Autour de la musique classique

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 Siegmund von Hausegger (1872-1948)

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptyDim 30 Sep 2018 - 10:33

Je partage pleinement tout ça et même, ce qui est plus déstabilisant encore, ta hiérarchie.

Si Hausegger est décadent, c'est par commodité de langage, un romantique tardif comme peut l'être Rachmaninov. Mais dans sa langue musicale, effectivement, il demeure encore complètement structuré et positif dans ces poèmes lumineux du disque Bamberg.

On peut davantage discuter pour l'hypertrophie panthéiste de la Natursymphonie, ou pour les atmosphères plus crépusculaires des Hymnes à la Nuit (même si ce n'est pas du Schindler, c'est sûr).

Pareil, Barbarossa m'a paru moins personnel, doté de moins de relief aussi. Et Wieland, ça dépend des jours.

J'ai beaucoup réécouté ce disque depuis sa parution pourtant récente. Very Happy

Plus que du Strauss (c'est en réécoutant hier la Quatrième d'Alfvén que j'ai été saisi par cette impression, en revanche !), j'y entends une sorte de Brahms lyricisé, avec plus d'élan et de longueur de phrase, contaminé par Mahler et Strauss, mais avec un langage de base beaucoup plus proche des romantiques pleinement ancrés dans le XIXe.

(Je crois que la divergence est plus une divergence sur le mot juste que sur le fond de ce que nous disons, en fait : un Strauss carré ou un Brahms courbé, c'est un peu la même chose. hehe )
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptyDim 30 Sep 2018 - 21:58

DavidLeMarrec a écrit:
Je partage pleinement tout ça et même, ce qui est plus déstabilisant encore, ta hiérarchie.
Ah bon? J'ai pourtant l'impression qu'en l'occurrence, «ma» hiérarchie témoigne moins de goûts particulièrement personnels que de différences assez évidentes: la plénitude sonore et la cohérence formelle d'Aufklänge et de Dionysische Phantasie; les mêmes qualités, mais un peu minorées par les discontinuités «narratives» et les figuralismes inhérents au genre dans Wieland; les longueurs et les formules plus stéréotypées de Barbarossa.

Sinon, bien sûr, sur la qualification de Hausegger, nous sommes d'accord sur le fond, même si je pinaille sur les termes.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptyLun 1 Oct 2018 - 0:10

J'aurais cru que tu aimerais davantage les poèmes vocaux, plus tourmentés, que la lumière assez bon enfant de ces poèmes symphoniques. Smile
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptyLun 1 Oct 2018 - 0:29

Ah, mais je les adore, c’est même d’eux que j'ai parlé en premier à la page précédente... Et, oui, je les place encore au-dessus des poèmes symphoniques (peut-être même de Natursymphonie, c’est dire...); là, c’était juste ma hiérarchie des poèmes symphoniques (sur lesquels j’attends avec impatience le retour détaillé d’Adalbéron...)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptyLun 1 Oct 2018 - 15:39

Ah, bien, je suis rassuré, ton goût reste plus légitime que le mien. Very Happy
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptyLun 7 Oct 2019 - 23:10

Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 Hauseg12
27 Lieder
Roman Trekel (baryton), Cord Garben (piano)
Munich, V.2010
CPO


J’aime beaucoup, mais je dois reconnaître que ce n’est pas aussi formidable que ce à quoi je m’attendais. Disons que Hausegger compositeur de lied est assez éloigné de la prégnance et de l’impact immédiat de ses meilleures œuvres orchestrales ou de ses lieder avec orchestre (sauf Stille der Nacht et Unter Sternen, qui font justement partie, dans leur version orchestrale, des Drei Hymnen an die Nacht dont il a été question plus haut - et le très frappant triptyque Lenz, d’un langage assez mahlérien.)

À première écoute, il me semble y avoir deux veines dans ses lieder. D’une part, des lieder au langage relativement traditionnel pour la génération de Hausegger - du Schumann seulement à peine «postromanticisé» par des contrastes expressifs plus marqués (surtout dans la déclamation, mais ça se traduit parfois aussi par de brusques changements de climats pianistiques et vocaux) et des harmonies ponctuellement plus profuses ou accidentées. D’autre part (ceux que j’ai préférés), des lieder portés par une sorte de prosodie à la fois sinueuse et évasive - un peu comme du Wolf - dans des atmosphères assez énigmatiques (l’harmonie bifurque beaucoup, mais dans un climat sonore tantôt ondoyant tantôt suspendu): on est, ici, pas très loin du dernier Schoeck - avec qui Hausegger a d’ailleurs plusieurs poètes en commun (Conrad Ferdinand Meyer et Gottfried Keller en particulier.)

Côté interprétation, Trekel et Garben sont très conformes à leurs standards habituels. Trekel a toujours cette voix pas très belle, très pharyngée au timbre un peu gris, mais aussi cette éloquence très intense, ce chant très tendu et habité; Garben est tout à fait méritoire, la sonorité est belle, mais il y a toujours avec ce côté un peu «accompagnement note-à-note.»
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptySam 26 Oct 2019 - 22:10

Je réécoute la Natursymphonie. Je suis beaucoup plus réceptif à ce discours narratif aéré et clairement construit (proche de celui d'une symphonie romantique plus encore que de Mahler, Première exceptée) qu'à la profusion étouffante de la Herbstsymphonie de J. Marx.

J'ai pour l'instant du mal à parler de cette œuvre, sinon pour dire qu'elle m'exalte assez - plus que Titan, sans doute moins que les autres symphonies de Mahler, mais bien plus que n'importe quel poème syphonique de Strauss (avec lequel cette œuvre n'a vraiment aucun point commun).
Cette musique est finalement très sobre, sans être le moins du monde anachronique, ce qui est en soi un exploit.
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptySam 26 Oct 2019 - 22:26

J'avais (très bizarrement) oublié le deuxième mouvement, pourtant sans doute le plus marquant des quatre, d'un tragique implacable qui évoque (ou annonce) pour moi le Miaskovsky de la 3e symphonie, le Chosta de la 4e ou le Hartmann de la 1ère (rapprochements très subjectifs), avec en prime une générosité expressive toute postromantique...

Une musique très minérale, en fait, bien plus encore que le premier Mahler, et en opposition totale avec Strauss, le Schönberg tonal, Schreker ou J. Marx.


Dernière édition par Golisande le Sam 26 Oct 2019 - 22:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptySam 26 Oct 2019 - 22:34

Golisande a écrit:
ce discours narratif aéré et clairement construit (proche de celui d'une symphonie romantique plus encore que de Mahler, Première exceptée)
Exactement: malgré la profusion et le chromatisme, ça conserve cette structure très lisible qui tire davantage vers Brahms - un peu comme les symphonies de Schmidt (je crois d'ailleurs me souvenir que tu les avais bien aimées aussi), mais avec une sorte de climat extatique ou exalté, assez étranger à la mélancolie schmidtienne.
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptySam 26 Oct 2019 - 22:37

Benedictus a écrit:
Golisande a écrit:
ce discours narratif aéré et clairement construit (proche de celui d'une symphonie romantique plus encore que de Mahler, Première exceptée)
Exactement: malgré la profusion et le chromatisme, ça conserve cette structure très lisible qui tire davantage vers Brahms - un peu comme les symphonies de Schmidt (je crois d'ailleurs me souvenir que tu les avais bien aimées aussi), mais avec une sorte de climat extatique assez étranger à la mélancolie schmidtienne.

Je compte bien réécouter les symphonies de Schmidt Smile (j'ai beaucoup écouté la Quatrième qui m'avait particulièrement marqué).
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptySam 26 Oct 2019 - 23:08

Le IIIe mouvement n'est peut-être pas aussi marquant que les deux précédents, ni que les meilleurs scherzi des symphonies de Mahler (5-6-7-9 et 10 pour moi), mais cela reste absolument exaltant : impossible de décrocher, la narration reste passionnante, les ambiances (dans le Trio) prenantes.

L'entrée du chœur m'ennuie un peu, d'autant qu'elle s'accompagne d'une "straussisation" du discours (j'ai l'impression d'être projeté d'un coup dans la Femme sans ombre).
La suite est moins straussienne et plus convaincante : j'ai pensé un instant à Doktor Faust de Busoni, mais comme j'ai écouté ça deux fois il y a sept ans, je me plante peut-être complètement...
Cette fin m'enthousiasme moins que le reste, mais il en est de même pour les symphonies 2 et 8 de Mahler, des Gurrelieder, ...

Globalement, cette œuvre m'emballe réellement, en dépit de sa grandiloquence finale.
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MessageSujet: Re: Siegmund von Hausegger (1872-1948)   Siegmund von Hausegger (1872-1948) - Page 2 EmptyLun 9 Déc 2019 - 0:50

Décidément ce truc, quel chef-d'œuvre !... Shocked (Les deux premiers mouvements sont vraiment énormes, à la fois très impressionnants par leur ampleur et pleins de beautés stupéfiantes...)

Je ne le mettrai sans doute pas pas au même niveau que Mahler, mais guère loin assurément; et c'est de toute façon très différent, vraiment singulier.

J'ai entendu à plusieurs reprises des échos anticipés de Bernard Herrmann - dont j'ai récemment réécouté le splendide opéra Wuthering Heights (merci Xavier) -, et plus spécifiquement de la musique de Vertigo. I love you
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