.
Je crois qu'il s'agit là d'un espèce de miracle lié au hasard de ces rencontres qui a bénéficié de conditions exceptionnelles: une élite intellectuelle et aristocratique qui a su protéger et encourager un art d'une grande fragilité, qui l'a poussé au nom de la modernité et de l'amour de son milieu naturel.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 22 Fév 2007 - 3:23

Quelle belle apologie. Very Happy

Oui, je pensais à l'opéra en général, les Italiens sont en effet perdus, du moins pour ceux qui n'ont pas exercé en France, et du moins avant le vingtième siècle. A partir de Puccini (quoi qu'on en pense) et plus encore de Zandonai, Montemezzi, puis Dallapiccola bien entendu, les choses se fondent dans le théâtre musical européen, jusqu'à Sciarrino aujourd'hui.
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antrav
Papa pingouin
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 22 Fév 2007 - 3:25

DavidLeMarrec a écrit:
Quelle belle apologie. Very Happy

plus encore de Zandonai, Montemezzi, Sciarrino aujourd'hui.

Merci. Pour moi des inconnus ! Je n'en suis pas encore là. Confused
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 22 Fév 2007 - 14:15

ça me parait assez éloquent cette parabole footballistique, un bon raccourci historique qui permet de bien reconstituer les forces en présence!
Quand, comme moi on nage un peu dans la piscine madrigalesque (et la musique des 16è et 17è, ça permet de remettre certaines choses en perspective: ce qui est très surprenant dans le peu que je connais de cette musique c'est l'incroyable chromatisme, les dissonances accumulées, les techniques imitatives, la fluidité des rythmiques si souples, tous éléments qui vont mettre 300 ans à réapparaître dans la musique. Au fond le classicisme des 18è et 19è ne serait-il pas qu'une longue parenthèse où le système se fige, afin qu'il ne se passe plus rien (l'invention de la bienséance?)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 22 Fév 2007 - 15:13

vartan a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Quelle belle apologie. Very Happy

plus encore de Zandonai, Montemezzi, Sciarrino aujourd'hui.

Merci. Pour moi des inconnus ! Je n'en suis pas encore là. Confused
Le premier navigue entre Puccini et le Strauss d'Elektra, le deuxième est totalement postromantique, dans un langage musical proche des véristes, mais dans un univers pas du tout vériste, plus proche d'une version italienne du premier Schönberg ou des Maeterlinck.
Le troisième est un compositeur en vue d'opéras aujourd'hui, et ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Je me souviens que Ouannier aimait.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 22 Fév 2007 - 15:14

sud273 a écrit:
Au fond le classicisme des 18è et 19è ne serait-il pas qu'une longue parenthèse où le système se fige, afin qu'il ne se passe plus rien (l'invention de la bienséance?)
Aïe aïe ! Pas tout à fait, non. Smile
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Jeu 22 Fév 2007 - 19:31

On y reviendra Sud, mais les dissonances des madrigalistes ont pour but de nous faire ressentir la tonalité par opposition au modalisme existant, le chromatisme de Tristan, de distendre la tonalité vers l'atonalisme. En fait, on a aux deux extrémités de la période où les tonalités règnent le même moyen pour l'accoucher et pour l'enterrer.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 17:29

Les derniers noms venus du nord, de Macque, de Monte, de Wert, quittent la scène pour laisser les Italiens reprendre la poursuite de l'aventure.

Rions un peu !

C'est alors qu'intervient une art méditerranéen, italien, qui va féconder le terreau madrigalesque: la Commedia dell'arte.
Le théâtre entre en scène. Le grave et l'aimable s'y cotoient et le naturel du parler s'y exprime avec un bonheur qui appelle la musique. Les madrigalistes l'annexent.

Orazio Vecchi: Italien (Modène 1550 – Modène 1605)

Etudie à Modène, entre dans les ordres puis passe quelques années à Brescia, Bergame, Salo comme maître de chapelle. De retour à Modène, il y devient Maître de la chapelle de la cathédrale puis chanoine de la collégiale de Correggio (1586-91) et archidiacre du chapitre (1591-92). Il y travaille à la révision du Graduel romain avec Gabrieli et Balbi.

Il est également au service de Cesar d'Este en 1598, deux ans plus tard à Rome avec le cardinal Alessandro d'Este et assiste à Florence à un évènement considérable: la représentation de l'Euridice de Peri.

Très attaché à sa ville natale, il décline l'offre de l'empereur Rodolphe II qui lui propose le poste de Philippe de Monte qui vient de mourir en 1603. Evincé par son élève Capilupi (presque « cheveu de loup ») en 1604, il meurt un an plus tard.

Grand compositeur de musique sacrée d'un style sobre marqué par la Contre-Réforme et assez homophone, compositeur également de madrigaux traditionnels (Deux livres à 5 voix et 6 voix).
Mais il est le génial catalyseur et maître de la comédie madrigalesque qui fut initiée par un Vénitien, Giovanni Croce.

Il utilise le ton et la variété de la Commedia dell'arte, ses dialectes, son absurdité, ses contrastes et ses personnages.

Il compose ainsi quatre recueils:
La selva di varria ricreatione de 3 à 10 voix en 1590
L'Amfiparnasso créé à la cour de Modène en 1594
Il Convito musicale en 1597
Le Veglie di Siena en 1604

L'Amfiparnasso reste son chef-d'oeuvre du genre avec une trame comique où les voix contrastées traitées également nous propose un théatre burlesque d'une grande diversité et d'une grande souplesse malgré un contrepoint à 5 voix. Mais ne rêvons pas, ce n'est pas d'une drôlerie effrénée.

Adriano Banchieri: Italien (Bologne 1568 – Bologne 1634)

De l'école vénitienne. Il est fait moine en 1589, bénédictin, il deviendra abbé. Grand organiste, il est membre de l'Accademia Filarmonica. Il écrira sous divers noms d'emprunts: Il dissonante, Attabaliba del Perù, Camillo Scaligeri della Fratta ! Laughing

En relation étroite avec Vecchi et Monteverdi qui lui rendra visite à Bologne, il est un musicien hyperactif, compositeur, interprète, théoricien et enseignant recherché. Il invente la barre de mesure et le chiffrage de la basse continue. Il est aussi philosophe et poète. thumleft

Madrigaliste (1° livre à 5 voix en 1593) il compose aussi des canzonette. C'est avant tout le grand auteur de comédies madrigalesques, drôle et original.

Les madrigaux de ses pièces forment un théatre polyphonique imaginaire d'une action suggérée par la succession de numéros qui ponctuent plus qu'ils n'accompagnent le drame comique.
Son goût pour la parodie l'amènent à composer des pot-pourris des styles musicaux de l'époque:
Il studio dilettevole en 1600
Il zabaione musicale en 1603
Il festino della sera del Giovedi grassa avanti la cena en 1608.
Il y mêle dans des madrigaux à 5 voix une ironie débridée et des moments lyriques inattendus.

Mais son chef-d'oeuvre absolu dans ce genre reste La Barca di Venetia per Padova de 1605 qui relate un voyage entre Venise et Padoue sur la Brenta, sur un coche d'eau qui assurait la ligne régulière entre la Sérénissime et la Terre Ferme. Embarqués sur cet esquif, toute la galerie des personnages propres au théâtre de tréteaux: les Allemands et leur gutturalité, les courtisanes (pour rester polis) et leur bagout, les pêcheurs et les marchands, les touristes et l'avocat, l'étudiant et les deux juifs. Toute cette diversité n'est qu'un pretexte à jouer avec une virtuosité inouïe sur cette peinture de caractères, vivante, humaine, ses accents stéréotypés. De l'humour au second degré puisque le nocher de cet équipage propose en préambule à tout ce petit monde de se mettre à chanter un madrigal dans le style de... Banchieri.

C'est véritablement une pièce d'une belle vivacité, virtuose et piquante, à connaître.

La meilleure interprétation, par l'ensemble Clément Janequin chez HM. Si vous trouvez... Confused



Autre bel exemple de sa production, Il Zabaione musicale qui pastiche différents styles de madrigaux et d'humeurs diverses. Là aussi, grande technique au service du clin d'oeil à ses confrères musiciens. Délectable.
Par contre, une de ses oeuvres les plus connues (en tout cas classiquement relevée): Contrappunto bestiale alla mente, farce animalière où interviennent chat, chien, coucou, hibou, reste une plaisanterie sans grande finesse.


Ce genre comique est malgré tout une impasse évolutive, sans lendemain. Mais elle révèle d'une part la maîtrise atteinte par ces moyens polyphoniques capable de peindre une immense palette d'émotions, une virtuosité accomplie derrière ces plaisanteries de carabins, et d'autre part elle donne une assurance aux derniers madrigalistes qui s'engagent plus sûrement sur le projet du drame en musique.
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Era
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 17:42

Bon sujet, bravo !! (je crois que j'ai tout lu, mais il y a tellement d'informations que c'est difficile de tout retenir !)

J'ai chez moi un disque des King's Singer, avec des madrigaux de Dowland, Byrd, mais aussi 6 ou 7 madrigaux italiens :

Moi j'aime beaucoup, mais je ne sais absolument pas ce qu'il vaut au point de vue de l'interprétation study
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 17:49

(Pardon, j'ai édité ton message par inadvertance ! )

Merci, mais c'est là pour ça !
Pour Rooley, c'esttout à fait honnête, dans Monteverdi dont il a fait une intégrale.
Mais il y a nettement plus intéressant comme interprétation.

Le madrigal anglais, je connais moins. Embarassed
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 17:53

Citation :
Salo comme maître de chapelle.
120 journées?

Citation :
Il Zabaione musicale
De la cuisine?

Ah oui, Vartan est-ce que tu as de quoi lire les 78t? et connais-tu les versions de Nadia Boulanger?
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kougelhof 1er
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 17:55

.


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Xavier
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 17:58

kougelhof 1er a écrit:
Le madrigal est au 16ème siècle ce que les Lieder ou les Melodies sont au 19 ème : c'est-à-dire une oeuvre musicale chantée, de la musique et des paroles. Voilà tout est dit

Je jetterai quand même un oeil à la présenation de Vartan! Mr. Green
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 17:58

sud273 a écrit:
Citation :
Salo comme maître de chapelle.
120 journées?
Je l'attendais, tu me combles. Laughing

Citation :
Citation :
Il Zabaione musicale
De la cuisine?

Comment de la cuisine ! Le zabaione, terme italien pour sabayon. Une des plus grandes inventions culinaires de l'humanité Oui, Monsieur.

Citation :
Ah oui, Vartan est-ce que tu as de quoi lire les 78t? et connais-tu les versions de Nadia Boulanger?

Non, je suis mal équipé, mais ce qu'en raconte Christie me fait rêver.
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Rubato
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 18:04

Et bien moi j'ai tout sauvegardé pour me faire mon petit dossier Madrigal
Merci Vartan thumright
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 18:06

Merci pour vos encouragements, je vais continuer à travailler alors. Very Happy
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Rubato
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 18:42

vartan a écrit:
Merci pour vos encouragements, je vais continuer à travailler alors. Very Happy

J'espère bien.. bounce
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 18:58

Un petit aparté. Pour jeter une oreille sur ce que conduit comme projet la Camerata Fioretina du Comte de' Bardi...
Un très beau disque, les intermèdes de la Pellegrina, première oeuvre aboutie collective de ce cénacle de penseurs musiciens.

Caccini, de' Cavalieri, Peri font ici leurs premiers pas vers l'Opéra et la monodie, Marenzio et Malvezzi, eux habillent ces tableaux antiquisants de beaux madrigaux polyphoniques.

Comme toujours, difficile à trouver. Un jean-foutre sur Amazon propose ces deux disques pour 100 € !

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entropie
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 19:04

Vartan et Merci !
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 19:11

Wink
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 19:21

sud273 a écrit:
Citation :
Salo comme maître de chapelle.
120 journées?
Non, postlogue républicain en 19 mois avec diva obligée.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 19:51

4- L'âge d'or

Brêve et intense apothéose. Le répertoire s'éloigne toujours plus de toute proximité populaire et s'engage dans des jeux d'une grande subtilité affective et psychologique. Le cadre harmonique vole en éclat pour imposer une nouvelle façon de concevoir l'alphabet musical. La tonalité s'affirme dans la deuxième moitié du siècle et les dissonances chères au courant progressiste forme cette sensibilité de l'oreille qui impose une grille de lecture qui ne changera désormais plus.
Les madrigaux de ces dernières années, ces joutes tendres et douloureuses, exacerbées tournent déjà à la guerre d'amour. La théâtralité sous-jacente se révèle peu à peu pour offrir un éventail toujours plus grand de passions humaines.
La nouveauté du récitatif monodique (genere rappresentativo) va progressivement imprégner le genre madrigalesque qui va rompre les limites du cadre polyphonique et va aboutir (conjointement avec les Florentins) à la création de l'Opéra, il dramma in musica.

Avec le néo-madrigal des années 1590 - 1640, les Italiens vont écrire une des pages de leur histoire musicale les plus maîtrisée et sophistiquée, associant une acuité de l'idée dramatique à une facture de composition d'un raffinement extrême, ceci sans verser dans les travers d'un académisme qui fut celui des derniers madrigalistes du Moyen-âge.
Ce genre va féconder en profondeur les trois siècles de musique à venir. Je crois que l'on peut parler ici de révolution plus que d'évolution. En 15 à 20 années, tout le langage musical de l'époque va disparaître pour être remplacé par de nouveaux moyens fortement pérennes.
L'engouement pour le madrigal italien ne se calme pas et les imprimeries vénitiennes tournent à plein régime. Il n'est pas rare de voir les livres de madrigaux réédités des dizaines de fois. Les Allemands après les Français, les Anglais et les Flamands se mettent à faire jouer ces pièces.

Comme on l'a vu, la forme passe de 4 à 6 voix, mais la forme classique est à 5 voix. L'écriture se resserre mais au prix de modulations et d'harmonies osées au service toujours d'une correspondance accusée entre le texte et la musique.
Une panoplie figuraliste qui cherche à traduire en clair et de façon habilement condensée, l'idée, le mot et l'action. Plusieurs niveaux d'écoute donc dans une même phrase musicale. C'est prodigieux, mais peut rester inaudible à qui n'y prête pas l'attention suffisante.
D'un habile art de cour dérivant d'airs populaire, le madrigal s'épanouit en un art intellectuel et émotionnel accompli.

Classiquement on fait référence pour cette période à trois maîtres:

Luca Marenzio
Claudio Monteverdi
Carlo Gesualdo

Il est pour moi difficile de ne pas mettre sur un pied d'égalité

Luzzasco Luzzascchi
Sigismondo d'India


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kougelhof 1er
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 20:57

.


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felyrops
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Ven 23 Fév 2007 - 21:57

Et à l'apogée du madrigal, Giovanni Legrenzi (lui aussi Maître de Chapelle à la San Marco) n'entre-t-il pas dans la panoplie?
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 24 Fév 2007 - 0:18

kougelhof 1er a écrit:
Je lui présente donc mes excuses les plus sincères et les plus plates. Je ne suis pas aussi instruit en musique,

Acceptées volontiers si cela permet de repartir sur de plus saines bases ! Wink

Citation :
il me reste néanmoins les Sciences et l'Amour de la Chair
Sujets d'étude conséquents. Mr. Green



Mais en ce qui concerne le madrigal j'en profite pour donner les références dont je me sers:

Le madrigal italien de Luca Marenzio à Claudio Monteverdi, Georgie Durosoir, Publimuses.
Assez technique, analyse du style en fonction de l'harmonie, s'intéresse aux procédés chromatiques et dissonants pour mettre en relief l'évolution du genre.

Le madrigal en son jardin, Roger Tellart, Fayard.
Histoire naturelle du madrigal italien et anglais, dictionnaire des madrigalistes.

Claudio Monteverdi, Roger Tellart, Fayard.
La bible: biographie, analyse systématique stylistique et technique...

La musique, de la nuit des temps aux aurores nouvelles, Antoine Goléa, Alphonse Leduc.

Encyclopedia Universalis, pour grapiller quelques trucs, pas d'article vraiment intéressant.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 24 Fév 2007 - 0:33

felyrops a écrit:
Et à l'apogée du madrigal, Giovanni Legrenzi (lui aussi Maître de Chapelle à la San Marco) n'entre-t-il pas dans la panoplie?

Je ne connais pas les madrigaux de Legrenzi. Mais il sort du cadre stylistique de la Renaissance et de ses transformations. Il est bien postérieur à l'apogée du madrigal qui voit ses plus belles réussites autour de l'année 1595. C'est presque un siècle plus tard que Legrenzi accède à Saint-Marc.
Il y a d'autres compositeurs qui ont continué à composer des madrigaux, mais la forme en est fixée et elle reste un exercice pour les compositeurs qui s'entraînent au contrepoint. Un des derniers, Antonio Lotti dont je vous avais proposé un extrait de son Requiem en BT. En 1705 il publie un livre de madrigaux d'une grande qualité expressive et dans le respect stylistique de la vieille science du XVIième. Raillé par ses pairs, il s'en tint là. Fin de l'histoire.
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kougelhof 1er
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 24 Fév 2007 - 1:14

.


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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 24 Fév 2007 - 1:34

C'est par Christie (ce disque) que j'ai découvert Monteverdi à l'époque de sa sortie je crois. AUjourd'hui je n'écoute plus du tout, c'est vivant mais ça passe à côté du propos, c'est flou, approximatif et ici la précision est indispensable.

Mais question époque c'est pile entre Janequin qui meurt 10 ans avant la naissance de Monteverdi et Charpentier qui lui naît l'année même de la mort de Claudio.

Mais j'essaierai de faire un sujet sur "comment écouter le madrigal" parce que c'est pas évident. Longtemps je n'ai rien compris et rien ressenti à écouter ça.
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 10 Mar 2007 - 22:13

Luca Marenzio (Coccaglio près de Brescia 1553 - Rome 1599)

Elève de la maîtrise du Duomo de Brescia, il servit le cardinal Madruzzo à Rome avant de travailler pour le compte du cardinal Luigi d'Este.
En 1589 il est à Florence déjà reconnu (il a publié déjà une quinzaine de livres de madrigaux à 4, 5 et 6 voix), se permet de dédicacer ses oeuvres aux plus grands amateurs du genre: Luigi d'Este, le duc Alfonso II de Ferrare, Lucrezia duchesse d'Urbino, Orsini duc de Braciano, Vincenzo Gonzaga duc de Mantoue, Bevilacqua. Rien que de son vivant on recense jusqu'à 19 réédition de certains de ses livres. Après sa mort, Venise continue de publier ses madrigaux comme de son vivant. Les imprimeries du nord le diffusent à grande échelle, il est aussi un succès de librairie à Anvers (3 rééditions d'une intégrale), Nüremberg (3 rééditions d'une anthologie), Paris pourtant peu enclin à goûter la musique étrangère: deux imprimeurs éditent ses madrigaux.

Il privilégie le genre à 5 voix dont il composera 9 livres étalés des débuts de ses publications (1° livre de 1581) jusqu'à sa mort (9° livre de 1599), les quatre derniers écrits dans ses 5 dernières années, coeur de ses plus belles oeuvres.

Ses goûts poétiques sont éclectiques, de la poésie parfois médiocre, souvent racée, mais toujours de son temps, il délaisse les "anciens". Il favorise Le Tasse, Guarini, Rinuccini de la Camerata Bardi. Il s'intéresse à des thèmes lyriques, sensuels aussi bien qu'à des pièces austères et pathétiques.

Il va travailler avec la Camerata Fiorentina dont il sera un des principaux représentant des polyphonistes. A ce titre il écrit une grande partie des intermèdes de la Pellegrina (sa contribution est de style madrigalesque bien sûr, Peri, Cavalieri et Malvezzi se chargeant des autres parties).

A Rome jusqu'en 1595 où il sert les Orsini dont le pape Clément VIII, il est appelé en Pologne pour servir le roi Sigismond IIIà Varsovie. Il est de retour à Rome en 98 et meurt un an plus tard célébré de tous.

Considéré de son temps comme le meilleur madrigaliste du siècle, il est un exemple pour ses continuateurs (Monteverdi, Schütz, Dowland). Il mène le genre à une perfection qui est déjà proche du baroque. S'il ne peint pas aussi parfaitement et intimement l'âme humaine que Monteverdi, la perfection de sa manière sans académisme, le souci de toujours accorder la forme au fond avec élégance et une grande simplicité, fluidité mélodique qui en fait la figure classique du genre. Quand je l'écoute je me dis qu'il est mon préféré même si ce n'est pas le plus original. Il n'a pas la profondeur émotionnelle de Monteverdi, ni le chromatisme d'un Luzzascchi, nil'expressionnisme déchiré d'un Gesualdo... Mais c'est sans doute le plus équilibré. Il utilise tous les madrigalismes élaborés par ses prédécesseurs sans systématisme: l'attente, l'élan sont des montées vers l'aigu, la tristesse une descente... Mais il reste libre des conventions et sait s'en passer. Il est celui qui apporte la plus grande fluidité prosodique.

Pour revenir à ses quatre derniers livres à 5 voix, ils sont des petits bijoux où l'harmonie s'élargit, plus souple, les dissonances ne sont pas exclues mais sous formes de citations ponctuelles. On quitte la Renaissance et ses tâtonnements, c'est la musique de l'avenir qui est ici clairement entendue.

Son oeuvre monumentale comporte aussi 5 livres de villanelle et des madrigaux spirituels qui ne sont pas à séparer des autres tant il n'y a que le genre de poésie qui diffère, l'esprit y est le même. En gros tout Marenzio c'est du tout bon.

Difficile d'en trouver malgré l'achèvement parfait de cette production, c'est malheureux ! Deux beaux enregistrements:

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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 11 Mar 2007 - 11:22

vartan a écrit:
Considéré de son temps comme le meilleur madrigaliste du siècle, il est un exemple pour ses continuateurs (Monteverdi, Schütz, Dowland). Il mène le genre à une perfection qui est déjà proche du baroque. S'il ne peint pas aussi parfaitement et intimement l'âme humaine que Monteverdi, la perfection de sa manière sans académisme, le souci de toujours accorder la forme au fond avec élégance et une grande simplicité, fluidité mélodique qui en fait la figure classique du genre. Quand je l'écoute je me dis qu'il est mon préféré même si ce n'est pas le plus original. Il n'a pas la profondeur émotionnelle de Monteverdi, ni le chromatisme d'un Luzzascchi, nil'expressionnisme déchiré d'un Gesualdo... Mais c'est sans doute le plus équilibré. Il utilise tous les madrigalismes élaborés par ses prédécesseurs sans systématisme: l'attente, l'élan sont des montées vers l'aigu, la tristesse une descente... Mais il reste libre des conventions et sait s'en passer. Il est celui qui apporte la plus grande fluidité prosodique.

Je vais écouter pour voir...
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 11 Mar 2007 - 12:55

Wink

Le sixième livre disponible par la Venexiana est sans doute le meilleur, mais je suis loin d'avoir entendu beaucoup de Marenzio (1°, 6°, 9° livre et la Pellegrina).
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Dim 25 Mar 2007 - 19:05

Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, 1545 - Ferrare, 1607)

C'est un élève de Cyprien de Rore qui fera toute sa carrière au service des Este de Ferrare comme organiste puis maître de chapelle. Ses contemporains le considéraient comme un des plus grands organistes d'Italie. Il fut aussi le maître de Frescobaldi.

Il écrivit sept livres de madrigaux à 5 voix (1 à 3 de 1571 à 1582, 4 à 6 de 1594 à 1596, le septième en 1604) et des Madrigali per cantare e sonare à 1, 2 et 3 voix (1601).

Ici aussi on note la forte poussée créatrice autour des années 1595, forte demande du public également.

Ses premiers livres sont des plus classiques, mais à partie du IV° il change sensiblement le caractère expressif de ses madrigaux. Une prise de conscience de la relation du texte et de la musique se lit dans la dédicace qu'il écrit en introduction de son VI° livre dédié à la Duchesse d'Urbino: "La musique n'a pas pour seule fin la jouissance, le plaisir... Mais tous les liens naturels avec sa soeur la poésie; la légèreté, la gravité, la douceur, la plaisanterie, qui sont portées de l'une à l'autre manière si naturelle que bien souvent le poète est musicien et le musicien est poète."

Il a confiance en son génie et l'humanisme de son temps, cherche dans les poètes contemporains l'inspiration qui amène aux mêmes tournures musicales que les maniérismes littéraires. "...que notre époque a conçu la parfaite forme, si différente de l'ancienne que si les premiers représentants revenaient à la vie, ils pourraient à peine la reconnaître." Le grand respect pour la tradition musicale ou poétique est lettre morte. Les musiciens deviennent des chercheurs qui font évoluer la forme à une rapidité telle qu'en une décennie, le madrigal va mourir pour laisser la place à la cantate et à l'Opéra alors même qu'il atteint son apogée. Pourtant il ne se dessèche pas, textes et musiques sont d'une diversité de plus en plus riche. C'est plutôt la richesse de ces ramifications qui entraîne sa fin, qu'une décadence et rétrécissement de l'inspiration comme cela avait été le cas pour la vieille polyphonie. On est bien face à un tournant majeur de l'art musical, comparable aux révolutions romantique ou debussyste.

Cette nouveauté, Luzzaschi la fait porter par le succès extraordinaire du Concerto delle Donne dont il est le principal fournisseur de musique. La tehnique du contrepoint s'efface de plus en plus devant l'autonomie d'une, deux ou trois lignes mélodiques. Publié en 1601, le livre à 1, 2 ou 3 voix est publié avec accompagnement de clavecin totalement écrit pour la première fois. Il s'agit de pièce de stile concertato.
La main droite reprend et suit schématiquement les deux voix du madrigal, la main gauche assure les points forts de la tonalité.
Ce qui est neuf aussi pour les voix, c'est que tout est écrit sans laisser de liberté à l'interprète, tous les madrigalismes et autres ornementations sont conçus dès le geste de l'écriture vocale. Les mots porteurs de ces madrigalismes (Ardore, cantare, lieto...) sont choisis électivement pour porter ces traits de virtuosité jamais atteints jusqu'ici, s'étirant sur plusieurs mesures, l'art du chant italien se confirme, la musique commence à prendre le pas sur la littérature.

Luzzaschi évoque "une nouvelle manière qui, non seulement par sa nouveauté, mais par la perfection de l'artifice, peut prétendre à l'approbation du monde". Modestie ! Mais il reste un grand professeur pour nombre d'élèves et ouvert aux nouveautés: il impressionne Gesualdo, l'encourage à publier et persévérer dans ses propres recherches.


Une parenthèse: Le Concerto delle Donne Principalissime



Avec l'arrivée du duc Alfonso II se constitue un orchestre de chambre de tenu par des dames de l'aristocratie virtuoses du chant. Au cours du temps, cette formation prendra différentes formes, mais la plus illustre est constituée d'un trio féminin dirigé par Laura Peperara avec Lucrezia et Isabella Bendidio. On y trouvera aussi Anna Guarina, la fille du poète Guarini, Tarquinia Molza également poétesse... Elles savaient s'accompagner au luth ou à la viole. Toutes les cours admiraient cet ensemble célèbre dans toute l'Europe. Il est fortement soutenu par Alfonso dès 1567. On pouvait y adjoindre des voix masculines ou le mélanger avec divers instruments pour certains répertoires. Pour le mariage de Gesualdo avec sa seconde épouse Leonora d'Este, soeur d'Alfonso II (il avait quelque peu usé la première et rendi la deuxième malheureuse) on put entendre le Concerto delle donne, le Concerto grande, le Balletto della Duchessa, les Concerti feminili.

La fascination exercée par ces interprètes fut telle que de nombreux compositeurs écrivirent des madrigaux qui leur étaient particulièrement destinés (Marenzio, Gesualdo, de Wert et même Monteverdi chez lequel on retrouve cette virtuosité qui est lancée dans ce cénacle musical. Leur professonnalisme permettait aux musiciens de nouvelles expériences, de sophistiquer l'art du chant.


Je ne saurais bien sûr trop vous conseiller ces superbes pièces du Livre V par La Venexiana.

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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 26 Mar 2007 - 0:14

Quelques exemples d'écriture madrigalesque pris dans le livre à trois voix de 1601: I' mi son giovinetta

Sans scanner, excusez la qualité, je me débrouille avec mon appareil photo.

Dans le premier exemple, on voit bien l'aboutissement évolutif qui conduit à laisser la main gauche (clavecin) assurer la basse par des gammes entre tonique et dominante, la droite accompagne discrètement les voix.

Les madrigalismes de la voix seule au début de ce madrigal sont nets: sur rido (je ris) une petite descente à la tierce et retour comme un rire, sur canto (je chante) une véritable aria miniature. Typique.




Toujours dans le même madrigal, on voit les deux voix dans une sorte de canon se mêler dans des gammes contraires (sur spiego à la première ligne, fin de la portée) et alterner les mélismes. Ce procédé donne l'impression de voix qui s'enroulent l'une autour de l'autre dans un mouvement très sensuel.
Là aussi des madrigalismes typiques sur lieto (joyeux) et ridente (riante)

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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 26 Mar 2007 - 0:54

c'est tout à fait passionnant, même sans en rien connaître (le peu que j'ai écouté se limite à Gesualdo et quelques Monteverdi, même si ce n'est guère mon goût d'emblée, encore que Gesualdo, j'ai un peu creusé à une période, attiré sans doute par le romanesque du personnage, mais aussi par les étrangetés de l'harmonie).
On voit bien se dérouler les biographies et les singularités de tous ces personnages et une richesse insoupçonnée s'y révèle de talents et de destinées, en même temps qu'on envisage les perspectives vers l'opéra et la cantate, ce qui montre, pour parvenir à nous le faire sentir, une connaissance approfondie du sujet, une aisance à le dominer de loin.
C'est très curieux comme en lisant les extraits des partitions, on a par moment la sensation qu'il faut absolument y ajouter une altération (pour que ça tombe dans une tonalité classique) et comme, quand elle arrive enfin, elle est absolument inattendue (le do#et pas le fa dans l'exemple 1)
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 26 Mar 2007 - 1:27

Ce frottement vient altérer l'ensemble bien confiant de ce printemps qui aboutit un peu plus loin à l'ardeur qui s'enfuit comme s'enfuit le printemps. C'est la note qui pince au coeur avant l'annonce du drame. C'est tout l'art du madrigal. Mais on entre dans une période maniériste qui verra se généraliser le chromatisme comme moyen d'expression. Toutes les altérations appellent une résolution qui ne vient pas, tient en haleine et refuse le soulagement de l'oreille. C'est de la musique vraiment érotique.

Gesualdo, Gesualdo ! Romanesque ? Mais c'est un meurtrier épouvantable et sûrement un grand malade ! Laughing

Merci pour le compliment, mais sans ma bibliothèque j'aurais du mal à en parler comme ça, presque rien n'est enregistré ou sinon de rares madrigaux et le plus souvent dans des interprétations "expérimentales" pas convaincantes. Mais ça va s'arranger avec les derniers.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 26 Mar 2007 - 15:06

Tu as bien mis en évidence sur un beau plateau en bois couleur jaune merisier la dimension tropique de l'écriture madrigalesque: les notes exécutent des figures qui sont la métaphore des états psychologiques et actions exprimés par les mots. C'est particulièrement remarquable dans les madrigaux de Monteverdi également.

Cela fait penser à l'architecture médiévale où valeur esthétique et valeur symbolique se conjuguent pour donner naissance à des chefs d'oeuvre.

(Je suis en train d'écouter les madrigaux de Marenzio, j'en parlerai quand j'aurai un peu plus avancé.)
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Luc Brewaeys
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 26 Mar 2007 - 15:16

J'imagine que vous connaissez tous Sigismondo D'India ?
Voici les données d'un CD avec un aperçu de ses Madrigaux...

Sigismondo D'india (c 1582-1628) - Madrigali

1998 - Erato, 3984-23418-2 (1 cd)
23 titres - 64:49 min

1/ Merce ! grido piangedo (cinque voci) 1.31 - 2/ Voi dissi e sospirando (instrumental) 2.43 - 3/ Alme luci beate – prima parte (cinque voci) 0.58 - 4/ Lo vi lascio, mie scorte – seconda parte (cinque voci) 2.17 - 5/ Sospir che del bel petto (instrumental) 2.23 - 6/ Crud’amarilli (cinque voci) 3.56 - 7/ Se tu, silvio – prima parte 2.07 - 8/ Ma se con la pieta – seconda parte 2.14 - 9/ Dorinda, ah ! diro mia – terza parte 3.28 - 10/ Ferir quel peto, ilvio ? – quarta parte 3.46 - 11/ Silvio, come son lassa – quinta parte (cinque voci) 3.18 - 12/ Lasso !, dicea fileno (cinque voci) 2.03 - 13/ Ombrose e care selve (instrumental) 2.59 - 14/ Ancidetemi pur, dogliosi affani (una voci) 6.35 - 15/ Strana armonia d’amore- prima parte 2.54 - 16/ In cio sol differenti – seconda parte (cinque voci) 1.35 - 17/ Che veggio ohimé, che miro ? (una voci) 6.23 - 18/ La mia filli crudel (due voci) 1.57 - 19/ Ecco filli, mia bella (due voci) 0.56 - 20/ Deh, chi mi fa languire (instrumental) 1.56 - 21/ Crud’amarilli (cantar solo) 2.02 - 22/ Pianogono al pianger moi (cantar solo) - 23/ Quell’augellin che chanta (instrumental) 2.42
enregistrement

Enregistré du 20 au 23 avril 1997, Paris, Salle Wagram, 14-15 juillet 1997, Paris, Chapelle de la fondation Eugène Napoléon. Producteur : Jean Pierre Loisil ; Ingénieur : Jacques Doll.
line up

Stéphanie Révidat, Violaine Lucas (sopranos) ; Mryseult Wieczorek (mezzo-soprano) ; Steve Dugardin (Alto) ; Etienne Lécroart, François Piolino (Ténors) ; Matthieu Lécroart (Bariton) ; Renaud Delaigne (basse) ; Les arts florissants : Anne-Marie Lasla (viole) ; Elizabeth Kenny (théorbe) ; William Christie (clavecin) ; Ensemble de violes Orlando Gibbons : Phillipe Pierlot (viole aigue cantus) ; Anne-Marie Lasla (viole aigue quinto) ; François Fernandez (voile ténor alto) ; Sylvie Moquet (basse viole tenor) ; Emmanuel Balssa (basse viole basse) ; Brian Feehan (Théorbe) ; William Christie (direction).

Remarques

Entre le choix des pièces et la très grande élégance propre à William Christie et ses arts florissants, la chronique évoque et conseille le disque dans son ensemble. La direction est d'une précision et d'une souplesse exceptionnelle... magistrale.

Chroniques

Des madrigaux sur guts… oui, et quels madrigaux ! Considéré comme l’équivalent profane de la cantate, le madrigal n’est rien d’autre, finalement, qu’un mini opéra, une saynète, dont les sujets récurrents sont la guerre et l’amour, mise en musique, en chant et en scène. Le madrigal traite souvent de situations dramatiques à plusieurs personnages et il fût le terrain de recherche et d’élection de l’expressivité, là où la musique sacrée focalisait une recherche à la fois plus esthétique et spirituelle. Ces madrigaux de l’incroyable D’India sont des pièces absolument subjuguantes, étonnantes, à l’inspiration mélodiques et harmoniques aussi sublime qu’étrange. Avec une maîtrise parfaite de la polyphonie et du contrepoint instrumental, D’India compose des partitions d’une finesse et d’une richesse complexe qui n’ont rien à envier à celles du grand Monteverdi, et qui se payent le luxe d’une personnalité musicale unique et fascinante. En effet, le sens mélodique et rythmique totalement extra-terrestre de D’India font de ses pièces des merveilles de beauté étrange, de démence latente, ou de mélancolie. Ce disque exceptionnel pioche dans les livres pour madrigaux à cinq voix, théâtraux, complexes, souvent très émouvants et d’une sophistication miraculeuse, et ceux pour madrigaux à une ou deux voix, plus lents et purs, et d’une beauté mélancolique saisissante. Ce ne sont pas des dissonances, des fausses notes… non, les mélodies de D’India sont belles et incroyablement raffinées, elles sont juste totalement surprenantes, inattendues, réinventant sans cesse l’équilibre harmonique au travers des chassés-croisés des voix indépendantes. Les rythmes se brisent, se cabrent, les voix se contredisent et se moquent l’une de l’autre, elles s’étonnent… rares sont les montées soudaines et bienheureuses, dansantes, qui ne soient détournées juste avant l’accomplissement vers des courbures étranges et troublantes : D’India cultive l’art violent de la dynamique et nous ballade de lyrisme exalté en accalmies obscures, d’une seconde à l’autre. Il y a dans ses histoires à la musique orfèvre un cynisme dérangeant, une manière une peu folle qu’ont les voix de s’ignorer ou de se répondre en contre pied, volte-face, mépris… comme un colloque de névrosés. L’expressivité est poussée à son maximum lors d’accès aigus qui relèvent presque du cri… cri de surprise, de stupeur, à l’image dont cette musique s’organise et se déroule, à coup d’imprévisible et d’à-coups syncopés… pourtant, on aime, et on trouve cela très, très beau. Car encore une fois, D’India ne pratique pas la dissonance ou la stridence, il est tout simplement le seul compositeur à avoir jamais ourdi ce type de mélodies à la fois totalement singulières, et immédiatement magnifiques ; et tout cela dans une maîtrise miraculeuse de la complexité. Le choix des pièces instrumentales qui ponctuent régulièrement ce recueil est d’une grande pertinence. Elles sont lentes et nostalgiques, étirées et plaintives. La deuxième moitié du disque regroupent les pièces pour une ou deux voix. Cette fois ça n’est plus dans la multiplication omnisciente des lignes et des rythmes qui se croisent et se filtrent que l’oblique particulière de D’India s’accomplit, mais dans les inflexions expressives intriguantes et nombreuses que le compositeur imprime à la voix. Qu’il n’y en ai que deux et l’on se croit déjà perdu par la richesse du tout, tout en percevant bien que tout cela s’harmonise, s’épouse et s’arabesque avec parfaite élégance, au service d’une lenteur un peu méditative, souvent mélancolique, voire tragique. Tout cela, bien sûr, est tissé de violes, de théorbes, de clavecin. Ce disque est, je vous le dit, d’une beauté hallucinante et prenante, sculptée des biais et tensions de l’étrange et du bizarre, du triste… et d’une perfection dentellière ahurissante. Un disque à posséder absolument.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 26 Mar 2007 - 20:04

sofro a écrit:
Tu as bien mis en évidence la dimension tropique de l'écriture madrigalesque: les notes exécutent des figures qui sont la métaphore des états psychologiques et actions exprimés par les mots.

Rien de plus émouvant pour moi.

Citation :
C'est particulièrement remarquable dans les madrigaux de Monteverdi également.
Oui, il fait éclater le cadre de la polyphonie pour privilégier cette lecture horizontale du sentiment sur une lecture plus verticale.


Citation :
Cela fait penser à l'architecture médiévale où valeur esthétique et valeur symbolique se conjuguent pour donner naissance à des chefs d'oeuvre.

Oui, c'est une belle image et je suis toujours surpris de la virtuosité d'écriture de ces Italiens qui qui ont réussi à allier - brièvement - polyphonie et expressivité. Si tu me permets de reprendre ton image métaphorique, ici la valeur symbolique spirituelle des premiers polyphonistes est remplacée par des valeurs affectives. Coup de maître et... culot.


Citation :
(Je suis en train d'écouter les madrigaux de Marenzio, j'en parlerai quand j'aurai un peu plus avancé.)

Avec grand plaisir.

Citation :
sur un beau plateau en bois couleur jaune merisier

Du teck en fait. Sous nos climats aquitains, l'humidité et la moiteur tropicales nous ont fait abandonner les essences précieuses pour des matériaux rustiques et imputrescibles. Non, tu ne verras pas mon lit à baldaquin en acajou.
Mr. Green
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 26 Mar 2007 - 20:18

Citation :
[quote="Luc Brewaeys"]J'imagine que vous connaissez tous Sigismondo D'India ?

Sûrement tous! Laughing


Citation :
Voici les données d'un CD avec un aperçu de ses Madrigaux...

Sigismondo D'india (c 1582-1628) - Madrigali

Oui D'India qui est dans l'ombre de Monteverdi, j'avais décidé de lui faire fermer la marche des madrigalistes, en conclusion. Il y a aussi le disque de Jean Marc Aymes avec Maria Christina Kiehr.







Merci Sofro et Luc de vos remarques. Wink
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 14 Mai 2007 - 1:28

vartan a écrit:
2- Le premier madrigal
Un Français, Philippe Verdelot (1480 - Florence 1552), du Vaucluse (Orange) ou de Brie comme Xavier (Les Loges). Maître de chapelle au baptistère San Giovanni de Florence de 1523 à 1525, il est appelé par le Pape à Rome en 1527 pour composer des motets. Il participe à la vie musicale romaine jusqu'en 1533 avant de revenir mourrir à Florence.
(cf. page 1)

Ecouter (libre de droits) :

Divini occhi.

Copie de B.F. Geurts.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 14 Mai 2007 - 1:35

Vartan a écrit:
Jacques Arcadelt (Franco-Flamand, Paris 1510 - Paris 1568)

Elève de Josquin des prés, puis de Verdelot, il part jeune en Italie, à Florence ches les Medicis, puis est signalé à Lyon près de son maître et à nouveau l'Italie: Rome à la chapelle julienne (Sixtine), Florence, Venise, court séjour à Liège chez Zoilreb chez qui il importe pour la première fois la recette de la bolo, puis il devient maître de chapelle du roi de France Henri II. Il devient chanoine de Notre-Dame de Paris avant de s'éteidre reconnu de tous. Il a composé de la musique religieuse, mais reste célèbre pour ses madrigaux.
(cf. page 2)

Madrigaux à quatre voix :

- Ahimé, dov'è 'l bel viso
http://piloris.free.fr/arca1.mid
(copie : C.M. Noblin)

- Il bianco e dolce cigno
http://piloris.free.fr/arca3.mid
(copie : C.M. Noblin)

- Ecco d'oro l'età
http://piloris.free.fr/arca2.mid
(copie : J.-C. Templeur)


Et une chanson, pour la comparaison :

- Margot, labourez les vignes
http://piloris.free.fr/arca4.mid
(copie : J.-C. Templeur)
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 14 Mai 2007 - 1:46

Merci ça donne une idée le Bontempi.
C'est très "gentil" harmoniquement encore.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 14 Mai 2007 - 1:51

Moi je veux bien mettre des disques, hein, mais si la police embarque Xavier, il faudra pas pleurer. Mr. Green

Ca me semblait un bon moyen de bien entendre la musique (on peut même le convertir en partition avec de nombreux logiciels, ça doit même exister pour Mac).
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 14 Mai 2007 - 1:54

DavidLeMarrec a écrit:
Moi je veux bien mettre des disques, hein, mais si la police embarque Xavier, il faudra pas pleurer. Mr. Green

Non pitié j'ai rien fait!

keuf

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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 14 Mai 2007 - 1:59

Il faudrait que je retrouve le site qui proposait des partitions de madrigaux avec cette écoute MIDI intégrée.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 14 Mai 2007 - 2:20

Le site du concerto delle donne ?
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Lun 14 Mai 2007 - 8:22

Ca doit être ça, c'est toi qui me l'avais trouvé... Laughing
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 2 Juin 2007 - 11:53

Claudio Monteverdi (Cremone 1567 - Venise 1643)

Un des créateurs les plus inventifs de l'histoire de la musique, un de ceux qui en aura changé le cours. Deux siècles et demi d'oubli avant sa redécouverte et la reconnaissance d'une place qu'il avait de son vivant dans le paysage historico-musical.

Père médecin, Marc' Antonio Ingegneri comme maître de musique lui-même polyphoniste émérite et élève de Cyprien de Rore. Très bon pédagogue, réputé pour l'enseignement de la tradition polyphonique franco-flamande la plus austère, à 15 ans Monteverdi est paré pour se lancer dans la carrière fort d'un bagage technique lui permettant de faire évoluer l'écriture de ses madrigaux avec une assurance que n'auront pas ses contemporains.

Il fait dès lors éditer son premier Livre de motets à trois voix (Sacrae Cantiunculae Tribus Vocibus, 1582, imprimé à Venise). Trois voix donc. C'est déjà quelque chose de nouveau. Le genre polyphonique pur est pratiqué traditionnellement à 5 voix. Ici son écriture propose une découpe syllabique qui vise à la clarté et l'intelligibilité du texte. Il s'autonomise de ce point de vue déjà de son maître et rejoins les points de vue de Gabrielli de Venise et Willaert. Son style est déjà sensible.

Suivent les Madrigali spirituali a quattro voci de 1583 publiés à Brescia. Elles furent semble-t-il bien diffusées et l'aidèrent à se faire déjà bien connaître du cénacle restreint des dilettanti des cous de l'Italie du nord. Madrigaux d'un jeune homme de 16 ans...
Musique perdue. Boulet

Canzonette a tre voci de 1584, là toute marque d'influence d'Ingegneri a disparue.

Puis trois ans de silence éditorial. Le projet de s'attaquer à la forme la plus sophistiquée et la plus investie de la musique de son temps, le madrigal, lui demande sans doute beaucoup de réflexion avant de pouvoir aboutir. C'est la voie d'un travail de toute une vie, le domaine où il testera et inventera les nouvelles formes à venir, révolutionnera tout un art.


Dernière édition par le Sam 2 Juin 2007 - 14:12, édité 1 fois
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antrav
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 2 Juin 2007 - 14:12

I° Livre de madrigaux à 5 voix (1587, publié à Venise).
Monteverdi a vingt ans. Il cherche pour la première fois à s'assurer des appuis à l'extérieur de la ville de Cremone et de ses maîtres, il dédicace cet ouvrage à un certain comte Verità, lui-même poète et mécène. En effet pour composer librement, il faut paradoxalement s'assujetir à un noble argenté qui dans ce milieu humaniste du XVI° siècle laisse une très grande liberté aux artistes qu'ils entretiennent. Tout ça changera bien vite.
Dix-neuf pièces dont une en triptyque. On y sent encore le goût pour la canzonetta, mélodies scandées, qui se répètent à chaque série de vers.

Pas de poète de prédilection pour ce recueil, des anonymes, deux poèmes de Guarini, un de Strozzi, du Tasse.

Dès le premier, Ch'ami la vita mia, raffinement d'un contrepoint simple mais élégant, rythme assez carré, dansants, madrigalismes et mélismes discrets mais utilisés à bon escient. Clin d'oeil au dédicataire dont l'épouse s'appelle Camilla Verità (Ch'ami la vita...). Les madrigalistes sont coutumiers de ces petits jeux de mots (parfois sophistiqués, ailleurs permettant le double-sens égrillard).

Ce livre est très lyrique, rythmé, métriquement fluide. L'influence de Marenzio est évidente. A cet égard le A che tormi il ben mio aux alternances de passage scandés et de longues plaintes où les voix se recouvrent en tuilages mélodramatique est déjà d'un grand art. Profond, expressif, chromatique, monteverdi est déjà l'égal de ses maîtres mais sans parvenir à transcender le texte qu'il suit à la lettre. Mais c'est beau quand même.

Baci soavi e cari qui développe des chromatismes douloureux est un petit bijou, Fumia la pastorella joue sur les registres de la pastorelle dansante et de l'ai de cour plus solennels, rappelant cette alternance de discours qu'on retrouvera dans les pièces narratives du VIII° livre.

Se nel partir da voi est tendre et triste comme ce départ redouté.

Ardo si, ma non t'amo est un exercice de polyphonie classique qui semble relever en clin d'oeil un madrigal d'Ingegneri dont le thème inversé permet à Claudio d'étaler son savoir-faire.

Je ne connais malheureusement pas le triptyque de madrigaux qui closent ce recueil d'après un texte du Tasse (pas enregistré je crois).
EDIT: erreur ! Enregistré confidentiellement je l'ai retrouvé dans mes vieilleries.
Trois brefs madrigaut très déclamatoires qui reprennent une poésie de Guarini (mis en musique dans ce même recueilArdo si, ma non t'amo) que le Tasse parodie. Monteverdi renvoit cette parodie en utilisant le même thème dans les deux pièces.

Il s'agit d'un fin connaisseur de la poésie du temps. Indispensable pour écrire le madrigal. Ses trois ans de silence éditorial ont peut-être pour raison le nécessaire approfondissement de cette culture poétique.

Livre un peu démonstratif donc, mais déjà d'un grand artiste, l'émotion est au rendez-vous tout de même.
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MessageSujet: Re: Le Madrigal italien (1530 - 1640)   Sam 2 Juin 2007 - 14:50

Au disque on a peu de choses, mais O divina Fortuna, que du bon.

Le Livre I est quasi complet (17 pièces) dans la remarquable compilation de Rooley et de son Consort of musicke.
Bons chanteurs: Emma Kirkby, Evelyn Tubb, Paul Agnew, Andrew King !
On trouve pour moins de 30 € les Livres I, II, III VI et VIII.



Pour les trois madrigaux du Tasse qui closent le Livre I, on les trouvera dans la compil Brilliant de 6 CD qui comprennent les livres VII et les Scherzi musicali, des madrigaux erotici e spirituali, il Combattimento, il Ballo dell'Ingrate, le Lamento della Ninfa, ceux d'Arianna et d'Ottavia et ce qui nous intéresse ici, un CD par Alessandrini I love you qui rassemble les madrigaux d'après la poésie du Tasse des livres I, II, III et IV.

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