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 Verdi - AIDA

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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   12/10/2015, 15:46

hugo75 a écrit:
Sinon, oui Hvorostovsky même si l'idéal, dans Amonasro, serait un authentique baryton dramatique comme celui là (je recommande particulièrement le passage entre 4'50 et 5'35 qui déchaîne le public) :

/watch?v=aFiG-11BxdQ

Ah oui pour Giangiacomo Guelfi!! Very Happy A ne pas confondre d’ailleurs avec son homonyme qui hante malheureusement les plateaux de nos jours dans les mêmes rôles...
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Otello
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   12/10/2015, 19:52

Polyeucte a écrit:
pour Radvanovsky, je compte bien la voir et l'entendre à Bastille en fin de saison. Mais question chant verdien, on est quand même très loin au dessus d'Arteros (pour le Trouvère ou Don Carlo par exemple où je les ai entendues toutes les deux!)
Pour Il Trovatore, toutes deux se tiennent au coude à coude avec leurs qualités propres! En revanche pour Don Carlo, suprématie totale pour Harteros qui y déploie une beauté vocale et une musicalité très supérieures! Les derniers ouvrages de Verdi ne sont pas idéaux pour une voix comme celle, d'ailleurs nettement moins phonogénique, de Radvanovsky (qui est une artiste formidable, je ne le dirai jamais assez!)

Citation :
En quoi Kaufmann est supérieur à Alvarez? Et pour Kunde, vu ce qu'il fait de tous les autres rôles verdiens qu'il aborde, je n'ai pas trop de soucis pour lui.
Kaufmann a actuellement plus de métal qu'Alvarez que je trouve déjà légèrement sur le déclin. Mais Kaufmann est aussi beaucoup plus musical dans son interprétation quand Alvarez devient de plus en plus monolithique. Quant à Kunde, ce qu'il fait chez Verdi est souvent intéressant mais pour le coup, il reste le moins verdien de tous les ténors et la voix bouge un peu et le timbre est le moins phonogénique des 3. A la scène c'est très bien et je sais qu'il a plutôt réussi son Radamès à Vérone mais au disque la donne change considérablement! Enfin Kunde n'est pas une star lyrique comparable à Kaufmann. Or une intégrale faite à l'ancienne doit non seulement viser à la réussite d'ensemble mais aussi être vendeuse par son affiche. Kaufmann est infiniment plus vendeur que Kunde.

Citation :
Enfin pour les barytons, de toute façon je trouve Tézier vraiment absent dans cet enregistrement. Confused
Alors là, je dois avouer que ça m'échappe! Absent ?? Alors que je le trouve bien présent et redonnant au rôle d'Amonasro une classe folle quand justement un Giangiacomo Guelfi, pourtant follement doué et doté vocalement, s'y montrait rustre et débraillé!
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   12/10/2015, 21:20

Otello a écrit:
Pour Il Trovatore, toutes deux se tiennent au coude à coude avec leurs qualités propres! En revanche pour Don Carlo, suprématie totale pour Harteros qui y déploie une beauté vocale et une musicalité très supérieures! Les derniers ouvrages de Verdi ne sont pas idéaux pour une voix comme celle, d'ailleurs nettement moins phonogénique, de Radvanovsky (qui est une artiste formidable, je ne le dirai jamais assez!)
Je pense qu'on ne sera pas d'accord hehe
Radvanovsky m'a totalement marqué en Elisabeth il y a quelques saisons à Paris!

Citation :
Kaufmann a actuellement plus de métal qu'Alvarez que je trouve déjà légèrement sur le déclin. Mais Kaufmann est aussi beaucoup plus musical dans son interprétation quand Alvarez devient de plus en plus monolithique.

Franchement, écoute ou re-écoute le Radamès d'Alvarez à Bastille... si ça c'était monolithique et sur le déclin Mr.Red Le duo final était à se damner!

Citation :
Alors là, je dois avouer que ça m'échappe! Absent ?? Alors que je le trouve bien présent et redonnant au rôle d'Amonasro une classe folle quand justement un Giangiacomo Guelfi, pourtant follement doué et doté vocalement, s'y montrait rustre et débraillé!

Je trouve un déséquilibre : Tézier manque d'impact je trouve, et question personnage, je n'ai pas trouvé un roi fort et mordant... Confused
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Otello
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   12/10/2015, 21:59

Justement le Radamès parisien d'Alvarez était monolithique! Bien chanté mais monolithique! Alors évidemment, à côté de l'impossible Oksana Dyka, il brillait de mille feux encore que le volume vocal était, somme toute, pas si exceptionnel que ça!

Quant à Radvanovsky, je ne dis pas qu'elle n'est pas marquante! Elle l'est tout le temps! Mais sa voix est infiniment moins phonogénique que celle d'Harteros!
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   12/10/2015, 22:04

Otello a écrit:
Justement le Radamès parisien d'Alvarez était monolithique! Bien chanté mais monolithique! Alors évidemment, à côté de l'impossible Oksana Dyka, il brillait de mille feux encore que le volume vocal était, somme toute, pas si exceptionnel que ça!

Pas vraiment d'accord... Il était au contraire parfaitement nuancé. Et le volume était tout à fait suffisant dans Bastille (comme à chaque fois que je l'y ai vu ces dernières années!)

Citation :
Quant à Radvanovsky, je ne dis pas qu'elle n'est pas marquante! Elle l'est tout le temps! Mais sa voix est infiniment moins phonogénique que celle d'Harteros!
Moins phonogénique je suis d'accord. Mais question personnalité, on est à 100 mètres au dessus! Very Happy
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Otello
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   12/10/2015, 22:29

Polyeucte a écrit:
Moins phonogénique je suis d'accord. Mais question personnalité, on est à 100 mètres au dessus! Very Happy
ça c'est affaire de point de vue! ni plus ni moins de personnalité l'une que l'autre mais simplement des personnalités différentes qui conviennent aussi bien l'une que l'autre.
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hugo75
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   13/10/2015, 08:44

Otello a écrit:
Polyeucte a écrit:
Moins phonogénique je suis d'accord. Mais question personnalité, on est à 100 mètres au dessus! Very Happy
ça c'est affaire de point de vue! ni plus ni moins de personnalité l'une que l'autre mais simplement des personnalités différentes qui conviennent aussi bien l'une que l'autre.

Pour moi classe absolue chez Harteros (dans les phrasés, le timbre, les nuances, la dignité ...) contre une vulgarité systématique chez Radvanovsky (un style vériste que l'on prend trop souvent pour de l'engagement dramatique, absence totale de subtilité et un timbre d'une rare laideur avec un médium chevrotant et des aigus stridents ...). En résumé, il n'y a pas photo : j'aime beaucoup l'une et déteste le "chant" de l'autre.
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   20/10/2015, 23:20

J'ai écouté (quasiment étudié) les versions Pappano, Levine, Harnoncourt et Abbado (DGG). Il me reste à y ajouter les deux versions Karajan (Decca et EMI) ainsi que Serafin pour départager l'ancien du nouveau, le beau du moins beau, le dramatique 'live' du dramatique de studio, avec tous les défauts inhérents à chaque production. En fait, je me suis attaché à traquer le chiqué, le faux beau, le mélodramatique, pour mieux faire resssortir la vérité de l'écriture verdienne. Celle-ci a ceci de particulier qu'elle est sans pitié pour les petites pointures, les timides de la glotte, les braillard(e)s, les Fafner et autres faux-ogre(sse)s de la scène lyrique. Verdi demande une vérité vocale et une authenticité dramatique qui ne sont pas à la portée des premiers venus.

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bAlexb
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 08:38

André a écrit:
J'ai écouté (quasiment étudié) les versions Pappano, Levine, Harnoncourt et Abbado (DGG). Il me reste à y ajouter les deux versions Karajan (Decca et EMI) ainsi que Serafin pour départager l'ancien du nouveau, le beau du moins beau, le dramatique 'live' du dramatique de studio, avec tous les défauts inhérents à chaque production. En fait, je me suis attaché à traquer le chiqué, le faux beau, le mélodramatique, pour mieux faire resssortir la vérité de l'écriture verdienne. Celle-ci a ceci de particulier qu'elle est sans pitié pour les petites pointures, les timides de la glotte, les braillard(e)s, les Fafner et autres faux-ogre(sse)s de la scène lyrique. Verdi demande une vérité vocale et une authenticité dramatique qui ne sont pas à la portée des premiers venus.


Serafin/Callas ou Serafin/Caniglia & Gigli ? La question n'est pas (seulement) formelle, il me semble que les qualités ne sont pas forcément toujours les mêmes, ni distribuées au même endroit. Si la baguette reste somme toute assez constante (sans effets, porteuse), les versions diffèrent peut-être dans l'approche : extrêmement (désespérément ?) vocale à Rome, beaucoup plus sensible (et sensiblement juste) à la Scala. Ce qui ne tient pas nécessairement aux personnalités proprement dites, ni à l'époque en réalité (il n'y a pas 10 ans entre les 2 versions) mais à une forme de conscience (Callas, chanteuse consciencieuse au sens premier du terme : exacte, scrupuleuse), voire d'école. D'enjeux aussi (la version scaligère pour "inonder" le marché) ?
On a beaucoup dit qu'Aida n'était pas (plus, en tout cas, à ce moment-ci de sa carrière) un rôle pour Callas ; comme s'il l'avait été seulement deux ans auparavant, encore, avec Barbirolli (ah ! s'il n'y avait pas Baum Mad !). C'est plus affaire de "miroir" je dirais, de cette fonction spéculaire en quelque sorte que l'on doit impérativement distribuer à Radamès & à Amneris qui, sans être d'exacts faire-valoir doivent être d'authentiques interlocuteurs d'Aida, dans des scènes qui sont sans doute moins des confrontations systématiques/systémiques que des dialogues où l'élancement/l'enlacement des tessitures doit primer jusqu'à une quasi-dimension chambriste (de fait, bords du Nil exceptés, leurs évolutions/circonvolutions ont lieu dans des espaces clos).
Alors Serafin/Callas version passable ; version de complément ? Oui, peut-être ; mais alors par défaut d'homogénéité là où Caniglia/Stignani/Gigli parlent d'évidence une Aida commune (y compris peut-être dans le mauvais sens du terme mais ça, c'est une autre question j'imagine).
Pour Callas (si on veut l'entendre dans le rôle et l'y rencontrer vraiment), c'est l'imparable live de 51 repêché par EMI qui s'impose : Del Monaco & Dominguez (elle, surtout) sont de taille à sculpter un vrai dialogue avec sa princesse, d'un coup exhaussée/exaucée.


Dernière édition par bAlexb le 21/10/2015, 12:05, édité 1 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 11:14

Que des versions qui me laissent de marbre. Confused Serafin-Gigli, effectivement ce n'est que du chant (que je trouve très disgracieux en blus, entre Gigli qui a la mâchoire bloquée et Caniglia qui a toujours sonné vieille), celui de studio est complètement figé. Pas le bon répertoire de Serafin, tout simplement – qui est plus à son aise dans les carrures tradis.

En ce qui concerne Callas, le problème est à mon avis surtout le caractère spintissimo d'Aida (étrangement, ça passe très bien pour Tosca, qui a les mêmes caractéristiques) : dans les graves, elle vrombit un peu trop par rapport au caractère du personnage, et dans l'aigu, ça devient vite blanc et crié (mon Dieu, le fameux contre-mi bémol de Mexico, dans le pays imaginaire dont je suis le chef suprême, c'est puni de bannissement éternel – on dirait un chien qu'on étrangle mal).
D'une manière générale, tout est figé dans ce studio (et désagréablement hystérique dans ses autres témoignages).
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 12:06

DavidLeMarrec a écrit:
Que des versions qui me laissent de marbre. Confused  

Les 2 Serafin ou toutes celles citées par André, tu veux dire ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 12:41

Toutes les versions dont tu as parlé. Mr. Green
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 13:30

DavidLeMarrec a écrit:
Toutes les versions dont tu as parlé. Mr. Green  

je Arrow Arrow Arrow
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Otello
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 13:47

bAlexb a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Toutes les versions dont tu as parlé. Mr. Green  
je Arrow Arrow Arrow
lol en même temps tu sais! c'est pas grave! c'est que David! Wink
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 13:58

What the fuck ?!? On pourrait aussi dire : "Oh ben tu sais, c'est pas grave. C'est que Otello"
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 13:59

Oh la la ! Moi, m'sieurs dames, je ne rentre pas dans ce jeu-là tutut !
(On a tout/tous à y perdre Rolling Eyes ...)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 14:08

Mais non, mais non, Otello a raison, j'adore les poids-plumes de Karajan II et j'aime même beaucoup ceux d'Harnoncourt – et là, ça y est, je t'ai embarqué bien malgré toi dans mon propre discrédit. hehe
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 14:09

Mais Aida marche aussi très bien avec les beuglards : Tucci / Del Monaco, Stella / Di Stefano, Rysanek / Vickers, ça fait très bien mon affaire. Very Happy
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 14:23

DavidLeMarrec a écrit:
Mais non, mais non, Otello a raison, j'adore les poids-plumes de Karajan II et j'aime même beaucoup ceux d'Harnoncourt – et là, ça y est, je t'ai embarqué bien malgré toi dans mon propre discrédit. hehe  

Exceptés Rysanek/Vickers ci-après, j'aurais plutôt tendance à être très oecuménique en matière d'Aida, alors...
(Rysanek, à la rigueur ; mais alors en allemand et avec Hopf ! Ou alors je vote pour Welitsch/Vinay ! Tu vois, je n'ai besoin de personne pour me jeter armé de pied en cape dans la gueule du loup Wink !)
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 14:23

Pour contenter tes deux versants, je te propose ça :


La finesse de Galina (oui oui! Mr.Red) et le beuglard de Andzhaparidze... (et Arkhipova/Lisitsian qui sont aussi deux styles bien différents...)
Version superbe d'ailleurs!

Sinon, je rejoins David, j'aime autant les versions "lourdes" (Solti, Levine au MET, De Fabritis en 51) que les versions "légères" à la Karajan II ou Harnoncourt...

Prochaine étape, ré-écouter Pappano... et Jordan! Mr.Red
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 14:30

Oui, il y en a pléthore : on a aussi Varady/Pavarotti (et Toczyska, et DFD) ; Price (Margaret) & Miltcheva sous la baguette de Sinopoli ; Norman & Cossotto avec Sanzogno.
En réalité c'est un opéra dont, quand on y regarde de près, on a toujours plus ou moins une version plus ou moins "inavouable" (attelages originaux, voix supposément "dépassées", "voies" outrepassées, etc.) qui traîne à portée de la main.
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 19:58

bAlexb a écrit:
Oh la la ! Moi, m'sieurs dames, je ne rentre pas dans ce jeu-là tutut !
(On a tout/tous à y perdre Rolling Eyes ...)
oh mais moi non plus! Ce n'était qu'un trait d'humour de ma part sans aucune méchanceté! David sait qu'en dépit de certaines divergences vocales je l'apprécie beaucoup.
Que l'autre se lance dans une réplique pisse-vinaigre n'est pas pour me surprendre ... j'ai l'habitude avec elle ... je laisse courir ...
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Otello
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 20:11

Polyeucte a écrit:
j'aime autant les versions "lourdes" (Solti, Levine au MET, De Fabritis en 51) que les versions "légères" à la Karajan II ou Harnoncourt...
Encore faudrait-il pouvoir déterminer ce qui est lourd et ce qui est léger parce que, très franchement, la Karajan II est tout sauf légère rien qu'avec le chef et son orchestre! Par ailleurs, Carreras et Freni ne sont pas des voix légères! Ce sont des voix moins larges que leurs illustres prédécesseurs mais c'est surtout affaire de style. Freni chante vraiment très très bien sauf que dans cette Aida, on entend encore et toujours une petite femme puccinienne, une Mimi! il lui manque une aura, une grandeur, une classe naturelle qu'avaient Tebaldi ou les deux Price et qu'a aujourd'hui une Harteros.
La version Harnoncourt n'est pas non plus spécialement légère, elle se veut plus sobre, plus intimiste (encore que toutes les scènes "peplum" soient tout aussi spectaculaires que dans les versions Solti, Mehta, Levine, ...) La seule vraie légèreté de cette version Harnoncourt se traduit par la totale insuffisance vocale de son ténor.
De là, par ailleurs à dire que les versions Solti et Levine sont des versions "lourdes", bof pas tant que ça! S'il y en a une qui est vraiment musclée, spectaculaire en mode gros spectacle cinémascope, c'est plutôt la version Leinsdorf chez RCA (mais que j'aime bien aussi!)
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 20:25

Otello a écrit:
S'il y en a une qui est vraiment musclée, spectaculaire en mode gros spectacle cinémascope, c'est plutôt la version Leinsdorf chez RCA (mais que j'aime bien aussi!)

Mehta Wink (voilà typiquement le genre de curieux "attelage" dont je parlais plus haut ; ce qui, d'ailleurs n'induit aucune conclusion dans quelque sens que ce soit, c'est mon côté "consensus mou" Embarassed ).
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 20:38

ben au niveau de l'interprétation d'ensemble, Mehta, perso je trouve que c'est celui dont Pappano se rapproche le plus dans l'équilibre spectaculaire/intimiste même si, évidemment, les moyens vocaux des chanteurs de la version Mehta sont nettement supérieurs à ceux, pourtant fort beaux, des chanteurs de la version Pappano.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   21/10/2015, 21:22

Otello a écrit:
Encore faudrait-il pouvoir déterminer ce qui est lourd et ce qui est léger parce que, très franchement, la Karajan II est tout sauf légère rien qu'avec le chef et son orchestre! Par ailleurs, Carreras et Freni ne sont pas des voix légères! Ce sont des voix moins larges que leurs illustres prédécesseurs mais c'est surtout affaire de style. Freni chante vraiment très très bien sauf que dans cette Aida, on entend encore et toujours une petite femme puccinienne, une Mimi! il lui manque une aura, une grandeur, une classe naturelle qu'avaient Tebaldi ou les deux Price et qu'a aujourd'hui une Harteros.
La version Harnoncourt n'est pas non plus spécialement légère, elle se veut plus sobre, plus intimiste (encore que toutes les scènes "peplum" soient tout aussi spectaculaires que dans les versions Solti, Mehta, Levine, ...) La seule vraie légèreté de cette version Harnoncourt se traduit par la totale insuffisance vocale de son ténor.
De là, par ailleurs à dire que les versions Solti et Levine sont des versions "lourdes", bof pas tant que ça! S'il y en a une qui est vraiment musclée, spectaculaire en mode gros spectacle cinémascope, c'est plutôt la version Leinsdorf chez RCA (mais que j'aime bien aussi!)

C'était bien sûr au niveau des voix que je faisais la différence... Very Happy
Pour Freni, oui c'est pas vraiment Aïda... mais pas non plus Mimi à mon sens... c'est Freni en fait! bounce bounce
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 04:10

Polyeucte a écrit:
Pour contenter tes deux versants, je te propose ça :


La finesse de Galina (oui oui! Mr.Red) et le beuglard de Andzhaparidze... (et Arkhipova/Lisitsian qui sont aussi deux styles bien différents...)
Version superbe d'ailleurs!

Sinon, je rejoins David, j'aime autant les versions "lourdes" (Solti, Levine au MET, De Fabritis en 51) que les versions "légères" à la Karajan II ou Harnoncourt...

Prochaine étape, ré-écouter Pappano... et Jordan! Mr.Red


Coincidence: c'est mon écoute d'hier et aujourd'hui !

Melik-Pashaiev:  Cette version excite mes terminaisons auditives depuis quelques années et pourtant elle a objectivement quelques gros défauts. La prise de son est supportable mais devient horrible par endroits. Andzhaparidze beugle (au moins il ne bêle pas), ajoute des notes et des voyelles (Celeste Ai-HI-dâââ - ou du moins l'équivalent en russe). On perd bien entendu la plupart des repères avec la traduction russe du texte et le déménagement des voyelles qui s'ensuit... Outre cela, Melik-Pashaiev se contente souvent de suivre ses chanteurs. Et à d'autres moments il avance au pas de charge avec toute l'artillerie (la fin de la scène du Triomphe, la fin de l'acte du Nil).

Comme d'habitude le premier acte est une mise en place qui cherche parfois ses repères. Et bien sûr le public du Bolshoï applaudit chaque scène, chaque entrée des chanteurs et, je soupçonne, l'entrée des éléphants dans la scène du Triomphe. Tout du long le 'prompter', cet agaçant personnage caché qui ânonne leurs répliques aux chanteurs fait sentir sa présence. J'espère qu'il était bien payé!

Mais quels chanteurs!!! Chacun est une pointure ou deux au-dessus de ce qu'on entend de nos jours dans leurs rôles. Et quelles bêtes de scène! Tous enragés, désespérés, transis de passion, à l'agonie - au choix. Vishnevskaya et Lisitsian parmi les meilleurs et les plus vocalisants pour leurs rôles respectifs, la première douée d'un sifflet de locomotive invariablement juste (Nilsson l'est rarement, Price erre d'un registre à l'autre); Arkhipova est la mère de toutes les mezzos à la voix de cari vert et crème épaisse: Obraztsova, Zajick, et autres mangeuses de feu n'ont qu'à bien se tenir. Ivan Petrov parfaitement cruel et implacable dans le rôle de Ramfis, Grand Inquisiteur fanatique et sadique. Seul Salminen (Harnoncourt) le surpasse dans la scène du jugement.
........
Quand tout est dit, voici une des gravures lyriques les plus surprenantes et excitantes qui aient été captées depuis qu'Aida promène son cirque sur les scènes lyriques du monde. Si on compte, disons, trois ou quatre Aidas célèbres sur ses étagères, on se doit d'y faire une place pour celle-ci. Elle est unique, pour le meilleur et pour le pire.
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 04:19

Il me reste les deux versions Karajan à écouter. Ma préférée - de loin - est la deuxième. Mais je ne jure de rien, car ça fait bien quinze ans que je n'ai entendu la première, et d'autre part Tebaldi et Bergonzi étaient idéalement distribués. Ce qui n'était pas vraiment le cas pour Freni et Carreras, détenteurs de voix plus légères mais ô tellement plus expressives.

On s'en reparle coucou
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 09:43

André a écrit:
Coincidence: c'est mon écoute d'hier et aujourd'hui !

Melik-Pashaiev:  Cette version excite mes terminaisons auditives depuis quelques années et pourtant elle a objectivement quelques gros défauts. La prise de son est supportable mais devient horrible par endroits. Andzhaparidze beugle (au moins il ne bêle pas), ajoute des notes et des voyelles (Celeste Ai-HI-dâââ - ou du moins l'équivalent en russe). On perd bien entendu la plupart des repères avec la traduction russe du texte et le déménagement des voyelles qui s'ensuit... Outre cela, Melik-Pashaiev se contente souvent de suivre ses chanteurs. Et à d'autres moments il avance au pas de charge avec toute l'artillerie (la fin de la scène du Triomphe, la fin de l'acte du Nil).

Autant je suis totalement d'accord pour Andzhaparidze, autant pour Melik, je trouve ça finalement plutôt bien dirigé.

Citation :
Mais quels chanteurs!!! Chacun est une pointure ou deux au-dessus de ce qu'on entend de nos jours dans leurs rôles. Et quelles bêtes de scène! Tous enragés, désespérés, transis de passion, à l'agonie - au choix. Vishnevskaya et Lisitsian parmi les meilleurs et les plus vocalisants pour leurs rôles respectifs, la première douée d'un sifflet de locomotive invariablement juste (Nilsson l'est rarement, Price erre d'un registre à l'autre); Arkhipova est la mère de toutes les mezzos à la voix de cari vert et crème épaisse: Obraztsova, Zajick, et autres mangeuses de feu n'ont qu'à bien se tenir. Ivan Petrov parfaitement cruel et implacable dans le rôle de Ramfis, Grand Inquisiteur fanatique et sadique. Seul Salminen (Harnoncourt) le surpasse dans la scène du jugement.
Ah il faut dire que Lisitsian en Amonasro, c'est grandiose! Le mordant du timbre et l'aisance dans la tessiture... avec cette classe folle.
Et pour les deux dames, elles sont elles-même superbes, avec au sommet pour moi l'affrontement du deuxième acte totalement jubilatoire tant elles sont à fond sans en faire des tonnes : deux grandes dames qui se connaissent très bien et qui du coup ont une complicité admirable dans ce duel.


Dans le même genre, tu as aussi une autre version Melik-Pashayev :


1953, Direction Melik-Pashaev
Aida : Natalia Sokolova
Radamès : Georgi Nelepp
Amneris : Vera Davydova
Amonasro : Pavel Lisitsian
Ramfis : Ivan Petrov
Il Re : Maxim Mikhailov

Lisitsian est toujours aussi fantastique, et on gagne avec Nelepp un Radamès de grand niveau et très soigné. Et puis Mikhailov en Roi, ça fait trembler les murs! Very Happy
Par contre, les deux dames sont un cran en dessous de Vishnevskaya et Arkhipova.
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Francesco
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 11:09

Elle se trouve encore cette version ? Non parce que bon, je suis convaincu par vos arguments.

Cela dit, très sérieusement, pour moi la plus belle version d'Aïda que je connaisse c'est celle avec Zadek et Höngen. J'avais découvert ça par music me et j'avais écrit ceci :

"J’écoutais religieusement cette après-midi Elisabeth Höngen non pas en Fricka ou en Clytemnestre (dommage quand même qu’il n’y ait aucune Ortrud) mais officiant comme mezzo sur les terres italiennes. Ainsi on peut l’entendre (merci Music Me) dans deux pages d’Aïda : le duo avec l’héroïne éponyme et la scène du jugement, en allemand. Evidemment elle ne tient pas les aigus avec autant d’impact que d’autres, mieux dotées. Mais enfin quelle chanteuse. L’affrontement avec l’Aïda de Hilde Zadek est spectaculaire, cette dernière dispensant un chant qu’on n’imaginait pas aussi ailé, aussi léger, aussi lumineux avec des pianissimi désespérés et comme éteints dans les dernières mesures. Höngen est déjà royale de ton mais pas monumentale de texture, au contraire mobile à son habitude et glaçante. On n’a jamais l’impression de deux titans vocaux qui s’affrontent. C’est plutôt d’étouffement qu’il s’agit avec une Amnéris vipérine, au timbre pénétrant, et une Aïda éperdue. Bref … on nous rend le livret. Mais le plus beau est dans la scène de jugement dans laquelle la voix de l’Allemande semble, au début, presque rampante, comme surgissant de l’orchestre, incroyable de noirceur, butant sur les consonnes, ondoyant autour des notes. Tout est à la fois d’un poids et d’une retenue qui appellent les plus illustres comparaisons, Simionato en tête. A quoi Höngen rajoute, c’est son école, des murmures étouffés (juste avant la première intervention du chœur) et jusqu’à un cri glaçant qu’aucune Amnéris n’a dû pousser avec cette horreur là (mais sans jamais déparer la ligne ou oublier le chant.) Les dernières mesures, où à force de timbre, elle arrive à dominer le chœur et l’orchestre, à défaut de la tessiture tendue, sont d’une sécheresse, d’une précision écrasantes qui excluent la simple idée du vibrato ou du port de voix. Ca donne furieusement envie d’entendre l’ensemble, surtout si Zadek est partout aussi séduisante qu’elle l’est dans le duo. Et puis les traces de l'Eboli de Höngen qui risquent d'être incandescentes."

Vocalement, ça tient les promesses des extraits et je n'ai jamais retrouvé un aussi beau duo.
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Francesco
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 11:10

Distribution complète :

"Verdi: Aida (In German) Zadek, Höngen, Rosvaenge, Metternich, Schmidt-Isserstedt. Hamburg, 1951"

Ca se trouve sans problème sur amazon.de par exemple.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 11:19

Francesco a écrit:
Elle se trouve encore cette version ? Non parce que bon, je suis convaincu par vos arguments.

http://www.amazon.fr/Aida-Russian-Version-Verdi-Vishnevskaya/dp/B001T07N50

Smile

Citation :
Cela dit, très sérieusement, pour moi la plus belle version d'Aïda que je connaisse c'est celle avec Zadek et Höngen. J'avais découvert ça par music me et j'avais écrit ceci :

"J’écoutais religieusement cette après-midi Elisabeth Höngen non pas en Fricka ou en Clytemnestre (dommage quand même qu’il n’y ait aucune Ortrud) mais officiant comme mezzo sur les terres italiennes. Ainsi on peut l’entendre (merci Music Me) dans deux pages d’Aïda : le duo avec l’héroïne éponyme et la scène du jugement, en allemand. Evidemment elle ne tient pas les aigus avec autant d’impact que d’autres, mieux dotées. Mais enfin quelle chanteuse. L’affrontement avec l’Aïda de Hilde Zadek est spectaculaire, cette dernière dispensant un chant qu’on n’imaginait pas aussi ailé, aussi léger, aussi lumineux avec des pianissimi désespérés et comme éteints dans les dernières mesures. Höngen est déjà royale de ton mais pas monumentale de texture, au contraire mobile à son habitude et glaçante. On n’a jamais l’impression de deux titans vocaux qui s’affrontent. C’est plutôt d’étouffement  qu’il s’agit avec une Amnéris vipérine, au timbre pénétrant, et une Aïda éperdue. Bref … on nous rend le livret. Mais le plus beau est dans la scène de jugement dans laquelle la voix de l’Allemande semble, au début, presque rampante, comme surgissant de l’orchestre, incroyable de noirceur, butant sur les consonnes, ondoyant autour des notes. Tout est à la fois d’un poids et d’une retenue qui appellent les plus illustres comparaisons, Simionato en tête. A quoi Höngen rajoute, c’est son école, des murmures étouffés (juste avant la première intervention du chœur) et jusqu’à un cri glaçant qu’aucune Amnéris n’a dû pousser avec cette horreur là (mais sans jamais déparer la ligne ou oublier le chant.) Les dernières mesures, où à force de timbre, elle arrive à dominer le chœur et l’orchestre, à défaut de la tessiture tendue, sont d’une sécheresse, d’une précision écrasantes qui excluent la simple idée du vibrato ou du port de voix. Ca donne furieusement envie d’entendre l’ensemble, surtout si Zadek est partout aussi séduisante qu’elle l’est dans le duo. Et puis les traces de l'Eboli de Höngen qui risquent d'être incandescentes."

Vocalement, ça tient les promesses des extraits et je n'ai jamais retrouvé un aussi beau duo.

Argh... violà qui fait diablement envie. En plus si Höngen est au de sa Lady Macbeth que je révère au plus haut point... drunken
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Francesco
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 11:24

Merci, je venais de la mettre dans mon panier amazon ... Mr. Green

Höngen est plus "exacte" qu'en Lady Macbeth, je pense, mais tout aussi formidable.


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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 11:26

Francesco a écrit:
Merci, je venais de la mettre dans mon panier amazon ... Mr. Green
Dans le même genre, tu as aussi un Otello avec Galina, Atlantov et dirigé par Svetlanov...
C'est magnifique je trouve. En russe bien sûr...

Citation :
Höngen est plus "exacte" qu'en Lady Macbeth, je pense, mais tout aussi formidable.  
C'est sûr qu'en Lady, ça dérape ou s'arrête un peu tôt dans l'aigu, mais cette froideur terrifiante! Shocked
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 11:46

Francesco a écrit:
Distribution complète :

"Verdi: Aida (In German) Zadek, Höngen, Rosvaenge, Metternich, Schmidt-Isserstedt. Hamburg, 1951"

Ca se trouve sans problème sur amazon.de par exemple.

En même temps, Zadek + Höngen = (très) précieux viatique ; par principe, on s'incline Wink !
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nugava
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   22/10/2015, 22:06

Bon, j'en suis arrivé à la fin de l'acte II de la version Pappano, et c'est vrai que la prise de son / le mixage sont bien dégueulasses pour un enregistrement si récent...
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Otello
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   23/10/2015, 00:24

Carrément "dégueulasses" ?? Que d'excès dans la formulation d'un jugement totalement infondé! Elle est globalement magnifique cette prise de son!
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nugava
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   23/10/2015, 00:45

Nope, la balance entre les ppp et fff est mal foutue... Ambitus exagérément large... La balance entre les voix et l'orchestre avantage trop les voix... La balance entre les voix elles-mêmes est aléatoire... Le tout semble baigner dans un flou technique...
Ce qui est magnifique, c'est la direction détaillée de Pappano...
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   23/10/2015, 01:09

nugava a écrit:
Nope, la balance entre les ppp et fff est mal foutue... Ambitus exagérément large... La balance entre les voix et l'orchestre avantage trop les voix... La balance entre les voix elles-mêmes est aléatoire... Le tout semble baigner dans un flou technique...
Ce qui est magnifique, c'est la direction détaillée de Pappano...

Mais si l'enregistrement était flou on entendrait pas les détails de la direction justement. Neutral
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nugava
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   23/10/2015, 03:48

C'est ça qui est frustrant... On entend les intentions de Pappano, mais c'est frustrant parce que ça aurait pu être beaucoup plus beau...
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   24/10/2015, 02:20

Je réserve mes impressions pour la version Pappano. Je préfère entendre d'autres versions d'abord, puis réentendre en fonction du contexte global. Je crois qu'une opinion raisonnée et ordonnée ne peut se concevoir en ne contemplant que le seul objet dont elle fait l'attention.

Version Mehta EMI, célèbre, louée et décriée (c'est selon). Milieu des années soixante. Birgit Nilssson (Isolde, Brünnhilde, Elektra, Turandot) chante Aida. Franco Corelli, le tenor en érection permanente (Canio, Manrico, Pollione, Cavaradossi, Calaf) chante Radamès. Grace Bumbry (Venus, Eboli, Azucena, Tosca) chante Amneris. Les sous-estimés Bonaldo Giaiotti (Ramfis) et Mario Sereni (Amonasro) complètent la distribution. Le comprimario du siècle (Piero di Palma) déclame les strophes du Messaggero.

Comme on peut le voir, "j'annonce" cette version comme si c'était un pur produit d'Hollywood. Digne successeure de la version Björling-Milanov etc (RCA) ou Tebaldi-Del Monaco-Karajan (Decca), elle semble porter à son apogée une certaine vision du célèbre opéra de Verdi. Tout est grandeur "Large" ou "Extra-Large", comme on dit ici, qu'il s'agisse d'un vêtement ou d'une pizza.

Est-ce que la qualité est au rendez-vous ? Qu'on en juge: les voix sont du calibre requis et même plus. Les rôles principaux sont aussi exigeants que ceux de Tosca ou Walküre, et à ce niveau je ne suis pas déçu. Les rôles 'secondaires' d'Amneris, Amonasro, Ramfis et du Roi sont tenus par de grandes voix. Seule Bumbry fit une carrière internationale, mais dans les autres rôles ces chanteurs italiens tiennent le haut du pavé face à moult ersatz d'origines ethniques variées. Ramfis-Giaiotti est formidable de grandeur, Amonasro-Sereni envoie paître Hampson (deux fois Amonasro sur disque) haut la main. etc.

Mehta dirige de façon enthousiaste. Pas maniaque du mètre comme Toscanini, pas puritain comme Serafin, mais avec un bel élan rythmique, de beaux épanchements lyriques.

D'une scène à l'autre l'adrénaline est au rendez-vous. En fait c'est la qualité première de cette version, que ce soit au niveau des voix, de la direction ou de l'expression dramatique. Foin des infinies (et merveilleuses) subtilités de Karajan(EMI), Pappano (Decca) ou Harnoncourt (Teldec). En fait, je dirai que la meilleure version pour qui prime la langue tirée et le chatouillement du ventre trouvera ici son content sans chercher plus loin.

Comme chez Melik-Pashaiev, les voix sont ici une pointure au-dessus des exigences déjà énormes de l'oeuvre. C'est bien enregistré (dans une optique de non-séparation, donc de tout-le-monde-se-met-au-centre-et-gueule-à-pleine-voix), et bien dirigé par un très jeune chef (à peine 30 ans).

Un classement préliminaire la met au 4ème rang. Je continuerai plus tard avec Karajan I (Decca), Serafin, Karajan II( EMI) et Pappano again.
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   24/10/2015, 08:54

André a écrit:
JComme on peut le voir, "j'annonce" cette version comme si c'était un pur produit d'Hollywood. Digne successeure de la version Björling-Milanov etc (RCA) ou Tebaldi-Del Monaco-Karajan (Decca), elle semble porter à son apogée une certaine vision du célèbre opéra de Verdi.

Franchement, par rapport à la version Mehta, ces deux-ci (au moins) me semblent une très (très) large coudée au-dessus ; Milanov, notamment !
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   26/10/2015, 13:06

Direction musicale : Philippe Jordan
Choeurs et Orchestre de l'Opéra National de Paris

Il Re (Le Roi) : Carlo Cigni
Amneris : Luciana D'Intino
Aida : Oksana Dyka
Radamès : Marcelo Alvarez
Ramfis : Roberto Scandiuzzi
Amonasro : Sergey Murzaev
Sacerdotessa (Prêtresse) : Elodie Hache
Un Messaggero (Un Messager) : Oleksiy Palchykov

Novembre 2013

Un peu frustré par l'enregistrement Pappano, je me replongeai l'autre jour dans la captation faite de ce retour d'Aïda sur la scène de l'Opéra de Paris... et à l'écoute seule, on retrouve quelque chose de tout à fait correct. Loin d'être la version de référence, mais avec des personnalités et un vrai savoir-faire pour certains qui compense les petits soucis vocaux.

Déjà la direction de Jordan se fait très fine, évitant toujours le côté démonstration d'harmonie pour accentuer par contre la noirceur d'autres passages. Le final du jugement par exemple est totalement glaçant et jamais entendu ainsi avec cette mise en avant des timbales implacables. Les ballets sont vifs et fin, et le final d'un apaisement magique. Orchestre mené de main de maître donc pour une vision parfaitement finie. Choeur un peu moins bons mais on a vu tellement pire!

Et puis vocalement, des petits rôles superbes avec entre autre Cigni en Roi parfait d'impact.
Scanduzzi donne à Ramfis un côté ogre qui colle parfaitement non seulement à l'idée de ce prêtre fou de dieu, mais aussi avec la mise en scène. Voix puissante et chaude, avec un côté oppressant voir inquiétant.
Sergey Murzaev manque un peu de fini dans son chant lui. Si dans le vérisme, ça marche très bien (I Pagliacci ou Andrea Chénier par exemple), Amonasro aurait demandé un peu plus de rondeur de timbre. Mais sinon, du panache, de la hargne et du charisme : ce roi sait ce qu'il veut et n'hésite pas à détruire sa fille.
Luciana D'Intino semble marquée par les années dans ce rôle. Autant dans La Princesse de Bouillon ou dans Laura, elle balaye tout sur son passage, ici justement le passage est difficile. Les aigus rayonnent et tonnent, le grave est poitriné avec un certain art... mais le medium ne sort que peu et le personnage en demande à de nombreux moments. Mais en dehors de ça, quelle habileté à dessiner un personnage loin du monstre qu'on entend souvent. La douleur, l'amour, la violence. Tout est là!
Marcelo Alvarez est pris un peu à froid dans son air d'entrée, mais par la suite, c'est une démonstration de chant tant le timbre est limpide, les nuances superbes et le personnage vivant. Amoureux avant tout, Alvarez n'oublie pas Bergonzi dans ce rôle et va plus chercher le raffinement des couleurs et des dynamiques. Pas de démonstration ici... si ce n'est une démonstration ahurissante dans le duo final des capacités d'allègements et de nuances.
Enfin Oksana Dyka... conspuée dans les premières représentations. Ici, on sent qu'elle a beaucoup travaillé pour polir son chant et lui rendre plus d'humanité. L'instrument reste un peu raide et froid, mais le chant est assumé sans soucis avec un soucis de bien faire qui fini par convaincre.

Et en écoutant cette représentation, je revois les superbes images qui parsèment cette production, avec entre autres une scène du jugement fabuleuse...
Je ne me souvenais plus par contre qu'il y avait eu tant de hurleurs dans la salle... Confused Peut-être l'effet des caméras présente ce soir là.

Cela fait par contre deux ans que cette production a été montée et filmée... et aucun DVD ne semble poindre le bout de son nez. Vu qu'on ne peut nul part poser une question à l'ONP, difficile d'avoir une info. Mais espérons que la production soit diffusée. Peut-être à l'occasion de la reprise en fin de saison avec une bien belle distribution?
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   26/10/2015, 21:34

Avant de passer à la prochaine intégrale, j'ai écouté un des derniers récitals de la série 'Most Wanted' de Decca. Birgit Nilsson y chante aida avec les excellents Grace Hoffmn (Amneris) et Louis Quilico (Amonasro). Luigi Ottolini chante Radamès. Enfin, il tente. La voix y est, mais il n'a aucune présence dramatique. L'excellent Johnn Pritchard dirige l'orchestre royal de Covent Garden.

Cet album vaut pour la sensationnelle Aida de Nilsson. Captée dans l'acoustique flatteuse du Walthamstow Assembly Hall en 1963 (4 ans avant sa prise de rôle sur disque pour les micros de EMI), elle y déploie une voix pure (oui, oui !!), puissante, juste dans l'émotion et fine dans les nuances. On dirait que, débarrassée de la mauvaise influence de Corelli elle donne toute la mesure artistique dont elle était capable dans ses bonnes lunes.

Tel que mentionné, Amneris et Amonasro sont très bien chantés et incarnés par des chanteurs aguerris. Quilico était LE baryton verdien du Covent Garden. Il déploie ici une voix magnifique et les instincts dramatiques requis pour ce rôle surdimensionné. MALHEUREUSEMENT le duo de l'Acte du Nil se termine avant le trio et le quatuor final. C'est bête, on avait déjà Amneris sous la main. Il ne manquait que Ramfis pour deux ou trois mots... tongue

Le disque est complété par les quatre Wesendonck Lieder que Nilsson enregistra en 1971 sous Colin Davis. Nilsson a souvent chanté ces lieder et ici elle a l'avantage d'être accompagnée par Colin Davis et le LSO (gravure Philips, 1971).
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   26/10/2015, 22:33

André a écrit:
Cet album vaut pour la sensationnelle Aida de Nilsson. Captée dans l'acoustique flatteuse du Walthamstow Assembly Hall en 1963 (4 ans avant sa prise de rôle sur disque pour les micros de EMI), elle y déploie une voix pure (oui, oui !!), puissante, juste dans l'émotion et fine dans les nuances.
C'est tout à fait exact sauf qu'on peut toujours courir pour avoir le contre-ut du Nil pianissimo! lol Elle n'essaye même pas! C'est balancé à pleine poitrine! lol
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   26/10/2015, 23:35

Pas tout-à-fait exact tutut . Pour moi, compte tenu de l'ampleur de la voix, son f fait office de pp. hehe

Difficile de plaire à tout le monde et à son père, comme dit le proverbe anglais. La fin pianissimo de Celeste Aida est rarement entendue (très, très difficile), et la fin de O Patria mia demande la même nuance. Quelquefois on a l'un, quelquefois aucun, rarement les deux  !

Dans le cas de Nilsson c'est mieux chanté qu'à Rome. Somme toute c'est du très très bon Nilsson, alors je suppose qu'on doit s'estimer heureux !

EDIT: j'ai réécouté le disque et le contre-ut final dans O Patria mia est réellement chanté p. C'est ce que j'ai entendu de mieux dans ce rôle de la part de Nilsson.
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   29/10/2015, 09:58

Alors vu les critiques dithyrambiques que je lis sur l'Aida de Pappano, je l'ai ré-écoutée... avec attention... et mon avis varie, mais pas forcément en bien pour tout le monde! Mr.Red

Le grand gagnant à mes oreilles reste le chef qui propose une direction vraiment chouette, vivante et nuancée... il réussit aussi bien la délicatesse de l'intime que les fanfares militaires. Le final de la scène du jugement (oui encore!) est impressionnante alors que le triomphe brille sans être lourd. Orchestre vraiment superbe et bien dirigé. Les choeurs sont aussi très bons.

Question petits rôles, c'est très bien avec en particulier un Roi de Marco Spotti vraiment marquant par la noblesse de ton et l'épaisseur de la voix. Le seul soucis est que les timbres sont un peu trop proches avec lui et Erwin Schrott en Ramfis. Du coup ce n'est que le ton qui permet de les différencier. Schrott impressionne tout au long de l'enregistrement avec un personnage dur mais pas froid : la voix tonne et gronde agréablement.

Ludovic Tézier me semble bien pâle dans le rôle d'Amonasro. Tout est très bien chanté avec des intensions, mais il lui manque un peu de démesures et d'angles. Cet Amonasro reste gentil d'un bout à l'autre. Si Tézier est impérial dans certains rôles verdiens (Posa par exemple! Very Happy) il lui manque ici un peu de hargne : nous sommes face à un chef de guerre qui maudit sa fille quand même! Et dans l'affrontement avec Aida, il reste toujours trop propre sur lui. Sans aller dans les outrances de certains, on attend tout de même un peu plus de métal et de violence ici.

Ekaterina Semenchuk est une Amneris de bonne facture, assez traditionnelle mais qui fonctionne très très bien. La voix est ronde, large et à l'aise d'un bout à l'autre. On pourrait peut-être attendre un timbre un peu plus beau ou une personnification plus marquée, mais son Amneris évite l'ogresse ou la harpie. C'est déjà bien!

Jonas Kaufmann propose son Radamès auquel j'ai du mal à adhérer par le style. Son chant est raffiné, délicat... mais toujours sombre et "construit"... c'est mon gros soucis avec lui : ce manque de spontanéité allié à un timbre uniformément sombre (et qui ne s'éclaire qu'au prix de grands efforts et avec un son assez "blanc"). Radamès doit avoir de l'éclat par moments. Son "Celeste Aïda" doit s'ouvrir par un récitatif brillant, son intervention durant le triomphe aussi... toute la première partie du duo du Nil... L'introspection est bien là, mais trop là à mon goût. Un Vickers (ben oui...) donnait à mon sens une interprétation tout aussi complexe mais avec des moments de gloire que ne propose pas Kaufmann. Un Radamès intéressant mais auquel il manque une composante : le brillant!

Enfin celle qui me pose le plus de soucis : Anja Harteros. J'ai toujours eu du mal avec elle, mais encore plus ici dans les conditions d'un studio et pour Aida. Déjà la voix manque cruellement de séduction à mes oreilles : où est la rondeur, le velouté de la princesse éthiopienne? L'aigu est régulièrement tendu et trop fin, et puis quelques effets d'un goût assez étrange. Aida demande une grande voix charnue a priori et ici je n'entends rien de cela : le chant est nuancé oui... mais un peu comme Kaufmann on est dans la construction sur un matériel plus précaire. L'acte du Nil semble tendu à l'extrême dans bien des moments. Le personnage reste trop en retrait de plus, n'ayant à aucun moment l'explosion de la révolte ou de l'amour. Petite fille timide oui mais jamais princesse.


Du coup, j'ai du mal à comprendre qu'on puisse parler de "référence"... comment placer cette intégrale à côté de version comme Solti (L. Price, Vickers, Gorr, Merrill) ou Karajan (Tebaldi, Bergonzi, Simionato, MacNeil)? On manque ici d'une équipe véritablement cohérente avec le projet.

Il est bien de vouloir rassembler le couple "glamouro-intello" de l'époque (par comparaison au couple Netrebko/Villazon par exemple), mais je reste dubitatif sur le résultat. Pourquoi ne pas avoir plutôt fait appel à une Westbroek par exemple si on voulait vraiment donner une prise de rôle et une partenaire régulière de Kaufmann? Pourquoi de même ne pas avoir proposé à un Hvorostovsky de chanter Amonasro?

Bref... un bel effort d'enregistrer cette œuvre dans un tel confort. Mais plaquer un trio qui a fait un triomphe dans un autre Verdi (La Forza pour les trois, et pour le couple principal de nombreux autres opéras) ne me semble pas vraiment une bonne idée. Une idée commerciale oui. Mais une idée artistique certainement pas. Ca me fait un peu penser aux enregistrements de Callas chez EMI : elle est là, on lui met à côté des artistes connus mais pas forcément à la hauteur ou vraiment adapté au rôle... et on obtient un enregistrement frustrant par bien des côtés.


Je viens de commencer à ré-écouter Karajan (Tebaldi/Bergonzi) et c'est à mes oreilles d'un niveau tout autre d'engagement et de beauté vocale drunken.
Par contre, c'est cette version que j'ai emprunté :

J'entends pas mal de souffle pour la date d'enregistrement. Est-ce que la dernière ré-édition propose un gain substantiel?


Dernière édition par Polyeucte le 29/10/2015, 10:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   29/10/2015, 10:12

C'est très juste ce que tu dis sur Kauffman (je parle en général, pas de cet enregistrement, que je n'ai pas écouté), par "uniformément sombre". Et par "blanc" j'imagine que tu parles du détimbrage (dont il s'est fait la spécialité, et qui semble mettre la lyricosphère en émotion) qu'il est obligé de produire pour nuancer.

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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   29/10/2015, 10:17

Cololi a écrit:
C'est très juste ce que tu dis sur Kauffman (je parle en général, pas de cet enregistrement, que je n'ai pas écouté), par "uniformément sombre". Et par "blanc" j'imagine que tu parles du détimbrage (dont il s'est fait la spécialité, et qui semble mettre la lyricosphère en émotion) qu'il est obligé de produire pour nuancer.

Oui, c'est ça... le détimbrage assez systématique... qu'il le fasse par moment, bien sûr. Mais là il y a un côté un peu systématique quand il allège qui me pose soucis (un peu comme le passage en voix de tête dans les mêmes circonstances d'un certain ténor français dont je ne citerai pas le nom hehe)
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   29/10/2015, 10:43

Polyeucte a écrit:
Cololi a écrit:
C'est très juste ce que tu dis sur Kauffman (je parle en général, pas de cet enregistrement, que je n'ai pas écouté), par "uniformément sombre". Et par "blanc" j'imagine que tu parles du détimbrage (dont il s'est fait la spécialité, et qui semble mettre la lyricosphère en émotion) qu'il est obligé de produire pour nuancer.

Oui, c'est ça... le détimbrage assez systématique... qu'il le fasse par moment, bien sûr. Mais là il y a un côté un peu systématique quand il allège qui me pose soucis (un peu comme le passage en voix de tête dans les mêmes circonstances d'un certain ténor français dont je ne citerai pas le nom hehe)

Le sib diminuendo timbré en voix pleine c'est l'idéal, on est d'accord.
Après quand le ténor ne sait pas le faire (ce qui est le cas de Kauffmann et Alagna) ... que vaut il mieux ?
1 / Un sib2 au lieu d'un sib3. Pas la solution selon moi ... car ça brise la ligne montante.
2 / Un sib en fausset (Alagna). Evidemment pas l'idéal ... mais au moins on est dans la bonne intention.
3 / Un sib détimbré (Kauffmann). C'est non ^^.
4 / Un sib plein pot (Domingo). Volonté glotto affichée moi j'aime quand même bien mais bon c'est le mal

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