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 [Jazz] Sonny Rollins

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Cello
Chtchello
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MessageSujet: [Jazz] Sonny Rollins   Mar 19 Mai 2009 - 10:44

On a beaucoup parlé de Coltrane - à juste titre - mais il serait dommage d'oublier l'autre grand saxophoniste tenor apparu dans les années 50: Sonny Rollins. Cette introduction renvoie inévitablement à la "rivalité" entre les deux hommes, rivalité qui doit plus à des journalistes en mal de confrontation virile qu'aux intéressés eux-mêmes. Quelques ressemblances superficielles ont facilité ce raccourci: deux personnalités très affirmées, jouant du même instrument, ayant connu le succès au même moment, fait un passage par la case Miles Davis et eu des moments de doute dont ils se sont sortis.

Les parallèles s'arrêtent là. Car Rollins a bien sa voix propre: jeu fougueux et rentre-dedans mais rarement aggressif qui sait faire la place à des moments de douceur feutrée et, surtout, à un humour bourru fort sympathique. Sonorité rauque et chaude. Goût prononcé pour les rythmes des Caraïbes (ses parents sont originaires des îles Vierges), notamment le calypso. Choix de morceaux parfois étonnants comme des rengaines désuettes (Poor Butterfly) ou des chansons comiques (I'm an Old Cowhand). On lui doit aussi quelques standards comme St. Thomas, Oleo et Airegin.

A partir des années 60 et surtout 70, en réaction au free jazz auquel il n'adhérera jamais, il se tourne vers des sonorité plus funk voire rock (il joue sur Tatoo You des Rolling Stones).

A écouter:

Saxophone Colossus.


Tenor Madness et son célèbre duo avec... Coltrane lui-même.


Way Out West à l'inspiration "ouest américain".


Night at the Village Vanguard (Live).


Sonny Rollins Volume 2 (Live), un de mes albums jazz préférés.


The Bridge, l'album du retour après deux ans de silence et de doute (avec Jim Hall à la guitare).


Global Warming de 1998, pour découvrir son style tardif.


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Passage
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MessageSujet: Re: [Jazz] Sonny Rollins   Mar 19 Mai 2009 - 20:59

Merci Cello d'avoir ouvert ce sujet qui manquait de toute évidence - Rollins sera donc éternellement un mal-aimé, même ici! Comme tu l'as dit, la rivalité avec Coltrane était surtout une invention de journalistes, les deux hommes s'appréciaient. L'évolution de Coltrane a tout de même provoqué chez Rollins une remise en question de lui-même qui l'a poussé à se retirer de la carrière au début des années soixante pour travailler son instrument seul dans son coin (en l'occurrence le pont de Williamsburg). On a cru le colosse menacé par les petits jeunes de l'avant-garde, ce qui a valu de la part de Rollins une remise au point face à un journaliste: "Quel petit jeune? Coltrane est plus âgé que moi, c'est moi le petit jeune!" - je rapporte de mémoire, les termes ne sont pas forcément exacts.
Plutôt qu'une rivalité entre avant-garde et modernité hard-bop, c'est plutôt une différence de conception de l'instrument qui fait la spécificité de Rollins: les débuts du ténor en jazz ont été marqués par les différences d'approche entre Lester Young (l'élégance et la fluidité) et Coleman Hawkins (la puissance et le grain). D'une certaine manière c'est Lester Young qu'on entend partout ensuite, partiellement chez Coltrane, puis chez Wayne Shorter, sans parler de tous les musiciens West Coast comme Stan Getz ou Warne Marsh. La conception de l'instrument héritée de Hawkins a périclité dans la modernité, en partie à cause de l'usage des microphones (vers 1945 Don Byas regrettait déjà que plus personne, en club, ne soit fichu de jouer du ténor sans micro): plus besoin d'avoir un son énorme pour passer par-dessus la batterie. Pourtant c'est tout une expression qui a failli disparaître par la même occasion, celle des gros sons de matous mal léchés aux griffes prêtes à sortir, du growl, de la saleté sonore quasi expressionniste ou débonnaire - peut-être cette conception du son est-elle due au départ aux débuts professionnels de Coleman Hawkins au saxophone... basse.
Ce son particulier nous est heureusement encore aujourd'hui rendu par Rollins et par quelques rares souffleurs qui perpétuent cette tradition - James Carter par exemple, avec des fortunes variées, et dans un tout autre style David S.Ware, musicien de free jazz, style que Rollins n'a jamais pratiqué mais qu'il apprécie au point de dire publiquement que le seul ténor qui l'intéresse encore et dont il se sente le père généalogique, c'est Ware.
D'accord avec tous les disques que tu as indiqués, Cello, qui sont des indispensables pour connaître Rollins. J'y ajouterai ce disque:

Sonny meets Hawk, une rencontre au sommet entre Rollins et Hawkins, pas du tout une vaine idée de producteur, la filiation est patente à l'écoute, comme un dialogue entre père et fils, un véritable discours à deux avec parfois des bout de chorus simultanés, deux types peu amènes,mal rasés et généreux, des méchants au cœur d'or.
Edit: on le trouve sur musicMe.
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Cello
Chtchello
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MessageSujet: Re: [Jazz] Sonny Rollins   Mer 20 Mai 2009 - 11:53

J'ai oublié de préciser dans mon premier message un élément important qui montre le côté pionnier de Rollins: il est généralement crédité de l'invention du trio saxophone - basse - batterie, un line-up qui exclut donc les instruments harmoniques (piano et guitare, principalement). C'était totalement inédit à l'époque, je pense.

emmanuel a écrit:
L'évolution de Coltrane a tout de même provoqué chez Rollins une remise en question de lui-même qui l'a poussé à se retirer de la carrière au début des années soixante pour travailler son instrument seul dans son coin (en l'occurrence le pont de Williamsburg).

C'est tellement jazz cette image de Rollins jouant seul sur ce pont la nuit...

Il est assez intéressant de contraster leurs carrières. Coltrane n'a cessé d'évoluer en se jetant dans le chaudron en ébullition du free jazz et de chercher à s'élever avec un mysticisme fait, il faut bien le dire, de bric et de broc. Bref, une transformation perpétuelle, une élévation si on veut, en tout cas un parcours. Rollins, lui, me donne l'impression d'être à chaque fois retombé sur lui-même au terme de ses recherches. Un cercle, quoi. D'abord par son retour sur ses racines caraïbéennes. Ensuite, par son intérêt pour les musiques "pop". En effet, au tout début de sa carrière, il était attiré par le rhythm and blues qui était un peu l'équivalent de la pop actuelle avec ses stars, ses tubes, son hit-parade...

Coltrane est en mutation constante.
Rollins est dans une éternelle redécouverte de lui-même.
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Stanlea
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MessageSujet: Re: [Jazz] Sonny Rollins   Mer 20 Mai 2009 - 16:31

Je voudrais signaler aussi un disque tout à fait à part dans la discographie de Sonny Rollins



Paru en 1966, ce disque réunit la rythmique du quartet de Coltrane (Elvin Jones/Jimmy Garrisson) et sur le morceau titre le trompettiste Freddie Hubbard. Cette année-là, Coltrane s'est éloigné de son fidèle quartette pour aller plus avant dans le cri, le free. Rollins n'a jamais vraiment pu adhérer à cette esthétique (même problématique chez Miles).

Pourtant, tout le monde le considère depuis longtemps comme un géant, mais il semble complètement à côté de son époque, malgré ses immenses capacités. Peut-être n'a-t-il pas su communiquer son esthétique, ses visions, sa façon d'entendre le jazz. Lui-même souffre de ce malentendu et passe souvent par des périodes de doute, comme celle précédent the Bridge, ou celle qui suivra cet East Broadway Run Down.

Disque qui ne fait pas l'unanimité. Certains le considèrent comme un exercice de style parfaitement stérile, malgré la qualité des participants. D'autres comme une singularité musicale, une expérience qui n'a pas très bien tourné mais qui a produit une monstruosité bien attachante.

Il est à peu près certain que cet enregistrement est une idée de producteur, du genre "Coltrane a pété les plombs, voyons ce qu'on peut fair avec Sonny". Le choix des voix saxophone/trompette/basse/batterie correspond à la fois à la composition du premier quartette historique d'Ornette Coleman (l'essor du jazz free), mais aussi à l'habitude de Sonny de jouer sans piano, sans doute pour s'affranchir à peu de frais de contraintes harmoniques, voire même pour ne pas avoir à payer un quatrième musicien (tout à fait plausible dans le contexte de l'époque).

- à suivre -

Et la musique dans tout ça ?

Le morceau titre East Broadway Run Down dure 20min 26s et occupe tout la première face de l'album. Le thème est remarquable de brièveté, un simple riff aux airs de fanfare discordante. Après le bop, certains, comme Miles, ont voulu jouer une musique détachée de la structure thème/solos/thème et ont réduit leur thématique à quelques notes brèves, servant juste à poser le décor, ou alors rendant méconnaissables bien des standards.

Sonny démarre le premier solo, curieusement par des phrasés très typiques de son jeu habituel, comme pour exorciser son cliché calypso. On peut sentir une grande indécision qui se résoud par un étirement des phrases, une suggestion des mélodies qu'il se refuse à jouer.

Il passe assez vite le relais à Freddie Hubbard, immense sideman qui tend ici la main à son patron de session, lui montrant la voie à suivre. Démarrant de façon assez conventionnelle, il s'embarque dans un discours extrêment moderne, au sens de la modernité selon Miles, qui semble hanter ce morceau. Derrière, la section rythmique commence à monter en puissance, Elvin Jones drivant avec son célèbre faux chabada qui déstructure le swing classique en démultipliant les appuis rythmiques.

Solo de basse. Jimmy Garrisson c'est LE bassiste de Coltrane, mais c'est peut-être dans ce morceau qu'il délivre un de ses meilleurs solos, tout en subtilité.

Sonny reprend la parole avec Elvin Jones, puis la basse s'arrête pour laisser dialoguer brièvement la batterie et le saxe, mais ça ne dure pas et .... solo de batterie, un des plus beaux de l'histoire du jazz. Elvin a le temps, il le sait, on l'a pris pour ça, et il s'en donne à coeur joie.

Sur la fin du solo de batterie, la basse prend la pulsation sur un note obstinée, la batterie continuant à meubler l'attente... jusqu'à la reprise du riff initial qui dégénère en duo trompette/saxe sur 2/3 notes, très rythmiquement. La parole revient au saxophone, qui visiblement ne sait plus quoi faire, il émet quelques couinements puis relance le riff et le dialogue avec la trompette, trouvant des accents d'Albert Ayler. Et ça recommence ainsi jusqu'à la fin, sous le pilonnement d'Elvin Jones, a-t-il seulement compris qu'il venait de trouvait ce qu'il cherchait, à savoir une voie possible ? Suit un très beau passage, basse/saxophone où Sonny s'amuse à faire l'oiseau, sans qu'on sache si c'est pour faire mode, ou s'il est sérieux. Puis conclusion, abrupte, le riff initial, une fois, et silence.

J'appellerai ça un ratage somptueux.


Dernière édition par Stanlea le Mer 20 Mai 2009 - 22:08, édité 1 fois
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antrav
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MessageSujet: Re: [Jazz] Sonny Rollins   Mer 20 Mai 2009 - 20:39

Vous pouvez me faire des virements Paypal pour soutenir mon action en faveur de l'écoute des disques de jazz. Par mp Wink
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Cello
Chtchello
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MessageSujet: Re: [Jazz] Sonny Rollins   Lun 25 Mai 2009 - 10:30

Bon, Saxophone Colossus, un album légendaire de Rollins et un des indispensables du jazz tout court. Ca commence mal, tant le programme colle à la perfection au format stéréotypé du genre. On a une composition du leader - enfin, pas tout à fait, on va voir plus bas - (St. Thomas), une ballade (You Don't Know What Love Is), un morceau rapide (Strode Rode), un standard (Moritat) et l'inévitable blues (Blue 7). On pourrait donc s'attendre à une session de routine...

Et pourtant, c'est enthousiasmant du début à la fin. Pas un temps mort ou un moment de flottement. On commence avec St. Thomas, un morceau souvent attribué à Rollins même s'il s'agit, il l'a toujours précisé, d'une chanson traditionnelle que lui chantait sa mère. C'est un calypso au déhanchement délicieux avec un de ces thèmes qu'on siffle encore des jours plus tard. Pas étonnant que ce soit devenu LE standard le plus connu de Rollins. On enchaine avec You Don't Know What Love Is, qui prend ici, des airs de plainte langoureuse. Là encore, je mets au défi l'auditeur de ne pas avoir le thème qui lui tourne en tête bien longtemps après. Strode Rode offre un contraste immédiat. Il s'agit d'une pièce hard-bop rapide et bien musclée avec un thème staccato très distinctif.

La deuxième partie offre deux morceaux plus longs: Moritat, écrit par Weill et Brecht, est plus connu dans le monde du jazz sous le titre Mack the Knife. Il est souvent interprété d'une façon légère mais retrouve ici ses origines sombres et inquiétantes. Blue 7 conclut l'album avec éclat. Les blues font souvent office de remplissage, une bonne grosse grille facile qu'on sort quand l'inspiration vient à manquer. Ce n'est pas le cas ici, la tension ne retombe jamais et le tout donne une impression d'unité assez réussie dans un genre où le risque d'aligner les phrases passe-partout est toujours grand.

Un très, très grand disque.
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Cello
Chtchello
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MessageSujet: Re: [Jazz] Sonny Rollins   Mer 3 Juin 2009 - 14:01

Sonny Rollins: Volume 2

Un des premiers albums de jazz que j'ai connu et, jusqu'à ce jour un de mes préférés.

Rollins s'entoure ici d'une équipe exceptionnelle: J.J. Johnson au trombone, Thelonious Monk et Horace Silver au piano(s), Paul Chambers à la contrebasse et Art Blakey à la batterie, rien que ça. On évite heureusement les rivalités d'égo et les tirages de couverture, tous les participants jouent le jeu du travail d'équipe. Les contrechants saxophone-trombone sont particulièrement réussis.

Alors au programme, on a deux compositions de Rollins (Why Don't I et Wail March), deux de Monk (Misterioso et Reflections) ainsi que deux standards (You Stepped Out of a Dream et Poor Butterfly), c'est bien équilibré. Why Don't I est un morceau rollinsien pur jus au thème enlevé et bégayant (cf. Strode Rode ou The Bridge) qui fait immédiatement décoller les choses. Misterioso est un blues qui porte bien son nom. Le thème saccadé qui rebondit continuellement d'un instrument à l'autre est du Monk typique (lire: bizarre). Les deux derniers titres concluent l'album de façon merveilleusement contrastée: une lecture qui déménage du standard You Stepped out of a Dream et une version toute en tendresse (le son de Rollins... je fonds) d'une magnifique petite bluette (Poor Butterfly).
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BenBen
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MessageSujet: Re: [Jazz] Sonny Rollins   Jeu 16 Juil 2009 - 11:22

Je suis très gêné par le prix des places pour voir Rollins. Il y a 3 ou 4 ans à la Halle aux Grains de Toulouse, 45e sur le côté, 80 euros de face !
Et cet été à Marciac (très bientôt), c'est 38 euros le premier prix (au fond, en gros tu regardes l'écran géant) jusqu'à 60 euros devant. L'acoustique n'est pas toujours très agréable sous ce graaaaaaand chapiteau de 6000 places.
Et vu que Rollins avait dit à la fin des années 70 (à vérifier) qu'il ne jouerait plus jamais en club... Je ne sais pas si je verrais Rollins en concert un jour... à part sur Mezzo !
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darkmagus
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MessageSujet: Re: [Jazz] Sonny Rollins   Ven 10 Oct 2014 - 16:22

Et si on ressortait le sujet Sonny Rollins plus de 5 ans après ? pour dire quoi ? Ben(Ben) Wink que j’ai eu cette chance de le voir sur scène Sonny Rollins, j’ai gardé le programme dans un bouquin, c’était le 22/07/1987 à Salon de Provence, et le billet coûtait 130 Francs (environ 20€ aujourd’hui)… et j’étais placé devant la scène...Tout augmente ma pov’ dame !

Deux jours avant, c’était Miles Davis, places à 145 F et 195 F (30€ quand même  Mr.Red  ), et le 23 Chuck Berry (120 F)…belle époque n’est-il pas ?

Mais bon le but étant de relancer le topic de cet immense saxophoniste, [tous les disques cités plus haut (il n’y en a qu’un que je ne connais pas) sont extraordinaires], j’en rajoute un qui fut un temps tout simplement mon album de jazz préféré :

THE STANDARD SONNY ROLLINS

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