Autour de la musique classique

Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Montserrat Caballé

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8
AuteurMessage
bAlexb
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 8423
Age : 37
Localisation : Rhône-Alpes
Date d'inscription : 18/10/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 17 Oct 2018 - 15:26

Francesco a écrit:
En revanche, ce Jules César de 67, quelle horreur  

Et en 82 : /watch?v=7kjM2UoKYBw ? (Archi-connu, par ailleurs ; je ne prétends pas réinventer la roue Wink !)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 17 Oct 2018 - 16:24

J'avais un peu regardé en amont (le nombre de représentations filmées pour Caballé par des instances officielles est hallucinant ... alors que son héritage DVD est très pauvre). Difficile d'écouter (un peu comme avec la Medea de Medina) ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Ven 19 Oct 2018 - 22:24

Quelques mots de l'Hérodiade de Barcelone en passant ... mazette, Caballé est dans une forme olympique même si elle ne fait l'effort de différencier voyelles et consonnes qu'une fois sur deux (dans les bons moments). Mais c'est incroyable de l'entendre dans un rôle dans lequel elle semble se promener, avec une conviction dévastatrice, des aigus d'airain (je ne me rappelle pas l'avoir entendu aussi glorieusement ... wagnérienne) et une poigne vocal qui laissent pantois. Une Salomé de Peplum, exubérante et exotique, capable de faire passer toutes les couleurs du monde (et même un peu de saxophone) dans son duo du IV. Par son gigantisme, elle en raccord avec le reste de la distribution, pour le meilleur et pour le pire : Phanuel vilain, au vibrato insupportable et à l'absence de noblesse rédhibitoire, Pons guère meilleur en Hérode, malgré des beaux aigus - le souffle est court, le timbre grossier, le phrasé pour le moins hésitant (et qui ruine l'attaque de son merveilleux air du III), mais excellent Carreras dans un emploi idéal pour lui où il déploie à la fois la force innée de son tempérament, cette manière quasi suicidaire de tout donner au rôle, et la grâce de sa voix lyrique - un parfait prophète  "humain, trop humain" et Hérodiade anthologique de Vejsovic, au profil racé, coupante et hautaine, sans vibration et avec des aigus en javelot (on regrette que le rôle ne soit pas plus développé). Porté par la direction pompière et délicieuse de Delacôté qui n'a pas peur de la partition, cette distribution fait délirer la salle ... et pas mal de la fièvre manifeste de la soirée arrive jusqu'à nous, malgré un son pour le moins précaire dont on sent qu'il ne rend pas justice aux éléments forts du casting.

PS : Hors sujet, mais quand même ... on se demande ce qu'aurait donné un studio Decca avec Bonynge-Sutherland-Milnes-Ghiaurov et Tourangeau !   dwarf


Dernière édition par Francesco le Sam 20 Oct 2018 - 9:43, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adalbéron
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 704
Age : 999
Localisation : Rue de la Grande Truanderie
Date d'inscription : 21/08/2015

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Ven 19 Oct 2018 - 23:58

Francesco a écrit:
Quelques mots de l'Hérodiade de Barcelone en passant ... mazette, Caballé est dans une forme olympique même si elle ne fait l'effort de différencier voyelles et consonnes qu'une fois sur deux (dans les bons moments). Mais c'est incroyable de l'entendre dans un rôle dans lequel elle semble se promener, avec une conviction dévastatrice, des aigus d'airain (je ne me rappelle pas l'avoir entendu aussi glorieusement ... wagnérienne) et une poigne vocal qui laissent pantois. Une Salomé de Peplum, exubérante et exotique, capable de faire passer toutes les couleurs du monde (et même un peu de saxophone) dans son duo du IV. Par son gigantisme, elle en raccord avec le reste de la distribution, pour le meilleur et pour le pire : Phanuel vilain, au vibrato insupportable et à l'absence de noblesse rédhibitoire, Pons guère meilleur en Hérodiade, malgré des beaux aigus - le souffle est court, le timbre grossier, le phrasé pour le moins hésitant (et qui ruine l'attaque de son merveilleux air du III), mais excellent Carreras dans un emploi idéal pour lui où il déploie à la fois la force innée de son tempérament, cette manière quasi suicidaire de tout donner au rôle, et la grâce de sa voix lyrique - un parfait prophète  "humain, trop humain" et Hérodiade anthologique de Vejsovic, au profil racé, coupante et hautaine, sans vibration et avec des aigus en javelot (on regrette que le rôle ne soit pas plus développé). Porté par la direction pompière et délicieuse de Delacôté qui n'a pas peur de la partition, cette distribution fait délirer la salle ... et pas mal de la fièvre manifeste de la soirée arrive jusqu'à nous, malgré un son pour le moins précaire dont on sent qu'il ne rend pas justice aux éléments forts du casting.

PS : Hors sujet, mais quand même ... on se demande ce qu'aurait donné un studio Decca avec Bonynge-Sutherland-Milnes-Ghiaurov et Tourangeau !   dwarf  

Juan Pons en Hérodiade, pourtant, sur le papier, ça a l'air original Cool
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://pezzocapriccioso.wordpress.com
Polyeucte
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 19684
Age : 35
Date d'inscription : 03/07/2009

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 0:30

Francesco a écrit:

PS : Hors sujet, mais quand même ... on se demande ce qu'aurait donné un studio Decca avec Bonynge-Sutherland-Milnes-Ghiaurov et Tourangeau !   dwarf  

Oh oui... ça aurait même pu me permettre de m'intéresser à cet opéra. Le seul Massenet qui me reste étranger...
Et on a déjà le grand air d'Herodiade par Tournageau! Mr.Red

_________________
Les Carnets d'Erik, le retour!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://erikcarnets.fr/
Benedictus
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 6671
Age : 43
Localisation : De retour dans le neuf-quatre...
Date d'inscription : 02/03/2014

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 9:30

Polyeucte a écrit:
Francesco a écrit:
on se demande ce qu'aurait donné un studio Decca avec Bonynge-Sutherland-Milnes-Ghiaurov et Tourangeau !   dwarf  
Oh oui... ça aurait même pu me permettre de m'intéresser à cet opéra.
Oui, c'est sûr: rien que le français de Sutherland, Milnes et Ghiaurov, peut fournir la matière d'une passionnante étude de linguistique phonologique (même si le français est la seule langue dans laquelle Sutherland soit presque intelligible.)

Polyeucte a écrit:
ça aurait même pu me permettre de m'intéresser à cet opéra. Le seul Massenet qui me reste étranger...
Hérodiade? Shocked scratch
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 9:46

Adalbéron a écrit:
Francesco a écrit:
Quelques mots de l'Hérodiade de Barcelone en passant ... mazette, Caballé est dans une forme olympique même si elle ne fait l'effort de différencier voyelles et consonnes qu'une fois sur deux (dans les bons moments). Mais c'est incroyable de l'entendre dans un rôle dans lequel elle semble se promener, avec une conviction dévastatrice, des aigus d'airain (je ne me rappelle pas l'avoir entendu aussi glorieusement ... wagnérienne) et une poigne vocal qui laissent pantois. Une Salomé de Peplum, exubérante et exotique, capable de faire passer toutes les couleurs du monde (et même un peu de saxophone) dans son duo du IV. Par son gigantisme, elle en raccord avec le reste de la distribution, pour le meilleur et pour le pire : Phanuel vilain, au vibrato insupportable et à l'absence de noblesse rédhibitoire, Pons guère meilleur en Hérodiade, malgré des beaux aigus - le souffle est court, le timbre grossier, le phrasé pour le moins hésitant (et qui ruine l'attaque de son merveilleux air du III), mais excellent Carreras dans un emploi idéal pour lui où il déploie à la fois la force innée de son tempérament, cette manière quasi suicidaire de tout donner au rôle, et la grâce de sa voix lyrique - un parfait prophète  "humain, trop humain" et Hérodiade anthologique de Vejsovic, au profil racé, coupante et hautaine, sans vibration et avec des aigus en javelot (on regrette que le rôle ne soit pas plus développé). Porté par la direction pompière et délicieuse de Delacôté qui n'a pas peur de la partition, cette distribution fait délirer la salle ... et pas mal de la fièvre manifeste de la soirée arrive jusqu'à nous, malgré un son pour le moins précaire dont on sent qu'il ne rend pas justice aux éléments forts du casting.

PS : Hors sujet, mais quand même ... on se demande ce qu'aurait donné un studio Decca avec Bonynge-Sutherland-Milnes-Ghiaurov et Tourangeau !   dwarf  

Juan Pons en Hérodiade, pourtant, sur le papier, ça a l'air original Cool

Juan Pons a chanté, avec Caballé justement, le rôle de la mère de prima donna dans cet opéra de Donizetti sur le quotidien d'une troupe d'opéra dont j'oublie toujours le nom : selon les biographes de Caballé, il ressemblait étrangement, la barbe rasée, à Anita Cerquetti.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 9:47

Polyeucte a écrit:
Francesco a écrit:

PS : Hors sujet, mais quand même ... on se demande ce qu'aurait donné un studio Decca avec Bonynge-Sutherland-Milnes-Ghiaurov et Tourangeau !   dwarf  

Oh oui... ça aurait même pu me permettre de m'intéresser à cet opéra. Le seul Massenet qui me reste étranger...
Et on a déjà le grand air d'Herodiade par Tournageau! Mr.Red

J'ai oublié le ténor. J'hésite entre la raison (Aragall) et la folie (Corelli). Deux de mes Faut favoris.


Dernière édition par Francesco le Sam 20 Oct 2018 - 9:55, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 9:51

Benedictus a écrit:
Polyeucte a écrit:
Francesco a écrit:
on se demande ce qu'aurait donné un studio Decca avec Bonynge-Sutherland-Milnes-Ghiaurov et Tourangeau !   dwarf  
Oh oui... ça aurait même pu me permettre de m'intéresser à cet opéra.
Oui, c'est sûr: rien que le français de Sutherland, Milnes et Ghiaurov, peut fournir la matière d'une passionnante étude de linguistique phonologique (même si le français est la seule langue dans laquelle Sutherland soit presque intelligible.)

Polyeucte a écrit:
ça aurait même pu me permettre de m'intéresser à cet opéra. Le seul Massenet qui me reste étranger...
Hérodiade? Shocked scratch

A la fin des années 50 et au début des années 60 Sutherland est intelligible dans tout, en fait (italien, français, anglais). Je ne dis pas que c'est phénoménal, mais c'est articulé, sans flou ni confusion. Voir le premier récital Decca par exemple, où rien n'échappe dans la folie de Lucia ou encore son admirable Galathée où l'on peut suivre le texte sans livret.

Mais, évidemment, pour mon intégrale de luxe, je pensais plutôt à la période cinémascope et technicolor de l'équipe. Cool
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Stefano P
Mélomane averti
avatar

Nombre de messages : 288
Date d'inscription : 30/08/2018

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 11:05

Francesco a écrit:
Juan Pons a chanté, avec Caballé justement, le rôle de la mère de prima donna dans cet opéra de Donizetti sur le quotidien d'une troupe d'opéra dont j'oublie toujours le nom : selon les biographes de Caballé, il ressemblait étrangement, la barbe rasée, à Anita Cerquetti.

Le Convenienze e inconvenienze teatrali, plus connu aujourd'hui sous le titre Viva la Mamma (plus "vendeur", je me demande si c'est à l'occasion de la représentation de Peralada qu'on lui a donné ce titre ?).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://jecroisentendreencore.blogspot.com/
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 12:10

Merci !

Je me rappelle aussi avoir entendu dire que pour une représentation en anglais (ou anglaise ? américaine ? ... bref) l'oeuvre avait rebaptisée "The Prima donna's mother is a Drag !"

Le prochain "Pleurons mes frères" sera consacré probablement à Gemma di Vergy (ou peut-être à une Stuarda un peu tardive mais avec Fassbaender !)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Polyeucte
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 19684
Age : 35
Date d'inscription : 03/07/2009

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 19:42

Benedictus a écrit:
Polyeucte a écrit:
ça aurait même pu me permettre de m'intéresser à cet opéra. Le seul Massenet qui me reste étranger...
Hérodiade? Shocked scratch

Oui, je n'arrive pas à accrocher à cet opéra sur la durée...

_________________
Les Carnets d'Erik, le retour!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://erikcarnets.fr/
Benedictus
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 6671
Age : 43
Localisation : De retour dans le neuf-quatre...
Date d'inscription : 02/03/2014

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 20:27

C'est vrai que je l'écoute davantage par extraits (les anthologies Etcheverry ou Prêtre) qu'en intégrale.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Polyeucte
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 19684
Age : 35
Date d'inscription : 03/07/2009

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 20:44

Benedictus a écrit:
C'est vrai que je l'écoute davantage par extraits (les anthologies Etcheverry ou Prêtre) qu'en intégrale.

Voilà!! Ces deux là je peux les écouter en boucle... mais l'opéra en entier je trouve ça long... très long...

_________________
Les Carnets d'Erik, le retour!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://erikcarnets.fr/
fomalhaut
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 849
Age : 74
Localisation : Levallois-Perret
Date d'inscription : 23/04/2006

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 21:33

Polyeucte a écrit:
Benedictus a écrit:
C'est vrai que je l'écoute davantage par extraits (les anthologies Etcheverry ou Prêtre) qu'en intégrale.

Voilà!! Ces deux là je peux les écouter en boucle... mais l'opéra en entier je trouve ça long... très long...

C'est assez curieux, à mon sens, cette réticence pour "Hérodiade" !
Pour ma part, je n'ai jamais vraiment "accroché" avec Manon ou Werther mais avec Hérodiade, à ma grande surprise, il y eut un "fit", comme on dit au Bridge...L'enregistrement de Radio France, sous la direction de David Lloyd Jones, Paris, 5 décembre 1974.
Et, pourtant, je trouve cet opéra imparfait : pas de grand air pour l'Hérodiade en question...Et Jean qui n'a qu'un seul air...alors qu'il est le personnage central de l'oeuvre.
Ensuite, j'ai éprouvé un intérêt certain pour "Le Roi de Lahore".
Ceci écrit, je peux vivre sans Massenet.

fomalhaut
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 20 Oct 2018 - 23:55

Moi, j'aime cet opéra et je trouve que certains moments (l'entrée de Salomé, l'air d'Hérodiade, les ariosos lyriques d'Hérode) sont du plus grand Massenet. Et sur la longueur, avec son mélange d'exotisme, de religion, de ballet, de déclamation héroïque et de lignes sinueuses ... je passe un moment voluptueux assez irrésistible (qui me rappelle beaucoup, en effet, Le Roi de Lahore). A la limite, j'en voudrais encore plus (comme à la fin du duo du IV qui pourrait ne jamais s'arrêter, en ce qui me concerne). Mais, finalement, la version que j'évoquais est la seule que je possède et elle est, dans son genre, tellement allumée que ceci explique peut-être cela.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
bAlexb
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 8423
Age : 37
Localisation : Rhône-Alpes
Date d'inscription : 18/10/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Dim 21 Oct 2018 - 8:20

Francesco a écrit:
Moi, j'aime cet opéra et je trouve que certains moments (l'entrée de Salomé, l'air d'Hérodiade, les ariosos lyriques d'Hérode) sont du plus grand Massenet. Et sur la longueur, avec son mélange d'exotisme, de religion, de ballet, de déclamation héroïque et de lignes sinueuses ... je passe un moment voluptueux assez irrésistible (qui me rappelle beaucoup, en effet, Le Roi de Lahore). A la limite, j'en voudrais encore plus (comme à la fin du duo du IV qui pourrait ne jamais s'arrêter, en ce qui me concerne). Mais, finalement, la version que j'évoquais est la seule que je possède et elle est, dans son genre, tellement allumée que ceci explique peut-être cela.  

Puisqu'on en parle : /watch?v=fJBeR9p6UZ0 ; et avec Vejzovic, entre autres, pour celles/ceux qui ont des idiosyncrasies comparables aux miennes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Dim 21 Oct 2018 - 12:58

A mettre au crédit de Caballé : avoir ressuscité cette Gemma di Vergy qui fut jusqu'au XIXème siècle le plus tardif, un des opéras les plus donnés de Donizetti.
Le livret y est pour quelque chose, je pense. D'une noirceur stupéfiante, il répond aussi bien à la vogue troubadour (les deux actes se passent "dans une chambre gothique") qu'au Romantisme le plus sombre (le plus gothique précisément) tout en ayant parfois un formidable parfum fin de siècle (on pourrait rire autant qu'avec Maeterlinck   ... "Gemma é morta ? No ! No ? No ! No ?!"). Et Donizetti a composé une musique démesurée et ambitieuse, avec des numéros à rallonge, à l'esprit changeant jusqu'à l'absurde et sur laquelle plane une souffle Risorgimento roboratif et enthousiaste. Une de ces musiques qui vous fait vous dresser sur votre siège et qui donne des envies de révolte (ce fut le cas, un soir, à Palerme, après la cavatine du ténor), avec son lot de surprises structurelles (cabalette tendre sans virtuosité pour l'entrée de Gemma, duo qui s'amorce et meurt aussitôt entre le comte et Ida, confident masculin pour l'héroïne qui bénéficie d'un immense duo avec elle, tempi di mezzo particulièrement soignés et variés ...). Et encore, ça n'est que l'efficace Eve Queler qui dirige (à plusieurs instants, on pressent qu'un détail d'orchestration aurait pu être mis en valeur ou qu'au lieu d'absolument vouloir avancer, un peu d'alanguissement eut été nécessaire).

Je n'ai réécouté pour l'instant à l'acte I (je ne parviens pas à enlever le disque de la platine tellement cette histoire de femme répudiée pour cause de stérilité sous Charles VII et d'esclave sarrasin assassin pour retrouver sa liberté me rend fou ... c'est adapté de Dumas père et Cui s'inspirera de la même pièce). Je trouve les chanteurs formidables : Quilico (le comte) ductil et clair, avec une ligne soignée et une diction exemplaire (on suit absolument tous ses récitatifs comme au théâtre), Lima (Tomas, l'esclave) cuivré et au vibrato serré, dense et bien projeté, un peu poussif dans l'aigu mais j'adore (j'ai toujours adoré) son côté "ça passe ou ça casse", Plishka (Guido, le confident) majestueux pour ne pas dire monumentale, plus grand prêtre que chevalier et Caballé (Gemma), dans ses œuvres dans une partie qui flatte ses qualités d'autorité et de virtuose de la lenteur plus qu'elle ne met en avant ses défauts, déjà (1976) un peu trop dure dans les extrêmes, un peu aigre parfois, mais souvent vivante et colorée, d'une stature impressionnante, attentive aux changements d'humeurs, sans caricature (ses manières insidieuses de caresser la partition font merveilles dans la scène de séduction de la fin du I : si Gemma semble s'incliner, on la sent surtout prête à tout pour séduire à nouveau son époux).

Excellente prise de son (c'est un concert live enregistré officiellement par Sony à l'origine).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
fomalhaut
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 849
Age : 74
Localisation : Levallois-Perret
Date d'inscription : 23/04/2006

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Dim 21 Oct 2018 - 16:15

Francesco a écrit:
A mettre au crédit de Caballé : avoir ressuscité cette Gemma di Vergy qui fut jusqu'au XIXème siècle le plus tardif, un des opéras les plus donnés de Donizetti.
Le livret y est pour quelque chose, je pense. D'une noirceur stupéfiante, il répond aussi bien à la vogue troubadour (les deux actes se passent "dans une chambre gothique") qu'au Romantisme le plus sombre (le plus gothique précisément) tout en ayant parfois un formidable parfum fin de siècle (on pourrait rire autant qu'avec Maeterlinck   ... "Gemma é morta ? No ! No ? No ! No ?!"). Et Donizetti a composé une musique démesurée et ambitieuse, avec des numéros à rallonge, à l'esprit changeant jusqu'à l'absurde et sur laquelle plane une souffle Risorgimento roboratif et enthousiaste. Une de ces musiques qui vous fait vous dresser sur votre siège et qui donne des envies de révolte (ce fut le cas, un soir, à Palerme, après la cavatine du ténor), avec son lot de surprises structurelles (cabalette tendre sans virtuosité pour l'entrée de Gemma, duo qui s'amorce et meurt aussitôt entre le comte et Ida, confident masculin pour l'héroïne qui bénéficie d'un immense duo avec elle, tempi di mezzo particulièrement soignés et variés ...). Et encore, ça n'est que l'efficace Eve Queler qui dirige (à plusieurs instants, on pressent qu'un détail d'orchestration aurait pu être mis en valeur ou qu'au lieu d'absolument vouloir avancer, un peu d'alanguissement eut été nécessaire).

Je n'ai réécouté pour l'instant à l'acte I (je ne parviens pas à enlever le disque de la platine tellement cette histoire de femme répudiée pour cause de stérilité sous Charles VII et d'esclave sarrasin assassin pour retrouver sa liberté me rend fou ... c'est adapté de Dumas père et Cui s'inspirera de la même pièce). Je trouve les chanteurs formidables : Quilico (le comte) ductil et clair, avec une ligne soignée et une diction exemplaire (on suit absolument tous ses récitatifs comme au théâtre), Lima (Tomas, l'esclave) cuivré et au vibrato serré, dense et bien projeté, un peu poussif dans l'aigu mais j'adore (j'ai toujours adoré) son côté "ça passe ou ça casse", Plishka (Guido, le confident) majestueux pour ne pas dire monumentale, plus grand prêtre que chevalier et Caballé (Gemma), dans ses œuvres dans une partie qui flatte ses qualités d'autorité et de virtuose de la lenteur plus qu'elle ne met en avant ses défauts, déjà (1976) un peu trop dure dans les extrêmes, un peu aigre parfois, mais souvent vivante et colorée, d'une stature impressionnante, attentive aux changements d'humeurs, sans caricature (ses manières insidieuses de caresser la partition font merveilles dans la scène de séduction de la fin du I : si Gemma semble s'incliner, on la sent surtout prête à tout pour séduire à nouveau son époux).

Excellente prise de son (c'est un concert live enregistré officiellement par Sony à l'origine).

Et cela a récemment été réédité en CD (Sony Classical 88985470342).

Quelques semaines après le concert "new yorkais", Montserrat Caballé avait donné ce Gemma di Vergy Salle Pleyel à Paris, le 20 avril 1976 dans le cadre de l'émission "Plaisir de la Musique" de Jean Fontaine. Je me souviens très bien avoir assisté à ce concert ou la diva fut magnifique. Le reste de la distribution fut moins bon, en particulier le tenor Luis Lima qui rata son air. Ce concert fut également publié sur CD par Rodolphe (RPC32499/500) et sur ces CDs les aigus ratés de Lima avaient disparu...
Montserrat Caballé avait auparavant chanté Gemma di Vergy à Naples, en décembre 1975 avec des partenaires beaucoup lus satisfaisants, Giogio Lamberti et Renato Bruson. Myto a publié l'enregistrement de la soirée du 12 décembre 1975.

fomalhaut
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Dim 21 Oct 2018 - 16:42

Elle a également enregistré la scène d'entrée dans son Donizetti rarities, six ans auparavant. J'ai écouté pour comparer. J'ai l'impression qu'elle est aussi concernée dans l'intégrale, mais, que, curieusement, elle est un peu plus générique, moins soignée et raffinée dans son phrasé. La section rapide est moins caressante et perlées (ce qui fait qu'on perd un peu du sens du texte, puisque c'est en fait une déclaration d'amour. Dans l'extrait, elle donne un peu le sentiment de continuer la déclamation mélancolique qui précède à un autre tempo. Mais le matériel vocal est tout aussi important, l'aigu un peu moins dur (ça se sent dans quelques attaques abruptes) et les vocalises descendantes de la première partie légèrement plus précises, plus détachées. Dans les deux cas, elle sacrifie le mot et l'accent à l'agitato conclusif et à l'aigu final.  

La scène de la fin, dans l'intégrale, est absolument splendide, du grand Caballé. Et c'est d'autant plus admirable que le rôle est considérable : à son entrée en deux parties, succèdent un long duo puis un final très long qu'elle domine. A l'acte II un trio, un quatuor, un duo, une scène finale en trois sections (long récitatif quasi arioso, prière, rondo), tout est à découvert, très audible, très risqué.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Otello
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 6946
Age : 52
Localisation : Nancy
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Dim 21 Oct 2018 - 22:22

Francesco a écrit:
Excellente prise de son (c'est un concert live enregistré officiellement par Sony à l'origine).
Non! par CBS plus exactement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mar 30 Oct 2018 - 17:43

Oui, comme le concert Aroldo !

Ecoute hier d'une Maria Stuarda de Munich (1979, non publié officiellement). Étonnant de sentir comme à cette date assez tardive pour ce répertoire, Caballé est vocalement dans son élément. Le phrasé est extraordinairement naturel, très loin de ce qu'elle pouvait proposer dans d'autres répertoires à la même époque. Elle a beau ne pas être dans une forme superlative (l'aigu sur le souffle dans la prière n'impressionne pas, c'est la faute au chef aussi et elle est totalement noyée à la fin de scène finale, certaines vocalises sont franchement savonnées ou hoquetées), elle flotte divinement dans la musique. Elle est décidée à jouer à la tigresse, à cause de l'entourage, ce qui l'emmène à poitriner très haut, non sans insolence et avec beaucoup d'éclat. Les scories habituelles, la façon que son timbre a de se froisser sont particulièrement en situation dans la scène de confession : on dirait un ange qui se débat avec un reste d'humanité et qui a du mal à se dégager de sa fange terrestre. Pour en triompher d'ailleurs, en apesanteur, à la fin.
Face à elle (mon édition est incomplète, il me manque sa dernière scène) Fassbaender hurle avec une folle énergie et dévore tout sur son passage. Un peu épuisant, mais spectaculaire, même si pas vraiment belcantiste quand même (faut pas chercher de subtilité dans les vocalises). On est loin de la souveraine gracieuse peinte par Huguette Tourangeau, par exemple, mais l'autorité impressionne et, après tout, elle obtient ce résultat sans jamais appuyer sur un effet non musical. La lave en coulée de la voix se suffit à elle-même. Tagliavini est exactement de la même école, dans son genre. Tout en ardeur, en aigus, en clarté et en timbre pur. Il me rappelle beaucoup Di Stefano avec le même côté tête brulée. Comme Fassbaender, il a l'air inépuisable et semble pouvoir escalader un mur de sons sans forcer et sans difficultés, alors que devant ce déluge, on attend le craquage à tout instant. On comprend que Caballé soit aussi manifestement incarnée pour ne pas disparaitre. Surtout que Lopez-Coboz fouette, cravache, son orchestre, sans aucun répit (ni beaucoup de nuances - on perd en lisibilité aussi ce qu'on gagne en passion et, parfois, en surprise), que tout est pris à un train d'enfer et caracole à la va comme je te pousse. Une version bousculée et fortissimo, qui a dû faire son petit effet en live.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Polyeucte
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 19684
Age : 35
Date d'inscription : 03/07/2009

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mar 30 Oct 2018 - 17:49

Francesco a écrit:

Face à elle (mon édition est incomplète, il me manque sa dernière scène) Fassbaender hurle avec une folle énergie et dévore tout sur son passage. Un peu épuisant, mais spectaculaire, même si pas vraiment belcantiste quand même (faut pas chercher de subtilité dans les vocalises). On est loin de la souveraine gracieuse peinte par Huguette Tourangeau, par exemple, mais l'autorité impressionne et, après tout, elle obtient ce résultat sans jamais appuyer sur un effet non musical. La lave en coulée de la voix se suffit à elle-même.

Je n'aurais pas qualifié Tourangeau de "souveraine gracieuse"... je la trouve hyper tranchante et hautaine! (et j'adore! Mr.Red)


Sinon, pour ne pas te laisser seul exhumer les souvenirs... j'ai ré-écouté sa Semiramide d'Aix... et bon, malgré ce que j'ai pu écouter depuis, il y a quelque chose qui passe à l'écouter dans ce rôle. Est-ce parce que j'ai découvert le rôle avec elle? Toujours est-il que ses défauts habituels qui m'embêtent ne ressortent pas trop (ou alors je les gomme!) et je trouve vraiment cette reine torturée, violente mais aussi mère aimante...
Bon et puis face à elle, il y a le char d'assaut Horne qui fait une prestation impressionnante de virilité il faut dire! Là aussi... on est en 80, mais le timbre n'a pas ce côté dur qu'elle a quelques années après... ça semble plutôt même plus rond que parfois, moins "canardeux" (désolé, c'est un peu cet effet qu'elle me fait parfois... Embarassed Embarassed ). Ramey le grand bien sûr, immense mais qui sera peut-être plus inquiétant par la suite... et une partition hyper charcutée!!
Mais voilà, j'ai replongé un peu dans ce que j'avais d'elle...

_________________
Les Carnets d'Erik, le retour!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://erikcarnets.fr/
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mar 30 Oct 2018 - 18:37

Tourangeau a l'air hyper civilisée par comparaison avec Fassabender qui évoque assez une cavalerie de tatares ... Je trouve aussi que, dans l'air d'entrée par Tourangeau, il y a encore quelque chose de gracieux, sans être caressant que je n'entends plus du tout ici.

Horne, je suis absolument d'accord, il y a dans ses mauvais moments quelque chose de très coin-coin dans le timbre, une nasalité vilaine qui peut déranger (je ne déteste pas, mais je n'arrive pas à la prendre au sérieux quand il y a ce son là ... qui peut être un résultat des prises de son et, si ça se trouve, ne se sentait pas du tout en live : d'où le sentiment à l'écoute de cette Semiramide, peut-être ?)

Dans les souvenirs, j'en suis au récital de duos avec Marti (le Columbia, avec le répertoire vériste italien). C'est parfois très touchant (Manon Lescaut par exemple) et Caballé a mangé du lion, très ancienne école pour le coup, très Tebaldi. Parfois c'est simplement banal.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
bAlexb
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 8423
Age : 37
Localisation : Rhône-Alpes
Date d'inscription : 18/10/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 8:06

Francesco a écrit:
Horne, je suis absolument d'accord, il y a dans ses mauvais moments quelque chose de très coin-coin dans le timbre, une nasalité vilaine qui peut déranger

(En incise, parce que ça n'est pas le sujet, ici : c'est peut-être que le timbre de Horne, plus que d'autres dans sa tessiture, est un timbre fabriqué, si j'ose dire. Ce qui, du reste, ne saurait contituer un reproche de ma part dans la mesure où tout ou partie de son répertoire, à travers l'usage de la colorature, appelle l'ars, la maniera, quelque chose de profondément anti-naturel en somme.)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Stefano P
Mélomane averti
avatar

Nombre de messages : 288
Date d'inscription : 30/08/2018

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 10:22

Francesco a écrit:
Horne, je suis absolument d'accord, il y a dans ses mauvais moments quelque chose de très coin-coin dans le timbre

Après Callas en poissonnière ("glorieuse", c'est entendu, mais poissonnière quand même !) et Horne en canard, c'est le grand déboulonnage des idoles sur le forum !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://jecroisentendreencore.blogspot.com/
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 11:24

Stefano P a écrit:
Francesco a écrit:
Horne, je suis absolument d'accord, il y a dans ses mauvais moments quelque chose de très coin-coin dans le timbre

Après Callas en poissonnière ("glorieuse", c'est entendu, mais poissonnière quand même !) et Horne en canard, c'est le grand déboulonnage des idoles sur le forum !

Bienvenu sur classik ! C'est un bastion de la contre-culture ... à une époque, à force de voir retourner comme des crêpes des chanteuses que j'admirais (avec plus ou moins de bonne foi) j'ai même arrêté de fréquenter le site.

Cela dit, l'exercice qui consiste à discuter un interprète et surtout à nuancer ce qu'on a dire sur lui est toujours passionnant. Dans le cas de Horne, nous sommes beaucoup à l'admirer, ça n'empêche pas d'être frappé par ses sons dans le nez (qu'on peut aimer d'ailleurs).

A propos de ce que dit Balex, assez d'accord aussi. D'ailleurs, j'ai toujours été frappé qu'avant la fabrique du "monstre", dans la BO de Carmen Jones, Horne est méconnaissable.

Pour rester sur Caballé, j'ai enchainé avec le récital de duo avec Di Stefano, c'est beaucoup plus riche (ne serait-ce que le répertoire) que le récital Marti dont je parlais. Di Stefano est parfois encore "di grazia" à mourir (beau français mais italien miraculeux) et parfois très à la peine (attaque du duo de l'Elisir, horrible, à tous les niveaux). Et Caballé est simplement superbe de bout en bout (même si parfois délicatement en retrait). Le plus beau est l'extrait de Francesca da Rimini qui fait regretter un intégrale, tellement la sinuosité décadente de la musique tombe dans sa voix (et franchement, quelle voix, encore, en 1974). Elle fait même passer là un soupçon de Vienne 1900, avec un grain lisse et plein à la fois et un timbre gorgé, éclatant, saturé presque. Du coup, je suis curieux d'entendre son Adriana Lecouvreur dont on dit beaucoup de bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Polyeucte
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 19684
Age : 35
Date d'inscription : 03/07/2009

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 11:30

Francesco a écrit:
Stefano P a écrit:
Francesco a écrit:
Horne, je suis absolument d'accord, il y a dans ses mauvais moments quelque chose de très coin-coin dans le timbre

Après Callas en poissonnière ("glorieuse", c'est entendu, mais poissonnière quand même !) et Horne en canard, c'est le grand déboulonnage des idoles sur le forum !

Bienvenu sur classik !  C'est un bastion de la contre-culture ... à une époque, à force de voir retourner comme des crêpes des chanteuses que j'admirais (avec plus ou moins de bonne foi) j'ai même arrêté de fréquenter le site.

Mais oui! Du moment qu'il n'y a pas de choses désagréables...
Par exemple, j'admets totalement que Fransceco n'aime pas Freni... Mr.Red. Du moment que la bonne humeur est là.

Citation :
Cela dit, l'exercice qui consiste à discuter un interprète et surtout à nuancer ce qu'on a dire sur lui est toujours passionnant. Dans le cas de Horne, nous sommes beaucoup à l'admirer, ça n'empêche pas d'être frappé par ses sons dans le nez (qu'on peut aimer d'ailleurs).

Exactement!!

_________________
Les Carnets d'Erik, le retour!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://erikcarnets.fr/
Otello
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 6946
Age : 52
Localisation : Nancy
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 11:31

Stefano P a écrit:
Francesco a écrit:
Horne, je suis absolument d'accord, il y a dans ses mauvais moments quelque chose de très coin-coin dans le timbre

Après Callas en poissonnière ("glorieuse", c'est entendu, mais poissonnière quand même !) et Horne en canard, c'est le grand déboulonnage des idoles sur le forum !
Tu sais Stefano, quelques remarques isolées ne changeront jamais la vérité de ce que fut l'art immense de ces artistes exceptionnelles et inégalées qui sont désormais au panthéon de l'histoire de la musique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Otello
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 6946
Age : 52
Localisation : Nancy
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 11:36

Francesco a écrit:
Pour rester sur Caballé, j'ai enchainé avec le récital de duo avec Di Stefano, c'est beaucoup plus riche (ne serait-ce que le répertoire) que le récital Marti dont je parlais. Di Stefano est parfois encore "di grazia" à mourir (beau français mais italien miraculeux) et parfois très à la peine (attaque du duo de l'Elisir, horrible, à tous les niveaux). Et Caballé est simplement superbe de bout en bout (même si parfois délicatement en retrait). Le plus beau est l'extrait de Francesca da Rimini qui fait regretter un intégrale, tellement la sinuosité décadente de la musique tombe dans sa voix (et franchement, quelle voix, encore, en 1974).
C'est l'autre disque de duos avec Marti qu'il fait avoir et qui est juste magnifique! Et tout particulièrement pour Les Huguenots et Poliuto.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
avatar

Nombre de messages : 85799
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 11:37

bAlexb a écrit:
c'est peut-être que le timbre de Horne, plus que d'autres dans sa tessiture, est un timbre fabriqué,

Je ne vois pas trop ce que veut dire fabriqué en général (la voix lyrique n'est pas une émission naturelle, en tout cas pas d'état de nature), mais en général, il y a une nuance péjorative qui sous-entend qu'on outrepasse sa nature, ou une émission saine (donc on va tuber ou cravater ses graves pour imiter des voix plus larges, sans y parvenir totalement)…

Or, pour Horne, je trouve que c'est tout l'inverse : elle va au plus efficace (rien n'est plus sonore qu'une voix nasale, il suffit d'entendre les chanteurs qui prennent cette posture comique quelques instants, soudain ils fendent l'espace et doublent ou triplent l'intensité de leur projection, la netteté de leurs attaques et de leurs sons), sans trop se préoccuper de l'élégance de la chose.

Comme le suggère Francesco, ça se perçoit toujours moins en vrai qu'au disque (à ce degré de couin-couinage, probablement que si, quand même hehe ), et puis je me figure que ça devait faire un son invraisemblable, fendre l'espace et remplir les salles… À côté, les sons peu chargés en harmoniques et suspendus de Caballé devaient faire figure de falsettiste enroué. Surprised
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://operacritiques.free.fr/css/
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 12:48

Je me rappelle d'un très beau courrier de Cabourg, en réponse à une lettre d'un lecteur mécontent, disant que si la part objective était indéniable dans l'appréciation de l'art d'un chanteur, c'était souvent dans la subjectivité la plus complète que résidait l'amour et que, si il aimait Corelli, ce n'était pas en dépit de ses défauts, mais en raison d'eux. Pas sûr (et même sûr que non) que j'aimerais autant Deutekom sans le Tyrol, Stich-Randall sans le staccato, Sutherland sans les langueurs etc.

@Otello : oui, le disque est plus appétissant, mais je suis agacé de devoir acheter un coffret Icon avec les tripatouillages EMI pour le trouver intégralement (si au moins ces crétins avaient mis l'intégralité du récital Puccini, je ne dis pas ...). En revanche, je réécoute le duo de Zarzuella avec Marti encore et c'est splendide pour tous les deux. J'adore celui de l'Africana (et Caballé a-t-elle jamais aussi bien dit quelque chose que le "Comprende lo grave de mi sitacion ..." au tout début ?). Meilleur que son récital en solo où je la trouve parfois trop lourde, trop lyrique, trop raide (De Espana Vengo ... la comparaison avec De Los Angeles est cruelle).

@Polyeucte. Oui, je te signale que j'ai dit ailleurs que finalement sa Zerline simplette du village m'avait fait rire et que sa Suzanna était très bien. Mr. Green
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Polyeucte
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 19684
Age : 35
Date d'inscription : 03/07/2009

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 13:08

Francesco a écrit:
@Polyeucte. Oui, je te signale que j'ai dit ailleurs que finalement sa Zerline simplette du village m'avait fait rire et que sa Suzanna était très bien. Mr. Green

Oui j'ai vu!!
En même temps, vu tout le bien que je dis de Sutherland en ce moment (Hamlet, Esclarmonde, Lucia, Norma,...) on va finir par s'entendre!! mains

Mais c'était surtout un exemple... histoire de montrer que même si certains n'aiment pas des monuments, ça n'empêche pas de discuter, à condition qu'il n'y ait pas de commentaires lapidaires et désagréables pour les amateurs.

_________________
Les Carnets d'Erik, le retour!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://erikcarnets.fr/
sergio
Mélomane averti
avatar

Nombre de messages : 223
Date d'inscription : 19/07/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Mer 31 Oct 2018 - 20:08

Pour un grand cru de Caballé en live : le Bal Masqué à la Scala en 75 !

Avec Bruson et un Carreras à son zénith qui faisait ses débuts à la Scala...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
fomalhaut
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 849
Age : 74
Localisation : Levallois-Perret
Date d'inscription : 23/04/2006

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Jeu 1 Nov 2018 - 20:59

sergio a écrit:
Pour un grand cru de Caballé en live : le Bal Masqué à la Scala en 75 !

Avec Bruson et un Carreras à son zénith qui faisait ses débuts à la Scala...

En es-tu bien sur ?
Carreras, c'est quand même assez léger et Bruson, cela manque de tranchant...Je ne crois pas avoir jamais entendu Montserrat Caballé avec des partenaires à sa hauteur dans cette oeuvre.

fomalhaut
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Otello
Mélomane chevronné
avatar

Nombre de messages : 6946
Age : 52
Localisation : Nancy
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Ven 2 Nov 2018 - 2:01

fomalhaut a écrit:
sergio a écrit:
Pour un grand cru de Caballé en live : le Bal Masqué à la Scala en 75 !
Avec Bruson et un Carreras à son zénith qui faisait ses débuts à la Scala...
En es-tu bien sur ?
Carreras, c'est quand même assez léger et Bruson, cela manque de tranchant...Je ne crois pas avoir jamais entendu Montserrat Caballé avec des partenaires à sa hauteur dans cette oeuvre.
Je suis assez d'accord avec Sergio pour cette version live du Ballo in maschera où Carreras est absolument épatant (et pas léger du tout! Et encore moins si on le compare avec les titulaires actuels du rôle de Riccardo! Carreras ferait presque office de tenore spinto à côté d'eux!). Quant à Bruson, s'il y a une chose qu'on ne peut pas lui reprocher c'est le manque de tranchant. Ce n'est certes pas un baryton à suraigus comme l'étaient Milnes et Cappuccilli mais quelle autorité souveraine dans le chant et dans l'incarnation! Quant à elle, elle est absolument renversante et dans une forme vocale qu'elle n'aura plus à ce point là 4 ans plus tard en studio (même si elle y est tout de même très intéressante!).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
sergio
Mélomane averti
avatar

Nombre de messages : 223
Date d'inscription : 19/07/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Ven 2 Nov 2018 - 10:42

Aucun souci pour Carreras ! On y redécouvre même à quel point il avait une voix extraordinaire à ses débuts...

Caballé et Carreras surpassent ici largement leur incarnation en studio.

Un souvenir pittoresque : j'ai entendu Caballé dans ce rôle à Covent Garden dans cette soirée historique où elle est sortie de scène entre son air et le duo en plantant  Pavarotti seul au milieu du plateau.

Le directeur du théâtre est venu annoncer tout penaud que madame Caballé allait revenir et qu'elle reprenait des forces en coulisses !

Elle a ensuite terminé royalement la représentation...

Je me suis toujours demandé si ce n'était pas un pied de nez à Pavarotti qui avait provoqué un délire à Londres en laissant planer un doute sur chacune des prestations car il faisait un aller retour Londres- New York entre deux représentations pour aller voir son papa malade !!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Ven 2 Nov 2018 - 10:49


C'était pendant le duo alors ? D'après les biographes de Caballé, Pavarotti était en conflit avec le chef et lors du trio qui suit a tenu une note pendant que le chef continuait. Du coup, impossible de retrouver la ligne, Caballé aurait eu une de ses crises habituelles de fou rire et aurait proposé qu'on l'annonce souffrante alors qu'elle était en pleine forme disant que personne ne croirait la vérité.

Mais si c'était pendant le duo, ça ne tient plus du tout. Ou alors, c'était encore une autre soirée ? Peu probable.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
sergio
Mélomane averti
avatar

Nombre de messages : 223
Date d'inscription : 19/07/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Sam 3 Nov 2018 - 20:00

C'était à la fin de l'air précédant le duo...  Et je n'ai pas lu dans un livre, j'étais dans la salle !

Pavarotti faisait planer le spectre de l'annulation sur toute la série avec ses aller retour  USA, j'ai oublié qui dirigeait (Colin Davis ?)

Parfois ce genre d'anecdote, se modifie au cours du temps...mais quand Caballé est sortie le public pétrifié a vraiment cru que la soirée était bachée .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
fomalhaut
Mélomaniaque
avatar

Nombre de messages : 849
Age : 74
Localisation : Levallois-Perret
Date d'inscription : 23/04/2006

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Dim 4 Nov 2018 - 9:09

Otello a écrit:
fomalhaut a écrit:
sergio a écrit:
Pour un grand cru de Caballé en live : le Bal Masqué à la Scala en 75 !
Avec Bruson et un Carreras à son zénith qui faisait ses débuts à la Scala...
En es-tu bien sur ?
Carreras, c'est quand même assez léger et Bruson, cela manque de tranchant...Je ne crois pas avoir jamais entendu Montserrat Caballé avec des partenaires à sa hauteur dans cette oeuvre.
Je suis assez d'accord avec Sergio pour cette version live du Ballo in maschera où Carreras est absolument épatant (et pas léger du tout! Et encore moins si on le compare avec les titulaires actuels du rôle de Riccardo! Carreras ferait presque office de tenore spinto à côté d'eux!). Quant à Bruson, s'il y a une chose qu'on ne peut pas lui reprocher c'est le manque de tranchant. Ce n'est certes pas un baryton à suraigus comme l'étaient Milnes et Cappuccilli mais quelle autorité souveraine dans le chant et dans l'incarnation! Quant à elle, elle est absolument renversante et dans une forme vocale qu'elle n'aura plus à ce point là 4 ans plus tard en studio (même si elle y est tout de même très intéressante!).

Nous avons une appréhension différente de ces deux artistes. Carreras (entendu la première fois dans I Lombardi, dirigé par Eve Queler (New York 1973), m'a toujours semblé être un peu court d'envergure et d'autorité dans des rôles tels que Riccardo/Gustavo III malgré la beauté de son timbre. Quant à Bruson, si j'étais sensible aux nuances et à la qualité de son chant, j'ai souvent trouvé que sa voix n'était pas suffisamment incisive (La voix de son contemporain Sherrill Milnes, par exemple, répondait beaucoup plus à ce que j'attendais).

Cela nous éloigne un peu de Montserrat Caballé. Pour ma part, je la considérais comme une interprète non pas idéale mais marquante de la majorité des opéras de Bellini, Donizetti et de quelques uns des premiers Verdi. Il y a,bien sur, quelques "ratages", Lucia di Lammermoor et I Puritani, par exemple. J'ai néanmoins toujours regretté qu'elle sévit par la suite dans le répertoire vériste, un répertoire ou elle n'était pas à son meilleur, à mon sens...Peut-être ai-je été trop marqué par quelques "Lucrezia Borgia" ?

fomalhaut
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Francesco
Mélomane chevronné


Nombre de messages : 3290
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/05/2010

MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   Dim 4 Nov 2018 - 14:34

sergio a écrit:
C'était à la fin de l'air précédant le duo...  Et je n'ai pas lu dans un livre, j'étais dans la salle !

Pavarotti faisait planer le spectre de l'annulation sur toute la série avec ses aller retour  USA, j'ai oublié qui dirigeait (Colin Davis ?)

Parfois ce genre d'anecdote, se modifie au cours du temps...mais quand Caballé est sortie le public pétrifié a vraiment cru que la soirée était bachée .

C'était sans doute une autre soirée, finalement. Vu le procès en béatification auxquels les biographes se livrent, je pense qu'ils ont dû "oublier" cet épisode.


J'ai écouté ses deux récitals enregistrés pour la branche espagnole de Decca. Pas totalement convaincu par le deuxième qui veut prouver absolument que Caballé est un soprano dramatique italien (même si elle y donne un très beau Suicidio, meilleur que celui de l'intégrale, et plus impressionnant vocalement). En revanche le premier (1974) est fantastique. Elle n'a pas les suraigus de tradition, mais elle a tout le reste (y compris son meilleur trille pour la fin de Caro Nome !) et une ton mélancolique et réservé poignant qui donne à toutes les héroïnes un air de parenté, mais qui est, vu le programme, toujours en situation. Rien de laid, de dur ni de forcé, ici, sans que ce soit non plus un marasme de sons moelleux. C'est un peu la Caballé "idéale", celle de ses Norma ou Elisabeth de Valois.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Montserrat Caballé   

Revenir en haut Aller en bas
 
Montserrat Caballé
Revenir en haut 
Page 8 sur 8Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8
 Sujets similaires
-
» Montserrat Caballé
» Montserrat Caballé (1933-2018)
» Duo avec Montserrat Caballé ( 1997 )
» Ermione (Rossini, 1819)
» Montserrat Figueras

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Autour de la musique classique :: Musique classique :: Discographie :: Interprètes (discographie)-
Sauter vers: