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 James MacMillan (né en 1959)

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kentel
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MessageSujet: James MacMillan (né en 1959)   Lun 27 Oct 2008, 22:08

J'inaugure mon premier thread sur ce forum, avec ce jeune compositeur écossais qui a écrit des choses vraiment passionnantes (et qui n'est pas gentil comme George Benjamin). Son style est très influencé par celui de son compatriote Peter Maxwell-Davies, dont il faudra aussi parler en détails un jour (c'est un génie). C'est donc une musique très énergique voire parfois violente mais aussi étrange et méditative, assez dissonante, très colorée orchestralement et tout à fait personnelle.

Histoire de ne pas assommer tout le monde avec un message-fleuve que personne ne lira jusqu'à la fin, j'évoquerai séparément sa musique symphonique, sa musique de chambre et sa musique chorale. Evidemment tout ce que je dis n'a aucun caractère définitif, ce ne sont que des impressions d'écoute et on peut ressentir exactement l'inverse, je ne garantis rien. De plus, je n'ai pas tout écouté, ça va de soi.

Les symphonies :

Il y en a 3 :

La Symphonie n°1 Vigil (1997 - 49 mn), est assez ténébreuse, avec une sorte de majesté gothique monumentale assez impressionnante.



La Symphonie n°2 (1999 - 24 mn) est pour moi la plus belle. C'est un paysage méditatif et féérique, très calme, l'orchestre est souvent lointain. Dans le magnifique mouvement lent, la harpe semble évoquer l'eau d'une fontaine sacrée. Bref c'est très évocateur.



La Symphonie n°3 "Silence" (2002 - 38 mn)
Comme un vaste paysage de légende, avec des cordes acides, lumineuses et planantes au-dessus desquelles planent quelques vols de clarinette ou de flûte, et où sporadiquement se manifestent des bouquets de notes de cuivre.



Bon c'est assez long comme ça je crois.


Dernière édition par kentel le Lun 27 Oct 2008, 22:16, édité 1 fois
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atomlegend
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Lun 27 Oct 2008, 22:10

On peut en entendre pas mal d'extraits nde ses cantates ici, je découvre en même temps:

http://www.deezer.com/#music/result/all/James%20MacMillan
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kentel
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Lun 27 Oct 2008, 22:15

atomlegend a écrit:
On peut en entendre pas mal d'extraits nde ses cantates ici, je découvre en même temps:

http://www.deezer.com/#music/result/all/James%20MacMillan

Merci du tuyau Smile Ca tombe bien car je n'ai jamais entendu ses cantates.
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atomlegend
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Lun 27 Oct 2008, 22:23

A l'écoute ces cantates n'ont rien de contemporain ou dissonantes. Les symphonies que tu mentionnes plus haut (sans chercher a faire une comparaison avec les sonates) ne seraient donc pas dans la même veine ?


Edit: Dissonantes ou atonales: Si, quelques une le sont.
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kentel
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Lun 27 Oct 2008, 22:44

atomlegend a écrit:
A l'écoute ces cantates n'ont rien de contemporain ou dissonantes. Les symphonies que tu mentionnes plus haut (sans chercher a faire une comparaison avec les sonates) ne seraient donc pas dans la même veine ?

Non en effet, ce n'est pas la même chose du tout : ces cantates me font davantage penser à sa musique chorale, qui est plus sage et méditative. Son oeuvre orchestrale est nettement plus débridée.
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kentel
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Mar 28 Oct 2008, 01:18

Suite de l'oeuvre symphonique :

Le Concerto pour trompette "Epiclesis" (1993 - 25 mn) L'oeuvre alterne entre des passages doux avec une trompette contemplative presque solitaire, très séduisants, et d'autre avec un orchestre violent et assez confus qui est le pêché mignon du Macmillan des débuts. C'est quand même très personnel dans l'ensemble

Le Concerto pour clarinette "Ninian" (1996 - 35 mn) révèle à nouveau un monde sonore unique, une sorte de d'univers de légende à la fois magique et inquiétant dans lequel erre une clarinette souvent paniquée. L'oeuvre est parfois un peu chaotique et globalement assez mouvementée



Adam's Rib (1995 - 10 mn): Un grondement sourd de tuba autour duquel se développe une frise serrée de trompettes et de trombones très claire, qui n'est pas sans rappeler le For John Cage de Nyman.

I (A Meditation on Iona) (1996 - 16 mn) : cordes angoissées sur fond de cloches, assez flippant.

The Saw the Stone Had Been Rolled Away (1993 - 6 mn) : pour cuivres et percussions, celui-là n'est vraiment pas terrible, trop sec.



Tuireadh (1991 - 21 mn), pour clarinette & orchestre; à mon avis son chef-d'oeuvre : une ambiance mystérieuse : nappes de cordes qui nous parviennent comme de lointains échos, longues tenues de clarinette qui semblent s'égayer soudainement comme des oiseaux. Une merveille.

The Confession of Isobel Gowdie (1990 - 25 mn) : Très évocateur, dans le genre menaçant et jubilatoire, et fortement influencé par Birtwistle (on pense beaucoup à Gawain).

The Exorcism of Rio Sumpul (1989 - 23 mn) : Au début très chaotique avec explosions de clusters dans tous les sens, un peu déjà vu. Le mvt II est le plus beau, dans la veine planante mystérieuse du compositeur, doux sur des harmonies comme irisées. Le III est assez sec et brutal, rythmé comme par un bruit de marteau sur une enclume.



Concerto pour cor anglais "The World's Ransoming" (1996 - 21 mn) : Un cor anglais pensif qui voyage parmi des décors sans cesse changeants, des cuivres aux accents médiévaux, des tapis cordes acides, des buissons de percussions, des piaillements de flûtes, des cascades de trompettes, etc

Concerto pour violoncelle (1996 - 40 mn) : sans doute son plus beau concerto. Un climat de grande tension et de violence, avec un violoncelle qui s'enfuit dans une course éperdue au milieu du tonnerre des timbales; après ce passage de détresse dans un univers de pure sauvagerie, le II amène un violoncelle désespéré sur des harmonies tonales environné de sonorités féériques (harpe, glockenspiel). Un superbe passage, déchirant de tristesse. Le violoncelle repart comme une bête traquée, poursuivi par des cuivres écrasants et des percussions qui résonnent comme des marteaux, et progressivement tout s'efface, le violoncelle disparaît dans le lointain.



Et je termine pour le label Bis avec Cumnok Fair (sur le cd de la Symphonie n°2) pour piano et orchestre (1999 - 13 mn) . Une oeuvre méditative sur des cordes très souples, sans la violence que l'on trouve dans ses autres oeuvres.
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Tus
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Mar 28 Oct 2008, 01:29

ça me plaît beaucoup, tes descriptions! je vais tâcher d'en trouver un peu, j'ai très envie de découvrir ce compositeur.
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Dorabella
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Mar 28 Oct 2008, 08:30

[img][/img]

Naxos 8.554167

Ce fut mon premier CD de MacMillan. J'étais simplement curieuse et le prix..............

Très bonne interprétation, et excellent enregistrement avec l'ingénieur du son Tim Handley(les amateurs de HiFi apprécieront)
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Cello
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Mar 28 Oct 2008, 09:28

Spiritus a écrit:
ça me plaît beaucoup, tes descriptions! je vais tâcher d'en trouver un peu, j'ai très envie de découvrir ce compositeur.

+1

Très bonne idée d'avoir lancé ce sujet. MacMillan est vraiment très célèbre en Grande-Bretagne. J'ai toujours été curieux de voir ce qu'on en penserait de ce côté de la Manche.

Les concertos me tentent bien.
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Dorabella
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Mar 28 Oct 2008, 10:10

J'aime également beaucoup le concerto pour violoncelle. Sur ce CD BIS, le violoncelliste est Raphael Wallfisch qui, pour moi, est le meilleur violoncelliste britannique actuel (il enregistre habituellement chez Chandos.

Word's Ransoming est également une œuvre fort intéressante,avec un très beau solo de cor anglais.

Il est certain que cette musique, parfois assez..euh.."virile", ne plaira pas à tous.
Si Mozart est votre compositeur préféré, il est même possible que vous ne puissiez aller jusqu'au bout Twisted Evil Mr.Red
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Tus
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Mar 28 Oct 2008, 13:44

J'ai écouté le disque de la Symphonie n°2 et de Cumnock Fair!

Cumnock Fair ne m'a pas énormément plu, j'ai trouvé les rythmes saccadés aux cordes vers le début assez creux, très "musique contemporaine" avec des chromatismes et un peu sombre que je trouve vain, la suite est par moments beaucoup plus séduisante mais je suis pas très emballé. La partie pour piano est très belle.

J'ai par contre franchement aimé la Symphonie n°2; c'est à mon avis dans cette esthétique-là que la musique contemporaine se devrait de chercher un peu plus, à l'image de Penderecki et Rautavaara aussi - mais ce n'est pas le lieu ici pour étaler mes convictions profondément réactionnaires. Laughing Harmoniquement, c'est très moderne, bien que parfois très tonal, et surtout ça présente l'atout d'être formidablement bien orchestré, avec des bois limpides et bruissants, un bel équilibre des sections, du souffle et du lyrisme. Tout cela est très beau et m'a touché et convaincu. Il n'y a que quelques longueurs dans la partie centrale; dans l'ensemble, c'est quand même vraiment remarquable!
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kentel
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Mar 28 Oct 2008, 20:06

Spiritus a écrit:
J'ai écouté le disque de la Symphonie n°2 et de Cumnock Fair!

Cumnock Fair ne m'a pas énormément plu, j'ai trouvé les rythmes saccadés aux cordes vers le début assez creux, très "musique contemporaine" avec des chromatismes et un peu sombre que je trouve vain, la suite est par moments beaucoup plus séduisante mais je suis pas très emballé. La partie pour piano est très belle.

J'ai par contre franchement aimé la Symphonie n°2; c'est à mon avis dans cette esthétique-là que la musique contemporaine se devrait de chercher un peu plus, à l'image de Penderecki et Rautavaara aussi - mais ce n'est pas le lieu ici pour étaler mes convictions profondément réactionnaires. Laughing

Je crois qu'on a ressenti la même chose - tant pour le concerto pour violoncelle dont parlait Dorabella que pour la symphonie n°2 et pour Cumnok Fair (qui n'est pas génial, c'est vrai). De plus ton point de vue n'est pas réactionnaire : ces oeuvres ne sont globalement pas tonales (je serais bien en peine de trouver dans quelle tonalité c'est écrit), même s'il y a quelques consonances. Je trouve d'ailleurs ce jeu tension/détente avec l'emploi d'accords parfaits qui surgissent parmi les chromatismes les plus agressifs vraiment fascinant.

Tu parlais de Rautavaara, qui se sert également de ce procédé, quoique dans un style différent : plus proche de Macmillan il y a Lindberg et Kernis. Et bien sûr Maxwell-Davies, et derrière Maxwell-Davies le grand inspirateur de la musique anglaise qu'est Michael Tippett. On en revient toujours à Tippett Smile - cet orchestre magmatique et a-mélodique, avec ses cuivres éclatants, ses bois translucides et ses flux de cordes, c'est l'orchestre de Tippett.
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kentel
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Jeu 30 Oct 2008, 22:29

Je reprends où j'en étais arrivé dans l'oeuvre orchestrale de MacMillan :

Le Concerto pour piano n°1 "The Berserking" (1990 - 33 mn). L'œuvre est très brutale et sèche, avec un piano lourd mais vif, et peu de recours aux cuivre. Le mouvement lent est sans doute le sommet, comme un rêve étrange avec de superbes trainées de cordes sous un piano aquatique et mystérieux. Les dernières minutes du concerto, avec un pianoperdu dans le lointain, est une merveille.

Sowetan Spring (1990 - 11 mn) : une répétition de clusters ffff – globalement hyperviolent – et assez fatigant.

La Sinfonietta (1991 - 19 mn) : de lentes lignes orchestrales illuminées de cloches dicrètes et de reflets de harpe ou de piano qui rappellent beaucoup Bryars. Ce tissu orchestral est parfois transpercé de violents fff piqués. C'est globalement magnifique et d'un brillant esprit de synthèse de styles (minimaliste, tonal, atonal).




Ce cd RCA n'est plus disponible, dommage car c'était une excellente version du concerto par Stenz Markus. Mais on trouve toutes ces oeuvres sur d'autres cd, et notamment ici :

Into the Ferment (1988 - 24 mn) : En éclats et en notes piquées où les cuirves ont la part belle - c'est assez proche de Turnage, en plus musical et en plus mélodieux.

Brittania (1994) : Eclats d'orchestres vifs basés sur la Marche d'Elgar entrecoupés de passages doux et féériques. Pas mal mais assez décousu et inutilement provocateur.

On trouve également The Berserking sur ce cd, mais je n'ai pas écouté cette version.



Concerto pour percussions "Veni, Veni, Emmanuel" (1992 - 26 mn). Dorabella a déjà évoqué cette oeuvre (mais dans la version Naxos que je ne connais pas). Je me demande encore comment il a pu pondre un titre aussi nul. C'est sa période ultrabrutale avec des cuivres over-cuivrés et pétants, des cordes acides et des percussions agressives. A écouter absolument : un passage très contemplatif avec un marimba mystérieux vraiment magnifique et un autre en forme de féérie polytonale avec des cloches.

Three Dawn Rituals (1983 - 7 mn): Dans la veine acide dégingandée, pas terrible.



Le Concerto pour piano n°2 (2004 - 30 mn) : un virage nettement tonal comparé au n°1, et beaucoup plus doux : il y gagne car il développe un sens mélodique très dynamique et original.

A Scotch Bestiary (2004 - 34 mn) pour orgue & orchestre : c'est son Carnaval des Animaux. L'usage d'un orgue soliste pour l'évocation d'un bestiaire est assez inattendu, et ne produit sans doute pas les effets de vivacité et d'ironie habituellement liés à ce sujet. D'autant moins que l'orgue produit des accords très lourds, que l'orchestre fait un peu fouillis et abuse des cuivres qui cuivrent.

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Stadler
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Ven 31 Oct 2008, 09:59

kentel a écrit:
Le Concerto pour clarinette "Ninian" (1996 - 35 mn) révèle à nouveau un monde sonore unique, une sorte de d'univers de légende à la fois magique et inquiétant dans lequel erre une clarinette souvent paniquée. L'oeuvre est parfois un peu chaotique et globalement assez mouvementée


Ma curiosité piquée au vif, je suis allé écouter les larges extraits disponibles sur le site de Naxos.

Je partage entièrement ta description.

Le premier mouvement est, pour moi, le meilleur. Et le clarinettiste, John Cushing (que je ne connaissais pas), rend bien cette atmosphère magique et inquiétante. Son jeu ressemble un peu à celui de Martin Fröst.

Le deuxième mouvement me laisse sur ma faim. Cela ressemble plus à de la musique symphonique qu'à de la musique concertante. Du coup, la clarinette semble en porte-à-faux et ne trouve pas vraiment sa place...

Le troisième et dernier mouvement est d'une très grande poésie.

Merci Kentel pour cette découverte thumleft
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kentel
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Ven 31 Oct 2008, 11:22

Stadler a écrit:


Je partage entièrement ta description.

Le premier mouvement est, pour moi, le meilleur. Et le clarinettiste, John Cushing (que je ne connaissais pas), rend bien cette atmosphère magique et inquiétante. Son jeu ressemble un peu à celui de Martin Fröst.

Le deuxième mouvement me laisse sur ma faim. Cela ressemble plus à de la musique symphonique qu'à de la musique concertante. Du coup, la clarinette semble en porte-à-faux et ne trouve pas vraiment sa place...

Le troisième et dernier mouvement est d'une très grande poésie.

Merci Kentel pour cette découverte thumleft

Tout le plaisir est pour moi Smile

Je partage ton avis concernant le caractère trop "symphonie concertante" du mouvement central - ainsi que pour la comparaison avec Fröst. C'est un problème auquel Macmillan a été confronté dans plusieurs de ses concertos - l'omniprésence de l'orchestre - et qui n'est pas complètement résolu non plus dans "The World's Ransoming" et dans "Epiclesis". On suit assez bien la progression de son langage au fil du temps : son 2ème concerto pour piano est débarrassé de cette confusion.
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kentel
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Ven 07 Nov 2008, 23:13

Je poursuis le tour d'horizon avec la musique de chambre - qui me semble beaucoup moins intéressante, mais c'est bien entendu un avis qui n'engage que moi.

Sonate pour violoncelle (1999 - 23 mn)

Une oeuvre intéressante dans laquelle Macmillan joue le contraste entre une douceur féérique et une brutalité rauque. Seul problème :c'est soporifique.

14 Little Pictures - pour violoncelle & piano (1997 - 22 mn)

austère, geignard et sans intérêt.

A Cecilian Variation on JFK - pour piano (1991 - 3 mn)

Gros accords plaqués et petites notes lumineuses. Très terne

Angel - pour piano (1993 - 4 mn)

Heureusement, c'est court.

Kiss on Wood
- pour violoncelle & piano (1994 - 8 mn)

Lent et contemplatif, assez joli

Lumen Christi - pour piano (1997 - 3 mn)

doux et fade

Et tout ça c'est ici :



Sonate pour piano (1986 - 14 mn)

Très doux avec des petits éclats étouffés; pas mal mais plutôt terne encore une fois.

Barncleupédie - pour piano (1992 - 2 mn)

Berceuse bateau

Birthday Present - pour piano (1997 - 2 mn)

Un peu austère pour un anniv.

For Ian - pour piano (2000 - 5mn)

Simple et très émouvant; sa seule pièce de musique de chambre intéressante jusqu'ici.

Raising Sparks - pour soprano & piano (1997 - 34 mn)

Expressioniste atonal sans odeur ni saveur et très long.



Quatuor n°1 "Visions of a November Spring" (1991 - 22 mn)

Vif et sec, parfois des glissandi rapides semblent évoquer des oiseaux. L'œuvre est très abrupte, mais ne manque pas de séduction.

Quatuor n°2 "Why is This Night Different ?" (1997 - 22 mn)

D'abord lent et acide, avec des harmonies froides sur des accords aïgus. Intéressants effets de glissandi dans la suite. L'originalité des couleurs harmoniques de Macmillan est manifeste, qui oscille entre irisation et froideur.

Et c'est ici (vous noterez au passage l'effort que Bis a fait pour les pochetttes des oeuvres de Macmillan, ça change de leur look mortuaire bergmanien habituel).

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Cello
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Jeu 01 Juil 2010, 10:10

Son tout récent concerto pour violon est passé à la radio.

D'un côté, il y indéniablement une belle énergie là-dedans. C'est vigoureux, ça bouge. D'autre part, on trouve des allusions directes ou plus obliques aux musiques populaires écossaise et irlandaise, où le violon joue souvent un rôle de premier plan. C'est sympa. Enfin, ça m'a semblé très abordable, assez modal.

Mais malheureusement, je n'ai pas compris où ça menait. Une succession de notes et d'épisodes, certes agréables, mais qui ne m'ont au final laissé qu'un très vague souvenir. Je suis un peu déçu
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Ven 08 Avr 2011, 12:05

Citation :
La Sinfonietta (1991 - 19 mn) : de lentes lignes orchestrales illuminées de cloches dicrètes et de reflets de harpe ou de piano qui rappellent beaucoup Bryars. Ce tissu orchestral est parfois transpercé de violents fff piqués. C'est globalement magnifique et d'un brillant esprit de synthèse de styles (minimaliste, tonal, atonal).

Je suis d'accord.

Le début, très lent et contemplatif, est vraiment beau. On se prend une grosse claque inattendue de cuivres dissonants après 5 minutes, une autre, ça s'anime - quelques passages qui font penser à une marche bancale. Enfin, tout s'apaise et on termine par un retour au calme initial mais là où le début était assez statique, il y a maintenant une conversation douce entre différents instruments. C'est fort joli même si je me serais passé de l'épisode central.

En tout cas, ça m'a donné envie d'en découvrir plus.
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Théo taschimor
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Jeu 14 Avr 2011, 20:30



Je suis heureux de lire tant de belles choses sur celui qui est un de mes compositeurs de chevet et que je suis depuis longtemps. La dernière oeuvre qui m'ait beaucoup plu est son opéra THE SACRIFICE,seulement il faut que j'en approfondisse davantage l'écoute ainsi que sa ST JOHN PASSION et son QUICKENING qui correspondent,elles aussi, à des découvertes récentes.
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Dim 06 Mai 2012, 18:30

kentel a écrit:
Concerto pour violoncelle (1996 - 40 mn) : sans doute son plus beau concerto. Un climat de grande tension et de violence, avec un violoncelle qui s'enfuit dans une course éperdue au milieu du tonnerre des timbales; après ce passage de détresse dans un univers de pure sauvagerie, le II amène un violoncelle désespéré sur des harmonies tonales environné de sonorités féériques (harpe, glockenspiel). Un superbe passage, déchirant de tristesse. Le violoncelle repart comme une bête traquée, poursuivi par des cuivres écrasants et des percussions qui résonnent comme des marteaux, et progressivement tout s'efface, le violoncelle disparaît dans le lointain.




J'ai écouté le concerto pour violoncelle et je suis sur la même longueur d'onde que kentel: c'est une oeuvre vraiment intéressante.

Ce concerto fait la part belle aux cuivres et aux percussions ce qui lui confère un souffle épique, renforcé encore par un langage qui sonne archaïque. On pourrait tout à fait imaginer des scènes de la Grande-Bretagne médiévale là-dessus.

Mis à part le tout début très tonitruant, le premier mouvement ne m'a pas particulièrement marqué. Pas mal mais sans plus. Par contre, le deuxième est magnifique: une longue méditation plaintive du violoncelle sur un tapis scintillant. Ca m'a un peu fait penser aux mouvements lents de certaines pièces de Messiaen pour l'atmosphère d'éternité qui s'en dégage. C'est un des grands moments du concerto, l'autre étant le final au cours duquel de cruels martèlements métalliques qui résonnent comme une condamnation solennelle n'obtiennent comme seule réponse du soliste qu'un sifflotement qui s'élève avec désinvolture, moquerie même. Un contraste réellement saisissant.

Si je n'ai pas été captivé de bout en bout, c'est quand même un concerto qui sort clairement du lot, peut-être pas complètement convaincant mais distinctif et qui contient des idées fortes, bien exploitées. A réécouter.
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Asinius Pollion
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Dim 06 Jan 2013, 12:10

Je suis content de voir que je ne suis pas le seul à m'intéresser à MacMillan.
Je dois dire que le peu que je connaisse de lui est juste splendide et je compte monter sa sonate pour piano en concert pour la fin de l'année... (j'ai du boulot)
C'est complètement par hasard que je suis tombé sur la partition en question.
On sens réellement dans cette oeuvre la glace, les cris de corbeaux, la vie disparue (c'est pas moi qui l'invente, c'est MacMillan en personne qui le dit c'est écrit dans la préface de la partoche) de l'hiver pendant lequel elle à été composée (vive l'Ecosse d'ailleurs). Je vais devoir faire une analyse formelle et une courte biographie du compositeur pour le programme, de la joie en perspective alien (j'adore ça)
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Mer 08 Mai 2013, 14:10

kentel a écrit:
Concerto pour cor anglais "The World's Ransoming" (1996 - 21 mn) : Un cor anglais pensif qui voyage parmi des décors sans cesse changeants, des cuivres aux accents médiévaux, des tapis cordes acides, des buissons de percussions, des piaillements de flûtes, des cascades de trompettes, etc.

Oui, belle œuvre celle-ci aussi, plutôt plaintive et crépusculaire malgré, ça et là, quelques emportements ravageurs des cuivres et des percussions. Elle est dans l'esprit du concerto pour violoncelle, avec lequel elle forme d'ailleurs deux des volets d'un triptyque, mais en plus concis. Je suis assez sensible aux inflexions archaïsantes des mélodies confiées au cor anglais, un éléments typique de la musique de Macmillan qui est encore renforcé ici par le timbre distinctif de l'instrument.

Dans la foulée, j'ai réécouté le concerto pour violoncelle qui se trouve sur le même disque et je confirme ma première bonne impression. J'ai plus apprécié le premier mouvement cette fois-ci alors qu'il ne m'avait pas particulièrement marqué il y a un an, notamment les "rires" cruels de l'orchestre. Et là aussi, j'aime ces références obliques à des mélodies d'un autre âge, perdues dans le temps.

Deux œuvres pourvues d'une vraie force dramatique, expressives et pleines d'idées. Je demande si Macmillan ne serait pas mon compositeur britannique contemporain préféré avec Knussen, d'ailleurs écossais comme lui et plus ou moins de la même génération.

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Rubato
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Mer 08 Mai 2013, 14:19

De ce compositeur je ne connais que cet opéra:

dont je pourrai parler plus longuement...ultérieurement.
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greg skywalker
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Ven 01 Sep 2017, 07:17

Lucien avait inseré la Symphonie n°3 dans son BT symphonies après 1970 , j'avais écouté cette symphonie avec intérêt .
Ce mois , un diapason d'or et un choc de classica pour son Stabat Mater pour solistes,choeur & orchestre à cordes .
Je ne suis pas fan dans cette oeuvre , le curseur souffrance/consolation est trop axé sur Soufrance pour un Stabat Mater (selon moi). Musicalement coté Orchestre c'est le Requiem Polonais de Pendericki réduit aux Cordes , coté voix beaucoup de Mélismes quasi orientaux alla John Taverner . ça peut plaire .
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MessageSujet: Re: James MacMillan (né en 1959)   Lun 04 Sep 2017, 18:57

Benedictus a écrit:


Je vois The Sacrifice de MacMillan: c'est aussi bien que sa musique pour chœur?

Benedictus a écrit:
Bon... En gros, ça ressemble à quoi, cet opéra?

Je vais d'abord le réécouter, mais si tu t'attends à une "analyse musicale pointue", non, ce n'est pas dans mes moyens ! Very Happy

Ce que je peux dire pour l'instant c'est que si tu aimes Lear de Reimann ou The Tempest d'Ades, alors il y a des chances que tu aimes aussi "The sacrifice" ! C'est un peu le même langage.

C'est sombre comme opéra, sujet et musique, "torturé", violent mais avec quelques îlots de clarté avec les interludes orchestraux.

Des passages très poignants, surtout dans le troisième acte avec des solos qui expriment la douleur.

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James MacMillan (né en 1959)
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