Autour de la musique classique

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 Huées, ovations & co.

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Pison Futé
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MessageSujet: Huées, ovations & co.   Dim 24 Mai 2009 - 23:30

Commençons par un lien... que je trouve assez surprenant... rien de bien particulier, et pourtant...

https://www.youtube.com/watch?v=wtkzkSCoscw

3 minutes d'ovation !
Le chant en lui-même n'est pas très intéressant (personnellement, je connais des "o soave fanciulla" plus enthousiasmantes) mais c'est Corelli et Tebaldi...

Soirée sud américaine :

2.mp3

Bon, continuons par les scandales :

https://www.youtube.com/watch?v=NebGyyiOkXo&feature=channel

01.mp3

Et je précise que ce ne sont que des publics de lyricomanes...
Surprised


Dernière édition par Elvira le Lun 25 Mai 2009 - 14:27, édité 2 fois
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poisson
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 24 Mai 2009 - 23:32

Tu te surpasses
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Pison Futé
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 24 Mai 2009 - 23:33

Je ne prétends pas que ce soit un fil de première importance... Rolling Eyes Alors, ce genre de commentaires... Surprised
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poisson
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 24 Mai 2009 - 23:40

Je reformule: tu fais preuve d'une grande créativité.
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Pison Futé
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 24 Mai 2009 - 23:41

Ah, mes excuses dans ce cas.
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antrav
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 24 Mai 2009 - 23:41

C'est Varese face aux cons du TCE pour Déserts ?
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antrav
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Lun 25 Mai 2009 - 0:17

Oui ? Non ? Smile
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Pison Futé
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Lun 25 Mai 2009 - 13:24

Oui, en 1954. Smile
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Lun 25 Mai 2009 - 14:41

Je vais vous chercher l'ovation à la Scala de del Mo'. Cool
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Morloch
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Lun 25 Mai 2009 - 15:30

En exclu des plus belles videos du tube, les applaudissements du Tristan de novembre à Bastille :

https://www.youtube.com/watch?v=lziHIU02L8s&feature=related
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Morloch
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 7 Juin 2009 - 12:19

et pouf, le Châtelet a posté une video des applaudissements de la dernière de Cyrano, qui ont duré à peu près une demi-heure.

https://www.youtube.com/watch?v=WrQ94f1vv24&feature=related
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 7 Juin 2009 - 12:34

C'est moi, ou ils ont l'air contents ?
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antrav
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 7 Juin 2009 - 12:38

La cocaïne fait des ravages. Shocked
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 7 Juin 2009 - 12:54

Je crois plutôt qu'il s'agit plutôt d'un accès collectif de glottopathie aggravée par des hallucinations prénécrophiliques. pale
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 7 Juin 2009 - 17:00

Et dire que j'y suis allé le 28...j'ai manqué l'Ovation du Siècle... Sad
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Morloch
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 7 Juin 2009 - 17:10

Oui, il semble que le fait que cela se termine vers 19h le dimanche plutôt que vers 23 h en semaine anime les ardeurs des Domingomaniques (un moyen de passer une bonne fin de week end, harceler un pauvre chanteur hehe ).

Enfin, je n'ai vu que cette ovation, j'imagine que cela devait être chaleureux à chaque fois.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 7 Juin 2009 - 17:11

Guillaume a écrit:
Et dire que j'y suis allé le 28...j'ai manqué l'Ovation du Siècle... Sad
Le Siècle ne fait que commençer (c'était pour Chéreau / Boulez, le Record du Siècle Passé), nul doute que lorsque Mireille Delunsch se retirera, ils prévoiront les petits déjeuners pour le public.
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Dim 7 Juin 2009 - 17:47

Tu es mal renseigné : le Record du Siècle Passé, c'était pour Domingo en 1991, à Vienne : Otello - 1h30 d'ovation - 101 rappels. Cool
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 4 Oct 2018 - 13:37

Une question qui me taraude depuis que je vais au concert : avez-vous déjà été témoins de huées ou de sifflets à la fin d'un concert de musique instrumentale (symphonique ou formation de chambre) ?
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 4 Oct 2018 - 13:59

Des huées pendant ou à la fin d'un concert opératique oui mais jamais pour un concert instrumental
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Xavier
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 4 Oct 2018 - 14:52

Je n'ai pas souvenir non plus, je crois que ce genre de comportement est l'apanage des glottophiles, il faut bien le reconnaître. (et peut-être aussi des balletomanes, ceci dit)

A l'opéra on peut avoir des huées pour les chanteurs, pour la mise en scène, pour le chef…
Pour un concert je n'ai jamais vu d'interprète (chef ou musicien) qui se fasse huer.

On sait que ça a existé lors de certaines périodes, sans remonter jusqu'au Sacre du printemps (mais c'était un ballet) ou à Pelléas (mais c'est un opéra), par exemple Boulez et ses amis qui allaient huer la dernière œuvre néo-classique de Stravinsky...
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 4 Oct 2018 - 14:59

C'est une question de culture liée à la musique instrumentale ou c'est tout simplement parce que la majorité du public ne se rend pas vraiment compte de ce qui se passe lors d'une exécution "objectivement" moyenne ou mauvaise (avec par exemple des problèmes de mise en place ou d'intonation) ?
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Xavier
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 4 Oct 2018 - 15:01

Peut-être un peu des deux…
Je pense que pas mal de gens se rendent comptent des imperfections mais n'ont pas l'habitude ni l'envie de huer… en plus il y a l'effet de groupe: à l'opéra "ça se fait", donc tu ne te retrouveras pas seul; au concert tu risques d'être seul et dans ces cas-là tu t'abstiens.
Goujat, oui, mais goujat en groupe. Mr.Red
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 4 Oct 2018 - 15:07

Courage, huons! Laughing
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 4 Oct 2018 - 19:23

Xavier a écrit:
On sait que ça a existé lors de certaines périodes, sans remonter jusqu'au Sacre du printemps (mais c'était un ballet) ou à Pelléas (mais c'est un opéra), par exemple Boulez et ses amis qui allaient huer la dernière œuvre néo-classique de Stravinsky...
Oui, mais ça, c'est assez propre à la création en France pendant toute une époque (en gros, du romantisme, cf. Berlioz, à la «fin des avant-gardes») - il me semble d'ailleurs que c'est un truc qui vaut pour la création en général, et pas spécifiquement la musique (la bataille d'Hernani, les surréalistes qui allaient bordéliser des conférences d'Anatole France...) Et encore, il me semble que ça n'existe plus vraiment et depuis déjà pas mal de temps pour ce qui concerne la musique: en fait, je n'ai jamais entendu une création qui ait déclenché de huées ou de sifflets (aussi bien côté atonal que néotonal) - au pire, c'est des applaudissements peu fournis et assez mous.

Xavier a écrit:
pas mal de gens se rendent comptent des imperfections mais n'ont pas l'habitude ni l'envie de huer
C'est ça. L'idée de le faire ne me viendrait même pas. Je n'applaudis pas fort et pas longtemps, voilà tout. Au pire, si je trouve ce que j'entends vraiment médiocre ou pénible au-delà du supportable, je m'éclipse pendant l'entracte (ça ne m'est arrivé que deux fois dans ma vie.)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 4 Oct 2018 - 22:32

arnaud bellemontagne a écrit:
Une question qui me taraude depuis que je vais au concert : avez-vous déjà été témoins de huées ou de sifflets à la fin d'un concert de musique instrumentale (symphonique ou formation de chambre) ?

Voilà une question bien stimulante !

Non, jamais entendu. Pour de la musique de chambre ou du solo, on voit bien pourquoi, on est souvent près des musiciens, ils sont peu nombreux, il y a quelque chose d'insupportablement violent, et puis la huée est souvent une comparaison, on hue Untel parce qu'il a gâché la grande production où il y a Truc (très bon chef par ailleurs, les pelléassiens savent).



Xavier a écrit:
Je n'ai pas souvenir non plus, je crois que ce genre de comportement est l'apanage des glottophiles, il faut bien le reconnaître. (et peut-être aussi des balletomanes, ceci dit)

Non, pour le ballet, la désapprobation se fait par le silence. On m'a raconté qu'en Russie, lorsqu'une prestation avait déplu, ils étaient capables d'un silence glacial assez spectaculaire.


Citation :
Pour un concert je n'ai jamais vu d'interprète (chef ou musicien) qui se fasse huer.

C'est même souvent l'inverse : si le violoniste se met à jouer faux, il a un petit surcroît d'applaudissements pour l'encourager, pour le consoler. (assez loin de l'hallali des concerts vocaux, en effet, alors même qu'on peut considérer qu'un violoniste aurait pu mieux se préparer, tandis qu'un chanteur peut simplement avoir pris froid !)


Citation :
On sait que ça a existé lors de certaines périodes

Oui, pendant le XIXe, le public interagissait avec les musiciens pendant la musique, et il s'établissait parfois un dialogue durant l'exécution, le chef réprimandant le musicien qui s'était trompé. Surprised Il existe des chroniques assez édifiantes de la Société des Concerts du Conservatoire…


arnaud bellemontagne a écrit:
C'est une question de culture liée à la musique instrumentale ou c'est tout simplement parce que la majorité du public ne se rend pas vraiment compte de ce qui se passe lors d'une exécution "objectivement" moyenne ou mauvaise (avec par exemple des problèmes de mise en place ou d'intonation) ?

Essentiellement une question de culture, effectivement, il y a moins le côté « sportif » qu'on retrouve dans l'opéra. On a rarement les mêmes délires pour du symphonique ; et jamais les mêmes haines, en tout cas aussi explicitement partagées.

Mais tu as raison, ça tient aussi à la nature du répertoire : le corniste qui a pané ne saluera pas seul, et si c'est une clarinette dans une partie intermédiaire, personne ne l'aura entendu ! Alors qu'un contre-ut poussé ou craqué, tout le monde l'entend.

La voix a aussi un côté très direct : tout le monde peut avoir son avis sur la beauté d'un timbre, et une voix laide a quelque chose d'incomparablement plus insupportable qu'un hautbois un peu trop acide. (sans doute parce que ça nous évoque instinctivement des situations de détresse et de souffrance, comme lorsque les grosses dames chantent du Wagner et qu'on voudrait les sauver, ou au moins pouvoir protéger nos oreilles)


Benedictus a écrit:
Oui, mais ça, c'est assez propre à la création en France pendant toute une époque (en gros, du romantisme, cf. Berlioz, à la «fin des avant-gardes») - il me semble d'ailleurs que c'est un truc qui vaut pour la création en général, et pas spécifiquement la musique (la bataille d'Hernani, les surréalistes qui allaient bordéliser des conférences d'Anatole France...) Et encore, il me semble que ça n'existe plus vraiment et depuis déjà pas mal de temps pour ce qui concerne la musique: en fait, je n'ai jamais entendu une création qui ait déclenché de huées ou de sifflets (aussi bien côté atonal que néotonal) - au pire, c'est des applaudissements peu fournis et assez mous.

Pour les créations, même récemment, je crois que ça doit pouvoir se trouver, quelqu'un qui crie « c'est n'importe quoi » ou un truc comme ça, mais c'est devenu de plus en plus rare, oui. Peut-être parce que les créations ne s'imposent plus au répertoire et qu'il n'y a plus l'enjeu d'un rapport de force pour imposer ce qui sera le répertoire des prochaines années. Si un bon accueil de Neuwirth signifiait qu'on lui passe des commandes l'année suivante pour la prochaine série d'opéra (qui pouvait durer des mois), il n'est pas exclus que j'achète un billet juste pour huer !
Aujourd'hui, c'est un bout de dix minutes qu'on joue pour remplir le cahier des charges, et on commence à avoir un peu tout entendu, donc même si le percussionniste fait un solo de tam-tam chinois avec ses fesses nues, ça ne suscitera pas beaucoup d'émotion.


Sinon, important, moi je hue toujours quand il y a un solo d'alto (j'ai une probabilité de 2 sur 3 que ça ait été un peu faux).
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luisa miller
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 4 Oct 2018 - 23:08

Xavier a écrit:
Je n'ai pas souvenir non plus, je crois que ce genre de comportement est l'apanage des glottophiles, il faut bien le reconnaître. (et peut-être aussi des balletomanes, ceci dit)

A l'opéra on peut avoir des huées pour les chanteurs, pour la mise en scène, pour le chef…
Pour un concert je n'ai jamais vu d'interprète (chef ou musicien) qui se fasse huer.

On sait que ça a existé lors de certaines périodes, sans remonter jusqu'au Sacre du printemps (mais c'était un ballet) ou à Pelléas (mais c'est un opéra), par exemple Boulez et ses amis qui allaient huer la dernière œuvre néo-classique de Stravinsky...

Je n'ai pas mis les pieds à un spectacle de ballet (classique pas contemporain) depuis des lustres mais je n'ai pas souvenir d'avoir entendu de huées. Pour la danse contemporaine je n'ai que l'expérience du TAP de Poitiers et je n'ai jamais entendu de huées. Une seule fois le public est parti en masse tellement le spectacle était mauvais.
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Ven 5 Oct 2018 - 9:25

DavidLeMarrec a écrit:


Oui, pendant le XIXe, le public interagissait avec les musiciens pendant la musique, et il s'établissait parfois un dialogue durant l'exécution, le chef réprimandant le musicien qui s'était trompé. Surprised  Il existe des chroniques assez édifiantes de la Société des Concerts du Conservatoire…

Je ne suis pas heureuse ici …
Nous non plus !!!

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Stolzing
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Ven 5 Oct 2018 - 15:47

C'est très rare, mais j'ai entendu quelques huées dans des concerts symphoniques : contre Marriner après le 7e de Beethoven avec l'ASMF, contre V. Jurowski après une 4e de Chosta avec Dresde, contre R. Capuçon après un concerto de Schumann avec Dresde et Harding. J'ai moi-même hué le lamentable Lorenzo Viotti à Salzbourg (la seule nullité du concert ne m'aurait pas conduit à le faire, mais le piston manifeste dont il bénéficie m'a exaspéré). Ca reste très isolé et n'a rien à voir avec les huées d'une partie substantielle de la salle contre les metteurs en scène, ou même les huées plus éparses contre certains chanteurs ou chefs à l'opéra.

Je n'ai jamais entendu de huées dans des concerts de musique de chambre ou de piano. Voir quelqu'un se liquéfier sur scène donne plus envie de l'encourager que de l'injurier, en principe...
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Ven 5 Oct 2018 - 17:20

Stolzing a écrit:
C'est très rare, mais j'ai entendu quelques huées dans des concerts symphoniques : contre Marriner après le 7e de Beethoven avec l'ASMF, contre V. Jurowski après une 4e de Chosta avec Dresde, contre R. Capuçon après un concerto de Schumann avec Dresde et Harding.

Où cela ? Pour quelle raison ? (Je ne vois pas trop comment ces gens peuvent se ridiculiser dans ces répertoires…)

Quant à huer un chef, ça dépend tellement du contexte (nombre de répétitions, bon vouloir de l'orchestre…) qu'il est vraiment compliqué de répartir les responsabilités (sauf bien sûr lorsque c'est Attali et qu'on voit clairement qu'il ne sait pas ce qu'il fait).
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Ven 5 Oct 2018 - 17:23

DavidLeMarrec a écrit:
Quant à huer un chef, ça dépend tellement du contexte (nombre de répétitions, bon vouloir de l'orchestre…) qu'il est vraiment compliqué de répartir les responsabilités (sauf bien sûr lorsque c'est Attali et qu'on voit clairement qu'il ne sait pas ce qu'il fait).

Même si c'est un Currentzis qui massacre Don Carlo à Bastille? Mr.Red

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Stolzing
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Ven 5 Oct 2018 - 17:51

Marriner, c'était il y a longtemps, à Pleyel. Ce n'était pas ridicule du tout, juste léger et sautillant. Je n'avais pas tellement aimé, mais les huées était plus qu'exagérées. Des Klempereriens de stricte obédience, peut-être.
Jurowski c'était au TCE. Aucune idée, incompréhensible.
Pour Capuçon, je sais, le hueur est un copain, qui avait décidé que Capuçon était trop médiatique donc nul. Le concerto avait été assez ennuyeux, ce qui avait déclenché les foudres dudit copain (lequel n'est jamais avare de huées ou de bravos, selon les cas : ce n'est pas un tiède...).
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Ven 5 Oct 2018 - 19:25

Stolzing a écrit:
Jurowski c'était au TCE. Aucune idée, incompréhensible.
Peut-être que pour une (probablement infime) partie des abonnés du TCE, Chosta est encore trop moderniste et discordant?
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Sehnsucht
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mar 9 Oct 2018 - 20:00

Il y a trois ans, concert du Philharmonia dirigé par Salonen au Southbank Centre. Lang Lang qui jouait de façon tarte le K491 a déclenché quelques huées plus ou moins étouffées par les hourras de ses fans. Pour ma part, je me suis simplement abstenu d'applaudir le soliste Mr. Green
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Adalbéron
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mar 9 Oct 2018 - 20:42

À l'opéra, c'est vraiment monnaie courante.

J'ai peu de souvenir aussi désagréables en salle que celui que je garde d'un Trouvère parisien, au cours duquel la soprano qui incarnait le rôle de Leonora, Hui He, a été deux fois huée, à la fin de « Tacea la notte » et « D'amor sull'ali rose ». La pauvre n'avait pas la chance d'être Netrebko, donc ses approximations d'intonation lui ont valu les foudres d'une seule personne hurleuse, mais qui a jeté un froid avec une violence que je n'aurais su me figurer (c'est ainsi que je l'ai vécu en tout cas). Alvarez qui s'époumonait à côté en respirant toutes les trois secondes et en moulinant des bras fut bien applaudi.
S'il fallait huer chaque fois que Netrebko ne chante pas juste...

Enfin, ce sont aux metteurs en scène ou à la mise en scène en elle-même qu'on réserve souvent des beuglements ou des cris d'école maternelle. Je me souviens qu'au début du troisième acte de Carmen par Bieito, par exemple, le soir où j'y étais, une large partie du public s'est mise à siffler, vociférer, parce qu'il y avait un homme nu sur scène qui toréait. Rien qui évoquait une sexualisation du corps, non, juste un homme nu qui toréait/dansait. Il paraît que c'est scandaleux... [Vive le naturisme !]

Et puis une histoire amusante : en début d'année, à la fin d'une représentation d'un spectacle franchement pas bon à l'Opéra Comique, Et in Arcadia ego, le public s'est mis à huer les techniciens qui venaient saluer ; cela m'a mis en colère tout rouge. La dame qui était assise devant moi s'est mise à son tour à hurler à m'en briser les tympans quand sont entrés en scène la metteure en scène et le librettiste. Sur le point de basculer dans une irrémédiable surdité et, élément non des moindres, ne voyant pas trop quel était la fin recherchée par cette dame, autre que d'humilier inutilement les artistes (c'est quand même mieux d'en discuter civilement, non ?), je lui ai demandé d'arrêter de hurler en lui disant que ça n'était pas très respectueux ; elle m'a répondu, le regard furieux, la bouche écumante : « Parce que vous croyez que c'est respectueux ce qu'ils ont fait ??? Vous ne devez pas connaître grand chose au monde de l'opéra, vous !!! », et puis elle est partie. Quand on ne le connaît pas, il s'offre vite à vous, le visage du « monde de l'opéra »...
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mar 9 Oct 2018 - 21:41

En fait, je ne m'étais jamais posé la question en ces termes, mais à lire ce que vient d'écrire Adalbéron, je me demande si, tout à fait inconsciemment, le fait que j'ai toujours eu un peu de mal à me dire «amateur d'opéra» (alors même que j'adore un grand nombre d'opéras) ne pourrait pas venir de cela.

Je veux dire: d'un type de manifestations apparemment spécifiques au «monde de l'opéra», qui me sont assez fondamentalement étrangères - sans forcément entraîner ma réprobation, au demeurant: certes, l'idée de huer ou de siffler ne me viendrait pas, et je ne trouve pas moralement très convenable de le faire; mais même des choses, qui partent de sentiments plus cordiaux et sont monnaie courante dans le «monde de l'opéra», je ne m'imagine tout simplement pas pouvoir les faire: dire «la Verlet» ou «la Leonskaja», appeler des chefs «Paavo» ou «FX», me mettre à applaudir sur la dernière note de la clarinette solo quand le quatuor à cordes est encore en train de jouer (voire applaudir la première entrée de la clarinette solo) dans le Quintette de Brahms...
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Xavier
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mar 9 Oct 2018 - 22:45

Oui oui… c'est un peu à part.

D'aileurs une grande partie de ce public n'écoute jamais de musique de chambre ou de symphonique, ni même de lied ou de mélodie… rien d'autre que de l'opéra. (et souvent, rien d'autre qu'une période assez restreinte finalement)
Du coup c'est un truc un peu fermé sur lui-même.
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mar 9 Oct 2018 - 23:02

Par définition, il y a une incarnation unique à l'opéra qui explique aussi cela. On vient voir des personnages souffrir, aimer et mourir. Et des corps sur scène. Ca n'est pas être "simplement" mélomane.
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mar 9 Oct 2018 - 23:11

Oui mais la façon dont tu le dis sous-entend que c'est plus qu'être mélomane…
Quand on vient à se préoccuper uniquement du chant et de la mise en scène, ou ne jamais écouter de musique "pure", c'est aussi être un peu moins mélomane, ou en tout cas se limiter à un genre très précis, certes très riche, mais qui n'est qu'un genre parmi d'autres, alors que pratiquement tous les compositeurs ont écris dans des genres différents.
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mer 10 Oct 2018 - 8:41

Non, ce que je veux dire c'est qu'en plus d'être mélomane (je ne sais pas si c'est plus ou moins que les autres), l'amateur d'opéra est autre chose, un amateur de théâtre pour dire les choses simplement. Il faudrait, je crois, se poser la question des huées et des ovations pour les autres spectacles vivants (qui admettent plus facilement, je pense, la proximité dont parle Bénédictus, et cette affectivité à fleur de peau).
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mer 10 Oct 2018 - 9:00

Francesco a écrit:
l'amateur d'opéra est autre chose, un amateur de théâtre pour dire les choses simplement.

Et peut-être même de cirque ou de grande illusion (pour ne pas dire de Grand-Guignol). Il attend, il espère l'épate, la voltige ; si ce n'est la chute.
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Francesco
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mer 10 Oct 2018 - 10:02

Oui, c'est certain.

A ça, on peut ajouter l'importance du modèle italien (repris à l'identique dans une ville comme Marseille, je crois) à l'opéra. Ce modèle qui se retrouve aussi pour les articles hypocoristiques auxquels se refuseraient les "purs" mélomanes. On disait la Duse, pas la Bernhardt, comme on dit encore la Magnani ou la Lollo, pas la Morgan ou la Darrieux.
Le culte de la diva et du divo ne se cantonne pas pour eux au domaine de l'opéra, en fait.
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mer 10 Oct 2018 - 11:46

Et avec quelle versatilité, parfois. Anecdote de circonstance : après un concert de Caballe à Genève, j'attends dans un froid coupant la sortie de la diva. Une fan (mais une vraie ! du moins elle le dit) patiente également ; ou plutôt, elle s'impatiente. Caballe sort, extrêmement discrète, parfaitement banale et presque ratatinée sous le poids de son lourd, lourd manteau de fourrure. elle tente de s'éclipser et, frappé par sa discrétion, presque sa gêne, je n'ose pas m'avancer. La fan, en revanche, ne se prive pas de partir à l'assaut. La fille de Caballe l'éconduit gentiment et la chanteuse, même, s'excuse avec un sourire assez pitoyable ; elle est éprouvée par le concert (on est en 2009), c'est sensible et dans tous les sens du terme d'ailleurs. L'adoratrice se mue en furie excipant d'une espèce de droit sur la chanteuse, billet tendu, écumante. J'en garde un souvenir extrêmement déplaisant.
(Comme cette autre fois où, attendant Schnaut, Schwarz et Salminen à la sortie d'un Tristan niçois dirigé par Haider, j'ai été particulièrement frappé de voir les quelques personnes présentes se ruer sur Gruberova, qui accompagnait son mari, laissant esseulés les artistes qui, eux, avaient chanté au cours de la représentation pale !)
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mer 10 Oct 2018 - 12:14

Certains fans sont absolument insupportables pour ça. C'est vrai pour nombres d'artistes, Alagna aussi par exemple dont les courtisans, devenus très discrets depuis deux ou trois ans, ont souvent eu une attitude très déplaisante. Cette anecdote est assez navrante d'autant que Caballé était à l'extrême fin de sa carrière
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mer 10 Oct 2018 - 20:42

La gloire va à la gloire. C'est vrai pour le chant lyrique comme pour les chefs, pianistes, auteurs de BDs et facteurs de cerfs-volants. Indépendamment de la qualité comparative. (Quand je vois les délires qui ont accompagné les apparitions, certes très bonnes, des grandes vedettes du chant / du piano / de la baguette, par rapport à des choses encore plus extraordinaire de la part d'inconnus, chaleureusement applaudies, mais sans la même démesure, il y a là quelque chose qui tient à la nature du public qui se déplace sur un spectre plus large et un profil différent, pas forcément spécifique au chant. )


Xavier a écrit:
Oui mais la façon dont tu le dis sous-entend que c'est plus qu'être mélomane…
Quand on vient à se préoccuper uniquement du chant et de la mise en scène, ou ne jamais écouter de musique "pure", c'est aussi être un peu moins mélomane, ou en tout cas se limiter à un genre très précis, certes très riche, mais qui n'est qu'un genre parmi d'autres, alors que pratiquement tous les compositeurs ont écris dans des genres différents.

Ce sont des perspectives d'approche très différentes. Pour certains, on écoute avant tout des voix (et cela les conduit donc, selon ce que font leurs chouchous, de Verdi à Wagner, voire à Berg), pour d'autres avant tout des œuvres ; et d'autres se déplacent même plus volontiers pour des metteurs en scène ! Bref, toutes les approches sont possibles, dont certaines ne sont pas à proprement parler de la mélomanie, mais cela ne veut pas dire que ce ne soient pas des passionnés sincères du genre opéra pour autant !

Forcément, sur un forum de musique classique, ça nous paraît un peu déviant, voire tristement simplet, mais je t'assure que lorsque je dis à mes voisines de ballet que je suis venu à cause de l'œuvre (première surprise) et pour entendre la musique, c'est la stupéfaction. Comment peut-on être persan ? La musique n'est-elle pas simplement une commodité ? Pourquoi se déplacer au théâtre si ce n'est pas pour voir les exploits / le raffinement des danseurs ?
Et je t'assure que la moue dubitative que tu as sur les glottophiles qui viennent dans Wagner pour écouter de beaux timbres éclater dans les Wälse ! ou Ewig war ich, les ballettistes l'auraient sur toi si tu disais venir voir le Sacre à Garnier pour entendre la musique.


Francesco a écrit:
l'amateur d'opéra est autre chose, un amateur de théâtre

La plupart du temps, ce n'est pas le cas, c'est même plutôt l'inverse. Pour fréquenter les deux genres de spectacles, ce n'est pas du tout le même public (et les deux se comprennent assez peu, attentes aussi divergentes qu'il est possible !). Le public de théâtre aime en général être surpris là où le public d'opéra attend un respect scrupuleux de la partition et des vocalités, le premier n'est pas très sensible à la rigueur d'exécution tant que l'idée est forte, le second pas très touché par l'intention tant que la réalisation n'est pas spectaculaire (il faut dire qu'en musique, rater une note n'est pas du tout équivalent à bafouiller sur un mot).

Ce public existe, bien sûr, mais la majorité sont des passionnés 1) de voix 2) de musique, et en dernier lieu de théâtre (bien plus à Paris qu'en province, où ce ratio est quasiment égal à rien du tout, ne serait-ce que parce que l'offre ne permet pas à ce public de se montrer !).
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mer 10 Oct 2018 - 20:49

Non, ce que je veux dire, ça n'est pas qu'on retrouve le même public dans les deux espaces (franchement, je n'en sais rien), mais plutôt que l'amateur d'opéra ne vient pas "uniquement" pour la musique. Enfin, ça n'est pas important pour éclaircir la discussion.
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Mer 10 Oct 2018 - 22:12

Francesco a écrit:
A ça, on peut ajouter l'importance du modèle italien (repris à l'identique dans une ville comme Marseille, je crois) à l'opéra. Ce modèle qui se retrouve aussi pour les articles hypocoristiques auxquels se refuseraient les "purs" mélomanes. On disait la Duse, pas la Bernhardt, comme on dit encore la Magnani ou la Lollo, pas la Morgan ou la Darrieux.
Le culte de la diva et du divo ne se cantonne pas pour eux au domaine de l'opéra, en fait.
Ah oui, c'est bien vu, cette question de l'italianisme, je n'y avais pas pensé. Mais du coup, s'y refuser, c'est peut-être plus un signe de «francité» que de purisme mélomaniaque: si cette pratique m'a toujours gêné, c'est, je crois, parce que, dans l'usage français, justement, ces articles devant le patronyme d'une femme ne sont pas tellement hypocoristiques, bien au contraire - ça connote facilement ou bien favorite / grande cocotte / semi-mondaine ou alors franchement poissarde.
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 11 Oct 2018 - 1:34

DavidLeMarrec a écrit:

Xavier a écrit:
Oui mais la façon dont tu le dis sous-entend que c'est plus qu'être mélomane…
Quand on vient à se préoccuper uniquement du chant et de la mise en scène, ou ne jamais écouter de musique "pure", c'est aussi être un peu moins mélomane, ou en tout cas se limiter à un genre très précis, certes très riche, mais qui n'est qu'un genre parmi d'autres, alors que pratiquement tous les compositeurs ont écris dans des genres différents.

Ce sont des perspectives d'approche très différentes. Pour certains, on écoute avant tout des voix (et cela les conduit donc, selon ce que font leurs chouchous, de Verdi à Wagner, voire à Berg), pour d'autres avant tout des œuvres ; et d'autres se déplacent même plus volontiers pour des metteurs en scène !  Bref, toutes les approches sont possibles, dont certaines ne sont pas à proprement parler de la mélomanie, mais cela ne veut pas dire que ce ne soient pas des passionnés sincères du genre opéra pour autant !

Forcément, sur un forum de musique classique, ça nous paraît un peu déviant, voire tristement simplet, mais je t'assure que lorsque je dis à mes voisines de ballet que je suis venu à cause de l'œuvre (première surprise) et pour entendre la musique, c'est la stupéfaction. Comment peut-on être persan ?  La musique n'est-elle pas simplement une commodité ?  Pourquoi se déplacer au théâtre si ce n'est pas pour voir les exploits / le raffinement des danseurs ?
Et je t'assure que la moue dubitative que tu as sur les glottophiles qui viennent dans Wagner pour écouter de beaux timbres éclater dans les Wälse ! ou Ewig war ich, les ballettistes l'auraient sur toi si tu disais venir voir le Sacre à Garnier pour entendre la musique.

Mais j'en suis bien conscient!
Et on a bien le droit d'aimer ce que l'on veut et d'avoir ses priorités.
Je sais bien que pour ma part, c'est la musique avant tout qui m'intéresse, même si ça m'amène aussi à l'opéra et au ballet, et c'est là que pour moi le mot "mélomane" prend tout son sens.
Quand on vient écouter et voir des chanteurs et uniquement cela, ou voir des danseurs et uniquement cela, pour moi c'est autre chose, si on ignore ou presque la musique, si on ne s'intéresse pas aux œuvres elles-mêmes et à l'ensemble de ce qu'elles contiennent (donc si c'est de l'opéra, pas seulement le chant et le texte mais aussi l'harmonie, le rythme, l'orchestration, la forme…), j'ai du mal à y voir une réelle parenté avec une attitude de "mélomane".

Et pour ton dernier exemple: si je vais voir un ballet de Ravel, Stravinsky ou Prokofiev, c'est pour la musique ET la danse, je ne vais pas ignorer le ballet, sinon je vais à la Philharmonie. Je prends le spectacle dans son entier et les interactions entre tous les modes d'expression qui sont présents.
Mais aller à l'opéra ou à récital entendre tel chanteur dans une œuvre qu'on n'aime pas, ou aller un ballet en parlant ou en applaudissant sur la musique, ça me dépasse, en effet.
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Benedictus
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 11 Oct 2018 - 1:39

Il me semble que Michel Leiris, grand amateur d'opéra, allait jusqu'à la comparaison avec la tauromachie.
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Cololi
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MessageSujet: Re: Huées, ovations & co.   Jeu 11 Oct 2018 - 8:09

D'ailleurs … les amateurs de ballet se foutent tellement de la musique … qu'à Bordeaux … au lieu de faire découvrir tout le répertoire du ballet … ils ressortent toujours les 2/3 même classiques … et après d'autres trucs … qui n'ont rien à voir avec le classique ...

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