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 MUSIQUE Sovietique (1917-1980)

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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Dim 2 Fév 2014 - 19:32

c'est gentil de renvoyer à mon forum Basketball (je dis ça car il n'est pas très permis sur forumactif de faire la pub d'un autre forum proposé par le même hébergeur)
la version de la 5è de Nikolaev sur Youtube est malheureusement une cata, ça ne tourne pas à la bonne vitesse et les 2 parties sont inversées ce qui détruit complètement l'effet.
Il n’empêche, je pense que c'est ma symphonie soviétique préférée. Pour les amateurs, j'ai déjà dû le dire ailleurs, mais la sublime passacaille (3è mvt) est l'orchestration du mvt lent du 4è quatuor.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mar 11 Fév 2014 - 14:29

WoO a écrit:
sud273 a écrit:
   waho!! joli
   il faudrait en dire plus.


Sur les Soupers du Roy je suppose ?  Mr.Red

Nosyrev : concerto pour piano, 1ère écoute : je ne suis pas près d'oublier la "cadence" hallucinante du dernier mouvement, une intensité et un crescendo dramatique, un piano percussif et sans concession qui donne des sueurs froides, le piano est très discret dans les deux premiers mouvement et c'est ce que qui m'a plu (conception plus symphonique que concertante dans l'ensemble), une oeuvre à réécouter !
Conte de fée : oeuvre de jeunesse beaucoup plus traditionnelle, on est dans du post-Rimsky assez bien fait mais pas très original, dans le genre je préfère Tchérépnine père ou Stravinsky.
Popov : fabuleuse 5ème symphonie, une atmosphère de rêve, parfois assez étrange, elle nous transporte vraiment ailleurs, de très belles textures orchestrales et un souffle dramatique jamais absent.
Eshpai : je le découvre et je suis en train de devenir fan (sa 4ème symphonie, la "Symphonie-Ballet" a été une vraie révélation), tout n'est pas génial (le concerto pour piano No. 2, mon premier essai avec lui, m'avait laissé dubitatif) mais ce qui est vraiment jubilatoire, c'est son habileté qui confine au génie, cette maîtrise absolue des couleurs de l'orchestre et sa capacité à mêler tous les styles. Cette symphonie a été composée en 2000 et c'est limite une provocation de se ficher à ce point d'être "de son temps"  Mr.Red

Sur Delalande, il doit exister un sujet pig 
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WoO
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mer 12 Fév 2014 - 21:40

D'Eshpai j'espère entendre un jour la 9ème symphonie et les Variations sur un thème de la 16ème symphonie de Miaskovsky (1966) (la version pour grand orchestre évidemment) dont le titre est prometteur (il avait aussi écrit une passacaille pour orgue en l'honneur de son maître seize ans plus tôt), Jeux (avec une instrumentation des plus alléchantes), etc. (catalogue des oeuvres et disco : http://home.wanadoo.nl/ovar/eshpai.htm ). Il faudra lui ouvrir son sujet propre un de ces jours, il le mérite bien. Je le rapprocherais bien de Slonimsky (mais mes souvenirs sont lointains) tandis que je rapprocherais Nosyrev de Boris Tchaïkovsky dans une veine moderniste plus affirmée.
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Cello
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Jeu 13 Fév 2014 - 9:32

WoO a écrit:
D'Eshpai j'espère entendre un jour la 9ème symphonie et les Variations sur un thème de la 16ème symphonie de Miaskovsky (1966) (la version pour grand orchestre évidemment) dont le titre est prometteur (il avait aussi écrit une passacaille pour orgue en l'honneur de son maître seize ans plus tôt), Jeux (avec une instrumentation des plus alléchantes), etc. (catalogue des oeuvres et disco : http://home.wanadoo.nl/ovar/eshpai.htm ). Il faudra lui ouvrir son sujet propre un de ces jours, il le mérite bien. Je le rapprocherais bien de Slonimsky (mais mes souvenirs sont lointains) tandis que je rapprocherais Nosyrev de Boris Tchaïkovsky dans une veine moderniste plus affirmée.

C'est précisément ce que j'ai suggéré il y a quelques semaines mais cela n'a pas pris  .

Je veux bien l'ouvrir mais j'en serais réduit à sortir des trucs que tout le monde peut trouver en cherchant 5 minutes alors qu'il y a des gens ici qui auraient des choses nettement plus intéressantes à dire sur lui.
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MessageSujet: un point sur le bar sovietique   Lun 24 Fév 2014 - 22:11

on se plaint de n'avoir pas de sujet Eshpaï, Nikolaev, Mosolov.
J'ai longuement réfléchi aux propositions, mais ce fil en lui-même ne comporte que 6 maigres pages. Considérer les compositeurs soviétiques un par un ne mène pas à grand chose pour la compréhension du mouvement.
Il y a déjà de nombreux sujets particuliers, entre autre Deshevov, Petrov, Tischenko, Schedrin, Nosyrev, Miaskovsky, Roslavets, Lourié? sans parler des professeurs, Glière, Steinberg, Glazunov etc.
Beaucoup de choses manquent, Scherbatchov, Kochurov, Gnessin, Loshkin, Levitin, les considérer dans leur singularité reste difficile. Il serait même opportun de rapatrier Prokofiev, Khrennikov, Shebalin, Shaporin. Dans le cadre d'un forum, il faut avoir beaucoup à dire sur chacun pour ouvrir de nouveaux sujets.

@Lucien: venir parler ici de la musique de piano de Mosolov, Pasternak, Protopopov (une lacune pour moi), Polovinkin, serait bienvenu.

J'hésite à poursuivre. Je tente de lire la monographie de Popov par Mme Romanchuk (et comme je ne comprends pas le russe c'est assez compliqué): mes notes apporteraient-elles quelque chose aux débats?


Dernière édition par sud273 le Lun 24 Fév 2014 - 22:35, édité 1 fois
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 24 Fév 2014 - 22:21

sud273 a écrit:
@Lucien: venir parler ici de la musique de piano de Mosolov, Pasternak, Protopopov (une lacune pour moi), Polovinkin, serait bienvenu.
le problème, c’est qu’on ne sait pas très bien si on doit poster dans « Futuristes russes », dans « Musique soviétique » ou dans des sujets particuliers ; il y a plusieurs possibilités, mais il faudrait se mettre d’accord, je trouve — j’ai essayé de lancer le débat dans « Prochains sujets », sans beaucoup de résultats. Confused
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 24 Fév 2014 - 22:28

raison pour laquelle je propose de revenir ici, car il se peut aussi que j'aie des choses supplémentaires à dire sur Mosolov. Je pense que le sujet sur les futuristes est à réserver à Roslavets maintenant. Ma petite sortie sur La symphonie des Sirènes n'a suscité aucune réaction non plus, et ce sujet pourrait avec plus de raison être "intégré" aux futuristes.
Sur le web, je crois que le seul important est le sujet qui vit, donc, soit tu crées un sujet Mosolov, musique de piano, ce qui par le genre-même justifiera son existence, soit tu viens en parler ici, ce qui permettra peut-être de discuter de l'influence du folklore turkmène sur sa musique de la fin des années 30, à l'époque où on l'envoie se faire voir dans différentes républiques plus ou moins orientales.
Il faudrait aussi qu'Ivon 213 veuille participer
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 24 Fév 2014 - 22:36

Mossolov au moins mériterait un sujet, non ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 24 Fév 2014 - 22:37

alors crée le sujet Mosolov et on y remettra ce qu'on en a dit ailleurs (en corrigeant les bêtises si possible), mais tu viendras pas te plaindre si on veut y parler de la symphonie en mi ou de l'élégie pour violoncelle.
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WoO
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 24 Fév 2014 - 23:21

sud273 a écrit:
mes notes apporteraient-elles quelque chose aux débats?

oui ! mille fois

Maintenant je ne suis pas complètement d'accord avec ça :

sud273 a écrit:
Dans le cadre d'un forum, il faut avoir beaucoup à dire sur chacun pour ouvrir de nouveaux sujets.

Quand bien même chaque sujet ne générerait que quelques messages (cf. le bide relatif des compositeurs anglais sur ce forum, il n'y a qu'à voir les sujets Rawsthorne, Parry, Stanford, Arnold ou encore Bliss), on n'est jamais à l'abri de surprise (arrivée de nouveaux membres, changement de goût ou d'intérêt) ; des sujets qui dorment longtemps peuvent se réveiller (Bax atteint presque les 3 pages, le sujet Pettersson est resté longtemps mort avant l'arrivée de Gluckhand et André), s'interdire d'ouvrir de nouveaux sujets parce qu'on se dit à l'avance qu'ils vont n'intéresser personne c'est dommage (bien que réaliste). Evidemment, le fait de traiter ces compositeurs individuellement et de manière "ras du plancher" (considérations discographiques, etc.), ne rendra pas leur approche aussi passionnante qu'un sujet qui étudie l'ensemble du mouvement, comme c'est le cas ici.
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 24 Fév 2014 - 23:25

dites, est-ce qu’un administrateur pourrait déplacer tout ça ailleurs (genre dans « Prochains sujets »), ’histoire qu’on protège déjà ce fil ? Surprised
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 24 Fév 2014 - 23:52

Bon, alors faute d'autres réactions, allons-y.

La monographie de Mme Romanchuk tente de replacer Popov dans son temps; Elle souffre donc des mêmes travers de l'étude de groupe, qui fait qu'on s'éloigne du sujet, avec de fréquents retours en arrière. Je ne sais pas encore très bien où ça va, mais il y a de la matière: je compte sur vous pour débrouiller l'écheveau et filer la quenouille.


Episode 1

P16

On arrête de jouer la musique de Mosolov en 1928, tout accès à la publication lui est refusé dès 1929, il est viré de son travail à la radio en 1931 et condamné en 1937.
Roslavets crée au milieu des années 20 la revue Culture Musicale, vers la fin des années 20 il n’est plus joué et devient au début des années 30 le « prisonnier de Tashkent », et lui aussi un « mort-vivant ».
Au sommet de son activité artistique, Deshevov s’arrête de composer, ses écrits ne sont ni publiés ni exécutés, son nom même est peu à peu supprimé.
A. Fadeev, dans sa note de suicide, condamne le « liedership culturel des ignorants, arrogants, complaisants nouveau-riches, qui ont réduit la culture à des propositions enfantines, et utilisent l’intimidation idéologique »

P19
Exemples de recherches apparentées aux théosophes (sous l’influence de Piotr Uspensky) : Michael Matyushin « Victoire sur le soleil » (1913), 6è sy de Misakovsky, l’opéra Une fête au temps de la famine de N. Rechmensky (1923) Le Conte du pêcheur et du poisson, de Polovinkin (1933), Masquerade, opéra de Mosolov (1940).
L’auteur met en rapport ces démarches avec l’impossibilité pour Popov de glorifier la révolution (son aspiration sincère) dans la sy1 sans invoquer des signes plus sombres de la réalité révolutionnaire (voix de la conscience, sentiment de perte de l’existence, destruction de l’identité personnelle)

P21
Popov : « je me dois d’être un miroir du monde, de la vie dans son entièreté, mon âme en est la loupe, à l’intersection des rayons parallèles émis par chaque vie humaine »
Deshevov, poème symphonique Bolsheviques (la tornade rouge) Alexei Zhivotov Occident (West cycle de mélodies sur des vers de poètes étrangers) Pashenko, Gnessin, chroniques de l’ère soviétique.
P22
L’écho lointain de la révolution rattrape Popov en 1921 (à Rostov) quand son père, Nikolai Dmitrievotch prof de littérature est arrêté sous des charges imaginaires. En 1921 à Rostov Popov suit des études à l’institut Polytechnique (architecture) et de math à l’université, dessine professionnellement des réseaux de chemin de fer. Comme Shebalin à Omsk ou Arapov à Poltava, les maisons familiales ouvrent sur des salons littéraires.

P24-25
Popov tient de sa mère ses premiers cours de musique, puis rejoint en 1917 le conservatoire privé de Pressman, fréquente les théâtres et l’opéra. En 1919, sa mère meurt du choléra et Popov commence à tenir un journal. En 21, sur la recommandation de Pressman (condisciple de Rachmaninov et Scriabine), Popov devient accompagnateur pour l’opéra et le workshop du conservatoire. Ses premiers essais de composition n’ont pas survécu, ce sont selon son journal des pièces de piano dans le style de Liadov, des Etudes-tableaux, et quelques pièces dans le goût de Rimsky, un poème symph, un opéra sur Boyard Orsha (d’après Lermontov), des sonates pour piano. Les premières œuvres de Mosolov ont également été perdues pendant la guerre (Les 3 clés, mélodies d’après Pushkin, deux poèmes sans paroles pour voix et piano)

P26
Deshevov se tourne vers Moussorgsky + influence de chants folkoloriques. Dans la classe de Viktor Shaub, (entrée en 21  après la fermeture de l’école de Pressman) Popov subit l’influence majeure de Scriabin, envisage l’écriture d’un poème symphonique en 1923  « La quête des esprits ». Il désire aussi étudier l’orchestration et le développement chez Beethoven, rencontre Gnessin qui l’encourage à apprendre et critique l’uniformité harmonique de ses premiers essais (Rush et Caprice).

P28
Popov arrivez à Petrograd en 1922, âgé de 18 ans, entre dans la classe de Steinberg (et Barionov ?)
En 1931 il vit à Pushkino comme A Tolstoi, Fedin, Shaporin, Arapov. A Leningrad, il entre en contact avec DSCH, Meyerhold, Eisenstein, Bogdanov, Berezovsky, Ermler, Shub et crée le Septuor, la sy1 KSHE, Chapaev, Bezhin Meadows, La liste des bienfaits, la suite op6. Il poursuit des études d’histoire de l’art (en archi, 1922-23) et devient membre de l’AMC

P31
De l’influence de Schonberg et Wyschnegradsky : Popov s’intéresse à  Schonberg « mon nouveau, merveilleux compositeur » , Hindemith et Stravinsky. « L’urbanisme brûlant [d’Hindemtih] secoue le sang, aiguise l’esprit. Stravinsky, Schonberg, Hindemith, Prokofiev, voilà mes stars. » Mosolov en 1925 consacre aussi son premier article à Hindemith. (Deshevov, culmination du machinisme Rails 1923, Oedipus Rex, “Growth”.)

P34
Popov acquiert les bases classiques-contrepoint, instrumentation, forme- dans la classe de Scherbatchev (qui enseigne à partir de 1924). Melodie et expression condensent expressionnisme et constructivisme.

P35
Evenements musicaux : 1925 Knipper, suite symph du Conte du dieu aux pieds d’argile. Mosolov, cantate Le Sphinx (d’après Wilde), 1er concerto pour piano, 4 annonces, Telescope de Polovinkin, 1ere sy de DSCH et de Shebalin, qui témoigne de la fusion du neo clacissisme et du neo romnantisme avec les tendances modernes. En janvier 1926, Popov commence le septuor, conçu au départ comme un sextette, (sans la basse). Dédié à Scherbatchev, défendu par Asafiev. C’est en 1971, lorsqu’on le republie que Popov l’appelle Chamber sy.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mar 25 Fév 2014 - 0:17

Episode 1bis

P38
Deshevov, ballet La Tornade rouge (1927) soulève un bon accueil critique [en fait ce ballet est constitué des restes du poèmes sy Bolcheviques, d'un peu de DSCH, et je ne sais plus de qui, Polovinkin?, il faudrait regarder d'autres sources] : il est déjà l’auteur de la musique pour l’un des premiers dessins animés, La Poste, collabore à des opérettes (Friendly hill), termine La Glace et l’Acier en 1930. Concert du 4 décembre 1927 (Baku plein-air) : prologue de Polovinkin, 2è sy de DSCH, cante Octobre de Roslavets et suite du ballet Steel de Mosolov.

P40
La sy1 de Popov serait conçue comme un requiem en mémoire de Maîakovsky dont le suicide aurait impressionné Popov. Popov participe à la création russe de Noces avec Yudina, Renzinym( ??) et Malakovets. En duo avec DSCH, joue dans la grande salle de la philharmonie le concerto pour deux pianos de Mozart, la réduction du Sacre et d’Apollon musagète. La suite op6 est proche de ses musiques pour le théâtre (Pétrole, Take the fight, Class) mélange motifs révolutionnaireset épisodes néo-baroques. 1931 la Liste des bienfaits pour la pièce d’Olesha montée par Meyerhold. La musique de la pièce d’Olesha mélange des pastiches de Chopin et de jazz (saxophone) qui provoquent déjà des attaques pour l’utilisation de musique décadente de l’occident.

P44
L’interdiction de la symphonie empêche Popov d’écrire la musique du film suivant de Shub « Terre des soviets », elle est contrainte de choisir des bribes de musique classique et de donner la chanson révolutionnaire à Kryukov alors qu’elle écrit à Popov « je ne conçois pas mon film sans votre musique ». La 1ère sy porte comme date d’achèvement sur la réduction pour piano présenté au concours pour le 10è anniversaire de la révolution d’Octobre la date du 10 oct 1932. Le 28, Popov reçoit un message selon lequel elle a emporté le second prix, à égalité avec la sy en ut mineur op11 de Shaporin et la Lénin-symphonie op 16 de Shebalin

P45
En 1932, Popov démarche Pasternak pour écrire un livret d’opéra d’après le Cavalier de Bronze (Le pauvre Eugène) de Pushkin, le projet n’aboutit pas. Il travaille de 32 à 34 à la musique du Jeune homme sérieux, interdit, et en août 36, termine la musique pour Bezin Meadows d’Eisenstein, inachevé. Il travaille au Concerto pour violon (inachevé) dont le premier mvt est joué en 1938.
A l’automne 37, à la demande de Meyerhold il écrit la musique pour Comment l’acier fut dompté (Ostrovsky) et recycle la chanson principale et deux marches dans la Suite russe pour chœur et grand orchestre. Le théâtre ferme le 7 janvier 1938. Projet d’opéra « un héros de notre temps », « la défense de Tsaritsyn » d’après le roman d’Alexis Tolstoi, travaille à un concerto pour piano commencé en 1932, dont le premier mouvement « est baigné sur la fin d’une lumière magique d’été, le soleil du matin dans la nature, exhalant le parfum des lys dans la vallée » (journal 7 nov 36).

P47
1938, esquisses pour une deuxième symphonie, projet d’opéra sur Gobsek de Balzac, montrant les racines sociales des difformités et défauts humains.
A la même époque Mosolov est chassé de l’Union des Compositeurs, forcé de s’exiler au Turkmenistan et condamné à 8 ans de prison. Il commence une partie de sa peine au camp de travail de la Volga dont il sera libéré à l’été 1938. C’est au camp qu’il écrit son concerto pour harpe (utilisant dans un matériel apaisé des chants populaires)
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WoO
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mar 25 Fév 2014 - 1:06

Merci beaucoup pour tous ces éléments ! La mosaïque est éclatée, il faut réorganiser le puzzle, mais c'est passionnant. Par contre je ne comprends pas très bien ce que vient faire là Fadeïev (personnage manifestement très Jdanovien au vu de sa biographie). La description du concerto pour piano m'a fait fortement penser à la 5ème symphonie. J'espère que Mme Romanchuk parle du Roi Lear.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mar 25 Fév 2014 - 12:24

sud273 a écrit:
Il faudrait aussi qu'Ivon 213 veuille participer

Hein ? Quelqu'un m'a appelé ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mar 25 Fév 2014 - 13:51

WoO a écrit:
je ne comprends pas très bien ce que vient faire là Fadeïev (personnage manifestement très Jdanovien au vu de sa biographie)
Je ne sais pas encore très bien, sans doute pour faire le tableau des "suicidés littéraires", dans ligne de Maïakovsky et Essenin. Là encore, il faut que je relise pour tenter de déceler le lien. Popov a été apparemment un ami très proche d'Alexei Tolstoï, lui aussi profondément détesté de tous ses collègues littérateurs pour sa proximité avec Staline qui lui a permis de continuer à vivre comme un nobliau occidental. Il y a eu longtemps un projet d'opéra avec lui (touchant à la science fiction? Tolstoï serait également plus ou moins à la source du livret d'Orango). Popov a toujours eu des relations compliquées avec Staline: il a obtenu deux fois le prix. Chapaev a été longtemps le film préféré de Staline jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il s'agissait d'un anarchiste, plus ou moins ennemi de l'armée rouge. Il n'ait pas exclu que Staline lui-même ait écrit les paroles d'une des chansons du film.

WoO a écrit:
La description du concerto pour piano m'a fait fortement penser à la 5ème symphonie.
C'est juste, il y a dans certaines scènes de Chapaev aussi une forte connotation "pastorale", à travers les évocations du clair de lune (celui avec la romance à l'accordéon, puis celui de Beethoven -joué par le général allemand, avec ajout de cordes, celui de la nuit d'attente avant le combat qui reprend le thème de la romance). De même la dimension chorale, -qui apparaît comme la dominante des années d'après-guerre dans la musique de Popov -est omniprésente avec la longue scène où les insurgés chantent Le Corbeau noir.
Plus problématique me paraît le fait que je n'ai toujours pas réussi à comprendre si le concerto pour piano est un seul mouvement, inachevé comme le concerto pour violon, ou s'il existe à l'état de partition complète. Je n'ai pas trouvé non plus d'indice d'une connexion avec la musique du Jeune homme sérieux pour l'instant comme je le crois, à part la parodie de Chopin -mélangée de musique de bal des années 30- qui est sans doute commune aux deux partitions.

WoO a écrit:
J'espère que Mme Romanchuk parle du Roi Lear.
Pour l'instant elle n'y fait qu'allusion, mais ce n'est que le premier chapitre qui est consacré à un survol des oeuvres dont le titre est symphonie (je formule ainsi car elle parle indifféremment de la 4è, qui est donc une oeuvre chorale, -là encore je ne suis pas certain que ce soit du vocal a capella, mais j'incline à le croire- et de la symphonie pour quatuor à cordes). Le plan en éventail fait que la mosaïque est effectivement difficile à reconstituer (et qu'il faut deviner à travers la traduction automatique, longue, fastidieuse et parfois totalement erronée hehe

Edit: quelqu'un saurait-il m'expliquer le rapport de l'adjective "Kuban" avec "cosaque". Mosolov écrit, nous dit-on dans certaines listes d'oeuvres en anglais, une suite et une symphonie "cubaine"... c'est à l'évidence une erreur de traduction de "kuban cossac", la symphonie en question (la 3ème? qui précède la symphonie en mi) remontant à la première période folklorisante de l'exil intérieur de Mosolov, (avant l'influence turkmène).
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mar 25 Fév 2014 - 14:54

Episode 1c Tentons d'en finir avec ce premier chapitre!

P48
Roslavets, envoyé en Ouzbekistan, y écrit le ballet Coton (Buttermilk) et à son retour à Moscou crée la Symphonie de chambre (1934) et le concerto pour violon de 1936, tentant de simplifier son langage. Arapov se réfugie dans le domaine de la musique de film (contrairement à ses débuts « sérieux » avec le Fugato pour orch), les chansons inspirés du folklore (Suite sur des Negro spirituals). Fin de la carrière avortée de Victor Tomilin. Roslavets de retour d’ouzbekistan écrit un « quatuor turkmène »

P49
Popov voit souvent DSCH.Le 20 mars 1941, Popov note dans son journal que DSCH a aimé la première scène de son Alexandre Newsky et lui a donné une partition du quintette op57 avec la dédicace, « à mon cher Gabriel, en souhaitant que son si vaste talent prospère, avec amour ». La musique soviétique prend un tournant lyrique, avec la sy21 de Miaskovsky
P51
Travaille sur Alexandre Nevsly (projet soutenu par Eisenstein) Dès novembre 38, 65 pages d’esquisses sur un livret inachevé de Pavlenko et Prey. Essaye d’achever le texte lui-même, repris en 44 par Gorodetskin, ce qui permet à Popov d’achever le 1er acte (260 pages de partition) mais Chulaki refuse de monter l’opera (contrat passé avec le Bolschoi dénoncé après-guerre). Popov considèrera tout le reste de sa vie cet acte d’opéra inachevé comme son grand œuvre. Importance de la conception chorale qui met en avant le rôle du peuple comme personnage principal. De cet acte d’une heure, Popov tire en 44 la cantate « Pour la Victoire » (chant héroïque) pour ténor chœur et grand orch

P55
En 1941, Popov et sa femme (Irina Kuznetsova) quittent Pushkino, laissant derrière lui nombre de manuscrits de jeunesse, subséquemment détruits. Ils vivent un temps chez des amis à Leningrad où ils sont rattrapés par l’évacuation. Dans l’incapacité de se rendre sur le tournage il abandonne la musique du film La Défense de Voroshilov. Après un passage par Tver, il rejoint Alma-Ata où il passa toute l’année 43  à composer la musique de Partisans (Elle défend la mère patrie) et la 2è symphonie (composée entre avril et octobre 43) qui y est liée thématiquement.
P56
Dès mars 40, le thème de la guerre apparaît à l’occasion du film « première cavalerie » d’où il tire à l’été 40 la vignette Red Cavalry pour chœur masc et orch. Il travaille sur Tanker Derbent (qui exalte aussi l’héroïsme populaire) et sur Venu de l’Est d’Abraham Room pour qui il fournit des scènes faisant contraster l’inspiration baroque au lyrisme tchaïkovskien.

P57
La partition de la 2è sy est présentée à Miaskovsky, DSCH, Shebalin, Shaporin, Scherbatchev, Gauk, Oborin. Fin 1943, Popov arrivé à Moscou. La première de la sy est un succès qui l’encourage à retravailler sur le  Concerto Grosso de 1939 basé sur la musique du film Espagne de Shub, qui deviendra la 3è sy pour cordes, achevée en 1946. Le travail est interrompu par celui sur les musiques de scène pour Les clés de Berlin et Le Visiteur (l’invité), puis l’Aria pour cello in memoriam Alexei Tolstoi (qui témoigne aussi du deuil de la perte d’amis proches (Shishkov, Tomilin, Valeri Zhelobinsky, 1945). De la musique pour La Grande Crise (débuts d’Ermler) il tire un nocturne symphonique. Projets de ballet (Eros et Psyché) et d’opéra (un héros de notre temps) avortés.
1946 : prix Staline pour la 2è symphonie, 1947 artiste du peuple, les récompenses précèdent un nouveau coup, celui du congrès de 48 : la plupart des compositeurs se tournent de nouveau vers le folklore et la musique chorale, le domaine symphonique se remplit de chansons patriotiques et folkloriques (Mosolov 49-50 3è sy qui suit les tableaux cosaques et paysans, Shebalin, cantate Moscou 1949, DSCH 11è sy, Knipper 12è)

P61-62 Sur la mythique 4è sy

1948 : nombreuses œuvres chorales Les Cosaques (texte Selvinsky) suite Notre patrie (our native edge) pour chœur de garçon bâtie autour du Champs de rosistsya (Mashistova) pour chœur de garçons, Notre jardin, Le bois de Kukushkin. Chant de marche Nous, jeunesse du monde (Levashova) Vie belle et désirable (chœur mixte a capella). En mai 48 Popov commence à travailler sur un concerto pour chœur (texte Golodnov). Alors qu’il entame le deuxième mouvement, il étend l’idée à la célébration de la victoire, et compose sa 4è sy chorale sur un texte de Selvinsky « Gloire à la mère patrie ». Cette 4è sy est achevée le 8 sept 49, soumise au Secrétariat de l’union, qui apprécie l’œuvre mais souligne que les chœurs présentent de grosses difficultés techniques, liées à l’usage de polytonalité, structurée à partir d’enchaînements dissonants et d’harmonie contemporaine. Aucun ensemble choral ne prend le risque et seule la deuxième partie est jouée fin novembre 1949 nécessitant l’intervention de deux chorales dont celle de l’institut Gnessin.

P63
La célébration de la victoire est obscurcie par le coût, la réponse à son éviction serait la Légende de Lénine (texte Filatova), retour sur le passé révolutionnaire et opposition au stalinisme. En avril 50 la version basse, chœur d’homme et piano est achevée, puis en décembre 50 la version avec orchestre où se manifeste un plus large développement symphonique. L’exécution est recommandée par le Comité de l’union des compositeurs mais Popov lui-même retire l’œuvre, sous prétexte de répétitions insuffisantes.
La mode du culte de la personnalité et des œuvres épiques passant, Popov se tourne au début des années 50 vers des œuvre symphoniques où les sentiments personnels retrouvent une plus grande place. Il écrit la Symphonie pour quatuor à cordes, et commence la 5è sy en 1951. Pendant les années 50, il survit en écrivant pas moins de douze partitions pour le cinéma.

P64
La Légende de Lénine ne sera crée qu’en 1969, attirant une presse élogieuse mais consternant ceux qui ne savent comment réagir devant cette œuvre semi-officielle. Pendant la décennie des années 50, Popov est affecté par de nouvelles pertes (Scherbatchev, Kochurov 1952, sa femme Irina en 1953 –puis Miaskovsky). Témoigne de sa nostalgie la dédicace de la symphonie pour quatuor à la mémoire de son père, et l’évocation de rêves romantiques inassouvis dans la 5è dont l’aspect « pastoral » fait référence à un imaginaire perdu (où même les tempêtes appartiennent au passé).
La quartet-sy est encore dédiée à la mémoire de son père. Popov note dans son journal l’association qu’il fait de chaque partie à une dimension nostalgique : la première partie contient un subtexte psychologique complexe, l’œuvre se construit sur des thèmes lyriques qu’il décrit comme « rêves », la troisième est associée à l’image du bonheur et de l’amour, le finale exalte le pouvoir de la raison et de la foi (dans les idées humaines)

P65
Quartet sy achevée en septembre 1951, reçoit l’appui de Shebalin, et de DSCH qui note tout de même qu’il trouve la composition trop tendue. Popov s’attend à des réactions négatives à cause de l’usage de la polytonalité, l’énergie déployée, l’élargissement de la forme : absence de caractère national, regard vers l’ouest, décadence, sophistication harmonique, formalisme, toutes les critiques antérieures, y compris celle de complexité excessive quand à l’interprétation. Lors de la création , le 4 décembre 51, les critiques ne manquent pas de pleuvoir. La 5è sy s’oriente dans le même sens, tout en prenant un tour plus « russe » (l’idée du combat et de l’émotion devant la nature, la conviction de surmonter les obstacles et la frustration.

P66
Début 52 il n’a rédigé que la première partie et esquissé la deuxième. Il reçoit alors la commande de l’état pour un poème symphonique « Pastorale russe » destiné à l’ouverture de la saison en juin 53. En fait le travail se poursuit pendant 4 ans (jusqu’en mai 57) et la première a lieu en 1960. Le po-ème symphonique est devenu une symphonie pastorale en 5 mvts

P68
Romachuk soutient qu’il existerait un lien très étroit entre la 5è de Popov, la 27è de Miaskovsky et la 10è de DSCH dont Popov a étudié la partition avant sa création, assisté aux répétition et aux concerts des 17 et 18 déc 1953 ; Popov souligne dans son journal l’aspect élégiaque de la 10è, et comme dans sa propre 5è , le thème du retour à la conscience et à la nature de l’histoire qui entre en contrepoint avec une vision d’une nature « non idyllique ». Le 28 mai 1958, le Comité central réhabilite  (partiellement) les compositeurs dénoncés en 1948, sans provoquer chez Popov la moindre manifestation de joie.

P69
Dans le domaine de la musique de film (qui pose la question de savoir si elle n’est pas finalement destinée à empêcher les compositeurs de mettre en œuvre leurs idée originales) la même application à décrire des phénomènes lyriques et poétique se manifeste « L’histoire inachevée » (1955), film d’Ermler met en jeu un code pastoral qui souligne le thème de la pauvreté, la musique créant un espace qui met en avant les sentiments humains, l’amour et les constructions impossibles, le compositeur nourrissant la partition de son deuil (Irina).
Poème de la mer (1958) pour le film de Dovzhenko se rattache également au courant poétique de la 5è, comme la partition pour La mer de glace d’Egorov (43 mn) musique naturaliste qui associe la tempête avec le développement de la vie humaine. Rêves brisés (1953) est banni de l’écran et ne sort qu’en 1962 sous le titre Le Dîner. Accumulation de films mineurs Les Enfants des Partisans (1953), Ses mains (1956) Fortune (1959) et de pièces radiophoniques « Comment Ivan Ivanovich se disputa avec Ivan Nikiforovitch » (1952) Nikolas Nickleby (1952), version radio de Chapaev en 53, La Source éternelle(1957)

P70
A partir du terreau de sa musique de théâtre et de cinéma naît l’opéra Le Roi Lear, aboutissement de négociations avec le théâtre de Minsk, dont le directeur V. Fedorov rédige le livret. Le travail préparatoire sur le matériel littéraire et musical (conciliation de la musique avec le traitement des situations psychologiques) influence à son tour le concept en gestation de la 6è sy.
Les entrées du journal se réduisent, comme le fil de la vie, comme si Popov éprouvait la réduction de ses forces créatrices et se trouvait face à une esthétique de « soleil couchant ». Popov multiplie les visites à Léningrad, véritable ville de sa jeunesse. Le 12 septembre 1968, il a 64 ans. Il est gros, fatigué et malade. Jeune homme, il avait tout de la figure du dandy européen, beau, bien habillé, fumant le cigare (signant ses autographes du nom de Gabriel Popoff). Il aimait le jazz, les belles femmes, la nature, en particulier la mer : excellent nageur, joueur d’échec passionné, assistant à tous les concerts, attentif aux créations de ses contemporains, insistant sur la persistance de l’aspect mélodique qui constitue l’élément central de sa musique, ce qui explique que ses goûts inclinent vers Verdi (particulièrement le Requiem), sa référence constante demeurant Dostoievsky (du point de vue des valeurs morales). Ce jour de son 64è anniversaire il écrit : « c’est peut-être mon tout dernier anniversaire. J’aurais voulu ce soir discuter avec des amis ». Dans une lettre à Apetyan, il se plaint que les jeunes compositeurs ne le connaissent pas, ni sa musique ; il continue à respecter Asafiev comme un des grands penseurs de la musique. Pour la plupart des compositeurs des années 60, il n’est plus qu’un nom du passé. C’est l’époque de la « seconde avant-garde » représentée par Gudaidulina, Denisov, Karetnikov, Ledenev, Silvestrov, Tischenko, Schnittke. Il ne renonce pas à l’étude des techniques sérielles, tout en prenant en compte l’expansion du matériel folklorique tel qu’on le trouve dans Sviridov, Eshpai, Schedrin, Slominsky, Kancheli, Terteryan.

P72
Une cohorte de compositeurs confirmés emprunte la voie tracée par Miaskovsky et DSCH : Boris Tchaïkovsky, Weinberg, Peiko, Revol Bunin, Levitin, Ulstvolskaya, Karen Khatchaturian.
Après la création de la 3è sy (25 octobre 68, concerts sur souscription avec le Moscow Philhar. Saluée par DSCH, par Mosolov et Karen Khatchaturian, quoiqu’ils critiquent l’exécution), Popov exprime son désir de diriger lui-même ses œuvres –il souffre du manque de vie particulièrement dans le Largo, 4è mvt) la complexité polyphonique, polyrythmique, polytonale ne prend pas en compte la faiblesse des orchestres, et réclame sans cesse des musiciens virtuoses et des chefs exceptionnels. De plus les oeuvres sont rarement programmées. La décennie des années 60 ne voit que deux premières, celle de la 5è sy, de la Légende de Lénine, et en 1963 la reprise, après 30 ans de silence du Septuor. Le concert destiné à célébrer ses 60 ans est repoussé à avril 67 (la brochure contient des Feuillets d’Album pour piano publiés pour la première fois, et une réduction de la valse du Jeune homme sérieux). A l’occasion de ce concert, Popov reçoit une lettre chaleureuse d’Aram Khatchaturian qui l’assure que –quoique n’ayant pu assister- n’étant pas de ses amis proches et l’ayant peu rencontré, il lui témoigne (et depuis qu’il a lui-même 16 ans) le plus grand respect pour son intelligence remarquable et souhaite que se poursuive sa créativité dans une atmosphère heureuse: « Aujourd’hui je veux vous dire quelle expérience extraordinaire fut l’audition du Septuor il y a quelques 30 ans dans la salle Beethoven du conservatoire, alors que vous étiez un jeune homme à la barbe rousse. Votre langage harmonique, la polyphonie extraordinaire, la forme et l’instrumentation représentaient des phénomènes frappants pour l’époque. Ainsi je vous aimais et vous appréciais en tant que compositeur, sans vous connaître. Votre production symphonique et chorale ultérieure a toujours attiré mon attention d’auteur et de compositeur ».

P74
Une des seules joies professionnelles de la vie de Popov fut la création de la 6è sy (1970) alors sous-titrée « Holiday » [Romanchuk parle d’une « éjaculation » symphonique]. L’atmosphère s’appuie sur la partition du Conte du Tsar Saltan (film de Ptushko qui conquerra une renommée internationale. On y trouve la fusion des courants nationalistes avec la synthèse de toutes sortes d’états émotionnels, création d’images allégoriques où passé et présent se mêlent dans une parabole où figurent des hordes ennemies, trahison, jalousie et acceptation des difficultés dont il résulte une joie finale. Romanchuk invoque aussi l’influence de la partition du film Les Cosaques (1961) d’après Léon Tolstoï.

P75
Le processus de création remonte à 1963, où Popov envisage d’écrire un Poème festif (1966) qui se transforme sous l’influence de la ligne politique en « Capriccio russe » (1967) : « farce, drame et tragédie tourbillonnent dans « Holiday » au gré des masques de carnaval. La 6è est un drama giocoso en un seul complexe mouvement tripartite, sous-tendu de références à Bach. Le carnaval continue : quelle est la place de l’homme dans cette vie de déguisements ?

La 15è sy de DSCH serait à certains titres la continuation de ces « vacances tristes »
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Ven 28 Fév 2014 - 12:56

dans les partitions de Protopopov, on trouve des indications de ce type :









etc.


quelqu’un sait ce que c’est ? des indications de modes et/ou d’harmonies ?
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jerome
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Ven 28 Fév 2014 - 13:07

Intéressant, mais nébuleux.
Tu peux indiquer une partition plus complète où ça apparaît ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Ven 28 Fév 2014 - 13:17

lad: mode en russe, donc des indications de modes, mais le mot n'a pas tout à fait le même sens que pour les occidentaux apparemment.
Je dirais, système de composition dodécaphonique basé sur le triton, développement du système de Yavorsky (1906)
si tu lis l'anglais tu devrais trouver quelques explications dans cet article
http://mtosmt.org/issues/mto.12.18.4/mto.12.18.4.ewell.php

je ne suis pas assez versé dans les subtilités de l'harmonie pour t'en dire plus Mr.Red 
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Ven 28 Fév 2014 - 13:20

jerome a écrit:
Tu peux indiquer une partition plus complète où ça apparaît ?
regarde sur IMSLP, il y en a plein dans les toutes les partitions. Surprised 

sud273 a écrit:
Je dirais, système de composition dodécaphonique basé sur le triton, développement du système de Yavorsky (1906)
oui, je pensais à ça aussi.
merci pour le lien ; je vais essayer de comprendre, mais... Mr. Green
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Ven 28 Fév 2014 - 15:34

C'est la transposition de la même chose, je ne vois pas trop à quoi ça sert.

Protopopov, quoi.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Ven 7 Mar 2014 - 23:01

lucien a écrit:
Alexandre Krein, Sonate pour piano (1925). Jonathan Powell
Sergeï Protopopov, Sonate pour piano nº3 (1924–28). Fiodor Amirov

tous les deux élèves de ce Yavorsky, en fait — et même genre de musique. Surprised

Alexander Krein, élève de Yavorsky? et ça s'entend dans sa musique? j'aurais plutôt eu cette sensation chez Gregory.
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Ven 7 Mar 2014 - 23:04

sud273 a écrit:
Alexander Krein, élève de Yavorsky? et ça s'entend dans sa musique? j'aurais plutôt eu cette sensation chez Gregory.
pas dans toutes les œuvres, mais dans la Sonate, je trouve, oui — j’intuitionne, plutôt. Surprised
...plus que chez son frère Grigori, je dirais, moi...

EDIT. pardon, elle date de 1922, cette sonate.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Sam 8 Mar 2014 - 0:21

lucien a écrit:

   Grigori Krein, Sonate pour violon et piano (1913).  Ilona Then-Bergh / Michael Schäfer

Il y a un violon qui parasite, mais c'est tout de même anthologique cette sonate?

lucien a écrit:
et dire qu’il a écrit trois sonates pour piano seul !

_________________
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WoO
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Sam 8 Mar 2014 - 0:46

Sud est-ce que tu as avancé dans la lecture de cette chère Mme Romanchuk ? Le bouquin compte combien de chapitres ? J'attends la suite de tes notes avec impatience (c'est bien plus important que la discographie de Gergiev hehe)
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Sam 8 Mar 2014 - 12:51

c'est pas gagné... 450 pages, je crois, j'y travaille par petits bouts, le plan du livre n'aide pas, car au chapitre 2 elle approfondit le 1. Mon projet dérive de temps en temps vers la littérature, donc j'étais de nouveau sur Kannegiser et Kuzmin (qui trouverait sa place dans ce fil aussi puisqu'il a écrit beaucoup de musique fort peu enregistrée).
Chemin faisant j'ai été contraint de tenter de me faire une idée de qui était Zhelobinsky (Jelobinsky) sans trouver grand chose -ça pourrait intéresser Lucien
watch?v=zFlTCY1aE8w&list

watch?v=27t4Len6gr0 (danse gitane de Don Quichotte)

Valery Zhelobinsky (1913-1946)

après des études à Tambov (où il revient en 1942) Zhelobinsky a été le condisciple de Popov dans la classe de Scherbatchov à Leningrad. Malgré une brève carrière (de concertiste aussi) il a tout de même composé 4 opéras dont Le paysan de Komarino (1933), La mère d'après Gorki (1938)
six symphonies, trois concertos pour piano, un poème romantique pour violon et orchestre (créé en même temps que la 6è de DSCH en novembre 1939). Chostakovich écrit à Chulaki (directeur de l'Union des compositeurs) en 1951 qu'il faut l'inclure dans la liste des 100 compositeurs russes majeurs, même si le temps lui a manqué pour parvenir au sommet de son art.
Parmi ses très nombreuses oeuvres pour piano, les Préludes op24 ont été introduits aux états unis par Horowitz, et une dizaine enregistrés par Oscar Levant...

Je me demande toujours si quelqu'un aurait quelque chose de Patchenko, qui a l'air d'être l'une des figures "officielles" de la musique soviétique (il en est beaucoup question apparemment)

Andrei Philippovitch Pashchenko (1883-1972)
dans son catalogue:

6 opéras

1925: La révolte des aigles,
1927: L'empereur Maximilien
1931: Le rocher noir
1939: Les pompadours
1956: La fiancée obstinée
1957: Radda et Loyko"

Orchestre:
1913: Les géants, poème symph pour choeur de femme et orch, Scherzo, Arlequin et Colombine
1915: Les Bacchantes, poème symph, Suite dans le style classique pour orch à cordes
1916: Symphonie no. 1
1927: Scene La rue est joyeuse pour orchestre folklorique
1929: Symphonie no. 2
1933: Symphonie no. 3
1934: Oratorio "Promethée désenchaîné"  soloistes, choeur et orch,
1938: Symphonie no. 4
1942: "Requiem en Mémoire des Guerriers héroïques "
1944: concerto pour violon

1952: Symphonie no. 5
1954: Symphonie no. 6
1956: Symphonie no. 7
1957: Symphonie no. 8
1958: Symphonie no. 9
1960: Oratorio "Lenin"

1963: Symphonie no. 10
1964: Symphonie no. 11
        Concerto pour violoncelle
1966: Symphonie no. 12 for choeur et orch
1969: Symphonie no. 13
        Symphonie no. 14
1970: Symphonie no. 15
1972: Symphonie no. 16
+ 4 sinfoniettas, Rhapsodie ukrainienne, orientale, tableaux, prologue ouverture, Polonaise solennelle, pièces pour orchestre folklorique, musique du film Dubrovsky,
9 quatuors à cordes, beaucoup de musique chorale a capella...

Voilà pour le teaser, en attendant la suite hehe
et encore je n'ai pas évoqué Viktor Tomilin, sur lequel je ne trouve rien, et qui m'a l'air plutôt intéressant...
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Dim 9 Mar 2014 - 23:53

sud273, in « Charles Ives » a écrit:
Gershwin est un grand compositeur, son frère est un admirable librettiste. En fait, les deux sont d'origine ukrainienne: Gershowitz, le père avait perfectionné un système de sauna humide, raison pour laquelle les deux frères ont exploité longtemps un établissement de bains très célèbre. Aux Etats-Unis ils ont retrouvé Vladimir Dukovsky, élève de Glière à Kiev, plus connu comme Vernon Duke, compositeur de standards de jazz comme Autumn in New York, mais aussi de symphonies et de ballets, en son temps à Paris un sérieux concurrent de Prokofiev: il est probable que Duke ait enseigné à Gershwin un certain art de l'orchestration que Ravel refusait de lui apprendre.
Tout ça pour dire, qu'est-ce qui est américain?
(...)

lucien a écrit:
eh, Sud, tu savais que Vernon Duke était un autre élève de Yavorsky ? Mr.Red

sud273 a écrit:
non, c'est à creuser...
ça ne sent pas dans sa musique [bis]
c'est peut-être le sujet à ouvrir Yavorsky?

...mais puisque je te dis que cela s’entend chez Krein (enfin évidemment, par rapport à Protopopovceci est un clin d’œil à Monsieur Le Marrec, où il n’y a que des tritons...)Mr.Red

par contre, cela ne s’entend pas non plus chez Leontovych. hehe
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Dadamax
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 10 Mar 2014 - 19:54

lucien a écrit:
dans les partitions de Protopopov, on trouve des indications de ce type :








etc.

quelqu’un sait ce que c’est ? des indications de modes et/ou d’harmonies ?

"Union des systèmes" ferait penser à un tableau...? Les phrases finissent par une tierce : des cadences?

ça peut être aussi qu'il faudrait jouer ces notes dans cet ordre et avec ces liaisons mais sans que le temps soit mesuré, de manière peu régulière comme un récitatif, les indications de durées étant très approximatives... l'idée d'un récitatif ou d'une méditation."Conversations" de Chédrine est écrite un peu comme ça : des noires sans la hampe, quelques croches...
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mar 22 Avr 2014 - 16:31

Pour Yavorsky, j’ai à peu près compris les grandes lignes de son système, mais j’en parlerai un peu beaucoup plus tard, dans un sujet en préparation. Surprised 

***

Un article très intéressant, notamment pour son introduction et son avant-dernière partie (« présent et avenir de la musique soviétique »), qui à elles deux proposent un remarquable condensé de l’histoire de la modernité musicale en Union Soviétique, en passant par la première AMC (Association de musique contemporaine), celle fondée en 1923 par Roslavets, l’avant-garde des années 60 (Denisov, Schnittke, Goubaïdoulina, etc.), et enfin la deuxième AMC, fondée en 1990, dirigée à l’origine par Denisov et composée de compositeurs de la nouvelle génération ; ainsi que pour sa dernière partie (« les principaux compositeurs »), qui présente brièvement les compositeurs importants de ce groupe. Son auteur, Ekimovski, est l’un des principaux membres de cette AMC2 dont il parle.

http://articles.ircam.fr/textes/Ekimovski91a/
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Sam 31 Mai 2014 - 21:28

bon, ce n'est pas à proprement parler de la musique soviétique, c'est même peut-être la dernière pièce de musique russe avant la révolution, puisqu'elle semble dater de 1916: je voulais juste signaler qu'il traîne en ce moment une cantate de requiem d'un certain Kastalsky dans un enregistrement live et toussoteux dirigé par Svetlanov, et c'est très bien, une sorte de Moussorgsky du 20è siècle, une heure de musique chorale (avec orchestre) qui fait le lien entre le dernier Taneyev, le Rachmaninov des Cloches,  Boïko, avec des échos de Gretchaninov et de Kallinikov. Très russe, quoi... Radieux et triste à la fois, d'une maîtrise technique qui suggère que l'auteur -dont je n'avais jamais lu le nom, d'où une certaine difficulté à le déchiffrer en cyrillique- n'en était pas à son coup d'essai.

A vrai dire, ne tenez pas compte de ce message, je pense que c'est une tocade passagère, c'est tout de même très bien malgré l'abus de trémolos de violons à la Wagner. Il y a une pointe d'Ippolitov-Ivanov aussi dans l'interlude en trio et de Petrov dans l'usage des petites percussions. En fait voilà, c'est assez proche des oratorios de Shaporin, (Sur le Champ de Kulikovo) dans l'apothéose finale. Je ne sais absolument qui est Kastalsky, un chaînon manquant, comme Catoire je suppose.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Dim 1 Juin 2014 - 15:49

Et qu'en penses-tu des symphonies de Slonimsky Ò grand manitou ?
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Dim 1 Juin 2014 - 20:36

ah, curieuse question... comme il doit y en avoir 28 ou 29 à ce jour, la réponse est difficile. C'est en général plutôt bien fait, mais à part la 10è et le requiem, je ne me sens pas très proche de l'univers de Slonimsky. Disons que j'ai les mêmes réticences que j'ai pu avoir autrefois envers certaines symphonies de Miaskovsky, donc une amélioration est possible, à condition de trouver des versions autres que celles de la création. Je crois que dans le genre illustratif un peu traditionnel et en retrait de l'inventivité, je préfère de loin Stikhin malheureusement moins célébré (Andrei Petrov, Tariverdiev, Ovchinnikov et même Schnittke dans ses bons jours me parlent plus, peut-être pour des qualités qui rejoignent la musique de cinéma).

Puisque tu me poses la question, ô petit génie des Alpes Suisses, je suis tenté de dire que je vois en Slonimsky un descendant direct de Lev Knipper (ce qui n'est pas un mince compliment), avec des oeuvres souvent courtes, parfois profondes, parfois trop en surface, quand bien même il n'est pas exclu que l'interprétation surtout soit en cause.
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 2 Juin 2014 - 14:25

sud273 a écrit:
ah, curieuse question... comme il doit y en avoir 28 ou 29 à ce jour, la réponse est difficile.

En effet, puisqu'il en a composé 33.  Wink

Merci infiniment pour ta réponse éclairée.  Very Happy
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ovni231
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Ven 6 Juin 2014 - 20:28

Salut, j'aimerai connaître les noms des types qui se trouvent sous les points d'interrogations. Merci d'avance !  Smile

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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Ven 6 Juin 2014 - 21:45

ça parait compliqué avec le contraste, déjà au premier rang, même le personnage central???
2è à droite au second rang Lokschin? 1er à gauche Luppo? Shebalin au centre?
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WoO
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Jeu 19 Juin 2014 - 10:34

A paraître le 3 juillet :





Je n'en avais jamais entendu parler et je ne savais pas que ça avait été enregistré. Il s'agit de son dernier opéra, composé en 1973.
Apparemment Molchanov est le directeur du Bolchoï qui a débarqué Vichnevskaya. En 1972 il compose la musique du film Ici les aubes sont calmes basé sur le roman de Boris Vasilyev. Ce film a été nominé aux Oscars dans la catégorie du "Meilleur film étranger". En France il est connu sous le titre de "La 359ème section" : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_359e_section
L'année suivante Molchanov adapte l'oeuvre en opéra. On peut entendre des extraits de la musique du film sur le Tube. L'opéra reprend sûrement les thèmes du film, qu'il amplifie. C'est très tonal et très russe !  Very Happy 

/watch?v=qH5QT3EM_Kw&list=PLMQ3Xh_vIpIZaUswdxEUgntzIH3kWSNQ-
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mer 25 Juin 2014 - 13:06

WoO a écrit:
Eshpai : je le découvre et je suis en train de devenir fan (sa 4ème symphonie, la "Symphonie-Ballet" a été une vraie révélation), tout n'est pas génial (le concerto pour piano No. 2, mon premier essai avec lui, m'avait laissé dubitatif) mais ce qui est vraiment jubilatoire, c'est son habileté qui confine au génie, cette maîtrise absolue des couleurs de l'orchestre et sa capacité à mêler tous les styles. Cette symphonie a été composée en 2000 et c'est limite une provocation de se ficher à ce point d'être "de son temps".

Hum, tu parles bien de la huitième symphonie ? La quatrième fut écrit en 1981 d'après son fameux ballet apocalyptique - Le Cercle.  Smile
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WoO
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 14 Juil 2014 - 14:56

@vino : oui je parlais de la 8ème et je disais aussi (entre parentèse) que sa quatrième avait été une révélation.  Wink 
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 14 Juil 2014 - 15:03

WoO a écrit:
@vino : oui je parlais de la 8ème et je disais aussi (entre parentèse) que sa quatrième avait été une révélation.  Wink 

 thumleft    bounce    sunny
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Dim 20 Juil 2014 - 20:21

Shocked 
Les dix dernières secondes de la Symphonie en Mi Majeur de Mossolov sont une citation du Zdravitsa op. 85 (= Un toast (à Staline)) de Prokofiev, composé cinq ans plus tôt en 1939 !
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Dim 20 Juil 2014 - 22:35

voila sans doute la seule remarque pertinente des dernières 24 heures! maintenant il va falloir vérifier... cat
Par chance ça n'intéresse quasiment personne. drink 
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Lun 21 Juil 2014 - 10:14

Les 20 dernières secondes pour être exact : de 13'50 à 14'10 !
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bAlexb
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mer 17 Sep 2014 - 15:13

Minute tarte à la crème : les concerts, c'est chouette ; parce que ça permet d'entendre des oeuvres/compositeurs sur lesquels on n'aurait pas mise spontanément (par ignorance, souvent).
Par exemple, je découvre Mosolov grâce à un concert sur la modernité ("machines en musique", on va dire) donné par Slatkin & l'Orchestre national de Lyon à la Côte-Saint-André. L'oeuvre en question : "The iron fundry" (je ne suis pas sûr que le titre original ait été en aglais ; à moins que ça n'explique la disgrâce du compositeur, radié de l'Union des compositeurs) ; ça paraît être extrait d'un ballet "L'acier" de 1927.
On a parlé de ce compositeur, ici ? Quel meilleur angle d'attaque pour le découvrir/l'apprécier ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mer 17 Sep 2014 - 15:29

bAlexb a écrit:
Par exemple, je découvre Mosolov grâce à un concert sur la modernité ("machines en musique", on va dire) donné par Slatkin & l'Orchestre national de Lyon à la Côte-Saint-André. L'oeuvre en question : "The iron fundry" (je ne suis pas sûr que le titre original ait été en aglais ; à moins que ça n'explique la disgrâce du compositeur, radié de l'Union des compositeurs)

C'est Завод : музыка машин (Zavod / Les fonderies d'acier : musique mécanique).


Citation :
On a parlé de ce compositeur, ici ?

On a très souvent parlé de lui, il a beaucoup de fervents admirateurs.


Citation :
Quel meilleur angle d'attaque pour le découvrir/l'apprécier ?

Zavod. Mais pour ma part, ce sont les Nocturnes pour piano qui m'ont surtout enthousiasmé. Chouettes quatuors aussi.
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mer 17 Sep 2014 - 15:33

également un concerto (le premier) et quelques sonates pour piano à ne pas manquer.
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bAlexb
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mer 17 Sep 2014 - 15:34

J'aurais peut-être dû commencer en demandant à quoi ressemblait l'écriture en général (je veux dire qu'un morceau ne suffit pas) ?

DavidLeMarrec a écrit:
bAlexb a écrit:
Quel meilleur angle d'attaque pour le découvrir/l'apprécier ?

Zavod. Mais pour ma part, ce sont les Nocturnes pour piano qui m'ont surtout enthousiasmé. Chouettes quatuors aussi.

Je note tes pistes ; reste à trouver "la" bonne version.
Là comme ça, ce disque me tenterait bien : http://www.amazon.fr/MUSICA-NON-GRATA-MOSOLOV-concerto/dp/B00002545W/ref=sr_1_1?s=music&ie=UTF8&qid=undefined&sr=1-1&keywords=mosolov+svetlanov ; notamment parce que je suis curieux de savoir ce qu'un "mécaniste" peut tirer de "scènes enfantines" !
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mer 17 Sep 2014 - 15:41

bAlexb a écrit:
J'aurais peut-être dû commencer en demandant à quoi ressemblait l'écriture en général (je veux dire qu'un morceau ne suffit pas)

C'est assez difficile à décrire : c'est radical et profusif, mais pas mécaniste ailleurs, ni même discordant. Disons qu'on pourrait rapprocher ça du Prokofiev du début de la Deuxième, sauf que ça ne cherche pas à faire peur… des jaillissements constants, pas très primesautiers, mais dotés de beaux galbes musicaux.

Par ailleurs, Zavod ne ressemble pas aux Nocturnes, eux-mêmes pas représentatifs non plus du reste du style… Il faut vraiment faire la démarche de s'y plonger pour y voir plus clair (ou pas, mais en tout cas se délecter).
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lulu
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mer 17 Sep 2014 - 15:45

bAlexb a écrit:
Là comme ça, ce disque me tenterait bien : http://www.amazon.fr/MUSICA-NON-GRATA-MOSOLOV-concerto/dp/B00002545W/ref=sr_1_1?s=music&ie=UTF8&qid=undefined&sr=1-1&keywords=mosolov+svetlanov ; notamment parce que je suis curieux de savoir ce qu'un "mécaniste" peut tirer de "scènes enfantines" !

excellent choix : avec ça tu as un remarquable aperçu (il n’y a pas des masses d’autres choses enregistrées ou même conservées, de toute façon ; notons quand même le premier quatuor à cordes) de sa production « moderniste », soit les années 20. Very Happy
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bAlexb
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MessageSujet: Re: MUSIQUE Sovietique (1917-1980)   Mer 17 Sep 2014 - 15:55

lucien a écrit:
bAlexb a écrit:
Là comme ça, ce disque me tenterait bien : http://www.amazon.fr/MUSICA-NON-GRATA-MOSOLOV-concerto/dp/B00002545W/ref=sr_1_1?s=music&ie=UTF8&qid=undefined&sr=1-1&keywords=mosolov+svetlanov ; notamment parce que je suis curieux de savoir ce qu'un "mécaniste" peut tirer de "scènes enfantines" !

excellent choix : avec ça tu as un remarquable aperçu (il n’y a pas des masses d’autres choses enregistrées ou même conservées, de toute façon ; notons quand même le premier quatuor à cordes) de sa production « moderniste », soit les années 20. Very Happy

Bah ! Moi, en génral, quand je lis Svetlanov ou Rozhdestvensky , je ne me pose pas trop de questions !
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