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 Louis Couperin (et pas François)

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Jules Biron
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MessageSujet: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 18:39

Quelle discographie pour Louis Couperin ?

Pour les pièces de clavecin :
J'ai Noëlle Spieth que je viens juste de recevoir, mais je n'ai rien pour comparer. Le son du clavecin c'est pas mon préféré, un peu trop brillant et gras pour moi. Par contre, musicalement c'est sympa, des bons appuis sur les basses, un dessus et un dessous parfois délicieusement volontairement décalés.


(deux volumes)

J'ai hâte de découvrir ses Rameau, mais apparemment c'est introuvable...


Dernière édition par le Mer 16 Jan 2008 - 20:13, édité 1 fois
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Papageno
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 18:47

Je te conseillerai l'Office des Tenebres, pour la version , j'ai que Lesne ...Wink
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 18:48

Pour Louis Couperin, je me contenterai de parler des deux derniers interprètes que j'ai écoutés, le reste date un peu trop.

Il y a aussi Hogwood, mais je crois me souvenir d'un clavecin clair et un peu poli (mais ce n'était pas dans ces pièces).

Blandine Verlet est superbe comme d'habitude, avec un rubato ample, et toujours ce son très riche des clavecins qu'elle retient - ce qui, à titre personnel, me fatigue vite à l'écoute, trop riche précisément.

Assez peu français de style, Gustav Leonhardt propose une lecture nue, spartiate, mais où chaque chose est lisible. Les pièces sont livrées telles quelles, sans artifice. Ca ne danse pas, mais on comprend tout.
On doit pouvoir faire mieux, mais en attendant, j'aime beaucoup.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 18:50

Wolfy a écrit:
Je te conseillerai l'Office des Tenebres, pour la version , j'ai que Lesne ...Wink
Attention, il s'agit de François. Wink

Sinon, oui, c'est splendide, on en a parlé sur un autre fil - et Christie est formidable ici.
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Jorge
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 19:15

DavidLeMarrec a écrit:

Blandine Verlet est superbe comme d'habitude, avec un rubato ample, et toujours ce son très riche des clavecins qu'elle retient - ce qui, à titre personnel, me fatigue vite à l'écoute, trop riche précisément.

En effet, le clavecin est opulent et un peu trop clinquant. Je ne tiens pas non plus longtemps à l'écoute. Mais peut-être les oeuvres de Couperin, très riches -pour ne pas dire grasses-, y sont-elles pour quelque chose?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 19:25

Jorge a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:

Blandine Verlet est superbe comme d'habitude, avec un rubato ample, et toujours ce son très riche des clavecins qu'elle retient - ce qui, à titre personnel, me fatigue vite à l'écoute, trop riche précisément.

En effet, le clavecin est opulent et un peu trop clinquant. Je ne tiens pas non plus longtemps à l'écoute. Mais peut-être les oeuvres de Couperin, très riches -pour ne pas dire grasses-, y sont-elles pour quelque chose?
Je ne dirais pas clinquant, mais opulent, oui, il y a quelque chose d'une solennité de sénateur (non, je ne regarde pas les voeux de Poncelet, pourquoi ?), croulant sous les ors.

Je ne crois pas que ces oeuvres y soient pour quelque chose, parce qu'avec d'autres, ça s'écoute sans faim. De ce point de vue, Leonhardt est parfaitement diététique.
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Dr. Strangelove
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 19:31

Sur Musebaroque il y a une comparaison de plusieurs intégrals dans lequel celui que tu as prend la première position.

http://www.musebaroque.fr/Critiques/couperin_integrale_clavecin.htm

Enfin avec une vision assez différente je préfère tout de même Scott Ross.
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Dr. Strangelove
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 19:34

Au fait, quelqu'un a déjà entendu Hantaï dans Couperin ? Ca m'interesserait beaucoup.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 19:38

Dr. Strangelove a écrit:
Sur Musebaroque il y a une comparaison de plusieurs intégrals dans lequel celui que tu as prend la première position.

http://www.musebaroque.fr/Critiques/couperin_integrale_clavecin.htm

Enfin avec une vision assez différente je préfère tout de même Scott Ross.
Attention, Eragny a bien ouvert un fil sur Louis. Smile

Pour François, on en a parlé dans un autre fil. Pour ma part, je n'aime pas beaucoup le sérieux assez raide de Scott Ross ici, et Verlet finit par m'asphyxier avec ses sons splendides. Cummings & Ichise sont idéaux, et Rousset peut-être pâle, mais suffisamment allégé pour être écoutable sur la longue durée.
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Jules Biron
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 20:17

Merci Wink

Bon, je tiens à préciser d'ailleurs que Louis est quand même moins intéressant que François...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mer 16 Jan 2008 - 20:20

Pour le clavier, ça se discute... Pour le reste, ça ne se discute pas. Laughing

Mais ce que je préfère de Couperin, ce sont ses Leçons, donc...
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sofro
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Jeu 17 Jan 2008 - 21:57

DavidLeMarrec a écrit:
Assez peu français de style, Gustav Leonhardt propose une lecture nue, spartiate, mais où chaque chose est lisible. Les pièces sont livrées telles quelles, sans artifice. Ca ne danse pas, mais on comprend tout.
On doit pouvoir faire mieux, mais en attendant, j'aime beaucoup.
Une très belle version. Son style convient pour Louis, mais ne fait pas du tout l'affaire pour François. Un des points faibles de Leonardt, comme vous le soulignez avec raison, ce qui est le signe que vous avez pris la peine d'écouter c'est qu'il ne sait pas faire danser, il est relativement "coincé" et peu imaginatif. Par conséquent, ses François Couperin ne sont pas bons et se caractérisent par un certain manque d'humour et une incapacité à faire ressurgir le caractère de l'époque (comme sait si bien le faire B Verlet)
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Gesualdo
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Jeu 11 Nov 2010 - 23:25

J'ai depuis longtemps,le disque de G.Leonhardt,vraiment bien du reste.J'ai une passion inconditionnelle pour la Pavanne en fa# mineur.Partition sublime...Quelle version recommandez-vous?
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Froberger
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Ven 14 Oct 2011 - 0:24

Bien sûr, ma version préférée reste celle de Blandine Verlet.

Mais ayant entendu en concert Christophe Rousset l'autre jour, je me rends compte que son Louis Couperin est vraiment très inventif et très beau. Ce n'est pas exactement ce qu'il a gravé dans son dernier disque chez Aparté, ça a dû encore mûrir depuis, mais malgré cela, le disque d'Aparté est finalement assez intéressant, contrairement à ce que j'avais pensé lors de sa sortie.
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Hidraot
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Ven 21 Oct 2011 - 10:54

Tu l'avais fait peur effectivement au moment de la sortie de ces suites par Rousset, du coup j'avais écouté ça d'une oreille distraite sans m'y attarder. Ca fait quelques semaines que je m'y suis replongée et je trouve ça excellent. Il y a vraiment de bonnes idées et j'ai particulièrement accroché avec sa vision du prélude de la suite en fa majeur, de la passacaille de la suite en sol mineur et de la sarabande de la suite en la mineur.
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Froberger
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Dim 23 Oct 2011 - 0:43

Hidraot a écrit:
Tu m'avais fait peur effectivement au moment de la sortie de ces suites par Rousset, du coup j'avais écouté ça d'une oreille distraite sans m'y attarder. Ca fait quelques semaines que je m'y suis replongée et je trouve ça excellent. Il y a vraiment de bonnes idées et j'ai particulièrement accroché avec sa vision du prélude de la suite en fa majeur, de la passacaille de la suite en sol mineur et de la sarabande de la suite en la mineur.

Sur le disque, je n'aime toujours pas ses préludes non mesurés, je pense. Je ne me rappelle plus si au concert cela m'avait toujours frappé (il y avait quand même des évolutions notoires d'interprétation).

Par contre, c'est très marrant que tu mentionnes la passacaille de la suite en sol mineur, car c'est exactement l'un des morceaux qui m'a vraiment fait beaucoup d'effet !!!! Mr. Green Son choix de jouer cela de manière beaucoup plus enjouée, comme une danse. Comme ce morceaux est souvent joué à l'orgue, il est d'usage de le jouer avec un tempo relativement lent. Rousset accélère, et swingue l'inégalité française comme cela s'est rarement fait pour ce morceaux : le résultat est de rendre les répétitions hypnotiques (rappelons que chaque « cellule » est répétée deux fois, en général), et les modulations vraiment subtiles du thèmes sont encore plus mises en évidence. Sur le disque, vers la fin, il ralentit, par contre, beaucoup plus tôt que dans le concert, où je pense qu'à la place il était allé sur le second clavier avec le deuxième jeu de 8'.

Oui, et cela me rappelle qu'il utilise exploite vraiment bien les différentes registrations possibles de l'instrument.

Mais j'ai toujours du mal à écouter son Tombeau de Blancrocher. Je ne sais pas si lors du concert c'était vastement différent, ou si j'étais juste dans l'ambiance du concert, parce qu'au disque, sa façon exagérée d'arpéger les accords du premier mouvement est suffisante pour me refroidir complètement.
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Hidraot
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Dim 23 Oct 2011 - 0:52

Ah ? moi j'aime beaucoup ses préludes, je trouve ça très vaporeux drunken

Oui c'est tout à fait ça pour la passacaille ! Sûrement la meilleure version que j'ai entendu au clavecin d'ailleurs, je me suis même dit ben mince s'il avait dirigé la passacaille de Roland de cette manière ... hehe
Pour les registres et tout ... j'y connais rien, je te laisse entièrement juge.
Le tombeau est effectivement un peu caricatural, pas tellement accroché non plus.
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Froberger
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Dim 23 Oct 2011 - 1:01

Hidraot a écrit:
Ah ? moi j'aime beaucoup ses préludes, je trouve ça très vaporeux drunken
Connais-tu l'interprétation de Blandine Verlet ?

Hidraot a écrit:
Oui c'est tout à fait ça pour la passacaille ! Sûrement la meilleure version que j'ai entendu au clavecin d'ailleurs,
Oui, je le pense aussi.

Hidraot a écrit:
je me suis même dit ben mince s'il avait dirigé la passacaille de Roland de cette manière ... hehe
J'ai un peu peur que ça aurait donné la passacaille de Phaëton par Minkowski, quand même !! Laissons leur poésie aux passacailles/chaconnes de Lully Mr.Red
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Hidraot
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Lun 24 Oct 2011 - 20:43

Froberger a écrit:

Connais-tu l'interprétation de Blandine Verlet ?
Oui, mais je l'ai malheureusement égarée Shit Là on avait la délicatesse et la finesse en plus !


Citation :

J'ai un peu peur que ça aurait donné la passacaille de Phaëton par Minkowski, quand même !! Laissons leur poésie aux passacailles/chaconnes de Lully Mr.Red
C'est pas possible que ça atteigne ce niveau Mr. Green Oui mais là, j'aurais aimé un peu plus de verve ... enfin on est HS.
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Froberger
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Sam 10 Déc 2011 - 23:42

DavidLeMarrec a écrit:
Blandine Verlet est superbe comme d'habitude, avec un rubato ample, et toujours ce son très riche des clavecins qu'elle retient - ce qui, à titre personnel, me fatigue vite à l'écoute, trop riche précisément.

Hidraot a écrit:
Oui, mais je l'ai malheureusement égarée Shit Là on avait la délicatesse et la finesse en plus !

Jadis un de mes albums fétiches, cela faisait longtemps que je n'avais pas réécouté le Louis Couperin de Blandine Verlet (pour diverses raisons, mais dont aucune n'a à voir avec la qualité de l'interprétation), sauf le Tombeau.

C'est ce que je suis en train de faire, et je retombe amoureux avec Blandine Verlet à nouveau. Je pourrais partir en rhapsodie sur cette musique, tant la composition que l'interprétation. Mais je vais tenter de ne parler que l'interprétation, et plus même encore, je vais essayer de distiller ce qui la distingue incontestablement des autres enregistrements.

Je pense que Blandine Verlet conserve une partie du mystère typique de cette école du clavecin (deuxième école française, après Chambonnières, dont fait partie aussi Froberger, notamment caractérisé par un style brisé omniprésent directement inspiré du luth), mais le fait sans alourdir le propos. En conservant la légèreté/délicatesse, la poésie : la musique balance entre nostalgie et naïveté, hésitation et courage.

Contrairement aux interprétations récentes, par exemple de Christophe Rousset (dont j'ai concédé qu'elle n'était pas sans atouts), de Egarr (berk), ou de Bob van Asperen, qui — par au choix, des tempi trop rapides, des registrations trop chargées, un jeu trop maniéré, ou un clavecin trop riche (David, tu n'y es pas du tout sur la richesse excessive du clavecin de Verlet) — pêchent par excès.

Quoiqu'il en soit, ça me rappelle pourquoi j'ai pris l'habitude que Louis Couperin (et Froberger, et Frescobaldi) est (sont) mes compositeurs préférés. (Tiens, à part pour Frescobaldi, ils n'ont composé que du clavecin, curieux Mr. Green.)
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Altxp
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Dim 11 Déc 2011 - 6:48

Couperin c'est pas celui qui a une tombe ?
pété de rire bedo
(c'était sans intérêt je sais ...)
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Dim 30 Sep 2018 - 23:52


Nouvelles Suites de clavecin
Christophe Rousset (clavecin Ioannes Couchet, Anvers 1652; ravalé en France, 1701)
Paris, I.2018
Harmonia Mundi


D’abord un mot sur le titre de cet album, doublement fallacieux: il n’existe pas (comme chez Rameau) de recueil de Louis Couperin qui s’intitulerait «Nouvelles Suites»; en fait, il faudrait plutôt parler d’un nouveau volume de Pièces pour clavecin de Louis Couperin (organisées en suites par tonalité, suivant ainsi la pratique de certains manuscrits) par Christophe Rousset - après le volume enregistré par Aparté en 2009, les deux doubles CD constituant ainsi une intégrale.

Peu importe, cela dit, parce que ce nouveau volume est excellent. Certes, il y a dans ces Préludes non mesurés une régularité qui est à l’opposé de l’espèce de liberté échevelée et des sautes d’humeur de Blandine Verlet; et, comme souvent chez Rousset claveciniste soliste, les Allemandes, Gaillardes, Gigues, Menuets et Sarabandes gardent toujours quelque chose d’un peu carré, assez peu soucieux de ce caractère ludique et dansant qu’y met Sempé. Mais c’est que le propos de Rousset est tout autre: on sent à quel point chaque phrasé, chaque accent est pensé, pesé et creusé, et l’est dans une logique d’ensemble qui est celle d’un discours. C’est ainsi toute une rhétorique musicale qui s’articule ici - et avec une autorité, une maîtrise remarquables: les Chaconnes et des Passacailles se déploient ici avec une ampleur extraordinaire. Et cette éloquence non seulement convainc, mais sait aussi exalter (la façon dont le thème obsédant de la Chaconne 62 en ré majeur semble déplier ses modulations et ses syncopes!) Une lecture qu’on pourrait certes qualifier d’«intellectualiste» mais qui s’avère à l’écoute terriblement persuasive.

Lecture d’autant plus persuasive, que son «intellectualisme» est aussi très «incarné», bénéficiant de la riche matérialité d’un instrument somptueux (la collection dans laquelle ce disque est publié se veut d’ailleurs une sorte d’illustration sonore des plus belles pièces du Musée de la Musique.) Ce Ioannes Couchet ravalé en France se distingue par la densité de ses harmoniques, mais sans aucune saturation métallique (au contraire, même: on entend là comme une espèce de patine, et quelque chose boisé dans la résonance - une sonorité vraiment très singulière), qui autorise des effets de textures et de quasi strates inhabituels au clavecin. (Cela dit, le Louis Denis utilisé dans le volume Aparté permettait d’aller encore plus loin dans la recherche paradoxale d’une sonorité «organique» au clavecin, avec des timbres très sombres et des textures presque pianistiques.)

Bref, même si je conserve une tendresse particulière pour l’ombrageuse imagination de Blandine Verlet (dans son intégrale chez Astrée - sur le même Rückers que l’anthologie Jacquet de La Guerre!) et pour l’austérité bourrue de Leonhardt (dans son anthologie Louis Couperin / Frescobaldi chez Alpha), l’alliance de la maîtrise rhétorique et de la riche matière sonore fait de ce nouvel enregistrement de Rousset un maître-disque.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Lun 1 Oct 2018 - 0:03

Rhétorique, oui, c'est le maître mot de ce que fait Rousset ici, tout chante, tout respire, tout est pensé de bout en bout, rien qui soit dû au simple réflexe d'un mouvement de danse connu. Très, très grand (et très comparable au volume Aparté).
D'accord avec toi sur Leonhardt et, comme mentionné ailleurs, mon faible va au lumineux et sobre Laurence Cummings. bounce

Je crois que le titre se veut un clin d'œil, et pas une description objective, mais en effet, ça m'a un peu troublé au début (on n'a que du vrac dans le legs de Louis Couperin, et on ne peut même pas vraiment dater selon la date des manuscrits transmis). En outre, dans le plus gros ensemble qui nous soit parvenu, tout est organisé en groupant les danses de même tonalité, donc pas sous forme de suites constituées, en effet.
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Cololi
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Lun 1 Oct 2018 - 18:08

Il faut écouter alors ?

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Lun 1 Oct 2018 - 18:17

Ah oui, absolument, aussi bien l'œuvre que l'intégrale Rousset ! C'est à la fois austère et très raffiné, ça devrait te plaire (et à mon avis cette interprétation tout particulièrement).
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Mandryka
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mar 2 Oct 2018 - 17:10

Benedictus a écrit:

Nouvelles Suites de clavecin
Christophe Rousset (clavecin Ioannes Couchet, Anvers 1652; ravalé en France, 1701)
Paris, I.2018
Harmonia Mundi


D’abord un mot sur le titre de cet album, doublement fallacieux: il n’existe pas (comme chez Rameau) de recueil de Louis Couperin qui s’intitulerait «Nouvelles Suites»; en fait, il faudrait plutôt parler d’un nouveau volume de Pièces pour clavecin de Louis Couperin (organisées en suites par tonalité, suivant ainsi la pratique de certains manuscrits) par Christophe Rousset - après le volume enregistré par Aparté en 2009, les deux doubles CD constituant ainsi une intégrale.

Peu importe, cela dit, parce que ce nouveau volume est excellent. Certes, il y a dans ces Préludes non mesurés une régularité qui est à l’opposé de l’espèce de liberté échevelée et des sautes d’humeur de Blandine Verlet; et, comme souvent chez Rousset claveciniste soliste, les Allemandes, Gaillardes, Gigues, Menuets et Sarabandes gardent toujours quelque chose d’un peu carré, assez peu soucieux de ce caractère ludique et dansant qu’y met Sempé. Mais c’est que le propos de Rousset est tout autre: on sent à quel point chaque phrasé, chaque accent est pensé, pesé et creusé, et l’est dans une logique d’ensemble qui est celle d’un discours. C’est ainsi toute une rhétorique musicale qui s’articule ici - et avec une autorité, une maîtrise remarquables: les Chaconnes et des Passacailles se déploient ici avec une ampleur extraordinaire. Et cette éloquence non seulement convainc, mais sait aussi exalter (la façon dont le thème obsédant de la Chaconne 62 en ré majeur semble déplier ses modulations et ses syncopes!) Une lecture qu’on pourrait certes qualifier d’«intellectualiste» mais qui s’avère à l’écoute terriblement persuasive.

Lecture d’autant plus persuasive, que son «intellectualisme» est aussi très «incarné», bénéficiant de la riche matérialité d’un instrument somptueux (la collection dans laquelle ce disque est publié se veut d’ailleurs une sorte d’illustration sonore des plus belles pièces du Musée de la Musique.) Ce Ioannes Couchet ravalé en France se distingue par la densité de ses harmoniques, mais sans aucune saturation métallique (au contraire, même: on entend là comme une espèce de patine, et quelque chose boisé dans la résonance - une sonorité vraiment très singulière), qui autorise des effets de textures et de quasi strates inhabituels au clavecin. (Cela dit, le Louis Denis utilisé dans le volume Aparté permettait d’aller encore plus loin dans la recherche paradoxale d’une sonorité «organique» au clavecin, avec des timbres très sombres et des textures presque pianistiques.)

Bref, même si je conserve une tendresse particulière pour l’ombrageuse imagination de Blandine Verlet (dans son intégrale chez Astrée - sur le même Rückers que l’anthologie Jacquet de La Guerre!) et pour l’austérité bourrue de Leonhardt (dans son anthologie Louis Couperin / Frescobaldi chez Alpha), l’alliance de la maîtrise rhétorique et de la riche matière sonore fait de ce nouvel enregistrement de Rousset un maître-disque.

Son style jupitérien me fait penser à Kenneth Gilbert dans les transcriptions de Lully par D’Anglebert.
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Mar 2 Oct 2018 - 18:44

Mandryka a écrit:
Son style jupitérien me fait penser à Kenneth Gilbert dans les transcriptions de Lully par D’Anglebert.
Bien vu! Style «jupitérien», c'est vrai - même si je vois mal Rousset dire «Si tu veux entendre du Louis Couperin joué plus souple, t'as qu'à traverser la rue.»
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Mandryka
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MessageSujet: Re: Louis Couperin (et pas François)   Jeu 8 Nov 2018 - 8:01

Quelqu’un a mis le premier enregistrement de Louis Couperin de Blandine Verlet sur YouTube. Je pense que c’est éblouissant  - et je ne suis pas très fan de ses enregistrements sur le Ruckers à Colmar d’ailleurs!


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Louis Couperin (et pas François)
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