Autour de la musique classique

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 Gavrill POPOV

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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Sam 31 Mar 2007 - 20:16

Gavrill Popov
2ème Symphonie 1943


La deuxième symphonie op 39 de Popov est vue comme une œuvre de guerre, un pur produit du nationalisme soviétique, elle est d’ailleurs sous titrée « Mère Patrie ». Ironie suprême, en 1946, elle reçoit même le Prix Staline (encore nommé à l’époque prix d’Etat) et le grand musicologue V. Bogadanov-Berezowsky commente : « La Mère-Patrie a été composée au temps des batailles les plus sanglantes qui aient eu lieu sur notre territoire. Elle est emplie d’une énergie interne, d’une puissance massive et fondamentale. Ce fut un grand succès pour le compositeur, qui parvint à la faire naître d’un climat dominé par l’angoisse… »
Oui, bien sûr, sauf que si on la compare à la 7ème de Shostakovich ou à la deuxième de Katchaturian, toutes deux regardées avec une certaine méfiance par le pouvoir, parce que peut-être trop tôt passées à l’ouest (l’une est d’abord crée aux Etats-Unis, l’autre ne connaîtra d’enregistrement qu’avec l’orchestre de Vienne) l’ambiance est radicalement différente.
Et pour cause, le matériel de base de la 2ème symphonie date de 1932, d’un époque où la précédente n’est même pas achevée dans sa version finale, où le pacte germano-soviétique n’est pas encore signé. Et le commentaire de Berezowky, s’il a quelque pertinence vis-à vis de la coda finale (où résonne à nouveau le thème sombre de l’introduction dérivé de chansons populaires) néglige complètement le côté festif, forain, légèrement ironique et très souriant du scherzo.

Avant que la 2ème symphonie ne soit révélée au public, Popov a écrit deux opéras, Le cavalier de Bronze d’après Pushkine (thème que reprendra Glière pour son dernier ballet) et King Lear. En 1941, il en même mis en chantier un troisième, Alexandre Nevsky qui restera inachevé. Il a aussi achevé un concerto pour violon, accompagné d’un Poème, et rédigé les 7 fragments d’Hispania qui serviront de socle à sa troisème symphonie. Il est difficile d’en savoir plus, aucune de ces partitions n’ayant fait l’objet d’un enregistrement commercial. Ont-elles même été jouées ? En l’état actuel de mes connaissances et faute de recherches argumentées, je dois reconnaître qu’hélas je n’en sais rien, et la 2ème symphonie est le dernier témoignage de l’œuvre orchestrale de Popov avant la mort de Staline. En l’absence d’autre chose à se mettre sous la dent, il convient donc de s’y arrêter un peu, même si le résultat paraît moins novateur et bouleversant que les œuvres qui les précèdent.

Cette symphonie épouse une coupe classique, 4 mouvements, avec scherzo inversé, elle se rapproche de la structure du septuor op 2. Elle réclame un effectif de cordes très important pour bien rendre compte des mouvements impairs où les pupitres sont très divisés. A la base le matériel thématique dérive d’une partition écrite pour le cinéma, un mélodrame de Friedrich Ermler « Elle défend la Mère-Patrie » dont l’œuvre finale conservera le titre ainsi que les références au folklore à travers les citations de thèmes de danses et de bylinas (les chansons de conte de fées qui nourissent déjà les tableaux de Moussorgsky entre autres).
Le premier mouvement pour cordes et timbales énonce un thème « folkorique » qui servira à la conclusion. On est typiquement dans la musique russe de nostalgie et de déploration ; structurellement, un long fugato en crescendo, parcouru de tierces mineures résolues en octaves. Ce mouvement se rapproche étrangement de ce que certains américains peuvent proposer en matière de musique dérivée des hymnes protestants, on pense à Ives, à Harris, les parentés de certaines symphonies russes avec la musique américaine sont troublantes, il faut réécouter la musique de western du finale de la 2ème de Borodin pour bien s’en convaincre. Une musique sans aspérité, compréhensible dès l’abord qui s’éteint en silence, comme certains passages de la 11ème de Shostakovich.
Ne seraient les irrégularités rythmiques, le scherzo donne l’impression de se trouver dans la scène de marché de Petrushka, ou dans l’ouverture des Mariés de Germaine Tailleferre. Virtusosité de l’orchestration, harmoniques de cordes sur lesquelles le violon solo place une mélodie nostalgique aux scintillements hivernaux, c’est aussi adorable que la boîte à musique ou le lac gelé de Liadov. Là, il me semble qu’on est loin des horreurs de la guerre et du patriotisme exacerbé, plutôt une délicate danse de marionettes à fil…
Tout cela débouche sur un largo de 13 minutes, en forme d’arche dont la progression inquiète retourne à la structure à la Bach du mouvement initial, l’hésitation modale est de nouveau à son comble, les cordes construisent un adagio digne de certains moments hitchcokien de Bernard Hermann, jusqu’à ce que l’accélération s’épanouisse en un radieux accord de Ré majeur, s’évanouissant dans des brumes impressionistes.
Ur un ostinato instable, le finale presto inquieto retourne à la tonalité de la mineur, engageant tout l’orchestre dans une course polyrythmique qui réénonce des fragments des thèmes précédemment traités. Il y a bien là une teinte russe, comparable encore aux feux d’artifice légers de Stavinsky. Nouveau fugato, dans lequel les bois relaient les cordes, pause, puis réénonciation majestueuse du premier matériel dans une coda qui semble trouver la voie vers la modulation finale en majeur.

Une œuvre passionnante qui mériterait une place au concert si on cessait d’y jouer toujours les même choses.
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Liana
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Sam 31 Mar 2007 - 22:03

Voici une photo de Gavriil Popov :

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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Sam 31 Mar 2007 - 22:39

alors là, merci infiniment Liana, si tu peux me l'envoyer sur mon mail en résolution supérieure, reconnaissance éternelle! tu ne peux pas savoir à quel point je suis ému de découvrir enfin son visage. Peut-être sais-u des choses sur lui que j'ignore, alors si tu peux raconter, ce n'est pas de refus...
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sofro
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Sam 31 Mar 2007 - 23:04

Tu peux aller voir ce lien, petit commentaire en anglais + photo :

http://www.musiccopyright.ru/eng/catalog.php?id=138



(je suis en train d'écouter la symphonie n°2 >> quel monument! j'y reviendrai plus longuement.)
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Liana
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Sam 31 Mar 2007 - 23:09

Pour ce qui est de la résolution de t'envoyer l'image que tu demandes, elle ne me manque certes pas, c'est ladite image qui en est dépourvue Embarassed

En fait, c'est la seule que j'ai trouvée pour l'instant, et elle est toute minuscule : à l'origine, elle faisait 79 pixels, il a fallu que je l'aggrandisse et la netteté en a souffert.
Je vais essayer d'en trouver une autre, meilleure, patience !
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sofro
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Dim 1 Avr 2007 - 14:40

Magnifique symphonie n°2 de Popov ! cheers

On est frappé par l'inventivité de l'écriture et la diversité des climats: complaintes douloureuses borodiniennes (1er mouvement et largo), joyeuse insouciance (scherzo festif, et début du finale avec ses airs de musique de ballet à la tchaïkovsky jusqu'au fugato atttaqué par les contrebasses, qui marque le changement de climat de la légèreté à l'angoisse), progressions vers un lyrisme d'une intensité asphyxiante (largo), ou vers des apothéoses de cuivres typiquement 11ème de Chosta avec exposition d'un thème "politique" cyclique (finale)... une musique puissamment narrative et visuelle d'une grande complexité émotive, assez hétérogène finalement, moins monolithique que Chosta... Des moments saisissants: par exemple la fin du largo avec son climat de désolation. Curieusement on sent parfois des traces de Mahler, par exemple tout à la fin du largo, un petit passage de cordes.
Une musique facile à s'approprier, d'une grande puissance de persuasion, géniale dans son genre.

Merci à Sud pour la découverte !
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Jaky
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Lun 2 Avr 2007 - 1:28

Excellente impression de la deuxième symphonie de Popov, j'y vois quelque chose de profondément humain.
Suis je débile mais le 2 ème mouvement m'a irrésistiblement fait pensé par son atmosphère aux pins de rome de Respighi, sans doute l'esprit de joie simple et spontanée qui s'en dégage. I love you
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Lun 2 Avr 2007 - 9:57

je n'ai pas assez en tête ce Respighi-là pour commenter, mais vu la date de composition ce n'est pas impossible, c'est en tout cas un rapporchement hardi... ou bien Respighi ne se réfère-t-il pas aussi à Pétrushka?
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antrav
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Lun 2 Avr 2007 - 11:23

Pendant qu'on y est dans les rapprochements... J'entends du Prokofiev dans la suite symphonique n°1. Mais j'en reparlerai...
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Lun 2 Avr 2007 - 12:00

oui, dans la suite je ne sais pas, mais dans 5è symphonie de Gavrill Popov, très nettement j'entends aussi que Prokofiev est passé par là. C'est d'ailleurs pour ça qu'il serait si intéressant d'entendre au moins des extraits des opéras et de sa musique vocale pour mesurer dans quel sens s'exerce l'influence. Hélas ces quelques enregistrements dont on dispose risquent d'être un sursaut sans lendemain.
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Jaky
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mar 3 Avr 2007 - 0:39

sud273 a écrit:
je n'ai pas assez en tête ce Respighi-là pour commenter, mais vu la date de composition ce n'est pas impossible, c'est en tout cas un rapporchement hardi... ou bien Respighi ne se réfère-t-il pas aussi à Pétrushka?
Maintenant que tu le dit, oui, il faudrait que je réécoute Pétrouschka…
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antrav
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mar 3 Avr 2007 - 13:05

J'ai du mal à parler de cette musique que j'écoute régulièrement depuis quelques jours.

La suite symphonique n°1:
C'est très coloré, caractérisé, véritable poème symphonique qui aurait presque trop de musique à exprimer. Un premier mouvement qui débute très dramatiquement par un superbe (et trop court) solo de violoncelle, qui devient lyrique, tempétueux dans une sorte de scherzo à la Prokofiev. Des voix qui interviennent de façon candides. Un deuxième mouvement très imagé, inquiétant puis tendu dans un climat proche de Holst puis orientalisant très réussi. Le troisième mouvement démonstratif offre un débauche de moyens symphoniques qui montre que les musiciens Soviétiques étaient bien formés. Tous les styles sont présents, les écoles folkloristes caucasiennes, certains debussysmes, Prokofiev, Shosta, Strauss, Bartok... Je trouve cela brillant, étourdissant, les dons de symphonistes de Popov ont dû marquer ses contemporains. Mais c'est désordonné également. Un courant du Futurisme ici ? Ca ne me parle pas beaucoup...

Ce soir je me mets à la 1° symphonie.
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mar 3 Avr 2007 - 13:29

@Rubato: bonne idée si tu veux en parler, je ne connais quasiment rien à la musique de Gubaïdulina, donc je serais bien en mal dans dire quelquechose, mais peut-être Liana aussi pourra nous en dire plus. Je vais essayer de me concentrer sur ce que je sais de l'histoire et de quelques compositeurs oubliés et peu accessibles (faute d'enregistrements)

@Vartan: comme tu as bien cerné en quelques mots la 1ère suite de Popov (la dernière phrase me chagrine un peu, mais là c'est incontestable, question de goûts). Je suis d'accord aussi avec le "presque trop": sans doute est-ce l'audition de cette suite qui m'a véritablement "envouté", je crois que je 'avais jamais entendu une musique pareille, aussi concentrée, aussi étourdissante.
Tu risques de trouver aussi un certain "désordre" dans la 1ère symphonie, et l'influence des musiciens des années 20 n'y est sans doute pas étrangère effectivement. Ce désordre est Mahlérien aussi, dans la mise bout à bout de citations et de parodies. Je crois que l'influence sur Shosta, Prokofiev, tous ceux qui sont encore connus aujourd'hui est très importante, d'où mon étonnement de constater que toute cette musique est encore passée sous silence, et qu'il se trouve si peu de chefs pour s'y intéresser. Peut-être est-ce le cas aussi dans beaucoup d'autres "écoles nationales" (je pense à Enesco, Schulhoff), mais là je suis tombé dessus et j'ai eu du mal à me remettre du choc, en même temps que ça m'a aidé à comprendre certains de ses contemporains... Et il y a l'air d'y avoir tant d'autres choses inaccessibles de Popov qui sont encore dans la mémoire de certains russes!
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joachim
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mar 3 Avr 2007 - 22:18

Je pense me faire l'interprète de tous, ici, pour dire un grand merci à Sud de nous faire connaître Popov, ce compositeur dont je n'avais même jamais entendu parler !

Merci pour ces commentaires des symphonies, merci pour cet historique de la musique soviétique.

On croirait écouter du Chosta des premières symphonies, un Chosta peut-être un peu plus lyrique dans les mouvements lents, tout aussi agité dans les mouvements rapides, et même un rien espiègle (Presto de la 2ème symphonie).
Un compositeur qu'il faut absolument redécouvrir, il me semble que (pour une fois Wink ) nous sommes unanimes Very Happy
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antrav
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mar 3 Avr 2007 - 23:01

Mais j'étais unanime avec moi-même pour Barber !
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antrav
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 0:12

J'accroche toujours moyennement malgré l'évident talent du Popov.
Une faconde qu'on retrouve chez les compositeurs soviétiques pour les souvenirs d'enfance que j'en ai. Il me semble qu'à cette époque lointaine dans les années 70 on en écoutait un peu plus, politique des blocs obligeait.
Dans cette première symphonie j'entends encore toute cette musique à venir, et... de compositeurs américains, Barber (tiens donc), d'Alex North et de Williams, du Bartok aussi. Je me demande (non ne lève pas les sourcils comme ça Sud, tu me fais peur silent ) si Popov a vraiment une personnalité musicale bien reconnaissable, mais c'est avis retrospectif et sans justification retrospective.
Là aussi du Stravinsky à certains moments, celui du Sacre mais assagi. Une vision quand même ici:celle de locomotives en marche, aveugles, fonçant vers leur déraillement déviées par la Perestroïka et la Glasnost. Poutine joue au chef de gare aujourd'hui.

Finalement je suis plus touché par le largo sensible et pudique que le mégascherzo final. Une force de la nature ce Popov sûrement, des appétits gargantuesques sans aucun doute.
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 1:09

Moi j'y suis arrivé un peu après tout ça, et sans préjugé politique je pense... Tu vois un rapport avec Barber, ça m'intéresse (à un niveau purement personnel, peut-être que je fais une fixette sur quelquechose qui m'échappe?). Je pense qu'il y a une influence de Pacific 231 et de Milhaud aussi sur ces musisques des années 30, voire d'Hindemith, Krenek.
Je ne lève pas les sourcils, j'aime beaucoup North, et Bartok (je préfère Hermann et Kodaly dont la personnalité me parait plus saisissable)
Citation :
celui du Sacre mais assagi
Là, je vais grimacer c'est sûr! certes Stravinsky est génial, le plus grand compositeur du 20ème peut-être comme Shostakovich l'a prétendu lui-même: néanmoins il reste à mon avis empêtré dans son éducation, Rimski et Steinberg transpirent à travers son romantisme, et pour tout dire, après Pétrushka, il manque vraiment d'humour (surtout envers lui-même)
Bah je cois que Popov a été brisé, et que ses appétits n'ont pas résisté aux tracasseries, il a laissé à d'autres le soin de devenir représentatifs et grands, il n'avait pas l'ambition, ni l'avidité nécessaire, et certains scrupules à devenir retors.
Je trouve tragique qu'on puisse aujourd'hui trouver la musique de cet enfoiré de Khrennikov (parfois très talentueux mais le dernier des salauds) et peu de tant de génies écrasés: il me semble que Shotakovich lui a réussi à s'exprimer en quelque sorte à leur place, il a fait comme Mozart avec Michel Haydn, Abel, son père, Hasse, Dittersdorf, et élevé la voix pour porter tout ce que ces petits maîtres n'ont pas réussi à dire à la postérité.
Mais peut-être la cinquième symphonie de Popov te semblera moins carnivore et plus cohérente: effets bénéfiques de l'alcool que je m'efforce d'expérimenter aussi
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antrav
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 1:24

Je ne connais pas Shosta 🤡 , Barber c'est dans le Largo que j'entends des choses de Vanessa je crois. Mais je ne suis pas étonné de rester en dehors, je crois que la symphonie n'est pas vraiment ma passion. J'ai toujours un effort à faire pour me plonger dedans ( à part Mahler).
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Xavier
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 1:26

vartan a écrit:
je crois que la symphonie n'est pas vraiment ma passion. J'ai toujours un effort à faire pour me plonger dedans ( à part Mahler).

Même pas Sibelius?
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 1:28

Citation :
Je ne connais pas Shosta
Tu te moques là?
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:04

Absolument pas !!!

Sur les 700 ans de musique qui me plaisent j'ai bien le droit d'avoir sauté quelques trucs ? Mr. Green
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antrav
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:05

Xavier a écrit:
vartan a écrit:
je crois que la symphonie n'est pas vraiment ma passion. J'ai toujours un effort à faire pour me plonger dedans ( à part Mahler).

Même pas Sibelius?

Pas plus. Pendant que vous trainez dans ces musiques douteuses je me plonge dans le XVI° et le XVII° et le XIV°, c'est autrement plus sérieux ! tongue
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:11

Sibelius? non?
Shosta? la 4 et la 13 au minimum?
Je suis stupéfié, je vais en déduire la supériorité de Barber à toute la musique post Debussyste... Je sens que tu vas avoir des devoirs de vacances
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antrav
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:21

J'ai entendu en rentrant de la plage l'année dernière la 7° de Bruckner, une horrible symphonie pompière de Shosta à la gloire de je ne sais plus quoi il y a 20 ans et Sibélius m'endort très rapidement. Mr.Red
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:25

Quelle horrible symphonie? dénonce, un arrangement sans doute, à part les 2 et 3 pas d'horribles symphonies pompières (et n'aimes-tu pas Messonnier, Bouguereau ou Baudry en rentrant de la plage?)
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:39

J'aime tout en peinture même le pompier, sauf Van gogh. Il y a un superbe Bouguereau à Bordeaux. Baudry je ne connais pas.


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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:41

sud273 a écrit:
Quelle horrible symphonie? dénonce, un arrangement sans doute, à part les 2 et 3 pas d'horribles symphonies pompières (et n'aimes-tu pas Messonnier, Bouguereau ou Baudry en rentrant de la plage?)

Je sais plus moi, mais ça m'avait un peu cassé les pieds.
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:45

Baudry, mon terrible homonyme est responsable du plafond de l'opera de Paris avant que Chagall s'en mêle (ce sont heureusement des panneaux détachables donc un jour on les reverra) il y en a à Chantilly, un peintre pompier juste un peu meilleur que Bouguereau je pense), mais on est totalement HS là
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Xavier
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:47

J'allais le dire!
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 4 Avr 2007 - 2:50

Juste pour terminer, c'est trop génial, ça. Et c'est pas HS:
Khatchaturian qui fait une attaque dans son bain en lisant la critique de son ballet Gayané sur le blog de David, sous les yeux de la muse des compositeurs soviétiques. Au mur une carte du Caucase.

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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Ven 6 Avr 2007 - 12:42

oh, j'avais raté ça, le tableau de Paul, largement aussi intéressant que le David sur le même sujet; Charlotte Corday à l'origine aussi d'un opéra (pompier parait-il) du compositeur flammand Peter Benoit (1876), non je ne connais pas.
Maintenant pour revenir au sujet je n'ai plus qu'à écrire quelques longues pages pendant ce week-end pascal...
Raccrochons-nous aux branches, avec Charlotte Corday on est pas si loin du thème de Lady Macbeth du district de Minskh...
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Liana
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Ven 6 Avr 2007 - 15:01

Voici quelques autres variations sur le thème de Lady Macbeth oh, pardon, de Charlotte Corday plutôt, et je parie qu'aucun de vous ne les connaissait Smile

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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Ven 6 Avr 2007 - 15:03

magnifique Liana, il ya un Bacon russe? qui est l'auteur?
j'achète le VI
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Liana
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Ven 6 Avr 2007 - 15:10

Héhé, vas-y, dénigre-moi encore un coup mon pauvre Chopin et je te dirai tout, c'est certain !

Non, je te propose un deal : le nom de l'auteur de la série ci-dessus contre 2 points accordés à Mozart ce soir.
Cette proposition est-elle à ta convenance ? Alors, tu sais ce qu'il te reste à faire.
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Ven 6 Avr 2007 - 15:18

volontiers, j'adore Mozart, et ma foi, Chopin grand bien fasse à ceux qui l'aiment mais si je ne peux plus voter ni contre Bach ni contre Chopin!.. Je considère tout de même les faibles Debussy et Fauré un peu supérieurs à Chopin. S'il faut parler des authentiques polonais, il y a Bortkiewicz, Penderecki, Szymanowski surtout, un authentique génie (sans parler des terroristes naturalisés, Shosta et Vainberg)
En tout cas ça me plait beaucoup ces variations picturales...

Hum, ce soir je suis retenu par des obligations sentimentales, mais demain je mettrai volontiers 2 pts de plus à Mozart, si je peux les retirer à Chopin.

Edit: ayant tenu la promesse précédente, je donne la réponse, telle que Liana me l'a apportée avec quelques autres photos d'oeuvres:
"C'est un artiste russe qui a émigré à Paris en 79 et est mort il y a 3 mois, il s'appelle Serge Essaian. C'était un ami très proche. Il était très ami avec Rostropovitch...Y a quand même pas mal de Bacon là-dedans, et du Giacometti dans la sculpture, mais malgré tout, c'est un véritable artiste, à mon avis.
Ces derniers temps, il a fait des reliefs qui me plaisent beaucoup, c'est une espèce de synthèse entre l'architecture, la sculpture et la peinture"


Dernière édition par le Dim 8 Avr 2007 - 14:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Ven 6 Avr 2007 - 20:37

Il reste aussi Berlioz... Mr. Green
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Sam 7 Avr 2007 - 22:50

vartan a écrit:
J'ai entendu en rentrant de la plage l'année dernière la 7° de Bruckner, une horrible symphonie pompière de Shosta à la gloire de je ne sais plus quoi il y a 20 ans et Sibélius m'endort très rapidement. Mr.Red
note que tu n'as rien dit de mal sur ce chef-d'oeuvre de Bruckner
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Dim 8 Avr 2007 - 14:39

Après m'être demandé s'il fallait tenter de les intégrer à mon texte, trop fragmenté, je me résous à donner les renseignements fournis par Liana, tels quels, par respect envers et la traductrice et l'auteur lui-même. Il s'agit d'extraits d'écrits publiés dans la revue "Néva" N°9, 2004.
L'auteur de ces mémoires s'appelle Victor Tsaritsine.
Il a fait connaissance de Popov à 9 ans (Popov étant âgé de 45 ans), son beau-père, Edouard Krimmer, étant un ami proche du compositeur. Ces souvenirs sont passionnants et révèlent de nombreux aspects inédits de la personnalité de Popov et des circonstances de la création de plusiurs de ses oeuvres (dont celles auxquelles on ne peut avoir accès)

Sur les années de formation

Gavriil Popov est né à Novotcherkassk dans une famille de nobles, où l'on s’intéressait beaucoup à la littérature et à la musique. Sa belle mère qui adorait l'enfant s'est consacrée à son éducation. Grâce à elle, Gavriil a appris des langues étrangères dont l'allemand qu'il maîtrisait parfaitement. Son Père, professeur de lettres, connaissait parfaitement la littérature russe et étrangère et jouait du violon. A 13 ans, Gavriil a intégré le Conservatoire local dans la classe de piano et de composition.
En 1922 il s'installe à Pétrograd (future Léningrad, ex St-Petersburg) où il habitera jusqu'en 1941. A ce moment, Pétrograd était Le centre de la vie culturelle russe. Il partage les idées principales de l'avant-garde : "Ne rien conserver du passé, ni les formes, ni la vie", "il faut rendre l'art créatif et non pas reproductif", "Libérer l'art de l'esclavage envers les formes toutes faites de la réalité". Energique et volontaire, il étudie au Conservatoire de Pétrograd simultanément le piano (chez L.V.Nikolayev) et la composition (chez V.V. Chtcherbakov), tout en étant l'élève préféré des deux professeurs. En même temps, il s'essaie à la composition et de plus, en 1922 il entre à la faculté d'architecture de l'Institut Polytechnique et en 1923-24, il étudie également à la faculté des lettres de l'Institut de l'Histoire des Arts. Il gagne sa vie en faisant le pianiste dans des cinémas et au studio de la danse plastique, et entre 1927 et 1931 il enseigne le piano et la composition à l'Ecole Centrale de Musique de Léningrad. De temps en temps, il se produit en tant que pianiste avec son ami Dmitri Schostakowitch et Maria Youdina. Le duo Dsch/Popov qui a exécuté en hiver du 1927 à la Philharmonie de Léningrad le concerto pour deux pianos de Mozart avait une très bonne réputation auprès des spécialistes. A ce moment-là, le talent de Popov était considéré comme égal à celui de DSCH, qui plus est, lorsque Darius Millaud est venu en Russie et a demandé au critique musical B. Assafiev à faire connaissance des jeunes compositeurs les plus prometteurs, on lui a présenté Popov.

Un petit commentaire:
Je trouve la phrase "libérer l'art de l'esclavage envers les formes toutes faites de la réalité" absolument admirable, susceptible d'expliquer à la fois le suprématisme et Kandinsky (dont Liana m'apprend aussi que la première femme de Popov était une parente). Supposer que les "formes toutes faites" sont une donnée de la réalité et que l'artiste les transcende, cela donne à réfléchir. Un thème de dissertation pour tous les étudiants en histoire de l'art...
Le trio de pianos Popov/Shosta/Youdina avec Alla Maslakovietz a donné fin 1926 la première russe de Noces; plus que Le Sacre, Noces est peut-être une des oeuvres majeures du 20ème siècle, pour les compositeurs du moins, je pense qu'on en sous-estime l'importance, elle remet au goût du jour une sorte d'ostinato, de basse chiffrée, qui sous-tend beaucoup de compositions ultérieures. Shostakovich semblait penser que Stravinsky était le musicien le plus important du 20ème siècle.
Enfin, la mention de Milhaud parmi les visiteurs m'incite à revenir sur les échanges entre les français (ou assimilés) et les russes. Honegger, et peut-être Milhaud, (alors qu'en filigranne se profilent Prokofiev et George Antheil, seuls autres représentants du véritable courant machiniste des années 20) me semblent avoir eu une influence énorme sur la musique soviétique, au temps où elle était libre: en témoignent les nombreux enregistrement russes des oeuvres capitales d'Honegger. Quelques allemands "dégénérés" aussi semblent bien relever de ce courant porté par la révolution "spartakiste" de 1919, Krenek, le premier Hindemith . La musique des années 20-30 à l'est nourrit toute la musique contemporaine, plus sans doute que l'école de Vienne.
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Lun 9 Avr 2007 - 22:13

Similitudes entre Popov et Shostakovich
(suite du mémoire de Viktor Tsaritsine-traduction Liana)

Il y a pas mal de coincidences dans les destinées de DSCH et de Popov. Les deux ont fait montre de dons musicaux extraordinaires dans leur enfance, les deux ont intégré le Conservatoire à 13 ans, les deux ont étudié deux matières simultanément, les deux sont redevables à l"aura culturel de Pétrograd.

A la fin des années 20 les deux ont joué du piano ensemble, les deux ont travaillé pendant plusieurs années au théâtre de Meyerhold (en 1931, Popov a composé la musique pour la pièce de I.Aliocha "Liste de bienfaits" et en 1937, pour la pièce de N. Ostrovski "Une vie"-commande refusée à contre-cœur par Shosta-). Les deux ont collaboré avec les metteurs en scène les plus "culte" et ont composé la musique pour les films soviétiques les plus populaires : Popov était le co-auteur du film "Tchapaïev", "Elle défend la patrie", "Poème sur la mer" et des dizaines d'autres, DSCH est l'auteur de la musique pour les fims "Grand citoyen", Hamlet", "La chute de Berlin". Les deux ont vécu à Léningrad jusqu'en 1941, du 1941 à 1943, en évacuation, et à partir du 1943, à Moscou, dans le même immeuble sur la perspective Koutousov. Les deux ont été membres de la direction de l'Union des Compositeurs, les deux ont été mariés 2 fois (c'est faux pour DSCH qui l'a été 3 fois), la vie des deux a été relativement courte : Popov est mort à 68 ans et DSCH à 69. Ils se voyaient beaucoup, et chacun suivait avec beaucoup d'attention les oeuvres de son ami/rival.
Popov a dédié sa 3ème symphonie à DSCH et considérait son opéra "Le Nez" comme une oeuvre géniale. DSCH appréciait les oeuvres symphoniques de Popov, surtout la 2ème symphonie « la Russie" que l'on a souvent comparé avec sa propre 8ème symphonie. En 1945, la "Pravda de Léningrad" a publié une photo de Popov et DSCH et un court article parlant de ces deux oeuvres. DSCH a écrit sur la 2ème symphonie de Popov (qui n'avait pas encore reçu le prix Staline) "C'est une oeuvre remarquable. l'auteur ne cite pas les chants populaires, mais la thématique de l'oeuvre est développée à partir du chant populaire russe".

La dernière rencontre de Popov et DSCH, virtuelle, il est vrai, s'est produite en avril 1989 à la Petite salle de la Philharmonie de Léningrad pendant le concert "Avant-garde musicale russe des années 20 - 30". Ont été interprêtés le Septuor pour la flûte, clarinette et basson de Popov (1927) et les Préludes de DSCH (1933). J'ai été présent au concert et me suis rendu compte de la justesse de l'appréciation du talent de Popov par Assafiev qui a écrit : "la pensée et le caractère de Popov le rapprochent de Hindemith. Son talent est viril, énergique, il cherche des formes précises, ciselées. Le caractère de sa musique dynamique est clair et optimiste. C'est un créateur vigoureux dont l'éclosion proche ne peut être mise en doute". Ces conclusion étaient partagées par le critique Kholchevnikova dans son article du 5.04.1989 ("Pravda de Léningrad"). Septuor de Popov et Préludes de DSCH ont convaincus les auditeurs d'aujourd'hui que les comparaisons que l'on a faites entre les deux compositeurs étaient justes. Les oeuvres avaient en commun l'univers puissants de leurs auteurs, leurs jeunesse et , leur humour mordant, leur conscience libérée, leurs vision prophétique des tragédies à venir ...

Note: Boris Assafiev était un musicologue russe, auteur de livres sur Stravinsky et le groupe des six en 1926 et 29. Il était lui-même compositeur, on trouve trace d'un de ses ballets créé par Mravinsky vers 1937, La fontaine de Bakshisarai qui fut redonné en mars 2007 au Théâtre Marinsky. Il fut le plus ardent défenseur de la musique de Popov qu'il considérait comme le véritable chef de file des jeunes compositeurs soviétiques dans les années 30. Il défendit la musique de Shostakovich, mais se renia plusieurs fois, le traitant alternativement de génie, ou lui déniant toute valeur, ce qui conduisit à une brouille définitive entre les deux hommes, Assafiev, sous la pression des autorités finit toujours par se rallier à la ligne du parti et condamna vers la fin de sa vie (il mourut en 1949) aussi bien Prokofiev que Stravinsky.
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Lun 9 Avr 2007 - 22:26

Création et réception de la 1ère symphonie de Popov
(texte Viktor Tsaritsine)

La composition de la grandiose (45 minutes de durée) et novatrice Première Symphonie qui a pris plusieurs années (1927 - 1934) que le compositeur a écrit pour le concours en l'honneur du 15 anniversaire de la révolution représente une étape à part dans sa création. Pendant l'écriture, de plus en plus d'articles étaient publiés, marqués par une sociologie vulgaire, par une politisation outrancière de l'art et des sciences. Le parti n'a pas épargné les compositeurs : en 1929, lors du congrès de l’union des compositeurs, Stravinski a été proclamé "élément petit-bourgeois". Mais malgré la situation qui empire, Popov continue à expérimenter l'expressivité du langage musical, en rejetant la descriptivité naturaliste et en recourant au grotesque.
Popov n'a pas eu le temps d'orchestrer définitivement sa symphonie pour le concours, il a présenté la réduction au piano qu'il a exécuté lui-même avec beaucop de brio. Tous les meilleurs compositeurs soviétique ont participé au concours dont le jury était composé des mucisiens les plus connus - Gnessine, Goldenweiser, Golovanov, Miaskovski. Le jury a été unanime à attribuer à Popov le prix suprême (en fait, le second prix, car le premier n'a été attribué à personne). Ont été remarqués la richesse et la profondeur de l'élaboration des thèmes musicaux, son caractère novateur.Vers mars 1935, Popov a terminé l'orchestration. Il a refusé d'expurger sa symphonie certains éléments novateurs, contrairement aux conseils de ses collègues plus timorés qui lui faisaient remarquer que la situation dans le pays avait bien changé. En effet, c'est la "simplicité" et le "démocratisme" que l'on a déclarés être les critères suprêmes de la qualité d'une oeuvre.
Popov attendait la première exécution de son oeuvre avec émoi mais sans peur, tablant sur l'"indulgence" qu'il avait reçue de la part de Borochilov (premier maréchal). La première s'est tenue à la Grande Salle du Conservatoire, sous la direction de Fritz Stedry, le 22 mars 1935. La création s'est soldée par un échec total. Le pouvoir a interdit la symphonie et a orchestré plusieurs articles qui descendaient la création et le créateur. Quelques citations : "L'oeuvre de Popov reflète l'idéologie des classes énnemies du prolétariat...", "l'auteur n'a pas réussi à souligner l'essence optimiste du changement de la conception de l'intelligentsia soviétique ..." "notre organisation des compositeurs ne s'est pas montrée assez vigileante, en acceptant que certains fassent la propagande d'une oeuvre dont l'idéologie nous est étrangère. Il faut en tirer les conséquences politiques immédiatement. Dans notre pays on a toutes les possibilités pour la rééducation des compositeursd'arrière-garde" ...
Pour Popov c'était un coup mortel. Ses amis l'ont aidé, dont Prokofiev qui lui a écrit une lettre de consolation où il disait notamment : " Vous savez que j'ai recommandé votre symphonie pour être exécutée ce qui signifie que votre symphonie m'intéresse beaucoup et, d'après moi, doit aussi intéresser Paris".

Ici l'auteur rapporte le témoignage direct de son beau-père Edouard Krimmer, tel qu'il le nota en 1974:

Citation :
"La première symphonie de P. a été exécutée en 1935. Il habitait alors à Detskoïé Selo (environs de Pétersbourg). Assez souvent, surtout en été, j'allais leur rendre visite, quelquefois, j'y restais plusieurs jours durant. P. se consacrait entièrement à l'écriture de sa symphonie. Où qu'il soit, quelles que soient ses occupations du moment, le travail sur la symphonie continuait.
Souvent, P et sa femme Irina Nikolaïevna interprétaient les fragments de la symphonie dernièrement composés au piano, à 4 mains. Il arrivait que les 4 mains ne suffisaient pas, et P. chantaient la partie d'un groupe d'instruments, il s'arrêtait et tentait de compléter, décrire, expliquer les choses que l'exécution au piano ne poouvait rendre.
Lorsque la symphonie a été terminée, Fritz Stiedry était le chef d'orchestre principal de la Philharmonie de Léningrad. D'après Popov il a hautement apprécié la partition et a décidé de la faire exécuter en concert. Je n'avais jamais assisté aux répétitions des oeuvres symphoniques et j'ai demandé à P. de me faire avoir un laisser-passer.
J'essayais de me rendre invisible et me mettais dans les derniers rangs du parterre. Je crois qu'en tout, il y a eu 8 séances de répétitions. Popov a assisté à toutes les séances et a activement participé au travail, en expliquant ses idées, les tempi et le caractère de l'interprétation qu'il souhaitait. Pendant les répétitions, je réconnaissais aisément les fragments que j'ai entendus au piano, mais avant d'avoir entendu l'oeuvre en entier, je ne pouvais pas imaginer la façon dont ces fragments formaient un tout en s'enchevêtrant. La générale s'est tenue le jour de la première, le 22 mars 1935. La symphonie de Popov a été exécutée après l'entr'acte. Parmi le public, je me souviens d'avoir vu DSCH, Sollertinski, Arapov et Kochourov. Ce à quoi j'ai été sensible, étant déjà familiarisé avec l'oeuvre, n'a pas trouvé d'écho chez les auditeurs. Après l'exécution de la symphonie, - un silence de plomb, ensuite, quelques vagues applaudissements ... Les musiciens ont entouré Popov. Où et comment il a passé cette soirée d'un échec aussi flagrant qu'immérité ? je ne le sais pas.

Le lendemain matin, il est venu me voir à mon atelier, totalement démonté.
Ses premières paroles étaient : "Edouard, ma symphonie a été interdite". Il est resté chez moi toute la journée, en tempêtant et en se désolant. Compte tenu de son tempérament violent et emporté, le malheur qui venait de la frapper n'était pas facile à surmonter.
Depuis, il s'est écoulé beaucoup d'années, on s'est souvent rencontrés et on a beaucoup discuté mais jamais on n'a mentionné le jour de l'exécution de sa Première Symphonie".
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joachim
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Sam 14 Avr 2007 - 11:18

C'est avec toujours avec plaisir que je continue à lire tes posts sur Popov, et le parallèle avec Chosta.

Mais pourquoi diable Chosta, malgré tous ses déboires avec les officiels, a eu et a toujours une grande renommée, alors que Popov est tombé dans l'oubli ? Il pourrait au moins ressurgir dans la Russie actuelle ?
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sofro
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 18 Avr 2007 - 0:54

J'écoute la 1ère symphonie de Popov pour laquelle il m'a fallu beaucoup plus de temps que la seconde symphonie (dont le climat est différent): à la première écoute, on trouve cela tapageur et on est dépassé par le volume et la nature du message...

Après nombreuses écoutes (nécessaires pour cerner la richesse des détails): effet sensoriel maximal garanti sur toute la durée de la symphonie (le début du scherzo !), difficile de comparer une telle éruption musicale à quoi que ce soit d'existant, même chez Chosta: c'est visuel, démesuré et d'une force de persuasion considérable, ça déborde dans tous les registres... dans l'horreur, dans la douleur, dans le burlesque, dans le pathétique... sans retenue et sans complexe !

Une oeuvre de génie ! thumleft
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 18 Avr 2007 - 15:56

je suis très content de lire ça, étant convaincu que cette 1ère symphonie de Popov est l'oeuvre majeure des années 30, et j'encourage ceux qui le peuvent à acheter la version Bolstein chez Chandos je crois, qui est la seul oeuvre de Popov présente au disque (avec en couplage l'unique version je pense des variations pour orch op2 de Shostakowich, à la polonaise pour le coup)

Les enregistrement aparaissent et disparaissent plus vite qu'on n'ait eu le temps de les acquérir, ainsi plus de symphonie de chambre de Roslavets, plus de concerto pour violon de Mosolov, plus de Shaporin ni de Bunin, mais il ne faut pas désespérer. Quand j'étais jeune on ne trouvait que le symphonie du nouveau monde de Dvorak (affublée de son numéro 5 la plupart du temps) et 25 ans après, depuis l'intégrale Kubelik, on trouve plusieurs versions des 7 et 8, des opéras -étrangement, pas les mêmes qu'autrefois-.

Petite astuce orthographique: les transcriptions du cyrillique empêchent parfois de trouver des disques sur Internet, donc un petit récapitulatif des graphies:
la trancription du "chtch"pose beaucoup de problème, comme celle du "K"
Shostakovich=Chostakovich on trouve aussi le c pour le k, le w polonais pour le v
Shebalin=chercher Chebaline pour les français
Shaporin=idem Chaporine, Chedrin(e)
Scherbatchov=Cherbatchoff (il n'y a rien)
Mosolov=Mossolov
Miaskovsky=Myaskovsky
Katchatourian=Khatchaturian (pour les anglo-saxons)
(la musique des dernières années est quasi indisponible, ne pas confondre Aram et son neveu Karen, 1 sonate enregistrée par Oïstrakh)
même problème pour Krennikov
Chandos a l'air de se lancer dans une intégrale Moïse (Moshe, Mieczislaw, Moisei, j'en passe) Vainberg, chercher Weinberg
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 18 Avr 2007 - 16:00

Attention, on écrit Chostakovitch en français, le "ch" prononcé "tch" est anglais.
Exemple :
Chostakovitch (français) - Shostakovich (anglais) - Schostakowitsch (allemand) ; j'ai vu "v" et "w" alterner en anglais et allemand.
C'est un vrai casse-tête en effet, surtout lorsque les orthographes sont entrées approximativement (c'est souvent le cas)... à moins de s'appeler Popov Exclamation
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 18 Avr 2007 - 16:07

DavidLeMarrec a écrit:
Attention, on écrit Chostakovitch en français, le "ch" prononcé "tch" est anglais.
Exemple :
Chostakovitch (français) - Shostakovich (anglais) - Schostakowitsch (allemand) ; j'ai vu "v" et "w" alterner en anglais et allemand.
C'est un vrai casse-tête en effet, surtout lorsque les orthographes sont entrées approximativement (c'est souvent le cas)... à moins de s'appeler Popov Exclamation

... et la quovitche étant une chaussure, on écrit "Chausse ta quovitche" Laughing Laughing Laughing
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 18 Avr 2007 - 16:12

non, le chauffeur s'appelle Vitche et comme le radiateur fume, le patron lui dit: "Chaud, ce'tacot! Vitche"
Swarm? une suggestion?

Citation :
(c'est souvent le cas)... à moins de s'appeler Popov
là, le problème se déplace, il y a plus d'une vodka qui s'appelle Popov :Hi-han!)

http://home.wanadoo.nl/ovar/
le site -en anglais- qui devrait me dispenser de poursuivre
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Mer 18 Avr 2007 - 18:01

avec mes excuses par avance pour le désordre et les redites et mes remerciements à Liana et à Tsaritsine:

Gavril Popov:
Septuor op 2


Alors qu’il travaille à la partition, Popov écrit : « Mon esprit est de plus en plus tourmenté par des idées de la forme (symphonique) scénique-musicale que je n’ai pas encore trouvée. Je suis à la recherche du sujet et de la forme ».
Cette interrogation se rapproche des théories de Daniel Harms, écrivain qu’on commence à redécouvrir. Harms est l’un des fondateurs du groupe des Oberiout (mouvement pour un art réel). Son œuvre constituée de poèmes satiriques et de proses se présente sous forme de courtes vignettes humoristiques, souvent absurdes : ses textes circulent sous le manteau. Avec Kasimir Malevich il songe en 1926 à une pièce « Elisaveta Barm », bâtie autour de l’arrestation et de l’interrogatoire « kafkaïen » de l’héroïne. Popov est mentionné dès cette époque dans les carnets de Harms, il semblent assez proches et se voient souvent. Ces avant-gardistes littéraires qui se réfugieront un temps dans la littéraure pour enfants, cherchent un musicien capable d’improvisation et doué d’un sens du grotesque et de la critique sociale. Dès 1931 les obirouty seront poursuivis par le pouvoir, exilés, ou internés (Harms moura en 1942 dans un hôpital psychiâtrique), mais leur esprit continue à se répandre chez des artistes qui prolongent leur œuvre clandestine : Le Nez (1927) de Shostakovich, que Popov considérait comme un chef d’œuvre, n’est pas exempt de cet esprit libertaire.

Bien qu’il s’agisse d’une œuvre purement instrumentale, le septuor est influencé par des considérations proches du théâtre, les pages s’enchaînent comme autant de scènes mimées dans lesquelles les instruments solistes agissent à la manière de personnages déterminés, un peu comme Prokofiev fera intervenir les acteurs de Pierre etole Loup. La musicologue allemande Sigrid Neef écrit : « les rythmes colorés sont symboliques et non extérieurs…c’est à l’intérieur, contre les tempes, dans le sexe, dans le ventre que cela pulse . Ces battements sont le signe d’un cœur qui n’a pas encore été dressé, écrasé par l’éducation, l’école et la carrière ».

Popov choisit des instruments qui lui donnent les moyens de suggérer toute l’étendue et le registre de l’orchestre symphonique d’où le titre de remplacement « Symphone de chambre ».
Les bois de l’introduction suggèrent bien entendu le prélude du Sacre, même si l’on dérive rapidement vers une atmosphère à la Hindemith.

Le scherzo s’engage dans une ambiancee grotesque et foraine qui fait penser à la marche de l’Histoire du Soldat. Sur fond de cordes pincées, la trompette devient l’acteur principal, avant un trio rêveur, romantique et champêtre dont l’atmosphère rapidement perturbée hésite entre les modes avant de s’engager dans une reprise de plus en plus abstraite et brutalement répétitive, un véritable feu d’artifice de rythmes et de textures.

La voix unique et si personnelle de Popov remplit l’adagio dépressif, comparable à certaines pages beaucoup plus tardives de la musique de chambre de Shostakovich, avec ses déclarations tragiques, entrecoupées de silences, sa romance presque en forme de tango, qui se désagrège dans l’orientalisme d’un clair de lune, une scène d’amour de marionettes obcènes, à laquelle se mêle l’urgence d’un thème de marche, une musique haletante, sans véritable point de comparaison, qui régresse vers un marasme à l’intensité si ambiguë qu’on a du mal à en surmonter le malaise, malgré l’apaisement final, bi-tonal, au rythme de sicilienne bancale, un des morceaux les plus étranges de toute la musique du 20ème.

Le finale évolue sans cesse entre des ponctuations d’ut majeur à l’arménienne (avec le si de la seconde), reprenant dans les couplets du rondeau des déformations des thèmes précédents, des juxtapositions de cycles par vagues en accélération-décélération, bribes de contrepoint strict, accords brisés de tierces, ostinati, gammes descendantes, appogiatures des bois, trilles de cuivre, tous les procédés se succèdent sans répit, cultivant l’irrégularité, réexposant le matériel introductif, en dépit de la tonalité sur des glissandi de cordes dignes des moments les plus hallucinés de Bartok. Et quand cela s’arrête enfin on reste étonné que ce soit déjà fini !


En 1927, dans le 25è numéro de la revue Sovrenennaya Muzyka, un certain Igor Glebov (l’un des nombreux pseudonymes du compositeur et musicologue Boris Asafiev) écrit :
« On peut toujours discerner chez popov une grande sensibilité pour les lignes, un sens clair de la forme, une capacité –obtenue en écoutant du matériel musicale en concert- à contrôler le mouvement interne de la musique et de le soumettre graduellement à une intensification graduellement organisée… en terme de caractère et de pensée, Popov se rapproche plus qu’aucun compositeur de nos jours à ceraines œuvres d’Hindemith… son talent énergique et viril cherche à créer des formes précises, claires et bien définies. Le caractère de sa musique dynamique est clair et frais. Ses mélodies sont évidentes et flexibles . » Asafiev était à l’époque convaincu que Popov serait le chef de file de la musique nouvelle. Auteur avant 1930 d’une étude sur les Six et d’un Stravinsky (qu’il reniera par la suite), il choisit de le présenter à Milhaud quand celui-ci lui demande de rencontrer le plus prometteur des jeunes compositeur. Les positions d’Asafiev varieront ensuite au gré des opportunismes politiques, on le verra porter aux nues Shotakovich, et le dénigrer le lendemain.


Popov vit dans les environs de Leningrad : avec sa première épouse, la pianiste Irina Kazantseva, il réside dans un petit appartement à Pushkino : anciennement Detskoye (Tsarskoye) Selo –le village du Tsar-, à 25 km de Leningrad, Pushkino est la ville du Palais Catherine, où se dresse le palais d’été des Romanov (ils y seront assignés à résidence avant leur « transfert » à Ekhatarinenburg). Le bureau de Popov était en mezzanine, on y accédait par une échelle instable : c’est là que le compositeur écrivit ses plus célèbres musiques de film, car son activité est assez vite centrée autour du cinéma et du théâtre ; il collabore parfois au scénario des films qu’il illustre par sa musique, et c’est immanquablement à lui qu’échoient les commandes de Meyerhold que Shotakovich n’a pas le temps d’honorer. Le reste de l’appartement est presque entièrement occupé par deux piano à queue. Lors de nombreuses soirées musicales, Popov et sa femme jouent Haydn et Bach qu’ils préfèrent à Mozart et Beethoven. Des témoins de l’époque racontent qu’il aimait connaître les réactions des amis, professionnels ou non, aux premières auditions des extraits de ses propres compositions, habitude qu’il partageait avec Shostakovich : on les verra souvent l’un chez l’autre s’interroger sur les manuscrits de leurs travaux respectifs.
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Jeu 19 Avr 2007 - 0:03

La deuxième symphonie est bien sage à côté de la première, étrange avec cette alternance quasi maniaco-dépressive des mouvements lent-vif-lent-vif. Le discours est plus constant à l'intérieur de chaque mouvement, le deuxième est presque une blague, non, elle me rappelle furieusement la musique de Bambi et sa gaité forcée. Décalage second degré ou enthousiasme direct et slave ? Beauté des mouvements lents pathétiques et simples.

J'aime un peu plus... ou tu es persuasif. Wink
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Jeu 19 Avr 2007 - 0:27

j'ai eu cette même impression d'assagissement, (et cette symphonie a eu un temps un certain succès en Allemagne) mais en même temps pour une symphonie "de guerre" ce scherzo grotesque tire de plus en plus vers la caricature: (même reproche que pour la 9ème de Shosta qui sera considérée comme une mauvaise plaisanterie par les autorités) l'intension ironique se confirme dans la sixième dont l'enthousiasme forcené vire carrément à l'américaine. Dans les années trente, Shosta et Popov ont travaillé aussi pour les dessins animés. Il en reste pour le premier du moins, le demi-opéra Le conte du Pope et de son valet Balda (où l'on trouve les même scènes de marché stravinskiennes) et la suite, qu'on entend moins, Le souriceau stupide.

Je pense que l'atmosphère de rêve extatique de la 5ème de Popov devrait achever de te convaincre: non, ça n'a rien à voir avec moi.
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antrav
Papa pingouin
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MessageSujet: Re: Gavrill POPOV   Jeu 19 Avr 2007 - 16:06

Ecouté une seule fois ce septuor... Ca paraît splendide, je le repasse ce soir ! Very Happy
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Gavrill POPOV
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