Autour de la musique classique

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 Rued Langgaard (1893-1952)

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:17

Je me lance.


Rued LANGGAARD

Lieder sur des poèmes de Rittershaus
BVN 50, 49, 44, 83, 47



In Mai!
Sterben
Für dich!
Ich kenn' den blassen Engel nur zu Gut
Das Auge!



Disponible dans un disque Da Capo avec Anne Margrethe Dahl (mezzo-soprane et non soprane comme indiqué), et Ulrich Stærk (piano). La remarquable densité vocale de Mlle Dahl sert à merveille les longues lignes imposées par l'écriture de Langgaard.



Ces pièces sont d'une très grande sobriété au piano, usant essentiellement d'accords secs et de discrets et sobres arpèges. Ce qui retient l'attention est surtout la maîtrise parfaite d'une ligne vocale envoûtante, ouvrant un inifini - ce qui sied bien au très-mystique Langgaard.


Langgaard choisit ici de constituer chacun de ces Lieder en langue originale allemande comme un drame, avec ses événements, ses ruptures (sans violence!), ses errances tapageuses et exaltantes, ses méditations poétiques. Sans manquer de nous séduire par la subtilité de ses modulations - telle celle qui suspend, malgré le grand renfort d'accords conclusifs, In Mai! qu'elle prétend clore.
Plutôt longs pour le genre, ces Lieder s'illustrent ainsi par des changements de tons assez francs, sans brutalité dans les contrastes cependant, faisant succéder des climats très différents, qui ajoutés, constituent comme une minuscule - mais complète - somme opératique. Le procédé, qui romp avec la tradition de l'unité de la pièce, avec ses oppositions éventuelles (mais qui étaient clamées très haut), ne manque pas de convaincre par la variété qu'il propose, et surtout, par une certaine totalité du sentiment exprimée lors de cette succession de climats - sans heurt.


L'ensemble du sentiment poétique ne se trouve plus comme de coutume rendu par une unité, enveloppante, souvent servie par une veine mélodique affirmée, mais plutôt suscité par la diversité des climats et l'étirement captivant de la ligne vocale.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:21

Quelques éléments sur Langgaard, absolument absent en France, mais abondamment servi au disque. C'est tonal, mais on va parfois jusqu'à la polytonalité dans certains préludes de Fortabelsen/Antichrist (je pense au début du second tableau).

Nombre de ses oeuvres portent des sous-titres, notamment mystiques. Organiste exilé dans sa province du Sud, trop marginal et écarté de la société musicale, Rued Langgaard a eu le loisir de se plonger dans cet univers qu'il exploite de façon très personnelle (avec un scepticisme manifeste quant à la Rédemption, le vilain hétérodoxe !). Un original, rempli d'amertume envers le monde depuis sa province paumée.
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Kurwenal
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:24

Au fait, Langgaard appartient a une ecole? Il composait a quelle epoque?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:31

Kurwenal a écrit:
Au fait, Langgaard appartient a une ecole? Il composait a quelle epoque?
Non, Langgaard (1893-1952) est un organiste à l'écart de la société musicale, un hapax. Le gros de sa production se situe dans les années 20-30.
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Kurwenal
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:38

Des recommendations pour un non-connaisseur de son oeuvre?

Vu que les scandinaves?nordiques ne m'ont jusqu'a present jamais decus (musicalement), j'ai bien envie de decouvrir Langgaard
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:43

Je ferai une petite note sur les symphonies.

Personnellement, je recommanderais son opéra Fortabelsen/Antikrist, un excellent DVD vient de sortir. Je pourrai en causer aussi.
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Kurwenal
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:47

Ce serait sympa

Sinon pour le DVD, c'est bien la version de Thomas Dausgaard dirigeant l'Orchestre Symphonique Danois?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:49

Kurwenal a écrit:
Ce serait sympa

Sinon pour le DVD, c'est bien la version de Thomas Dausgaard dirigeant l'Orchestre Symphonique Danois?
Toutafé. Dausgaard a l'habitude de ce répertoire, et particulièrement de Langgaard (l'intégrale des symphonies chez Da Capo).
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Kurwenal
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:56

Bien recu. Je vais voir si je peux me le procurer par un ami.

J'attendrai les recommendations avant d'aborder son repertoire symphonique
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:59

LANGGAARD, Première symphonie

Le petit David animé a choisi pour vous aujourd'hui : la Première Symphonie de Rued Langgaard !

Je commence d'emblée par dire qu'il s'agit pour moi de l'un des chefs-d'oeuvre de la musique symphonique. Je pourrais, pour tenter convaincre les plus dubitatifs (certains me l'ont même avoué, qu'ils tremblent, les impies!), dire que l'obsession du motif a un caractère surbeethovenien, que la succession des épisodes se fait avec un naturel tout brahmsien, que le grandiose a l'éclat de Strauss (un groupe de quelques mesures ressemble étrangement à Ein Heldenleben, vers la fin du premier quart du dernier mouvement), que les épisodes au tempo modéré trouvent parfois un lyrisme tchaïkovskien (en plus éthéré), que des 'blocages harmoniques' alla Mahler (cf. milieu du premier mouvement de la Deuxième) surviennent, etc. Mais quel en est l'intérêt, puisque cela ne vous donnerait aucune idée du charme propre à Langgaard ?
Le Grove, quant à lui, évoque les influences lisztiennes (son père était l'élève du compositeur), wagnériennes et mahlériennes du milieu familial de Langgaard. Moi, ce qui m'a le plus impressionné, dans les références, c'est l'ostinato démentiel sur une cellule aiguë, à la fin du premier mouvement, par les cordes - Chosta nous voilà !


Cette Première Symphonie est surtout impressionnante par son premier mouvement, qui se cantonne à la réutilisation obsessionnelle d'un court motif, énoncé, sans ambages, dès l'entrée de ce premier mouvement. A un tel point que la Symphonie de Franck peut à bon droit passer pour très modérée sur ce procédé.
Ce qui sauve de la redite, c'est le choix de textures variées, et surtout le caractère original du motif en question, une partie flux, et une partie reflux, ce qui lui permet de toujours rebondir. Une troisième partie du motif est constituée d'une descente (un peu dans le genre du leitmoiv des runes/du pouvoir dans la Tétralogie), avec des surprises rythmiques. Et le morcellement que l'on pourrait regretter n'intervient pas, notamment grâce à une belle ligne lyrique.

Le deuxième mouvement, moins épique de ton, ou alors dans le genre "repos du guerrier", propose une lecture chantante, bien qu'obstinée, avec de sublimes instants, comme l'apparition magique de son cor tout tchaïkovskien. J'avais écrit ça dans mes notes, mais me demandez pas pourquoi il est tchaïkovskien, le bougre ! Le mouvement s'éteint avec un raffinement remarquable ; s'éteint sur le troisième, en fait, qui poursuit son caractère avec sa forme en dôme (un léger crescendo central).

Le quatrième mouvement est plus vraisemblablement le troisième - je soupçonne Chandos d'avoir été généreux sur les plages du deuxième mouvement. Il concerve le profil d'un mouvement d'allègement, malgré son allure, mi-menuet altier, mi-scherzo véhément, avec des trios tendres où les bois chantent délicatement des réponses amoureuses aux cordes, qui, par contamination, reprennent le thème du mouvement (comme dans le deuxième, il semble issu du motif central du premier mouvement), avec une douceur accrue. Mais au fil des réitérations, la violence contenue du premier mouvement reprend la pas, et les cuivres s'affirment à nouveau. [Ca fait peur, hein ?]

Le dernier mouvement, lui, s'ouvre sur des formes plus massives, plus conventionnelles aussi, employant des cellules inversées du motif initial. Dès lors, alternent épanchement lyriques et, plus souvent, éclats guerriers. Avec des interruptions, des 'blocages' obsessionnels entrecoupés de silences. Et, vers le milieu du mouvement, à plusieurs reprises, des mélanges du motif central et de sa conséquence, où les deux parties, énoncées simultanément avec des textures différentes, s'entrelacent avec bonheur. La surenchère se fait toujours plus pressante, avec des marches harmoniques sur de nouvelles cellules issues des premières, et agrémentées de seconds plans très riches ; je dois reconnaître en revanche que l'éclat final, fort conventionnel et passablement pompier, doit beaucoup à Wagner (en moins bien), dont il imite éhontément la scène finale du Götterdämmerung (précisément le Walhalla en flammes).
Mais c'est vraiment le seul point de réserve que j'aie pu trouver en plus de soixante-cinq minutes de musique totalement jouissive. Cette symphonie est à mon sens indispensable, quoi qu'il en soit. C'est peut-être la plus réussie de Langgaard - je ne les connais cependant pas toutes.


David - déjàquepourêtreprophèteensonpays,c'esttoutunboulot...





P.S. : Les autres symphonies de Langgaard sont sensiblement plus courtes. Celle dite "Ixion" à cause de sa mélodie cyclique dure une dizaine de minutes. Les autres font généralement la durée d'une symphonie classique, une vingtaine de minutes.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 13:59

Je reviendrai sur les versions disponibles et sur les autres symphonies.
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Kurwenal
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 14:01

Voila quelqu'un qui va vite en besogne!!!

Bon, alors va pour la premiere. La version Dausgaard/Da Capo je presume?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 14:04

Je ne connais que la version Segerstam, désespérément tonitruante.

Le problème est qu'il y a peu de choses extraordinaires dans la discographie. De bonnes interprétations, pas mal de moyennes aussi.

J'y reviens dès que possible.
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Kurwenal
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 8 Mar 2006 - 14:06

Ok, ok, je mets pas la pression!

C'est deja beaucoup d'infos puis il me faut un peu de temps pour savourer le DVD (si j'arrive a mettre la main dessus...)
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Kurwenal
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 9 Mar 2006 - 0:36

Contrairement a ce que je pensais, je n'ai pu mettre la main sur le DVD de Langgaard. Par contre, je suis en train d'écouter les symphonies 4, 5 et 6 dirigées par Jarvi chez Chandos.

Je trouve ca franchement excellent! Very Happy

Evidemment il faudra plusieurs écoutes pour savoir ce que je pense vraiment de cette sélection mais je suis impressionné.

Merci pour cette decouverte
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Sam 11 Mar 2006 - 2:58

Kurwenal a écrit:
Contrairement a ce que je pensais, je n'ai pu mettre la main sur le DVD de Langgaard. Par contre, je suis en train d'écouter les symphonies 4, 5 et 6 dirigées par Jarvi chez Chandos.

Je trouve ca franchement excellent! Very Happy

Evidemment il faudra plusieurs écoutes pour savoir ce que je pense vraiment de cette sélection mais je suis impressionné.

Merci pour cette decouverte
J'en suis très heureux ! Pour la peine, j'en remets une couche. Et je chercherai le DVD dès que possible. Sur Amazon ou JPC, ça doit se trouver.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Sam 11 Mar 2006 - 3:08

LANGGAARD - Les Symphonies


Parmi celles que je connais :

Symphonie n°1 : Créée à l'âge de dix-huit ans par le Philharmonique de Berlin, du fait du refus des phalanges locales. La plus développée de toutes : plus d'une heure de musique. Malgré ses choix de structure et de ton très personnels, très marquée par l'influence de Mahler et Wagner, ses modèles de jeunesse, influencé par son milieu familial (parents musiciens).
Symphonie n°2 : Avec soprane (second mouvement). Une oeuvre en deux mouvements, pleine de charme, sans audace notable. N'empêche que tout cela fonctionne admirablement.
Symphonie n°3 : Avec piano. Une oeuvre très consonante, presque trop "ronde".
Symphonie n°4 : Couleurs nettement plus sombres, mais toujours tonale, même si de façon plus flottante. Découpée en très fines tranches d' "instants symphoniques".
Symphonie n°5 a&b : La couleur sombre s'affirme, et j'avoue n'avoir jamais pu faire le lien entre les deux versions de cette Cinquième, après des écoutes successives plusieurs fois répétées : je ne décèle ni thèmes, ni structure communs. C'est assez déroutant, la tonalité est là, mais elle est malmenée, démentie, la polarisation tonale existe, mais elle devient presque imperceptible dans le fouillis constant des harmonies (de très beaux moments de polymodalité ou d'errance tonale figurent dans son unique opéra Fortabelsen/Antikrist, comme je le disais précédemment).
Symphonie n°6 : Toujours à programme, la n°6 est à l'apogée de l'innovation de Langgaard. Elle est constituée d'une série de variations selon un mode de traitement polyphonique suffisamment libre pour la faire considérer comme atonale. Elle conserve cependant un aspect très nettement attaché aux couleurs de ses oeuvres tonales précédentes.


Après, suite à ses déboires – aucun poste à Copenhague -, il doit accepter une charge d'organiste, au fond de la province danoise, ce qui l'aigrit profondément et le pousse à écrire dans un style plus conservateur. Ce qu'il y a d'épatant, c'est que ses oeuvres conserveront néanmoins la même palette sonore, malgré le choix des langages.
Et, toujours, Langgaard semble aimer à épouser une forme classique, avec un langage classique, et à démentir cette appartenance par d'infimes clins d'oeil, qui font qu'il est tout à la fois respectueux de la forme et dans la forme, mais aussi lucide sur les propriétés de cette forme, sur ce qu'il partage avec elle. Les Lieder bien sûr, mais surtout les Quatuors, montrent très bien cette position.


Les Quatuors sont nettement plus attachés à la forme que les Lieder. Pourtant, quelque chose dérange chez Langgaard. Tout en respectant précisément ce que l'on attend d'un quatuor, avec une structure plutôt classique, le langage que développe Langgaard a quelque chose de marginal, presque de railleur. Il y a toujours un détail, dans les rythmes, dans l'harmonie, qui donne l'impression que le compositeur se joue de cette forme qu'il pose sur son identité comme un masque, en se découvrant légèrement, par moments, comme pour nous dire "je suis là, coucou, je suis bien caché derrière ce truc!".
Non seulement l'objet est esthétiquement très beau, mais il a quelque chose de réjouissant en plus.


Poursuivons cependant sur nos symphonies :

Symphonie n°9 : Plus enjouée, mais dotée de la même maîtrise d'écriture, des mêmes qualités, dans la nuanciation d'une même couleur, que ses aînées, elle peut constituer un excellent point d'entrée chez Langgaard. Elle a pour elle d'éviter la solennité de la Première, la légèreté des deux suivantes, la noirceur des Quatrième et Cinquièmes, l'instabilité surprenante de la Sixième, et de synthétiser rigueur et divertissement. Elle s'écoute véritablement avec un grand plaisir.
Symphonie n°11, dite Ixion (toutes ont un programme) : Une symphonie très courte (six minutes!), qui met en scène, à tempo modéré, dans son unique mouvement, la rotation incessante et morne d'un seul motif. On comprend l'allusion. Amusant, mais pas deux fois. pig


Voilà pour le petit tour symphonique de Langgaard !

Je ne parlerai peut-être pas plus amplement des quatuors, mais il faudra revenir sur Fortabelsen/Antikrist.
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Mr Bloom
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Sam 11 Mar 2006 - 3:11

DavidLeMarrec a écrit:

Symphonie n°3 : Avec piano. Une oeuvre très consonante, presque trop "ronde".

C'est pas pour moi alors, je préfère la musique carrée. bounce
Autrement j'ai écouté la symphonie n°16. Je l'ai déjà oubliée.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Sam 11 Mar 2006 - 3:15

Mr Bloom a écrit:

Autrement j'ai écouté la symphonie n°16. Je l'ai déjà oubliée.

Et y en a combien comme ça?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Sam 11 Mar 2006 - 3:16

Mr Bloom a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:

Symphonie n°3 : Avec piano. Une oeuvre très consonante, presque trop "ronde".

C'est pas pour moi alors, je préfère la musique carrée.
On t'offrira l'intégrale Barraqué pour ton anniversaire.

Citation :
Autrement j'ai écouté la symphonie n°16. Je l'ai déjà oubliée.
C'est difficile à mémoriser, oui.
A ta décharge, les dernières symphonies de Langgaard ne sont pas les plus impérissables.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Sam 11 Mar 2006 - 3:18

Xavier a écrit:
Mr Bloom a écrit:

Autrement j'ai écouté la symphonie n°16. Je l'ai déjà oubliée.

Et y en a combien comme ça?
Seize.
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Mr Bloom
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Sam 11 Mar 2006 - 3:19

Oui, je commence par la fin.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Sam 11 Mar 2006 - 3:20

Un conseil : commence par finir par le début.
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jolan
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 20:25

Bah moi du coup je réécoute du LANGGAARD...
Là, tout de suite, la Sympho 2, premier mouvement pas désagréable, mais j'ai beaucoup de mal avec la soprano sur le second.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 20:37

jolan a écrit:
Bah moi du coup je réécoute du LANGGAARD...
Là, tout de suite, la Sympho 2, premier mouvement pas désagréable, mais j'ai beaucoup de mal avec la soprano sur le second.
Ce n'est pas le meilleur de Langgaard... et ça ne devient intéressant qu'avec la soprane. Mr. Green
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jolan
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 20:40

Hum... je n'aime pas le chant classique...

Bon, là, Sympho 3 , un concerto pour piano en fait, très classique.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 20:51

jolan a écrit:
Hum... je n'aime pas le chant classique...
C'est ce que j'en avais déduit. Wink
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jolan
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 21:11

Je ne pense pas aller très loin en compagnie du sieur LANGGAARD, pour l'instant je n'accroche pas du tout.
Là, Sympho 4...

Confused
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 21:14

Elle est très bien, la 4 !

Tu écoutes ça avec qui ? Dausgaard, je présume ?

La 9 est plus classique, peut-être devrais-tu y sauter.
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 21:35

Non, Ilya STUPEL.
http://www.hbdirect.com/album_detail.php?pid=42275

J'ai bien aimé quelques passages, à 7', 11', 15', 21', d'une minute chacun, je crois que c'est tout. Mais c'était mieux que le second mouvement de la 2 ou que la 3 toute entière.

Allez, j'attaque la Sympho 6 !!

Et toi, ça te dis pas de reprendre le cours de ce topic ?
Qu'écoutes-tu en ce moment ?

Wink
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 21:40

jolan a écrit:
Non, Ilya STUPEL.
Ah oui, très bien. Un peu mou, mais de belles atmosphères.


Citation :
Mais c'était mieux que le second mouvement de la 2 ou que la 3 toute entière.
Exact. Very Happy


Citation :
Et toi, ça te dis pas de reprendre le cours de ce topic ?
Manque un peu de temps, mais on pourra faire un effort.


Citation :
Qu'écoutes-tu en ce moment ?
Là, à l'instant, Freudvoll und leitvoll (Liszt/Goethe) par Behrens. Trop au Sud. Cool

Wink[/quote]
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jolan
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 21:55

LANGGAARD, Sympho 6, c'est pas pire comme on dit au Québec...

Laughing
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jolan
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Dim 17 Sep 2006 - 22:17

"Mort d'un héros" n'était pas trop mal.
Mais je préfère ATTERBERG à LANGGAARD !!
Je fais une pause et j'écouterai la suite demain, sinon je vais mal appréhender les autres oeuvres.

Wink
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mar 19 Sep 2006 - 14:36

ENGLUND, très belles oeuvres, j'y reviendrai plus tard...

Je viens d'écouter les Symphos 12 et 13 de LANGGAARD, très classiques encore une fois.

Je crains de n'avoir définitivemment aucune familiarité musicale avec cet homme.

Je me remets à ATTERBERG...

Razz
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mar 19 Sep 2006 - 14:50

Oui, les dernières sont très classiques.

Mais si tu n'aimes pas, c'est que tu n'as pas encore goûté aux charmes de la polytonalité d'Antikrist, il n'y a pas d'autre explication envisageable.
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mar 19 Sep 2006 - 14:54

Pourtant il y a quelques bons passages dans la 13, notamment un motif développé à partir de 4' qui me rappelle étrangement un thème de la Sympho de CHAUSSON ( qui, rappelons-le, est la plus belle Sympho que je connaisse Wink ), mais ce n'est pas suffisant.

"Antikrist", resitue-moi là... c'est une Sympho de LANGGAARD ?
Ah ok, un opéra, euh bah... je ne l'ai pas, je n'aime pas l'opéra, et ça m'étonnerait que je cherche à me le procurer...

Razz
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mar 19 Sep 2006 - 14:57

C'est un opéra assez peu vocal, voix très intégrées. De toute façon, il n'y a qu'une action ésotérico-mystique absconse - le dialogue entre l'esprit mystique et l'écho de l'esprit mystique, vous m'excuserez si je ne vous le résume pas.
C'est très intéressant sur le plan musical. Mais ne te force pas non plus, hein.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 26 Avr 2007 - 0:43



Dis David, t'aurais pas pu le dire plus tôt qu'il y avait du Scriabine là-dedans? J'aurais sauté dessus immédiatement! Very Happy

Première écoute de la Musique des sphères: c'est franchement génial comme musique, très étonnant, très nouveau, assez hétérogène, avec des passages scriabiniens superbes! Mais aussi des moments d'écriture plus classique, assez impressionniste.
Oeuvre écrite entre 1916 et 1918, le compositeur avait 25 ans quand l'oeuvre fut achevée.
Et bien c'est étonnant.
Belle écriture orchestrale, belle utilisation des choeurs, du tonal, du polymodal, même des embryons de musique répétitive, une musique séduisante, même parfois hypnotisante, une vraie musique des sphères!
Je ne connais encore rien d'autre de lui, mais pour l'instant ça vaut le détour! thumleft
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 26 Avr 2007 - 0:48

C'est incontestablement son oeuvre la plus moderne et la plus spectaculaire, elle a profondément influencé Ligeti.
A titre personnel, j'y trouve plutôt le mauvais Scriabine (oui, je sais, ça n'existe pas) que le bon, avec ce côté tapageur. A certains moments, même à petit volume sur des haut-parleurs nains, on a l'impression que l'Univers s'effondre...
C'est très impressionnant, avec ce travail sur la matière sonore progressive façon Ligeti, et redoutablement novateur.

Le reste de Langgaard n'a rien à voir, beaucoup plus conventionnel. A part Fortabelsen/Antikrist, avec des pages polytonales magnifiques.

Content que ça t'ait plu !
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 26 Avr 2007 - 0:51

DavidLeMarrec a écrit:
C'est incontestablement son oeuvre la plus moderne et la plus spectaculaire, elle a profondément influencé Ligeti. [...]
C'est très impressionnant, avec ce travail sur la matière sonore progressive façon Ligeti, et redoutablement novateur.

Après avoir regardé la partition de l'oeuvre, Ligeti déclara: "Je viens de réaliser que je suis un imitateur de Langgaard!" Very Happy

DavidLeMarrec a écrit:
Le reste de Langgaard n'a rien à voir, beaucoup plus conventionnel.

Ah, dommage.

DavidLeMarrec a écrit:
A part Fortabelsen/Antikrist, avec des pages polytonales magnifiques.

Ca se trouve en enregistrement?
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 26 Avr 2007 - 0:59

J'écoute maintenant les Four Tone Pictures pour soprano et orchestre qui datent de la même époque, c'est vrai que c'est plus classique (assez sibélien), mais c'est quand même très bien, très charmant.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 26 Avr 2007 - 1:03

Xavier a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
C'est incontestablement son oeuvre la plus moderne et la plus spectaculaire, elle a profondément influencé Ligeti. [...]
C'est très impressionnant, avec ce travail sur la matière sonore progressive façon Ligeti, et redoutablement novateur.

Après avoir regardé la partition de l'oeuvre, Ligeti déclara: "Je viens de réaliser que je suis un imitateur de Langgaard!" Very Happy
Ah oui, pardon, c'est ça.


Citation :
DavidLeMarrec a écrit:
Le reste de Langgaard n'a rien à voir, beaucoup plus conventionnel.

Ah, dommage.
Ca a son charme aussi, mais très différent... Les lieder sont très beaux. J'en ai parlé dans le fil, je crois.


Citation :
DavidLeMarrec a écrit:
A part Fortabelsen/Antikrist, avec des pages polytonales magnifiques.

Ca se trouve en enregistrement?
Oui (Danacord), il est traduit en allemand, mal capté et mal chanté. La version de la Radio Danoise est totalement épuisée depuis plus de vingt ans.

Mais un DVD est sorti il y a un peu plus d'un an ! Very Happy (bien exécuté, bien capté et bien chanté)
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MessageSujet: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 26 Sep 2007 - 17:42

Je pense qu'il mérite bien un sujet, je récupère donc ici les divers apports de David dans le sujet "Musiques du Nord".

Je viens d'écouter son opéra Antikrist.



Je n'ai pas immédiatement accroché, il faut dire que le livret n'est pas forcément très parlant au début, surtout que sans lire la notice du DVD (très fournie mais seulement en danois, allemand et anglais) je n'aurais jamais compris que le premier personnage intervenant était Lucifer. Laughing

Et pourtant au fur et à mesure on est pris surtout par l'atmosphère et la substance musicale de plus en plus riche.
C'est d'un point de vue stylistique assez hétérogène, et donc intéressant. Il y a du très tonal voire archaïque, il y a du post-romantisme (beaucoup de restes de Wagner! Du chromatisme tristanien et même 2-3 accords du Crépuscule), du polytonal et de l'atonal. (passage très contrapunctique et très chaotique réussi du prélude de la 2è scène)
L'orchestration est par moments très simple et par moments somptueuse.
Certaines scènes sont servies par de très belles voix comme Susanne Resmark (une vraie ressemblance vocale avec Jessye Norman j'ai trouvé, dans une des scènes les plus inspirées, celle du personnage de l'Abattement) et Camilla Nylund qui interprète "The Great Whore". Very Happy
Final peut-être un peu convenu avec l'Ange qui vient détruire l'Antéchrist.
La mise en scène n'est pas aussi spectaculaire qu'on pourrait l'attendre avec un tel sujet, mais dans l'ensemble c'est bien fait, les éclairages sont bien utilisés et les chanteurs très investis.

Dans l'ensemble, j'ai bien aimé! Smile

Vartan, tu me diras. Wink

Une fois n'est pas coutume, ce DVD est bien fourni en bonus avec un commentaire qui est en fait une discussion avec le chef et le metteur en scène, et un documentaire sur Langgaard et l'oeuvre je crois. (pas encore regardé, malheureusement il n'y a que des sous-titres anglais pour ces deux bonus)

Edit: le documentaire est sympa, il revient sur la genèse de l'oeuvre.


Dernière édition par le Mer 26 Sep 2007 - 19:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 26 Sep 2007 - 18:51

Il existe en CD cet opéra Question
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Mer 26 Sep 2007 - 18:52

Je ne crois pas.
Mais c'est dispo pour une bouchée de pains sur Amazon, à moins que l'image ne te dérange vraiment...
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 27 Sep 2007 - 0:20

Je vais l'écouter plus complètement. J'ai "testé" les 30 premières minutes. C'est assez déconcertant. L'orchestre est somptueux, parfois un peu trop comme aiment les sacndinavo-baltes. Le livret a l'air dément et la mes assez speciale (c'est le festin de Babette sans la bouffe). Mais pour l'intervention de Lucifer je ne voyais pas de qui il pouvait s'agir d'autre ! Mr. Green

Quand tu invoques Satan, c'est rarement l'ange Gabriel qui débarque !
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 27 Sep 2007 - 0:52

Je n'ai pas le temps de réagir, présentement, mais pour Rubato : oui, ça existe en CD, trois versions, dont deux disponibles. L'une en allemand (Niels Muus chez Danacord), l'autre est celle-ci de Dausgaard.
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 27 Sep 2007 - 7:56

Merci pour l'info! Smile
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 27 Sep 2007 - 7:59

En tout cas c'est une excellente version donc en DVD ou en CD je peux de toute façon de recommander Dausgaard. Wink
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   Jeu 27 Sep 2007 - 12:39

Xavier a écrit:
En tout cas c'est une excellente version donc en DVD ou en CD je peux de toute façon de recommander Dausgaard. Wink
Oui, merci Xavier: j'ai trouvé la version CD, c'est exactement la même pochette que le DVD.
J'ai écouté les extraits disponibles.....je vais le mettre en attente dans le panier! Very Happy
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MessageSujet: Re: Rued Langgaard (1893-1952)   

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