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 Verdi - AIDA

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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Jeu 29 Oct 2015 - 10:50

Cololi a écrit:
Le sib diminuendo timbré en voix pleine c'est l'idéal, on est d'accord.

Mais justement, sur cette note là, ça ne me pose pas de soucis ce que fait Kaufmann. C'est un exercice de style très studio. Pourquoi pas...

Citation :
Après quand le ténor ne sait pas le faire (ce qui est le cas de Kauffmann et Alagna) ... que vaut il mieux ?
1 / Un sib2 au lieu d'un sib3. Pas la solution selon moi ... car ça brise la ligne montante.
2 / Un sib en fausset (Alagna). Evidemment pas l'idéal ... mais au moins on est dans la bonne intention.
3 / Un sib détimbré (Kauffmann). C'est non ^^.
4 / Un sib plein pot (Domingo). Volonté glotto affichée moi j'aime quand même bien mais bon c'est le mal

Pour moi soit on fait moitié plein pot à la Vickers (qui essaye mais n'y arrive pas totalement. C'est étrange mais il ne claironne pas). Ou sinon on s'appelle Bergonzi et on fait un si bémol crescendo délicat (parti du pianissimo vers le mezzo-forte). Vraiment très beau! drunken

Ou sinon plein pot à la Del Monaco! bounce bounce
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Otello
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Jeu 29 Oct 2015 - 12:13

Cololi a écrit:
Le sib diminuendo timbré en voix pleine c'est l'idéal, on est d'accord.
donc bravo à Franco Corelli qui, lui, le fait!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Jeu 29 Oct 2015 - 12:56

Pappano et autres références

Polyeucte a écrit:
Un Vickers (ben oui...) donnait à mon sens une interprétation tout aussi complexe mais avec des moments de gloire que ne propose pas Kaufmann.

Le Vickers de San Francisco est plutôt léger et insouciant… Celui de Solti est grimaçant, c'est encore autre chose. Mr. Green


Citation :
Du coup, j'ai du mal à comprendre qu'on puisse parler de "référence"... comment placer cette intégrale à côté de version comme Solti (L. Price, Vickers, Gorr, Merrill) ou Karajan (Tebaldi, Bergonzi, Simionato, MacNeil)?

Solti, c'est bruyant et hurlé. Avec une distribution féminine identique (et Bergonzi, Sereni, Siepi, pas vraiment de quoi perdre au change !), il est autrement sobre et mordant au Met… ma référence perso.

Sinon, on peut très bien mettre Pappano sur le même pied que celles que tu cites, parce que la perspective est totalement différente : les voix sont très en avant, l'orchestre un peu raide pour Karajan I, par exemple… Si on veut une version moderne, Pappano offre une perspective plus intimiste que Karajan II (que j'aime néanmoins davantage à tous les étages), et un engagement sans comparaison avec les ternissimes Muti et Abbado qui ont longtemps dominé les bacs.
Donc ça se justifie assez facilement, ce n'est pas comme si on croulait sous les studios récents (et si on ajoute la composante des grandes voix et de l'investissement général, il faut remonter assez loin…).


Citation :
Pourquoi ne pas avoir plutôt fait appel à une Westbroek par exemple si on voulait vraiment donner une prise de rôle et une partenaire régulière de Kaufmann?

Westbroek dans Verdi, sérieusement ? Confused Ce serait du texte très flou, et uninstrument très large et flottant. Je l'aime beaucoup, mais sa technique n'est pas du tout taillée pour ça. Et a fortiori alors qu'elle est en train de perdre ses aigus…


Citation :
Pourquoi de même ne pas avoir proposé à un Hvorostovsky de chanter Amonasro?

Tézier n'était pas un mauvais choix sur le papier, mais il semble effectivement en méforme (même l'italien est mauvais, ce qui n'est pas le cas d'ordinaire).


Citation :
Je viens de commencer à ré-écouter Karajan (Tebaldi/Bergonzi) et c'est à mes oreilles d'un niveau tout autre d'engagement et de beauté vocale drunken.

Si tu veux mieux que Tebaldi-Bergonzi, tu peux continuer à chercher longtemps, quand même…


Citation :
Par contre, c'est cette version que j'ai emprunté :

J'entends pas mal de souffle pour la date d'enregistrement. Est-ce que la dernière ré-édition propose un gain substantiel?

J'écoute surtout la dernière réédition (ou celles antérieures à l'autre que tu cites), et je n'entends pas de souffle, mais comme je suis assez peu sensible à ça…
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Jeu 29 Oct 2015 - 13:05

DavidLeMarrec a écrit:
Le Vickers de San Francisco est plutôt léger et insouciant… Celui de Solti est grimaçant, c'est encore autre chose. Mr. Green

Oui, mais je compare avec des studios... et bon, en studio il est quand même loin d'être grimaçant...


Citation :
Solti, c'est bruyant et hurlé. Avec une distribution féminine identique (et Bergonzi, Sereni, Siepi, pas vraiment de quoi perdre au change !), il est autrement sobre et mordant au Met… ma référence perso.
Euh... bruyant et hurlé carrément?

Citation :
Sinon, on peut très bien mettre Pappano sur le même pied que celles que tu cites, parce que la perspective est totalement différente : les voix sont très en avant, l'orchestre un peu raide pour Karajan I, par exemple… Si on veut une version moderne, Pappano offre une perspective plus intimiste que Karajan II (que j'aime néanmoins davantage à tous les étages), et un engagement sans comparaison avec les ternissimes Muti et Abbado qui ont longtemps dominé les bacs.
Donc ça se justifie assez facilement, ce n'est pas comme si on croulait sous les studios récents (et si on ajoute la composante des grandes voix et de l'investissement général, il faut remonter assez loin…).

En tant que référence moderne pourquoi pas... mais au delà, je ne comprends pas trop. Surtout vu les réserves sur l'Aïda (qui ne sont pas comme celles que j'ai sur Kaufmann).


Citation :
Westbroek dans Verdi, sérieusement ?  Confused  Ce serait du texte très flou, et uninstrument très large et flottant. Je l'aime beaucoup, mais sa technique n'est pas du tout taillée pour ça. Et a fortiori alors qu'elle est en train de perdre ses aigus…

Bon, d'accord, c'est un peu risqué, mais honnêtement, je pense que j'aurais préféré Confused
Mais je cherchai une qui a pas mal chanté avec Kaufmann.


Citation :
Tézier n'était pas un mauvais choix sur le papier, mais il semble effectivement en méforme (même l'italien est mauvais, ce qui n'est pas le cas d'ordinaire).
Oui, sur le papier... mais le résultat est vraiment terne.


Citation :
Si tu veux mieux que Tebaldi-Bergonzi, tu peux continuer à chercher longtemps, quand même…
Non, pas mieux... mais aussi intéressant...


Citation :
J'écoute surtout la dernière réédition (ou celles antérieures à l'autre que tu cites), et je n'entends pas de souffle, mais comme je suis assez peu sensible à ça…  

Bon, à voir alors... merci!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Jeu 29 Oct 2015 - 13:08

Diminuendi et détimbrages

Justement, ce que j'aime chez Kaufmann, c'est que pour faire les nuances, il accepte de détimbrer… Dans le lied, il peut faire des concerts entiers où il ne timbre presque jamais… Pour moi, c'est la marque d'un artiste respectueux et sensible, qui sacrifie la satisfaction immédiate du public à l'interprétation des œuvres (il aurait tout hurlé, le public aurait été d'autant plus enchanté).

Néanmoins, oui, c'est mieux quand c'est timbré, il a beaucoup travaillé dessus le fait beaucoup moins, il utilise la voix mixte ou fait des nuances fines en voix pleine, c'est bien mieux. Mais s'il doit choisir entre ne pas faire la nuance et détimbrer, c'est toujours la partition qui gagne, et je le respecte pour ça.

Sinon, le si bémol final, je m'en moque assez, moi ce sont plutôt les phrasés de l'air que je trouve souvent éléphantesques (Corelli) et ça, ça me gêne.

Contrairement à ce que vous dites, Kaufmann ne le détimbre pas, d'ailleurs : il l'attaque relativement doucement en voix pleine, le diminue en voix pleine, et ce n'est qu'à la fin du morendo qu'il détimbre. C'est un de ceux qui respectent le mieux le caractère écrit de ce moment, même si le souffle sur la fin de la note n'est pas forcément joli, j'en conviens.


Otello a écrit:
Cololi a écrit:
Le sib diminuendo timbré en voix pleine c'est l'idéal, on est d'accord.
donc bravo à Franco Corelli qui, lui, le fait!

Ce diminuendo est une légende urbaine. C'est tout le dernier phrasé (« vicino al sol ») qui est noté morendo, autrement dit la voix est déjà en train de s'éteindre, on n'est pas censé attaquer le si bémol de façon puissante. À mon avis, vu la taille de la voix et la configuration du phrasé, ça implique forcément la voix mixte (voire un quasi-fausset), il s'agit de transmettre cette impression de rêve délicat que doit porter l'air, en principe…

Ça n'a donc rien d'un tour de force avec hypernuanciation de l'aigu en voix pleine. Corelli est donc tout aussi hors sujet que les copains, même s'il est très impressionnant. Et puis ses portamenti baveux et ultra-appuyés pendant tout l'air, non merci… (et pourtant, c'est l'un des rares enregistrements où j'aime – beaucoup – Corelli)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Jeu 29 Oct 2015 - 13:12

@ Polyeucte :

Oui, comme référence moderne seulement si tu veux. (Moi je trouve Harteros moins bovine que d'ordinaire, et vu que le rôle est difficile à habiter, ça me suffit. Mais oui, ce n'est ni chaleureux vocalement ni frémissant dramatiquement, c'est sûr.)

Vickers est déjà très nasal et déséquilibré dans son studio avec Solti.

Citation :
Euh... bruyant et hurlé carrément?

Voyons : Price mal tenue, Vickers dans sa mauvaise bascule, Gorr avec des aigus, Merrill dans un rôle sans nuances, Solti en studio dans les années 60… Non, ce doit être du lied, j'ai dû me tromper. Basketball
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malko
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Jeu 29 Oct 2015 - 13:32

DavidLeMarrec a écrit:
Diminuendi et détimbrages

Corelli est donc tout aussi hors sujet que les copains, même s'il est très impressionnant.…   

Oui... N'empêche, c'est bien céleste à l'écoute.
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Patzak
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Jeu 29 Oct 2015 - 17:57

DavidLeMarrec a écrit:
Pappano et autres références
Citation :
Je viens de commencer à ré-écouter Karajan (Tebaldi/Bergonzi) et c'est à mes oreilles d'un niveau tout autre d'engagement et de beauté vocale drunken.

Si tu veux mieux que Tebaldi-Bergonzi, tu peux continuer à chercher longtemps, quand même…
 

Milanov-Bjorling chez Perlea (ma version préférée, avec Solti, d'assez loin)
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André
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Ven 30 Oct 2015 - 0:53

Karajan II tient le haut du pavé pour une version d'ensemble super impressionnante avec des défauts, mais dans laquelle l'ardoise est largement positive. Freni crie et Carreras s'égosille, mais quelles nuances dans le medium et les nuances pp sunny . Tendresse et fragilité sont au rendez-vous plus que partout ailleurs. Superbes voix graves, y compris l'Amneris venimeuse et abattue de Baltsa. Plus qu'ailleurs les choeurs et l'orchestre surdimensionnés exaltent la partition "grand public" la plus fouillée de Verdi.

Je viens de mettre sur la platine la version Karajan I (Decca, coffret de tous les opéras, paru pour le bicentenaire). Je ne détecte pratiquement pas de souffle de bande et ce, même avec les écouteurs.

Silence: on joue ! farao

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André
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Ven 30 Oct 2015 - 1:44

Ça commence mal .

J'en suis au Deuxième acte et, plus que jamais, le Premier m'a fait l'effet d'une difficile et studieuse mise en place. Karajan s'empêtre dans les rythmes, accélérant par moments comme pour s'excuser de traîner la plupart du temps. Entre les deux extrêmes il semble adopter un pas d'amble égal et invariable. La voix de Bergonzi est placée bien bas (il commença sa carrière comme baryton), ce qui le prive du 'squillo' indispensable dans sa première intervention et son air (le seul). Il s'y permet aussi des prises d'air bien placées mais faciles à déceler.

Les voix du Roi et de Ramfis sont superbes: bien différenciées et bien caractérisées. On peut compter sur Corena pour donner du mordant au timbre et une sorte de souffle brûlant à son personnage. Tout un Roi ! Pour ce qui est de Tebaldi, elle est excellente mais nettement moins intéressante que dans son précédent enregistrement (Erede 1953, Decca), un des meilleurs de la discographie. Simionato en Amneris a la voix, le caractère, le volume et la projection requises. C'est en partie un problème: on a l'impression qu'elle boufferait Amneris au petit-déjeuner. Plus une MILF qu'une jeune princesse amoureuse.

Bref: on chante, mais on ne joue pas (pas beaucoup en tout cas). Bon, la scène du Triomphe commence, je continuerai plus tard.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Ven 30 Oct 2015 - 13:03

Patzak a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Pappano et autres références
Citation :
Je viens de commencer à ré-écouter Karajan (Tebaldi/Bergonzi) et c'est à mes oreilles d'un niveau tout autre d'engagement et de beauté vocale drunken.

Si tu veux mieux que Tebaldi-Bergonzi, tu peux continuer à chercher longtemps, quand même…

Milanov-Bjorling chez Perlea (ma version préférée, avec Solti, d'assez loin)

Mon. Dieu.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Ven 30 Oct 2015 - 14:22

André a écrit:
La voix de Bergonzi est placée bien bas (il commença sa carrière comme baryton), ce qui le prive du 'squillo' indispensable dans sa première intervention et son air (le seul).

Ah, à cette date, la voix a encore plein d'éclat, pourtant. Elle n'est pas placée bas, il plafonne parce qu'il couvre en arrondissant beaucoup, si bien qu'il est parfois un brin bas (mais jamais dans cet enregistrement). Ça reste très véniel par rapport à la juvénilité et la distinction de ce qu'il campe. Autant dans ses studios de rôles héroïques un peu plus tardifs (Carlo d'Espagne, Ernani, Carlo Moor), il peut paraître un peu gentiment ventripotent, autant sur scène (et dans aucun de ses Radames), jamais.
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André
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Ven 30 Oct 2015 - 23:04

Placé bas, plafonné, bas du plafond... hehe  C'est en tout cas pas éclatant comme je le voudrais dans le rôle. J'ai écouté le disque I hier, j'écoute le II ce soir. La fin de l'Acte du Nil dévoilera comment se tire Bergonzi d'affaire avec ses aigus (des La je crois). Ça prend du panache  ! rambo

Deux heures plus tard (...)

Le disque II commence avec 'O Re, pei sacre numi' (Radamès, Acte II, scène 2). La fin de la scène du Triomphe est bonne, mais il y manque l'élan, la pulsation que Karajan y insufflerait 20 ans après. Mais c'est très bon. L'Acte du Nil commence trèa bien. Ramfis-van Mill et Aida-Tebaldi sont excellents. La Tebaldi, capable de ravissantes notes aigues pianissimo ('fuggiam') décide de terminer O Patria mia en force, déclenchant embouteillages et pannes de courant avec une montée sur le contre ut final qui se termine molto fortissimo. Elle se rattrappe dans le duo avec Radamès ('Pur ti riveggo, mia dolce Aida'), dans lequel elle donne une leçon de chant qui vaut le prix du disque (ou tout au moins d'un disque d'extraits). Quelle voix crémeuse, pleine et pure . La fin de l'acte est OK. Amonasro-MacNeill est un peu en-dessous des exigences dramatiques de cette scène, et Bergonzi un peu trop empâté. Voilà un Radamès légèrement gras du bide, avec les sourcils marqués au crayon et de lourds colliers d'or au cou. Il doit conduire son armée de l'arrière, debout dans un char tiré par de magnifiques coursiers.
....................................
Acte IV: Le séjour en prison a dû lui faire du bien, car il démontre une mâle résistance dans sa confrontation avec Amneris-Simionato.  Malgré tout je préfère la morgue de Corelli et le désespoir érotique de Carreras. Simionato est terrifiante de santé vocale (44 ans lors de cet enregistrement, la meilleure décade d'une bonne mezzo). La scène du Jugement démontre les qualités de chef de Karajan. Les méandres de la partition (la partie des cordes graves du début zen ), les subtilités de l'orchestration (des roulements de grosse caisse pour symboliser le silence de Radamès !!), l'adéquation parfaite voix-orchestre (textures sombres mais transparentes) concourent à faire de cette scène le noeud dramatique et musical de l'action. Curiosité: plusieurs interprétations terminent cette scène par un retentissant coup de gong, dont les harmoniques résonnent longuement sur le dernier accord. Karajan (dans ses deux versions) n'en a que faire: l'effet est étouffé et rapidement noyé dans cet accord final. Pourquoi se priver d'un tel climax sonore ? Après cela, la scène finale apparaît un peu convenue. Bergonzi et Tebaldi y chantent divinement, mais avec retenue. On n'y sent pas l'abandon et l'extase amoureuse de plusieurs autres couples d'amants maudits.

J'avais cette version sur cassette Decca il y a fort longtemps. Sur deux disques, à l'intérieur d'un gros coffret fort bien pourvu, et comblant un vide sur mes étagères, je suis très satisfait de cette version, au surcroît fort bien enregistrée.
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André
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Mar 5 Avr 2016 - 2:11



Cette version fameuse a été remastérisée par Sony. L'enregistrement original avait été sonorisé par Lewis Layton, un technicien légendaire. C'est la première fois que j'entends cette version, je ne peux donc comparer avec les vinyles ou avec le mastering de Naxos (Mark Obert-Thorn). En un mot comme en cent, c'est excellent, meilleur à mon sens que Solti sur Decca (1961, même producteur, même ingénieur du son, même orchestre et lieu d'enregistrement) ou Serafin sur EMI (fait la même année, 1955).

Côté interprètes j'ai des réserves. Bjoerling commence bien mal avec une prestation éprouvante dans Celeste Aida. Tout du long on entend qu'il enfle la voix pour 'faire Radamès'. Ce faisant la beauté de son timbre est sacrifiée pour une augmentation de volume. La ligne vocale est plusieurs fois 'coupée' pour une prise d'air. C'est un peu grossier techniquement.

Barbieri a de la puissance en réserve, mais son Amneris me fait penser à ma tante Charlotte. Meuhhhh. Milanov appartient à la même école de chant, mais elle part d'un matériau de très grande qualité. Son 'Ritorna vincitor' est agité et fait penser à du Theda Bara (si celle-ci n'avait pas été une star du muet). Encore une fois, le timbre peut être très beau (Tebaldi n'est pas loin), mais elle le défigure parfois au profit d'une déclamation trop théâtrale.

Le Ramfis de Christoff est remarquable: timbre sombre, incisif, un acteur né. Que demander de plus ? L'Amonasro de Warren est très, très bon. Sa fille n'a qu'à bien se tenir dans l'Acte du Nil  fesse

Aucune réserve en ce qui concerne la direction et l'exécution. Pour moi le rythme est bien présent, ça n'est pas mou du genou, sans devenir spastique comme chez Solti ou grandioooooose comme chez Karajan I (Decca). Perlea est en contrôle mais ne cherche pas à faire plus gros et plus fort que ses compétiteurs. La direction d'orchestre de 1953-55 (Erede, Serafin, Perlea) me semble plus naturelle et agréable que ce qui allait suivre à partir de Karajan et Solti.

Sans ratiociner, je trouve que c'est une très belle Aida, avec les réserves vocales habituelles (après tout aucun enregistrement n'est parfait à cet égard).



Theda Bara

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bAlexb
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Mar 5 Avr 2016 - 9:37

André a écrit:
Milanov appartient à la même école de chant, mais elle part d'un matériau de très grande qualité. Son 'Ritorna vincitor' est agité et fait penser à du Theda Bara (si celle-ci n'avait pas été une star du muet). Encore une fois, le timbre peut être très beau (Tebaldi n'est pas loin), mais elle le défigure parfois au profit d'une déclamation trop théâtrale.

Ni tout à fait la même génération, ni surtout la même école (Milanov "fabriquée" dans les Balkans avec, sans doute, une fièvre autre que la culture du chant "haut" inculquée par Melis à Tebaldi) ; et ça ne compte sans doute pas pour peu dans l'appréciation de leurs interprétations respectives. Etant entendu, de toute façon, que Milanov est à chercher, à mon avis, dans la décennie 40 et, de préférence, en scène où elle instille un son phénoménal, d'une justesse d'intuition sidérante dans un moule dramatique altier, puissant (ou le contraire : elle instille un son altier, puissant dans un cadre dramatique phénoménal, d'une justesse d'intuition sidérante ?).
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 21 Aoû 2016 - 10:25

"Marche triomphale ou marche au supplice ?" demande l'article : http://www.forumopera.com/verdi-aida-marche-triomphale-ou-marche-au-supplice . Quelqu'un a écouté ?
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 21 Aoû 2016 - 11:18

Rien qu'à cause de Bocelli en Radamès, je dirais marche au supplice. Je ne comprends pas que les majors continuent à faire confiance à ce pseudo artiste lyrique; et je comprends encore moins que des artistes reconnus se fourvoient à chanter avec lui. Puisque nous parlons dans un autre sujet de la regrettée Daniela Dessi, son compagnon, Fabio Armiliato, n'est pas forcément un foudre de guerre mais il donne au moins quelque chose à entendre dans ce même rôle
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 21 Aoû 2016 - 11:22

luisa miller a écrit:
Rien qu'à cause de Bocelli en Radamès, je dirais marche au supplice. Je ne comprends pas que les majors continuent à faire confiance à ce pseudo artiste lyrique; et je comprends encore moins que des artistes reconnus se fourvoient à chanter avec lui. Puisque nous parlons dans un autre sujet de la regrettée Daniela Dessi, son compagnon, Fabio Armiliato, n'est pas forcément un foudre de guerre mais il donne au moins quelque chose à entendre dans ce même rôle

D'ailleurs...
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Rubato
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 21 Aoû 2016 - 11:36

bAlexb a écrit:
"Marche triomphale ou marche au supplice ?" demande l'article : http://www.forumopera.com/verdi-aida-marche-triomphale-ou-marche-au-supplice . Quelqu'un a écouté ?

...et une autre critique bien différente ICI

Good Bad
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 21 Aoû 2016 - 12:53

Rubato a écrit:
bAlexb a écrit:
"Marche triomphale ou marche au supplice ?" demande l'article : http://www.forumopera.com/verdi-aida-marche-triomphale-ou-marche-au-supplice . Quelqu'un a écouté ?

...et une autre critique bien différente ICI

Good Bad

Justement, c'est bien pour ça que je demandais si quelqu'un, ici, avait déjà eu l'enregistrement en main Wink .
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Patzak
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 21 Aoû 2016 - 19:50

André a écrit:

Bjoerling commence bien mal avec une prestation éprouvante dans Celeste Aida. Tout du long on entend qu'il enfle la voix pour 'faire Radamès'. Ce faisant la beauté de son timbre est sacrifiée pour une augmentation de volume. La ligne vocale est plusieurs fois 'coupée' pour une prise d'air. C'est un peu grossier techniquement.

Bjoerling grossier techniquement? Hmmm. En tout cas, je n'entends pas une prestation éprouvante ni une voix gonflée. Il chante avec sa voix, plus légère que Vickers ou Kauffman, mais sans jamais forcer (ni ici, ni ailleurs: Bjoerling ne force jamais sa magnifique voix).

D'accord avec toi pour Milanov, Warren, Christoff, Perlea, excellents (meme si Milanov n'est plus tres jeune, évidemment. En fait, ca ajoute à son charme pour moi.).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 21 Aoû 2016 - 20:07

Contrairement à d'autres volets Bocelli, ce n'est pas vraiment intéressant : il y a des cas où le climat général (Roméo, remarquable !) ou les partenaires (Trovatore) permettent de se faire plaisir, mais ici, le rôle expose plutôt les limites de Bocelli (et toujours ce déséquilibre très audible entre sa piste et celles des partenaires), Mehta dirige comme il le fait depuis trente ans, sans trop se poser de questions, et l'entourage n'est pas tel qu'il incite à pousser très loin.

Je n'ai pas tout écouté, honnêtement, mais ce n'est pas particulièrement intéressant. Cela dit, ça s'écoute très bien, si on n'avait que celui-là, on serait très content. C'est toujours pareil : Bocelli paraît en deçà des standards vocaux des grands ténors, mais il fait les notes, et plutôt joliment (pour les phrasés, c'est en général plus relâché, mais pas infâme non plus). Et comme les autres sont des pros aguerris, ça roule.
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Otello
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Lun 22 Aoû 2016 - 16:47

bAlexb a écrit:
Rubato a écrit:
bAlexb a écrit:
"Marche triomphale ou marche au supplice ?" demande l'article : http://www.forumopera.com/verdi-aida-marche-triomphale-ou-marche-au-supplice . Quelqu'un a écouté ?
...et une autre critique bien différente ICI

Good Bad
Justement, c'est bien pour ça que je demandais si quelqu'un, ici, avait déjà eu l'enregistrement en main Wink .
La vérité se situe entre les 2.
Mehta est plutôt bon dans le sens qu'il tire des couleurs fort belles de son orchestre et qu'il fait preuve d'un sens certain de l'architecture sonore. Il est par ailleurs très bien servi par une prise de son flatteuse. En revanche certains tempi relèvent de choix surprenants qui n'évitent pas les lenteurs ni quelques lourdeurs...
Disons que si on le compare à lui-même dans sa première version (EMI avec Nilsson et Corelli), sa direction, certes toujours très belle, s'est un peu empâtée. Et si on le compare à Pappano, chef de la précédente parution intégrale d'Aida, alors là ça devient encore plus difficile pour lui, tant Pappano déploie génialement la tension dramatique de l'oeuvre avec un sens encore plus aigu de l'architecture orchestrale.
La distribution vocale a quelques mérites certains mais elle ne peut nullement soutenir la comparaison avec les grandes versions de la discographie, fort nombreuses (car, contrairement à ce que raconte M. Joucken, Aida est un opéra qui a eu beaucoup de chance au disque et les versions qu'il cite en fin d'article ne sont, certes, pas idéales, mais en rien ratées!) et à plus forte raison, encore moins avec celle de Pappano!
Giorgio Giuseppini est un Roi de belle facture au timbre séduisant et au style irréprochable.
Carlo Colombara est un Ramfis efficace et sonore mais le timbre devient grisâtre.
Ambrogio Maestri, dont la voix est assez belle, chante Amonasro avec conviction et même une certaine violence qui confine parfois le personnage dans une méchanceté un peu caricaturale. Pourquoi pas ? On a toutefois connu interprètes un peu plus subtils ...
Veronica Simoeni est irréprochable en Amnéris. C'est très bien chanté, ça c'est assez incontestable mais sa voix n'est pas plus marquante que ça.
Avec Kristin Lewis, les choses commencent à se gâter sérieusement: il y a avec elle, de vrais moyens vocaux qui, disciplinés, pourraient faire des merveilles. Manque de pot, voilà un chant qui est tout sauf discipliné: prises de respirations incongrues, aigus vrillés, piani vacillants, vibrato aléatoire sont les marques d'une technique vocale à reprendre de fond en comble! Par ailleurs, il me semble difficile de percevoir dans sa prestation le début de l'ébauche de l'esquisse d'une incarnation dramatique.
Enfin Bocelli! Son Radamès est d'emblée disqualifié de par la nature même de sa voix et la "couleur" de son timbre. Tout dans cette voix n'est que trame de voix de ténor: le chant ne fait entendre qu'une succession de sons fades et applatis. Il manque une vraie voix de ténor d'opéra!!! Comme dans toutes ses intégrales lyriques, Turandot et Manon lescaut compris!! On a affaire, une fois de plus, à un talentueux chanteur de variétés qui s'est senti, à tort, adoubé par Pavarotti et par Corelli (auprès de qui il a pris quelques leçons de chant!) mais qui n'a jamais été et ne sera jamais détenteur d'authentiques moyens vocaux propres à l'art lyrique!
Pour autant, si l'on tient à être objectif jusqu'au bout, et tout en considérant que les opinions de M. Schmitt sur Bocelli ne valent pas un pet de coucou de Moldavie, il faut reconnaitre que l'analyse de M. Joucken est assez infondée: Le vibrato de Bocelli n'est en rien catastrophique, la voix reste stable tout au long de cette version et il n'y a aucune fâcherie avec la justesse. Venir raconter que Radamès convient beaucoup moins à Bocelli que Calaf ou Des Grieux, c'est grotesque! Comme si ces 2 derniers rôles étaient d'une facilité confondante par rapport à celui de Radamès! Ces 3 rôles ont des exigences vocales extrêmement fortes et Bocelli n'est naturellement équipé pour aucun! Depuis que Bocelli enregistre des opéras, il n'y a eu aucune vraie dégradation vocale mais également aucune adéquation vocale!
Pour conclure: on peut écouter cette Aida pour ses quelques qualités et rester curieux de la "chose Bocelli" mais il est évident qu'en sortant cette version un an après celle de Pappano, Mehta ne joue absolument pas dans la même cour!
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Ven 23 Sep 2016 - 13:22

Après une découverte moyennement convaincante, je me suis remis l'Aïda de Pappano à l'écoute vu les commentaires extrêmement positifs de certains...
Et bon, je ne comprends toujours pas l’enthousiasme débordant.
Entendons-nous bien, c'est une assez bonne version. Mais il y a pas mal de choses qui me posent problème, au premier rang desquels se trouve quand même Harteros qui semble luter avec la tessiture par moment, notamment dans l'air du Nil où chaque montée à l'aigu est un supplice! Comment on a pu laisser passer ce genre de choses pour un enregistrement studio qui se veut de prestige?? (pareil pour les bruis parasites réguliers...)

Pappano dirige avec une certaine routine je trouve, sans la fougue d'un Noseda ou les nuances d'un Jordan (j'ai ré-écouté l'autre jour la bande de la production de Py avec Alvarez... c'est dingue ce que propose Jordan!!).
Kaufmann est plutôt bon finalement, ne se réfugiant pas vers la grosse voix. Après j'ai toujours un peu de mal avec son timbre.
Shemensuk est assez transparente et inodore... comme pour son Azucena à Bastille je trouve.
Tézier manque de noirceur et chante avec trop de joliesse pour vraiment s'imposer! Entre Le Conte di Luna et Amonasro, on ne peut pas appliquer les mêmes recettes...
Schrott est impressionnant par contre de charisme! Un vrai fanatique comme il faut pour le rôle!

Du coup, je me demande si ils ont bien travaillé dans l'esprit d'un studio luxueux quand même car ils ont laissé passé des soucis importants je trouve.
ça donne une idée du chant actuel, c'est toujours bien. Mais si vraiment ils voulaient faire un produit grand luxe, c'était à Netrebko qu'il fallait proposer cette Aïda... c'était à Garança qu'il fallait proposer Amnéris...

Du coup, le produit pâlit devant sa légende auto-proclamée je trouve.
Dommage...
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Sam 24 Sep 2016 - 9:13

Pour moi la version Pappano s'écoute mais s'oublie assez vite aussi.
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Patzak
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 2 Oct 2016 - 14:11

Polyeucte a écrit:
Après une découverte moyennement convaincante, je me suis remis l'Aïda de Pappano à l'écoute vu les commentaires extrêmement positifs de certains...
Et bon, je ne comprends toujours pas l’enthousiasme débordant.
Entendons-nous bien, c'est une assez bonne version. Mais il y a pas mal de choses qui me posent problème, au premier rang desquels se trouve quand même Harteros qui semble luter avec la tessiture par moment, notamment dans l'air du Nil où chaque montée à l'aigu est un supplice! Comment on a pu laisser passer ce genre de choses pour un enregistrement studio qui se veut de prestige?? (pareil pour les bruis parasites réguliers...)
(...)
Du coup, le produit pâlit devant sa légende auto-proclamée je trouve.
Dommage...

Je te trouve un peu sévère! C'est une belle version, qui fait entendre à peu près ce qu'on a de mieux aujourd'hui comme plateau verdien: il est ce qu'il est et n'égale pas des trios comme Milanov/Bjorling/Warren ou Ponselle/Lauri-Volpi/Tibbett, mais c'est autre chose. Pour moi c'est un bon studio moderne, et il n'y en a pas tant que ca. Pas trop d'accord sur les aigus difficiles d'Harteros: c'est vrai que l'avant-dernier aigu de "Oh patri mia" (je n'ai pas les numeros de mesure) n'est pas parfaitement réussi, mais le reste est impeccable, par exemple la tres belle derniere scene. Pas beaucoup de sopranos qui ne luttent pas sur une ou deux notes d'Aida (meme Price qui lutte sur quelques graves Smile). Bel orchestre, meme si Pappano n'a pas la férocité de Solti ou Toscanini que je préfère personnellement. Il me fait penser à Perlea.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 2 Oct 2016 - 15:20

Ah ben rien que pour le rôle titre, on a quand même beaucoup plus verdien et beau à mon avis avec Radvanovsky, Hui He ou Monastyrska par exemple...
Et ce qui me pose soucis, c'est que pour un produit studio grand luxe, on se retrouve quand même avec quelques approximations qu'il aurait été simple de corriger je pense!
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Patzak
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 2 Oct 2016 - 15:48

Polyeucte a écrit:
Ah ben rien que pour le rôle titre, on a quand même beaucoup plus verdien et beau à mon avis avec Radvanovsky, Hui He ou Monastyrska par exemple...
Et ce qui me pose soucis, c'est que pour un produit studio grand luxe, on se retrouve quand même avec quelques approximations qu'il aurait été simple de corriger je pense!

Je ne veux pas dire que Harteros est forcément mieux que ne seraient Netrebko ou Radvanovsky ou Stoyanova, juste qu'on est à peu pres au meilleur niveau d'aujourd'hui (avec quelques autres).

Je suis d'accord qu'il y a au quelques endroits qu'ils auraient pu affiner.
(En live ca devait dégager quand-meme...!)

Sinon, c'est une de ces prises de son à la Karajan où l'échelle dynamique est trop grande et il faut tout le temps changer le volume... Sad
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Dim 19 Mar 2017 - 17:45

Pas eu le courage d'écouter les actes 3 et 4 de cette version Pappano dont tout le monde dit tellement de bien.

Les points positifs

- Pappano excellent; il démontre, une fois de plus qu'il est un des meilleurs chefs d'opéra en activité. Il prend la partition en main dès la première note et maitrise à la perfection nuances et pièges qui la jalonnent.

- Schrott : Pas aussi percutant qu'un Ghiaurov, par exemple mais quelle voix et surtout quels progrès depuis la Carmen scaligère ou il avait été franchement mauvais en Escamillo. Bref un Ramfis très honorable

Les points neutres

- Shemensuk : Belle Amnéris mais je trouve la voix trop légère, pas assez noire pour le rôle.

- Fanale : Voix presque trop saine pour un rôle aussi court. Et pour quelqu'un qui fuit devant les redoutables guerriers éthiopiens ça manque cruellement de conviction tout ça.

- Kauffmann : Radamès entre deux je trouve. Belle voix certes mais monocorde pour un rôle aussi écrasant

Les points négatifs

- Harteros : Oui belle voix, technique impeccable mais j'ai très vite décroché tant je l'ai trouvé aussi froide qu'une plaque de marbre. En résumé : "Mais que suis je venue faire dans cette galère?" et du coup on s'e*****e.

- Tézier : J'ai redécouvert notre Ludovic national la semaine dernière lors de sa prise de rôle en Simon après une Favorite très mitigée en février 2013. Je me demande ce qui lui a pris d'accepter cette Aïda. Son Amonasro me semble complètement à l'ouest avec une voix bizarrement détimbrée et sans aucun intérêt dès l'air d'entrée lors du Triomphe.

Bref un cast de luxe qui ne rend pas complètement justice à Aïda malgré un chef des grands jours
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Bertrand67
Malheur, Gustave !
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MessageSujet: Re: Verdi - AIDA   Ven 21 Juil 2017 - 23:13

Bonsoir les amis. Mon disquaire favori propose une version que je ne connais pas. Un live au Concertgebouw avec l'orchestre du Wurtemberg dirigé par un certain Paternostro. Est ce que quelqu'un connaît ? Je suis assez aventureux en ce moment mais j'ai peur d'une version un peu trop sage.
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