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 Rimsky Korsakov - oeuvres orchestrales

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Mélomaniac
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Mélomaniac

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MessageSujet: Re: Rimsky Korsakov - oeuvres orchestrales   Rimsky Korsakov - oeuvres orchestrales - Page 4 EmptyDim 20 Oct 2019 - 23:50


Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Rimsky Korsakov - oeuvres orchestrales - Page 4 Mzolom10
Catégorie orchestrale -rang 051°/250



Rimsky Korsakov - oeuvres orchestrales - Page 4 Slatki10
Felix Slatkin (1915-1963)


5) Nikolaï Rimsky-Korsakov (1844-1908) :

Capriccio espagnol, Op. 34

= Felix Slatkin, Hollywood Bowl Symphony Orchestra

(Capitol, 1959)

Smile Une des pièces qui m'éberlua dans ma jeunesse. J'avais été particulièrement frappé par une affirmation de Rimsky-Korsakov dans son autobiographie. Dire que le « Capriccio est une pièce orchestrale magnifiquement orchestrée est faux. Le Capriccio est une brillante composition pour l'orchestre », soulignant que le timbre, le dessin mélodique, les traits figuratifs constituent l'essence-même de la partition et non une simple parure. Toujours est-il que cette fresque folklorique offre un morceau de bravoure pour l'orchestre et signe le génie du compositeur russe qui avait beaucoup voyagé en tant qu'officier de marine, et notamment à Cadix.
C'est Daniel Barenboim à Chicago (DG) qui me fit découvrir cet opus, dans une lecture roborative et virtuose mais un peu lourde. Depuis longtemps ai-je exploré la discographie, qui propose plusieurs mémorables alternatives : Paul Paray à Detroit (Mercury), Lorin Maazel à Berlin (DG), Kiril Kondrachine (RCA). Mais encore, avec le Symphonique de Londres : Jean Martinon (RCA), Igor Markevitch (Philips) et Antal Dorati (Mercury). Chacune de ces flamboyantes versions était prédisposée au Mélomaniac d'Or.
J'ai néanmoins choisi un enregistrement oublié, certes compact mais qui concentre les arômes, et on ne s'en plaindra pas dans une œuvre aussi colorée et capiteuse. Formé violoniste au Curtis Institute, élève de Fritz Reiner (!), on connaît surtout Slatkin comme membre du Hollywood String Quartet, mais ce musicien légua aussi maints vinyles sous sa baguette : du répertoire essentiellement illustratif, plutôt populaire, mais aussi quelques pages rares comme Le Masque de la Mort rouge d'André Caplet.

L'Alborada qui célèbre joyeusement le début du jour résonne ici sur un ton bourru et madré (les subtils couinements de clarinette !), dans un espace plutôt étroit qui nous introduit d'emblée dans une réjouissance contadine, comme une scène de village au plus près des hommes, et non dans une arène de corrida comme on l'entend trop souvent.
Pour l'Andante (1'11), les cornistes américains trouvent l'éclairage qui convient, amati, blafard, nous transportant dans une sérénade d'hacienda chantée sous une lune pâle. Le cantabile des violons délicatement esquissé, un brin retors (1'56), la plainte bilieuse du cor anglais (2'35), l'élan des archets qui reprennent la mélopée initiale (3'46) scandée par des basses serrées, tout cela brosse une série de variations en demi-jour, contrastant avec la reprise du vivo e strepitoso (5'47), encore plus ébroué, éclaboussant, que Slatkin fait parader comme une ritournelle de banda ivre de feria.

Bien vu, parfaite transition avec le claironnant premier volet du Scena e canto gitano (6'58) où pétaradent les coruscants cuivres américains. La seconde cadenza (7'28) nous rappelle que Rimsky avait initialement conçu cet opus comme une page concertante pour violon. Frémissements de timbale et caisse claire (8'00) forment transition avec la section suivante. Le maestro laisse fièrement claquer le pizzicato des violons. La troisième cadenza échoit à la flûte (8'21) sur roulement de mailloches, la quatrième (8'26) laisse roucouler la clarinette. Puis la cinquième (8'56) sur grésillement du triangle fait miroiter la harpe qui explose en glissandi (9'09) avant un soubresaut des cymbales (9'16) qui lance les hostilités : violons éructants, notés ff et avec férocité, où les archets américains font vrombir le crin. Un vif arpège descendant aux clarinettes (9'26) donne essor à une entêtante rengaine des violons qui arbore orgueilleusement la mélodie principale. Un violoncelle solo (10'09) immisce un douloureux canto dont Slatkin n'outre pas la complainte en respectant l'estompe pp du meilleur effet. Sur le staccato hoqueté par flûte et hautbois (10'30) brodent de savants pizzicati à l'imitation de la guitare. Les salves de percussion (10'43) font monter la tension d'un cran. De vigoureuses boucles des violons écrêtant à l'octave (10'53) enfièvrent le retour de la mélodie principale clamée à l'unisson des bois et prolongée par un trille (10'57), puis reprise à l'aigu par les violons (11'09) tandis que vibre le tamburino et claque la grosse caisse. La danse atteint un premier palier de frénésie quand reflue la mélodie en spiccato ponctué sur les violons tandis que des cors émane un écho pyrrhique (11'20). Le tumulte reprend (11'27) en stichomythie et débouche attacca sur la cinquième et dernière partie du Capriccio :

Un pesant Fandango (11'38) à 3/4 qui nous vient des Asturies, rebondissant lourdement sur la percussion tandis que crépitent les castagnettes. Auréolé par la flûte, un violon solo broche avec grâce (11'57), avant d'être rejoint par ses comparses (12'07) et de se volatiliser par les flûtes (12'18) et les impalpables pépiements du violon (on notera qu'ils ont échangé leur rôle initial, quel génial procédé, indétectable si on n'y prend garde !) La goguenarde clarinette vient narguer la scène (12'35) qui semble s'assagir, mais les premiers violons lui emboitent le pas (12'42) sur le cliquetis des castagnettes. Attestant que Rimsky entend bien épuiser toute la panoplie expressive des archets : violons, altos et violoncelles frétillent en saltando (12'52) nargué par la clarinette (12'56). Après un jeu serré où les rôles s'interpénètrent, tous les pupitres trépignent dans leur coin. Seul regret, les glissandi de harpe qu'on devrait nettement entendre à la mesure 112 (13'11-13'16) sont ici inaudibles ! Inexplicable.
Une bouffée enflamme tout l'orchestre qui s'ébat pesamment, les trompettes vocifèrent le motif initial du fandango (13'32), répliqué par les trombones (13'45) sur roulement des timbales. La Coda embraye vivo et à deux temps (13'58), dans une folle cavalcade emportée par les violons avant qu'un virevoltant presto (14'31) ne vienne enfin étourdir les troupes dans un ultime assaut qui laisse l'auditeur pantelant et en suée.


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Benedictus
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MessageSujet: Re: Rimsky Korsakov - oeuvres orchestrales   Rimsky Korsakov - oeuvres orchestrales - Page 4 EmptyLun 21 Oct 2019 - 1:16

La jolie pochette me fait irrésistiblement penser à ce tube mythique: /watch?v=MoAJ_1NnFoA
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