Autour de la musique classique

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 Franz Schmidt (1874-1939)

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starluc
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Ven 16 Aoû 2013 - 11:45


J'ai la 2ème symphonie par Neeme Jarvi...Tout cela n'est pas déplaisant mais manque un peu d'originalité. Le premier mouvement est un dosage entre un motif frémissant, un thème de marche militaire et un thème lyrique. Le second est une série de variations valsantes (ce n'est pas déplaisant). Mais le final est hérissé de trompettes déchaînées à la Bruckner et là, je cale! Je n'ai pu cru opportun d'approfondir ma connaissance de ce musicien.

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Ven 16 Aoû 2013 - 13:08

Je porte très haut ces symphonies pour ma part, justement pour leur aspect syncrétique. La Première, la plus lumineuse, est encore assez traditionnelle, mais les 2, 3 et 4 visitent une large part des esthétiques (plutôt avancées) du temps, avec un charme tout particulier.

Il faut écouter ça par Sinaisky / Malmö, beaucoup de tension et une belle qualité de détail, je n'ai pas trouvé mieux (après avoir écouté à peu près tout ce que je pouvais trouver). En plus c'est pas cher, c'est Naxos.
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charles.ogier
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Mar 20 Aoû 2013 - 20:39

DavidLeMarrec a écrit:
Comparer ça au langage régressif de Hovhaness... qu'est-ce qu'il ne faut pas lire !

Pour ceux qui veulent découvrir Schmidt, on peu aussi recommander son opéra Notre-Dame de Paris (dont il existe un superbe enregistrement d'Albrecht, avec Jones, King, Moll), qui utilise avec grand bonheur des atmosphères archaïsantes.
Xavier a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Pour ceux qui veulent découvrir Schmidt, on peu aussi recommander son opéra Notre-Dame de Paris (dont il existe un superbe enregistrement d'Albrecht, avec Jones, King, Moll), qui utilise avec grand bonheur des atmosphères archaïsantes.
En fait c'est Christof Perick à la baguette.
C'est très beau, mais comme il n'y a pas de traduction française dans le livret, j'écoute ça sans savoir ce qui se dit exactement...
EDIT: le livret est sur ODB en allemand-français!  Very Happy
Notre-Dame de Paris (dont il existe un superbe enregistrement d'Albrecht, avec Jones, King, Moll), qui utilise avec grand bonheur des atmosphères archaïsantes.
C'est fait, et un thème superbement "lyrique" (comme je les aime).

EDIT: le livret est sur ODB en allemand-français!
Le site "livrets" est en cours d'aménagement... tant pis
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Rubato
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 21 Sep 2013 - 8:39

C'est bien ?


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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 21 Sep 2013 - 11:48

Oui !

Ce n'est pas le meilleur de Schmidt (qui se trouve dans ses symphonies), c'est un peu du postromantisme massif, moins « décadent » que dans sa musique symphonique ou sa musique de chambre, mais c'est beau, et la distribution est quand même prestigieuse. J'aime bien, c'est à entendre quand on aime la période. Smile
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Rubato
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 21 Sep 2013 - 11:54

Je suis en train d'écouter des extraits, et ça me plait vraiment bien! bounce 

Bon, ça va faire une commande de plus! Smile
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Mer 2 Oct 2013 - 10:34

NOTRE-DAME

Vraiment beau cet opéra que je viens de découvrir! drunken 
C'est très post-romantique...et j'ai adoré. Le deuxième acte, plus sombre, est très réussi; j'ai parfois pensé à certaines ambiances que l'on peut trouver chez Pfitzner.
L'enregistrement est de grande qualité, avec une distribution "haut de gamme".Smile 

Seul point noir, l'absence de livret qui fait que je n'ai pu apprécier l'opéra à 100% Neutral
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Mer 2 Oct 2013 - 10:58

Rubato a écrit:
NOTRE-DAME

Vraiment beau cet opéra que je viens de découvrir! drunken 
C'est très post-romantique...et j'ai adoré. Le deuxième acte, plus sombre, est très réussi; j'ai parfois pensé à certaines ambiances que l'on peut trouver chez Pfitzner.
L'enregistrement est de grande qualité, avec une distribution "haut de gamme".Smile 

Seul point noir, l'absence de livret qui fait que je n'ai pu apprécier l'opéra à 100% Neutral
Tu aurais dû demander, je l'ai...
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Rubato
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Mer 2 Oct 2013 - 13:17

DavidLeMarrec a écrit:
Rubato a écrit:
NOTRE-DAME

Vraiment beau cet opéra que je viens de découvrir! drunken 
C'est très post-romantique...et j'ai adoré. Le deuxième acte, plus sombre, est très réussi; j'ai parfois pensé à certaines ambiances que l'on peut trouver chez Pfitzner.
L'enregistrement est de grande qualité, avec une distribution "haut de gamme".Smile 

Seul point noir, l'absence de livret qui fait que je n'ai pu apprécier l'opéra à 100% Neutral
Tu aurais dû demander, je l'ai...
Problème résolu! Very Happy  mains 
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Anthony
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Jeu 24 Juil 2014 - 1:20

Benedictus a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:

Bart a écrit:
Schmidt, Symphonie n°4, Mehta


Vous aviez raison, c'est mieux que Welser-Möst. Très chouette en tout cas cette oeuvre, je vais me pencher de plus près sur ce compositeur.

La 2 et la 3 sont formidables aussi (la 1 est remarquable, mais plus une récapitulation postromantique de ce qui a précédé).

Il y a aussi de belles choses en musique de chambre (et puis Notre-Dame de Paris, même si c'est moins bien).

Et Das Buch mit sieben Segeln! Si tu le trouves, je te conseille le live salzbourgeois survolté de Mitropoulos (bon, c'est presque un pléonasme, «live salzbourgeois survolté de Mitropoulos») avec un plateau vocal de rêve; sinon, Harnoncourt, à la fois grandiloquent et hargneux, fait très bien l'affaire.

Je réécoute le premier mouvement de la 4 là, c'est vraiment un langage qui me parle, du post-romantique décadent qui s'aventure timidement dans la modernité, comme ça a été décrit dans ce fil. "Das Buch..." a l'air intéressant, Mitropoulos c'est en stéréo ?
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Jeu 24 Juil 2014 - 1:36

Bart a écrit:

Je réécoute le premier mouvement de la 4 là, c'est vraiment un langage qui me parle, du post-romantique décadent qui s'aventure timidement dans la modernité, comme ça a été décrit dans ce fil.

Je ne dirais pas décadent, ça n'a tout de même pas le côté délibérément hédoniste et vénéneux d'un Schreker. Plutôt du post-romantique crépusculaire et mélancolique qui veut illustrer une dernière fois ce qu'il aime en sachant que c'est déjà trop tard.

Bart a écrit:
"Das Buch..." a l'air intéressant, Mitropoulos c'est en stéréo ?

Non. Mais ça vaut quand même le coup.
Si tu tiens à de la stéréo, il y a Harnoncourt que j'aime bien. Sinon, dans les versions que je ne connais pas, je dirais à vue de nez que Lothar Zagrosek (Orfeo) ne devrait pas être mauvais et que Welser-Möst (EMI), ben... tu as écouté sa 4e, quoi. Aucune idée de ce que peuvent donner Kristjan Järvi et Luisi.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Jeu 24 Juil 2014 - 1:44

Benedictus a écrit:
Bart a écrit:

Je réécoute le premier mouvement de la 4 là, c'est vraiment un langage qui me parle, du post-romantique décadent qui s'aventure timidement dans la modernité, comme ça a été décrit dans ce fil.

Je ne dirais pas décadent, ça n'a tout de même pas le côté délibérément hédoniste et vénéneux d'un Schreker. Plutôt du post-romantique crépusculaire et mélancolique qui veut illustrer une dernière fois ce qu'il aime en sachant que c'est déjà trop tard.

Pas décadent dans le sens exubérant du terme, mais décadent dans le sens le plus factuel… hehe

On est tellement dans le postromantique déjà transformé, mais qui s'accroche toujours aux meubles… l'épithète ne me paraît pas injustifié.


A priori, K. Järvi et Luisi, ce devrait être excellent… mais j'aime tellement Sinaisky que je n'ai jamais essayé, je réécoute systématiquement son intégrale. Embarassed
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Jeu 24 Juil 2014 - 1:54

DavidLeMarrec a écrit:
Benedictus a écrit:
Bart a écrit:

Je réécoute le premier mouvement de la 4 là, c'est vraiment un langage qui me parle, du post-romantique décadent qui s'aventure timidement dans la modernité, comme ça a été décrit dans ce fil.

Je ne dirais pas décadent, ça n'a tout de même pas le côté délibérément hédoniste et vénéneux d'un Schreker. Plutôt du post-romantique crépusculaire et mélancolique qui veut illustrer une dernière fois ce qu'il aime en sachant que c'est déjà trop tard.

Pas décadent dans le sens exubérant du terme, mais décadent dans le sens le plus factuel… hehe

On est tellement dans le postromantique déjà transformé, mais qui s'accroche toujours aux meubles… l'épithète ne me paraît pas injustifié.

Dans ce sens-là, oui. (En fait, j'entendais plus ici l'épithète par rapport à son sens littéraire français, Huysmans, Gourmont et compagnie.)

DavidLeMarrec a écrit:
A priori, K. Järvi et Luisi, ce devrait être excellent… mais j'aime tellement Sinaisky que je n'ai jamais essayé, je réécoute systématiquement son intégrale. Embarassed

Non, mais là on causait de Das Buch mit sieben Segeln, qu'a priori Sinaisky n'a pas enregistré.
Faudrait suivre... Ou arrêter le lait-cassis frelaté ©

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Jeu 24 Juil 2014 - 2:15

Ah, alors ça explique pourquoi je ne les avais jamais vus. Mr. Green

Cela dit, je ne les ai pas écoutés pour autant dans le Buch.
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Horatio
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Mer 31 Aoû 2016 - 14:35

Réécoute de la 4e symphonie (dans l'interprétation de Sinaisky/Malmö). Savoir qu'elle fut écrite qu'après 1930 ajoute à la nostalgie qui imprègne cette musique. L'orchestration me convainc à moitié : sa masse orchestrale perd souvent de sa plasticité à mesure qu'elle augmente, et il en résulte des tutti pesants dont l'harmonie évolue avec gêne. Les moments plus vifs n'émergent pas du tricotage poli. J'aime beaucoup plus le recueillement des deux premiers mouvements, l'économie de moyens, la mélancolie que faire naître Schmidt. J'entends une parenté avec Bruckner - les lignes esseulées, la gestion du silence, la pulsation large ; le même détachement de l'agitation du monde.
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starluc
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Jeu 1 Sep 2016 - 10:41

Je préfère tt de même Schreker...

J'ai le CD de la 2ème symphonie par Jarvi. J'aime bien les 1er et 2ème mvt (ah, le 2ème, "thème et variations" avec cet hommage à la valse... fleurs ). Le final, en revanche, avec ses pesants accents brucknériens aux cuivres ne m'a vraiment pas séduit...

Cela ne m'a pas incité à poursuivre la découverte de ce compositeur...

P-ê à tort...



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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 3 Sep 2016 - 0:37

starluc a écrit:
Je préfère tt de même Schreker...

Leur musique est de toute façon, même idéologiquement, assez opposée : Schmidt puise dans la tradition, même s'il obtient quelque chose de sophistiqué, tandis que Schreker est toujours dans la position d'interroger la condition de l'artiste (ses opéras ne causent que de ça, d'ailleurs), recourant à des dispositifs neufs et complexes pour ce faire.
Schreker était aussi tout tourné vers le programme, tandis qu'on sent bien le tropisme de Schmidt pour les formes pures.

Il y a des parentés dans le résultat, mais la philosophie générale n'était pas du tout la même, et ça s'entend.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Ven 2 Déc 2016 - 23:36

Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Stig Andersen - René Pape - Christiane Oelze - Cornelia Kallisch - Lothar Odinius - Alfred Reiter


Franz Schmidt (1874-1939) :

Le Livre aux sept sceaux, oratorio tiré de l'Apocalypse selon Saint Jean

Saint Jean : Stig Andersen, ténor
La Voix du Seigneur : René Pape, basse
Christiane Oelze, soprano
Cornelia Kallisch, contralto
Lothar Odinius, ténor
Alfred Reiter, basse

Friedemann Winklhofer, orgue


Franz Welser-Möst, Chœurs et Orchestre de la Radio bavaroise

(Emi, octobre 1997)



Benedictus a écrit:

C'est une bonne version? C'est une œuvre que j'adore, mais je n'ai que le vieux live de Mitropoulos à Salzbourg et Harnoncourt. Il y a pas mal de gens que j'aime beaucoup dans ta version (à commencer par Oelze), mais que vaut l'ensemble - et surtout Welser-Möst? Sa 4ᵉ du même Schmidt (comme ses Bruckner et ses Mahler) m'avait déçu, mais comme il se montre souvent efficace dans un contexte opératique, ça pourrait être bien, finalement.


Smile Oui tu peux y aller, c'est une bonne version, peu personnalisée pour la direction (le passage central de l'ouverture des sceaux aurait mérité plus de caractérisation et de drame), mais efficace et sobre, et les chanteurs (surtout Andersen et Pape) sont très convaincants.
On ne retrouve pas la noirceur et la poigne de Mitropoulos (live assez mal enregistré) mais on y gagne un évident confort d'écoute.


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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Mer 26 Avr 2017 - 16:50

Je découvre tout à fait par hasard (enfin, hasard, je traînais au bon endroit au bon moment, quand même) que ceci vient de sortir :



Le concert viennois de Bychkov vient de paraître, voilà qui est inespéré ! La Deuxième de Schmidt en majesté, je suis impatient d'entendre ça, c'est programmé pour les tout prochains jours !
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Mer 26 Avr 2017 - 17:15

Je n'ai pas tenu jusque là : le premier mouvement se termine.

C'est bien, très net, mais entre la prise de son et Vienne, je trouve ça un peu froid, un peu distant. Splendeur, mais pas beaucoup de drame ni de chaleur. Ça ne remplacera pas Sinaisky-Malmö. I love you
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 6 Mai 2017 - 15:15

Oui j'ai vu ça hier, mais j'ai déjà la bande. J'ai fini par acheter Sinaïsky qui coûtait 5 fois moins cher Mr. Green Initiative louable que de faire paraître ça en tous cas, il y a bien moins de parutions des symphonies de Schmidt que de Nielsen par exemple. Ca mérite évidemment d'être joué plus souvent (il doit y avoir un effet de patriotisme local et de tradition qui fait que c'est joué régulièrement à Vienne).

Il me reste maintenant à écouter la 3e et la 4e (par Sinaïsky-Malmö donc).

(Je salue quand même - même si c'est un fil Schmidt et que personne ne lira - parce que ça fait longtemps que je ne m'étais pas montré dans ces parages coucou )
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 6 Mai 2017 - 20:38

Je vais essayer de me procurer ça.

Guillaume a écrit:
Ca mérite évidemment d'être joué plus souvent.
Et même plus que ça. Personnellement, je trouve que les quatre symphonies, par leur absence de clinquant décadentiste et leur côté «artisanat sérieux», ne perdent pas à une écoute répétée, bien au contraire. (Alors que la Herbstsymphonie de Marx, par exemple, finit par lasser un peu au fil des écoutes.)

Guillaume a écrit:
(il doit y avoir un effet de patriotisme local et de tradition qui fait que c'est joué régulièrement à Vienne).
Ah oui, tu as pu entendre du Schmidt in situ?

Guillaume a écrit:
(Je salue quand même - même si c'est un fil Schmidt et que personne ne lira - parce que ça fait longtemps que je ne m'étais pas montré dans ces parages  coucou )
Mais si, mais si... (Enfin, pas qu'on soit bien nombreux non plus, hein...)
coucou
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Dim 7 Mai 2017 - 9:45

Oui, j'ai pu entendre ça au Musikverein: la 2ème et le Buch mit den 7 Siegeln à un mois d'intervalle, ça n'est pas banal...

Que pensez-vous des compléments des disques Sinaïsky, par exemple la Fuga Solemnis? C'est quelque chose d'assez peu commun, un orgue solo rejoint par un orchestre jusqu'à une sorte de climax extatique.
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Dim 7 Mai 2017 - 21:55

La Fuga Solemnis et la Chaconne orchestrale sont très chouettes, oui. Peu commun, je n'en suis pas sûr (les pièces d'orgue en alternatim orchestral ne sont pas si rares, on en trouve chez Saint-Saëns ou Dubois, par exemple, sans parler des britanniques romantiques…), mais il lui donne un aspect sophistiqué et décadent de très bonne facture, en effet.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 25 Nov 2017 - 22:25


Quatuor à cordes en la majeur (1925)
Franz Schubert Quartett, Wien: Florian Zwiauer, Helge Rosenkranz (violons), Hartmut Pascher (alto), Vincent Stadlmair (violoncelle)
Wyastone Leys, IV.1995
Nimbus


Une très, très belle œuvre - pas forcément spectaculaire, mais personnelle et très aboutie. D’ailleurs très représentative de la manière de Schmidt: une atmosphère mélancolique mais apaisée (et même assez lumineuse, ici), un respect très profond de la «grande forme» qui interdit les dégoulinades, une harmonie généreuse et beaucoup plus tourmentée qu’il n’y paraît (un peu comme chez Reger: ça module tout le temps, mais à un écoute peu attentive, on dirait du Brahms.)

Personnellement, ce postromantisme très tardif et ce côté grave et un peu formaliste est quelque chose qui me touche énormément (mais ça me semble plus difficile à promouvoir que Zemlinsky ou Wellesz.)
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 9 Déc 2017 - 15:11

J’ai enfin réussi à me procurer ce disque:


Symphonie nº2 en mi bémol majeur (1911-13)
Semyon Bychkov / Wiener Philharmoniker
Vienne, IX.2015
Sony


Quelle merveille!

Je vois bien ce que veut dire David quand il trouve cette version un peu froide par rapport à Sinaisky / Malmö, mais quand même... Je trouve que Schmidt gagne vraiment quelque chose à être joué par Vienne: difficile tout de même de ne pas sentir à quel point cette musique est composée pour cet orchestre-là - pour ces timbres un peu nasillards de la petite harmonie, pour l’assise profonde de ces cordes graves, pour ces violons au timbre un peu acides mais à la texture soyeuse, pour ces cuivres comme patinés. Je trouve vraiment que cela fait ressortir aux mieux les couleurs assez typées de l’orchestration et les textures des des arrière-plans.

Et puis la direction de Bychkov, effectivement pas dépourvue d’un certain quant-à-soi, mais comme toujours remarquable dans la mise en place (les équilibres des strates et des plans, la profondeur sonore, le détail des tuilages et des dynamiques...) exalte cette musique plus ambiguë qu’il n’y paraît.

En effet, on trouve ici une illustration idéale de l’esthétique de Schmidt. D’un côté, on a là un postromantisme qui se voudrait tourné vers une sorte d’exaltation positive de la tradition (Schmidt serait un peu à l’Autriche de François-Joseph ce que Elgar est à l’Angleterre victorienne): c’est la grande coulée lyrique et lumineuse du I, avec ses passages cuivrés presque pompeux, le propos formel des variations et les passages Biedermeyer du II avec leurs échos de valses, l’espèce d’exercice de contrepoint de l’incipit du III (on pense un peu à une réalisation pour orchestre de l’Art de la Fugue) avant de renouer avec un flot ample et chaleureux...

Mais ce propos semble sans cesse comme contaminé par la profusion d’arrières-plans aux harmonies profuses et tourmentés, par des contrechants aux modulations sinueuses, par des moments de suspension inquiète puis de bifurcations dans la progression du flux - avec très souvent, cette impression que quelque chose se perd ou se dissout par en-dessous, que quelque chose se creuse dans l’ample matière orchestrale.

Bref: l’apparat formel, la grande poussée d’un postromantisme «positif» se trouvent sans cesse affirmés mais aussitôt révoqués en doute par un langage beaucoup plus décadent que ne l’aurait probablement voulu Schmidt - et c’est précisément cette contradiction interne, le sérieux avec lequel Schmidt l’assume (sa musique ressemble beaucoup à un Strauss sans roublardise) et cette volonté malgré tout de parvenir à la grande péroraison finale, lumineuse  et cuivrée, qui me bouleverse totalement (comme me touchera aussi la tristesse crépusculaire de la 4ᵉ.)

Mais, comme je le disais déjà ci-dessus à propos du Quatuor en la majeur: je ne suis pas sûr que l’émotion que me procure cette musique soit si facilement transmissible.


Dernière édition par Benedictus le Sam 9 Déc 2017 - 18:15, édité 3 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 9 Déc 2017 - 18:07

Benedictus a écrit:

Quatuor à cordes en la majeur (1925)
Franz Schubert Quartett, Wien: Florian Zwiauer, Helge Rosenkranz (violons), Hartmut Pascher (alto), Vincent Stadlmair (violoncelle)
Wyastone Leys, IV.1995
Nimbus


Une très, très belle œuvre - pas forcément spectaculaire, mais personnelle et très aboutie. D’ailleurs très représentative de la manière de Schmidt: une atmosphère mélancolique mais apaisée (et même assez lumineuse, ici), un respect très profond de la «grande forme» qui interdit les dégoulinades, une harmonie généreuse et beaucoup plus tourmentée qu’il n’y paraît (un peu comme chez Reger: ça module tout le temps, mais à un écoute peu attentive, on dirait du Brahms.)

Personnellement, ce postromantisme très tardif et ce côté grave et un peu formaliste est quelque chose qui me touche énormément (mais ça me semble plus difficile à promouvoir que Zemlinsky ou Wellesz.)

Amusant, la pochette m'était familière, mais j'étais persuadé que Schmidt n'avait jamais écrit de quatuor à cordes. En fait, je vois que je l'ai même mentionné dans ma liste sur CSS. Embarassed

En tout cas, je viens de le réécouter sur tes instances par le formidable Quatuor Franz Schubert (je crois que je n'ai entendu que le version Marco Polo, qui sent le déchiffrage et qui n'est pas très bien captée)… Cette musique, c'est du bonheur en barres : assez exactement ce que j'ai envie d'entendre quand je mets un disque.
Lumineux mais tourmenté, qui joue entre la forme rigoureuse (ostinatos de l'adagio) ou émancipée (la grande construction du I, qui excède la forme sonate), les marches harmoniques de longue haleine ou les petits échos sombres, les minuscules sorties de route qui enrichissent le tout… ça irradie de lumière, tout en restant, comme tu le dis, très formel, pas du tout dégoulinant – ça ressemblerait assez aux quatuors de Stenhammar si la veine mélodique n'était pas si retenue, et la virtuosité beaucoup moins apparemment paroxystique.

Ce n'est pas une œuvre qui ferait bondir de joie un parterre de candides, mais je suis assez persuadé qu'elle pourrait sans peine emporter l'adhésion des mélomanes familiers de la forme dans les Quatuors de Beethoven ou les Symphonies de Brahms. Et puis ça irradie de lumière, ce n'est pas aussi autère / désolé que Zemlinsky ni aussi bougon que Wellesz.

--

(Pour la symphonie n°2, tout à fait en accord avec ta description de l'œuvre… mais je n'ai pas la même satisfaction avec la version, pourtant écoutée plusieurs fois.)
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Bruno Luong
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Sam 9 Déc 2017 - 21:20

Benedictus a écrit:
J’ai enfin réussi à me procurer ce disque:


Symphonie nº2 en mi bémol majeur (1911-13)
Semyon Bychkov / Wiener Philharmoniker
Vienne, IX.2015
Sony


Quelle merveille!


C'est l'une de mes disques orchestraux préférés achetés cette année : répertoire, l'orchestre, direction et prise de son, tout y est.
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Oriane
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Lun 29 Jan 2018 - 20:08


Réecouté le quintette avec piano (pour la main gauche) en sol majeur dans deux interprétations tout à fait recommandables:
_ Celle de Leon Fleisher, Yo-Yo Ma, Joseph Silverstein, Joel Smirnoff, et Michael Tree.
_ Celle de Klaus-Andreas Kolly et du Quatuor Saratro.
Je ne me lasse pas de cette œuvre débordante de gaieté!


Et j'ai découvert les quatre symphonies de Schmidt par Vassily Sinaisky et l'Orchestre symphonique de Malmö. drunken
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Lun 29 Jan 2018 - 21:08

cheers
Si tu ne les connais pas déjà, je te recommande également les quatuors, un peu dans la même veine, et dont je parlais un peu plus haut.

Pour les symphonies, Sinaisky est en effet irremplaçable comme intégrale; mais les versions isolées avec Vienne (Bychkov dans la 2ᵉ, cf. supra, et Mehta dans la 4ᵉ) sont vraiment à connaître aussi.

(Pas sûr en revanche que le Livre des Sept Sceaux soit tellement pour toi: un peu trop sombre et grandiloquent, je crains.)
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Mar 27 Fév 2018 - 9:48

Sur les bons conseils de Benedictus, j'ai écouté Mehta et le Wiener dans la 4ème. C'est une interprétation très intense, où l'on entend à la fois du désespoir et une aspiration à la lumière, à l'apaisement. C'est déchirant.

Je met de côte la 2ème par Bychkov et les quatuors pour plus tard.  bounce

En tous cas, ce serait génial d'entendre ces œuvres en concert.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Ven 2 Mar 2018 - 21:51

Oriane a écrit:
Sur les bons conseils de Benedictus, j'ai écouté Mehta et le Wiener dans la 4ème. C'est une interprétation très intense, où l'on entend à la fois du désespoir et une aspiration à la lumière, à l'apaisement. C'est déchirant.
Very Happy Vraiment content que ça t'ait plu! En effet, c'est tout à fait ça.

Oriane a écrit:
Je met de côte la 2ème par Bychkov et les quatuors pour plus tard.  bounce
La 2ᵉ, tu la connais déjà dans une bonne version, donc ça peut attendre. En revanche, fonce sur les quatuors (la versions des Franz Schubert ci-dessus): ça devrait vraiment te plaire, je pense.

Oriane a écrit:
En tous cas, ce serait génial d'entendre ces œuvres en concert.
En effet! Mais Guillaume disait que Schmidt semble souvent donné, à Vienne (ce qui n'est qu'une demi-surprise.)
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Jeu 5 Avr 2018 - 2:40

Symphonie n°2 : [contrairement à ce qui vient de se produire avec van Gilse], je n'ai pas envie de ramener à tout bout de champ les réminiscences d'autres compositeurs, car pour le coup (même si les diverses influences sont parfois évidentes) on a clairement affaire à une vision globale mûre, affranchie de ses "sources"... et  nettement « en retard » sur son époque — je le dis uniquement pour marquer la différence avec la Troisième de Gilse, dont je sors tout juste, mais en soi cela m'est parfaitement égal...

Je dois avouer qu'à l'exception de certaines tournures me rappelant agréablement des compositeurs qui me sont chers, je ne trouve pas cette musique très captivante à première écoute ; en revanche, il me semble qu'elle se "digère" lentement, ne se livre – malgré son langage accessible – que progressivement, à condition de persévérer.

Je ne peux donc pas dire grand-chose, sinon que j'ai l'impression d'une sorte de Brahms transposé dans les années 1910 (peut-être pas tout à fait aussi génial que Brahms, qui est un de mes cinq ou six compositeurs préférés toutes époques confondues, mais que je continue à découvrir avec un ébahissement croissant trente ans après : je ne peux donc rien dire pour le moment).

Autrement dit, j'ai l'impression d'une musique dessinée avant d'être peinte, dont la beauté réside davantage dans le geste global, la succession des instants – sinon la forme – que l'instant lui-même.

Je ne suis pas emballé, mais un tas de petits détails singuliers, inattendus, me disent qu'en dépit du langage ultra-tonal et carré – que je ne qualifierais même pas de (post)romantique sauf à des moments précis –, quelque chose me semble très personnel, subtilement original là-dedans — ce qui a précisément pour effet de l'empêcher d'être directement accessible... (Je précise qu'il m'a fallu un certain nombre d'écoutes, partitions et/ou Henry-Louis-de-la-Grange en main, avant de me prosterner devant les symphonies de Mahler.)

J'ajoute que j'avais été beaucoup plus enthousiasmé par la 4e lorsque je l'avais écoutée (au moins deux fois) il y a un ou deux ans... Mais je vais d'abord en passer par la 3e, quelles qu'en soient les conséquences... Mr.Red
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Golisande
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MessageSujet: Re: Franz Schmidt (1874-1939)   Ven 6 Avr 2018 - 23:49

À deuxième écoute, cette Deuxième me parle déjà beaucoup plus ; peut-être parce que je n'ai pas écouté d'autre choucroute symphonie postromantique juste avant, mais j'ai également l'impression d'une musique riche – non seulement luxuriante, mais complexe et stratifiée dans son inspiration, avec des passages secrets, des portes dérobées, des perspectives inattendues que l'on n'aperçoit pas à première écoute.

Dans le premier mouvement, j'entends une sorte de Mahler ramassé sur lui-même, plus dense et moins linéairement narratif... La ressemblance avec Mahler (celui des symphonies postérieures à la Cinquième) me semble par ailleurs beaucoup plus flagrante – dans les tournures mélodiques, la succession de cavalcades héroïques, un pastoralisme apparemment naïf –, la différence essentielle étant le ton général (incomparablement plus clair) et l'absence totale de l'ironie (plus ou moins amère) et du tragique (plus ou moins grinçant) inhérents à la musique de Mahler.
J'ai donc l'impression d'un Güstävchen à la fois plus concentré, presque "cubiste", et auquel manquerait la profondeur – ce qui le réduirait à un magnifique décor en deux dimensions.
(D'autre part, ce serait un Mahler très mâtiné de Strauss – mais sans la meringue qui compose une partie de l'ADN de ce dernier.)

Le parallèle avec Brahms commence surtout avec les variations du deuxième mouvement — forme qui ne ma passionne pas du tout  à priori (j'ai même failli zapper cette symphonie à cause de ça), mais qui fournit ici l'occasion de moments splendides (la cinquième variation, notamment, très mahlérienne tendance Andante de la 6).
Fait remarquable, on dirait que Schmidt ne cesse de jongler entre les esthétiques (pourtant radicalement différentes) de Mahler et de Strauss, qu'il semble avoir l'une et l'autre outrageusement bien digérées – mais pas au point de réussir vraiment à en faire la synthèse (je verrai si c'est davantage le cas dans les symphonies suivantes, ou s'il développe un langage réellement personnel – ce qui ne me semble pas flagrant dans cette œuvre, excepté peut-être au tout début).

On quitte Mahler et Strauss avec le troisième mouvement, pour aller carrément vers Brahms (une petite réflexion au passage : par son côté dense et carré, cette musique me fait penser à un équivalent autrichien d'Albéric Magnard — dont j'ai prévu de réécouter les symphonies qui ne m'avaient pas marqué), puis vers quelque chose de plus original qui rappelle le début du premier mouvement.
Je ne suis franchement pas fan de la pompe finale (encore bien moins que du final de la 3e de van Gilse, à vrai dire, mais cette fin-ci a au moins le mérite de ne pas durer des plombes), qui toutefois – sans être extrêmement originale – ne ressemble ni à du Brahms, ni à du Strauss, ni à du Mahler...
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Franz Schmidt (1874-1939)
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