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 Chostakovitch : Symphonie n°11

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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Lun 17 Mar 2014 - 1:31

Je ne me rappelle pas avoir eu de critique à formuler sur l'enregistrement. Je vais réécouter avec le casque d'écoute.
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Pierre75013
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Lun 17 Mar 2014 - 7:55

J'ai écouté Cluytens. la version de la création, en France ??
Je n'ai pas adoré, ça faisait un petit peu expérimental. Les tempis étaient assez rapides et l'orchestre (ORTF ?) bien fruste, voire vert.
La version qui m'a le plus embalé, ces temps-ci reste P. Berglund et le Bournemoth symphony, pour son urgence et ce coté lapidaire que j'aime tant dans cette musique.
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Mar 16 Sep 2014 - 17:19

Déplacé depuis le sujet Playlist :

arnaud bellemontagne a écrit:
bAlexb a écrit:
arnaud bellemontagne a écrit:
Chostakovitch:Symphonie n°10 (Karajan)

Un monument de musique.


Ah ! Ça...
Chostakovitch, je suis absolument hypnotisé par le 1er mouvement de la 11e par Barshaï. Quelle version la plus "recommandable" ou indispensable (quelle qu'en soi[en]t la/les raison[s]) pour cette symphonie ?
(EDIT : c'est quand même pitié que Karajan n'ait pas laissé plus d'enregistrements d'oeuvres de Chosta Sad . Pourquoi cette cristallisation autour de la 10e ?)

Pour la 11 Haitink est très bien, très leché, tres plastique. C'est un régal.
Dans une optique plus brute, noire et tourmentée Kondrachine est tout aussi indispensable.

Quant à Karajan c'est un mystère...je pensais qu' il allait nous faire un Chosta émollient et mollasson à l'instar de sa version du Sacre du Printemps.Et ben pas du tout!!!
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Mar 16 Sep 2014 - 22:36

Effectivement, dans la 11° : Haitink pour la somptueuse plastique et le pathos, Kondrachine pour le classicisme implacable, voilà deux pôles majeurs de la discographie.

Pourquoi Karajan enregistra-t-il deux fois la 10° chez DG (une partition qu'il aborda dès 1959, peu après sa création, et dont il laissa aussi un live moscovite édité par Melodiya), et ne toucha pas aux autres symphonies ?

Peut-être parce qu'elle passe pour la mieux construite des quinze...

On peut comprendre que des considérations politiques l'aient écarté de témoignages patriotiques comme la "Leningrad", ou qu'il ne se sentait pas à l'aise avec les grandiloquences pseudo-cinématographiques de la 12°, avec l'avant-gardisme des trois premières...

Mais, selon des critères purement esthétiques, on imaginerait bien le maestro dans la sombre , ou l'héroïque (aussi en raison de la popularité de cette oeuvre).
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Walther
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 18 Sep 2014 - 13:03

Mélomaniac a écrit:
Effectivement, dans la 11° : Haitink pour la somptueuse plastique et le pathos, Kondrachine pour le classicisme implacable, voilà deux pôles majeurs de la discographie.

Pourquoi Karajan enregistra-t-il deux fois la 10° chez DG (une partition qu'il aborda dès 1959, peu après sa création, et dont il laissa aussi un live moscovite édité par Melodiya), et ne toucha pas aux autres symphonies ?

Peut-être parce qu'elle passe pour la mieux construite des quinze...

On peut comprendre que des considérations politiques l'aient écarté de témoignages patriotiques comme la "Leningrad", ou qu'il ne se sentait pas à l'aise avec les grandiloquences pseudo-cinématographiques de la 12°, avec l'avant-gardisme des trois premières...

Mais, selon des critères purement esthétiques, on imaginerait bien le maestro dans la sombre , ou l'héroïque (aussi en raison de la popularité de cette oeuvre).

J'ai lu dans la notice d'un CD qu'il avait eu envie d'enregistrer les symphonies n°5 et 8 à l'époque où il dirigeait le Philharmonia, mais un certain Walter L. avait refusé sous prétexte qu'un disque Chostakovitch ne se vendrait pas ! Pourtant parmi les chefs "occidentaux", Bernstein a enregistré la 5e dès 1959. C'est un des regrets que laisse la discographie de Karajan...
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 18 Sep 2014 - 23:02

Legge ne restera pas comme le plus novateur et aventureux des producteurs.
Outre sa collaboration avec HMV, bien d'autres opportunités auraient pu se dessiner pour Karajan : pendant sa période Decca au tournant 1950-1960 (une avec le Wiener Philharmoniker, miam, hélas...), pour DG...
La rencontra d'emblée la popularité, et l'on comptait déjà plusieurs disques occidentaux avant le célèbre enregistrement de Bernstein à Boston pour CBS : Stokowski, Rodzinski...

Dans les années 1970-80, la popularité des symphonies de Chosta était suffisamment établie pour justifier quelques enregistrements Karajan / Berlin, qui ne virent jamais le jour...
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Mario Ouellette
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 2 Oct 2014 - 5:56

Mélomaniac a écrit:
Effectivement, dans la 11° : Haitink pour la somptueuse plastique et le pathos, Kondrachine pour le classicisme implacable, voilà deux pôles majeurs de la discographie.

Pourquoi Karajan enregistra-t-il deux fois la 10° chez DG (une partition qu'il aborda dès 1959, peu après sa création, et dont il laissa aussi un live moscovite édité par Melodiya), et ne toucha pas aux autres symphonies ?

Peut-être parce qu'elle passe pour la mieux construite des quinze...

On peut comprendre que des considérations politiques l'aient écarté de témoignages patriotiques comme la "Leningrad", ou qu'il ne se sentait pas à l'aise avec les grandiloquences pseudo-cinématographiques de la 12°, avec l'avant-gardisme des trois premières...

Mais, selon des critères purement esthétiques, on imaginerait bien le maestro dans la sombre , ou l'héroïque (aussi en raison de la popularité de cette oeuvre).

J'aurais vu, en effet, Karajan dans la 5e et 8e et aussi la 7e !

Une des raisons, me semble-t-il, pour laquelle Karajan n'était pas attiré par les autres symphonies de Chostakovitch, c'est que la guerre et le nazisme devait lui rappeler bien des souvenirs humiliants : l'attaque allemande évoquée dans la 7e et la 8e, les crimes du nazisme évoqués dans la 13e... La 10e évoquant le stalinisme, par contre, remettait en question le régime soviétique ; ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Aussi, la question idéologique et politique, bien que non dites, seraient en cause. Cela dit, le débat n'est pas clos et d'autres raisons pourraient être en cause.

On peut rappeler, en passant, le refus de Mravinsky de jouer la 13e (crainte par rapport à l'establishment soviétique, raisons idéologiques ?) contrastant avec le courage de Kondrashine, créateur de l'oeuvre en 1961.

Les interprétations de Mravinsky et de Kondrashine pour la 11e se situent au sommet demeurent incontournables. L'interprétation de Haitink me paraît moins violente, moins mouvementée même si elle rend bien l'ambiance.
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Mario Ouellette
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 2 Oct 2014 - 5:57

Mélomaniac a écrit:
Effectivement, dans la 11° : Haitink pour la somptueuse plastique et le pathos, Kondrachine pour le classicisme implacable, voilà deux pôles majeurs de la discographie.

Pourquoi Karajan enregistra-t-il deux fois la 10° chez DG (une partition qu'il aborda dès 1959, peu après sa création, et dont il laissa aussi un live moscovite édité par Melodiya), et ne toucha pas aux autres symphonies ?

Peut-être parce qu'elle passe pour la mieux construite des quinze...

On peut comprendre que des considérations politiques l'aient écarté de témoignages patriotiques comme la "Leningrad", ou qu'il ne se sentait pas à l'aise avec les grandiloquences pseudo-cinématographiques de la 12°, avec l'avant-gardisme des trois premières...

Mais, selon des critères purement esthétiques, on imaginerait bien le maestro dans la sombre , ou l'héroïque (aussi en raison de la popularité de cette oeuvre).

J'aurais vu, en effet, Karajan dans la 5e et 8e et aussi la 7e !

Une des raisons, me semble-t-il, pour laquelle Karajan n'était pas attiré par les autres symphonies de Chostakovitch, c'est que la guerre et le nazisme devait lui rappeler bien des souvenirs humiliants : l'attaque allemande évoquée dans la 7e et la 8e,   les crimes du nazisme évoqués dans la 13e... La 10e évoquant le stalinisme, par contre, remettait en question le régime soviétique ; ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Aussi, la question idéologique et politique, bien que non dites, seraient en cause.  Cela dit, le débat n'est pas clos et d'autres raisons pourraient être en cause.

On peut rappeler, en passant, le refus de Mravinsky de jouer la 13e (crainte par rapport à l'establishment soviétique, raisons idéologiques ?) contrastant avec le courage de Kondrashine, créateur de l'oeuvre en 1961.

Les interprétations de Mravinsky et de Kondrashine pour la 11e se situent au sommet demeurent incontournables.  L'interprétation de Haitink me paraît moins violente, moins mouvementée même si elle rend bien l'ambiance.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Dim 5 Oct 2014 - 3:27

Écoute de la version Ashkenazy O. Phil. de St-Persbourg (Decca). Pas évident de trancher ici. Le premier mouvement et la première moitié du deuxième m'ont laissé froid comme le marbre. Pas de tension, pas de frisson. Puis, le spectaculaire assaut sur la foule (deuxième moitié de II) ainsi que III m'ont conquis. Même dichotomie dans IV, dont les parties lourdes et volubiles sont spectaculairement réussies, alors que  le discours lent et silencieux qui précède est relativement inintéressant. Bref, c'est ceci et cela. Moyen, genre musique de film - ce que l'oeuvre n'est pas.
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vincent.1976
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 1 Oct 2015 - 19:06

André a écrit:
Écoute de la version Ashkenazy O. Phil. de St-Persbourg (Decca). Pas évident de trancher ici. Le premier mouvement et la première moitié du deuxième m'ont laissé froid comme le marbre. Pas de tension, pas de frisson. Puis, le spectaculaire assaut sur la foule (deuxième moitié de II) ainsi que III m'ont conquis. Même dichotomie dans IV, dont les parties lourdes et volubiles sont spectaculairement réussies, alors que  le discours lent et silencieux qui précède est relativement inintéressant. Bref, c'est ceci et cela. Moyen, genre musique de film - ce que l'oeuvre n'est pas.

Le plus réussi, pour moi dans cette version, c'est la fin du finale, avec des cloches que l'on entend très bien (pour une fois et qui ont un vrai son de cloches) dans un crescendo dévastateur jusqu'à l'explosion finale. Very Happy
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Mer 30 Mar 2016 - 2:21



C'est la version avec laquelle j'a "appris" l'oeuvre il y a 40 ans. Je l'aime toujours autant, mais la prise de son a 60 ans: ça ne dépasse pas ff ou mp, donc un spectre dynamique limité. Côté interprétation: Stokowski montre beaucoup d'empathie et de dignité. C'est très beau et engagé, jamais vulgaire ou trop sollicité.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Mer 30 Mar 2016 - 22:06

André a écrit:

Stokowski montre beaucoup d'empathie et de dignité. C'est très beau et engagé, jamais vulgaire ou trop sollicité.


Smile Empathie, dignité... ok.

Mais jamais vulgaire et pas trop sollicité : euh, comment dire...  hehe

Ci-dessous un de mes tout premiers commentaires à mon arrivée iceluec :


Mélomaniac, le 24 09 2012, a écrit:

vincent.1976 a écrit:

Je viens de découvrir la version de Stokowski avec Houston, et à 24 secondes de la fin, le carilloneur aurait pu dire "Houston j'ai un problème", car il s'est emmelé les pinceaux, ou les maillets en l'occurence, et il a oublié de "sonner" au moment opportun, puis se rendant compte de l'erreur, il se met à carilloner, mais au lieu d'une fois, trois fois de suite...  Confused


Effectivement, à la mesure 833 (15mn25), le carillonneur omet un coup de maillet mais se rattrape aussitôt en frappant quatre fois au lieu d'une. Erreur de lecture, à moins que ce ne soit un souhait de Stokowski qui comme l'on sait n'était pas avare de ce genre d'excentricités.

Auparavant, vous aurez certainement observé dans la section moderato à 7mn40 (mesure 567) les roulements de cymbale suspendue au lieu des clashes habituellement pratiqués. Pourquoi pas ?, au fond...
A 8mn25 (mesure 615), l'oreille reste incrédule face à ce timbalier qui cogne sur des tambours de galère. Je serais curieux de savoir quel genre de mailloches il a utilisé. Ou s'il en frappe sur des bongos  hehe

Une trahison : à la fin du climax (8mn35), la déflagration de grosse caisse, tam tam et cymbales, pourtant notée fff (fortississimo) à la mesure 623, s'évente comme la douce caresse d'un zéphyr.
Elle introduit à un adagio (jusque 13mn11) où le chef se méprend : c'est la noire qui est à 100, non la croche. Le maestro dirige carrément deux fois trop lentement que n'indique la partition, et abandonne son cor anglais dans les bras de Morphée ! ! A moins qu'il ne s'imagine là voguant avec le Cygne de Tuonela...


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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Mer 30 Mar 2016 - 22:24

hehe

Ça demeure une version dont il faut apprécier les incidents (dans le sens anglais du terme) et l'ethos. Stokowski était un chef curieusement enclin à modifier des détails mais à respecter scrupuleusement l'esprit des oeuvres. Pour ce qui est de l'exécution, elle est néanmoins formidable pour l'époque, au vu d'une partition dont l'encre était encore fraîche - du moins aux US.

Ceci dit, cet enregistrement a fait son temps comme version de référence. Je préfère Cluytens, mais à part cela, peu de versions sons sans défaut. .
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Mer 30 Mar 2016 - 23:04

André a écrit:

à part cela, peu de versions sons sans défaut


Smile Dans les intégrales, Jansons (mal enregistré), Järvi, Ashkenazy, Petrenko, Rostropovitch, Kofman sont peu intéressants à divers titres.
Ma version de référence reste Haitink.



Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Dimitri Chostakovitch (1906-195) :

Symphonie n°11 en sol mineur, Op. 103

= Semyon Bychkov, Orchestre philharmonique de Berlin

(Philips, mars 1987)



I love you Ma toute première version de l'oeuvre, découverte quand j'avais treize ans, en audiocassette
(eh oui, il s'en vendait encore, du moins en banlieue, chez les magasins qui liquidaient leur stock...  hehe )

A l'époque, je ne connaissais que la (en vinyle) et la (aussi en cassette), que j'adorais toutes deux.
Je fus assez (désagréablement) surpris par le glacial premier mouvement de cette 11°, vaste tableau quasi-silencieux qui peint le palais d'hiver du Tsar, perclus dans un gerçant climat d'attentisme, seulement percé de vagues rumeurs séditieuses. Pour le dire plus prosaïquement, je me rappelle m'être fait ch... comme un rat mort pendant le premier quart d'heure.
Peut-être aussi parce que le bruit de fond des bandes, cela sur ma modeste chaine hifi, en rendait la physionomie sonore assez ténue.
Autant dire que je tendis l'oreille à l'orée du second mouvement, où le peuple commence à s'agiter. Et que (certainement comme quiconque entend l'oeuvre pour la première fois) je fus abasourdi par les déflagrations illustrant la répression sanglante ! bounce

Interprétation que certains critiques jugèrent trop velléitaire. Avis que je peux rejoindre dans la mesure où le chef accentue ici les contrastes expressifs (au sein d'une partition qui en est déjà très riche) au risque d'affadir les espaces plus méditatifs. Mais globalement ça tient la route, l'oeuvre se déploie ici avec une certaine morgue qui souligne son héroïsme, sa fierté insoumissible. Et puis entendre les muscles d'acier de la philharmonie de Berlin dans Chostakovitch, voilà un intérêt dont on ne voudrait se priver !

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Ravélavélo
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 31 Mar 2016 - 15:40

Dans mon livre à moi, pour cette Onzième Symphonie, la référence reste Bychkov avec la Philhamonie de Berlin.
Bychkov reprend le flambeau là où Karajan a laissé, après une Dixième grandiose.
Gergiev nous laisse une très puissante version live au Japon (en ligne),
en version studio Jukka-Pekka Saraste et la BBC SO dignes de mention à un très haut niveau à tous points de vue et, oh surprise! on peut écouter Stokowski.


Dernière édition par Ravelavélo le Jeu 31 Mar 2016 - 18:34, édité 2 fois
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vincent.1976
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 31 Mar 2016 - 18:21

Je viens de réécouter cette version Bychkov, c'est vrai que c'est une excellente version, avec des cloches que l'on entend bien à la fin du final, ce qui est assez rare pour être souligné ^^

Sinon Ravelavélo, c'est quoi ton "livre à toi" ?
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Ravélavélo
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 31 Mar 2016 - 18:30

vincent.1976 a écrit:


Sinon Ravelavélo, c'est quoi ton "livre à toi" ?

C'est une expression:
mon livre à moi,
c'est mes goûts,
ce que j'aime et ce que j'en pense,

je te laisse un lien,
car je l'écoute en ligne,
Spoiler:
 

la version Saraste:  Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 31 Mar 2016 - 21:02

'Dans mon livre à moi' est une expression courante, mais c'est un anglicisme ("in my book"). La description de Ravelavélo est tout-à-fait juste.

Parlant de Bychkov, je vois qu'il a réenregistré plusieurs symphonies de Chostakovich (dont la 11ème) à Cologne. Quelqu'un a entendu ? Cologne c'est pas Berlin, mais c'est quand même un très bon orchestre.



Enregistrement réalisé en 2006 (vs 1989 pour le disque Philips).



.
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Ravélavélo
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Jeu 31 Mar 2016 - 22:38

André a écrit:

'Dans mon livre à moi' est une expression courante, mais c'est un anglicisme ("in my book").
.

Merci encore pour cette précision linguistique.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Dim 10 Juin 2018 - 22:32

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) :

Symphonie n°11 en sol mineur, Op. 103

= Paavo Berglund, Orchestre symphonique de Bournemouth

(Emi, décembre 1978)

Surprised Une récente réécoute de la symphonie n°7 par les mêmes interprètes ne m'avait pas emballé : trop pressée, survolée, inconsistante,
privilégiant l'épique décanté au détriment de l'épanouissement des tableaux obsidionaux.
Là dans cet opus qui commémore les tragiques événements du soulèvement de 1905, je suis enthousiasmé  bounce
Le chef finlandais campe avec émotion et plénitude les scènes attentistes du premier mouvement, puis active ses troupes avec un sens puissant de la description factuelle.
Comme chez Rojdestvenski (Melodiya).
La caisse claire claque dru comme une mitraillette !
La douloureuse marche funèbre s'incarne ensuite dans une vision bouleversante, à l'instar d'Haitink à Amsterdam (Decca).
Enfin, la hargne du Finale valorise la virtuosité de l'orchestre de Bournemouth, en grande forme !
Après le thrène psalmodié par le cor anglais, le tocsin conclusif surgit pour ce qu'il est : non comme une sédition débondée dans la noirceur (ce qu'on entend souvent)
mais un signal d'alarme, que Berglund charge d'une vertigineuse clameur insurrectionnelle.
Excellente prise de son, ample, dense mais analytique, pour une version que je resitue comme un témoignage majeur au sein de la discographie
 compress


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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Sam 23 Juin 2018 - 1:15

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) :

Symphonie n°11 en sol mineur, Op. 103

= Vladimir Ashkenazy, Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg

(Decca, novembre 1994)

Smile Bonne interprétation.
Le choix d'un orchestre russe garantit la rudesse du ton et la force brute des épisodes violents, restitués de façon un peu rigide, au premier degré.
Mon principal grief vient plutôt de la marche funèbre dont Ashkenazy tend à déséquilibrer le cours quand le discours s'intensifie.
A Amsterdam (chez Decca aussi), Haitink réussissait génialement à exalter la douleur, à agacer l'impatience vindicative,
sans malmener la conduite mais en solennisant la force émotionnelle.



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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Dim 5 Aoû 2018 - 14:05

A a écrit:
Ashkenazy est excellent
mains
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Dim 5 Aoû 2018 - 14:06

Mélomaniac a écrit:
Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) :

Symphonie n°11 en sol mineur, Op. 103

= Vladimir Ashkenazy, Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg

(Decca, novembre 1994)

Smile Bonne interprétation.
Le choix d'un orchestre russe garantit la rudesse du ton et la force brute des épisodes violents, restitués de façon un peu rigide, au premier degré.
Mon principal grief vient plutôt de la marche funèbre dont Ashkenazy tend à déséquilibrer le cours quand le discours s'intensifie.
A Amsterdam (chez Decca aussi), Haitink réussissait génialement à exalter la douleur, à agacer l'impatience vindicative,
sans malmener la conduite mais en solennisant la force émotionnelle.




mains I love you

Le final est particulièrement réussi !
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Dim 5 Aoû 2018 - 14:10

Mis à part moi, personne n'a écouté la version de Natan Rakhlin ? Celui qui a créé l'oeuvre et qui l'a enregistré quelques jours plus tard...
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MessageSujet: Re: Chostakovitch : Symphonie n°11   Mer 26 Sep 2018 - 1:36

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) :

Symphonie n°11 en sol mineur, Op. 103

= Mstislav Rostropovitch, Orchestre symphonique de Londres

(LSO, mars 2002)

Surprised J'avais découvert cette version en septembre 2015, et elle m'avait déplu.
Viens de l'écouter en mode SACD, mes impressions perdurent, voire s'aggravent dans la mesure où ce support
ne fait qu'accentuer les écarts dynamiques extrêmes de la prise de son, au point qu'il s'avère impossible de trouver un volume sonore satisfaisant !
J'ai dû pousser mon ampli de plusieurs crans pour percevoir quelque chose du premier mouvement, mais alors les pics du second deviennent assourdissants !
Et l'acoustique ingrate et clinique du Barbican Centre ne dissimule rien de ce choc frontal.
Concernant l'interprétation, voilà ce que j'en avais pensé il y a trois ans :

Déployer sur 73 minutes une œuvre qui d'ordinaire dépasse à peine l'heure : ce live capté le 22-22 mars 2003 s'installe comme une des versions
les plus lentes de la discographie, impliquant le secours d'un talent narratif pour sauver ces choix de tempo, là où les plages de statisme menacent déjà d'enlisement.
De fait, le long Adagio introductif évoquant le "Palais d'hiver" s'avère particulièrement livide, sans qu'on y perçoive
les élans d'humanité des chants révolutionnaires qui psalmodient dans l'air glacé.
Les micros offrent une excessive dynamique sonore, accusant les contrastes d'une partition qui en est déjà riche : les à-plats initiaux de cordes
sont presque inaudibles, alors que les flûtes girondes semblent trop percer ce tapis.
Au demeurant, la perspective offre beaucoup d’ampleur, de relief et de détail, au sein d'une acoustique plus analytique qu'enveloppante.

.
Les séquences du second mouvement, illustrant le fatidique "Onze janvier" meurtrier, se débitent trop mécaniquement,
comme focalisées sur la régularité rythmique, au détriment de la dimension résolument épique que doivent endosser les événements.
La diction osseuse et rabotée fait saillir les accents de cordes avec une crudité bienvenue, mais le propos manque à mon sens
d'un certain abandon descriptif que requiert ce type de reportage musico-cinématographique.
Le fugato qui constitue le terrifiant acmé s'engrène avec la force aveugle qui convient, mais une percussion péremptoire
et une grosse caisse contondante envahissent un espace où à mon sens doivent dominer la clameur des cordes et cuivres.
Cet ostinato tend à se déliter sous la battue du chef russe s'autorisant des rallentendos expressifs qui donnent le mal de mer.
La dernière section m'apparaît trop glabre et anodine, là où les ruisseaux de sang doivent plutôt hanter le parterre après le massacre.

.
A l'instar des récents enregistrements de Roman Kaufman à Bonn (MDG) et Vasily Petrenko à Liverpool (Naxos),
Rostropovitch conçoit la marche funèbre ("In memoriam") selon un procédé d'intensification qui culmine dans un sommet central très animé,
contestataire (là où Bernard Haitink à Amsterdam reste plus solennel et peut-être plus poignant malgré cette distanciation cérémoniale).
L'orchestre londonien s'engage prestement dans le dernier mouvement : on notera la diction râpeuse et précise des cordes, l'adéquate sécheresse du ton,
même si on aurait apprécié des accents moins sévères et plus triomphants dans ce tocsin libérateur (l'allante battue d'Haitink chez Decca
me semble mieux respirer, en conciliant les aspects martiaux, séditieux et désinhibiteurs de liesse).
Le cœur du Finale doit évoluer vers un sentiment tragique qui ici reste trop factuel.
L'épouvantable effondrement sur le clash des percussions redonne lieu à un statisme blafard où le chef distend son récit
sans parvenir à l'habiter (le cor anglais semble exsangue). La remobilisation conclusive s'ébroue avec fracas, laissant le dernier mot à une tornade d'acier.

Parallèlement à la version que Rostropovitch grava à Washington dans le cadre de son intégrale chez Teldec, voilà un témoignage de concert,
intéressant pour sa conception presque abstraite du matériau.
Mais on se serait toutefois attendu à une charge émotionnelle plus palpable, ici victime d'un certain luxe glacé et d'un épisodisme parfois inerte.



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