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 François Couperin - Oeuvres pour clavier

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eleanore-clo
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyMer 23 Jan 2019 - 9:20

Bonjour Benedictus

Les morceaux pour flute et clavecin (par exemple Le Rossignol en amour ou encore Le Double du rossignol) sont des arrangements écrits par Noëlle Spieth.
Concernant Blandine Verlet (pour le nom de laquelle, j'ai fait une faute d'orthographe Embarassed ), je préfère ses deuxièmes enregistrements, moins nerveux, plus sereins.
Et concernant la virtuosité et le rayonnement nécessaires aux pièces de Couperin, comme nos amis anglo-saxons, je dirai "definititely not".. En effet, ces qualités ne me semblent pas correspondre à la culture ou à la personnalité de Couperin. Le musicien est un poète, un chantre de l'intime. Les titres de ces pièces pour clavecin ou encore Les leçons de ténèbres sont là pour nous le démontrer.

Bien cordialement
Eléanore
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Benedictus
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Benedictus

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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyMer 23 Jan 2019 - 15:01

eleanore-clo a écrit:
Les morceaux pour flute et clavecin (par exemple Le Rossignol en amour ou encore Le Double du rossignol) sont des arrangements écrits par Noëlle Spieth.
Ah, ça m'avait totalement échappé, merci!

eleanore-clo a écrit:
Concernant Blandine Verlet (pour le nom de laquelle, j'ai fait une faute d'orthographe  Embarassed ), je préfère ses deuxièmes enregistrements, moins nerveux, plus sereins.
Le second, oui. En revanche, je trouve le premier encore plus débridé que son intégrale - mais il est vrai que le Hemsch, plus organique et boisé, y sonne bien moins agressif que les Blanchet, Donzelague et Gilbert des Ruisseaux, très métalliques, de l'intégrale Astrée.

eleanore-clo a écrit:
Et concernant la virtuosité et le rayonnement nécessaires aux pièces de Couperin, comme nos amis anglo-saxons, je dirai "definititely not".. En effet, ces qualités ne me semblent pas correspondre à la culture ou à la personnalité de Couperin. Le musicien est un poète, un chantre de l'intime. Les titres de ces pièces pour clavecin ou encore Les leçons de ténèbres sont là pour nous le démontrer.
On peut légitimement préférer une lecture qui fasse ressortir la dimension intimiste et poétique de la musique de Couperin. En revanche, je ne vois pas trop en quoi une lecture virtuose et rayonnante serait impossible ou à contre-sens.

Les titres des pièces de clavecin? Oui, d'accord, il y en a qui s'appellent Les fauvettes plaintives ou La tendre Nanette, mais aussi d'autres qui s'intitulent Saillie, L'Etincelante, La Fringante, Les Tours de passe-passe ou Allégresse des vainqueurs (et je passe sur Les Culbutes Ixcxbxnxs.)

Les Leçons de ténèbres? Par définition, ce n'est pas un genre qui se prête à l'exubérance (Suppé a composé un beau Requiem: ce n'est pas pour cela qu'il faut s'interdire une peu de pétulance quand on joue Cavalerie légère...) Au demeurant, les Leçons de ténèbres de Couperin furent en leur temps critiquées par des auteurs ecclésiastiques pour ce que leur virtuosité vocale pouvait avoir de profane, de mondain. Et de fait, quand on les entend dans la (splendide) version de Dumestre avec Hasnaa Bennani, Isabelle Druet et Claire Lefilliâtre, on comprend un peu pourquoi: même si, comme moi, on préfère les lectures plus austères et recueillies (Boulay II, par exemple), il est difficile de trouver l'approche de Dumestre illégitime.
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xoph
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptySam 26 Jan 2019 - 11:04

Pour rebondir sur cette discussion, l’interprétation de Haas, à propos de laquelle m’interrogeait Benedictus, peut être une bonne porte d’entrée.
Il y a deux double-albums de Hass, dont je ne connais que le second, consacré aux livres III et IV.

Un Couperin du côté de l’invention sonore ?
Hass parle de l’aimable Thérèse et du troisième Livre: « cette sorte de classicisme nouveau,…, qui intègre complètement les prodigieuses inventions sonores de Couperin, …,se trouve rompu, distendu, abandonné au profit du pur charme sonore, plus fort désormais que la forme. »
On le voit le propos est plus complexe, mais met en avant une recherche formelle, des expérimentations esthétiques qui projettent un autre éclairage sur le Couperin poète et intime.
Comme beaucoup, et Eleanore-clo en particulier, c’est ce Couperin, qui touche, qui m’a conquis avant tout. Mais, si celui-ci aimait plus à surprendre qu’il ne veut bien le dire ?
Le portrait convenu de Couperin qui s’adresse au cœur avant tout; qu’appuient sa fameuse phrase « j’avoue de bonne foi … » ou la biographie de Beaussant, est-il le seul ?
Pas forcément. Béatrice Martin dans son disque « les sauvages » ouvrait des pistes et mettait Rameau et Couperin sur le même plan.
Rameau, ce grand seigneur méchant homme, sec et brillant, tourné vers la modernité des « enharmonies ». Versus Couperin, aux éclats sombres, à la discrétion pudique, d’apparence presque pateline (quand on y voit pas Rembrandt comme certains siffle) .
C’est peut-être oublier, que les leçons de ténèbres (1714), les messes pour orgue (1690) sont antérieures aux livres pour clavecin (1713 pour le premier) et ressortent de conventions liturgiques (sans jugement péjoratif).
Ou, oublier le Couperin correspondant avec J.S Bach, dont on peut supposer que les échanges devaient aborder quelques purs problèmes de composition et de forme.
Ou, oublier -je trouve- le Couperin auteur de « l’art de toucher le clavecin », qui n’aurait laissé à personne le soin de dénaturer ses ornements.
Ou encore, le Couperin, bien de son temps (et qui ne m'est pas le plus cher) des "concerts royaux", des "goûts réunis" ou des "nations", dont la vocation mondaine et démonstrative est bien présente.
Les deux albums de Haas sont sous le signe du soleil, celui ci sait se faire cruel ou déclinant, ou rayonner.
Un Couperin rayonnant qui achèverait (presque) son œuvre avec les pièces pour viole et clavecin, sublime et sombre affleurement de mélancolie ?

Pour revenir à ce double album des livres III et IV :  j’en parlerai un peu plus après réécoute, d’ici peu (promis  Wink ).


Dernière édition par xoph le Dim 8 Sep 2019 - 19:37, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyDim 27 Jan 2019 - 15:46

En écoute au fil du double CD Haas Livres III et IV
• Le Rossignol-en-amour. Double du Rossignol
Contrepoint formidable !
Bégaiement
Agogique très prononcée (retard) et expressive
• La Linote-éfarouchée
On croirait presque entendre Hantaï dans Scarlatti.
Foisonnant et rayonnant. Couperin comme on l’entend peu (ou ne veut pas l'entendre)
• Les Fauvètes-plaintives
Merveilleux suspens, presque dramatique, notes qui s’égrènent et forgent le vide (j’ai un peu dit ça à propos de K.213 Scarlatti, c’est aussi pour ça que j’aime le clavecin) qui les entoure. Aussi poignant qu’attachant. Couperin dans tout ce qu’il a de plus secret et pour ce·elles·ux qui l’aiment, définitivement indispensable
• Le Rossignol-vainqueur
Chacun·e son camp
• La Juillet
Oui, c’est gai, soleil d’été, mais quelles modulations brûlantes
• Le Carillon de Cythère
Si je vous ai effrayé·e·s: que cette presque innocente ritournelle, vous rassure; et pourtant ces aigus semblent si fragiles. Comme on le dit, la vie ne tient qu’à un fil. Watteau n'est pas loin (1684-1721)*.
• Le Petit-Rien
C’est un petit rien justement
• La Régente ou la Minerve
Je dors plus du tout: A nouveau un contrepoint unique. Qui va de l’avant, tout en tension entre le poids et l’allant. C’est ça: noblement, sans lenteur
• Le Dodo ou l’amour au Berceau
Je fonds : une des plus belles pièces de Couperin (amha). Une science du contre chant, dont on ne sait si elle vous berce ou vous dévaste ; des graves incroyables
• Les Musétes de Choisi
A taper du pied et casser les sièges ! (enfin, de la musette, et excellente !)

Interlude
@ Benedictus. Pour se réconcilier avec Scott Ross : le disque 14 pièces bien sonnantes sur le clavecin du château d’Assas (avec un Dodo d’anthologie, sans parler des Idées heureuses ou de la Muse-Plantine)
* « Watteau reste le peintre du XVIIIe siècle qui a le mieux compris la musique de son temps : il en a donné un équivalent pictural... Ce que Couperin et les compositeurs contemporains avaient conçu en musique, Watteau l’a réalisé en peinture avec un métier de qualité exceptionnelle, alliant l’élégance désinvolte à la rêverie tendre, l’amour de la nature et le raffinement de la vision — et toujours avec cette pointe de moquerie qui évite à l’expression des sentiments l’emphase pathétique et l’émotion larmoyante. » P. Sollers (même si je l’aime pas trop)

Je m’arrête là pour le suivi pièce à pièce de Hass second double Album, mais il y a  rien à jeter dans la suite du disque.
Au contraire, à la réécoute, je trouve que c’est vraiment magnifique. Pas aussi typé que pourraient le faire croire les pochettes ou textes, et finalement plus poète que théoricien. Après tout: c’est Couperin, le Grand !

Le Hemsch rapté (1751) est un prodige d’équilibre: profondeur des graves, aigus clairs et lumineux sans dureté.

Quelque mots de Haas pour finir
« Les inventions sonores que Couperin a établies en publiant son second Livre sont complètement intégrées au langage du troisième. Nous n’y trouvons presque aucune pièce écrite dans le style du dix-septième siècle, dont pourtant les principes fondamentaux de contraste et d’équilibre, de tension viscérale entre la structure et l’ornement, restent sans cesse présents : tout se passe comme si Couperin, à la manière d’un peintre vénitien, en abandonnant la spéculation du trait, s’était mis à peindre avec la couleur »
A propos de la facture du clavecin augmentant ses possibilités vers l'aigu
"La concentration des dissonances devient de plus en plus élevée. Couperin [...] a compris qu'au clavecin la dissonance est plus efficace lorsqu'on la laisse se nouer en résonances plutôt que simplement attaquée - une des clés sans doute de ce ton tellement poignant qui caractérise sa musique - [...].


Dernière édition par xoph le Dim 27 Jan 2019 - 16:45, édité 2 fois
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Benedictus
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyDim 27 Jan 2019 - 16:33

Eh bien, ça fait rudement envie! bounce

EDIT: Et hop, ça y est, je devrais recevoir ça d'ici la fin de la semaine prochaine...
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyDim 27 Jan 2019 - 16:40

Wink C'était un peu fait pour
A suivre donc.
PS J'ai emprunté ses Scarlatti, et pas eu le temps de les écouter ... (mais ce que j'en avais entendu sur France Musique m'avait l'air très bien)
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyDim 8 Sep 2019 - 19:27

Smile
Réédition chez Alpha des deux CD Zig Zag Territoires de la grande Blandine Rannou.
Ils restaient trouvables à un prix indécent (enfin pas si sûr, pour de si beaux disques). Dorénavant abordables
Diapason d'or réédition.
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyDim 8 Sep 2019 - 19:35

Tant mieux !
Mais nous on a l'original Cool

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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyDim 8 Sep 2019 - 19:38

Cololi a écrit:
Tant mieux !
Mais nous on a l'original Cool
Wink personne n'est parfait
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyDim 8 Sep 2019 - 20:14

Autant j'ai adoré ses Variations Goldberg (et même tous ses Bach, en fait) et son intégrale Rameau, autant je n'ai jamais réussi à entrer dans ses disques Couperin et Forqueray.
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyMer 11 Sep 2019 - 22:47

J'ai un très bon souvenir de son Forqueray, faut que je réécoute.
Pour son Couperin, même si ce n'est peut-être pas l’interprétation à laquelle je suis le plus sensible, je la trouve néanmoins très attachante.
C'est bien sûr une construction très personnelle (comme toujours, et heureusement, chez Blandine Rannou) "qui dérange l'ordre des ordres" pour la citer. Si on en restitue l'écoute dans cette perspective, je trouve qu'il y a un vrai mouvement qui parcourt le(s) disque(s).
Après les ébrouements tout en piaffements du début, un point de bascule vers des lumières plus ténues ou scintillantes (L'attendrissante, le 7ème prélude), et un milieu de ténèbres (La ténébreuse justement, la Lugubre et la si belle favorite) pour poser un point d'orgue sur les ombres errantes. Après l'on reprend graduellement son souffle avec un Couperin en majesté, voire espiègle (mais l'on sait que les Dominos ne délivrent pas facilement leurs secrets) et sensuel.
Je vois peut-être à tort un vrai flux (une sinusoïde) qui tend ces deux disques.
Et c'est un parti pris, à mon avis, plus audacieux que les alternances (quand l'on sort des ordres choisis) d'affects qui sont souvent la règle de ce genre d'anthologies.
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyMer 11 Sep 2019 - 22:59

Au fait: l'une ou l'un aurait écouté Carole Cerasi ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: François Couperin - Oeuvres pour clavier   François Couperin - Oeuvres pour clavier - Page 4 EmptyJeu 12 Sep 2019 - 13:49

Non, essayée uniquement dans Jacquet de La Guerre – où je l'avais trouvée bien vu l'offre, mais pas spécialement superlative non plus.
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