Autour de la musique classique

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 Beniamino Gigli

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Pison Futé
patate power
Pison Futé

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MessageSujet: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 21 Avr 2009 - 20:37

Beniamino Gigli avait assurément le type de voix conçu pour l'opéra italien romantique. Doté d'une très belle voix claire et pure, souple, au grain doux et une palette d'harmoniques bien pourvue, il excellait dans les rôles d'essence lyrique.Pour beaucoup, c'est donc l'exemple parfait du chanteur respectant les coutumes floues de l'italianità.

Pour parfaire son adhésion totale à "l'école" belcantiste, Gigli était -hélas- un chanteur peu investi sur scène et aimait rajouter des effets pour plaire au public. Son but, disait-il, était de "chanter" et "uniquement de chanter". Il était né pour ça. Il était donc naturel pour lui que l'émotion passe uniquement par son merveilleux matériau. Son objectif était d'ailleurs atteint puisqu'il a réussi à se faire connaître, et devint même très ami avec le compositeur Pietro Mascagni.
Outre son absence de jeu d'acteur, Gigli n'avait pas forcément un physique à son avantage, puisqu'il était assez ventru... D'ailleurs, pour la première de La Rondine à Bologne, Puccini pensa qu'il n'avait pas le physique pour chanter le jeune romantique Ruggero... et ce fut un autre ténor qui l'interprêta. Ce n'était sans compter le talent immense de Beniamino, puisque quelques jours après, à Rome, et ayant appris le rôle en 4 jours seulement, Puccini fut surprit par Gigli. Et Gigli put enfin chanter le rôle qui lui avait été ravi à cause de sa silhouette.

---------------------

Je connais deux disques avec Gigli. N'étant pas une fanatique des voix de ténor, j'avais écouté à reculons ses disques. Il faut bien le dire mais j'ai été véritablement charmée par la beauté de sa voix.
Les deux disques que j'ai (eu) en ma possession, sont : "Il Giovane Gigli", c'est-à-dire une compilation d'airs tirés des opéras italiens, et "Testament".
L'écoute de ce dernier disque est une véritable leçon de chant : âgée de plus de 60 ans, Gigli a une voix encore claire, un timbre encore moelleux... En bref, sa voix n'a pas eu à se plaindre des outrages du temps. Son secret ? "[Etre] attentif à [s]es ressources vocales".
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 21 Avr 2009 - 20:44

J'ai écouté il y a un certain temps un récital de Gigli. C'est un souvenir assez lointain, mais je me rappelle en effet d'une voix de ténor assez phénoménale. Comme Alfredo Kraus quelques décennies plus tard il a su préserver une voix naturelle en choisissant son répertoire avec un soin jaloux.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 31 Aoû 2010 - 22:50

Chaque fois que j'en ai l'occasion j'écoute Gigli, le plus beau timbre de ténor que je connaisse. Par moment la voix est incroyable. Beaucoup le considèrent comme le plus grand ténor du siècle avec Caruso. Je n'aime pas quand il passe en voix de tête avec la voix douce comme on faisait à son époque. Aucune voix ne lui est comparable.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 31 Aoû 2010 - 23:55

Alain92 a écrit:
Beaucoup le considèrent comme le plus grand ténor du siècle avec Caruso.
C'est un peu étrange de limiter "le siècle" aux années 20, non ? Smile Il y a eu tellement de styles de chant (et tellement de répertoires !) que ça n'a pas grand sens, en fait.

J'admire beaucoup plus Frédéric Antoun, François Piolino, Bernard Richter, William Burden ou Yann Beuron que ceux que tu as cités, mais comment comparer ces deux groupes alors qu'ils n'ont aucun rôle en commun et que trois quarts de siècle les séparent ?


Et pour finir, je trouve Caruso assez atroce : des effets pas beaux, incapable de chanter en rythme, une voix lourde et poussée, un style épouvantable déjà dans Verdi (alors dans la romance de Nadir, inutile d'insister...). Pour moi, c'est plutôt un mauvais chanteur en fait ; même s'il avait sans doute un très grand impact en salle, mais comme je n'y étais pas...
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Radames
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMer 1 Sep 2010 - 8:07

Beniamino Gigli est l'exemple type du chanteur "naturel". Lui même disait que chanter équivalait, pour lui, à souffler la poussière qui était sur son piano! C'est dire la facilité avec laquelle il chantait.
Son professeur Enrico Rosati (avec lequel il étudia pendant au moins sept ans avant qu'il ne put se présenter à un quelconque concours) lui donna cette fameuse technique de "bel canto" qui lui permettait de chanter pendant des heures sans être fatigué. Ce principe sera à nouveau réalisé par Rosati sur la gorge de son dernier élève : Mario Lanza.
Il commença sa carrière en tant que lyrique; lors du décès de Caruso ses rôles au MET furent partagés entre deux ténors : Martinelli (pour les rôles lourds) et Gigli (pour le répertoire lyrique).
Il avança pas à pas et aborda des rôles plus dramatiques que lorsqu'il fut dans sa bonne 40 aine.
Son répertoire fut phénoménal partant du lyrique léger jusqu'au spinto!
Gigli pouvait, à 60 ans, chanter "I Pagliacci" le lundi et passer à "l'Elisir d'amore" le mercredi.
Il n'était pas avare de bis et même de tris et ses concerts étaient de véritables fêtes populistes et à la fin desquels le public sortait avec le soleil de l'Italie dans le coeur.
En 1947 Del Monaco devait chanter avec lui (en alternance) dans le tandem Cavalleria/Pagliacci. MDM en Canio et Gigli en Turiddu. Apprenant qu'un jeune ténor devait assurer le rôle de Canio il exigea (et obtint) de chanter les deux rôles durant la même soirée (alors qu'il avait près de 60 ans). Il chanta Turiddu en bissant les airs et passa tranquillement à Canio où il bissa également tous les airs. Il termina la soirée par quelques chansons napolitaines le tout sous le regard ébahi du jeune Del Monaco qui le regarda la bouche ouverte n'en croyant pas ses oreilles.
Sa voix était miel et suavité mais disposait du corps nécessaire ppour affronter des tessitures impérieuses.
Sa technique lui permettait de mixer admirablement et ainsi d'émettre des aigus (bien timbrés et sûrs) sans trop d'énergie.
Malheureusement les séjours prolongés de Gigli aux States et son penchant pour la mode liberty en vogue dans l'entre deux guerres, déteignirent sur sa façon de chanter et surtout son style musical.
En effet ses interprétations sont souvent entachées de portamenti, sanglots, larme dans la voix, etc....
Rodolfo Celetti disait de lui : "Voce d'oro ma brutto gusto" (voix d'or mais mauvais goût).
Sur sa tombe est écrit la fameuse phrase d'Andrea Chénier : "Con la mia voce ho cantato la patria"
C'est bien ce qu'il fut (avec Caruso et Pavarotti) : le ténor du peuple.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMer 1 Sep 2010 - 19:32

Ah Gigli, il y a beaucoup à dire, en effet.

D'abord qu'il est spécial et inimitable, qu'il faut donc l'aimer un peu pour l'apprécier (comme Alagna ?) et qu'il ne faut pas vouloir plus qu'une voix qui chante le plus suavement et rondement possible. Mais dans ce rayon là, il est fortiche.

Ensuite que, tout en restant unique, il a traversé plusieurs périodes assez distinctes. Je simplifie certainement, mais je découpe ainsi, en m'appuyant sur ce qu'il lègue au disque :

  • les années 20 = la jeunesse : les amateurs préfèrent ces enregistrements, parce que la voix est d'une pureté admirable et le style plutôt sobre, surtout pour l'époque. Pour ma part, je les trouve trop "premier de la classe" et aplatis par l'enregistrement acoustique.


Exemple : https://www.youtube.com/watch?v=jedyU5w62ok&feature=related

  • fin des années 20 et première moitié des années 30 = sa meilleure période à mon avis, la voix s'est affermie, le style n'est pas encore aussi relâché que ce que signale Otello.


écoutez un peu ça : https://www.youtube.com/watch?v=6_zYm3dU7_Y

  • 2e partie des années 1930 jusqu'à 1945 = malgré sa bedaine, Gigli devient une star populaire grâce à ses films, dans lesquels il chante souvent des trucs de mirlitons, avec des effets à faire pâlir Tino Rossi.


https://www.youtube.com/watch?v=4QG0HK1CTMQ&feature=related

Mais il fait aussi des intégrales importantes (André Chénier, Butterfly, un Bal masqué...), et les personnages qu'il y crée sont toujours sympathiques, à défaut d'être fouillés.


  • après-guerre = beaucoup de récitals de chansons, quelques beaux disques encore, la voix est toujours impressionnante de fraîcheur.

https://www.youtube.com/watch?v=ru8Lf_SAPIo&feature=related (enregistrement de 1949, il a donc 59 ans)
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyJeu 2 Sep 2010 - 8:47

Ce qui me souffle avec Gigli est la facilité avec laquelle il s'acquitte de certains airs plutôt ardus tels que : Isabeau, Cavalleria, Guarany, etc....
De l'autre côté il endort tout le monde par la suavité et la rondeur de son timbre lorsqu'il chante (en italien) "Je crois entendre encore" ou l'air de Roméo.
Gigli était un piètre acteur : planté là, la main sur le coeur et la bedaine bien "pansante".
Il répondit à un metteur en scène qui voulait un peu d'action de sa part : "Io sono pagato per cantare non per correre, se vuole corre Lei" (Je suis payé pour chanter pas pour courir, si vous voulez, vous n'avez qu'à courir vous-même).
Il n'était pas le plus sympa des bonhommes et ses querelles avec ses contemporains marquent un caractère capricieux et égoiste.
Sa fille Rina était une bonne soprano qui aurait pu faire une meilleure carrière si elle ne s'était pas appelée Gigli (nom un peu lourd à porter).
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyJeu 2 Sep 2010 - 9:12

DavidLeMarrec a écrit:
Alain92 a écrit:
Beaucoup le considèrent comme le plus grand ténor du siècle avec Caruso.

Et pour finir, je trouve Caruso assez atroce : des effets pas beaux, incapable de chanter en rythme, une voix lourde et poussée, un style épouvantable déjà dans Verdi (alors dans la romance de Nadir, inutile d'insister...). Pour moi, c'est plutôt un mauvais chanteur en fait ; même s'il avait sans doute un très grand impact en salle, mais comme je n'y étais pas...

C'est pas gentil pour "Errico" ça.... pale
C'est clair qu'il était aux antipodes d'un De Reske, un De Lucia ou un Angelo Masini.
Pourtant cette voix mâle et virile fut applaudie sur les grandes scènes de l'époque.
Je pense que les moyens phonographiques de l'époque ne rendent pas justice à cette voix qui devait être plus claire que ce l'on entend.
Pour ma part j'aime cette manière "entière" avec laquelle il se jette dans ses personnages.
Et puis il y a cet accent napolitain, cette nostalgie "belle époque".
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyJeu 2 Sep 2010 - 10:41

Je suis persuadé aussi qu'il devait beaucoup mieux sonner en salle. Mais le résultat que j'entends est quand même très désagréable à mes oreilles ; certes, c'est massif et sonore, mais le style (!) et même la partition (il démarre deux mesures trop tôt E lucevan le stelle, imperturbable, et personne ne semble avoir songé à refaire une prise !).
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyJeu 2 Sep 2010 - 10:46

DavidLeMarrec a écrit:
Je suis persuadé aussi qu'il devait beaucoup mieux sonner en salle. Mais le résultat que j'entends est quand même très désagréable à mes oreilles ; certes, c'est massif et sonore, mais le style (!) et même la partition (il démarre deux mesures trop tôt E lucevan le stelle, imperturbable, et personne ne semble avoir songé à refaire une prise !).

Ben tu sais quand on est face à un "cornet" avec l'orchestre dans le dos et un chef qui ne fait que t'accompagner et te soutenir dans cette espèce de jouissance vocale qu'était le chant Carusien, il y a de quoi en perdre le sens de la mesure.
C'est clair que lorsque sa voix s'est épaissie (vers 1910), après son opération nodulaire, la locomotive carusienne démarrait un peu plus lentement.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyJeu 2 Sep 2010 - 10:54

Je parlais d'une version avec piano, en fait. Et non, démarrer pendant l'introduction, il suffit d'attendre la fin de l'énonciation du thème. Après, on ne débute pas forcément exactement au bon moment, mais c'est différent. Et en studio, en plus, pas de seconde prise !

Ce n'est qu'un événement, mais on le sent toujours assez flottant de ce côté-là, encore plus que ses contemporains.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyJeu 2 Sep 2010 - 11:00

DavidLeMarrec a écrit:
Je parlais d'une version avec piano, en fait. Et non, démarrer pendant l'introduction, il suffit d'attendre la fin de l'énonciation du thème. Après, on ne débute pas forcément exactement au bon moment, mais c'est différent. Et en studio, en plus, pas de seconde prise !

Ce n'est qu'un événement, mais on le sent toujours assez flottant de ce côté-là, encore plus que ses contemporains.

Ca doit faire partie de ses premiers enregistrements (1902) (EMI ex : voce del padrone).
Il enregistra en une journée une dizaine d'airs "tests".
Le disque en était à ses balbutiements et c'était une expérience comme une autre pour "Errico".
De plus à l'époque, il n'avait que sa jeunesse et son timbre.... tout le reste vint après.
A ses débuts il "couaquait" un La et cependant le public l'adorait.
Au prix d'un énorme travail technique il finit par être maître de sa tessiture et de sa voix.
Il "tafait" plus de trois paquets de clopes par jour..... heureusement qu'il y avait l'aérosol + toutes les mixtures qu'il prenait pour nettoyer son instrument.
Il prenait des goutes qui lui permettaient de récupérer vocalement. Malheureusement l'huile minérale que contenaient ces goutes finit par avoir raison de ses poumons et c'est d'une inflammation pulmonaire qu'il mourut en 1921 alors qu'il n'avait que 48 ans.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyVen 3 Sep 2010 - 6:36

Pour ce qui est de Caruso, ce n'est pas du "studio", ç'a été enregistré sans répétition sur un piano d'hôtel, contre l'avis de la direction de Gramophone et c'était la première fois qu'il chantait dans un cornet. Certains airs ont été refaits quelques mois plus tard et ce n'est qu'après le succès de Caruso, je crois, que ces disques ont été publiés. A vérifier.

Ses autres disques sont donc plus soignés. Mais un bon moyen de se rendre compte du "rubato permanent" qui peut effectivement donner le mal de mer, c'est d'écouter les accompagnements de ses disques par un orchestre moderne (2 CD chez RCA) : je ne sais pas combien de répétitions les pauvres ont dû faire (ou alors c'est retravaillé après) pour être à peu près ensemble avec la voix, mais ce n'est pas encore ça !

Bref, Caruso, c'est effectivement spécial, mais un peu comme Johnny : qu'on le veuille ou non, c'est un des chanteurs qui a eu le plus d'importance sur les goûts du public et aussi sur le style de ses descendants, imitateurs, épigones, rivaux, Gigli le premier, sauf qu'il a réussi à créer son propre style tout aussi inimitable et imité.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyVen 3 Sep 2010 - 8:14

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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyVen 3 Sep 2010 - 10:03

Bertram a écrit:
Pour ce qui est de Caruso, ce n'est pas du "studio", ç'a été enregistré sans répétition sur un piano d'hôtel, contre l'avis de la direction de Gramophone et c'était la première fois qu'il chantait dans un cornet. Certains airs ont été refaits quelques mois plus tard et ce n'est qu'après le succès de Caruso, je crois, que ces disques ont été publiés. A vérifier.
Merci Bertram pour ce qui est mieux qu'une piste, tout de même. Je pensais bien qu'il y avait quelque chose de spécifique pour qu'on ait conservé cette horreur. Smile

Citation :
Ses autres disques sont donc plus soignés. Mais un bon moyen de se rendre compte du "rubato permanent" qui peut effectivement donner le mal de mer, c'est d'écouter les accompagnements de ses disques par un orchestre moderne (2 CD chez RCA) : je ne sais pas combien de répétitions les pauvres ont dû faire (ou alors c'est retravaillé après) pour être à peu près ensemble avec la voix, mais ce n'est pas encore ça !
Oui, c'est incontestablement mieux, mais ce n'est pas vraiment du rubato, en fait, c'est plutôt de l'indiscipline (pour ne pas dire du grand n'importe quoi Laughing ). Il chante à la louche, en somme.


Citation :
Bref, Caruso, c'est effectivement spécial, mais un peu comme Johnny : qu'on le veuille ou non, c'est un des chanteurs qui a eu le plus d'importance sur les goûts du public et aussi sur le style de ses descendants, imitateurs, épigones, rivaux, Gigli le premier, sauf qu'il a réussi à créer son propre style tout aussi inimitable et imité.
Je ne vois pas bien cette descendance, mais sur les goûts du public, certainement : sa voix était très atypique et on voit effectivement une évolution des styles.
Mais ça ne m'empêche pas de trouver ça à-peu-près-pas écoutable. Very Happy
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 8:55

DavidLeMarrec a écrit:
Bertram a écrit:
Pour ce qui est de Caruso, ce n'est pas du "studio", ç'a été enregistré sans répétition sur un piano d'hôtel, contre l'avis de la direction de Gramophone et c'était la première fois qu'il chantait dans un cornet. Certains airs ont été refaits quelques mois plus tard et ce n'est qu'après le succès de Caruso, je crois, que ces disques ont été publiés. A vérifier.
Merci Bertram pour ce qui est mieux qu'une piste, tout de même. Je pensais bien qu'il y avait quelque chose de spécifique pour qu'on ait conservé cette horreur. Smile

Cette séance à Milan est généralement considérée comme un tournant dans l'histoire du disque, puisque Caruso est le premier chanteur lyrique à faire des ventes de masse. Mais je trouve qu'il y a pas mal de choses que l'on dit sur ce chanteur qui ressemblent beaucoup à des légendes ou à des souvenirs embellis.

DavidLeMarrec a écrit:
Citation :
Ses autres disques sont donc plus soignés. Mais un bon moyen de se rendre compte du "rubato permanent" qui peut effectivement donner le mal de mer, c'est d'écouter les accompagnements de ses disques par un orchestre moderne (2 CD chez RCA) : je ne sais pas combien de répétitions les pauvres ont dû faire (ou alors c'est retravaillé après) pour être à peu près ensemble avec la voix, mais ce n'est pas encore ça !
Oui, c'est incontestablement mieux, mais ce n'est pas vraiment du rubato, en fait, c'est plutôt de l'indiscipline (pour ne pas dire du grand n'importe quoi Laughing ). Il chante à la louche, en somme.

Oui, on ne peut pas dire le contraire, même si je crois que c'est en partie voulu, une sorte de goût pour le sang et le nerf...cette liberté le rapprocherait des chanteurs du 19e (Battistini, Maurel) et pourtant, ce qu'ils font est plus rhétorique, moins instinctif et paraît moins négligent. C'est peut-être à cause de lui que Toscanini est devenu maniaque ?


DavidLeMarrec a écrit:
Citation :
Bref, Caruso, c'est effectivement spécial, mais un peu comme Johnny : qu'on le veuille ou non, c'est un des chanteurs qui a eu le plus d'importance sur les goûts du public et aussi sur le style de ses descendants, imitateurs, épigones, rivaux, Gigli le premier, sauf qu'il a réussi à créer son propre style tout aussi inimitable et imité.
Je ne vois pas bien cette descendance, mais sur les goûts du public, certainement : sa voix était très atypique et on voit effectivement une évolution des styles.
Mais ça ne m'empêche pas de trouver ça à-peu-près-pas écoutable. Very Happy

Pourtant il faut l'écouter parce que s'il y a bien quelque chose qui est à l'origine de la glottophilie dans son versant musclé, cet émerveillement devant une voix plus qu'humaine, un flux torrentiel, un mur de voix, ce sont les disques de Caruso. Et ceux de son équivalent baryton, Tita Ruffo.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 10:01

Bertram a écrit:
Pourtant il faut l'écouter parce que s'il y a bien quelque chose qui est à l'origine de la glottophilie dans son versant musclé, cet émerveillement devant une voix plus qu'humaine, un flux torrentiel, un mur de voix, ce sont les disques de Caruso. Et ceux de son équivalent baryton, Tita Ruffo.
Je n'aime pas spécialement Ruffo, mais chez lui j'entends au moins un chant correct, alors que dans Caruso je trouve beaucoup à redire.

La glottophilie musclée ne daterait pas plutôt des formateurs italiens de Duprez ? Mr. Green

De toute façon, la glottophilie est née très peu de temps après l'opéra lui-même. Les Italiens dès la seconde moitié du XVIIe ont commencé à écrire des airs brillants type seria, encore dans un contexte dramaturgique fort, et puis au XVIIIe et jusqu'à 1850, de la laryngomanie exclusive (avec quelques exceptions pour les opéras bouffes qui se développent à partir du dernier quart du XVIIIe).

La France a longtemps résisté, mais pas plus longtempts en valeur absolue, et même moins. Certes, il reste toujours une trame littéraire plus ferme, ainsi qu'une balletomanie croissante qui compense un peu, mais déjà chez Rameau, les ariettes virtuoses, le culte de la personnalité des chanteurs.

Il faut voir ce qu'on écrivait sur Sophie Arnould (qui fait sa célébrité dans les années 1770) - c'est à peu de choses près subi le sort d'Alagna. Lorsqu'elle était encore une enfant, on l'a furieusement admirée. A vingt-cinq ans, on peut lire un peu partout qu'elle est vieille, que l'instrument est fanée, qu'elle ne ressemble physiquement plus à ses rôles et qu'il faut qu'elle se retire. Après s'être accrochée à la scène, elle s'est retirée peu d'années après, en rupture avec son théâtre et son public.
Et ses caprices nourrissaient la presse et la détestation de ses détracteurs (mais aussi la précipitation du public pour la voir de peur qu'elle n'annule d'autres fois).
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 10:06

Bertram a écrit:
une sorte de goût pour le sang et le nerf...cette liberté le rapprocherait des chanteurs du 19e (Battistini, Maurel) et pourtant, ce qu'ils font est plus rhétorique, moins instinctif et paraît moins négligent. C'est peut-être à cause de lui que Toscanini est devenu maniaque ?
précision: des chanteurs de la fin du 19ème siècle!
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 10:09

Et pour parler de Gigli, tout de même, je voudrais recommander comme approche son air de La Juive. C'est assez stupéfiant d'aisance, le français est très bon, et même si l'expression est un tout petit peu négligente, comme c'était l'usage alors, ça reste bien touchant.

Par ailleurs, l'orchestre est bon, c'est assez rare pour être souligné !
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 10:15

Oui tout à fait, dans les deux cas. Je n'avais pas précisé que je parle surtout de la discoglottophilie : le fait que les disques de Caruso sont les premiers à offrir ce plaisir là, et que, avec les mythes sur lui, ils ont certainement contribué à former des ténors comme Tucker, Del Monaco, Bonisolli.

Et oui aussi pour l'air de la Juive, un de mes préférés (mais le Caruso peu avant sa mort est assez émouvant aussi, à cause de la maladie audible).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 10:27

Bertram a écrit:
Oui tout à fait, dans les deux cas. Je n'avais pas précisé que je parle surtout de la discoglottophilie : le fait que les disques de Caruso sont les premiers à offrir ce plaisir là, et que, avec les mythes sur lui, ils ont certainement contribué à former des ténors comme Tucker, Del Monaco, Bonisolli.
Sur ce point, je suis tout à fait d'accord comme je le disais plus haut : je ne vois pas de filiation technique (Caruso, Tucker et Del Mo, c'est pas vraiment les mêmes "outils"), en revanche le courant esthétique est assez évident vers ces voix larges, glorieuses et assez massives qu'on n'entend pas dans les premiers enregistrements du siècle. Ca ne veut pas dire que ça n'existait pas avant, mais en tout cas ça n'avait pas les honneurs du disque.

Pour l'air de La Juive, effectivement je n'ai pas souvent entendu mieux ; à part Tucker et Alagna, je ne vois pas qui m'ait plus satisfait en tout cas.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 10:30

DavidLeMarrec a écrit:
Pour l'air de La Juive, effectivement je n'ai pas souvent entendu mieux ; à part Tucker et Alagna, je ne vois pas qui m'ait plus satisfait en tout cas.
le jeune Bonisolli y est très bien aussi.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 10:40

Otello a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Pour l'air de La Juive, effectivement je n'ai pas souvent entendu mieux ; à part Tucker et Alagna, je ne vois pas qui m'ait plus satisfait en tout cas.
le jeune Bonisolli y est très bien aussi.
Même le vieux d'ailleurs. Il y a bien des excès, mais globalement l'expression est juste.

C'est bien pour ça que c'est dur :
- vocalement, c'est terriblement exigeant ;
- peu de chanteurs maîtrisent correctement le français ;
- il faut une expression quand même pertinente (notamment la prosopopée de Rachel).

Cependant chez Bonisolli, malgré ces trois qualités qu'il a, je déteste l'aigu qu'il ajoute à la fin et qui se fond mal dans la progression harmonique... Ce type pourrait planter des contre-ut dans un air en si majeur. Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 10:52

DavidLeMarrec a écrit:
Cependant chez Bonisolli, malgré ces trois qualités qu'il a, je déteste l'aigu qu'il ajoute à la fin et qui se fond mal dans la progression harmonique... Ce type pourrait planter des contre-ut dans un air en si majeur. Rolling Eyes
il montait même au contre-mi bémol mais avec lui c'était fait avec une telle facilité et une telle homogénéité de timbre que ça s'intégrait parfaitement au reste. Et puis la voix était tellement belle! Beniamino Gigli Drunken_smilie Beniamino Gigli Drunken_smilie Beniamino Gigli Drunken_smilie
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptySam 4 Sep 2010 - 11:33

Belle n'est pas le mot qui me viendrait spontanément à la bouche ! Laughing

Cela dit, il y a chez lui une qualité dans la diction qui n'est pas toujours présente chez ses congénères. (C'est plus expressif que Corelli par exemple, même si l'articulation de celui-ci était fort bonne.)
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 7 Sep 2010 - 13:29

DavidLeMarrec a écrit:
Belle n'est pas le mot qui me viendrait spontanément à la bouche ! Laughing

Cela dit, il y a chez lui une qualité dans la diction qui n'est pas toujours présente chez ses congénères. (C'est plus expressif que Corelli par exemple, même si l'articulation de celui-ci était fort bonne.)

Corelli zozotait un peu à cause d'un accident qui l'amena (enfant) à tomber tête en avant sur une fontaine en pierre....Il se cassa deux dents qui furent mal réparées et qui causèrent in fine ce zozotement souvent audible dans ses premiers disques.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 7 Sep 2010 - 13:39

DavidLeMarrec a écrit:

Pour l'air de La Juive, effectivement je n'ai pas souvent entendu mieux ; à part Tucker et Alagna, je ne vois pas qui m'ait plus satisfait en tout cas.

Ah bon? et Georges Thill alors?
(et Ben Heppner accessoirement...)
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 7 Sep 2010 - 13:44

Otello a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Cependant chez Bonisolli, malgré ces trois qualités qu'il a, je déteste l'aigu qu'il ajoute à la fin et qui se fond mal dans la progression harmonique... Ce type pourrait planter des contre-ut dans un air en si majeur. Rolling Eyes
il montait même au contre-mi bémol mais avec lui c'était fait avec une telle facilité et une telle homogénéité de timbre que ça s'intégrait parfaitement au reste. Et puis la voix était tellement belle! Beniamino Gigli Drunken_smilie Beniamino Gigli Drunken_smilie Beniamino Gigli Drunken_smilie

Bonisolli était quand même un cas.... pas pour rien qu'il était surnommé "Il pazzo".
Cet ancien moniteur de ski reclassé en ténor était connu pour son tempérament fantasque et ses propos .... disons pas très "stylés"; il plaçait un "cazzo" dans chaque phrase qui sortait de sa bouche. siffle
Vocalement parlant c'était plus une attraction de foire qu'un chanteur à style, même s'il avait un matériel et un aigu à faire pâlir d'envie tous les Domingo du monde.
De plus c'était quoi cette manie d'ajouter des aigus dans tout ce qu'il chantait?
Dans les années 80 à Vérone lors d'un hommage à Gigli avec d'autres ténors, il chanta "Di quella pira", le public voulait un bis mais le chef (Nello Santi?) voulait qu'il décampe, chose qu'il ne fit pas. Il resta planté là malgré la désapprobation du chef et in fine obtint ce qu'il voulait et canarda un contre-ut de plus de dix secondes à la fin de la reprise. Là il était content!

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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 7 Sep 2010 - 14:06

Radames a écrit:
Bonisolli était quand même un cas.... pas pour rien qu'il était surnommé "Il pazzo".
Cet ancien moniteur de ski reclassé en ténor était connu pour son tempérament fantasque et ses propos .... disons pas très "stylés"; il plaçait un "cazzo" dans chaque phrase qui sortait de sa bouche. siffle
Vocalement parlant c'était plus une attraction de foire qu'un chanteur à style, même s'il avait un matériel et un aigu à faire pâlir d'envie tous les Domingo du monde.
De plus c'était quoi cette manie d'ajouter des aigus dans tout ce qu'il chantait?
Dans les années 80 à Vérone lors d'un hommage à Gigli avec d'autres ténors, il chanta "Di quella pira", le public voulait un bis mais le chef (Nello Santi?) voulait qu'il décampe, chose qu'il ne fit pas. Il resta planté là malgré la désapprobation du chef et in fine obtint ce qu'il voulait et canarda un contre-ut de plus de dix secondes à la fin de la reprise. Là il était content!
oui je sais et j'aurais plein d'autres anecdotes à raconter. Toutefois, il a remporté de réels triomphes sur toutes les scènes et il a fait beaucoup de choses vraiment passionnantes vocalement parlant tant en studio qu'en live.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 7 Sep 2010 - 14:14

Otello a écrit:
Radames a écrit:
Bonisolli était quand même un cas.... pas pour rien qu'il était surnommé "Il pazzo".
Cet ancien moniteur de ski reclassé en ténor était connu pour son tempérament fantasque et ses propos .... disons pas très "stylés"; il plaçait un "cazzo" dans chaque phrase qui sortait de sa bouche. siffle
Vocalement parlant c'était plus une attraction de foire qu'un chanteur à style, même s'il avait un matériel et un aigu à faire pâlir d'envie tous les Domingo du monde.
De plus c'était quoi cette manie d'ajouter des aigus dans tout ce qu'il chantait?
Dans les années 80 à Vérone lors d'un hommage à Gigli avec d'autres ténors, il chanta "Di quella pira", le public voulait un bis mais le chef (Nello Santi?) voulait qu'il décampe, chose qu'il ne fit pas. Il resta planté là malgré la désapprobation du chef et in fine obtint ce qu'il voulait et canarda un contre-ut de plus de dix secondes à la fin de la reprise. Là il était content!
oui je sais et j'aurais plein d'autres anecdotes à raconter. Toutefois, il a remporté de réels triomphes sur toutes les scènes et il a fait beaucoup de choses vraiment passionnantes vocalement parlant tant en studio qu'en live.

Clair que c'était une vraie bête de scène! Là où certains se mouillent les doigts, lui il nageait dedans.
Je suis persuadé qu'il aurait fait une bien plus belle carrière s'il avait eu un tempérament plus discipliné.
De toutes façons il avait un sacré matériel!
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 7 Sep 2010 - 14:23

Radames a écrit:
Clair que c'était une vraie bête de scène! Là où certains se mouillent les doigts, lui il nageait dedans.
Je suis persuadé qu'il aurait fait une bien plus belle carrière s'il avait eu un tempérament plus discipliné.
De toutes façons il avait un sacré matériel!
ça c'est certain! je le tiens par exemple pour le meilleur Manrico de l'après Del Monaco et Corelli et je ne vois aucun ténor de ces 20 dernières années qui ait réussi à lui arriver à la cheville dans ce rôle et surtout dans la durée.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 7 Sep 2010 - 14:40

Otello a écrit:
Radames a écrit:
Clair que c'était une vraie bête de scène! Là où certains se mouillent les doigts, lui il nageait dedans.
Je suis persuadé qu'il aurait fait une bien plus belle carrière s'il avait eu un tempérament plus discipliné.
De toutes façons il avait un sacré matériel!
ça c'est certain! je le tiens par exemple pour le meilleur Manrico de l'après Del Monaco et Corelli et je ne vois aucun ténor de ces 20 dernières années qui ait réussi à lui arriver à la cheville dans ce rôle et surtout dans la durée.

Son Manrico n'a pas le côté élégiaque que Del Monaco et Corelli arrivaient à lui donner malgré leur gabarit vocal mais il demeure un protagoniste digne de brandir l'épée. Un vrai Manrico héroïque et vibrant.
Un jour à Vérone il rencontra Bergonzi tandis qu'il se promenait à vélo (Bonisolli était très sportif), en le voyant il le salua, lui sorti une de ses tirades style "cazzo" et lui chanta un trééééééssss loooonnnnng contre ut.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 7 Sep 2010 - 22:34

Radames a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Belle n'est pas le mot qui me viendrait spontanément à la bouche ! Laughing

Cela dit, il y a chez lui une qualité dans la diction qui n'est pas toujours présente chez ses congénères. (C'est plus expressif que Corelli par exemple, même si l'articulation de celui-ci était fort bonne.)

Corelli zozotait un peu à cause d'un accident qui l'amena (enfant) à tomber tête en avant sur une fontaine en pierre....Il se cassa deux dents qui furent mal réparées et qui causèrent in fine ce zozotement souvent audible dans ses premiers disques.
Certes, on le lui reproche quelquefois, mais ça n'altère absolument en rien la qualité de sa diction, je trouve.
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MessageSujet: Re: Beniamino Gigli   Beniamino Gigli EmptyMar 7 Sep 2010 - 22:55

Cornélius a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:

Pour l'air de La Juive, effectivement je n'ai pas souvent entendu mieux ; à part Tucker et Alagna, je ne vois pas qui m'ait plus satisfait en tout cas.

Ah bon? et Georges Thill alors?
(et Ben Heppner accessoirement...)
J'ai beaucoup les deux, juste un peu moins. Pour Thill, oui, c'est bizarre... mais c'est comme ça. Surprised
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