Autour de la musique classique

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 Gustav Leonhardt

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Desmarest
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MessageSujet: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 20:55

interview réaliséeUN ENTRETIEN AVEC GUSTAV LEONHARDT

"On n’enseigne pas la beauté"

NOUVELOBS.COM | 16.11.2007 |


L’intégrale de entretien avec le claveciniste, organiste et chef d’orchestre Gustav Leonhardt, paru dans le Nouvel Observateur daté du 15 au 21 novembre.
Le Nouvel Observateur. - Vous vivez dans une maison historique.
Gustav Leonhardt. - Tout à fait historique ! Et même plus que la plupart des maisons anciennes d’Amsterdam, où l’on en trouve huit mille datant d’avant 1800. En Hollande, il n’y a pas de grands bâtiments anciens, comme en France ; mais chacun voulait avoir sa maison, très petite, avec une fenêtre et une porte, ou très grande, comme celle-ci. Il y a très longtemps, la ville d’Amsterdam a profité de l’arrivée d’Anversois, qui étaient brillants et riches. Elle était extrêmement peuplée, il n’y avait plus de place, les couvents, annexés par la Réforme, étaient réquisitionnés pour accueillir les réfugiés, et la ville s’est agrandie par grands demi-cercles. Ma maison, qui date de 1617, avait une des plus grandes façades, le double de la normale, dans un quartier où elles sont toutes hautes mais étroites. Elle n’est pas très profonde, deux grandes pièces seulement. Des pavillons extérieurs et un jardin. Celui qui l’a fait bâtir était très riche – nous savons tout sur elle, j’ai même écrit un livre sur son histoire. Vers 1630, un édit a établi que le jardin devait rester jardin « jusqu’à la fin des temps » ! Il y a douze ans, un directeur de société voulait s’y faire construire un garage, et j’ai gagné mon procès contre lui, en invoquant ce décret ! En 1750, la maison a encore été agrandie par un riche marchand, maire de la ville, sur sept étages. Tout est resté exactement à l’identique depuis : les portes, les cheminées, les lambris, les parquets, les planches dans les armoires, les carreaux de faïence, tout !

N. O. - C’est pas une maison de famille ?
G. Leonhardt. - Pas du tout. Je suis d’ailleurs locataire.

N. O. - Et qu’avez-vous comme instruments, ici ?

G. Leonhardt. - Beaucoup moins qu’autrefois. J’en avais trop, et je ne les jouais pas. J’en ai encore trop. Ce merveilleux clavecin, ici, je ne le touche qu’une fois par mois, et encore. J’en ai un en bas, pour tous les jours, en quelque sorte, mon work horse…

N. O. - Celui-ci, ce n’est pas le Lefebvre ?
G. Leonhardt. - Ah vous êtes au courant… Le facteur de clavecins Martin Skowronek et moi voulions voir jusqu’où l’on pouvait aller dans la réplique d’ancien. Il avait des bois d’époque, et il a fait un faux ancien, où tout, jusque dans le plus petit détail, semblait authentique. Et qui s’est révélé sonner admirablement, beaucoup mieux que ses autres clavecins, qui sont pourtant tous des copies exactes. Il ne comprend pas pourquoi, d’ailleurs. Nous avons monté un petit canular, inventé qu’un facteur d’orgue et de clavecins de Rouen, Lefebvre, avait fait cet instrument.

N. O. - Mais tout le monde s’interrogeait sur ce Lefebvre, dont on ne connaissait aucun autre clavecin.

G. Leonhardt. - C’est pourquoi nous l’avons choisi. Et puis il était plus prudent, pour les fleurs peintes sur la table d’harmonie, de choisir un instrument de Rouen. Les peintres parisiens étaient trop connus. Et un jour, j’ai organisé un grand dîner avec d’anciens élèves, des spécialistes, des connaisseurs, et j’ai levé mon verre, et j’ai dit que ce n’était pas un ancien, mais un Skowronek.

N. O. - Pourquoi avez-vous révélé la supercherie ?

G. Leonhardt. - Parce que cela devenait une histoire trop grave, un faux. Même mes enfants n’étaient pas au courant. Ma femme et moi, nous avons pensé qu’après notre mort, ils allaient peut-être vouloir le vendre comme un Lefebvre du XVIIIe. Il fallait que cela cesse.

N. O. - Combien de clavecins avez-vous acheté dans votre vie ?

G. Leonhardt. - Douze, quinze, pas plus. J’ai aussi fait des échanges… Je gardais les meilleurs.

N. O. - Et d’autres instruments ?
G. Leonhardt. - Un orgue XVIIIe et deux clavicordes, dont un ancien. J’avais beaucoup plus d’anciens, autrefois. Et j’avais aussi un orgue magnifique du XVIIIe, un Christian Müller, qui a brûlé une nuit, avec l’atelier de restauration où il était. Tout avait été étudié, décidé… Et puis voilà. C’était il y a dix ans déjà. Terrible.

N. O. - Il y a un renouveau d’instruments bizarres en ce moment, des clavicitheriums (petit clavecin à cordes frappées), des claviorganums (sorte de centaure, mi clavecin, mi orgue), des face-à-face (deux instruments en un seul)… Vous-même, vous en avez joué (1). C’est une tendance durable ou une mode ?

G. Leonhardt. - Ces instruments ont toujours été un peu à part, curieux, mais sans importance réelle. Je comprends qu’un facteur, qui a fait des dizaines de clavecins, ou d’orgues, ou les deux, veuille faire autre chose, une fois. Un claviorganum, ce n’est pas une découverte, cela n’ouvre pas un monde nouveau, non ! Une curiosité.

N. O. - La jeune génération cherche constamment des pistes nouvelles…

G. Leonhardt. - Oui… On peut le comprendre… Toutes les pistes ont été explorées, il devient difficile de se faire un nom… Un instrument bizarre, à la télévision, cela passe bien. C’est comme les sujets de thèse… Mon Dieu ! Cela va parfois un peu loin… Mais c’est bien, c’est bien.

N. O. - Vous avez de bonnes relations avec la jeune génération de clavecinistes ?

G. Leonhardt. - Pas mauvaises, en tout cas. Je n’enseigne plus : cela fait une grande différence. Je dois dire que cela me manque un peu. Toute ma vie, j’ai joué en solo, j’ai voyagé, et les élèves seuls m’offraient des contacts humains. Les organisateurs de concert sont très bien, mais je les voyais si peu… Il y a les amis aussi, bien sûr, les Kuijken, Frans Brüggen, mais les jeunes me manquent, avec ou sans idées.

N. O. - Vous aviez trouvé une méthode d’enseignement ?
G. Leonhardt. - Non, aucune. Il n’est pas bon d’avoir une méthode. J’écoute un élève, je vois ce qui lui manque, ce n’est jamais la même chose, et on travaille là-dessus. Ou plutôt : c’est lui qui travaille là-dessus, on le laisse faire. Je lui demande pourquoi joues-tu telle basse ainsi ? Il le sait ou il ne le sait pas. S’il ne le sait pas, il doit trouver pourquoi. Ce type de raisonnement s’enseigne – pas la beauté.

N. O. - Vous avez conscience d’avoir marqué vos élèves ?

G. Leonhardt. - Non.
N. O. - Bernard Foccroulle, le nouveau patron d’Aix dit qu’en quatre cours avec vous, il en a plus appris qu’au cours de toutes ses études. Vous aviez mis le doigt sur le point douloureux.

G. Leonhardt. - Bon. C’est ce que je voulais faire. C’est pour cette raison que mes élèves sont si différents. Ce dont je me félicite.

N. O. - Le style, cela ne s’apprend pas ?
G. Leonhardt. - Un peu… Ou du moins peut-on apprendre ce qui va contre un style, ce qui est impossible dans un certain contexte stylistique. Je peux l’expliquer. Mais entre les marges de choses possibles, il y a tant de variété, en deux siècles, entre les pays, les personnalités ! Même les traités ne convergent pas. Donc il est très risqué de dire : c’est tel style. Tant de combinaisons entre les différents paramètres ! Et l’on en avait conscience, à l’époque. Il arrivait même qu’on exagère dans une direction ou une autre, qu’on mette un point d’honneur à être original : cela n’a pas produit les meilleures œuvres. Goethe l’a merveilleusement dit : « Man merkt die Absicht, und man ist verstimmt. » Quand une intention est trop visible, elle irrite. Et c’est vrai pour tout, jusqu’en politique.

N. O. - Qu’est-ce que c’est qu’un bon orgue, un bon clavecin ?

G. Leonhardt. - L’orgue a tant de personnalité qu’il vous dicte ce que vous devez faire. Beaucoup plus qu’un clavecin. Vous pouvez bien jouer sur un mauvais clavecin, pas sur un mauvais orgue. D’un autre côté, si vous traitez mal un bon orgue, il se refuse à vous. Il est à prendre ou à laisser. C’est une sorte de noblesse naturelle.

N. O. - Comment abordez-vous une œuvre nouvelle ?

G. Leonhardt. - Je la lis, et… C’est compliqué. Si c’est une nouvelle édition, je lis l’appareil critique, je regarde les sources. Je peux avoir envie de jouer l’œuvre, je peux penser que l’éditeur a fait des choix que je ne ferais pas – alors il arrive ici et là que je change une note. Et puis on entre dans le style de la pièce, on ajoute des petites choses, une petite liaison ici ou là, on rétablit les altérations manquantes, surtout dans la musique fin XVIe, il arrive qu’on doive regarder des traités pour vérifier tel ou tel point… Et voilà. Mais je ne fais pas ça au clavecin. Plutôt assis ici. Parfois, il faut comparer les éditions entre elles, ou bien avec d’autres du même compositeur… Il y a tant de possibilités et d’impossibilités ! Il y a un passage dans un choral de Bach où le même passage revient deux fois, avec une petite différence rythmique qui apparaît dans l’autographe, c’est merveilleux : évidemment l’éditeur a corrigé, le pédant.

N. O. - Debussy se trompait, mettait cinq temps dans une mesure à quatre…

G. Leonhardt. - Un génie qui se trompe, ce n’est pas comme un éditeur qui se trompe.

N. O. - Vous avez changé de répertoire, depuis quelques années. Vous ne jouez plus les grandes suites de Bach.

G. Leonhardt. - J’ajoute toujours de nouvelles pièces, bien sûr. Je ne peux pas répéter toujours les mêmes œuvres, cela ne m’intéresse pas. Je veux rester éveillé.

N. O. - Vos goûts ont changé ?
G. Leonhardt. - Non, pas vraiment.
N. O. - Vous vous êtes aventuré dans Mozart
G. Leonhardt. - Oui, surtout en dirigeant. J’aime beaucoup sa musique d’orchestre. La symphonie « Prague », que j’ai faite avec l’orchestre The Age of Enlightment. Superbe, merveilleuse musique !

N. O. - Pourquoi n’en dirigez-vous pas plus ?
G. Leonhardt. - Je n’ai pas d’orchestre… Je ne fais pas ce que je veux. Quant au piano de Mozart, les œuvres sont sublimes, bien sûr, mais je déteste vraiment le pianoforte, comme instrument. On ne sent rien, on ne sent pas la corde, on jette quelque chose, ça retombe comme ça peut… Comparé au clavecin ! Voilà un instrument ! Fin, précis, sensible ! Voilà pourquoi je n’ai pratiquement pas joué de Mozart. Deux disques…

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MessageSujet: suite de l interview   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 20:55

N. O. - Vous voulez dire que si un orchestre vous proposait de diriger des symphonies de Mozart, vous accepteriez ?

G. Leonhardt. - Tout de suite ! Et si c’est intéressant de voir sa musique en venant du passé ! Habituellement, les chefs viennent de la musique postérieure, en sorte que les nouveautés de sa musique ne leur apparaissent pas. Pour moi, c’est si moderne ! Surtout les œuvres de la fin ! Je n’oserais jamais faire des choses pareilles s’il ne les avait pas écrites… Mais j’aime beaucoup sa musique ancien régime aussi. Elle déborde presque, déjà.

N. O. - Il a du mal avec la fugue, non ?
G. Leonhardt. - Ce n’est pas son monde. Il admirait ce genre d’écriture, mais c’est un peu laborieux, chez lui. La beauté de sa musique est inexplicable. La beauté n’est jamais explicable, mais celle-là moins encore. Ses œuvres de jeunesse, par exemple, sont si parfaites, si équilibrées, et pourtant elles paraissent primitives, presque banales. Et nous sommes fascinés. La « Petite musique de nuit » ! A côté de Haydn… C’est miraculeux. Haydn est bien inférieur, à mon goût. Mais mes goûts n’ont pas d’intérêt.

N. O. - Et les compositeurs postérieurs, Schubert, Beethoven ?

G. Leonhardt. - Je les admire beaucoup, comme de très grands compositeurs, surtout comparés à leurs contemporains. Le niveau moyen de la musique était si bas, dès 1800 ! La musique étaient si médiocre, si vulgaire ! Seuls les génies ont survécu. Mais il ne faut pas oublier qu’un génie absolu comme Beethoven a écrit nombre d’œuvres misérables, qu’il n’a pas numérotées dans son catalogue, d’ailleurs. Les œuvres qui ont un numéro sont toutes géniales – sauf la Neuvième symphonie. Cette « Ode à la joie » est d’une vulgarité ! Et le texte ! Complètement puéril. Comment est-il possible que des grandes personnes aient pu écrire ce déchet [trash] ? Mais la mélodie de l’« Ode à la joie », sans texte, est déjà terrible de vulgarité. Comme votre Marseillaise ! Texte et musique ! Terribles ! [rires.] Schubert aussi a fait des choses si primaires, si grossières ! On ne trouve pas cette situation au XVIIIe : le niveau moyen était bien plus élevé.

N. O. - On vous a déjà proposé de diriger Beethoven ?

G. Leonhardt. - Je ne peux pas. J’admire, c’est superbement fait, ça tient ensemble, c’est d’un métier incroyable, mais je n’aime pas. Cet héroïsme est ridicule.

N. O. - Schubert n’était pas héroïque, lui, et ne vous a pas tenté davantage.

G. Leonhardt. - Non. Je n’aime pas ce qui est sentimental non plus. L’amour est beaucoup plus important que l’admiration. J’adore Mozart, Bach, et Purcell, et Sweelinck et les autres.

N. O. - Certains de vos prédécesseurs ont compté pour vous ?
G. Leonhardt. - Certainement ! Quand j’avais seize ans, j’étais enthousiasmé par certains disques, par Landowska… Mais encore un coup, c’était primitif. A cette époque, l’adolescence, on juge tout en blanc et noir. Pour moi, le piano était laid, et le clavecin était beau. Landowska jouait du clavecin, si on peu appeler ça un clavecin, et je trouvais donc cela merveilleux. Je notais sur mes partitions tout ce qu’elle faisait, les registrations, tout. Depuis mon admiration a décliné… Elle marquait le jeune homme, pas le musicien. Ce n’est qu’à Bâle que j’ai subi les premières influences musicales. Et puis, c’est Alfred Deller, le contre-ténor anglais, qui m’a appris le plus, et sans qu’il en sache rien. Les minuscules nuances rythmiques, et surtout qu’il faille accorder plus d’importance au mot qu’au son. Ce qu’il faisait était parfois laid, mais avec raison. Formidable ! Et la musique instrumentale contient souvent un texte latent. Ou du moins, il y a l’idée qu’un texte pourrait être dessous. Je peux dire que c’est lui qui m’a appris l’éloquence au clavecin et à l’orgue.

N. O. - Bach, pourtant, c’est pas très vocal, surtout dans ce qu’il écrit pour les chanteurs !

G. Leonhardt. - Oui, il s’en fiche ! Incroyable [ton de ravissement] !

N. O. - Le contraire de Mozart, en somme.
G. Leonhardt. - Moui… Il utilise la voix, mais sa musique ne vient pas de la voix.

N. O. - Aujourd’hui, dans Bach, on fait chanter les chœurs par des solistes. Qu’en pensez-vous ?

G. Leonhardt. - C’est de la foutaise [rubbish], cela n’a pas de sens. Tout le monde connaît la fameuse lettre où il demande trois ou quatre chanteurs par partie. On a même les noms de tous ces petits garçons. Un article du dernier « Bach Jahrbuch » a clos définitivement cette querelle ridicule.

N. O. - Et les voix d’enfants ? On n’entend plus que des femmes, dans les cantates de Bach.

G. Leonhardt. - C’est dommage… Je préfère les garçons, mais si on n’en trouve pas de bonne qualité, il ne faut pas s’y tenir à tout prix. Il est vrai que les voix féminines introduisent une sensualité hors de propos, mais cela dépend aussi des personnes – et des chefs. La voix de femme est différente, c’est vrai, mais ne va pas contre le style. La règle qui interdisait l’église aux femmes n’était pas musicale. Aujourd’hui, les petits chanteurs sont plus rares, et muent trois ans plus tôt qu’au temps de Bach. Pour un chef c’est un vrai chemin de croix, il faut recommencer presque tous les mois avec un autre garçon ! Et quel travail !

N. O. - Vous aimez diriger ?
G. Leonhardt. - Oui. Je n’ai pas d’ambition en la matière, mais montrer une œuvre comme je la vois me fait plaisir.

N. O. - Vous avez dit que c’était beaucoup plus facile que de jouer du clavecin.

G. Leonhardt. - C’est un fait ! Quand vous battez une mesure, si vous lancez le bras ici ou là, cela ne fait pas de différence ; au clavecin, vous arrivez à neuf ou dix touches trop à droite ! Je plaisante, mais la précision requise par le clavecin est diabolique.

N. O. - Certains chefs vous ont marqué ? A Vienne ? Karajan ?

G. Leonhardt. - Non. Il n’était d’ailleurs pas un bon chef. Certes, les musiciens ne l’aimaient pas, mais on a vu des gens horribles faire des choses magnifiques. Il n’avait pas de rapports avec ses musiciens : seulement avec le public. De dos. Il avait un charisme du dos. Cela existe ! Karajan a fait carrière avec son dos. Mais il n’était pas un bon musicien.

N. O. - Entre diriger un concerto de Bach et une symphonie de Bruckner, il y a une différence ?

G. Leonhardt. - Certainement, ne serait-ce que par le nombre de musiciens. Dans Bach, même dans une Passion, je les connais un par un, je les ai choisis un par un, parce que nous sommes sur la même longueur d’onde, et je sais que, sans moi, chacun jouera magnifiquement… C’est énorme. On n’est plus obligé de tout dire… On coordonne…

N. O. - Devant les quatre-vingts musiciens de la Philharmonie de Vienne, il faudrait bien parler.

G. Leonhardt. - Cela ne m’intéresse pas, et je n’en ai pas l’expérience. C’est amusant, parce que Harnoncourt reçoit cette année la médaille Bach de la ville de Leipzig, que j’ai reçue l’an dernier moi-même (On m’a demandé d’en faire la laudatio, curieusement). Eh bien lui, c’est un missionnaire. Cela tient à sa personnalité, bien sûr, mais aussi aux limites de répertoire que lui imposait son instrument, le violoncelle baroque, ou même de la viole de gambe. On ne peut pas vivre avec cette petite chose… Je comprends bien qu’il ait voulu diriger, et faire le même travail avec les grands orchestres que celui que nous avons fait avec Bach ou Monteverdi : regarder Beethoven et Bruckner, nettoyer, se demander ce que cela veut vraiment dire. J’admire cela. La musique du XIXe est aussi une musique ancienne.

N. O. - C’est aussi qu’il a été longtemps musicien d’orchestre. Vous avez fait votre propre monde seul.

G. Leonhardt. - Oui. C’est très différent.
N. O. - Vous sentez-vous dépossédé de votre répertoire, par le succès mondial de la musique baroque aujourd’hui ? Le petit noyau un peu fanatisé a explosé…

G. Leonhardt. - C’est vrai : il n’y a plus cet esprit de catacombes… Mais il y a de bons côtés. Au début, les gens étaient intéressés, parce que c’était nouveau : le clavecin, deux claviers, des touches noires au lieu d’être blanches… Cela n’existe plus. Mais maintenant, ils ont entendu beaucoup de choses, et peuvent comparer et juger –la composition comme l’interprète. Et c’est bien. La différence s’est creusée entre le magnifique et le médiocre. Quant aux musiciens, ils picorent, ils achètent un violon baroque, avec un chevalet moderne, un archet classique, des cordes soi-disant en boyau… Le niveau musical est très variable, mais le niveau technique est moyen : il y a des pics très élevés, et des creux très profonds…

N. O. - La sonorité est un peu semblable partout. Le Japonais Suzuki n’est plus très différent des Anglais.

G. Leonhardt. - Oui, c’est vrai. Il faut dire que les orchestres sont composés de gens qui viennent de partout. Le phénomène est semblable dans les grands orchestres symphoniques, qui sonnaient très différemment jusqu’à la IIe guerre mondiale.

N. O. - On dirait que les qualités demandées ne sont plus les mêmes : aujourd’hui, il faut être rapide, bien déchiffrer, avoir de la mémoire, être prêt, solide, en bonne santé : cela fait partie intégrante du métier.

G. Leonhardt. - Oui, mais cela se paie – d’une certaine paresse, notamment. Ils ne cherchent plus, ils ne sont plus curieux. Ils ont tout à portée de main, tout est facile, disponible. Internet, probablement. Lorsque quelque chose attirait mon attention, je me mettais à chercher, j’allais dans une bibliothèque, dans deux, trois. Aujourd’hui, c’est comme les buffets de petits déjeuners, dans les hôtels : tout est là, c’est absurde. Tout, tout de suite, pour tout le monde. Quel gâchis ! Je prends une tranche de pain et je m’en vais. Internet, c’est trop facile, je n’en veux pas. Je suis heureux comme cela, dans ma maison, à lire. Je donne autant de concerts que je peux, je ne veux rien de plus.

N. O. – Combien en donnez-vous par an ?

G. Leonhardt. - Cette année, quatre-vingts, mais d’habitude, une centaine.

N. O. - Vous prenez beaucoup de plaisir à jouer…
G. Leonhardt. - Non, pas en jouant, je n’ai pas le temps. C’est difficile, vous savez. Toutes vos facultés sont mobilisées. Déjà, il ne faut pas faire de fausses notes – et ce n’est pas rien. Et vous ne pensez à rien d’autre qu’à ce que vous jouez, vous ne pensez plus à vos doigts, c’est trop tard. Si bien que vous ne pensez même pas à la beauté de ce que vous jouez. Elle est pour les autres, pas pour vous. La beauté doit aller vers l’extérieur, pas à l’intérieur. A la maison, un amateur joue pour soi – et c’est très bien, la musique appartient aussi aux amateurs, même s’ils jouent très mal. C’est magnifique tout de même. Le professionnel fait le contraire. S’il jouait pour soi, il deviendrait ennuyeux. Il joue pour ceux qui sont venus, ont garé leur voiture, ont payé leur billet. Il doit être expressif. Dans un restaurant, un homme qui mange son steack ne le fait pas pour la galerie : il mange pour soi-même, il est absorbé, et ne présente pas le moindre intérêt pour les autres. C’est seulement quand il revient au bureau, et qu’il se tourne vers le monde extérieur, qu’il redevient intéressant.

N. O. - Même quand vous faites un disque ?
G. Leonhardt. - Oui, je dois tirer le maximum de la pièce que je joue, et le donner. Je fais du mieux que je peux mais ce n’est pas très agréable.

N. O. - Et le public ?
G. Leonhardt. - Il n’est pas là ! Au concert, il est fondamental que les gens soient là : je joue parce qu’ils sont là. Sans eux, je ne jouerais pas, à ce moment-là ! Mais ceux qui sont enthousiasmés par ce qu’ils jouent ne font jamais de bons musiciens. Et ceux qui gesticulent sont vulgaires.

N. O. - La vulgarité compte beaucoup pour vous…

G. Leonhardt. - Sortez dans la rue : vous verrez si elle ne compte pas. C’est la démocratie.

N. O. – A plusieurs, on est plus fort que tout seul : les gens se groupent pour se défendre.

G. Leonhardt. - Oui, vous avez raison : ils sont très, très forts !


Propos recueillis par Jacques Drillon
à l'occasion de la parution de son dique de cantates porfanes de JS Bach
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Jules Biron
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 21:18

Très bel interview.



Citation :
Et j’avais aussi un orgue magnifique du XVIIIe, un Christian Müller, qui a brûlé une nuit, avec l’atelier de restauration où il était. Tout avait été étudié, décidé… Et puis voilà. C’était il y a dix ans déjà. Terrible.
Ce doit vraiment être une des choses les plus horribles qui puisse arriver...


Citation :

G. Leonhardt. - Non. Il n’était d’ailleurs pas un bon chef. Certes, les musiciens ne l’aimaient pas, mais on a vu des gens horribles faire des choses magnifiques. Il n’avait pas de rapports avec ses musiciens : seulement avec le public. De dos. Il avait un charisme du dos. Cela existe ! Karajan a fait carrière avec son dos. Mais il n’était pas un bon musicien.
C'est joliment dit !!





Citation :
Mais ceux qui sont enthousiasmés par ce qu’ils jouent ne font jamais de bons musiciens. Et ceux qui gesticulent sont vulgaires.
Bravo !! cheers
J'applaudis à pleine mains Very Happy
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Jules Biron
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 21:24

Et j'aime bien la perception qu'il a quand au choix des musiciens dans la musique baroque... les connaître, la même perception, etc... c'est ça un bon chef formant un bon ensemble, pour moi Wink
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Kia
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 22:52

C'est pas du Pierre de Bordeaux ça Question
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antrav
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:00

Si, si. C'est réglé.
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:03

Je suis quand même fort pour débusquer les trolls velus...
Et tout ça sans pouvoir accéder aux ip...

Spoiler:
 
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ouannier
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:13

Kia a écrit:
Je suis quand même fort pour débusquer les trolls velus...
Et tout ça sans pouvoir accéder aux ip...

Spoiler:
 

Spoiler:
 

hehe
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:13

Mais l'IP n'est pas la même ! tongue
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:14

ouannier a écrit:
Kia a écrit:
Je suis quand même fort pour débusquer les trolls velus...
Et tout ça sans pouvoir accéder aux ip...

Spoiler:
 

Spoiler:
 

hehe

Mais non Stéphane Ouannier, il sait bien que ça restera du conditionnel jusquà la fin des temps. Mr.Red


Dernière édition par le Dim 23 Déc 2007 - 23:26, édité 1 fois
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ouannier
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:16

Au fait ? C'est qui Pierre de Bordeaux ?

Et ce n'est pas Stéphane qui vient de moucher Kia ... siffle Ceci étant dit, je reconnais que c'est salement gonflé de ma part de faire ce genre de repproches... hehe
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:27

Corrigé.
Un sinistre sire.
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adriaticoboy
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:30

Eragny a écrit:
Très bel interview.
Citation :
Mais ceux qui sont enthousiasmés par ce qu’ils jouent ne font jamais de bons musiciens. Et ceux qui gesticulent sont vulgaires.
Bravo !! cheers
J'applaudis à pleine mains Very Happy
C'est dingue comment l'argument d'autorité peut faire gober les pires bêtises aux petits jeunes... Rolling Eyes
Eragny, si tu les connais, est-ce que tu penses par exemple que Bernstein ou C. Kleiber sont des musiciens mauvais et vulgaires?
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:39

adriaticoboy a écrit:
Eragny a écrit:
Très bel interview.
Citation :
Mais ceux qui sont enthousiasmés par ce qu’ils jouent ne font jamais de bons musiciens. Et ceux qui gesticulent sont vulgaires.
Bravo !! cheers
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C'est dingue comment l'argument d'autorité peut faire gober les pires bêtises aux petits jeunes... Rolling Eyes
Eragny, si tu les connais, est-ce que tu penses par exemple que Bernstein ou C. Kleiber sont des musiciens mauvais et vulgaires?
Je n'ai pas lu l'entretien, mais je reconnais que ce que tu mets en relief ne vole pas haut. Ceci dit Eragny et Leonardt parlent d'un répertoire particulier, et ce qu'on peut repprocher à la musique baroque ne se repproche pas forcément à la musique romantique qui est la musique de ceux que tu cites (en majorité).
Et puis, on dit souvent que Bernstein, s'il gesticulait - pour reprendre le terme employé - dans certains de ses films, c'est par amusement et nonchalence plus que par habitude, car c'était loin d'être un moyen expressif chez lui. Tandis que Carlos Kleiber, lui, on ne peut nier qu'une grande partie de cette urgence et cette énergie qu'il parvenait à donner à ses orchestres et donc à la musique qu'il dirigeait provient en partie importante de cette façon de "gesticuler".

Enfin, ce que je veux principalement dire, même si je suis loin de défendre cette citation, c'est que ce qui est vrai dans l'interprétation de la musique baroque ne l'est pas forcément pour la musique qui lui est postèrieure.
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:40

Euh...j'ai vu des concerts filmés de Bernstein où il gesticule beaucoup mais toujours dans la musique; on snt bien qu'il est porté par elle et que ce n'est pas juste "pour le style"...
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:42

J'ai un souvenir fabuleux de Jordan qui gesticule dans Debussy, une merveille d'interprétation et de sens pour Jeux.
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:44

à ouannier:
Tu as peut-être raison pour Eragny mais dans l'entretien, Leonhardt évoque pourtant aussi Mozart, Beethoven, Schubert, la direction d'orchestre, Karajan etc. et je ne serais donc pas du tout surpris que cette petite phrase soit un jugement de valeur contre les musiciens expansifs en général.
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 23 Déc 2007 - 23:53

adriaticoboy a écrit:
à ouannier:
Tu as peut-être raison mais dans l'entretien, Leonhardt évoque pourtant aussi Mozart, Beethoven, Schubert, la direction d'orchestre, Karajan etc. et je ne serais donc pas du tout surpris que cette petite phrase soit un jugement de valeur contre les musiciens expansifs en général.
Ah. D'accord. Mais je redis que je n'ai pas lu l'entretien, donc c'est sûr que ce que je dis est forcément biaisé quelque part. Mais pour avoir en revanche déjà écouté le bonhomme s'exprimer, il peste et postillonne souvent sur ce qui n'est pas baroque et il faut donc à mon humble avis prendre ce qu'il dit avec des pincettes.

Citation :
Euh...j'ai vu des concerts filmés de Bernstein où il gesticule beaucoup mais toujours dans la musique; on snt bien qu'il est porté par elle et que ce n'est pas juste "pour le style"...

Ah mais je n'ai jamais dit le contraire. Mais ça reste superfétatoire même si joli chorégraphiquement. hehe
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyLun 24 Déc 2007 - 8:56

ouannier a écrit:
adriaticoboy a écrit:
Eragny a écrit:
Très bel interview.
Citation :
Mais ceux qui sont enthousiasmés par ce qu’ils jouent ne font jamais de bons musiciens. Et ceux qui gesticulent sont vulgaires.
Bravo !! cheers
J'applaudis à pleine mains Very Happy
C'est dingue comment l'argument d'autorité peut faire gober les pires bêtises aux petits jeunes... Rolling Eyes
Eragny, si tu les connais, est-ce que tu penses par exemple que Bernstein ou C. Kleiber sont des musiciens mauvais et vulgaires?
Je n'ai pas lu l'entretien, mais je reconnais que ce que tu mets en relief ne vole pas haut. Ceci dit Eragny et Leonardt parlent d'un répertoire particulier, et ce qu'on peut repprocher à la musique baroque ne se repproche pas forcément à la musique romantique qui est la musique de ceux que tu cites (en majorité).
Et puis, on dit souvent que Bernstein, s'il gesticulait - pour reprendre le terme employé - dans certains de ses films, c'est par amusement et nonchalence plus que par habitude, car c'était loin d'être un moyen expressif chez lui. Tandis que Carlos Kleiber, lui, on ne peut nier qu'une grande partie de cette urgence et cette énergie qu'il parvenait à donner à ses orchestres et donc à la musique qu'il dirigeait provient en partie importante de cette façon de "gesticuler".

Enfin, ce que je veux principalement dire, même si je suis loin de défendre cette citation, c'est que ce qui est vrai dans l'interprétation de la musique baroque ne l'est pas forcément pour la musique qui lui est postèrieure.






Reprenons la phrase Wink
"Mais ceux qui sont enthousiasmés par ce qu’ils jouent ne font jamais de bons musiciens."

C'est l'esthétique même du Baroque qui est dans cette phrase. (oui, je ne parle que du baroque, ouannier). Ce n'est pas le geste qui est important, c'est ce qui en sort. Ainsi, mon prof de clavecin qui n'est pas le dernier des claveciniste, a réussi à me faire perdre cette habitude de prendre en considération ce que je joue, de m'enthousiasmer sur des passages puérils, ou encore de lever les épaules de de gesticuler comme un malade. Et quand on se libère l'esprit de cet enthousiasme idiot, de ces gestes superflus, eh ben c'est plus de place pour la musique et le résultat n'en est que meilleur.

Après, il parle des chefs d'orchestre. C'est joli, des grands mouvements, chez un chef, tout ça. Peut être que ça peut servir chez les romantiques. Mais en baroque, pas le moins du monde.

Wink
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyLun 24 Déc 2007 - 9:23

un prof qui réussit à te faire perdre en considération ce que tu joues est un pédagogue né Mr.Red

Pour la gestuelle démonstrative, c'est la même chose dans tous les répertoires, ça n'ajoute rien à l'expressivité musicale. Et cen'est pas une exclusivité des musciens romantiques, j'ai vu Spinosi diriger l'autre jour et je crois qu'il nous a fait un enchaînement assez fabuleux triple axel, loops piqué avec salto arrière et vague kamehameha, le tout avec un violon dans la main. Et non, ça n'a pas particulièrement amélioré la qualité de la prestation.

Sur le cas particulier de Bernstein, je ne le sens pas histrion mais cherchant à communiquer avec le public, à commenter la musique par tous les moyens à sa disposition. Sa gestuelle doit être en partie inutile pour l'orchestre, mais il n'est jamais ridicule. Il faut absolument voir sa danse dans le final de la 6-ème symphonie de Chostakovich, qui finit par emporter le très coinc Philarmonique de Vienne avec lui.
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyLun 24 Déc 2007 - 9:27

Morloch a écrit:

Sur le cas particulier de Bernstein, je ne le sens pas histrion mais cherchant à communiquer avec le public, à commenter la musique par tous les moyens à sa disposition. Sa gestuelle doit être en partie inutile pour l'orchestre, mais il n'est jamais ridicule.
Si mes souvenirs sont bons, je l'ai vu dans le final de la 4ème de Schumann, il s'agite tellement qu'il envoit valser son bouton de chemise sur le premier violon...
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyLun 24 Déc 2007 - 9:50

Morloch a écrit:
Sur le cas particulier de Bernstein, je ne le sens pas histrion mais cherchant à communiquer avec le public, à commenter la musique par tous les moyens à sa disposition. Sa gestuelle doit être en partie inutile pour l'orchestre, mais il n'est jamais ridi
Justement c'est ça que je trouve dommage, et c'est pour cela que j'appuie vraiment ce que dit Leonhardt : c'est la musique qui doit communiquer avec le public, pas le chef avec ses mouvements mains
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyLun 24 Déc 2007 - 10:39

Eragny a écrit:

Reprenons la phrase Wink
"Mais ceux qui sont enthousiasmés par ce qu’ils jouent ne font jamais de bons musiciens."

C'est l'esthétique même du Baroque qui est dans cette phrase. (oui, je ne parle que du baroque, ouannier). Ce n'est pas le geste qui est important, c'est ce qui en sort. Ainsi, mon prof de clavecin qui n'est pas le dernier des claveciniste, a réussi à me faire perdre cette habitude de prendre en considération ce que je joue, de m'enthousiasmer sur des passages puérils, ou encore de lever les épaules de de gesticuler comme un malade. Et quand on se libère l'esprit de cet enthousiasme idiot, de ces gestes superflus, eh ben c'est plus de place pour la musique et le résultat n'en est que meilleur.

Après, il parle des chefs d'orchestre. C'est joli, des grands mouvements, chez un chef, tout ça. Peut être que ça peut servir chez les romantiques. Mais en baroque, pas le moins du monde.

Wink

Foutaises fouet
L'expression qui passe pas le corps n'est pas une invention du romantisme et le bâton dans le c.. n'en n'est pas une de l'époque baroque Mr.Red

Il suffit d'observer les gravures d'époque des grands maîtres qui dirigent : Bach, Haendel ou Lully qui a même réussi à se planter son bâton de direction dans le pied à force de taper la mesure comme un malade Laughing , ça la même tué (gangrène) Sad .

La musique doit passer par le corps car le corps est l'outil des musiciens pour exprimer la musique : certains auront besoin de taper du pied pour marquer la pulsation, d'autres de marmonner pour souligner le chant, d'autres le lever les épaules, les coudes, de se tenir droit, courbé, de lever la tête, de grimacer... et d'autres, droits comme des "i" de ne bouger que les doigts.
Mais tout ceci ne changera rien au fait qu'il y aura des plus ou mions expressifs dans toutes les catégories.
Ne pas se limiter aux apparences Cool


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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyLun 24 Déc 2007 - 10:55

C'est une autre conception Wink
Pour moi (et je ne suis pas seul, je le sais), le musicien doit se mettre en retrait par rapport à sa musique Wink
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyLun 24 Déc 2007 - 11:49

Eragny a écrit:
C'est une autre conception Wink
Pour moi (et je ne suis pas seul, je le sais), le musicien doit se mettre en retrait par rapport à sa musique Wink

Selon moi, la musique n'a pas besoin de musiciens "en retrait" pour justifier une forme de "respect". Le respect de la musique, c'est lui donner l'expression ce qu'elle mérite, ni trop ni pas assez.
Lui refuser son expressivité sous couvert de "respect", c'est ranger le musique au Musée et par là même "steriliser" les artistes qui auraient la curieuse idée de créer de la musique Wink
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyLun 24 Déc 2007 - 12:02

En musique, chacun fait comme il l'entend: le rapport est personnel c'est tout !
Pas besoin de phrases comme "La musique c'est comme ça, parce que autrement c'est pas la musique rabbit "
On s'en fout de ses petites vérités !
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyLun 24 Déc 2007 - 12:24

Bien sûr, mais on a des préférences, comme tout le monde Wink





Je ne voudrais pas trop m'éloigner du topic, mais ceci dit, je comprends Bernstein, ça doit être absolument jouissif de faire des énormes gestes en dirigeant un orchestre. J'ai mis les Tableaux d'une Exposition à fond et je m'amuse à diriger, c'est vrai que c'est complètement génial Mr. Green
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MessageSujet: intégrale Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyMer 12 Nov 2008 - 20:28

Je ne sais pas trop si c'est là qu'il faut poster, mais d'aucun se feront un plaisir de la mouvoir si nécessaire.
Donc je me suis fait offrir ça pour mon anniversaire, et j'en suis si content.
Merci à ceux qui, ici, ont dit que c'était vraiment un ensemble de grand chef d'œuvres.
und, tant pis, pour ceux qui ne savent même pas apprécier ; ou pire qui préfèrent le piano.
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyMer 12 Nov 2008 - 20:48

Il y a quoi dans ce coffret?
Je peux déplacer ou bien on peut faire un sujet Leonhardt aussi, pourquoi pas.
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyMer 12 Nov 2008 - 23:12

Galinou, de quoi parles-tu au juste ?

Car une "intégrale" Leonhardt représenterait au moins plusieurs centaines de disques...
Et comme il a enregistré pour une demi douzaine de labels différents (Vanguard, Teldec-Das Alte Werk, DHM, Philips, Sony-Seon, Virgin, Alpha), rassembler tout ça un jour dans une même boîte me paraît hautement improbable...

Sérieusement, pour son 80ème anniversaire, Sony-BMG a publié ce coffret fourre-tout de 15 CDs:

Gustav Leonhardt 41WCBhBzncL


Et Teldec-Das Alte Werk cette édition en 21 CDs:

Gustav Leonhardt 51hk6PLIRAL._SL500_AA240_


Mais ce ne sont que des sélections !

Rien que chez Teldec, il ne manque rien de moins que l'intégrale des cantates de Bach avec Harnoncourt, 60 CDs Laughing :

Gustav Leonhardt 31s0EfiA%2B2L._SL500_AA240_
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyJeu 13 Nov 2008 - 19:46

J'ai dit intégrale ? euh j'étais presque endormi sans doute, bon vin (chateau du Junca 2000), bonne bouffe, superbe armagnac de 76/

c'était bien le machin de Sony.
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyJeu 13 Nov 2008 - 20:36

c'est vrai que pour le prix, c'est une très bonne affaire. Un mélange de disques connus (Corelli, les Goldberg,...) et d'autres qui le sont moins. Si on aime son style et qu'on a pas déjà acheté séparément tous les disques du coffret, on ne peut pas être déçu. Wink

contenu :

JS Bach, Golberg variations
JS Bach, organ works
The organ in the renaissance & baroque
The organ ik the renaissance & baroque : Netherlands
Weckman & Froberger
Böhm : works for keyboard
D Scarlatti : Harpsichord sonatas
Couperin, suites et pavane
Masterpieces of french harpsichord music
JS Bach, concertos 1060R, 1044 et 1052
JS Bach, Cantatas 27, 34 et 41
JS Bach, Concertos for harpsichord
Marais, d'Anglebert, Forqueray : music in Versailles
Telemann : Paris quartets n°1-6
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyJeu 13 Nov 2008 - 20:48

galinou a écrit:
c'était bien le machin de Sony.
Le terme est vraiment celui qui convient ! hehe

Vu le prix, j'ai acheté aussi, et même si c'est assemblage un peu cheap et pas très cohérent, je ne regrette pas du tout: c'est quand même des grands enregistrements, et on retrouve des CDs qui étaient plus ou moins indisponibles...

En fait, la curiosité principale de ce coffret qui mérite presque le détour est la traduction française de la notice-interview, sans doute la pire (traduction) de l'histoire des notices de musique classique ! Un truc complètement fou, bourré de confusions et de contresens, forcément l'oeuvre d'un type qui n'a jamais entendu la moindre note de musique classique de sa vie, et encore moins par Leonhardt...
Ou alors elle a été faite automatiquement par un logiciel...

En tout cas, que Sony-BMG ait pu laisser passer truc pareil en dit beaucoup sur la décadence de l'édition de disques classiques...

edit: je me suis un peu emballé... je viens de relire cette traduction et à part quelques bourdes très gênantes ("oeuvre de piano" au lieu de "clavier" en parlant de l'Art de la fugue, "température" au lieu de "tempérament", "mauvais accords" au lieu de "instruments mal accordés"...), le reste n'est pas si affreux...


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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyJeu 13 Nov 2008 - 20:59

adriaticoboy a écrit:
En tout cas, que Sony-BMG ait pu laisser passer truc pareil en dit beaucoup sur la décadence de l'édition de disques classiques...
Mais enfin, c'est tout le contraire, nous vivons un âge d'or que nous regretterons peut-être tout bientôt !
De la musique peu chère, même la rare, en grandes quantités. Et le déclin des majors dans le domaine du classique laisse émerger des labels spécialistes de qualité, tout en nous fournissant leurs fonds à prix cassés !

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyJeu 13 Nov 2008 - 21:11

DavidLeMarrec a écrit:
adriaticoboy a écrit:
En tout cas, que Sony-BMG ait pu laisser passer truc pareil en dit beaucoup sur la décadence de l'édition de disques classiques...
Mais enfin, c'est tout le contraire, nous vivons un âge d'or que nous regretterons peut-être tout bientôt !
D'un point de vue quantitatif, bien sûr, je suis même le premier à en profiter !

Mais sur l'aspect qualitatif, à part chez quelques petits labels, difficile de nier qu'il n'y a pas une certaine dégradation en terme de présentation, notices etc.

D'un autre côté, c'est vrai que ce n'est pas le plus important, surtout maintenant, avec internet, on a (presque) toutes les infos qu'on veut...


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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyJeu 13 Nov 2008 - 21:15

DavidLeMarrec a écrit:

De la musique peu chère, même la rare, en grandes quantités.

tu parles de la mode des intégrales ? âge d'or ?
j'ai entendu le contraire , par exemple , les chanteurs d'opéra d'avant...
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyJeu 13 Nov 2008 - 21:25

adriaticoboy a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
adriaticoboy a écrit:
En tout cas, que Sony-BMG ait pu laisser passer truc pareil en dit beaucoup sur la décadence de l'édition de disques classiques...
Mais enfin, c'est tout le contraire, nous vivons un âge d'or que nous regretterons peut-être tout bientôt !
D'un point de vue quantitatif, bien sûr, je suis même le premier à en profiter !

Mais sur l'aspect qualitatif, à part chez quelques petits labels, difficile de nier qu'il n'y a pas une certaine dégradation en terme de présentation, notices etc.

D'un autre côté, c'est vrai que ce n'est pas le plus important, surtout maintenant, avec internet, on a (presque) toutes les infos qu'on veut...
Oui, bien sûr, si tu parles de la documentation, ne serait-ce que la petitesse du format CD (sans parler du téléchargement d'une piste seule...), il y a eu une baisse. Mais au niveau du produit musical, on a quand même depuis quelques années une sacrée chance.

Je crains qu'elle ne dure pas malheureusement, parce que la facilité de la reproduction, la disponibilité de solutions gratuites rémunérées par la publicité ne vont plus favoriser l'investissement dans des niches, même rentables.


Papageno a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:

De la musique peu chère, même la rare, en grandes quantités.

tu parles de la mode des intégrales ? âge d'or ?
j'ai entendu le contraire , par exemple , les chanteurs d'opéra d'avant...
Je parle de l'état de la situation discographique aujourd'hui : on a à la fois les intégrales pas chères et les petits labels pionniers (pas chers non plus) qui comme CPO, Berlin Classics, Signum ou Hyperion font découvrir du répertoire dans des versions de qualité.
On a le beurre et l'argent du beurre.

Concernant les chanteurs d'opéra, c'est tout simplement une contre-vérité : il suffit de regarder l'état du chant international dans les années 70-80... Des bûcherons dans un sabir incompréhensible.

Forcément, c'était la première génération où les carrières se faisaient vraiment à l'international et dans les langues originales, il a fallu un temps d'adaptation.

Sinon, tout simplement, les attentes ont changé. Il n'existe plus les voix extraordinairement saines et puissantes des années 50, mais on a aussi des chanteurs subtils comme on n'en a jamais eu, particulièrement pour la mélodie et le lied. Des acteurs ou des interprètes plus inspirés, mais des voix moins sonores, disons.
Personnellement, j'en suis ravi, mais c'est juste différent. Smile
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyJeu 13 Nov 2008 - 21:43

Cher DLM,

pour alimenter le débat,

le CD a apporté de par son petit format et la facilité de fabrication des occasions formidables de découvertes d'oeuvres jusqu'alors totalement inconnues comme de compositeurs méconnus ou tombés dans l'oubli, sur LP et puis ça tient moins de place surtout !!

il a permis à de très nombreux artistes de faire connaître leur talent artistique et vocal, comme exemple A. Deller a suscité une vogue de contre-ténor dont A.Scholl, T. Dagon, Jarouski, C.Cavina, R. Blaze...
comme d'autres " ténors " vynilisés de la vieille garde (Dieskau, Schwarzkopf, Schreier, Karajan, Kleiber, Holliger, Kagel, ...) ont essaimé actuellement aux 4 coins du globe

je ne parle pas ici de la déferlante inepte de la chansornette du show biz où chacun/e fait sortir son CD avec plus ou moins de chance
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyVen 14 Nov 2008 - 12:52

Pour en revenir à ce coffret, je trouve quand même dommage qu'on n'ait absolument rien comme renseignement dans la doc. Même pour la date d'enregistrement, l faut lire derrière chaque CD une date de copyright, en espérant que c'est la bonne !
mais je me régale, c'est bien le principal.
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olivier le normand

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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptySam 4 Avr 2009 - 16:00

Ce matin, j'ai écouté des oeuvres pour orgue par ce grand musicien qu'est Leonhardt, et je dois bien avouer que j'ai trouvé son interprétation somptueuse!!! Bach, rien que Bach, mais tout Bach: de la grandeur sans effet, ni pathos! La musique, rien que la musique, mais à un degré de grandeur rarement atteint!!!

J'étais fasciné par le bonhomme (pour moi, un ascète assez austère, mais grand musicien et d'une culture immense), mais je dois bien avouer que jusqu'à présent, je n'aimais pas trop ce qu'il jouait: entendons-nous bien, pas sa manière d'interpréter, mais plutôt la période musicale qu'il a fait sienne! Et puis, le clavecin, je trouvais ça un peu barbant!!!

Et puis, au fur et à mesure de mes écoutes, je me rends compte de la valeur de cette musique, et surtout de ce musicien!

Des interprètes "baroques", c'est lui que je préfère, avec Hogwood, Brüggen, Harnoncourt (mais pas tout le temps!), et Rousset!

Concrètement (et là, j'en appelle aux spécialistes "baroques" de ce forum), que me conseillez-vous, en priorité, comme disques de Leonhardt?

Merci de vos réponses (en ce moment, je dois bien avouer que je fais un peu mon Caliméro: mes messages n'ont pas beaucoup de réponses Crying or Very sad )!

Et puis, tiens: ça changera un peu de Calls, de l'opéra italien et de Wagner!!!! lol!

Merci
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antrav
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptySam 4 Avr 2009 - 16:27

olivier le normand a écrit:


Concrètement (et là, j'en appelle aux spécialistes "baroques" de ce forum), que me conseillez-vous, en priorité, comme disques de Leonhardt?

Prends ça. Si tu aimes le clavecin un peu cérébral et contrapuntique tu seras servi. C'est magnifique. Frescobaldi et Louis Couperin

http://www.amazon.fr/Girolamo-Frescobaldi-Louis-Couperin/dp/B0002J5914

Citation :

Merci de vos réponses (en ce moment, je dois bien avouer que je fais un peu mon Caliméro: mes messages n'ont pas beaucoup de réponses Crying or Very sad )!

Ça arrive, ce n'est pas qu'on ne s'y intéresse pas, mais parfois on n'a rien à dire sur la question, pas d'avis ou pas la réponse. Wink
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Mehdi Okr
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 5 Avr 2009 - 8:39

olivier le normand a écrit:
Ce matin, j'ai écouté des oeuvres pour orgue par ce grand musicien qu'est Leonhardt, et je dois bien avouer que j'ai trouvé son interprétation somptueuse!!! Bach, rien que Bach, mais tout Bach: de la grandeur sans effet, ni pathos! La musique, rien que la musique, mais à un degré de grandeur rarement atteint!!!

J'étais fasciné par le bonhomme (pour moi, un ascète assez austère, mais grand musicien et d'une culture immense), mais je dois bien avouer que jusqu'à présent, je n'aimais pas trop ce qu'il jouait: entendons-nous bien, pas sa manière d'interpréter, mais plutôt la période musicale qu'il a fait sienne! Et puis, le clavecin, je trouvais ça un peu barbant!!!

Et puis, au fur et à mesure de mes écoutes, je me rends compte de la valeur de cette musique, et surtout de ce musicien!

Des interprètes "baroques", c'est lui que je préfère, avec Hogwood, Brüggen, Harnoncourt (mais pas tout le temps!), et Rousset!

Concrètement (et là, j'en appelle aux spécialistes "baroques" de ce forum), que me conseillez-vous, en priorité, comme disques de Leonhardt?

Merci de vos réponses (en ce moment, je dois bien avouer que je fais un peu mon Caliméro: mes messages n'ont pas beaucoup de réponses Crying or Very sad )!

Et puis, tiens: ça changera un peu de Calls, de l'opéra italien et de Wagner!!!! lol!

Merci

Eh bien, voici une réponse, qui ne répond pas vraiment à ta question mais devrait néanmoins étancher ta soif. Je te conseille la lecture du nouveau bouquin de Jacques Drillon, Sur Leonhardt (Gallimard).
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 5 Avr 2009 - 10:54

s'il ne devait en rester qu'un, pour moi, c'est celui-là : l'Art de la fugue (DHM)
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jerome
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 5 Avr 2009 - 11:00

Ouille, c'est cher. Crying or Very sad
Il est épuisé ?
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Schwark
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyDim 5 Avr 2009 - 11:07

jerome a écrit:
Il est épuisé ?

1990 sur la pochette Wink

jerome a écrit:
Ouille, c'est cher. Crying or Very sad

ça les vaut largement drunken
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyMar 13 Déc 2011 - 18:23

Sad
http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20111213.OBS6572/gustav-leonhardt-met-fin-a-sa-carriere.html
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antrav
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyMar 13 Déc 2011 - 18:26

On n'aura jamais sa fugue à trois sujets. Sad
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyMar 13 Déc 2011 - 18:28

Oh nonnnnn et dire que j'ai pas pu aller le voir hier Sad Si j'avais su que je n'en aurais plus l'occasion Sad
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyMar 13 Déc 2011 - 19:38

Sérieusement je suis choqué. C'est un des musiciens vivants que j'admire le plus. On peut retitrer ce topic "Gustav Leonhardt" pour en parler plus largement sans se concentrer sur une parution précise ?
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jerome
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MessageSujet: Re: Gustav Leonhardt   Gustav Leonhardt EmptyMar 13 Déc 2011 - 22:22

Citation :
Ce bis, la vingt-cinquième Variation Goldberg de Bach

Il a seulement laissé sonner le dernier sol grave une fraction de seconde de plus qu’il n’aurait fait habituellement.
c'est beau Sad
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