Autour de la musique classique

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 I Puritani (Bellini, 1835)

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Stefano P
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Stefano P

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MessageSujet: Re: I Puritani (Bellini, 1835)   I Puritani (Bellini, 1835) - Page 6 EmptyDim 6 Oct 2019 - 13:42

fomalhaut a écrit:
Quant à Joan Sutherland, je rejoins tout à fait DLM. C'est une artiste "clivante", comme on dit familièrement. Ainsi, je l'apprécie énormément dans les opéras de Bellini mais beaucoup moins dans les opéras de Donizetti, le "rival" de Bellini et pas du tout dans les opéras de Verdi.

fomalhaut[/left]

Je trouve qu'elle passe quand même complètement à côté de cette intensité que savait mettre Callas même dans le Bellini plus léger, celui d'Elvira ou d'Amina, où l'on sent ce côté coloratura drammatico qui donne de l'épaisseur à ces personnages souvent perçus comme évanescents. Sutherland, c'est quand même beaucoup plus plat et incolore, même si la technique de l'ornementation et le côté spectaculaire du registre aigu impressionnent toujours. La diction très relâchée fait que dramatiquement ça ne vit pas vraiment, le medium manque de corps et de couleur, et on reste finalement très extérieur : ce qu'on entend est certes assez beau, mais ça ne touche pas vraiment (par exemple, elle prend la cabalette Ah non giunge à un tempo ultra rapide, et il n'y a plus que le côté stupendo, comme une acrobate qui se lance dans une figure particulièrement périlleuse ou une sorte de final de feu d'artifice ; c'est spectaculaire, mais rien de plus que ça !). J'ai toujours du mal à comprendre l'engouement qu'elle suscite chez les fans, dont Otello nous offre en effet un exemple particulièrement fervent et inébranlable dans ses certitudes (mais bon, en même temps, c'est justement ce qui caractérise le fan).
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DavidLeMarrec
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DavidLeMarrec

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MessageSujet: Re: I Puritani (Bellini, 1835)   I Puritani (Bellini, 1835) - Page 6 EmptyDim 6 Oct 2019 - 14:30

fomalhaut a écrit:
Oui, Richard Bonynge s'impose mais Riccardo Muti et Vittorio Gui n'en sont qu'à une courte tête.

Quand je disais qu'il n'y a pas mieux, c'est une façon de parler ; bien sûr, selon les attentes de chacun, cela varie (moi le premier, je dois pouvoir trouver plus à mon goût dans la jeune génération, avec un spectre plus sec et des phrasés intermédiaires plus travaillés). J'aime beaucoup Gui, guère Muti jusqu'à une date assez tardive dans sa carrière, par exemple.

Je n'ai pas senti cette césure chez Sutherland entre Bellini et Donizetti (elle m'insupporte en Somnambule comme en Lucia). En revanche, dans ses années tardives, et paradoxalement dans le répertoire français, on sent un effort fait, sinon dans la diction, dans l'incarnation dramatique (sa Sitâ du Roi de Lahore n'est vraiment pas mal, de même que sa Leonora du Trovatore ; sa Marguerite de Valois se tient franchement bien, même du point de vue du rapport au texte).
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Colbran
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Colbran

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MessageSujet: Re: I Puritani (Bellini, 1835)   I Puritani (Bellini, 1835) - Page 6 EmptyLun 7 Oct 2019 - 16:53

Je trouve que Sutherland est une très belle Elvira. Elle est supérieure à Callas, dont la vocalité et les manières sont assez inadaptées aux rôles Grisi (dans les Tacchinardi, Lucia donc, n’en parlons pas. Mais c’est un autre sujet.), qui fut un soprano a priori dramatique, certes, mais angélique, suprêmement agile, pur d’émission, très égal et radieux dans l’octave supérieure, si l’on en croit les commentaires de l’époque et la typologie de ses créations. Dans les parties Pasta, en revanche, Callas est meilleure (même Sonnambula, réputé à tort léger).  J’aurais été très curieux d’entendre une Norma authentique réunissant les deux chanteuses avec Dame Joan dans sa prime jeunesse, en passant.

Mais, encore une fois, je dois être précis sur les dates, surtout avec cette chanteuse qui a opéré un tel bouleversement d’organisation vocale. Sutherland, dés 62-63 et surtout en studio, je ne suis plus client, même si je reconnais qu’elle reste une vocaliste impressionnante et majeure. Les défauts sont souvent trop rédhibitoires. En revanche, je ne suis pas d'accord avec David, je pense que de  nombreuses personnes ont débuté dans le répertoire avec les enregistrements DECCA et ce n’est pas forcément une mauvaise porte d’entrée. Le temps fera son office et les goûts évolueront. Même si j’ai beaucoup à redire sur la technique de Sutherland et de ceux qui l’entourent dans ces disques, ça reste souvent  très confortable et, dans l’ensemble, excellemment encadré et préparé par Bonynge. Sinon, sur les quelques années précédant le disque en question, on a quand même des Elvira inoubliables. Je ne les conseillerai pas à notre camarade pour une découverte, car coupées, mal entourée et pas forcément confortables à l’écoute, mais c’est à connaitre absolument pour un approfondissement. 1960, à Glyndebourne avec Gui à la direction, déjà. On a ici la grande Sutherland dans toute sa brillance et sa légèreté (d'emission, je précise, la voix est toujours immense mais bien plus pénétrante, question d'émission) un véritable rayon d’argent. Sinon, en 1961 à Palerme. C’est superbement dirigé par Serafin, elle y est tout à fait spectaculaire et pleine de grâce, bien que l’on perçoive déjà un peu les prémices de l’amollissement dans le cantabile. Le Vieni al Tempio est anthologique (d’où sort tout ce son ? Shocked ) et le final Malibran restitué par la chanteuse et son époux en sous-main est véritablement grisant dans la bouche de l'australienne toute lumière et abandon, sous la baguette du maestro qui n’en fait pas une vulgaire fanfare de 21 juin mais une extase irrésistible.
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Suzunosuke
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Suzunosuke

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MessageSujet: Re: I Puritani (Bellini, 1835)   I Puritani (Bellini, 1835) - Page 6 EmptyLun 7 Oct 2019 - 17:21

Merci Colbran pour ton avis érudit. Le fameux coffret Decca m'est passé sous le nez chez un marchand parisien (25€ d'occasion, j'aurai dû me précipiter...), donc je vais peut-être chercher la version Palerme de 61 que tu recommandes.
Une question stupide, que veux-tu dire par Pasta, terme que je lis pour le première fois ?!
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fomalhaut
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MessageSujet: Re: I Puritani (Bellini, 1835)   I Puritani (Bellini, 1835) - Page 6 EmptyLun 7 Oct 2019 - 17:53

Suzunosuke a écrit:
Merci Colbran pour ton avis érudit. Le fameux coffret Decca m'est passé sous le nez chez un marchand parisien (25€ d'occasion, j'aurai dû me précipiter...), donc je vais peut-être chercher la version Palerme de 61 que tu recommandes.

Quel gâchis !!!

fomalhaut
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Stefano P
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MessageSujet: Re: I Puritani (Bellini, 1835)   I Puritani (Bellini, 1835) - Page 6 EmptyLun 7 Oct 2019 - 18:00

Suzunosuke a écrit:
Merci Colbran pour ton avis érudit. Le fameux coffret Decca m'est passé sous le nez chez un marchand parisien (25€ d'occasion, j'aurai dû me précipiter...), donc je vais peut-être chercher la version Palerme de 61 que tu recommandes.
Une question stupide, que veux-tu dire par Pasta, terme que je lis pour le première fois ?!

Ah oui, j'ai vu le coffret trois fois plus cher sur les sites habituels d'occase ! Sinon, Colbran, c'est le top de l'érudition belcantiste ; chaque fois que je lis ses posts super-informés, j'ai honte de mon amateurisme très moyennement éclairé... Embarassed Pasta, c'est Giuditta Pasta, une soprano italienne, et la créatrice de plusieurs grands rôles des opéras de Bellini (Norma, entre autres).
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Suzunosuke
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MessageSujet: Re: I Puritani (Bellini, 1835)   I Puritani (Bellini, 1835) - Page 6 EmptyLun 7 Oct 2019 - 18:03

fomalhaut a écrit:
Suzunosuke a écrit:
Merci Colbran pour ton avis érudit. Le fameux coffret Decca m'est passé sous le nez chez un marchand parisien (25€ d'occasion, j'aurai dû me précipiter...), donc je vais peut-être chercher la version Palerme de 61 que tu recommandes.

Quel gâchis !!!

fomalhaut

pas pour la personne plus avisée que moi, maigre consolation Sad
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Colbran
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MessageSujet: Re: I Puritani (Bellini, 1835)   I Puritani (Bellini, 1835) - Page 6 EmptyLun 7 Oct 2019 - 18:11

Ne t'embête pas pour la version palermitaine, tu peux la trouver en deux secondes par d'autres circuits, si tu vois ce que je veux dire. Celle de Glyndebourne aussi d'ailleurs. Après, comme je disais, pour une exploration ce n'est pas l'idéal, je le concède. Ce sont des enregistrements sur le vif datant de plus de cinquante ans. Ça ne me dérange pas, au contraire, je n'écoute pratiquement que ça voire pire Mr.Red . Ce n'est peut-être pas ce que tu attends pour une première approche. La captation est médiocre (c'est meilleur à Glyndebourne), il y a des coupures, l'entourage n'est pas pas toujours excitant. En revanche, dans les deux enregistrements, on a Gui et Serafin à la direction et ce ne sont pas exactement des seconds couteaux...Mais si tu es interessé(e) par Sutherland première période, il faut les entendre, c'est certain.


Et pour répondre à ta question, Pasta fut la chanteuse fétiche de Bellini, pour laquelle il écrira trois rôles: Norma, Amina (Sonnambula) et Beatrice di Tenda ainsi que des fragments du rôle-titre d'Ernani, qui ne verra jamais le jour.
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Suzunosuke
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MessageSujet: Re: I Puritani (Bellini, 1835)   I Puritani (Bellini, 1835) - Page 6 EmptyLun 7 Oct 2019 - 18:33

Stefano P a écrit:
Suzunosuke a écrit:
Merci Colbran pour ton avis érudit. Le fameux coffret Decca m'est passé sous le nez chez un marchand parisien (25€ d'occasion, j'aurai dû me précipiter...), donc je vais peut-être chercher la version Palerme de 61 que tu recommandes.
Une question stupide, que veux-tu dire par Pasta, terme que je lis pour le première fois ?!

Ah oui, j'ai vu le coffret trois fois plus cher sur les sites habituels d'occase ! Sinon, Colbran, c'est le top de l'érudition belcantiste ; chaque fois que je lis ses posts super-informés, j'ai honte de mon amateurisme très moyennement éclairé... Embarassed Pasta, c'est Giuditta Pasta, une soprano italienne, et la créatrice de plusieurs grands rôles des opéras de Bellini (Norma, entre autres).

Merci !
Oui les posts de Colbran auraient dû me convertir bien avant au belcanto, lorsque c'est expliqué et documenté de cette façon, difficile de ne pas succomber.
En fait ce qui m'a éloignée longtemps de ce répertoire, ce sont les ténors (je vais consulter le fil adéquat).
De ce que j'ai entendu dans ce répertoire, c'est souvent une voix qui m'horripile, avec souvent des chanteurs qui me semblent pleurnicher (bien entendu je force le trait), ou avec des accents qui sonnent plaintifs à mes oreilles (Rolando Villazon quand il était en forme, est un bon exemple pour moi), le dramatisme outré.
Les ténors que j'aime, ce sont en vrac Cyrille Dubois et Mathias Vidal dans le répertoire français par exemple, des Stanislas de Barbeyrac, Yann Beuron, Michael Spyres, Jonas Kaufmann (je sais rien à voir), dans les Mozart j'aimais bien Nicolai Gedda, Stuart Burrows (Tamino et Titus), dans Wagner Melchior et Windgassen, j'en oublie.
La question que je me pose, est ce une typologie de voix qui m'est interdite ou un pan du répertoire ?
Ou plus simplement je fais preuve d'un mauvais goût terrible / j'ai de la crotte dans les oreilles pale
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