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 Brahms - Requiem allemand

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shushu
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MessageSujet: Re: Brahms - Requiem allemand   Jeu 21 Sep 2017 - 13:52

D'après mes neurones affabulateurs : ma vision de Karajan 1976 (K III ?)

Il y a bien une intention d'expression d'un ressenti humain voire spirituel, ce qui est déjà un plus par rapport à Jansons
Mais il n'y a pas la foi absolue "inconditionnelle" de la version Klemperer. Et moins que dans KII (1964).
Les effets sont correctement maîtrisés, mais enfin ça donne l'impression de "vouloir en donner pour son argent" avec un certain étalage de luxe technique et matériel.
La prise de son pourrait être meilleure pour une prise 1976 (ceci dit, à cette époque, on ne pouvait encore atteindre l'absolue pureté).
Donc pas mal, moins que Klempe mais mieux que Jansons.

Envoyé depuis mes neurones dans leur état du 21/9/17 au matin


Dernière édition par shushu le Jeu 21 Sep 2017 - 14:18, édité 1 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Brahms - Requiem allemand   Jeu 21 Sep 2017 - 13:56

shushu a écrit:
Ceci n'engage que mes neurones et eux seuls :

J'ai quand même après avoir traîné les pieds passé une autre version que Klemperer tant honni qui mal y pense.
Jansons live 2012 (RCO) : exactement le type de déviation sans retour à laquelle je m'attendais, hélas.

Ce n'est vraiment pas ce que je t'aurais conseillé… Bien sûr que Jansons avec le Concertgebouworkest est forcément très hédoniste, pas du tout « profond ». Dans la veine recueillie ou incantatoire, il y a quantité d'adresses récentes (dont quelques-unes mentionnées précédemment), pas forcément celle-là. (Ni Karajan, que je n'aime guère là-dedans, vraiment épais et assez extérieur…)
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Brahms - Requiem allemand   Dim 26 Aoû 2018 - 23:27

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Johannes Brahms (1833-1897) :

Ein deutsches Requiem, Op. 45

Agnes Giebel, soprano
Hermann Prey, baryton
Ernest Ansermet, Chœur Pro Arte de Lausanne, Orchestre et Chœur de la Suisse romande


(Decca, juin 1966)

Smile Quand j'étais petit, je trouvais ce Requiem ch... comme la pluie.
Il m'a fallu la sagesse des ans pour en apprécier la philosophie et les bontés.
Voilà un extrait d'une notule© que j'avais rédigée voilà quelques années :

Ce n'est pas inutile de savoir que le jeune Ernest fut élevé dans un milieu à la fois protestant (sa mère) et maçonnique (son père).
Une éducation qui contribua à développer en lui une certaine forme de foi rousseauiste : un libéralisme théologique qui, face à l'autonomie individuelle,
pousse à l'accomplissement du devoir.
Il ne se spécialisa pas dans le répertoire sacré, ne cherchant pas la musique dans Dieu. Mais trouva certainement un reflet de sa transcendance dans les lois de la musique.
« Je sais en qui j'ai cru » souhaitait-il pour épitaphe.
A l'instar de cet aveu que lui avait confié Stravinsky : « Vous savez, je fais attention aux harmonies ; dans l'horizontalité, on tend les fils comme on veut ;
mais dans les assemblages verticaux, c'est autre chose. Il faut qu'ils se justifient devant Dieu ».
Le long chapitre La phénoménologie de Dieu inclus dans son ouvrage Les Fondements de la musique dans la conscience humaine apporte une théorisation de cette pensée.
Une telle philosophie humaniste s'exprime aussi bien dans une lettre à l'écrivain Ramuz (10 décembre 1933) :
« vous jugez le bolchevisme sur l'esprit de sa doctrine mais quelle sera sa réalité ?
Qui sait si cette société qui a écarté Dieu et toute grandeur spirituelle de l'homme n'aboutira pas à ce que l'homme la retrouve en lui, précisément parce que ce ne sera pas du donné ».

Certes on ne saurait expliquer un style interprétatif par la biographie ou les déclarations d'intention. Mais dans le cas d'Ansermet, mathématicien, musicien, pédagogue, philosophe :
l'ensemble de ces activités et de sa réflexion dégage une éthique qui implique ses réalisations artistiques.

A l'appui de telles vues, cette interprétation bannit la solennité comme le piétisme : radieuse et solaire, quotidienne et laborieuse,
avec ce que ça inclut de prosaïsme au meilleur sens du terme, éclairée par son intelligence et la ressource morale qu'elle semble puiser dans la seule droiture de ses convictions.
Comme puisée aux anciens idéaux du Baroque sous la Réforme.
On est pourtant loin du stoïcisme marmoréen qu'illustre le célèbre enregistrement d'Otto Klemperer pour Emi.
L'intonation, la prosodie des choeurs helvètes apparaissent ici le vecteur d'une telle conception vertueuse.
Quel meilleur exemple que cette accentuation rectiligne du Die mit Tränen säen, werden mit Freuden ernsten : la joie non comme une rédemption des larmes
mais comme l'équilibre commercé que mérite une juste vie.
Ansermet conserva son dynamisme, sa curiosité, sa soif d'entreprendre jusqu'à la fin de sa carrière, comme l'on sait marquée par une intense activité discographique.
Il croyait certainement à cette phrase biblique tirée de l'Apocalypse,
concluant ce Requiem allemand qui fut d'ailleurs joué lors de ses funérailles à Genève le 25 février 1969 : « qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent ».



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MessageSujet: Re: Brahms - Requiem allemand   

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