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 Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra

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Morloch
Lou ravi
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MessageSujet: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Mer 22 Avr 2009 - 1:08




Né à Paris en 1799 et mort à Nice en 1862.

C'est l'exemple du compositeur français qui a marqué son époque et la musique et qui est tombé dans la seconde moitié du XXème siècle dans un oubli total.

Décrié pour de mauvaises raisons, assimilé avec tout le grand opéra français à la musique bourgeoise, décrié par Berlioz, attaqué par Wagner, il restera tout de même joué jusque dans la seconde moitié des années 1930, mais cette fois il sera retiré des affiches pour être un compositeur juif.

Sa production est importante :

* L'Artisan (1827)
* Clari, en italien (1828)
* La Dilettante d'Avignon (1828)
* Ludovic (1833)
* La Juive (1835)
* L'Éclair (1835)
* Guido et Ginevra (1838)
* Le Shérif (1839)
* Le Guitarréro (1841)
* La Reine de Chypre (1841)
* Charles VI (1843)
* Les Mousquetaires de la reine (1846)
* Le Val d'Andorre, (1848)
* La Fée aux roses (1849)
* La Tempesta (1850)
* La Dame de pique (1850)
* Le Juif errant (1852)
* Le Nabab (1853)
* Jaguarita l'Indienne (1855)
* La Magicienne(1858)

Les années 2000 auront été celles de la résurrection de La Juive, avec beaucoup d'énergie à déployer pour convaincre les directions d'opéras de remonter une œuvre que plus personne de vivant n'avait entendue, raillée dans les histoires de la musique, la grande difficulté de rassembler des chanteurs capables d'affronter cette partition redoutable et d'y consacrer leur temps, mais tous ces efforts ont été couronnés de succès et payants : ce retour de la Juive a été un succès.

Grande surprise d'abord de la partition de 1835, bien plus riche que ce qu'on en disait et qu'il ne faut pas réduire à son air le plus connu "Rachel quand du seigneur" (qui est cependant beau, et d'une grande efficacité dramatique en contexte). C'est une belle orchestration, un univers sonore qui est loin d'être monotone, une écriture vocale au service des voix et de l'expression du texte.

Le livret de Scribe est excellent, redoutablement efficace et il fait se rencontrer des personnages d'une rare complexité et tous effroyablement humains. Le sujet du fanatisme religieux est traité de façon directe mais sans aucune simplification, c'est assez fascinant de voir que les problèmes qui se posent n'ont pas tant changé et que les interrogations se posent aux protagonistes en des termes qui nous paraissent exactement les nôtres.

Cette musique qui ne cherche pas à être révolutionnaire mais à accompagner l'action avec un luxe de subtilités orchestrales, et ce livret étonnant font de La Juive un véritable chef d'oeuvre.

L'opéra de Paris l'a monté dans une excellente version en 2007 (Neil Schicoff/Chris Merritt, et le fantastique duo féminin Anna Caterina Antonacci et Annick Massis).

mais pour la discographie, on ne peut pas dire que le choix soit fou, mais une excellente version (c'est déjà ça) :



à voir absolument pour la prestation bouleversante de Neil Schicoff, qui est possédé par ce rôle du rigide juif Eleazar et donne quelque chose que, je crois, on ne voit pas tous les jours sur une scène d'opéra. On sent même dans ce DVD, à travers son écran, l'émotion de la salle saisie, qui ne s'attendait pas à une telle performance ni à autant de complexité dans cet opéra qui surgissait du passé pour parler aussi directement à des sensibilités contemporaines.
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T-A-M de Glédel
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Mer 22 Avr 2009 - 19:33

Grâce à toi, enfin un fil sur Halévy et La Juive. Un monument de l'histoire lyrique sans aucun doute.

La version de Vienne est vraiment interessante pour un premier effort. Mais nous n'avons que 2/3 de l'oeuvre malheureusement.
Shicoff n'est pas toujours très juste mais au niveau de l'incarnation d'Eleazar, c'est assez remarquable. La version mérite essentiellement grâce à lui d'ailleurs. Pour les autres, on peut faire beaucoup mieux (Recréation à Paris par exemple).

Morloch a écrit:
Décrié pour de mauvaises raisons, assimilé avec tout le grand opéra français à la musique bourgeoise, décrié par Berlioz, attaqué par Wagner

Pas vraiment décrié par Berlioz qui reconnaissait en lui un très bon faiseur d'opéra... il admettait le savoir-faire d'Halévy et ses "trouvailles" d'orchestrations bien qu'il le trouvait sans génie mélodique et tâtillonant. Mais ces réserves sont à nuancer, Berlioz dans le grand genre n'aimait pas grand chose hormis lui-même.

Il était moins sévère en ce qui concerne l'Opéra-Comique où si je me souviens il louait L'Éclair et le Val d'Andorre.

En ce qui concerne Wagner, il suffit de lire son article suite aux représentations de La reine de Chypre pour comprendre l'admiration qu'il a pour le travail d'Halévy. Pas sûr qu'il mette Rossini au pinacle et Meyerbeer est détruit (on se demande pourquoi?) en comparaison.
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senga
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Mer 22 Avr 2009 - 22:05

J'aimerais bien savoir comment le public et surtout le pouvoir ont réagi à ce brûlot lors de sa création...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Mer 22 Avr 2009 - 23:32

coucou Senga,

En fait, c'est assez la norme dans le Grand Opéra, il y a une part de prosélytisme tolérant assez importante - c'est la même chose pour Les Huguenots ou Le Prophète, représentés dans une société encore profondément catholique... De même, avec L'Africaine et les questions de racisme (ça m'étonne qu'on n'ait pas tenté de la rejouer version Bronx, ça fonctionnerait assez bien pour certaines scènes).
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Morloch
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Mer 22 Avr 2009 - 23:40

Je ne crois pas que les réactions aient été mauvaises.

Ici un extrait de l'Indépendant - Furet de Paris du 31 août 1837, qui parle d'une reprise de cette production par l'Académie nationale de musique.

La Juive avait été créée le 23 février 1835 dans cette salle.

Article d'août 1837

Citation :
OPÉRA. — Le nom de Choron porte bonheur à
l' Opéra. C'est à Choron que nous devons Duprez.
C'est aussi Choron qui a donné les premières leçons
de l'art du chant à Mme Stoltz, qui vient de débuter
avec tant de succès sur notre première scène lyrique,
dans le rôle de Rachel, de la Juive, l'une des plus
belles créations de Mlle Falcon. Fidèles à notre sys-
tème, nous n'établirons aucune comparaison entre
cette dernière et Mme Stoltz. La débutante, dont
Duprez dirige les études depuis trois mois, possède
une voix large , puissante, sonore, étendue, et dont
les aspérités disparaîtront sous l'influence du travail.
Elle donne à son chant une indicible expression et pos-
sède l'art de faire passer dans l'âme des spectateurs
tous les sentimens qui animent le personnage qu'elle
représente. Dans les 2eme et 5eme acte de la Juive,
Mrae Stoltz est si vraie et si dramatique,que la salle en-
tière a frémi, surtout au moment qui précède le sup-
plice de Rachel. Son succès a été complet et il aug-
mentera encore, lorsqu'elle sera plus sûre d'elle-
même, et lorsqu'elle aura surmonté complètement
la timidité, qui, même à la seconde représentation,
paralysait encore une partie de ses moyens. La Juive
continue à attirer une affluence de spectateurs qui est
suffisamment justifiée par l'admirable talent que Du-
prez déploie dans le rôle d'Éléazar, par la belle mu-
sique de M. Halévy, et par la magnificence d'un spec-
tacle inoui. A la dernière représentation , Mlle Na-
thalie Fitzjames a dansé , avec Guerra , un fort joli
pas, avec l'élégance et la grâce pudique qui caracté-
risent le talent de cette jolie danseuse.— Mme Stoltz
- remplira , vendredi prochain, le rôle de Valentine
dans les Huguenots.
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Morloch
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Mer 22 Avr 2009 - 23:52

Tiens, devant la discographie qui est ce qu'elle est, je propose une critique de la reprise de 1842... hehe

Article 18 septembre 1842

Citation :
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.

Second début de Mlle Méquillet, dans le rôle
de Rachel, de la Juive.

L'hiver a commencé pour l'Opéra. Mercredi et
vendredi derniers, la foule était immense aux repré-
sentations de la Juive et de Guillaume Tell. Mais
si le premier de ces ouvrages a fait une recette com-
plète, Mlle Méquillet peut s'en attribuer la plus
grande part. Les deux premiers débuts de cette jeune
cantatrice avaient fait trop de sensation pour que
les amateurs ne se portassent pas en masse au troi-
sième.

Le rôle de Rachel est peut-être moins favorable à
celte cantatrice que celui de Valentine. Ce rôle a été
écrit pour la voix complète de Mlle Falcon , et la
voix de Mlle Méquillet est limitée; son médium,
comme nous l'avons dit., est magnifique et sympa-
thique; mais les cordes hautes, qui sont fort belles,
cependant, ne se produisent pas toujours avec faci-
lité; il y a, entre le médium et les notes de soprano,
une solution de continuité que le travail fera sans
doute disparaître. Nous en dirons autant des noies
graves, qui n'existent plus, à proprement parler.On
sent, dès lors, toute la difficulté qu'il y a pour la
cantatrice à aborder des rôles qu'elle est obligée de
transposer, ce qui nuit toujours à l'effet de la mu-
sique; car nos oreilles sont routinières; elles sont
habituées à percevoir certains sons, et lorsque ces
sons ne les frappent pas, l'auditeur reste froid et in-
différent.

Maintenant que nous avons signalé les défauts de-
là voix de Mlle Méquillet, il nous reste à louer, sans
restrictions, la pureté, l'excellence de sa méthode ;
ses études sont parfaites, sou goût est exquis; dans les
momens même les plus dramatiques, elle ne laisse
échapper aucun son douteux ou entaché de trivialité.
L'expression qu'elle donne à son chant est toujours
d'une justesse parfaite. Pour que le talent de cette
cantatrice fût dignement apprécié, il faudrait le pla-
cer dans un ouvrage où ses éminentes qualités fus-
sent mises en relief par un compositeur habile.

Duprez, qui remplissait le rôle d'Eléazar, devient
de plus en plus habile. Où cette habileté s'arrêtera-t-
elle? Nous n'en savons rien. Mais, ce qu'il y a de
positif, c'est que, pour peu que la voix de ce ténor
continue à se fatiguer (nous ne voulons pas dire à
se perdre), Duprez réalisera un problême jusqu'alors
insoluble, celui déchanter avec deux ou trois notes.
Aujourd'hui, Duprez est un véritable escamoteur,
un Comte, un Bosco, un Philippe. Il fait disparaître
les notes hautes avec une telle prestesse, une telle
agilité, que les auditeurs qui ne sont pas doués d'une
oreille un peu fine, n'y aperçoivent que du feu. Nous
nous prosternons avec humilité devant une semblable
science, qui est fort admirée des amateurs de tours
de passe-passe; mais, à une telle habileté, nous pré-
férerions une belle voix de ténor, se produisant avec
éclat, vocalisant avec facilité, et qui interprétât
avec moins de licence la musique des maîtres. Cela
n'empêche pas que Duprez vient d'être nommé pro-
fesseur au Conservatoire, où i! formera de détestables
élèves, parce que sa méthode est toute exceptionnelle,
et qu'il veut être rengagé à l'Opéra aux mêmes
conditions qu'à l'époque de ses débuts à Paris,
alors qu'il était dans toute la vigueur d'un talent
aujourd'hui décrépit.

C'est Levasseur qui remplissait le rôle du Cardi-
nal. Nous avouons franchement que nous admirons
peu cette basse-taille, qui n'arrache aujourd'hui des
applaudissemens qu'en descendant à la cape (terme
consacré), c'est-à-dire, en prodiguant les notes les
plus graves de l'échelle vocale. Tristes ficelles!
Mlle de Roissy, quoiqu'indisposée, s'est bien acquittée
du rôle d'Eudoxie. Le charmant pas de cinq, que
l'on a restitué au troisième, acte, a eu les honneurs de
la soirée. Mlle Pauline Leroux a dansé avec une
grâce, une agilité, une coquetterie, une désinvoltu-
re sans pareille. Quand donc M. Octave (Léopold),
qui est doué d'une jolie voix, apprendrat-il à filer
des sons ?
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:05

Pour la discographie, ton machin viennois est quand même assez horrible. Il n'y a guère que la version Guadagno (extrêmement coupée, quasiment à moitié je pense), avec Tucker, qui m'ait convaincue. Tout le reste est généralement joué avec une fadeur décourageante.

Et franchement, Shicoff, on n'est peut-être pas obligé de s'infliger ça, il vaut mieux encore roupiller avec Almeida. hehe
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Morloch
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:09

Et bon, il est encore question de cet opéra

le 26 mai 1842


Citation :
OPÉRA.—Les dernières représentations de Duprez
et surtout de Barroilheit, combattent victorieuse-
ment la chaleur.Vendredi, la Juive, ni lundi, là Fa-
vorite, avaient attiré des Chambrées complètes. Nous
n'avons rien à dire de l'exécution de ces ouvrages,
si ce n'est que Duprez, qui va prendre possession
d'un congé de deux moisi, se fatigue de plus en plus.
A ce sujet, nous ferons observer que l'usage des congés
est plus fatal encore au directeur de l'Académie royale
de musique qu'à ceux des autres théâtres. D'abord,
les congés se prennent à| une époque de l'année ou
il faudrait surtout redoubler d'activité et d'efforts
pour attirer le public. Puis ces congés sont laborieu-
sement employés par les! artistes qui y ont droit. Ils
partent de Paris fatigués, et ils y reviennent haras-
sés, épuisés. C'est surtout pour Duprez que nous
faisons ces réflexions. La voix de Duprez, qui est
toute factice, a perdu une grande partie de sa puis-
sance. Le repos seul lui restitue une partie de sa vi-
gueur.C'est ainsi que l'artiste a reparu avec ses avan-
tages à la première représentation de la Reine de
Chypre, et nous l'avons constaté. Mais Duprez se
fatigue facilement, et alors il n'est plus que l'ombre
de lui-même. Si cet artiste éminent avait à coeur de
conserver sa réputation; si il était, comme il devrait
l'être, entièrement dévoué aux intérêts d'une admi-
nistration qui rétribue si généreusement son talent,
il sacrifierait au repos ses deux mois de congé,
et, selon nous, il ferait une bien meilleure spécula-
tion que d'aller s'égosiller, en anglais à Londres,.car
il se ménagerait ainsi un avenir qui lui échappera
avant peu, si il ne se ménage pas davantage. — Le
directeur de l'Opéra aura bien de la peine à se priver
des services de Mlle Nau, qui, cependant, lui parais-
sent tout-à-fait inutiles, car, dans sa haute sagesse,
il n'a pas renouvelé l'engagement de cette canta-
trice. Depuis quelques jours, toutes les.feuilles, pe-
tites et grandes, entonnent, en faveur dé l'actrice en
disponibilité, un concert d'éloges et de louanges hy-
perboliques, dont l'accord trahit, au reste, une main
amie. Si M. le directeur de l'Opéra résiste à ces solli-
citations imprimées, il aura bien du courage. Heu-
reusement, il a fait ses preuves. — Une jeune et
blonde fille du Nord, Mlle Nielsen, -a débuté ven-
dredi dernier, dans la Juive, par un pas de deux
avec Petitpa. Mlle Nielsen est une danseuse gracieuse
et correcte, mais un peu froide. On dit qu'elle n'est
que de passage à Paris, et qu'elle retourne à Copen-
hague. Le pas qu'elle a dansé pourrait être meilleur
et surtout plus original. Il est signé tout au long et
il est très long : MAZILIER.

(Heu, j'ai posté cet article à cause de Marius Petipa qui dans dans la Juive, ce qui piourrait surprendre ceux qui ont vu le DVD de Vienne hehe )
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:11

DavidLeMarrec a écrit:
Pour la discographie, ton machin viennois est quand même assez horrible. Il n'y a guère que la version Guadagno (extrêmement coupée, quasiment à moitié je pense), avec Tucker, qui m'ait convaincue. Tout le reste est généralement joué avec une fadeur décourageante.

Et franchement, Shicoff, on n'est peut-être pas obligé de s'infliger ça, il vaut mieux encore roupiller avec Almeida. hehe


Pfffffffff je m'escrime à poster des comptes-rendus des représentations avec Duprez et Petipa, et Môsieur le comte de Saint Germain, qui y a pourtant assisté, trouve encore le moyen de grogner Evil or Very Mad
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:18

Et pouf, il en est encore question

le 8 octobre 1844



Citation :
OPERA — La Juive vient de se produire après
une magnifique représentation d'Otello et une non
moins belle de Giselle, dans laquelle figurait
l'élite de la chorégraphie. Mlle Dobré, qui reparais-
sait dans la Juive, par le rôle d'Eudoxie, a été sa-
luée d'applaudissemens unanimes. Celte jeune et
charmante cantatrice; grâce à de louables efforts,
grâce à un talent délicieux, est aujourd'hui en pos-
session de la faveur publique. Menghis, qui travaille
aussi sérieusement, s'est fait remarquer dans le rôle
de Léopold, qui est cependant des plus ingrats, et qui
gagne beaucoup à ne pas être chanté par Octave.
Canapie remplissait celui du Grand-Prévôt, qui
est bien au dessous de son talent. La danse bril-
lait de la présence de Miles Pauline Leroux,
Fleury, Sophie Dumilâtre, Maria; les autres faisaient
nombre.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:20

Morloch a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Pour la discographie, ton machin viennois est quand même assez horrible. Il n'y a guère que la version Guadagno (extrêmement coupée, quasiment à moitié je pense), avec Tucker, qui m'ait convaincue. Tout le reste est généralement joué avec une fadeur décourageante.

Et franchement, Shicoff, on n'est peut-être pas obligé de s'infliger ça, il vaut mieux encore roupiller avec Almeida. hehe


Pfffffffff je m'escrime à poster des comptes-rendus des représentations avec Duprez et Petipa, et Môsieur le comte de Saint Germain, qui y a pourtant assisté, trouve encore le moyen de grogner Evil or Very Mad
Oui, tout à fait, mais chaque réaction en son temps. Cool
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:26

D'ailleurs, le 26 juillet 1838, il en est aussi question (grrrr c'est dans le désordre, ce moteur de recherche de Gallica n'est pas super maniable...)

Citation :
OPÉRA. — L'Opéra est de tous les théâtres de Pa-
ris, celui qui souffre le moins de la chaleur.Vendre-
di, la Muette, et lundi, la Juive, avaient attiré la
foule. Le premier de ces ouvrages n'a pas été exé-
cuté complètement avec l'ensemble désirable. Les
choeurs ont chanté plusieurs fois sans ensemble au
premier acte. Mais Duprez les a rappelés vivement à
la mesure au second et dans tout le reste de l'ouvra-
ge. Comme d'habitude, le public a bissé le fameux
Jaléo, que les soeurs Noblet dansent avec un aban-
don tout espagnol.Pour être juste, il aurait dû aussi
redemander le pas délicieux que danse Nathalie
Fitz-James avec Mabille. Ce pas est dessiné avec un
charme infini et supérieurement exécuté de tous
points. — M"" Annette Lebrun continuait, dans la
Juive, ses débuts par le rôle de Rachel, et elle y a
réussi comme la première fois. Mais nous voudrions
entendre cette chanteuse dans un rôle écrit pour les
belles cordes de sa voix de contr'alto. Alors, seule-
ment, elle paraîtra avec tous ses avantages.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:33

Mais aussi le 27 mars 1846


Citation :
Opéra. — Mlle Préty a débuté, avant hier, dans la
Juive et dans le rôle de Rachel. Cette jeune aspirante
possède quelques notes agréables dans la voix ; mais ce
n'est encore qu'une cantatrice incomplète. Comme tra-
gédienne lyrique, elle laisse tout à désirer. Duprez a
trouvé un execellent moyen de se faire regretter dans
le rôle d'Eléazar, c'est de le laisser chanter par Marié.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:34

Morloch a écrit:
Comme tra-
gédienne lyrique,
La permanence de vocabulaire est pour le moins intéressante. Cool
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:40

Et zou, le 26 février 1843

Citation :
OPÉRA. — La dernière représentation de la
Juive n'a prouvé qu'une seule chose : c'est que
Duprez baisse de jour en jour, et que l'heure de
la retraite sonne pour lui. Mme Nathan-Treillet,
Mlle Dobrée et M. Brémont se sont distingués dans
les rôles de Rachel, d'Eudoxie et du Cardinal. Mlle
Robert, qui débutait par un pas de deux, avec M.
Desplaces, est jeune et jolie. Elle a de la grâce et
de l'agilité. Mais ce n'est, au total, qu'une dan-
seuse de troisième ordre. M. Desplacts est un dan-
seur terre à terre », dans tonte l'acception du mot.


Dernière édition par Morloch le Jeu 23 Avr 2009 - 0:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:42

DavidLeMarrec a écrit:
Morloch a écrit:
Comme tra-
gédienne lyrique,
La permanence de vocabulaire est pour le moins intéressante. Cool

Oui, ces comptes-rendus sont frustrants, on aimerait tant savoir comment c'était vraiment.

Mais je vous vois venir, avec vos lectures orientées... Cool
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:44

Tu auras remarqué toi-même qu'il était question de l'Académie Nationale de Musique. C'est quoi ce truc à ton avis ? cool-blue


Quant à la place des divertissements dans les recensions, c'est tout à fait comparable à ce qui s'écrivait au XVIIIe à propos des contemporaines de Sophie Arnould, et même auparavant.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:48

Et boum ! encore le 12 octobre 1843

(amusant le reste de l'article sur Donizetti qui va révolutionner l'opéra)

Citation :
Duprez, nous en convenons, a .modifié sa métho-
de depuis quelque temps. On lui a tant dit et redit
qu'il criait, qu'il a changé totalement sa manière. Il
ne crie plus, il est vrai ; mais, aussi, on ne l'entend
plus. Récemment, dans La Juive, il a chanté tout le
second acte à mezza-voce. Si Duprez continue à se
transformer de cette manière, il trouvera bien cer-
tainement le moyen de faire les cinq années de son
nouvel engagement. Rubini avait aussi adopté ce sys-
tème pendant les dernières années de son séjour à
Paris. Mais il réservait tous ses moyens pour son der-
nier air. Duprez réserve tout pour les deux
mois de congé qu'il va passer en province.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:52

DavidLeMarrec a écrit:
Tu auras remarqué toi-même qu'il était question de l'Académie Nationale de Musique. C'est quoi ce truc à ton avis ? cool-blue

C'est essentiellement le nom du futur Palais Garnier (et peut-être accessoirement une séquelle de temps révolus...)

Citation :
Quant à la place des divertissements dans les recensions, c'est tout à fait comparable à ce qui s'écrivait au XVIIIe à propos des contemporaines de Sophie Arnould, et même auparavant.

Bah, heureusement que l'Opéra de Vienne (et celui de Paris, d'ailleurs) des années 2000 ont bien compris le manque d'intérêt de ces passages de remplissage... Cool


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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:53

Donc Duprez abandonne l'émission de pure poitrine à la fin de sa carrière... Et ça ne lui est pas passé. Crying or Very sad

(Pour Donizetti, en même temps, les critiques sont écrites par des critiques, hein...)
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 0:54

Morloch a écrit:
DavidLeMarrec a écrit:
Tu auras remarqué toi-même qu'il était question de l'Académie Nationale de Musique. C'est quoi ce truc à ton avis ? cool-blue

C'est essentiellement le nom du futur Palais Garnier (et peut-être accessoirement une séquelle de temps révolus...)

Citation :
Quant à la place des divertissements dans les recensions, c'est tout à fait comparable à ce qui s'écrivait au XVIIIe à propos des contemporaines de Sophie Arnould, et même auparavant.

Bah, heureusement que l'Opéra de Vienne (et celui de Paris, d'ailleurs) des années 2000 ont bien compris le manque d'intérêt de ces passages de remplissage... Cool
Je croyais que tu voulais faire un fil sérieux ! Laughing

Morloch, l'Héautonflooderouménos. hehe
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 1:05

Oui, ce qui frappe, plus que la permanence des traditions de l'Académie Royale de Musique, c'est la continuité entre l'Indépendant - Furet de Paris et Diapason hehe

Une esquisse de débat sur les acteurs / chanteurs dans le numéro du 11 aout 1846

Citation :
Opéra. — Mlle Moisson a débuté avec succès
dans le rôle de Rachel, de la Juive. Sa voix est
éclatante et fortement timbrée; elle lance la note
avec hardiesse et sûreté. Mais son chant manque
de nuance, de charme et de grâce, et l'expres-
sion en est souvent outrée. Mlle Moisson eût ad-
mirablement exécuté l'ancien répertoire de l'O-
péra ; elle aura à compléter ses études pour bril-
ler dans le répertoire moderne. M"" Moisson aura
aussi à se former comme actrice, car l'audace
et l'aplomb ne constituent pas le talent. Mlle Rabi
a continué ses débuts dans le rôle d'Eudoxie.
Cette jeune cantatrice paraît aspirer à remplir
tous les emplois avec une égale médiocrité. C'est
une doublure de Mlle de Roissy.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 1:11

Ce que j'aime surtout, c'est l'art des transitions.

Au moins, dans Diapason, si pas grand monde ne connaît quelque chose à la musique, il y a des gens qui savent écrire.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 1:14

Arf, j'ai peur d'arriver au bout de ce qui est disponible sur Gallica pour cette revue, dommage que le compte rendu de la création ne soit pas disponible Confused

Pour cloturer, un extrait de l'article traitant de l'installation d'une troupe d'Opéra allemand à Paris et de son répertoire le 17 avril 1842

Citation :
Le répertoire que cette troupe va exploiter est
aussi riche que varié. Il se composera surtout du
Mariage de Figaro, de la Flûte enchantée et de
Don Juan, de Mozart; du Freyschutz, d'Eurianthe
et d'Oberon, de Weber; des deux Iphigénies de
Gluck; du Fidelio, de Beethoven. Des ouvrages de
compositeurs contemporains compléteront cette série
déjà si riche de chefs-d'oeuvre. On cite particulière-
ment le Templier et la Juive, Hans Heiling, de
Marchner; le Gîte de Grenade, Libussa, de Conra-
din Kreutzer ; Hans Sachs, le Tzar et le-Menuisier-,
de Lortzing; le Nid d'Aigles, de Glaeser, etc., etc.

Edit : en relisant, je viens de comprendre que le " le Templier et la Juive", c'est un opéra de Marschner de 1829 "Der Templer und die Jüdin" et pas deux opéras : Le Templier et La Juive. Tant pis, j'assume cette bourde de plus...


Youhouuuuuuu !!!! Deux pages sur Halevy, ce sujet est un extraordinaire succès, merci à Senga, Moander et au comte de Saint Germain geek


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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 1:33

DavidLeMarrec a écrit:
Morloch, l'Héautonflooderouménos. hehe

Flood, flood. Et dire que je n'ai même pas encore cité Marcel Proust Evil or Very Mad

Je vais peut-être me limiter un peu quand même, parce que j'imagine qu'on peut en trouver des comptes-rendus de cet opéra lors de son heure de gloire. Dans le programme de l'opéra de Paris du spectacle de 2007 :

Citation d'un critique de 1856 : " Robert le Diable en est aujourd'hui à sa 329è représentation, La Juive à sa 220è. Comme Robert, La Juive est restée au répertoire et y restera toujours. A quoi bon s'apesantir sur un chef d'oeuvre que tout le monde connaît, que tout le monde a vu et reverra ?"


A noter aussi que cet opéra a été joué pour l'inauguration du Palais Garnier en janvier 1875.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 9:05

La critique de La Juive par Berlioz est disponible il me semble, mais je ne sais plus où... je vais chercher!!
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 16:43

En fait, j'en ai retrouvé des passages et cela n'a pas d'intérêt. C'est une parodie de critique où les lieux communs s'enchaînent pour ne pas froisser le public.

Par contre, des correspondances sont plus intéressantes polémiquement parlant. Il parle de "misérable Juive" dont "l'intrigue ne présente pas d'intérêt".

Ce type est vraiment étonnant de conneries parfois!!

On peut critiquer la versification et le poème en lui-même qui n'est pas formidable mais la trame dramatique est tout simplement génial. C'est quoi son problème? Il devait être sacrément frustré comme type...
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 16:56

Berlioz a toujours cultivé sa posture (fantasmatique) de musicien maudit. Ca passe par beaucoup d'aigreur contre tous ceux qui réussissent, et beaucoup d'exagération dans les incompréhensions qu'il a rencontrées.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 17:09

J'ai aussi l'impression qu'il est à fond dans ce qu'il fait et qu'il y croit.

Il croit en une révolution de la musique, des arts, et comme il est une sorte de concentré caricatural de toutes les croyances romantiques, il donne son avis de façon tonitruante.

Faut lui pardonner, il est sincère Very Happy

Bon, on n'a pas le son, mais déjà l'image, c'est mieux que rien...

Cornelie Falcon dans son costume de Rachel :

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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 17:34

Triuuuuuuuuuuumph !!!!!!!!!!!!

J'ai trouvé un compte-rendu des premières !!!!!!!!!!!!

Dans La Romance du 28 février 1835


(Attention, ça spoile à mort...)


Citation :
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.

La Juive, OPÉRA EN CINQ ACTES , PAROLES DE M. SCRIBE , MU-
SIQUE DE M. HALÉVY, DÉCORATIONS DE MM. FILASTRE,
CAMBON, DIETERLÉ, DESPLECHIN , SÉCHAN.

C'est a l'une des époques du moyen âge, les plus fé-
condes en événemens extraordinaires, que M. Scribe a fait
passer l'action de son nouvel ouvrage. Que de guerres
civiles, que de crimes, de cruautés commises au nom
de la religion, au nom de ce que les hommes ont de plus
sacré ! Des armées de fanatiques se ruaient les unes sur les
autres ; on tenait des conciles, on y discutait sur de pué-
riles arguties de théologie, et le sang ruisselait de toutes
parts, et des bûchers étaient incessamment dressés par
des prêtres.

Alors donc que l'on tenait un de ces conciles, en \ 41 4,
je crois, celui de Constance; alors que tout ce que Rome
comptait de puissances ecclésiastiques, l'Empire d'il-
lustres seigneurs; que l'empereur Sigismond lui-même

était dans les murs de cette antique cité, il se passait
d'étranges choses dans la demeure d'un riche bijoutier
juif, nommé Eléazar.

Caché sous le nom de Samuel, d'un simple peintre de
manuscrits, un des plus puissans guerriers de la cour de
Sigismond, Léopold, l'époux de la nièce de l'empereur,
séduit par les charmes de la fille d'Eléazar, de la belle et
' candide Rachel, avait triomphé de ses résistances, de ses
scrupules. Il était devenu son amant; mais le Juif avait
découvert le mystère, et reconnaissant que ses fureurs,
ses refus n'éteindraient pas la passion qui dévorait le coeur
de sa fille, il avait consenti a l'union des amans...

Ce fut alors que la perfidie de Léopold fut connue. Il
refusa l'offre du Juif; il s'avoua chrétien Oh ! quand
elle se vit trahie, déshonorée, sans espoir, la pauvre Ra-
chel, n'écoutant que l'aveugle jalousie, suivit celui dont
elle ignorait encore le nom. Elle pénétra dans son palais,
parvint à se faire admettre parmi les esclaves d'Eudoxie,
et dans une fête brillante donnée pour célébrer les victoires
remportées par Léopold sur les Hussites, en présence de
toute la cour impériale, elle l'accusa d'un crime que les
lois du temps punissaient delà mort. En vain Éléazar vou-
lut la calmer ; il n'y put parvenir... L'amour, la jalou-
sie troublaient également la raison de la jeune Juiye.
— C'est un lâche, un coupable, s'écriait-elle, il a commis
le plus épouvantable de tous les crimes :

Chrétien, il eut commerce avec une maudite,
Une juive, une Israélite.

Et cette juive, sa complice,
Qui comme lui mérite le supplice ,
. C'est moi !

Influence du temps!... A cet aveu, a cette accusa-
tion-, ce fut a qui s'écarterait d'Eleazar, de Rachel, de
ce Léopold victorieux, que l'on applaudissait, que l'on
bénissait tout a l'heure. On les arrêta, on les jeta dans
les fers, on les traduisit devant le concile, et l'on fulmina
contre eux le plus terrible des anathèmes :

De nos temples pour eux que se Terme l'enceinte,
Que de Peau salutaire et de la table sainte
Ils ne puissent plus approcher ;
Que, redoutant leur souffle et leur toucher,
Le chrétien se détourne et s'éloigne avec crainte;
Et, maudits sur la terre et maudits dans les cieux,
Que leurs corps soient enfin, à leur heure dernière,
Laissés, sans sépulture ainsi que sans prière,
Aux injures du ciel qui s'est fermé pour eux!

Devant le concile Rachel, touchée des larmes d'Eu-
doxie, plus généreuse que son amant, déclare qu'elle l'a
calomniée. On exile seulement Léopold ; quant a Rachel,
quant à Éléazar, ils sont condamnés à périr dans une
chaudière d'huile bouillante. L'arrêt s'exécute sur la place
publique de Constance.

Seulement a ce moment suprême, alors qu'il a fait de
vains efforts pour décider Rachel à vivre, à abjurer le
judaïsme pour obtenir sa grâce, alors qu'il la voit morte,
il révèle un affreux secret au cardinal Brogni, le prési-
dent du concile. Avant d'être dans les ordres, ce prêtre
avait été marié. Sa femme, a l'époque du sac de Rome
par les soldats de Ladislas, avait été assassinée; sa fille
perdue. Eh bien! cette fille qu'il pleurait sans cesse,
se trouve être Rachel; Rachel qui vient de périr du plus
affreux supplice, et qu'Eléazar avait recueillie, élevée
pour la consolation de sa vieillesse. En mourant le Juif a
au moins la satisfaction de se venger d'un chrétien , d'un
prêtre, qui pour les siens, pour lui-même, n'avait cessé
d'être un persécuteur implacable.

L'action se trouve résumée dans ce récit : on y a signalé
des longueurs, mais des situations intéressantes dont le
compositeur a tiré bon parti. On a généralement remar-
qué les choeurs; ils sont largement écrits et à effet. A
la fin du deuxième acte, une situation fort dramatique a
excité des applaudissemens universels. Au moment ou
Léopold avoue qu'il est chrétien, refuse l'union à laquelle
Eléazar consent, la colère du Juif, l'indignation de Ra-
chel, amènent un trio vraiment admirable. On a failli le
redemander. Il y a encore de remarquable presque tout le
rôle du Cardinal Brogni, écrit pour Levasseur ; des airs
chantés par Rachel et Éléazar ; tous ceux qui sont compo-
sés pour les divertissemens.

Le rôle de la jeune Juive a valu a Mlle Falcon, qui
compte aujourd'hui parmi nos premières cantatrices, le
succès le plus complet. Elle s'y est doublement distinguée :
actrice, elle y a été surtout dramatique et touchante. La
douleur le désespoir, la résignation, elle a tout exprimé
avec autant de bonheur que de vérité. Adolphe Nourrit
faisait presque un début en jouant le rôle d'Eleazar ; il lui
a été extrêmement favorable : cet artiste a eu sa grande
part dans le succès du trio que nous citions tout a l'heure;
il a su faire valoir également avec talent une scène avec
le cardinal Brogni, et le dénouement.

De justes et légitimes éloges sont dus a M. Halévy :
compositeur français ; il a droit aux encouragemens de la
France, d'autant plus qu'il s'acquitte consciencieusement
de la dette de reconnaissance qu'il a contractée envers
son pays. Elève du Conservatoire, il n'a point oublié
l'éducation qu'on lui avait donnée, et il s'est montré di-
gne de cette institution célèbre. Sa partition offre des
passages de grand mérite ; et, jaloux d'honorables applau-
dissemens,il a déjà répondu a ces avis dont la justesse est
irrécusable, a ceux de la masse, en faisant grand nombre
de suppressions nécessaires, en coupant les passages qui
.avaient produit le moins d'effet. Le succès avait été légi-
timement obtenu le premier jour ; il a été depuis encore
plus complet. M. Halévy nous promet un compositeur
distingué déplus, et dont bien certainement nous aurons
lieu d'être fiers.

Si dans la musique il y a des élémens faits pour exci-
ter vivement l'attention générale, il s'en trouve bien da-
vantage dans ce que l'on appelle au théâtre la mise en
scène. Il est difficile de se faire une idée de la magnifi-
cence de spectacle déployée dans la représentation de la
Juive. L'un des actes, dans lequel on représente un ban-
quet donné à l'empereur Sigismond, rappelle un des des-
sins les plus originaux publiés dans l'Artiste. Ce dîner
est servi par des hérauts' à cheval et en grand costume.
Le cortège de l'empereur Sigismond, au premier acte,
alors que le chef de l'empire est entouré de ses chevaliers
couverts d'armures brillantes, de pages, de valets, d'ar-
chers , du clergé de Constance, est l'un des plus magni-
fiques spectacles que l'on puisse imaginer : il fait honte à
la réalité. Quelle pompe religieuse, dans notre capitale
même, pourrait être comparée à celle de l'Opéra, pour
l'ordre, la décence, la tenue? Chevaux bardés de fer,
soldats revêtus de véritables armures, cardinaux à robes
de pourpre, prêtres avec leurs mitres et leurs étoles,
peuple avec tous ses pittoresques costumes du moyen âge,
tout est vrai, tout est du temps dans ce magnifique ta-
bleau qui l'emporte sur tous les autres, même sur celui
du dénoûment, dont cependant l'effet a été extraor-
dinaire.

Sur la place publique de Constance, devant le portail
de sa cathédrale qui se dessine dans le lointain, un
peuple immense se presse autour de l'instrument du
supplice : les longues files de péuitens, les triples rangs de
soldats, l'imposant silence du clergé qui assiste à cette
horrible cérémonie, et dans une partie du théâtre les
deux condamnés pâles et résignés, cela forme un ensem-
ble grandiose qui vous émeut et vous transporte.

C'est imprudence quelquefois de prédire l'avenir d'un
ouvrage : pourtant il nous paraîtrait bien extraordinaire
que la Juive ne devînt pas pour quelque temps l'ouvrage
a la mode dans la capitale. DOGANÉ CHARLAS.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 17:47

On peut dire qu'ils s'intéressaient au drame à l'époque.

Ça devait être un sacré spectacle à l'époque!!

Ils parlent de coupures faites par Halévy lui-même... y aurait-il deux versions de La Juive?
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 17:52

J'ai l'impression que les compositeurs ajustaient l'œuvre à la demande, là il est question de coupures faites quelques jours après la première : on est le 28 février, la première représentation a lieu le 23.

Sinon, pour aller dans le sens du alien et de Berlioz faux persécuté, on voit que Cornelie Falcon chantait aussi Berlioz la même année (une "romance avec orchestre") :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5434306j.image.r=falcon+halevy.f4.langFR

Il avait donc droit aussi aux "stars" de l'époque pour créer sa musique.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 18:18

Dans cet extrait, on a aussi quelques indications sur la façon dont Nourrit chantait le grand air " Rachel, quand du Seigneur..." et sur la bassesse de Meyerbeer Cool hehe

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5429232z.r=falcon+halevy.f11.langFR

Citation :

Meyerbeer pousse aussi loin que possible le culte et,
il faut le dire, le fanatisme de son art. Dernièrement il
exprimait ses regrets à Nourrit de ce qu'il chantait à mi-
voix, dans la Juive, l'air du quatrième acte :

Rachel, quand du Seigneur
La bonté favorable.

« C'est une innovation que j'aurais voulu introduire
le premier dans la musique d'opéra, disait-il : pourquoi
M. Halévy s'en est-il donc avisé ! » Et il témoignait sa
contrariété avec une naïveté pleine de bonhomie.

Pendant les répétitions de Robert à l'Académie royale
de musique, on montait Zampa à Feydeau. Tout-à-coup
Meyerbeer apprend que l'auteur de Zampa compte in-
troduire un orgue dans les moyens d'orchestre ; aussitôt
l'auteur de Robert monte en cabriolet, va chez tous les
facteurs d'orgues, achète tout ce qu'ils ont en magasin
et tout ce qui pourrait en outre s'y trouver confectionné
avant quatre ou cinq mois ; puis il revient chez lui pai-
sible, content, rassuré, et après avoir dépensé quarante
ou cinquante mille francs.


Ca va faire plaisir au comte de St Germain cat
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 18:20

Morloch a écrit:
Cornelie Falcon dans son costume de Rachel :

C'est d'elle que provient le nom générique de sopranes amples avec grave développé, sortes de mezzo couronnés d'un aigu facile et glorieux. (Comme Elisabeth de Valois chez Verdi.)

Comme pour Martin, en fait.

[Il paraît que c'était pas si extraordinaire que ça en plus. Mr. Green ]
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 18:28

Pour beaucoup travailler sur la presse musicale du XIXème, je peux dire qu'il ne faut jamais prendre pour argent comptant ce qu'on y trouve. En particulier en ce qui concerne les comptes-rendus et les feuilletons : c'est copinage et corruption d'un bout à l'autre ; et ça s'observe aussi au début du XXème. Pour les périodes plus récentes je ne vois pas pourquoi d'un coup de baguette magique ça aurait changé. siffle

Pour les articles de Berlioz il faut chercher dans le journal des débats, ce ne serait pas étonnant qu'il ait assisté à la première et qu'il en est dit le plus grand bien sans se mouiller. Wink
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 18:30

DavidLeMarrec a écrit:
[Il paraît que c'était pas si extraordinaire que ça en plus. ]

Tututut ! Tout le monde insiste sur ses qualités d'actrice.

J'imagine que c'était une sorte de Mireille Delunsch de l'époque Cool

Il y a une autre anecdote à son sujet, elle avait perdu sa voix, un jour, sans raison (et aucun phoniatre ni de psy sous la main...)

Théophile Gautier raconte son récital de retour :

Histoire de l'art dramatique en France

Citation :
Représentation de mademoiselle Falcon.

Vous savezl'histoire de mademoiselle Falcon elle avait perdu.sa voix d'une manière toute mystérieuse; cela était plus merveilleux qu'un conte d'Hoffmann. Comme la Bettina du Sanclus, elle s'était trouvée un jour muette devant son papier à musique; quelque méchant maître de chapelle, au nez violet, à l'œil glauque, l'avait sans doute regardée de travers; du reste, elle parlait parfaitement. Un docleur au moins aussi fantastique que le docteur Wiesecké, ou le signor Tabraccio, avait trouvé moyen de faire chanter la malade en la mettant sous cloche dans une machine pneumatique, et mille autres inventions hétérodoxes. A ce compte-là, les melons qui sont toujours sous cloche seraient les plus excellents chanteurs, et, jusqu'à présent, ils n'ont cependant pas fait preuve de grandes dispositions musicales. Ce problème, qui a occupé pendant deux ans la curiosité parisienne, s'est enfin résolu l'autre soir.

Mademoiselle Falcon avait convié tout Paris à cette expérience
périlleuse. Tout Paris est venu. La salle était pour le moins aussi
émue que la cantatrice. Quand mademoiselle Falcon est entrée en
scène, des tonnerres d'applaudissements ont éclaté. Physique-
ment, elle est aussi belle que jamais. Ce sont toujours les longs yeux passionnément noirs, ta chaude pâleur juive, le bel ovale mélancolique, les cheveux abondants et superbes, le même sourire maladivement tendre, la même ardeur inquiète et nerveuse, c'est bien Cornélie Falcon; sa beauté est sauvée, qu'importe sa voix? Nous qui préférons un beau contour à un beau son, nous étions déjà plus qu'à moitié rassuré; car notre grande peur était qu'elle n'eût maigri,que
ses dents n'eussent perdu de leur blancheur, et ses yeux de leur éclat;
il n'en est rien.

Les applaudissements étaient si vifs et si unanimes, que. la pauvre
femme, émue par tant de témoignages bienveillants, a chancelé, et,
après quelques instants s'est évanouie. Heureusement, les craintes que
cet accident avait soulevées, se sont vite dissipées; la représentation
a continué. Mademoiselle Falcon a joué et chanté les deux rôles de
Rachel et de Valentine avec une puissante supériorité. Dans toute la
scène du second acte de la Juive, elle a été admirable de menace et
d'indignation; toute la colère et tout le désespoir qu'éprouve Rachel
en se croyant méprisée par Léopold, ont été rendus par elle avec une incontestable audace et une grande supériorité. Toute la salle a été
ëlectrisée par la fin du duo des Huguenots. Valentine a été saluée
comme dans ses plus beaux jours. Donc, comme tragédienne, made-
moiselle Falcon n'a rien perdu. Hier, son talent a été, comme il y a
deux ans, ferme et pur, correct et vigoureux.

La cantatrice aussi a toujours cette méthode d'autrefois, que nous
avons tant applaudie; c'est toujours le chant large et posé, le phrasé
élégant et facile, mais la voix nous a semblé un peu terne, le timbre
et l'éclat n'ont pas encore reparu entièrement. L'émotion que made-
moiselle Falcon a éprouvée en se retrouvant dans son théâtre, eii face
de la rampe et du public qu'elle n'avait pas vus depuis longtemps, est
peut-être la seule cause de l'altération vocale que.nous avons re-
marquée quoi qu'il en soit, nous espérons ,qu'avec des soins et des
ménagements,, celte faiblesse disparaîtra.

Mais, pour Dieu! qu'elle ne chante pas, qu'elle se repose, qu'elle
aille en Italie boire cet air si tiède et si bleu, cet air de velours qui
assouplit les gosiers les plus rebelles; qu'elle ait confiance dans sa
jeunesse, son gosier et sa beauté.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 18:31

Morloch a écrit:
Dans cet extrait, on a aussi quelques indications sur la façon dont Nourrit chantait le grand air " Rachel, quand du Seigneur..." et sur la bassesse de Meyerbeer Cool hehe

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5429232z.r=falcon+halevy.f11.langFR

Citation :

Meyerbeer pousse aussi loin que possible le culte et,
il faut le dire, le fanatisme de son art. Dernièrement il
exprimait ses regrets à Nourrit de ce qu'il chantait à mi-
voix, dans la Juive, l'air du quatrième acte :

Rachel, quand du Seigneur
La bonté favorable.

« C'est une innovation que j'aurais voulu introduire
le premier dans la musique d'opéra, disait-il : pourquoi
M. Halévy s'en est-il donc avisé ! » Et il témoignait sa
contrariété avec une naïveté pleine de bonhomie.

Pendant les répétitions de Robert à l'Académie royale
de musique, on montait Zampa à Feydeau. Tout-à-coup
Meyerbeer apprend que l'auteur de Zampa compte in-
troduire un orgue dans les moyens d'orchestre ; aussitôt
l'auteur de Robert monte en cabriolet, va chez tous les
facteurs d'orgues, achète tout ce qu'ils ont en magasin
et tout ce qui pourrait en outre s'y trouver confectionné
avant quatre ou cinq mois ; puis il revient chez lui pai-
sible, content, rassuré, et après avoir dépensé quarante
ou cinquante mille francs.


Ca va faire plaisir au comte de St Germain cat
Normalement, c'est la grâce tutélaire et non la bonté favorable. Il y a eu un changement de leçon, ou une étourderie du critique ?

Sinon, les noms de Nourrit et Duprez reviennent souvent, parce qu'ils étaient les deux grands ténors de l'époque, aux manières aussi opposées que Vanzo et Pavarotti. Duprez a donc "inventé" la couverture de la voix, c'est-à-dire la protection en assombrissant les voyelles, qui permet de monter en voix pleine sans se blesser.
Nourrit, lui, utilisait la voix mixte, et chantait donc tout avec grâce et douceur. On raconte qu'il s'est un peu abîmé en chantant des rôles vaillants comme Arnold. Mais on sait ce qu'il en est des critiques, qui jettent à la poubelle un chanteur dès qu'il n'est plus aussi génialissime qu'il y a six mois.

Pour la petite histoire, à vingt-cinq ans, Sophie Arnould s'entendait dire par les rimailleurs qu'elle était à son automne. hehe Je vous rassure, elle a quand même un peu continué...

A l'époque, le physique était en plus fort important, il y avait dans cette sortie générale un côté cinéma d'aujourd'hui, bien léché, bien moral, toussa.

--

Quant à Meyerbeer, il est bien évident qu'il était très perfectionniste : le temps qu'il mettait pour sortir un drame que tout le monde était prêt à applaudir, et les retouches qu'il faisait pour la scène, en témoignent. Parce qu'on faisait beaucoup de retouches par rapport à l'effet sur scène (et donc également par rapport au public comme tu le supposais).

Il est évident aussi que c'était le compositeur d'opéra le plus novateur de son époque, si on passe sur le bricolo inspiré mais un peu maladroit qu'était Berlioz.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 18:34

Avec un brin de concupiscence aussi. hehe
Théo a écrit:
Mademoiselle Falcon avait convié tout Paris à cette expérience
périlleuse. Tout Paris est venu. La salle était pour le moins aussi
émue que la cantatrice. Quand mademoiselle Falcon est entrée en
scène, des tonnerres d'applaudissements ont éclaté. Physique-
ment, elle est aussi belle que jamais. Ce sont toujours les longs yeux passionnément noirs, ta chaude pâleur juive, le bel ovale mélancolique, les cheveux abondants et superbes, le même sourire maladivement tendre, la même ardeur inquiète et nerveuse, c'est bien Cornélie Falcon; sa beauté est sauvée, qu'importe sa voix? Nous qui préférons un beau contour à un beau son, nous étions déjà plus qu'à moitié rassuré; car notre grande peur était qu'elle n'eût maigri,que
ses dents n'eussent perdu de leur blancheur, et ses yeux de leur éclat;
il n'en est rien.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 19:00

Ophanin a écrit:
Pour beaucoup travailler sur la presse musicale du XIXème, je peux dire qu'il ne faut jamais prendre pour argent comptant ce qu'on y trouve. En particulier en ce qui concerne les comptes-rendus et les feuilletons : c'est copinage et corruption d'un bout à l'autre ; et ça s'observe aussi au début du XXème. Pour les périodes plus récentes je ne vois pas pourquoi d'un coup de baguette magique ça aurait changé. siffle
Corruption, je ne pense pas, mais amateurisme et copinage interpersonnel ou de chapelle, bien sûr.
Le problème étant qu'ils voisinent avec de vrais passionnés rigoureux, donc on ne peut pas les rejeter en bloc, même si le principe de rendre compte en un paragraphe ne peut pas être très enrichissant pour le lecteur.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 22:34

Ophanin a écrit:
Pour les articles de Berlioz il faut chercher dans le journal des débats, ce ne serait pas étonnant qu'il ait assisté à la première et qu'il en est dit le plus grand bien sans se mouiller. Wink


Je trouve l'article du
25 février 1835, deux jours après la création, donc.



Je ne sais pas si JJ est Berlioz mais :

- c'est radotant;
- c'est long;
- ça fait intervenir Shakespeare sans raison;
- l'auteur n'a rien compris à la pièce;
- à la fin, il y a un enthousiasme irrationnel;

toutes caractéristiques qui évoquent irrésistiblement le Totor.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 22:34

Première représentation de la Juive, opéra en cinq actes, paroles de M. Scribe, musique de M. Halévy, décorations de MM. Filastre, Cambon. Séchant, Dietierle, Desplechin et Feuchères.

Nous y reviendrons. Partons-en aujourd'hui comme on parle d'un grand événement quand il est là tout vivant, ou, pour mieux dire, a peine né à peine accompli. Un jeune compositeur de plus, un compositeur français, un grand drame lyrique, toutes les magnificences de l'Opéra réunies ou plutôt entassées à plaisir, voilà le fait lyrique, le fait accompli. Malheureusement avant de parler de la musique de tout opéra de ce monde, il faut parler du poème, et malheureusement encore ce poème est de toute nécessité un poème de M. Scribe. Passons donc par ce poème de M. Scribe comme Mlle Falcon va passer tout à l'heure par l'eau bouillante à nos risques et périls.

La scène se passe au concile de Constance, terrible et sanglante époque. Le meurtre de Jean Huss est encore tout trais, les instruments de tortures sont encore tout saignants; la porte fabuleuse du trou qui lui servait de cachot, ne s'est pas encore refermée, triste époque peur un opéra de M. Scribe. Mais M. Scribe a toutes les hardiesses. Il a placé la scène de son drame à Constance, sans doute parce qu'il avait besoin d'un grand lac dans sa décoration. A quoi tiennent les chefs-d'œuvre de ce bas monde!

La juive de M. Scribe se nomme Rachel. Eleazar est son père Eleazar est taillé tant soit peu sur le Juif de Shakespeare, ce type singulier si énergique du juif en révolte. Eléazar, lui aussi, mangerait volontiers une once de chaire de chrétien, viande et sang. Il était a Rome, riche, et autant honore que peut l'être un juif il a été chassé de Rome par te cardinal de Brogni, ou plutôt par le pape de Brogni, puisque c'est le cardinal lui-même qui doit donner un pape à l'Egtise, sur trois papes qu'elle a déjà. Chasse de Rome, Eleazar est venu s'établir a Constance. Là, il travaille l'or et l'argent, et il prête à usure, comme c'est te droit et la liberté de sa nation. Rachel cependant grandit et devient belle dans la maison d'Eleazar. Quand la scène commence, c'est jour de fête parmi les chrétiens. Eleazar le juif est dans sa boutique ouverte, et il travaille malgrê tout le monde, comme tes trois filles de Minée. Tout à coup la foule chrétienne s'ameute contre la maison du juif; la porte est enfoncée; le juif est tiré vivement sur te seuil de sa maison avec lui on entraîne Rachel, et ta foule leur va faire un triste parti, quand tout a coup un personnage mystérieux accourt au secours du juif et sa fille. D'un geste facilement compris, ce personnage écarte les soldats, qui devront obéir à la fureur du peuple. Ainsi fait le comte Almaviva dans un moment moins dangereux.

Quoiqu'il en soit, le juif et sa fille sont sauvés. Tout à coup, d'un bout de la ville a l'autre, vous voyez paraître, grandir et s'avancer en ordre le plus magnifique cortège. Soldats aux étincelantes armures, enseignes déployées, bannières flottantes, coursiers aux caparaçons magnifiques, tout le moyen âge de fer, d'or et d'argent; les trompettes éclatent, les chevaux hennissent, le peuple à présent est tout au milieu de ces cardinaux rouges, en chapeaux rouges, sons un dais magnifique; oui, voilà bien le cardinal de Brogni. Cette foule, ce cortège, cette fête d'un éclat immense, incroyable, savez-vous ce que c'est? C'est l'entrée de l'empereur Sigismond.

Au second acte, nous sommes dans la maison du juif Eleazar. M. Scribe n'a pas inventé grand' chose au premier acte, il s'est reposé et il a bien fait, sur le savant et habile antiquaire M. Duponchel. Au second acte, M. Scribe n'invente pas grand' chose. En effet, vous retrouvez Eléazar toujours plus furieux contre les chrétiens; Rachel toujours plus tendre et plus douce. Rachel aime le jeune Samuel dont elle est aimée. Samuel, c'est le jeune homme inconnu du premier acte qui éloigne la foule d'un geste et qui commande aux soldats comme ferait l'empereur lui-même. Ce jeune homme d'un bon cœur s'est fait recevoir comme ouvrier bijoutier chez le juif Eléazar. Et il a été si doux (le jeune homme) il a été si triste, que tout-coup la juive l'a aimé, et elle t'a tant aimé, qu'elle lui a tout donné son cœur d'abord, et ils sont heureux d'un véritable bonheur d'opéra-comique, elle et lui, Samuel et Rachel. Cette nuit même Samuel a donné rendez vous à Rachel, quand tout-a-coup revient le juif. Ce brave père s'est douté de quelque intrigue, un peu tard il est vrai; mais enfin mieux vaut tard que jamais. Vous voyez d'ici l'indignation du père. Alors Samuel, sans doute pour apaiser Eléazar, lui déclare qu'il n'est pas juif mais chrétien, vous jugez ta fureur du père. Eleazar porte la main a son poignard; mais sa fille lui arrache des mains l'arme presque fatale. Alors Eleazar se laisse toucher car au fond il est bon père. Non seulement il ne tue pas le chrétien Samuel, mais encore il lui pardonne, mais encore il lui donne la main de sa fille. Rachel à cette nouvelle est au troisième ciel à coté de saint Paul, Rachel la juive ! Mais ô douleur, le chrétien Samuel ne veut pas de cette main que lui accorde le juif et que lui tend Rachel. Quel horrible désespoir pour le père Rachel pleure, Eléazar s'arrache les cheveux et se déchire la poitrine, Samuel se
dérobe par la fuite à ces larmes et à ces cris. •

Acte troisième. C'est au tour de ta princesse Eodoxie. La princesse Eudoxie est une honnête princesse, bonne mère de famille, qui aime beaucoup son époux, le prince Léopold, et qui accomplit parfaitement tous ses devoirs. Ce prince Léopold est un héros, vainqueur des Hussites, héros par la grâce de M. Scribe ! Le prince Leopold est in vert gâlant du quatorzième siècle. Il se bat comme Henri IV et il aime comme lui. Tout lui est bon, même sa femme, la princesse Eudoxie. Mais voyez l'inconstance du sort ! Le vainqueur des Hussites, ce jeune guerrier qui écrase l'hérésie, M est tombe dans un piège d'amour. Je vous vois d'ici vous êtes aussi fin que M. Scribe : vous venez de deviner que le prince Leopold, archi-chrétien, vainqueur d'hérésies, et le Juif Samuel, suborneur de juives, ne font qu'un seul et même corps ! Je ne puis pas vous dissimuler que la chose est ainsi que vous le dites. Oui, le chrétien et le juif se mêlent également dans ce jeune homme; oui, il écrase du pied l'hérétique, et il tend la main à la Juive, il veut bien livrer Jean Huss aux flammes, mais a condition qu'il pressera Rachel sur son cœur. Inconstance du coeur ! Et que va dire cette bonne princesse Eudoxie, quand elle saura à quel excès se porte le vainqueur des Hussites.

J'ai ici à faire deux observations importantes, la décoration du second acte qui est fort belle, représente deux fenêtres. Tout à coup un orage éclate. Aussitôt par une de ces deux fenêtres, vous voyez briller l'éclair, vous voyez descendre l'épais nuage comme dans Chatterton; cependant l'autre fenêtre reste calme et tranquille et du plus beau bleu d'azur couleur de printemps. Ceci est d'un effet désagréable. C'est tout-a-fait et
tout à ta fois, Jean qui pleure et Jean qui rit.

Seconde observation. A ce même second acte, on fait !a cène Samuel ou si vous aimez mieux le prince Leopold, mange sa part de l'agneau pascal et du pain sans levain. M. Scribe, qui entend finesse à tout, indique dans son livret que le prince Leopold jette son pain sans levain sous la table; l'effet de scène peut être fort beau, mais il sent tant soit peu la recherche. Il me semble en effet que te prince Leopold fait par trop le dégoûte. Peut-être aimerait-il mieux manger du pain bien levé mais encore, quand on n'a que du pain sans levain, a la guerre comme à la guerre, cela vaut beaucoup mieux sans doute, que de manger son agneau sans pain.

Et puis cela va bien au prince Leopold de rejeter ce pain de juif sous la table ! Il mange de ta juive sans crime ni remords, et il va faire le dégouté pour un peu de levain de moins. J'ai toujours pensé que la grande exactitude historique était en des grands malheurs de M. Scribe. Revenons au troisième acte. La princesse Eudoxie attend son époux, le vainqueur des Hussites. Elle a préparé un riche festin et une grande fête pour mieux recevoir le vainqueur; elle a même commande pour son époux un riche médaillon au juif Eleazar, le Cardillac de ce temps-la. Tout a coup un écuyer annonce une jeune femme à la princesse. La princesse dit " Faites entrer !". On entre. C'est la juive. Elle a suivi Leopold jusqu'à la porte du palais, elle sait qu'il est entré et et qu'il n'en est pas sorti. Elle a passé la nuit sur ce seuil inonde par ta pluie, à moins peut-être qu'elle n'ait choisi !e côte du ciel qui est reste calme et serein : tout est possible. Donc Rachel vient implorer de ta princesse la permission de la servir. Elle veut être une des esclaves de la maison. Voilà son voeu. La princesse Eudoxie, bonne femme, accorde à Rachel sa demande. Elle ne sait pas, l'honnête princesse, tous tes chagrins qu'elle va se préparer! La scène change. Oh le beau spectacle! Des tentes dressées, des tables chargée! d'or et d'argent, tout te concile invité a ta fête; il n'y manque que l'empereur et les trois papes. La fête commence. Des chevaliers armés de pied en cape et à cheval, apportent les plats et servent de maîtres-d'hôtel. On boit, on chante; les cardinaux font comme tes antres, ma foi! Vivent les conciles. On a calculé le nombre des courtisanes da concile de Constance; le nombre eût été fort satisfaisant pour l'armée même de Sigismond. En effet, voilâ que tout à coup, d'un certain gâteau de Savoie qui se trouve au milieu de la place, vous voyez sortir un troupeau. de jeunes femmes qui dansent à faire tourner ta tête au plus féroce inqisiteur. Ces dames se livrent a leurs poses tes plus douces les plus orthodoxes. Le sacre collège, qui boit et qui mange, a l'air aussi charmé que les plus vieux militaires; le ballet est charmant et bien danse; pas le plus petit danseur ne s'est introduit dans cette brillante mêlée. Le concile de Constance était ma foi un agréable connaisseur qui n'eût pas entendu plaisanterie. Comme il eut aimé Mlle Taglioni? Comme il lui eût pardonnê, à elle, ses innocens sortitëges et sa vie dans l'air, et toute cette magie que le concile tût admirée sans la comprendre. Malheureusement on ne lui a pas donné Mlle Taglioni, on lui en a donne la monnaie brillante et parée, Mlle Noblet, Pauline Leroux, Alexis Dupont, Bénard, Forster, Duvernay, et Mlle Fitz-James qui,a daigné un peu engraisser par égard pour le cardinal de Brogni, et que cet embonpoint rend encore plus légère.

Quand les fêtes ont cessé, quand les danseuses sont rentrées dans le gâteau de Savoie qui les avait vomies (pardon de l'expression), les cardinaux et les autres convives, fatigués d'être assis si long-temps, se lèvent de table, et le verre en main, les voilâ qui cherchent Dieu sait quoi! Peut-être le gâteau de Savoie qui n'est pas loin. En même temps ces messieurs chantent à boire ! Les esclaves arrivent et versent à boire aux convives. Au nombre de ces esclaves est Rachel. Elle aussi elle tient a la maie sa riche aiguière pleine de vin de Constance. Que devient Rachel quand elle reconnait dans le prince Léopold, son juif chrétien Samuel ? Et que devient le prince, vainqueur des Hussites, quand il voit Rachel qui vient pour remplir sa coupe? Ils pâlissent tous les deux, elle et lui. Mais elle, la juive indignée, elle qui voit son amant juif, catholique apostolique et marié, elle le dénonce à haute voix au concile. Il a eu commerce avec une juive, et cette juive, c'est moi! Il mérite la mort nous méritons la mort. A quoi les convives, qui n'oublient jamais les intérêts de la religion, répètent en chœur A mort le chrétine et la Juive. Qui aurait cru cela de ces honnêtes cardinaux qui ont si bien bu, si bien mangé, si bien chanté et regardé avec tant de plaisir les poses, les formes et les grâces de Mlles Bénard, Forster, Fitz-James, Noblet, Alexis Dupont et Duvernay?


Dernière édition par Morloch le Jeu 23 Avr 2009 - 22:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 22:35

Au quatrième acte, M. Scribe n'est pas fatigué il prodigue encore tant que veut le musicien, les duos, trios, quatuors et chœurs. C'est une fontaine a motifs plus ou moins poétiques; le motif s'en va et coule jusqu'à ce que le musicien dise Assez ! et tourne le robinet du poète. Si donc il y a un peu trop de musique dans la belle partition de M. Halevy, il faut s'en prendre un peu au poète qui n'a guère mis du sien, ou plutôt qui a mis trop du sien dans cette affaire. Donc au quatrième acte la juive est en prison, non pas dans le trou de Jean Huss, cette tombe anticipée qu'on voit encore avec terreur, mais dans une belle et grande salle voûtée, meublée avec toute, la richesse du moyen-âge. C'est dans cette salle que nous voyons le plus étrange, le plus inoui, le plus incroyable spectacle : un cardinal de 1400 à genoux au pied d'un juif! Un juif et un cardinal qui se parlent familièrement comme M. Scribe parle à M. Bayard. Un juif qui repousse en le tutoyant un cardinal ! Il est vrai que le cardinal est dans une position tant soit peu extraordinaire ! Il est occupé à demander compte de sa fille au juif Eléazar. A tout prendre, un cardinal de l'Eglise romaine qui demande des nouvelles de sa fille, ne songe guère à ce qu’il fait, ni à ce qu'il dit. Or, à ceci, M. Scribe s'est merveilleusement tenu dans le programme de cette scène, la plus bizarre, la plus étrange, la plus incroyable qui fut jamais.

Ils sont accusés tous les trois, le Juif, Rachel et le prince Léopold mais Rachel, indulgente et bonne jusqu'à la fin, déclare au concile qu'elle a menti; qu'elle a faussement accusé d'adultère le prince Léopold, vainqueur des Hussites. Le concile prend acte de cette déclaration de ta juive; en conséquence, il la condamne a mort, elle et son père; quant au fameux vainqueur des Hussites, il s'en va on ne sait où, et après le troisième acte il n' plus question de ce prince. Vous verrez qu’il aura vécu et sera mort très heureux aux côtes de son épouse légitime, la princesse Eudoxie, qui l'aime tant.

Arrive enfin le cinquième acte. Ce cinquième acte égale et surpasse toute la magnificence du premier acte. L'Opéra n'a jamais été plus complètement et plus magnifiquement l'Opéra. Tout le lac, toute la ville,tout le peuple, tous les soldats, des moines; des femmes, des prêtres,
des cardinaux, et, au milieu de cette immense arène, une vaste chaudière d'eau bouillante destinée à recevoir la victime. Ce spectacle est grand et terrible: cette chaudière est d'un grand effet; mais il faut prendre garde d'affaiblir cet effet en le prolongeant.

Rachel se précipite elle-même avec courage dans la chaudière et alors l'implacable Juif Eléazar dit au cardinal : Voilà ta fille ! Horrible dénouement.

Voilà le poème. La musique est tout-â-fait une grande, une savante, une magnifique partition. C'est l'œuvre d'un homme qui ne sacrifie rien à la foule, qui ne s'arrête pas un instant dans la voie qu'il s'est tracée, qui va gravement et dignement à son but, qui ne flatte personne en chemin, qui ne copie personne. Sans doute il y a bien des longueurs dans ces cinq actes; Sans doute le récitatif s'en va souvent prenant la place du chant, et se confondant avec lui; mais que de grandes qualités remplacent ces défauts-là, mais que de beautés rachètent ces taches légères ! Comme ces chœurs religieux font reconnaître le digne élève de M. Cherubini ! Le quatuor du premier acte commence par une phrase sublime, admirablement chantée par Levasseur: c'est un morceau hors de ligne et des plus remarquables. La supplication de la juive au deuxième acte est une mélodie charmante et originale s'il en fut; le trio d'anathème, qui s'y rattache, est plein de chaleur et de mouvement.

N'oublions pas le beau chœur de buveurs au premier acte, et les couplets de Nourrit, chantés à ravir, et au cinquième acte la joie féroce du peuple; et quels duos! Le duo entre la juive et la princesse, le duo entre le cardinal et le Juif; et les charmants finales; et tant de phrases originales et charmantes et mélancoliques. Mais le moyen de tout entendre à une première audition!

C'est un noble et grand succès pour M Halévy.

Mlle Falcon a chanté comme elle a joué. C'est une jeune âme qui sort par tous tes pores, et qui se fait jour de toutes parts. Qui dirait, à la voir jouer ainsi, à la voir tour-a-tour tendre, passionnée, heureuse, souffrante, résignée, que cette enfant, qui est une grande tragédienne, n'a jamais vu jouer Talma?

Mme Dorus a chante avec talent le rôle ingrat de la princesse Eudoxie. Levasseur a été noble et simple dans son rôle, sa belle voix a produit l’effet accoutumé. Ceux qui doutent que Nourrit soit un bon comédien n'ont quà le voir jouer t le rôel du juif Eléazar. On n'a jamais mis en doute hier moins que jamais, que Nourrit ne soit un grand chanteurr. J. J.
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 22:35

Morloch a écrit:
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 23:06

Que JJ soit Berlioz ou pas, il revient le
9 mars 1835

pour donner son avis plusieurs représentations plus tard, sur la musique.

Citation :
THÉÂTRE DE L'OPÉRA..

̃̃̃La Juive

Heureux l'ouvrage qui soulève des jalousies et des haines! Heureux l'homme qui a des ennemis! Car cet ouvrage qui soulève tant de haines est à coup sûr une œuvre remarquable, car cet homme qui a tant d'ennemis est à coup sûr un homme de cœur. Arrière les succès faciles et sans conteste ! Ce ne sont -pas là des succès. Ce jeune homme avant d'avoir fait son opéra en cinq actes était ami de tout le monde, chacun lui tendait la main, pour lui la critique était douce et facile puis une fois qu'il eut franchi la baie-vive de l'Opéra- Comique pour entrer dans les remparts de l'Opéra, voilà-mon jeune homme traqué de toutes parts. On le sonde, on l'examine, on le tourmente, à peine on l'écoute. On veut qu'il s'explique, tout d'on coup, tout de suite, après le premier coup d'archet. On a donné huit jours à Robert le Diable pour s'expliquer, on a donné six semaines à Robin des Bois pour se faire comprendre, on ne donne pas dix minutes à la Juive, non, pas dix minutes Heureusement le public ne fait pas de musique, le public ne chante pas, le public ne critique pas; le public écoute, il entend, il étudie, il juge, il a plusieurs appels comme toute justice bien faite; or, le public a pris sous sa toute puissante protection la Juive de M. Halevy.

Par une prévision qui ne s'est pas trompée, nous n'avons pas parlé de cette musique les premiers jours. Nous savons trop bien que ce n'est pas là l'affaire d'une soirée. Depuis ce temps, cette grande composition a pris sa place et d'une manière triomphante sur ce grand théâtre. Quand tout on été bien vu et bien admiré les chevaux et les hommes, les décorations et les armures, la chaudière bouillante et les costumes, le public qui n'avait rien de mieux à faire s'est mis à écouter la musique sans plus songer à M. Duponchel qu'à M. Scribe et à M. Desplechain. -Or toutes nos prédilections et toutes.nos prédictions musicales du premier jour se sont confirmées aux représentations suivantes. La romance du premier acte, que chante Lafond, est déjà populaire. Le chœur des buveurs n'est pas encore compris tout-à-fait; mais il me semble qu'il doit finir par triompher. L'air de Levasseur est comme au premier jour, un air admirable. Des cinq actes de cette grande partition, le second acte est toujours le meilleur. Là, ni chevaux, ni clairons, ni soldats, ni trompettes, ni festins, ni supplices, ni poème, rien que la musique. Le musicien a la bride sur le col et il en profite. La romance, Il va venir et le duo Lorsqu'à toi je me suis donnée, et le trio Où courez-vous ? Voilà certainement de quoi remplir un bel acte. Au troisième acte, l'air que chante Mme Dorus ne tient guère à l'action, et aussi n'est-il écoulé qu'avec distraction. La musique qui se chante ou qui se joue durant, la fête n'est pas encore écoutée comme elle devrait l’être, tant la fête occupe encore ! Quant au dernier acte, on a bien fait de couper beaucoup. Au dernier acte, il y a deux actes que le poème est fini au dernier acte, le musicien n'a plus rien à dire; l'héroïne de ce triste roman n'a plus qu'à mourir. C'est une situation qu'il ne fallait pas trop prolonger. On a eu beau nous habituer depuis quatre ans à mille scènes de meurtres d'assassinats et de supplices nous ne sommes pas assez forts encore pour regarder de sang- froid, et pendant longtemps, une immense cuve d'airain pleine, d'eau bouillante dans laquelle les bourreaux catholiques vont précipiter toute vive la juive Rachel, fille légitime d'un cardinal.

Il est tort heureux pour tout le monde, pour vous, pour moi, pour l'Opéra pour le musicien, pour les chanteurs, fort heureux pour tout le monde excepté pour M. Scribe peut-être, que le succès de La Juive se soit déclaré ainsi, er que ce succès dure longtemps.

Car en fait de succès nous ne reconnaissons nous autres, et nous ne reconnaissons comme bons, loyaux et légitimes -que les longs et durables succès.. J. J»
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senga
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 23:43

J’ai cru que c‘était un pastiche rédigé par Morloch ! 'pété de rire'

Mais il n’est jamais question du fond finalement dans ces critiques, seulement de voix.
Je m’étais imaginé que les intégristes de tous bords ( Ruggero, Brogni, Eléazar et le chœur) tenaient sur scène des propos qui auraient appelé une réaction du pouvoir politique et de l’Eglise. L'Eglise catholique vient de perdre son titre de religion d'Etat et elle devrait être soucieuse de l'image qui est donnée d'elle, non? Ni les catho ni les juifs n'ont réagi?

David : je n'ai pas compris le commentaire sur le prosélytisme tolérant du grand opéra français.

Morloch ; je n'ai pas compris l'allusion à Petipa. Elles sont où les chorégraphies de Vienne ? A part se balancer un coup à gauche un coup à droite comme pour le petit blanc vin blanc qu’on boit sous les tonnelles, je n’ai rien vu.
Oui, Almeida, c’est une calamité de lenteur et d'inexpressivité. Quant à Shicoff, au disque, on dirait que ça va dérailler à chaque note (bon, d’accord en live, c’est débraillé aussi) et l’écoute n’est pas agréable. Plus supportable avec Viotti qu’avec Young. Mais au dvd de Vienne ou en live à Bastille, il emporte tout, sans réserves.
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T-A-M de Glédel
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Jeu 23 Avr 2009 - 23:57

senga a écrit:

Mais il n’est jamais question du fond finalement dans ces critiques, seulement de voix.

je n'ai pas compris l'allusion à Petipa. Elles sont où les chorégraphies de Vienne ? A part se balancer un coup à gauche un coup à droite comme pour le petit blanc vin blanc qu’on boit sous les tonnelles, je n’ai rien vu.

Pas question de fond?? Tu as vu la longueur du résumé du drame? De nos jours, ça n'existe plus ça et on nous bassine toujours autant avec les voix!!

Les chorégraphies ont été coupées probablement!!
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Morloch
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Ven 24 Avr 2009 - 0:00

Oui, il y a énormément de coupes dans le DVD de Vienne, tous les ballets ont été sabrés Confused

Petipa, ce n'est pas une allusion, il semble qu'un Petipa ait dansé dans cet opéra si on comprend bien les comptes rendus de 1837, il est possible que ce Petipa soit le père de Marius, Jean Antoine Petipa. Mais cela pourrait être aussi le jeune Marius.

Un spécialiste de la danse aurait-il une idée ?
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Ophanin
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Ven 24 Avr 2009 - 10:45

DavidLeMarrec a écrit:
Ophanin a écrit:
Pour beaucoup travailler sur la presse musicale du XIXème, je peux dire qu'il ne faut jamais prendre pour argent comptant ce qu'on y trouve. En particulier en ce qui concerne les comptes-rendus et les feuilletons : c'est copinage et corruption d'un bout à l'autre ; et ça s'observe aussi au début du XXème. Pour les périodes plus récentes je ne vois pas pourquoi d'un coup de baguette magique ça aurait changé. siffle
Corruption, je ne pense pas, mais amateurisme et copinage interpersonnel ou de chapelle, bien sûr.
Le problème étant qu'ils voisinent avec de vrais passionnés rigoureux, donc on ne peut pas les rejeter en bloc, même si le principe de rendre compte en un paragraphe ne peut pas être très enrichissant pour le lecteur.

Ah oui copinage et conflit de chapelle, c'est toujours le cas.

Par contre si si, corruption il y a. C'est un fait avéré en tout cas pour la Troisième République. Toutes les preuves sont dans le livre de Myriam Chimène, Mécènes et musiciens du salon au concert à Paris sous la Troisième République, Fayard. Mais ça ne m'étonnerait pas qu'on trouve des exemples pour tout le XIXème.

Citation :
toutes caractéristiques qui évoquent irrésistiblement le Totor.

Hey ! Mais c'est pas gentil ! tutut

Ceci dit je doute que ce soit effectivement Berlioz malgré les références de Shakespeare. Je ne reconnaît pas là son style ; toutefois on est pas à l'abri d'un manque d'inspiration de sa part.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Ven 24 Avr 2009 - 11:15

Non, non, ce n'est pas Bébert, J.J. au Journal des Débats, c'est Jules Janin...

C'est vrai qu'il y a des ressemblances. Il aimait beaucoup Berlioz, d'ailleurs !
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Jacques Fromental Halévy - La Juive et le grand opéra   Ven 24 Avr 2009 - 11:26

Citation :
Petipa, ce n'est pas une allusion, il semble qu'un Petipa ait dansé dans cet opéra si on comprend bien les comptes rendus de 1837, il est possible que ce Petipa soit le père de Marius, Jean Antoine Petipa. Mais cela pourrait être aussi le jeune Marius.
Tu as daté ton compte-rendu de 42, ce qui me paraît plus logique.

Pour Petipa, c'est Lucien, le frère aîné. Marius dansait à Nantes à cette époque-là, puis direction la Russie.

Alors que Lucien, après un passage à Bordeaux comme son frère, est dès 39 attaché à l'Opéra. Wink

--

Sinon, Senga, je voulais dire qu'il y avait une exaltation de la tolérance, ou en tout cas une défiance face à l'obscurantisme religieux, qui s'exerce même et prioritairement contre l'Eglise catholique. Ce n'est pas le lieu de conformisme social tout à fait entièrement total qu'on pourrait penser - ou plutôt, le conformisme n'est pas tel qu'on l'imagine. Smile
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