Autour de la musique classique

Le but de ce forum est d'être un espace dédié principalement à la musique classique sous toutes ses périodes, mais aussi ouvert à d'autres genres.
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez
 

 Hugo Alfvén (1872-1960)

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Benedictus
Mélomane chevronné
Benedictus

Nombre de messages : 8945
Age : 44
Localisation : De retour dans le neuf-quatre...
Date d'inscription : 02/03/2014

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMar 29 Oct 2019 - 1:09

Iskender a écrit:
Je n'ai jamais été non plus conquis par cette 4è qu'il faudra que je retente. Et en revanche j'aime bien la 3 que d'aucuns jugent assez faible. Alors allez savoir... J'entends du Strauss dans le mouvement lent.

Pas taper. Embarassed Mr. Green
Du coup:

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Alfven11
Symphonie nº3 en mi majeur, op. 23
Neeme Järvi / Orchestre Philharmonique Royal de Stockholm
Stockholm, V.1989
BIS


Je n’avais pas réécouté cette symphonie depuis pas mal de temps, et mes impressions sont relativement mitigées même si d’abord très positives.

Dans un premier, en effet, c’est franchement enthousiasmant. L’Allegro con brio initial, d’un langage certes tout à fait conventionnel (là, pour le coup, ça ne va pas au-delà de Brahms), se distingue par un élan totalement irrésistible et qui ne retombe jamais, avec une orchestration brillante dont l’opulence ne nuit jamais au galbe ni à la lisibilité; c’est une musique d’une bonne humeur communicative - ça ferait presque penser à de la musique légère (façon ouverture d’opérette viennoise) par certains moments, si l’écriture n’était pas si raffinée et rigoureuse. L’Andante est effectivement très beau et peut faire penser à du Strauss pour ses longues phrases voluptueuses, mais je trouve que l’expression en est beaucoup plus apaisée et directe - et l’orchestration plus sobre; on a l’impression qu’Alfvén peint ici une sorte de bonheur terrestre simple (sans l’aspiration au «sublime» ni les contrecourant inquiets qui sont le lot commun des adagios postromantiques.)

Arrivé là, je pensais écrire un compte-rendu très enthousiaste, félicitant Alfvén d’avoir réussi là une symphonie heureuse, portée par un bel allant - certes, sans la singularité de la 4ᵉ, sans même les couleurs typiquement nordiques des Rhapsodies suédoises (ça sonne très allemand, en fait - quelque part entre Mendelssohn et Strauss), mais très réussie dans son genre lumineux et élancé.

Malheureusement, mon intérêt n’a cessé de décroître dans les deux derniers mouvements: non qu’ils soient mauvais, mais parce qu’on dirait qu’Alfvén y reproduit en fait les climats et les couleurs du premier mouvement en essayant de les couler dans les cadres formels d’un scherzo et d’un finale (il change les coupes, les carrures rythmiques, donne plus de poids aux cuivres et aux percussions), mais ça semble un peu plaqué, ça sonne un peu comme remplissage formaliste qui ne parvient pas vraiment à relancer le discours. Vraiment dommage, parce que les deux premiers mouvements étaient vraiment très, très réussis.

(Mais bon, pas de quoi tabasser Iskender non plus...)
Revenir en haut Aller en bas
Golisande
Mélomane chevronné
Golisande

Nombre de messages : 5325
Age : 45
Localisation : jeudi
Date d'inscription : 03/03/2011

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMar 29 Oct 2019 - 9:53

DavidLeMarrec a écrit:
Ça produit mécaniquement un changement de volume. Et puis ce serait un peu ridicule, comme si on essayait de dire quelque chose sans y parvenir, alors qu'ici on a l'illusion de la voix pure, on finit par oublier la voyelle justement.

Je ne parle pas d'enchaîner des voyelles à toute vitesse, ce qui serait évidemment ridicule, mais d'alterner des séquences sur telle voyelle à d'autres sur telle autre (pas besoin d'en avoir 36, deux ou trois suffiraient; en plus je trouve que le son choisi - [e] si je me souviens bien, du moins dans cet enregistrement - n'est pas le plus agréable qui soit, personnellement j'aurais préféré a ou o...).
Revenir en haut Aller en bas
Benedictus
Mélomane chevronné
Benedictus

Nombre de messages : 8945
Age : 44
Localisation : De retour dans le neuf-quatre...
Date d'inscription : 02/03/2014

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMar 29 Oct 2019 - 12:04

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Suther10
Revenir en haut Aller en bas
Cololi
chaste Col
Cololi

Nombre de messages : 31126
Age : 38
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMar 29 Oct 2019 - 12:30

Dans les aigus … les voyelles ont tendance à se confondre, qu'on le veuille ou non !

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
http://discopathe-anonyme.fr/
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
DavidLeMarrec

Nombre de messages : 87965
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMar 29 Oct 2019 - 13:01

Golisande a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Ça produit mécaniquement un changement de volume. Et puis ce serait un peu ridicule, comme si on essayait de dire quelque chose sans y parvenir, alors qu'ici on a l'illusion de la voix pure, on finit par oublier la voyelle justement.

Je ne parle pas d'enchaîner des voyelles à toute vitesse, ce qui serait évidemment ridicule, mais d'alterner des séquences sur telle voyelle à d'autres sur telle autre (pas besoin d'en avoir 36, deux ou trois suffiraient; en plus je trouve que le son choisi - [e] si je me souviens bien, du moins dans cet enregistrement - n'est pas le plus agréable qui soit, personnellement j'aurais préféré a ou o...).

C'est laissé à la libre appréciation des interprètes en réalité, aucune voyelle n'est noté sur sur la partition – moi j'ai souvent entendu [a], mais il me semble en effet que certains chanteurs nordiques ont plutôt privilégié un [ä] finlandais, une sorte de [aè], peut-être [é] pour d'autres, j'avoue que pour moi les voix sont simplement un élément atmosphérique dans cette symphonie, je n'y prête pas plus garde que ça.

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Alfven_voyelles
Revenir en haut Aller en bas
http://operacritiques.free.fr/css/
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
DavidLeMarrec

Nombre de messages : 87965
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMar 29 Oct 2019 - 13:03

Cololi a écrit:
Dans les aigus … les voyelles ont tendance à se confondre, qu'on le veuille ou non !

Hm. Ça dépend si on chante bien ou si on chante comme Joan Sutherland (ou pis, Júlia Várady).

Que la définition des voyelles, s'estompe, c'est un fait, mais on entend très distinctement, chez les bons chanteurs, le timbre distinct des différentes voyelles, même sur un contre-ut.
Revenir en haut Aller en bas
http://operacritiques.free.fr/css/
Cololi
chaste Col
Cololi

Nombre de messages : 31126
Age : 38
Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 10/04/2009

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMar 29 Oct 2019 - 13:12

Je n'irai pas plus dans le détail … car je ne suis pas un connaisseur de la théorie, mais oui ça s'estompe. Après ça dépend du niveau technique … et probablement de la tessiture. Franchement … les soprano … je n'ai jamais vraiment capté ce qu'elles chantaient … c'est pas une question de Sutherland. Par "capté", j'entends … pouvoir dire oralement sans problème ce qui vient d'être chanté en intégralité. Car … dans la moitié basse de la tessiture, si la chanteuse chante bien, on comprend … mais … au-dessus, ça devient difficile … surtout si on a pas le livret/poème par cœur en tête (le fait de le connaître par cœur … nous rend je pense bien plus indulgent avec les chanteurs … car on a l'impression que c'est très compréhensible … alors que c'est juste qu'on le connait très bien Mr. Green ).
Après avec les voix masculines, c'est plus simple.

Je rajoute que je fais partie d'une vaste majorité qui ne "maîtrise" (le mot est bien grand … nous sommes d'accord) que le français … et je ne vois pas comment je pourrais juger de la prononciation dans une langue autre. (et avec moi tous ceux qui sont dans ce cas) … ni même attacher une importance spéciale à la prononciation d'une langue que je ne connais pas.

_________________
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination - Proust (Albertine disparue)
Revenir en haut Aller en bas
http://discopathe-anonyme.fr/
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
DavidLeMarrec

Nombre de messages : 87965
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMar 29 Oct 2019 - 14:10

Cololi a écrit:
Car … dans la moitié basse de la tessiture, si la chanteuse chante bien, on comprend … mais … au-dessus, ça devient difficile …

Surtout pour les femmes, oui, mais pas systématiquement. Déjà, on peut très bien compenser avec la mise en valeur des consonnes. Et puis il y a une différence entre « réduire la différenciation » et « beugler une voyelle unique et indéfinie ».


Citation :
Je rajoute que je fais partie d'une vaste majorité qui ne "maîtrise" (le mot est bien grand … nous sommes d'accord) que le français … et je ne vois pas comment je pourrais juger de la prononciation dans une langue autre. (et avec moi tous ceux qui sont dans ce cas) … ni même attacher une importance spéciale à la prononciation d'une langue que je ne connais pas.

Surprised

Et pourtant…

1) On peut avoir des notions (ça s'entend très bien en italien par exemple, lorsque les [o] sont ouverts au lieu d'être fermés).
2) Même sans rien y connaître, le naturel s'entend. Il suffit d'écouter Barbe-Bleue par des magyarophones, on se rend compte à quel point tout coule et sonne, alors que chez les autres, on perçoit l'hésitation, le labeur permanent, la distance, la cacophonie.
Revenir en haut Aller en bas
http://operacritiques.free.fr/css/
Golisande
Mélomane chevronné
Golisande

Nombre de messages : 5325
Age : 45
Localisation : jeudi
Date d'inscription : 03/03/2011

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMar 29 Oct 2019 - 19:09

DavidLeMarrec a écrit:

C'est laissé à la libre appréciation des interprètes en réalité, aucune voyelle n'est noté sur sur la partition
[...] j'avoue que pour moi les voix sont simplement un élément atmosphérique dans cette symphonie, je n'y prête pas plus garde que ça.

Le fait quaucune voyelle ne soit notée tendrait à prouver qu'Alfvén considérait lui aussi les voix comme un simple élément atmosphérique (et en l'occurrence c'est lui le chef Mr.Red ), mais justement je trouve dommage qu'il ne les ait pas vraiment utilisées comme des instruments à part entière, dans tout l'éventail de leurs ressources expressives (or la palette des voyelles est un des plus extraordinaires superpouvoirs de la voix humaine, le seul instrument dont le timbre puisse varier presque à l'infini)...
Revenir en haut Aller en bas
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
DavidLeMarrec

Nombre de messages : 87965
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMer 30 Oct 2019 - 12:03

Je ne suis vraiment pas persuadé que ça aurait fonctionné. Je ne suis pas sûr que ça ne sonnerait pas étrange dans ce contexte très formel de grande symphonie sérieuse. (Tu sais ce qui te reste à faire… !)

En tout cas je serais incapable de citer une composition dans laquelle la voix sans parole est utilisée avec des voyelles différenciées. À la rigueur, un timbre imposé, mais qui varie, on trouve ça dans les arrangements légers, mais sinon…

Des idées ?
Revenir en haut Aller en bas
http://operacritiques.free.fr/css/
Golisande
Mélomane chevronné
Golisande

Nombre de messages : 5325
Age : 45
Localisation : jeudi
Date d'inscription : 03/03/2011

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyMer 30 Oct 2019 - 19:29

Daphnis, non ? Bon, c'est un chœur... (Et j'ai aussi un doute concernant Sirènes...)
Revenir en haut Aller en bas
DavidLeMarrec
Mélomane inépuisable
DavidLeMarrec

Nombre de messages : 87965
Localisation : tête de chiot
Date d'inscription : 30/12/2005

Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 EmptyJeu 31 Oct 2019 - 14:52

Non, pour Daphnis comme pour Sirènes, aucune indication vocalique (et je ne les ai jamais entendu changer).
Revenir en haut Aller en bas
http://operacritiques.free.fr/css/
Contenu sponsorisé




Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Hugo Alfvén (1872-1960)   Hugo Alfvén (1872-1960) - Page 2 Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Hugo Alfvén (1872-1960)
Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Aretha Franklin : The Early Years (1960-80)
» Alexandre Scriabine (1872-1915)
» Virginie LEDIEU (1960)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Autour de la musique classique :: Musique classique :: Général-
Sauter vers: