Autour de la musique classique

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 Vincenzo BELLINI

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 14:10

Pas de fil Bellini à ce que je vois... C'est fâcheux et peu pratique.

Comme je serais fâché de le mêler à Donizetti, ouvrons.
Je ferai peut-être une petite présentation, mais je risque ne pas avoir le temps présentement.

Il s'agit pour l'instant de répondre à Ouannier sans se répandre inutilement dans le fil "liens".
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 14:14

ouannier a écrit:
Quelqu'un connaîtrait-il un autre site que celui-ci

http://www.recmusic.org/lieder/cindex.html

pour bénéficier de traductions française de textes mis en musique ?
Ca se trouve, oui, mais au goutte à goutte selon les répertoires.

Citation :
Je cherche en ce moment par exemple ce que veulent dire les mots Vaga luna, che inargenti et tous ceux qui suivent... (Bellini)... enfin bref si je pouvais éviter de demander à quelqu'un à chaque fois ce serait super... marre d'être dépendant ... Neutral
Mais tu as déjà une traduction anglaise et une traduction allemande chez Emily ? Pour deux quatrains, une traduction automatique babelfish ne suffit pas ? (surtout depuis l'italien...)

Cela dit, si tu veux des traductions de langues que je maîtrise plus ou moins, surtout avec l'italien qui est facile à traduire, n'aie pas peur de passer chez moi demander, si tu es gêné ici, je le fais volontiers.

Traduction très rapide (sans travailler la forme de la traduction, je crois que tu t'en fiches si c'est juste pour comprendre).

    Vaga luna, che inargenti / Belle lune, qui inargentes (couvres d'argent)
    queste rive e questi fiori / ces berges et ces fleurs
    ed inspiri agli elementi / et inspires aux éléments
    il linguaggio dell'amor; / le langage de l'amour ;
    testimonio or sei tu sola / alors es seul témoin
    del mio fervido desir, / de mon fervent désir,
    ed a lei che m'innamora / et à celle qui me charme :
    conta i palpiti e i sospir. / conte les frémissements et les soupirs.

    Dille pur che lontananza / Dis-lui aussi que l'éloignement
    il mio duol non può lenir, / ne peut appaiser ma peine ;
    che se nutro una speranza, / que si je nourris une espérance,
    ella è sol nell'avvenir. / elle réside seulement dans l'avenir. [sans blague]
    Dille pur che giorno e sera / Dis-lui aussi que le jour et le soir
    conto l'ore del dolor, / je compte les heures de souffrance ;
    che una speme lusinghiera / qu'un espoir flatteur
    mi conforta nell'amor. / me conforte dans mon amour.


Le premier vers est employé dans la Norma de Felice Romani, d'ailleurs, pour le fameux air "Chaste dive qui inargentes".
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joachim
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 17:25

On dit que Bellini a peu composé : c'est vrai car on ne pense qu'à ses 10 opéras. Mais si ses opéras représentent le principal, le reste de son oeuvre est loin d'être négligeable, en particulier pour sa musique religieuse, dont deux de ses quatre messes valent l'écoute : celle en la mineur et celle en sol mineur.
Outre des motets (Te Deum, Salve Regina....)il est aussi l'auteur d'un petit concerto pour hautbois, de trois Sinfonias (en un mouvement), d'une sonate pour orgue et d'un capriccio pour pianoforte.
Ainsi que d'une vingtaine de charmantes ariettes, dont le Vaga luna...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 19:18

On général, on ne pense d'ailleurs qu'à cinq opéras : Norma, Puritani, Sonnambula, Capuletti et Pirata. Parfois Beatrice di Tenda et La Straniera.

Les autres : Adelson e Salvini, Bianca e Fernando, Zaira, et... Ernani, ne sont jamais donnés, et presque pas enregistrés.

A propos, tu connais l'Ernani chez Bongiovanni ?
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ouannier
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 20:08

DavidLeMarrec a écrit:
ouannier a écrit:

Je cherche en ce moment par exemple ce que veulent dire les mots Vaga luna, che inargenti et tous ceux qui suivent... (Bellini)... enfin bref si je pouvais éviter de demander à quelqu'un à chaque fois ce serait super... marre d'être dépendant ... Neutral

Mais tu as déjà une traduction anglaise et une traduction allemande chez Emily ? Pour deux quatrains, une traduction automatique babelfish ne suffit pas ?

Je ne sais pas ce que c'est Babelfish mais non Embarassed une autre traduction que française ne me suffit pas puisque je ne maîtrise aucune langue étrangère (à peine l'anglais) Embarassed J'ai d'énormes lacunes de ce côté que j'ai faiblement l'intention de combler.

Citation :
Cela dit, si tu veux des traductions de langues que je maîtrise plus ou moins, surtout avec l'italien qui est facile à traduire, n'aie pas peur de passer chez moi demander, si tu es gêné ici, je le fais volontiers.

Ecoute je ne manquerai pas de faire appel à toi la prochaine fois que je ne trouve pas de traduction. C'est très gentil en tout cas, merci pour tout ça.


Juste un petit mot en passant pour dire que cette petite romance de Bellini qui ne paye pas de mine est en réalité à mes oreilles une petite perle de simplicité et d'expression bel cantiste. Bien sûr il faut aimer le genre mais impossible je crois de rester insensible à ces phrases et ces harmonies d'une touchante et déconcertante simplicité. zen
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joachim
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 20:17

DavidLeMarrec a écrit:


A propos, tu connais l'Ernani chez Bongiovanni ?

Ernani...de Bellini ? Non, je n'en ai jamais entendu parler. Alors, Bellini a composé 11 opéras ?

@Ouannier : moi aussi j'aime bien ces petites ariettes de Bellini. Hélas elles sont peu interprétées. D'ailleurs je n'en ai même pas entendu la moitié...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 20:19

ouannier a écrit:
Je ne sais pas ce que c'est Babelfish
http://babelfish.altavista.com/

Citation :
mais non Embarassed une autre traduction que française ne me suffit pas puisque je ne maîtrise aucune langue étrangère (à peine l'anglais)
Le mal français. Very Happy


Citation :
Juste un petit mot en passant pour dire que cette petite romance de Bellini qui ne paye pas de mine est en réalité à mes oreilles une petite perle de simplicité et d'expression bel cantiste. Bien sûr il faut aimer le genre mais impossible je crois de rester insensible à ces phrases et ces harmonies d'une touchante et déconcertante simplicité. zen
J'aime beaucoup aussi les mélodies de Bellini. Ramón Vargas en avait donné un remarquable bouquet (avec Malinconia, ninfa gentile, entre autres) il y a peu d'années (en Allemagne). Si c'est chanté avec goût, c'est délicieux.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 20:20

Bianca e Fernando a au moins été interprété une fois : il y a une vidéo sur http://www.youtube.com avec Kunde qui balance une note suraiguë. La prise de son est terrible, mais on entend bien Kunde, c'est l'essentiel.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 20:23

joachim a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:


A propos, tu connais l'Ernani chez Bongiovanni ?

Ernani...de Bellini ? Non, je n'en ai jamais entendu parler. Alors, Bellini a composé 11 opéras ?

@Ouannier : moi aussi j'aime bien ces petites ariettes de Bellini. Hélas elles sont peu interprétées. D'ailleurs je n'en ai même pas entendu la moitié...
Je préfèrerais ça, moi aussi, aux extraits d'opéras hors contexte... Mais c'est infiniment moins valorisant.

Aussi, les récitals de mélodie italien sont rares. C'est pourquoi je signalais celui tout italien (Bellini/Donizetti/Rossini) de Ramón Vargas. Celles de Bellini l'emportent haut la main en grâce, comme d'habitude.

Sinon, oui, je compte bien onze opéras. Mais Ernani n'existe qu'en extraits, sur un seul disque, dans la version de Franco Piva parue chez Bongiovanni.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 20:26

Opérateur opérationnel a écrit:
Bianca e Fernando a au moins été interprété une fois : il y a une vidéo sur http://www.youtube.com avec Kunde qui balance une note suraiguë. La prise de son est terrible, mais on entend bien Kunde, c'est l'essentiel.
Même plus d'une fois, ça a été fait assez récemment aussi (à moins qu'il s'agisse du même spectacle, j'ai oublié la distribution). Quand je dis jamais, c'est que ce n'est joué qu'exceptionnellement. Diffcile d'assurer qu'un opéra n'a jamais été remonté, à part dans le cas d'oeuvres uniquement disponibles sous forme de textes historiques comme certaines tragédies lyriques et opere serie.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 5 Juin 2007 - 20:27

EDIT : j'avais correctement interprété votre post, cher maître, mais je tenais à souligner ce moment d'émotion. Laughing

J'ai quelques unes des ariettes sur un CD de compilation d'interprétations de Pavarotti.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mer 6 Juin 2007 - 0:00

Opérateur opérationnel a écrit:
EDIT : j'avais correctement interprété votre post, cher maître,
D'habitude, on m'appelle Elohim, mais comme je suis de bonne humeur, tu peux exceptionnellement me dire "tu".
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Ven 8 Juin 2007 - 14:14

Un mot de saison

La musique de Bellini, c’est-à-dire, la musique de Bellini pour la voix, a déclenché récemment de tels remous, et déchaîné un tel enthousiasme, que le phénomène lui-même mérite sans doute qu’on l’examine de plus près. Que le chant bellinien ait conquis l’Italie et la France, c’est bien naturel, puisque en France et en Italie, les gens perçoivent la musique par l’oreille –d’où l’expression « chatouiller l’oreille » (par opposition aux « migraines ophtalmiques » que peuvent nous causer la lecture de tant de partitions de nos récents opéras allemands) ; -mais que plus d’un érudit germanique ait ôté ses lunettes de devant ses yeux fatigués pour se livrer sans remords aux délices d’une belle chanson, voilà qui nous ouvre un nouvel aperçu sur les mystères caverneux du cœur humain, -et nous sommes ici témoins de l’ardente aspiration à respirer à pleins poumons, en se laissant aller aux élans du sentiment, en faisant fi des préjugés et de la pédanterie inhérents à la condition de musicologue allemand ; ce mouvement qui pousse l’érudit à devenir enfin un Etre Humain, heureux, libre, et pourvus de tous les organes nécessaires à la perception de la beauté, en dépit de le trivialité de leur apparence.

Nous somme si peu convaincus en vérité par le corpus de nos lois et de nos préventions ! N’est-il pas fort souvent advenu qu’après avoir été transportés par un opéra français ou italien, nous ne nous soyons forcé au sortir du théâtre de balayer dans un geste railleur notre émotion, pour nous plonger, de retour sains et sauf à la maison, dans une leçon morale sur les danger de se laisser aller aux transports ? Oublions pour une fois le mépris, épargnons-nous le sermon pour nous pencher sur ce qui nous a véritablement enchanté ; nous verrons alors, et particulièrement en ce qui concerne Bellini, que c’était la Mélodie limpide, la splendeur simple et noble du Chant. Le confesser et y souscrire n’est pas un pêché : non plus que la prière que nous murmurons avant de nous endormir, qu’un jour le Ciel fasse la grâce aux musiciens allemands de leur inspirer semblables mélodies, et pareil art de s’en servir.

Le Chant, le Chant, le Chant, plutôt trois fois qu’une ! oui mes chers compatriotes ; car le Chant est, une fois pour toute, la seule langue dans laquelle l’Homme devrait s’exprimer musicalement ; et si cet idiôme ne se suffit pas à lui-même, comme tout discours civilisé, alors personne ne vous entendra. Pour le reste, tout ce qui est mauvais chez Bellini, n’importe quel maître d’école de village ferait mieux ; nous en convenons. Se gausser de ces défauts est étranger à la question : si Bellini avait pris des leçons d’un instituteur allemand, il est probable qu’il aurait appris à faire mieux ; mais il est à craindre qu’il eût perdu au change ce savoir-faire unique qu’il déploie dans ses mélodies.

Laissons donc à l’heureux Bellini la structure et la coupe de ses pièces, commune à tous les italiens, ses crescendos, cadences et tutti qui couronnent habituellement l’énoncé du thème, comme les autres traces de maniérisme qui dérangent notre humeur sombre ; ce sont les formes stables que les italiens connaissent à l’exclusion de toute autre, et qui, à de nombreux égards ne sont pas si horribles que nous avons l’habitude de le croire. Si l’on considère un instant le désordre effrayant, ce labyrinthe de formes, périodes, modulations, qui encombrent les productions de plus d’un compositeur allemand moderne, éloignant notre attention des plus simples beautés répandues ça et là dans l’intervalle, on souhaiterait de tout cœur que cet enchevêtrement abstrus soit parfois mis en ordre par une bonne forme italienne stable. Il est certain que l’appréhension instantanée d’une passion dramatique dans son ensemble est rendue beaucoup plus évidente et tangible, avec l’ensemble de ses sentiments et émotions connexes, lorsqu’elle se fond d’une seule coulée dans une mélodie claire et prenante, que lorsque elle est habillée de centaines de petits commentaires, pourvus de telle et telle nuance harmonique, l’intervention d’un premier instrument solo, puis d’un autre, jusqu’à ce que ces procédés pointillistes la fasse finalement disparaître, hors de portée du regard.

La forme et la manière des italiens les rend souvent plus propres à traiter certains sujets d’opéra notamment – quelque soit le manque d’épaisseur et le clinquant dégénéré de cette forme-, c’est la démonstration que fait Bellini dans sa Norma, sans conteste sa composition la plus heureuse. Là, alors que le poème lui-même se hisse jusqu’aux sommets tragiques des anciens grecs, cette forme, consciencieusement ennoblie par Bellini, exalte la solennité et le caractère grandiose de l’ensemble ; toutes les passions que son chant parvient à ce point à tranfigurer, s’en trouvent revêtues d’un arrière-plan majestueux, sur lequel elle s’entrelacent, non pas en de vagues délinéations, mais dans la construction d’une image puissante et claire, qui évoque involontairement les créations de Gluck et de Spontini.

NdT: quel style contourné et obscur pour aligner quelques évidences piquantes!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Ven 8 Juin 2007 - 17:11

Promesse tenue ! Very Happy Oui, c'est un peu ampoulé sur les bords.
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Lauretta
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Ven 8 Juin 2007 - 19:21

Bonjour à tous !

J'ai tenté d'utiliser Babelfish pour traduire un air que je travaille actuellement, mais le résultat est atroce et n'a aucun sens !

Si l'un d'entre vous pouvait m'aider...

Merci d'avance


Ma rendi pur contento
Della mia bella il core
E ti perdono , amore,
Se lieto il mio non è.

Gli affanni suoi pavento
Piu degli affanni miei,
Per ché piu vivo in lei
Di quel ch'io vivo in me.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Ven 8 Juin 2007 - 19:56

Bienvenue, Mlle Schicchi.

Du Métastase ! Very Happy

J'aime beaucoup ces utilisations hors contexte des textes de Métastase.

Je fais très littéral, ça te sera sans doute plus utile. (J'ai corrigé quelques fautes dans le texte.)

Ma rendi pur contento
Della mia bella il core
E ti perdono, amore,
Se lieto il mio non è.


Mais rends cependant content
De ma belle le coeur
Et je te pardonne, amour,
Si le mien n'est pas heureux (lieto).

Gli affanni suoi pavento
Più degli affanni miei,
Perché più vivo in lei
Di quel ch'io vivo in me.


Je crains ses afflictions
Plus que mes afflictions (coucou Don Ottavio)
Car je vis plus en elle
Que je ne vis en moi.
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Lauretta
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Ven 8 Juin 2007 - 20:04

Merci beaucoup, je devrait chanter mieux maintenant que je sais ce que je raconte Rolling Eyes

Et merci pour la rapidité de votre réponse !
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Xavier
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 9 Juin 2007 - 1:12

Qu'est-ce qu'il est serviable ce David. mains
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Ven 10 Aoû 2007 - 23:45

DavidLeMarrec a écrit:
Bienvenue, Mlle Schicchi.

Du Métastase ! Very Happy

J'aime beaucoup ces utilisations hors contexte des textes de Métastase.

Je fais très littéral, ça te sera sans doute plus utile. (J'ai corrigé quelques fautes dans le texte.)

Ma rendi pur contento
Della mia bella il core
E ti perdono, amore,
Se lieto il mio non è.


Mais rends cependant content
De ma belle le coeur
Et je te pardonne, amour,
Si le mien n'est pas heureux (lieto).

Gli affanni suoi pavento
Più degli affanni miei,
Perché più vivo in lei
Di quel ch'io vivo in me.


Je crains ses afflictions
Plus que mes afflictions (coucou Don Ottavio)
Car je vis plus en elle
Que je ne vis en moi.
Quelques précisions peut-être ?

Je m'y suis remis chez moi aujourd'hui.


DLM a écrit:
En réalité, et on ne le souligne sans doute pas assez, comme on l'a vu dans nos précédentes considérations sur les sources des Métastase de Schubert, toujours fécondes à considérer pour le sens de l'ensemble et la démarche du compositeur, il s'agit ici d'un extrait de la tragédie Ipermestra - deux fois mises en musique par Pasquale Cafaro pour le San Carlo Naples, en 1751 et 1761 (chaque fois en décembre, d'ailleurs).

Il s'agit ici, bien sûr, de l'Hypermnestre fille de Danaos, et non celle fille de Thestios. L'aînée des Danaïdes, qui sauve son promis Lyncée, qui avait renoncé à consommer le mariage, du massacre. Déclarée innocente par la Cour convoquée par son père, elle règne finalement sur Argos avec Lyncée lorsque celui-ci a rempli sa vengeance ; mais ce ne sera pas la version retenue par Metastasio, lieto fine oblige.
En tout état de cause, le supplice du Tartare qui fait leur célébrité n'apparaît que dans les versions tardives du mythe.

Parmi les auteurs qui ont traité le sujet (Eschyle dans le Suppliantes, Hygin, Nonnos de Panopolis, Ovide dans les Héroïdes, Strabon...), Métastase se réfère explicitement à la très commode Bibliothèque Apollodore, en la citant dans son bref argument précédant le drame.

Voici ce qu'en dit le deuxième livre de la Bibliothèque (1,5) :

    Les fils d'Égyptos arrivèrent eux aussi à Argos ; ils demandèrent à Danaos de renoncer à leur vieille hostilité, et de leur donner ses filles en mariage. Mais Danaos se méfiait de leurs offres et, en son âme, il éprouvait encore de la rancour à cause de l'exil subi. Malgré tout, il accepta de donner ses filles, et il en attribua une à chacun d'eux. Hypermnestre, l'aîné, alla à Lyncée, et Gorgophoné à Protée ; de fait, ces deux jeunes gens était nés de l'union d'Égyptos et d'une femme de sang royal, Argyphia. Busiris, Encelade, Lycos et Daiphron eurent les filles que Danaos avait eues d'Europe, Automate, Amymoné, Agavé et Scaia ; leur mère, donc, était de sang royal, alors que Gorgophoné et Hypermnestre était nées d'Éléphantis.


[...]

    Après que les couples furent ainsi décidés, au cours du banquet de noces, Danaos donna un poignard à chacune de ses filles. Et quand elles allèrent dormir avec leurs maris, elles les tuèrent tous. Seule Hypermnestre épargna Lyncée, parce qu'il avait laissé intacte sa virginité : mais, pour cette raison, Danaos la fit enchaîner et enfermer. Ses autres filles enterrèrent la tête coupée des maris à Lerne, et les corps reçurent les honneurs funèbres devant la cité ; Athéna et Hermès, ensuite, sur ordre de Zeus, purifièrent les jeunes filles. Quelques temps plus tard, Danaos permit qu'Hypermnestre et Lyncée vivent ensemble ; et ses autres filles épousèrent les vainqueurs d'un concours athlétique.


Notre Metastasio met en outre en exergue l'enjeu du double devoir d'Ipermestra : désirant sauver Lyncée, mais lui révélant la trame dans l'idée de susciter sa magnanimité vis-à-vis de son père...


Situation et musique

Citation :
Acte I, scène 6.

Il s'agit ici d'un monologue de Plistene, ami de Linceo (et épris de la nièce de Danao). Une rêverie amoureuse.

Bellini isole seulement les vers 221 à 228, ceux qui correspondent à l' aria. Pour plus de contexte, on s'est fait le plaisir de traduire ce qui précède (le "récitatif"), et qui n'est pas mis en musique par Bellini.

Il s'agit de la sixième des Ariette di camera (ariettes de chambre), dont la première est la délicieuse Malinconia, ninfa gentile, toujours pourvue de cette grande fraîcheur lyrique.


Et le récitatif du précède :

Citation :
Se di toglier proccuro all' idol mio / Si je parviens à ôter à ma belle idole
la pena di temer, quante ragioni / la peine de craindre, que de raisons d'espérer
onde sperar mi suggerisce amore ! / me souffle l'amour !
Se il timido mio core / Si je parviens à affermir
d'assicurar proccuro, / mon coeur timide,
quanti allor, quanti rischi io mi figuro! / Que de lauriers, que de périls puis-je me figurer !

Pour écouter l'oeuvre : http://prs.net/play/lFiYkI9JN08ouJvdnfRuHQ.html .



Voilà pour l'essentiel qui convenait dans ce fil. Le reste des précisions est là.
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Morloch
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 20 Sep 2007 - 15:03

Une intervew promotionnelle mais intéressante de Cecilia Bartoli dans telerama. Elle parle surtout de Maria Malibran et Vincenzo Bellini

Citation :
e bel canto, ça n’est pas franchir le mur du son”
En pleine année Callas, la diva du baroque consacre un disque à María… Malibran. Une sœur de tessiture qui bouscula elle aussi les conventions au XIXe siècle.

Maligne, la Bartoli. Et gonflée. En pleine commémoration des trente ans de la mort de la Callas, presque jour pour jour, elle sort son nouveau disque, sobrement intitulé Maria… mais exclusivement consacré à María Malibran (1808-1836), la première diva absolue de l’histoire du bel canto, la muse de Rossini, Bellini et Donizetti. Après vingt ans d’une carrière marquée par des ventes de disques phénoménales pour la musique classique (ses récitals Vivaldi, Gluck, Salieri), Cecilia Bartoli, reine incontestée du baroque, revisite l’interprétation d’opéras romantiques comme Norma, La Sonnambula, I Puritani. Tout un répertoire justement remis au goût du jour par la Callas… L’amorce d’une révolution ? Une provocation qui hérissera certains. A 41 ans, la Bartoli refuse de roucouler sur son piédestal. Elle s’est donc plongée dans les partitions autographes du XIXe siècle, sur les traces de son double Malibran, sœur de tessiture. Et d’aventure.

Lors de la tournée européenne soutenant votre nouveau disque, vous êtes accompagnée d’un énorme camion à votre effigie. C’est votre côté pop star ?
Je possède plus de deux cents documents authentiques se rapportant à la Malibran. Je cherchais un moyen d’en faire profiter le public, comme un pendant visuel à mon récital. Seul un camion permettait de suivre le rythme de la tournée. J’ai donc pensé à ce « museomobile », avec des vitrines présentant les pièces comme des bijoux, des écrans vidéo dernier cri, et une participation interactive des visiteurs. L’accès est gratuit.

Vous ne craignez pas les sarcasmes sur la caravane du cirque Bartoli ?
Les rieurs m’indiffèrent. Bien sûr, je ne suis pas Mère Teresa. Mon métier consiste aussi à vendre des disques. Mais, depuis des années, je les accompagne d’un vrai projet culturel. Alors je ne rougis pas de partager avec le plus grand nombre un moment crucial de l’histoire de la musique. Et ce sera la caravane la plus chic qui soit, entièrement tapissée d’une soie capiteuse.

Quand avez-vous « rencontré » María Malibran ?
Il y a presque vingt ans. Je venais de terminer l’enregistrement du Barbier de Séville, de Rossini. Mon directeur artistique, Christopher Raeburn, m’a offert un portrait de la Malibran, esquissant des parallèles entre sa carrière et celle qui m’attendait. Je n’y prêtais pas attention, d’autant que j’ai choisi très vite la trajectoire inverse. Ayant fait mes preuves dans Mozart et Rossini, j’étais naturellement vouée à l’étape suivante, le bel canto. Or j’ai préféré remonter le temps, aux origines du chant classique, en optant pour le répertoire baroque. Mais, en travaillant avec le chef Nikolaus Harnoncourt, je me suis passionnée pour les lettres et partitions autographes, au point de devenir collectionneuse. Les documents que j’accumulais sur le XIXe siècle citaient sans cesse cette mystérieuse Malibran. Que je me penche sur son répertoire, qui couvre la naissance de l’opéra romantique, devenait inévitable. Mais toujours en lui appliquant l’éthique baroque : ne pas se fier à la tradition orale, mais aux sources originales.





C’est ainsi que, dans votre disque, vous nous proposez une version de l’air le plus célèbre de tout le bel canto, Casta Diva, d’une couleur plus sombre, d’un moiré surprenant ?
A la demande de la créatrice du rôle, Giuditta Pasta, Bellini lui-même avait baissé cet air d’un demi-ton. C’est un hymne à la paix, une prière. Et que lit-on sur la partition autographe ? Piano, pianissimo, sotto vocce. J’étais déstabilisée : Casta Diva est souvent très bien chanté, mais sur un mode déclamatoire. J’hésitais : exécuter ce que demande Bellini, c’est prendre le risque qu’on hurle à la provocation. Finalement, autant assumer mon côté « Cecilia Jones, l’aventurière de l’art perdu ». L’esprit de cet air part donc de la flûte. Mais d’une flûte en bois, pas de l’éclat d’une flûte moderne. L’atmosphère devient ainsi radicalement différente et permet de chanter des nuances, des subtilités de dynamiques que les sopranos dramatiques ont progressivement gommées. Bellini regorge de délicatesses oubliées. Souvent, ses longues lignes vocales tutoient l’infini sur un accompagnement gracile tout en pizzicati [les cordes sont pincées au lieu d’être frottées, NDLR]. Je suis prête à enregistrer l’intégrale de Norma pour prouver qu’il n’y a pas besoin de voix de soprano dramatique aux dimensions wagnériennes. Surtout que Bellini a beaucoup composé, ou adapté ses œuvres, pour les registres de mezzo-sopranos, de la Pasta et surtout de la Malibran. Pour cette dernière, il existe même une version d’I Puritani baissée de trois tons, mais qu’elle n’eut pas le temps de chanter. Astre d’une énergie unique, la Malibran pratiquait trois instruments, composait et, cavalière émérite, pouvait arriver à bride abattue à une représentation. Elle est morte des suites d’un accident de cheval, à 28 ans.

Que s’est-il passé pour que tout un volet du répertoire bel cantiste gagne en puissance et en aigu ?
Imaginez qu’en Italie les orchestres ont généralisé l’emploi des cordes métalliques entre 1930 et 1940, presque trente ans après la mort de Verdi ! Avant, la voix se déployait sur des cordes majoritairement en boyau, plus souples, mieux « accordées » aux cordes vocales. Puis tous les instruments ont gagné en brillance, en puissance, dans des orchestres disproportionnés. Bellini nécessite quarante musiciens, pas quatre-vingts, comme cela se pratique désormais couramment pour répondre à des acoustiques de salles surdimensionnées. Les instruments du XIXe siècle s’accordaient à 430 Hz. Ceux d’aujourd’hui peuvent atteindre 443 Hz (1). Chanter consiste alors à franchir un mur du son ! Or la voix ne s’est pas modernisée, elle reste un vieil instrument. Ensuite, dans les années 40-50, de grandes divas se sont battues magnifiquement pour rétablir ce répertoire. La Callas, bien sûr, puis Joan Sutherland ou Montserrat Caballé. Mais elles l’ont défendu avec leurs voix de soprano. Sans tenir compte de partitions largement composées pour des mezzo-sopranos. Et, là, il ne s’agit plus seulement d’un problème d’amplitude. Quand une voix de mezzo atteint les aigus inscrits sur la partition, elle se charge d’une rondeur, de reflets soyeux d’une sensualité particulière. Comment voulez-vous qu’une soprano soit juste sur le plan stylistique, soutienne sa ligne vocale sans difficulté quand la base même n’est pas écrite pour son registre ? Le plus surprenant, ce n’est pas ma nouvelle approche du bel canto : c’est que personne n’y a songé avant moi !

A l’image de la Malibran, vous attaquez de front les idées convenues ?
Sur scène, elle a bousculé les conventions dramatiques qui voulaient qu’un geste précis, codifié, exprime la colère, le dépit ou la mélancolie. La Malibran passait pour incontrôlable au regard de ses partenaires, excentrique et fascinante pour des spectateurs enfin confrontés à une certaine spontanéité, à un naturalisme brûlant. Elle était têtue, aussi, sur l’intégrité artistique. En Italie, pour sa prise de rôle dans Maria Stuarda, de Donizetti, la censure voulait supprimer une scène susceptible de déplaire à l’occupant autrichien. « C’est tout ou rien ! » a-t-elle déclaré. Elle a obtenu gain de cause. J’aime penser que je lui ressemble un peu en cherchant à m’émanciper musicalement des a priori, de la gangue de la tradition. Et je suis cabocharde quand je crois à un projet. En 1999, personne n’aurait parié sur mon disque Vivaldi consacré à des airs d’opéra enfouis dans la bibliothèque de Turin. Six cent mille disques vendus dans le monde… Puis il y a eu les disques Gluck, Salieri. Ouvrir le répertoire baroque à un large public populaire, ce n’est pas rien, tout de même ! D’autant qu’on a le droit de ne pas aimer ma façon de chanter, mais personne ne m’a vraiment cherché querelle sur ma rigueur musicologique.

Sur scène, María Malibran importait des airs de son choix, comme Yo que soy contrabandista, composé par son père, Manuel García. Pourquoi ?
Elle aimait particulièrement le chanter au moment de la leçon de musique du Barbier de Séville, de Rossini. Non pas par coquetterie ou pour déployer d’autres sortilèges de sa voix, mais comme une forme d’hommage d’un maître à un autre. Mozart aussi a composé des airs alternatifs pour des œuvres de Paisiello ou Cimarosa. Imaginez donc la part d’imprévu, de surprise, qui pouvait alors surgir d’une représentation.

Pourquoi avoir renoncé à cette part de jeu dans l’opéra ?
Par paresse collective. Par économie de répétition. Par étroitesse d’esprit. Pour Les Noces de Figaro, de Mozart, par exemple, il existe deux versions, une composée pour Prague, l’autre pour Vienne. Il y a quelques années, au Metropolitan Opera de New York, je voulais « panacher » les deux. Il s’agissait d’une vieille mise en scène que l’auteur se refusait à aménager. Dieu sait, pourtant, qu’elle y aurait gagné en esprit… Et puis zut ! J’ai tout de même chanté la version que je voulais. Quitte à en payer le prix par une campagne de dénigrement dans le New York Times. Où est passé le désir d’aventures ?

La Desdémone de Rossini était un des grands triomphes de la Malibran. Quand Otello était chanté par son père. Il y avait une telle tension entre eux au quotidien, que, certains soirs, elle craignait qu’il ne l’égorge vraiment. En représentation, vous est-il arrivé d’être rattrapée par le monde réel ?
Une fois, à Zurich, c’est le réel que j’ai fait entrer dans le Don Giovanni de Mozart. Juste avant la première, je me suis cassé la jambe. Trop tard pour me remplacer. Le metteur m’a donc encouragée à jouer à fond mon Elvire claudiquant sur ses béquilles. Et me voilà clopin-clopant poursuivant le séducteur de ma fureur. Mais lui, au lieu de tenir compte de mon handicap, n’arrêtait pas de bouger en tout sens. Je n’en pouvais plus. Si bien qu’à la fin de la scène j’ai bien failli lui fracasser mes béquilles sur le crâne.

La Malibran et la Bartoli ont aussi en commun d’avoir appris à chanter avec leurs parents. Manuel García, le plus grand pédagogue de son temps et despote, hurlait après sa fille : « Tu ne seras jamais qu’une choriste ! » Comment cela s’est passé pour vous ?
Choriste, une insulte ? Mes parents l’étaient tous deux. Ils s’étaient rencontrés au festival de Spoleto, dans une production de Manon Lescaut où ils étaient solistes. Après avoir eu trois enfants, ils ont réorienté leurs carrières. Quand ma mère a décelé mes possibilités vocales, elle a employé mille ruses pour me tenir au piano, à côté d’elle. Elle a commencé par des leçons au débotté, de cinq à dix minutes. Je renâclais. Je ne tenais pas en place. Quand, bon gré mal gré, je finissais par émettre quelque chose de prometteur, elle refermait calmement le piano prétextant une course ou un rendez-vous, me plantant là, frustrée au seuil de quelque chose d’inouï. Elle m’a assoiffée, mise en situation de demandeuse. Alors, elle m’a construite note à note, avec un empirisme total qui, je l’ai réalisé bien plus tard, rejoignait au plus près le fameux traité de chant écrit par Manuel García. Mon père, lui, m’a appris à mettre les mots en bouche, à donner du sens aux répliques. Nous pouvions aussi passer des heures sur les manières de moduler une phrase anodine, comme : « Quelle belle journée ! »

La famille García était capable de tenir quatre rôles sur sept dans Le Barbier de Séville. Avez-vous chanté en famille ?
Ma première prise de rôle fut Rosine dans le Barbier, comme pour la Malibran. Cela s’est passé à Rome, le soir où mon père assurait sa dernière représentation dans le chœur, avant de partir en retraite. Dans son regard, un œil riait, l’autre pleurait. Sitôt après Rome, nous sommes partis en tournée à Dresde, en ex-RDA. C’était donc cela le monde ? Sinistre ! Pour me motiver, je me suis raccrochée au souvenir d’une escapade que j’avais faite à Paris, à 16 ans, avec une amie, à l’insu de mes parents. Comme nous avions claqué tout notre argent pour le retour, nous nous sommes mises à faire la manche en chantant sur les grands boulevards. Ce fut là mon premier public.

Le 24 mars prochain, à Pleyel, vous donnerez un concert marathon pour célébrer la naissance de la Malibran. Avec quel programme ?
Le matin, j’aimerais retrouver l’esprit des joutes musicales auxquelles elle se livrait avec Paganini au violon, ou avec le grand rival de Liszt, le pianiste Thalberg. Maxime Vengerov tente de se libérer, et j’espère soit Evgeny Kissin, soit Lang Lang. L’après-midi, je donne Cenerentola, de Rossini, en version concert. Le soir, un gala accompagné par Myung-whun Chung. Un rythme normal pour la Malibran, qui, après cela, était encore capable d’enchaîner un ou deux concerts privés dans les cercles mondains.

Surtout, via Bellini ou Donizetti, elle chantait de la musique contemporaine. Cela ne vous tente pas ?
C’est un des buts de la fondation que je viens de créer en Suisse. Mobiliser des musicologues sur des compositeurs ou des œuvres oubliées et passer commande à des créateurs. L’innovation dans la tradition. Revenir à l’usage qui voulait que les compositeurs travaillent pour les typologies vocales dont ils disposaient ; et non pas écrire dans l’absolu, en pensant : « Débrouillez-vous avec cela ! »

Maria Callas, morte il y a trente ans, incarnait la diva du XXe siècle. Quelle leçon retenez-vous d’elle ?
Ce qu’il faut éviter à tout prix : mêler sa vie personnelle à son art. Cela l’a détruite. On mesure et maîtrise difficilement la ferveur irrationnelle qui peut accompagner une cantatrice. A 25 ans, aux Etats-Unis, j’ai été happé par une bartolimania effrayante. Mes signatures de disques dépassaient les quatre heures. Je croulais sous les flatteries. Il y avait même un descendant de la famille Getty – bien fait de sa personne, j’avoue – qui me poursuivait de ville en ville. Au point que les théâtres commençaient à livrer des anecdotes à la presse. Et dire que, moi aussi, j’aurais pu avoir mon Onassis… C’est dans ce grand tumulte que j’ai affermi mon credo : « Je ne veux devoir ma célébrité qu’à la musique. » .

(1) Il s’agit de la hauteur du la à laquelle s’accordent les instruments. Elle a évolué en quelques siècles, les orchestres classiques jouant plus haut aujourd’hui.
Propos recueillis par Bernard Mérigaud
A ECOUTER
María, 1 CD Decca. En vente le 17 septembre.
Télérama n° 3009 - 15 Septembre 2007

http://www.telerama.fr/musique/M0709101510592.html
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 20 Sep 2007 - 15:17

Forcément, ce sont tout de même des pièces assez secondaires qui sont jouées dans cet album, mais le Casta Diva est proprement inouï.

La tête de l'album joue, il me semble, sur un quiproquo... Pas très glorieux.


Sinon, toujours tout mon respect pour Bartoli et sa passion du défrichage. Et la voix se bonifie de façon impressionnante, l'acidité disparaît d'année en année, la nasalité est moins sensible...
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 20 Sep 2007 - 17:56

Je vois plus ça comme un clin d'oeuil que comme un quiproquo mercantile.

Par contre, ça me paraît un évènement que ce répertoire soit envisagé d'un point de vue musicologique avec instruments d'époque.

Et si Bellini c'était bien ? ?? Shocked
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 20 Sep 2007 - 18:10

Morloch a écrit:
Je vois plus ça comme un clin d'oeuil que comme un quiproquo mercantile.
Autant je trouvais Trevi tout à fait amusant, autant là : franchement, en voyant ça, tu penses à Malibran ou à quelqu'un d'autre?


Citation :
Par contre, ça me paraît un évènement que ce répertoire soit envisagé d'un point de vue musicologique avec instruments d'époque.
C'est une démarche tout à fait louable, même si je trouve un intérêt limité (mais c'est personnel) aux récitals qui prennent pour thème un interprète ancien. Je préfère qu'on privilégie l'intérêt ou la thématique des pièces elles-mêmes, comme elle l'avait fait auparavant.
Mais je ne boude pas mon plaisir, c'est très bien fait, et voilà au moins quelqu'un de curieux.

Faire la Vivaldi Revolution à elle toute seule, quand même... Quelques années auparavant, une personne (professeur certifié ou agrégé de musique) m'avait assuré que Vivaldi, c'était comme Bach, il n'avait jamais composé d'opéra ; et devant ma perplexité lorsque j'évoquai Orlando, on me répondit : "mais c'est l'exception qui confirme la règle".

Aujourd'hui, ce ne serait vraiment plus possible. Haendel ? C'est pas le type qui fait des opéras un peu comme Vivaldi, là ? :mrgreen


Citation :
Et si Bellini c'était bien ? ?? Shocked
Mais c'est très bien ! Il y a un charme très réel dans Bellini, dès que c'est joué avec un brin de goût et d'engagement. Evidemment, avec Sutherland dans les rayons...

Rien à voir avec Donizetti, vraiment !

Ecoute le début des Puritains, rien que ça, l'ouverture avec ses cors mélancoliques, le jour qui se lève, avec le quatuor à l'office en coulisse, et le baryton qui en sort désespéré. Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 20 Sep 2007 - 20:22

DavidLeMarrec a écrit:
Morloch a écrit:
Je vois plus ça comme un clin d'oeuil que comme un quiproquo mercantile.
Autant je trouvais Trevi tout à fait amusant, autant là : franchement, en voyant ça, tu penses à Malibran ou à quelqu'un d'autre?

Je pense à Anna Maria Strada del Po, pourquoi ? Tu as raison, il est un peu abusif de capitaliser sur un prénom, mais que veux-tu ? Il s'agit d'accrocher...

Citation :
Citation :
Par contre, ça me paraît un évènement que ce répertoire soit envisagé d'un point de vue musicologique avec instruments d'époque.
C'est une démarche tout à fait louable, même si je trouve un intérêt limité (mais c'est personnel) aux récitals qui prennent pour thème un interprète ancien. Je préfère qu'on privilégie l'intérêt ou la thématique des pièces elles-mêmes, comme elle l'avait fait auparavant.
Mais je ne boude pas mon plaisir, c'est très bien fait, et voilà au moins quelqu'un de curieux.

Ah si, je trouve intéressant de voir ce que pouvaient chanter certaisn chanteurs très connus, de voir à quoi ils avaient participé, ce qu'ils avaient créé, l'influence qu'ils avaient eu. Une petit coup de loupe sur un cas particulier...

Evidemment, il ne faut pas que cela, mais de temps en temps ça aide à situer des compsiteurs contemporains les uns des autres, on voit une parcelle d'une époque qui revit, et puis certains personnages qu'on croise dans les livres... Mary Garden, Cornelia Falcon, Farinelli, Maria Malibran... Si, je suis preneur de ce genre de récitals.

Citation :
Faire la Vivaldi Revolution à elle toute seule, quand même... Quelques années auparavant, une personne (professeur certifié ou agrégé de musique) m'avait assuré que Vivaldi, c'était comme Bach, il n'avait jamais composé d'opéra ; et devant ma perplexité lorsque j'évoquai Orlando, on me répondit : "mais c'est l'exception qui confirme la règle".

Aujourd'hui, ce ne serait vraiment plus possible. Haendel ? C'est pas le type qui fait des opéras un peu comme Vivaldi, là ? Mr. Green

Magnifique disque, et qui a suscité une curiosité énorme. Oui, il faut le faire un coup pareil ! Et quel dépoussiérage de Vivaldi, soudain.

Citation :
Citation :
Et si Bellini c'était bien ? ?? Shocked
Mais c'est très bien ! Il y a un charme très réel dans Bellini, dès que c'est joué avec un brin de goût et d'engagement. Evidemment, avec Sutherland dans les rayons...

Rien à voir avec Donizetti, vraiment !

Ecoute le début des Puritains, rien que ça, l'ouverture avec ses cors mélancoliques, le jour qui se lève, avec le quatuor à l'office en coulisse, et le baryton qui en sort désespéré. Crying or Very sad

Mince, mince, mince, ayé je suis curieux d'entendre du Bellini. Je ne m'en sortirai jamais... Trop de choses à découvrir.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 20 Sep 2007 - 20:34

Morloch a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Morloch a écrit:
Je vois plus ça comme un clin d'oeuil que comme un quiproquo mercantile.
Autant je trouvais Trevi tout à fait amusant, autant là : franchement, en voyant ça, tu penses à Malibran ou à quelqu'un d'autre?

Je pense à Anna Maria Strada del Po, pourquoi ?
Shocked

Citation :
Tu as raison, il est un peu abusif de capitaliser sur un prénom, mais que veux-tu ? Il s'agit d'accrocher...
C'est une copie assez manifeste de récitals de Callas... Et le prénom, surtout par les temps qui courent, est pour le moins équivoque.

Etrange, parce que vraiment aucun rapport avec le contenu.


Citation :
Ah si, je trouve intéressant de voir ce que pouvaient chanter certaisn chanteurs très connus, de voir à quoi ils avaient participé, ce qu'ils avaient créé, l'influence qu'ils avaient eu. Une petit coup de loupe sur un cas particulier...

Evidemment, il ne faut pas que cela, mais de temps en temps ça aide à situer des compsiteurs contemporains les uns des autres, on voit une parcelle d'une époque qui revit, et puis certains personnages qu'on croise dans les livres... Mary Garden, Cornelia Falcon, Farinelli, Maria Malibran... Si, je suis preneur de ce genre de récitals.
Oui, je comprends bien. Mais se farcir la composition de la Malibran, on pouvait gagner du temps pour mettre autre chose, elle a dû écrire mieux que ça.


Citation :
Magnifique disque, et qui a suscité une curiosité énorme. Oui, il faut le faire un coup pareil ! Et quel dépoussiérage de Vivaldi, soudain.
J'ai regretté que le Salieri suscite encore moins d'engouement que le Gluck, mais le nom est moins vendeur, il est vrai.

Pourtant, pourtant... aussi bien en italien où on vaut bien certains Mozart (pas les Da Ponte bien sûr, mais Idoménée sans problème) qu'en français où on éclipse Gluck, Piccinni, Philidor et Sacchini tout ensemble...


Citation :
Mince, mince, mince, ayé je suis curieux d'entendre du Bellini. Je ne m'en sortirai jamais... Trop de choses à découvrir.
Le Serafin de 53 est dans le domaine public, je ne l'ai pas sous la main à l'instant, c'est dommage, mais si quelqu'un veut le mettre en ligne, c'est vraiment sublime. Sinon, j'ai de beaux concerts, mais je n'ai pas le droit de te les passer. Crying or Very sad
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Jorge
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mer 3 Oct 2007 - 21:08

J'écoute ce Casta Diva par Bartoli: enfin ce que je cherchais desespérement. Et comme dit DLM, la voix de Bartoli s'est encore bonifiée!

De même, l'air "AH! NON CREDEA MIRARTI" de la Sonnambula est aussi prodigieux.

Une mezzo-soprano c'est quand même plus expressif qu'une soprano (cf Dessay dans le même air).
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Xavier
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mer 3 Oct 2007 - 22:46

Jorge a écrit:

Une mezzo-soprano c'est quand même plus expressif qu'une soprano (cf Dessay dans le même air).

Tu ne peux pas faire ce type de généralisation juste parce que tu préfères une chanteuse à une autre sur un air précis...
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Morloch
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mer 3 Oct 2007 - 23:17

En même temps, la comparaison va être appelée par le contexte, Natalie Dessay a juste sorti une Somnabula, celle de Cecilia Bartoli est également enregistrée et devait sortir dans les semaines qui viennent (avec Juan Diego Florez).

Mais je ne vois pas comment généraliser sur les mezzos et les sopranos.

Entendu également ce récital Bartoli " La Malibran" et je trouve au contraire que la totalité des choix est bienvenue. Il donne une idée du répertoire de cette chanteuse, montre à quel point il était varié et souligne les découvertes et les modes de l'époque romantique : la chanson dans un style flamenco, la tyrolienne, les chansons plus légères, les airs alternatifs d'opéras connus.

Evidemment, l'intéret musical "intrinsèque" de certains extraits est plus faible, mais passionnant au niveau documentaire. Difficile de faire mieux et plus intelligent.

Quant à ce "Casta Diva", c'est à tomber par terre.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 4 Oct 2007 - 8:29

J'ai bien aimé la sonnambula de Dessay quand j'ai écouté la retransmission radio l'an dernier.Ceci dit j'attends de voir ce que donnera celle de Bartoli pour pouvoir faire la comparaison
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Jorge
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 4 Oct 2007 - 12:02

Xavier a écrit:
Jorge a écrit:

Une mezzo-soprano c'est quand même plus expressif qu'une soprano (cf Dessay dans le même air).

Tu ne peux pas faire ce type de généralisation juste parce que tu préfères une chanteuse à une autre sur un air précis...

Je me suis mal exprimé, ce n'est pas cette chanteuse à cette chanteuse, ni dans un air précis. J'ai une tendance très nette à préférer largement les voix graves (une vraie alto quel bonheur, et les basses!).

Pour l'aigu, j'ai tendance à préférer le falsetto qu'une voix féminine.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 4 Oct 2007 - 13:05

Jorge a écrit:

Pour l'aigu, j'ai tendance à préférer le falsetto qu'une voix féminine.

Moi pas du tout mais alors pas du tout!!
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 6 Oct 2007 - 14:12

grosse surprise ce matin en entendant à la radio une interview de Cecilia Bartoli à l'occasion de la sortie de son disque Hommage à la Malibran: je suis resté scotché par l'interprêtation de Casta Diva. Je n'aime pas particulèrement cette chanteuse, même si j'admire ses efforts de répertoire, et je peste volontiers contre cette manie d'enregistrer dans fin les mêmes tubes.
Mais là, un vrai choc, des nuances admirables, une aisance à peine imaginable à enchaîner les traits les uns aux autres sans le moindre soupçon de démonstration, un moment de suspension magique et sur un petit poste vraiment rudimentaire. J'ai fait un bond quand le facteur a sonné et m'a ramené sur terre: des années que je n'avais pas été emporté aussi loin par une voix d'opéra. Le préjugé n'était pourtant pas favorable du tout, mais vraiment le résultat est extraordinaire.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 6 Oct 2007 - 15:01

Eh bien, c'est l'unanimité on dirait.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 6 Oct 2007 - 15:16

ah oui, et en plus en l'écrivant je n'avais pas lu le message de Morloch!
je confirme l'intérêt exceptionnel du reste de ce disque, du Manuel Garcia, père et fils, une scène de Mendelssohn remarquable avec violon obligato (Vengerov), la tyrolienne variée de Hummel, huit premières au CD quand même et des raretés (Pacini, Rossi, Halévy), et dans la Somnambule quelques graves à faire dresser les cheveux sur la tête.
Une prise de son remarquable, grande présence de la voix.
Seul bémol évidemment les fichus instruments d'époque qui miaulent de temps en temps avant de trouver la note (les cuivres surtout), mais le chef (Adam Fischer) parvient à en tirer le meilleur parti.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 13 Oct 2007 - 1:27

vartan a écrit:


Je ne sais où Sud et d'autres en avaient parlé, mais j'ai croisé Kia qui m'a prêté son CD de la Bartoli. Ce n'est pas un répertoire qui me fait décoller habituellement, mais son interprétation est parfaite et ne me laisse pas indifférent. Elle en fait un peu moins qu'à son habitude, maîtrise mieux son vibrato (ou en use moins). Et quels dons dramatiques ! Cest impressionnant l'ardeur et l'émotion qu'elle y met.
Tout à fait. Son habitude de l'expression un peu affectée (avec le côté "noir et blanc", "presser le bouton pour tel affect précis") a largement disparu, la voix a encore gagné en chaleur, en stabilié et perdu en nasalité... elle continue ses progès.


Citation :
Son Casta Diva détrône pour moi celui de Callas.
C'est clairement du jamais entendu. (Mais Callas dans Norma, de toute façon, dans le genre buriné... Confused )


Citation :
Bon on sent bien un souci là-dedans, c'est la prise de son étonnamment proche comme si sa voix ne portait plus du tout. En salle serait-ce la même chose ? En tout cas, c'est beau.
En salle, la voix est assez petite, oui, mais c'est surtout un parti pris expressif ici, qui lui permet de sussurer.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 13 Oct 2007 - 1:35

je ne sais pas qui est son directeur artistique ou si elle fait ce qu'elle veut, mais l'intelligence de la conception du disque est fulgurante, plus encore que ses mélodies françaises avec les Viardot. Et puis vraiment quelle émotion s'en dégage, même si ce n'est pas pareil en scène, là je crois que c'est vraiment un disque d'anthologie.
Le Mendelssohn à lui seul avec Vengerov! et tirer ça de Casta Diva, vraiment c'est inespéré et remarquable.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 13 Oct 2007 - 1:38

sud273 a écrit:
je ne sais pas qui est son directeur artistique ou si elle fait ce qu'elle veut,
Seconde solution. Elle passe plus de temps en bibliothèque à préparer ses programmes que sur le scènes.

Ce n'est pas le moindre de ses mérites.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 13 Oct 2007 - 1:41

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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 13 Oct 2007 - 3:06

Tout de même un gros reproche : le cd est vraiment trop court! Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Sam 13 Oct 2007 - 11:01

Jaky a écrit:
Tout de même un gros reproche : le cd est vraiment trop court! Crying or Very sad

C'est bien le seul reproche qu'on puisse faire Wink

EDIT : Non, il y a un second reproche : les dates de sa tournée parallèle à ce CD sont trop rares. J'ai voulu prendre une place au Bozar après avoir écouté le CD -> soldt out de chez sold out Sad
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Jeu 25 Oct 2007 - 21:12

DavidLeMarrec a écrit:
sud273 a écrit:
je ne sais pas qui est son directeur artistique ou si elle fait ce qu'elle veut,
Seconde solution. Elle passe plus de temps en bibliothèque à préparer ses programmes que sur le scènes.

Ce n'est pas le moindre de ses mérites.

Il me semble avoir lu quelque part ou vu à la TV que Bartoli ne voulait pas faire plus de 50 récitals ou représentations d'opéras par an.
Je viens d'acheter La sonnambula que j'avais entendu à la radio l'an dernier avec Dessay, Meli et Colombara sous la direction de Pido.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Lun 19 Mai 2008 - 20:42

Je joue aux archéologues ce soir hehe . Je viens de lire ce fil et quelque chose m'a titillé ma curiosité.

Ca donne quoi l'Ernani de Bellini ? bounce Quelqu'un connait ? (j'ai lu le fil rapidement, je ne crois pas avoir vu quelque avis dessus...)
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Lun 23 Juin 2008 - 18:40

Je ne l'ai jamais écouté je ne pourrai donc te répondre; je suppose que David a cependant une petite idée sur la question.
je remonte surtout le fil pour savoir si quelqu'un connait une version sympa de "I Capuleti e i Montecchi" que j'ai, comme beaucoup me semble-t-il, découvert en allant à l'Opéra de Paris.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 24 Juin 2008 - 11:07

BOn, je viens de commencer l'écoute de ce fameux Ernani. Je serais brève, je développerais plus tard : en somme, la partition n'est absolument pas étrangère puisqu'elle a servit de base à I Puritani, Somnambula et Norma. Smile L'écriture de cet opéra s'est faite juste après la bataille d'Hernani (1831...), de fait, Bellini a subit la censure.
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 24 Juin 2008 - 11:51

J'avais mis un lien sur un autre forum, je le fais ici aussi :
megaupload.com OLQ112M8
Le duo Ernani/Elvira "muto, deserto speco" et le début du trio "Oh di qual sei tu vittima" de Norma, chanté par Leyla Gencer.

Voici ce que j'en ai dis :

En ce moment même, j'écoute une curiosité : l'Ernani de Bellini, autant dire peu joué. Au début, considéré comme la base de la partition de la Somnambule, il s'avère que ce ne soit pas seulement que pour cet opéra.
Ce ne sont en fait que des fragments avec une sinfonia, et Ernani est un mezzo-soprano. Disons que ça perturbe, surtout lorsqu'on connait la tessiture de l'Ernani de Verdi...

Dommage, que l'oeuvre fut censurée (on est en proche de la bataille d'Hernani alors que pour Verdi, cela s'était appaisé.). Qui sait ? Les opéras suivant Ernani, auraient peut-être été différents...

Voilà ce qui se trouve dans cette partition :

Sinfonia
Frammento 1 : Qui, qui son essi
Frammento 2 : Muto, deserto speco
Frammento 3 : Hai tu compagni?
Frammento 4 : Strumentale
Frammento 5 : Son rischiarati ancora
Frammento 6 : Meco regna
Frammento 7 : Strumentale

Le "muto, deserto speco" est en fait... le "Oh di qual sei tu vittima" de Norma, certes le tempo est changé,et pas exactement le même puisque il n'y a pas de ténor, et ce sont un mezzo et un soprano qui chantent. L'orchestration semble être la même.
Le "meco regna" du fragment 4 est en fait l'aria d'Oroveso...
La partie de la basse de l'introduzione se retrouve dans celle d'I Puritani...
Je pense qu'il doit y avoir d'autres réutilisations (la somnambula, mais ne connaissant pas cet opéra, je ne peux pas dire quoi).

J'ai "découvert" cette oeuvre avec cette distribution là :


Ernani : Patrizia Morandini
Elvira : Rosanna Savoia
Don Carlo : Paolo Pellegrini
Don Sancio : Patrizio Saudelli
Ines : Nina Batatunashvili
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Xavier
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 24 Juin 2008 - 12:54

Elvira a écrit:

Le duo Ernani/Elvira "muto, deserto speco" et le début du trio "Oh di qual sei tu vittima" de Norma, chanté par Leyla Gencer.

Je ne l'ai pas téléchargé mais ça fait combien de minutes ça?
Si ça dépasse les 1-2 minutes, il faut enlever le lien.
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Pison Futé
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Mar 24 Juin 2008 - 12:58

Xavier a écrit:
Elvira a écrit:

Le duo Ernani/Elvira "muto, deserto speco" et le début du trio "Oh di qual sei tu vittima" de Norma, chanté par Leyla Gencer.

Je ne l'ai pas téléchargé mais ça fait combien de minutes ça?
Si ça dépasse les 1-2 minutes, il faut enlever le lien.

Chaque extrait dure moins d'une minute... J'y ai bien pensé. Wink
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MessageSujet: malinconia   Lun 1 Fév 2010 - 13:59

bonjour,

je fais du chant lyrique et j'aimerais connaître la malincolia de Bellini car c'est très dur pour moi d'apprendre quelque chose que je ne comprends. quelqu'un pourrait-il me le traduire? javascript:emoticonp('Very Happy')
merci!

Malinconia, ninfa gentile,
la vita mia consacro a te;
i tuoi piaceri chi tiene a vile,
ai piacer veri nato non è.
fontie colline chiesi agli dei;
m'udiro alfine,
pago io vivro.
Nè mai quel fonte co' desir miei,
nè mai quel monte trapassero,
trapassero,
nè mai, nè mani co' desir miei trapassero
Very Happy Very Happy Very Happy
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Mehdi Okr
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Lun 1 Fév 2010 - 15:06

Ça ressemble quand même pas mal au français. Bon, pour les quelques obscurités qui peuvent subsister voici une version allemande

Melancholie, anmutige Nymphe,

ich widme Dir mein Leben;

wer Deine Freuden wenig schätzt,

ist nicht für echte Freuden geboren.



Ich bat die Götter um Quellen und Hügel;

sie hörten mich an, ich werde endlich zufrieden leben,

und werde niemals wünschen,

diese Quelle, diesen Berg zu überschreiten.


une autre allemande ici :

http://www.recmusic.org/lieder/get_text.html?TextId=26643

et une version anglaise un peu moins fidèle :

Melancholy, gentle nymph,

I devote my life to you.

One who despises your pleasures

Is not born to true pleasures.



I asked the gods for fountains and hills;

They heard me at last; I will live satisfied

Even though, with my desires, I never

Go beyond that fountain and that mountain.


et une autre ici :
www.cwu.edu/~music/programs/09f/20091121_jenny_ohrstrom.pdf
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Vincenzo BELLINI   Lun 1 Fév 2010 - 20:55

lydie07 a écrit:
je fais du chant lyrique et j'aimerais connaître la malincolia de Bellini car c'est très dur pour moi d'apprendre quelque chose que je ne comprends. quelqu'un pourrait-il me le traduire? javascript:emoticonp('Very Happy')
merci!

Malinconia, ninfa gentile,
la vita mia consacro a te;
i tuoi piaceri chi tiene a vile,
ai piacer veri nato non è.
fontie colline chiesi agli dei;
m'udiro alfine,
pago io vivro.
Nè mai quel fonte co' desir miei,
nè mai quel monte trapassero,
trapassero,
nè mai, nè mani co' desir miei trapassero
Very Happy Very Happy Very Happy
Je ne vais pas radoter, mais il faudra un jour que les profs de chant fassent entrer dans leur crâne oligocéphalisant qu'on ne peut pas chanter correctement une langue dont on ne maîtrise pas les propriétés élémentaires (très peu suffit, mais il faut ce très peu).

Superbe mélodie au demeurant, pas facile en hauteur originale, toute sur le passage.

Je tente une traduction très rapide :

    Mélancolie, aimable nymphe,
    Je voue ma vie à toi ;
    Qui méprise tes plaisirs
    N'est pas né pour les plaisirs vrais.

    J'ai demandé fontaines et collines aux dieux ;
    Il m'ont à la fin entendu, je vivrai comblé.
    Et mes désirs jamais cette fontaine,
    Jamais ce mont ne dépasseront.


N'hésite pas à demander un éclaircissement sur tel ou tel passage. Smile
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