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 Stravinsky - Le Sacre du printemps

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Sinbad
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Lun 2 Juin 2014 - 15:30

" />

J'ai du mal à m'en lasser.
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Pipus
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Lun 2 Juin 2014 - 15:56

Xavier a écrit:
Oui: c'est peut-être un peu moins adéquat et enrichissant dans Stravinsky que le résultat obtenu dans leurs Debussy, cependant.

Je comprends. Au-delà des instruments d'époque (on va finir par les considérer comme instruments modernes tant on les entend souvent ces temps-ci) L'intérêt se trouve peut-être surtout dans l'idée de reconstituer la version telle que présentée lors de la création. Version qui a ensuite été plusieurs fois retouchée par certains chefs, également par Stravinsky lui-même, la partition initiale comportant des parties assez difficiles à jouer, à l'instar de l'introduction haut placée du basson qui a priori demanderait une certaine dextérité.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 7 Juin 2014 - 18:11

Pipus a écrit:
Version qui a ensuite été plusieurs fois retouchée par certains chefs, également par Stravinsky lui-même, la partition initiale comportant des parties assez difficiles à jouer, à l'instar de l'introduction haut placée du basson qui a priori demanderait une certaine dextérité.
Je n'ai pas entendu de différence dans la version Roth sur cette introduction. Tu pourrais préciser peut-être ?

Sinon, effectivement les timbres sont plus crus, et c'est une version qui fait moins sentir les séquences que d'ordinaire – rançon de la gloire, les moments que j'aime le plus sont aussi moins saillants. Très beau en tout cas.
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Pipus
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 7 Juin 2014 - 20:10

Mon texte n'était pas clair. Je voulais dire que le début du sacre était difficile à jouer mais je ne crois pas qu'il ait été modifié, de mémoire je crois que des modifications ont été apportées dans le second tableau, des parties qu'il était difficile de jouer "pppp" comme écrit initialement.

EDIT : on trouve pas mal d'informations sur le site des Siècles :
http://www.lessiecles.com/wp-content/uploads/2014/04/sacre-du-printemps-livret-19-03-BAT.pdf

En particulier François-Xavier Roth précise :
"
(...) tout le monde peut penser que c’est une
oeuvre jaillie d’un premier jet. Il n’en est rien, c’est une oeuvre ayant subi au cours de
son histoire mouvementée beaucoup de modifications. J’ai demandé en commençant
ce travail à consulter les travaux de musicologues spécialistes de cette oeuvre, et notamment
de Louis Cyr, avec qui je me suis mis en contact et à qui je tiens à rendre
hommage. Il a publié dans les années 1970 et 1980 des travaux de référence mettant
en relief toutes les différentes versions du Sacre du printemps et retraçant l’évolution
de la partition. L’explication de ces évolutions successives de la partition découle notamment
du fait que son extrême difficulté n’avait pas permis aux interprètes, lors de sa
première exécution, de jouer la musique d’Igor Stravinsky comme il l’aurait souhaité. À
la suite de ces difficultés, mais aussi poussé par certains chefs, comme Pierre Monteux
qui avait dirigé la création ou Ernest Ansermet qui avait supervisé la première édition,
Stravinsky a dû procéder à des changements d’orchestration, d’agencement rythmique
et de dynamiques. Tous ces changements, je les ai listés, j’en ai pris connaissance et, à
partir de là, j’ai entrepris un travail qui donnerait à réentendre une sorte de reconstitution
de ce qu’avait pu être la première en 1913. Mesure après mesure, nous avons tenté
de comprendre pourquoi Stravinsky avait opéré certains changements, et je suis très
heureux de pouvoir présenter le fruit de ces recherches grâce à cet enregistrement en
concert de ce grand chef-d’oeuvre du xxe siècle.
Dans ce qui va pouvoir surprendre les amoureux du Sacre figurent plusieurs passages
au niveau des dynamiques. Par exemple, la réponse des bassons et des cordes au
milieu des “Augures printaniers”, ou encore, à la fin de la “Danse sacrale”, dans la
coda, au chiffre 186, un passage sonne différemment. L’orchestre joue piano, pizzicato
pour les cordes avec quelques pupitres de vents, alors que, dans la version définitive
de 1967, toute la musique a changé : l’orchestre joue forte, les cordes avec l’archet,
marcato avec beaucoup de cuivres graves. Voici deux exemples qui pourront marquer
les gens qui connaissent bien Le Sacre du printemps.
Il est intéressant enfin de comparer les vies des partitions du Sacre du printemps et
de Petrouchka. Pour Le Sacre du printemps, les changements apportés à la partition
se sont étalés de sa création jusqu’en 1967, quand Stravinsky va donner à son nouvel
éditeur, Boosey & Hawkes, la version qu’il appelle définitive du Sacre du printemps.
À cette époque circulaient dans les parties d’orchestre une multitude d’indications
appartenant à des versions différentes, selon les modifications progressives qui y
avaient été intégrées. Petrouchka n’a pour sa part connu qu’un changement de version
par rapport à sa version de création en 1911, celle que nous avons choisie pour
ce disque. En 1947, Stravinsky a donné un autre visage à cette partition : il en a surtout
réduit l’orchestration et simplifié la disposition rythmique. D’un autre côté, pour le
Sacre, des choses restent intactes depuis le premier manuscrit de l’oeuvre, notamment
la matrice rythmique, mais la série de transformations s’est faite progressivement : ce
sont donc deux existences de partitions tout à fait différentes.
"
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 26 Juil 2014 - 23:09

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Igor Stravinsky (1882-1971) :

Le Sacre du Printemps

= Ernest Ansermet, Orchestre de la Suisse romande

(Decca, octobre 1950)


Smile Les timbres de l'OSR correspondent parfaitement à mon idéal sonore pour cette oeuvre.
Comme dans son ultérieur enregistrement stéréo de 1957, Ansermet défend une conception brute, lente, pesante, raide, sombre, hântée de maléfices.
Plutôt inerte, l'orchestre ne s'avoue pas exceptionnellement adroit, et peine dans les passages virtuoses comme les Jeux des cités rivales et la Danse de la Terre -menacés par des cuivres parfois à la limite du pain, et une cohésion qui frise la débâcle (notamment dans l'ultime sacrifice).
Mais la force intérieure des idées, la noirceur des ambiances (les spasmes ferrailleux du tam tam dans le finale !), l'architecture hiératique imposent une imagerie abrupte et glauque que négligent les interprètes trop lisses de ce rituel païen.



ovni231 a écrit:

WOAHO !!! Un Ansermet de 1950 ??? Shocked Surprised C'est réédité chez Eloquence ? C'est meilleur que la version de 1957 au niveau de l'interprétation ? Smile


Les deux versions manifestent la même esthétique, vraiment à part dans la discographie, où Ansermet suit son instinct de sorcier. La première me semble encore plus brute, la seconde sera un peu mieux finie soignée, mais en perdant aussi les arômes tourbés et les relents boucanés qui singularisent le témoignage de 1950.

Ca se trouve en CD dans cette réédition :

http://www.amazon.fr/Sacre-printemps-Petrushka-Oiseau-Oedipus/dp/B007FQDKK4


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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 27 Juil 2014 - 19:24

Merci infiniment pour ton témoignage Mélo !  Very Happy  coucou
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 27 Juil 2014 - 19:50

Mélomaniac a écrit:

Les timbres  en perdant aussi les arômes tourbés et les relents boucanés

On jurerait que tu fais la description d'un Lapsang Souchong grand cru  
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 27 Juil 2014 - 23:11

Mr.Red J'avais un autre breuvage en tête en parlant d'arômes tourbés...
 
Et toi André, tu connais cette versions mono par Ansermet ?
 
Il me semble qu'on a reparlé récemment sur le Forum (Xavier ?) de la version stéréo, -pas en bien d'ailleurs.




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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 27 Juil 2014 - 23:12

Mélomaniac a écrit:
Il me semble qu'on a reparlé récemment sur le Forum (Xavier ?) de la version stéréo, -pas en bien d'ailleurs.

En effet.  Neutral
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 27 Juil 2014 - 23:47

À première vue je n'ai pas d'autres Stravinsky par Ansermet que les symphonies, concerto pour piano, Capriccio, Le Chant du rossignol et L'Oiseau de feu. Ça manque à ma culture... Smile 
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mar 19 Aoû 2014 - 0:07

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Igor Stravinsky (1882-1971) :

Le Sacre du Printemps, tableaux de la russie païenne

= William Steinberg, Orchestre symphonique de Pittsburgh

(Capitol, décembre 1953)



 
 Smile Une des premiers enregistrements parus en LP. On sent l'orchestre débordé dans les passages périlleux, qui se raidissent à rebrousse-poil, mais l'opiniâtreté du chef pallie ce défaut de virtuosité, et présente une interprétation bourrue et musclée.
Timbres bruts de décoffrage, qui conviennent bien à l'oeuvre.



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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mar 19 Aoû 2014 - 1:15

Il existe une retransmission radiophonique d'un concert du Boston Symphony dans lequel Steinberg dirige Le Sacre (1972?). Ceux qui aiment le Zarathustra et les Planets de ce chef y trouveront le même mélange de vitesse transformée en vertu musicale, d'intensité et de folle virtuosité. C'est une version qui me laisse pantois chaque fois que je l'écoute.
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mer 15 Oct 2014 - 21:27

Quelle est selon vous la version la plus brutale et la plus agressive?
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Xavier
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mer 15 Oct 2014 - 22:39

Je serais tenté de répondre Dorati I.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mer 15 Oct 2014 - 23:18

Xavier a écrit:

Je serais tenté de répondre Dorati I.


Si tu parles de la version Mercury de novembre 1959 (cf pochette de droite), c'est déjà Dorati II puisque le chef hongrois avait déjà enregistré le Sacre en décembre 1953 (à gauche)  Wink




Pour alimenter la question d'Arnold, voici un extrait d'un des tout premiers messages que j'avais posté sur le Forum, en réponse à Papageno (25 septembre 2012) :

Mélomaniac a écrit:

Papageno a écrit:

quelle est la version la plus violente selon vous ?


Je rangerais plutôt Chailly parmi les lectures qui briguent la virtuosité et flattent le brio, sans sécheresse analytique toutefois tant les micros de Decca ont réussi une captation pulpeuse. Si la prestation manque de sauvagerie, elle n'en impressionne non moins par la canalisation de ses énergies, et la cohésion entre pupitres même dans les passages les plus périlleux. Les acrobaties sont réglées au millimètre, ce que facilite certes l'instrumentation allégée de 1947. Ecoutez par exemple la fin de la Glorification de l'Elue, et surtout cette Danse Sacrale que la baguette du maestro italien pousse sans cesse de l'avant, tout en assurant la montée en transe. Jusqu'à finir sur les genoux. Dans les dernières mesures, les péripéties timbales / grosse caisse (énorme celle-là), la gestion des soubresauts dynamiques forcent le respect et suscitent chez moi des sueurs froides.
Voilà une certaine idée de la violence, encore plus éprouvante quand elle s'inscrit dans un cadre civilisé : comme un gentleman qui vous défie par un gant à la figure.

J'admire la version quasi contemporaine de Maazel chez Telarc avec le même orchestre, et une physionomie audiophile assez voisine, même si la Danse Sacrale n'y vaut pas l'élan dévastateur de Chailly, et même si cette approche se veut parfois maniériste : la doucereuse Evocation des ancêtres,  l'extraordinaire lenteur des onze coups de percussion qui précédent la Glorification...

Avec Seiji Ozawa, on monte d'un cran dans la sauvagerie, quand il pousse l'orchestre de Boston dans ses retranchements, alors que Monteux et la même phalange (RCA) me semblent plus profonds et réfléchis, théatralisant une catharsis qui prend sens in extremis.

Avec le Kirov, Valery Gergiev joue gras et fruste (au détriment de la précision), pimente d'une couleur slave le primitivisme païen et nous fait regretter le peu de témoignages authentiquement russes dans une si abondante discographie.
En 1959, la seconde version d'Antal Dorati à Minneapolis (Mercury) fait dans le brutal. L'impact de la prise de son (sans recul, asphyxiante) vous assène des uppercut, et sort vainqueur par KO. Les timbres sont plutôt laids, mais tant mieux.
Dans le genre "amusons-nous à faire peur", la première version de Bernstein (à New York, CBS) osait un horror movie aussi hollywoodien que carnassier. Testostérone et hémoglobine.
Même puissance dévastatrice pour Solti (Decca) aux commandes d'un orchestre de Chicago gonflé à bloc, qui pourrait signer là la bande son d'un nouveau Jurassic Park.

Au prix d'une indocilité typique de sa collaboration avec l'orchestre de San Francisco, l'exécution la plus ravageuse que je connaisse (sous réserve d'inventaire) resterait celle de Monteux lui-même en 1945 (RCA). La partition est souvent malmenée, les pupitres californiens suent à grosse goutte et oublient parfois de se coordonner. Mais je crois que le Sacre a rarement connu une telle orgie.


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lulu
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mer 15 Oct 2014 - 23:19

pour l’agressivité, la prise de son doit jouer, non ?
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Xavier
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mer 15 Oct 2014 - 23:23

Mélomaniac a écrit:
Xavier a écrit:

Je serais tenté de répondre Dorati I.


Si tu parles de la version Mercury de novembre 1959 (cf pochette de droite), c'est déjà Dorati II puisque le chef hongrois avait déjà enregistré le Sacre en décembre 1953 (à gauche)  Wink



Oui tu as raison, c'est vrai que je ne m'occupe pas des versions parues seulement en 33 tours.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mer 15 Oct 2014 - 23:27

Je vais aller sur la même réponse : Doráti / Minneapolis. (En ce qui me concerne, c'est la version avec Detroit qui a ma faveur, et elle n'est pas douce non plus.)

Il me semble que certains Monteux sont assez rugueux aussi, mais plus par la prise de son et les orchestres que par les phrasés assez ronds (malgré quelque chose de massif et expansif).
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Cololi
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Jeu 16 Oct 2014 - 9:36

Dorati, sans grand débat possible me semble t-il.

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Walther
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Jeu 16 Oct 2014 - 13:11

Xavier a écrit:
Mélomaniac a écrit:
Xavier a écrit:

Je serais tenté de répondre Dorati I.


Si tu parles de la version Mercury de novembre 1959 (cf pochette de droite), c'est déjà Dorati II puisque le chef hongrois avait déjà enregistré le Sacre en décembre 1953 (à gauche)  Wink



Oui tu as raison, c'est vrai que je ne m'occupe pas des versions parues seulement en 33 tours.

Eh bien justement, cette première version Dorati à Minneapolis en 1953 a été rééditée en CD pour la première fois sur le 54e CD (où elle est toute seule) du 2e cube Mercury Living Presence "The Collector's Edition", paru l'année dernière (celui avec Mercury écrit sur fond rouge).

J'aimerais bien écouter cette version de 1953, mais comme j'ai déjà pratiquement tous les CD Mercury qui m'intéressent dans leur édition séparée initiale, je ne vais pas acheter ce coffret exprès (ni pour la vingtaine de CD de machins américains, soit tarazim boum boum soit soporifiques enregistrés par Hanson et Fennell pété de rire ).

En revanche, bizarrement le CD avec les enregistrements ultérieurs du Sacre et de Petrouchka, bien connus n'a été repris dans aucun des deux cubes, alors que c'est un des (nombreux) CD incontournables de Dorati.

Tout à fait d'accord, la version 1959 du Sacre par Dorati est la plus dingue que j'ai pu entendre, entre les tempos d'une rapidité inconfortable et d'une logique implacable, et le débraillé de l'orchestre.
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Jeu 16 Oct 2014 - 13:25

Va donc pour Dorati.
Merci à vous. Smile
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Xavier
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Jeu 30 Oct 2014 - 21:30

Walther a écrit:
Xavier a écrit:
Mélomaniac a écrit:
Xavier a écrit:

Je serais tenté de répondre Dorati I.


Si tu parles de la version Mercury de novembre 1959 (cf pochette de droite), c'est déjà Dorati II puisque le chef hongrois avait déjà enregistré le Sacre en décembre 1953 (à gauche)  Wink



Oui tu as raison, c'est vrai que je ne m'occupe pas des versions parues seulement en 33 tours.

Eh bien justement, cette première version Dorati à Minneapolis en 1953 a été rééditée en CD pour la première fois sur le 54e CD (où elle est toute seule) du 2e cube Mercury Living Presence "The Collector's Edition", paru l'année dernière (celui avec Mercury écrit sur fond rouge).

J'aimerais bien écouter cette version de 1953, mais comme j'ai déjà pratiquement tous les CD Mercury qui m'intéressent dans leur édition séparée initiale, je ne vais pas acheter ce coffret exprès

Je viens d'écouter cette version 1953, et à mon sens tu ne rates rien: on dirait une copie de la version 1959 en mono et avec 2-3 imperfections en plus, donc ce n'est plus seulement rugueux, vert et barbare, c'est carrément ingrat d'un point de vue sonore.
C'est bizarre, car les deux versions sont vraiment proches il me semble, est-ce seulement la question du mono qui fait cela ou bien la version 1959 est-elle vraiment beaucoup plus aboutie, je ne sais pas, en tout cas je préfère largement la version 1959, pourtant c'est quand même assez ressemblant...
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 18 Avr 2015 - 2:15

Smile Vient de paraître : deux versions du Sacre (1913 & 1967) dirigées et commentées par David Zinman :

http://www.amazon.fr/Stravinsky-Printemps-Original-Version-Revised/dp/B00M0CVYG0

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Diablotin
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 18 Avr 2015 - 13:12

arnaud bellemontagne a écrit:
Quelle est selon vous la version la plus brutale et la plus agressive?
Dans mon souvenir, la version de Fedoseyev avec l'orchestre de la radio de Moscou est d'une sauvagerie assez impressionnante -début des années 80, EMI-.
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Adalbéron
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mar 25 Aoû 2015 - 0:57

Je suis étonné qu'on ne cite pas la version de Muti avec le Philadelphia, parce que c'est quand même corsé niveau agressivité
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mar 22 Sep 2015 - 20:40

Adalbéron a écrit:

Je suis étonné qu'on ne cite pas la version de Muti avec le Philadelphia, parce que c'est quand même corsé niveau agressivité


Smile C'est virtuose à souhait, cravaché, ombrageux, mais pas vraiment brutal -du moins loin de Dorati / Minneapolis qui a sans doute atteint l'ultime point de non-retour dans cette optique.
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mar 22 Sep 2015 - 20:46

Smile Trois des meilleurs enregistrements du Sacre se sont réalisés à Cleveland (Boulez, Maazel, Chailly), est-ce un hasard ?
Pour la danse finale, Chailly exalte une étourdissante ivresse dont je ne connais aucun équivalent discographique, à un tel niveau de virtuosité. Sans une once d'essoufflement, au contraire : la tension s'intensifie jusqu'à la dernière mesure ! Et l'orchestre en a encore sous la pédale d'accélérateur.
La pulpeuse et sculpturale prise de son flatte un matériau d'une extraordinaire plasticité.


Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Igor Stravinsky (1882-1971) :

Le Sacre du Printemps

= Riccardo Chailly, Orchestre de Cleveland

(Decca, novembre 1985)

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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 26 Sep 2015 - 16:44




Igor Stravinsky (1882-1971) :

Le Sacre du Printemps

= Leonard Bernstein, Orchestre philharmonique de New York

(live au Carnegie Hall, 18 février 1951, West Hill Radio Archives)

Smile Une sonorité précaire (sans rien de rédhibitoire), mais un document rare !
A travers ses trois officiels  témoignages audio (1958 à New York pour CBS, 1972 à Londres pour CBS, 1982 à Tel Aviv pour DG), on perçoit que Bernstein a toujours défendu une conception instinctive, brute et pulsionnelle de cette partition, en restant surtout sensible à l'afflux de sève qui gorge cette archaïque célébration vernale, sans céder à l'esthétisation d'une violence qui constitue le lot commun de la plupart des interprétations virtuoses qu'on trouve dans la discographie.
Cet enregistrement primordial, capté en public alors que le maestro n'avait que trente-trois ans, s'avère déjà un laboratoire de forces vitalistes, éruptives, où la force rythmique se subsume à un jaillissement imprévisible et brutal. C'est joué rude et carré, laid et et trapu. Sans sacrifier la lisibilité (la redoutable Glorification de l'Élue l'illustre parfaitement).
L'impétueuse baguette envisage ici le Sacre sous des aspects résolument barbares, -une entreprise terroriste dont la sauvagerie préfigure le premier enregistrement pour CBS avec le même orchestre, et s'inscrit (avec Monteux à San Francisco et Dorati à Minneapolis) parmi les lectures les plus éprouvantes qu'ait connues cette oeuvre.
J'ai rarement entendu une Danse Sacrale qui revête un tel caractère panique !




Dernière édition par Mélomaniac le Ven 19 Mai 2017 - 0:21, édité 2 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 27 Sep 2015 - 11:44

Des trois, c'est celui de Londres que j'aime le plus, c'est même ma version de chevet, atteignant un équilibre parfait entre poésie des timbres et vigueur du propos. Tel Aviv est plus problématique instrumentalement, et New York regarde effectivement dans une autre direction, plus radicale.

Je crois d'ailleurs que Londres est l'enregistrement sur lequel daube Kundera dans Les Testaments trahis, lui reprochant de ne pas respecter la partition (en prenant des bouts de partitions pour faire semblant d'être sérieux), alors qu'il est simplement en train de se ridiculiser – mais j'ai déjà dit tout le mal nécessaire de cet essai écrit pour pour mettre le snobisme musical à la portée des caniches lettreux.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 1 Nov 2015 - 1:25

Découverte de la toute neuve version Currentzis. Net, limpide, le son est très fin, très simple, aucune boursouflure, aucune recherche de violence. Comme d'habitude, Currentzis ne semble intéressé que par la musique, absolument rien de dramatique – la danse, elle, est plus présente dans la légèreté que dans la pulsation sauvage.

J'aime vraiment beaucoup, mais ça ne plaira pas à ceux qui veulent avoir le goût du sang, assurément. (Je n'avais pas aimé cette approche dans Così, par exemple.)
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Pipus
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 1 Nov 2015 - 8:56

Merci David pour cette belle version.

Je ne sais pas si l'on peut parler d'une prise de son d'exception, mais c'est très lisible. La stéréo est bien maîtrisée : elle ciselle les masses sonores sans détruire l'homogénéïté de l'ensemble. Il y a une belle dynamique de volume sans extrèmes. Je trouve certains passages peut-être un peu lents : les "Rondes printanières", l'introduction au sacrifice, voire dénaturés (une lecture beaucoup moins tribale du sacrifice ; effectivement pas d'hémoglobine dans cette version).

Une pochette originale également, à voir de près et de loin  Very Happy



Spoiler:
 
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 1 Nov 2015 - 10:22

DavidLeMarrec a écrit:
Découverte de la toute neuve version Currentzis. Net, limpide, le son est très fin, très simple, aucune boursouflure, aucune recherche de violence.

Si tu devais comparer avec Roth (et si, partition "exceptée", c'était comparable) ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 1 Nov 2015 - 11:54

Roth n'est pas sanguinaire non plus, mais sa conception est à peu près à l'opposé : différenciation des timbres et des épisodes, beaucoup de couleurs, alors que Currentzis coule d'un flux assez égal.
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 1 Nov 2015 - 13:02

Je n'ai pas un super souvenir de Currentzis (bon, c'est vrai je ne l'ai vu qu'à l'Opéra de Paris);c'st pourquoi j'aurais tendance à me tourner vers Roth.

Comment ça je suis partiale Shocked ? Mais pas du tout, je suis réaliste Mr.Red
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 1 Nov 2015 - 19:12

DavidLeMarrec a écrit:

Découverte de la toute neuve version Currentzis. Net, limpide, le son est très fin, très simple, aucune boursouflure, aucune recherche de violence. Comme d'habitude, Currentzis ne semble intéressé que par la musique, absolument rien de dramatique – la danse, elle, est plus présente dans la légèreté que dans la pulsation sauvage.


En même temps, le Sacre c'est pas Giselle ou Les Sylphides.
Ca ne me fait nulle envie ta description.

Surtout que le disque ne propose aucun complément ! Sony ne semble pas douter de son attrait.

Je ne connais pas cet orchestre, ils jouent sur instrument d'époque ?


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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 1 Nov 2015 - 20:21

Giselle sur instruments anciens, ça résume assez bien le climat de ce Sacre. Mr. Green

Oui, ce sont des instruments anciens (ou en tout cas des modes de jeu « authentiques », puisqu'ils revendiquent des period performances), et ça sonne comme tel, avec des cordes très fines.

C'est l'orchestre attitré de Currentzis, avec lequel il fait toutes ses expérimentations de Purcell à Chostakovitch en passant par Rameau et Mozart.
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Bruno Luong
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 1 Nov 2015 - 20:45

Merci, je découvre ce chef Currentzis et je trouve le Sacre fabuleux.

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Rav-phaël
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 21 Nov 2015 - 10:24

Mélomaniac a écrit:

DavidLeMarrec a écrit:

Découverte de la toute neuve version Currentzis. Net, limpide, le son est très fin, très simple, aucune boursouflure, aucune recherche de violence. Comme d'habitude, Currentzis ne semble intéressé que par la musique, absolument rien de dramatique – la danse, elle, est plus présente dans la légèreté que dans la pulsation sauvage.


Ca ne me fait nulle envie ta description.


Je découvre à l'instant. Ah, de mon côté, le simple nom de Currentzis m'a fait terriblement envi ! Quel chef ; intéressant ! Je crois que je resterais encore longtemps dépendant de son enregistrement, chez Alpha, de la 14e de Chostakovitch. Et là encore il est excellent ! J'y reviendrait souvent, c'est sûr ; J'aime beaucoup ! C'est très particulier, mais digne d'intérêt.
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adriaticoboy
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Lun 23 Nov 2015 - 1:10

DavidLeMarrec a écrit:
Roth n'est pas sanguinaire non plus, mais sa conception est à peu près à l'opposé : différenciation des timbres et des épisodes, beaucoup de couleurs, alors que Currentzis coule d'un flux assez égal.  

Je viens d'écouter, et ta formule décrit bien cette version. Malgré tout ce que cette musique propose, Currentzis réussit l'exploit de ne jamais susciter l'attention de l'auditeur. Ça coule en effet, c'est très bien joué, très propre, mais qu'est-ce qu'on s'ennuie. Très déçu pour ma part, surtout que son Requiem de Mozart m'avait laissé l'image d'un jeune chef un peu (trop) fou fou et iconoclaste.

J'écouterai Roth que je ne connais pas non plus.
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Bruno Luong
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Lun 23 Nov 2015 - 11:43

C'est fou comment on peut réagir différemment. Currentzis m'attire l'attention chaque seconde. C'est la seule lecture Sacre qui me fait cet effet. Pour moi c'est un choque. Le disque est minable en minutage, mais pas ça me convient car ces 34 minutes sont d’une intensité inouï.

Son interprétation de la 14e de Chosta n'est pas mal non plus. Désormais je vais scruter la discographie de ce chef.
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 2 Jan 2016 - 0:40

Après l'avoir internalisée pendant vingt ans dans son incarnation vinyle, j'ai fini par racheter dans sa mouture cd la version de Michael Tilson Thomas et le Boston Symphony Orchestra. Label DGG.

Dans mon souvenir de ces 20 dernières années (sans pouvoir le valider) il n'y avait pas de version plus sacrale et plus enlevante que celle-là. Un miracle de l'enregistrement, rien de moins. Les coutures craquent mais ne rompent jamais. De la dynamite, mais pas de sang répandu. Tout demeure unifié, de la première note à l'impossible accord final.

On sait combien les années qui passent peuvent embellir le souvenir. Dans ce cas, pas d'embellissement, simplement une confirmation éclatante des qualités de cette captation miraculeuse: la jeunesse (MTT, 27 ans) se servant de l'expérience et de l'excellence d'une des plus prestigieuses phalanges au monde.

Bref, l'enregistrement parmi une trentaine qui me stimule le plus. cheers

Dans sa version originale, le Sacre était (curieusement) complété par la courte mais impressionnante cantate Le Roi des étoiles. DGG Japon y a ajouté Pétrouchka dans la bruyante version de Charles Dutoit avec le LSO.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Dim 14 Fév 2016 - 19:12

adriaticoboy a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Roth n'est pas sanguinaire non plus, mais sa conception est à peu près à l'opposé : différenciation des timbres et des épisodes, beaucoup de couleurs, alors que Currentzis coule d'un flux assez égal.  

Je viens d'écouter, et ta formule décrit bien cette version. Malgré tout ce que cette musique propose, Currentzis réussit l'exploit de ne jamais susciter l'attention de l'auditeur. Ça coule en effet, c'est très bien joué, très propre, mais qu'est-ce qu'on s'ennuie. Très déçu pour ma part, surtout que son Requiem de Mozart m'avait laissé l'image d'un jeune chef un peu (trop) fou fou et iconoclaste.

Assez d'accord: c'est le Sacre qui m'a le plus ennuyé depuis très longtemps.
C'est terne, plat... Il y a bien quelques tempi atypiques, mais parfois c'est carrément mou.
Peu de couleurs, les timbres sont aseptisés, pas de relief, les fff sont joués à peine f la plupart du temps...
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Horatio
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 9 Juil 2016 - 19:02

Découverte de la version d'Otmar Suitner avec la Staatskapelle de Dresde. Une merveille sonore. Retenant ses tempi, le chef scrute les entrelacs et les arabesques de la partition, soucieux de la polyphonie. Les voix se chevauchent et se stratifient par-dessus la pulsation hallucinée. La tension s'accumule par la retenue, cette fantasmagorie musicale hypnotise irrésistiblement. Ecoutez les trois derniers tableaux, depuis L'Evocation des Ancêtres : mis au supplice par cette lecture en apnée, on n'espère, crispé sur son siège, que l'ultime décharge salvatrice.
Comme le remarquait justement un commentateur habitué des lieux, impossible de ne pas se focaliser sur l'orchestre et ses splendeurs. Les inventions sonores de Stravinsky ont une saveur exotique, à la fois chaude et râpeuse. Ce Sacre doucereux a le goût d'un vin surmâturé, à consommer sans hésiter.
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 9 Juil 2016 - 20:28

Suitner est  un chef que j'aime énormément, mais qui est quelquefois qualifié d'ennuyeux et sans grande imagination. Personnellement je considère certains de ses enregistrements (Bruckner et Mozart) comme irremplaçables. Il n'est pas le seul, mais enfin, c'est dire comme un style de direction sobre, retenu peut aussi être considéré comme engagé, honnête et passionnant.

Merci pour cette recension enthousiaste. J'achèterais immédiatement si c'était disponible sur Amazon.ca. Sur les sites européens, Amazon charge 14 euros de frais de port, soit 3 ou 4 fois le prix du disque affraid .

Je vais continuer d'essayer de le trouver au meilleur prix. study  Je suis persuadé qu'il en vaut la peine.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 15 Oct 2016 - 1:02

Smile Le Sacre (avec le London Philharmonic, décembre 1973) et Petrouchka (avec le Philharmonia, juin 1970) par Erich Leinsdorf, réédités en collection Éloquence.

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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 15 Oct 2016 - 9:56

Mélomaniac a écrit:
Smile Le Sacre (avec le London Philharmonic, décembre 1973) et Petrouchka (avec le Philharmonia, juin 1970) par Erich Leinsdorf, réédités en collection Éloquence.


Je ne connais aucun des deux et le couplage est séduisant (tension/détente sur une même palette coloriste, bigarrée). Interprétativement, ça se situe où, comment ?
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Mar 16 Mai 2017 - 23:55


Smile Effectivement, je vous avais déjà parlé de ce disque il y a trois ans...


Mélomaniac, in playlist, aujourd'hui a écrit:

Igor Stravinsky (1882-1971) :

Le Sacre du Printemps

= William Steinberg, Orchestre symphonique de Pittsburgh

(Capitol, décembre 1953)

Smile Il me semble vous avoir déjà causé de cette version.
Très touffue dans l'introduction, d'une verdeur idéale. Hélas les Augures printaniers tombent à plat.
Marasme éhonté dans la Glorification de l'élue, qui prend l'eau de toute part.
Mais une Danse sacrale très fouillée, inventive, qui valorise des contrechants souterrains, des polyphonies cachées, entendus dans nulle autre version à ma connaissance !





Mélomaniac, en août 2014, a écrit:

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Lun 22 Mai 2017 - 22:13

Smile Je n'ai pas entendu cette version depuis des lustres, mais mon souvenir reste vif et colle à ce que tu écris.
A la fois massif et sportif, phonogénique et agressif...
Saignant comme on l'imagine, et qui mugit de tout côté.
On se croirait dans un peplum préhistorique, entre La Guerre du feu et Jurassic Park.



Benedictus, in playlist, a écrit:

Comme Mélo, je révise mon Sacre :

• Stravinsky:
 

Sir Georg Solti / Chicago Symphony Orchestra
Chicago, V.1974
Decca

Peut-être la version la plus méchante de toutes celles que j’ai sous la main: une tension rythmique qui ne relâche jamais, des phrasés constamment cinglants, une texture orchestrale rêche, une atmosphère sonore étouffante... Terrible sur la durée. En revanche, j’ai peur que découpé en tranches dans l’écoute comparée, ça ne passe pas la rampe, tant ça pourra paraître haché et moche dans le détail.



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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Ven 30 Juin 2017 - 23:35

Pour me préparer à lire vos impressions dans l'écoute comparée, j'ai réécouté mes standards du Sacre et découvert quelques versions que je voulais explorer depuis longtemps.

Je précise que pour moi, c'est assez simple : c'est surtout le début aux bois que j'adore, je tolère assez bien la première moitié de la première partie, et puis je perds tout intérêt pour la seconde partie. Bien sûr, il m'arrive (pas si rarement que ça !) d'écouter le Sacre en entier, mais en l'occurrence, autant le dire clairement, je n'ai écouté que la première des deux parties, donc mes impressions ne valent pas plus que ce qu'elles valent. Mr. Green

--

Pour mon usage, donc, deux versions me comblent vraiment, les deux que j'écoute volontiers en entier lorsque je les mets.

Bernstein-LSO, un grand classique (celle, je crois, décriée sur des fondements ridicules par Kundera dans Les Testaments trahis), pour ce qu'elle a d'organique, de sauvage, tout en restant lyrique par certains aspects : vraiment une vision avec un sens du discours très poussé, pas du tout fragmentée ni arbitraire, et du rebond.
J'aime nettement moins ses deux autres gravures : New York est très bien cela dit, mais le Philharmonique d'Israel (pas réécouté cependant) n'est pas très joli ni très net, et ça pèse sur la lecture d'ensemble.

Jansons-Oslo, un peu l'option opposée : moins de danse, mais de la transparence, des entrelacs de timbres, et une tension qui n'est pas moindre. Très beau, assez lumineux, mais absolument pas hédoniste ou impavide. Dans cette veine du lisible-tendu, j'ai découvert Karajan-Berlinn dont j'avais lu beaucoup de bien, et qui ne ressemble effectivement pas du tout au Karajan qui fait du Mendelssohn brahmsisé, du Mahler tchaïkovskisé et du Tchaïkovski brucknérisé.

Autre très belle référence (je ne dis pas surprise, parce que j'étais très confiant), Darlington-Duisburg : cette collection a toujours de superbes prises de son très naturelles, qui permettent de s'approcher au plus près de ce qu'est le véritable son d'orchestre dans une bonne salle de concert. Ce n'est pas aussi intense que les précédentes, sans doute, mais ça n'appelle aucune réserve.

--

Sinon, j'ai découvert ou réécouté pêle-mêle :

Doráti-Minneapolis, toujours aussi sale (la prise plus que l'exécution, en fait), très convaincant mais pas très confortable sur la durée. En revanche, je suis étonné d'être plus séduit que par Doráti-Detroit, certes rugueux, mais assez lent, qui n'a pas l'élan des autres grandes versions. Je trouve que ça a vieilli, alors que ça me paraissait une référence plutôt incontestable il y a dix ans (je n'étais pas né quand ça a paru…).

Iván Fischer / Festival de Budapest, paru assez récemment. Comme toujours avec eux, très léché, mais ça ne m'a pas paru très ardent.

Roth-Siècles : les couleurs sont différentes (facture française du début du XXe), mais la lecture ne change pas vraiment, hormis l'enjeu pour les musiciens de tenir ces pages très difficiles avec des instruments moins performants, ce dont ils s'acquittent avec brio !  Autant ça change tout pour Debussy, autant pour Stravinski (encore, pour l'Oiseau, il y a un côté brut, rêche, coloré) je ne trouve pas de plus-value particulière à la démarche.

Solti-Concertgebouworkest : vraiment différent, les appuis sont très audibles, les timbres complètement distincts des autres orchestres, c'est assez impressionnant au début. Sur la durée, je trouve que l'hypersegmentation, les détachés permanents nuisent un peu à la progression d'ensemble, et je décroche, j'entends les apprêts du studio, le manque d'urgence par rapport à la scène, quelque chose comme ça. Mais la proposition de départ est très stimulante.

Boulez-Cleveland : il doit y avoir quelque chose de spécifique à cet enregistrement (ou bien c'est une affaire de génération ?), parce que j'ai entendu une ribambelle de musiciens et de chefs pas du tout modernistes (voire tout à fait baroqueux) dire leur admiration sans bornes pour cet idéal inaccessible. Moi, ce que j'entends, c'est un très bel alliage de timbres, une science du faire-sonner, où chaque instrument (comme dans ses propres compositions) paraît nécessaire, mais pour ce qui est du folklore (pourtant, le début cite des motifs traditionnels russes) et de la danse, on repassera. C'est très beau, mais c'est une vision un peu plane pour mon goût.

Litton-Bergen : ce que je craignais, et une véritable déception. Assez lisse et aimable, pas très pertinent ici. Qu'est-ce que Bergen a perdu en singularité en une dizaine d'années !  (alors que Trondheim, Oslo ou le Norske Opera demeurent assez typés)

Sinon, parmi ceux que je n'ai pas réécoutés, j'ai fréquenté Monteux (le son est ce qu'il est, mais beau discours cadencé !), Salonen I et II (ce II très hédoniste avec Los Ángeles dont nous avons abondamment parlé ici même à l'époque de la parution), MTT, Currentzis (qui file droit sans aucune aspérité, aucun relief, aucun drame – j'avais trouvé ça assez convaincant, du moins si on n'aime pas trop le Sacre), Abbado-LSO (vraiment standard et pas très vigoureux, plutôt du côté de leurs Mendelssohn…).

Je conserve un souvenir vivace du début de Rattle-Berlin aux Proms, avec un double départ du fait de la sonnerie sur le solo de basson… et ils l'ont gravé en 2013, mais je n'ai pas trouvé l'enregistrement (Rattle-Birmingham et Rattle-YouthO se trouvent beaucoup plus facilement).

Parmi ceux que j'aimerais beaucoup entendre, sans avoir eu le temps de leur donner l'occasion de me convaincre, Ozawa-Boston, Zander-Boston, Th.Fischer-Wales, Ashkenazy-DSOB, Botstein-AmSO, Suitner-Dresde et pourquoi pas Rozdestvensky-LSO, Steinberg-Pittsburgh, Craft-Philharmonia, Beinum, Sokhiev, Cambreling, Nott, Tabachnik, Markevitch-RIAS, Markevitch-Varvovie, Oue, Leibowitz-LondonFest

Mais l'œuvre est tellement conditionnée par l'exigence et la précision de sa notation qu'il n'existe pas de mauvaises versions de toute façon, tout juste des versions qui en exaltent plus certaines qualités ou certains aspects.

J'attends de voir qui vous distinguerez !
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Rafsan
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MessageSujet: Re: Stravinsky - Le Sacre du printemps   Sam 1 Juil 2017 - 23:30

J'ai beaucoup aimé le Cambreling allemand (Baden-Baden und Freiburg), mais pas encore écouté le Cambreling japonais (Yomiuri)…
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