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 Britten : War Requiem

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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Mer 12 Mar 2014 - 0:54

J'étais persuadé que ça n'existait pas, que c'était perdu ou dans un état non publiable... quand même une grande nouvelle de disposer de la création, même si on se doute bien qu'avec davantage d'habitude, les musiciens ont fait mieux depuis. Surprised

Dans le genre soirée intense, Giulini est remarquable, même si on trouve mieux pour le plateau.

Sinon, il est question juste au-dessus de Jansons que j'ai écouté il y a quelques mois. J'ai été assez gêné par l'accent de Gerhaher, qui n'a pas le charme bizarre de DFD, mais sent carrément son teuton. Certes, c'était le projet de départ, mais ça manque un peu de grâce – alors que j'aime bien Goerne selon les soirs là-dedans, avec son côté grand benêt poétique.

Sinon, c'est une lecture extrêmement hédoniste (tout l'inverse de la sobriété intense de Britten ou Pappano, justement), qui m'a paru un peu étrange par rapport à ce que réclame l'œuvre. Mais c'est beau, incontestablement.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Mer 12 Mar 2014 - 9:44

adriaticoboy a écrit:
Même si je ne connais pas cet enregistrement, moi je dis plutôt un grand bravo à Testament, car s'ils avaient tenté de réduire ce souffle, on aurait à coup sûr perdu l'acoustique de la cathédrale...

Enfin je pense qu'il y a quand même des moyens technologiques maintenant pour effectuer une petit filtre. Parce que là, en gros par moment tu as autant de souffle que de musique.
Et vu que le souffle est très régulier, même sans le supprimer, il devait être possible en travaillant de manière très fine à juste le réduire un peu sans pour autant détériorer l'acoustique.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Mer 12 Mar 2014 - 11:00

Polyeucte a écrit:
adriaticoboy a écrit:
Même si je ne connais pas cet enregistrement, moi je dis plutôt un grand bravo à Testament, car s'ils avaient tenté de réduire ce souffle, on aurait à coup sûr perdu l'acoustique de la cathédrale...

Enfin je pense qu'il y a quand même des moyens technologiques maintenant pour effectuer une petit filtre. Parce que là, en gros par moment tu as autant de souffle que de musique.
Et vu que le souffle est très régulier, même sans le supprimer, il devait être possible en travaillant de manière très fine à juste le réduire un peu sans pour autant détériorer l'acoustique.
Tu pourrais attendre ça s'ils vendaient leurs disques à prix d'or, mais pour un label discount...

Qu'est-ce que j'ai dit encore ?
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Mer 12 Mar 2014 - 11:18

DavidLeMarrec a écrit:
Tu pourrais attendre ça s'ils vendaient leurs disques à prix d'or, mais pour un label discount...

Qu'est-ce que j'ai dit encore ?

Voilà... Testament, c'est loin d'être un label bon marché... Confused
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Ven 20 Nov 2015 - 12:58

Parsifal a écrit:
War Requiem, Benjamin Britten
par Britten et le LSO

j'avais entendu cette œuvre avec Gardiner et l'avait trouvé un peu ennuyeuse, ici c'est bien plus beau et j'en entend enfin toutes la grandeur!

[...]

J'ai en tout cas bien plus ressenti la tension dramatique avec la direction de Britten qu'avec celle de Gardiner ou j'avais un sentiment de surplace.

Ben oui mais voilà : on retrouve les créateurs (même si Vishnevskaya n'a pas participé à la création, les autorités ayant refusé qu'elle aille chanter une telle oeuvre avec un allemand et un anglais!) pour qui ont été fait les rôles. Par exemple pour la soprano, le latin vient du fait qu'elle n'avait jamais chanté en anglais et donc Britten lui a confectionné une partition spécialement pour elle.

Je ne sais pas si tu as écouté, mais dans la dernière ré-édition, on a justement des commentaires de la session d'enregistrement où on entend les différents artistes discuter de certaines prises. C'est passionnant! Very Happy
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Sam 19 Déc 2015 - 20:46

Je ne connais pas cette oeuvre. J'ai souvent eu une certaine difficulté d'adaptation avec Britten dans le passé. Je viens de commander le War Requiem (4 versions, de 4 horizons historiques et musico-culturels différents) et me ferai une idée lorsque la chose aura été absorbée et digérée.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Sam 19 Déc 2015 - 21:49

Lesquelles ? Évite Gardiner et McCreesh pour commencer (et même après…), versions très pâles, vraiment difficile d'entrer dans l'œuvre par là. Pour le reste, quasiment que des grandes versions de toute façon.
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LeKap
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 20 Déc 2015 - 13:04

T'inquiètes pas David
Pour André ce sera sûrement Ozawa pour les autres version version mon pronostic serait, je pense dans son cas Jansons, Britten et .... Kegel ou Rattle

Very Happy

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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 20 Déc 2015 - 15:16

Hickox, Giulini, Britten (Decca) et Rattle. J'aurais pris Kegel aussi, mais c'est un peu cher.
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LeKap
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 20 Déc 2015 - 15:36

Bonjour André

Ah oui j'avais oublié Hickox , je l'ai c'est très très bon en plus couplé avec avec une Sinfonia da requiem SUPERBE- maître choix
Par contre pour Ozawa tu m'étonnes, à moins que tu aies acheté le gros coffret Philips

Giulini c'est un BBC legends je pense ?



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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 20 Déc 2015 - 20:01

L'Ozawa est-il de publication récente ? J'avais à peu près écouté toutes les versions il y a une dizaine d'années, et ça ne m'évoque rien.

André a écrit:
Hickox, Giulini, Britten (Decca) et Rattle. J'aurais pris Kegel aussi, mais c'est un peu cher.

Ah oui, vraiment un excellent choix… Britten est sobre, droit au but, ses voix bizarres font mouche – ce n'est pas forcément la version que j'aime le plus, mais elle fonctionne tellement bien que c'est celle que j'ai le plus écouté. Récemment, j'ai plutôt eu tendance à réécouter Pappano (plutôt la bande avec Brewer que le CD avec Netrebko, mais c'est orchestralement relativement équivalent).

Je suis tout sauf un inconditionnel de Giulini (la plupart du temps, je ferais bonne figure dans ses cercles de détracteurs…), mais comme pour ses Falstaff, je crois qu'on n'a pas fait mieux, au moins orchestralement, que son War Requiem (effectivement, LeKap, BBC Legends). Chœurs écossais magnifiques, fluide orchestral permanent dans une œuvre défragmentée, aucune lourdeur, je n'ai jamais entendu Giulini aussi élégant et transparent !
Quel dommage qu'il n'ai pas gravé (ni joué ?) les opéras…

Rattle et Hickox, distributions parfaites dans un anglais superbe, et belles atmosphères – ce sont les deux plus proches (un brin plus lyrique pour Rattle et plus sobre pour Hickox).
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bAlexb
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 20 Déc 2015 - 20:38

Il y aussi cette version très âpre (spontanément, je pense au Janacek de la Messe) par Kubelik à Munich en 76 : Gwyneth Jones, Pears & Shirley-Quirk aux voix. Une version "de décombres", je dirais ; qui ne porte pas tellement de lumière, pas tellement d'espoir ; qui est une manière de dire (mais Kubelik...) que rien n'est acquis, que quelque chose continue à se passer qui sourd et dont les méandres se lisent sous les "peaux" vocales (je ne vois pas tellement comme qualifier ça autrement). L'élan même n'est pas freiné, le mouvement pas arrêté mais il "tend" dans le sens premier : c'est une tension.
Ce n'est sans doute une version ni consensuelle, ni véritablement recommandable ; et elle n'est, de toute façon, pas distribuée de manière régulière...
... Mais j'aurais aimé avoir ton avis ; si tu en as un (mais j'ai la faiblesse de croire que, par principe, tu l'auras entendu comme à peu près tout et que, partant, tu auras aussi un avis Wink !).
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 20 Déc 2015 - 20:58

Non, désolé, je ne l'ai pas écoutée (et, effectivement, je l'aurais plutôt évitée, vu que je n'aime pas comparer cette œuvre : je l'écoute une ou deux fois par an, d'une traite ; il faut donc une interprétation qui me satisfasse, et c'est pourquoi je reviens toujours aux mêmes, alors qu'elles ne sont pas forcément meilleures que d'autres).

Néanmoins je te crois tout à fait pour l'effet décombres, ce doit être assez sombre comme attelage, en effet. Jones attire assez ma curiosité – la partie de soprano appelle cette âpreté, et elle a un geste dramatique qui percerait même dans l'oratorio désincarné…
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 20 Déc 2015 - 22:09

D'après Amazon je devrais recevoir ça à partir de la mi-janvier. Je vais m'y mettre sérieusement. Maintenant que je suis pensionné, j'ai à nouveau le temps de découvrir des oeuvres de grande envergure bedo . C'est quand même une oeuvre d'une heure et demie, dont le sujet et le traitement sont tout sauf faciles, je crois. C'est pourquoi je tenais à avoir une bonne ve d'ensemble. J'ai beaucoup lu dans les commentaires des sites discographiques et c'est ce qui a guidé mon choix.

De Kegel, j'attends d'un jour à l'autre un autre Requiem, celui de Brahms. Si c'est aussi bon que ce que j'en ai lu, je le mettrai aussi son War Requiem sur une liste d'achats futurs.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Lun 21 Déc 2015 - 0:00

Flûte, après avoir passé deux heures à confectionner une discographie, fouiner pour obtenir les dates… je découvre que le wikipédia anglophone a exactement les mêmes choses que moi (sauf Volkov-Walker). Seul avantage, j'ai aussi relevé si c'était pris sur le vif.


Légende

CC : prise en concert
CCs : prise en concert sur plusieurs soirées ou avec raccords
ST : enregistré en studio


Liste (exhaustive ?) des enregistrements officiellement commercialisés

Britten 62 / Harper, Pears, Fischer-Dieskau / Melos Ens, Birmingham SO, Testament (cc)
Britten 63 / Vichnevskaïa, Pears, Fischer-Dieskau / Melos Ens, LSO & Ch, Decca (st)
Leinsdorf 63 / Ph. Curtin, Di Virgilio, Krause / Ch Pro Musica, Boston SO, DVD VAI (cc)
Ančerl 66 / Kniplová, English, J. Cameron / Prague PhCh, CzPO, Supraphon (cc)
Ansermet 67 / Harper, Pears, Th. Hemsley / Ch Pro Arte, Suisse Romande O & Ch, Cascavelle (cc)
Giulini 69 / Woytowicz, Pears, Wilbrink / Melos Ens, New Phia & Ch, BBC Legends (cc)
-
Rattle 83
/ Söderström, Tear, Allen / Birmingham SO, EMI (st)
Shaw 88 / Haywood, Rolfe-Johnson, Luxon / Atlanta SO & Ch, Telarc (?)
Kegel 89 / Lövaas, Roden, Adam / RCh Leipzig, Dresdner Phie, Berlin Classics (st)
-
Hickox 91
/ Harper, Langridge, Shirley-Quirk / LSO & Ch, Chandos (st)
Gardiner 92 / Orgonašová, Rolfe-Johnson, Skovhus / Monteverdi Ch, NDR, DG (cc)
W. Hall 94 / Altmeyer, M. Sells, D. Lawrence / William Hall O & Chorale / Klavier (?)
Brabbins 95 / L. Russell, Randle, Volle / Scottish FestCh, BBC ScottSO, Naxos (cc)
Shafer 95 / Goerke, R. Clement, Stilwell / Washington O & Ch, Gothic (cc)
Masur 96 / Wiens, Robson, Hagegård / Prague PhCh, Israel Ph, Helicon (cc)
Masur 97 / Vaness, Hadley, Hampson / Westminster Ch, NYP, Teldec (st)
-
I. Volkov, G. Walker 04
/ Guryakova, Padmore, Gerhaher / Edinburgh FestCh, Paragon Ens, BBC ScottSO, BBC Music Magazine (cc)
Masur 05 / Brewer, A.D. Griffey, Finley / LPO & Ch, LPO Live (cc)
Rilling 07 / Dash, J. Taylor, Gerhaher / Stuttgart FestEns, Hänssler (cc)
Ozawa 09 / Goerke, A.D. Griffey, J. Westman / SKF Mastumoto Ch, Tokyo OpSg, Ritsuyukai Ch, Saito Kinen O (ccs)
-
Noseda 11
/ Cvílak, Bostridge, Keenlyside / LSO & Ch, LSO Live (cc)
Zweden 11 / Dobracheva, A.D. Griffey, Stone / PBCh, PBPO, Challenge Classics (cc)
Nelsons 12 / Wall, Padmore, Müller-Brachmann / Birmingham SO & Ch, DVD Arthaus (cc)
Jansons 12 / Magee, Padmore, Gerhaher / BayRSO & Ch, BR (cc)
Pappano 12 / Netrebko, Bostridge, Hampson / Santa Cecilia & Ch, Warner (st)
McCreesh 13 / Gritton, Ainsley, Maltman / Wrocław PhCh, Gabrieli C&P, Signum (st)


Tendances

On voit la suprématie numérique évidente des ensembles britanniques : Birmingham (3x), LSO (3x), BBC écossaise (2x), Philharmonia, LPO, l'ensemble de McCreesh, le chœur de Gardiner… et pour le reste, on dispose tout de même de New York, Washington, Atlanta et d'un autre ensemble américain.

À l'occasion du cinquantenaire (et de l'âge d'or de la production discographique que nous vivons), l'éclosion de publications est impressionnante (six nouvelles versions en un peu plus de deux ans). 

On remarque aussi, au passage, qu'on conserve volontiers un ténor anglophone même dans les versions hors-sol (Ančerl, Kegel, Rilling…), une soprane slave (Vichnevskaïa, Kniplová, Woytowicz, Orgonašová, Cvílak, Dobracheva, Netrebko…), et quelquefois même le baryton germanique (Fischer-Dieskau, Krause, Müller-Brachmann, Wilbrink, Adam, Volle, Hagegård, Gerhaher, Müller-Brachmann… plutôt dans les versions hors pays anglophones), avec des chefs qui n'auraient aucun mal à recruter un ténor britannique ou américain dans leur carnet d'adresse.
Autant la soprane slave ne me dérange pas (ce n'est que du latin), autant Owen mal mâchonné par de grands liedersänger, j'avoue que ça ne m'exalte pas trop, et je ne m'offusque donc pas si


Quelques choix


Là-dedans, beaucoup de bijoux. J'aime énormément la ferveur de Giulini 69, plus un ensemble bouleversant qu'une collection de morceaux de bravoure, qui se goûte dans le silence, d'une traite. Côté versions récentes, Pappano 2012 est l'un de ceux qui distille la poésie avec le plus de sûreté – à la fois plastique et recueilli, même si le studio n'atteint pas l'intensité des concerts de 2005 (et j'aimais davantage Brewer, ma référence personnelle dans la partie, que Netrebko). Bien sûr, le studio de Britten en 63 reste incontournable, et pas seulement à cause du parfum d'histoire (Testament a depuis publié la bande de la création à Coventry en 62) : Britten dirige son œuvre avec une sorte d'objectivité très droite, peu de legato, avec une lisibilité maximale du contrepoint choral, en particulier – et puis ces personnalités, toutes imparfaites mais très fortes, qui émergent comme autant de symboles.

Sans doute plus discutable (les solistes, le ténor Gerald English excepté, ne sont pas très gracieux), Ančerl 66 joue cela avec la même pâte que pour ses Requiem de Dvořák, très typé centre-européen et dramatique, assez méchant et sombre… à l'exception du dernier accord, il y a peu de lumière là-dedans, même dans les sonneries baroques du Sanctus. On pourrait presque parler de version poisseuse, du point de vue psychologique – rien d'épais musicalement.

Sinon, les distributions anglophones de versions plus lyriques comme Hickox 91, Masur NYP 97, Rattle 83, Shaw 88, sont dignes des plus grands éloges, de pair avec des directions très adéquates (à la réécoute, je suis frappé par le grand legato et la sorte de poussée lyrique un peu insolite imposée par Masur) ; de même pour la grande fresque chorale liturgique et fusionnelle de Shafer 95.

Je m'aperçois que j'aime moins les versions purement plastiques, très léchées, comme Jansons 2012 (excellent, mais plus beau qu'émouvant), Rilling 2007 (où, comme chez Jansons, je suis un peu gêné par le placement et l'anglais de Gerhaher) ou, pis, McCreesh 2013 (que je trouve peu incarné).

Seule version que je déconseillerais vraiment, Gardiner 92, blanc, impavide… toutes les notes semblent avoir le même poids, et toutes sont écrasées, aucun relief du début à la fin, dans une œuvre où les climats sont pourtant spectaculaires. Peut-être est-ce la tentative d'insister sur la limitation du vibrato avec un orchestre (NDR) avec lequel Gardiner avait peu collaboré ?  En tout cas, vraiment décevant, et j'ai reçu plusieurs témoignages en ce sens, bloqués par cette approche.
Brabbins 95, version très estimable (même si Tom Randle a beaucoup progressé depuis), peut aussi rebuter en raison de sa prise de son (un peu étroite, blanche et métallique, du type de ce que faisait Naxos à l'époque, avant la perfection actuelle) ; ce n'est pas la faute des artistes, mais ce peut être un obstacle pour les plus audiophiles.

Sinon, parmi les bandes et expériences en salle, grande impression faite par Metzmacher en 2010 avec l'Orchestre de Paris (quel chœur !), Indra Thomas, Paul Groves (rondeur, mots, projection, c'était confondant) et Matthias Goerne (un peu épais, bien sûr, mais vraiment intense).

J'aurais bien aimé entendre une version Inghelbrecht empesée (avec Sarroca ou Brumaire, Peyron ou Giraudeau, H. Etcheverry, Roux ou Lovano) et surtout une version Kondrachine bien acide, méchante et lumineuse, mais je suppose que c'est un vœu pieux. 


Glottophilie


Si vous voulez chercher les meilleurs chanteurs, je n'ai pas vraiment opéré de comparatif précis (l'œuvre ne s'y prête guère, ça s'écoute d'une traite), mais je décerne la palme à Brewer et Vishnevskaïa pour leur autorité liturgique menaçante. Chez les ténors et les barytons, ce sont évidemment les anglais et quelques américains qui s'en tirent le mieux : Langridge, Hadley, Gerald English, Bostridge, Ainsley, Padmore, Rolfe-Johnson, Pears, Fischer-Dieskau (malgré l'accent), Shirley-Quirk (très sombre et direct), Luxon, Allen, Hampson… Considérant qu'on leur confie de (beaux) poèmes anglais, il ne peut vraiment en aller autrement.
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Lun 21 Déc 2015 - 0:45

Wow ! Je note, je note study

Merci pour cette superbe recension ! thumleft
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LeKap
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Lun 21 Déc 2015 - 11:03

DavidLeMarrec a écrit:
L'Ozawa est-il de publication récente ?  J'avais à peu près écouté toutes les versions il y a une dizaine d'années, et ça ne m'évoque rien.  

André a écrit:
Hickox, Giulini, Britten (Decca) et Rattle. J'aurais pris Kegel aussi, mais c'est un peu cher.

Ah oui, vraiment un excellent choix…  Britten est sobre, droit au but, ses voix bizarres font mouche – ce n'est pas forcément la version que j'aime le plus, mais elle fonctionne tellement bien que c'est celle que j'ai le plus écouté. Récemment, j'ai plutôt eu tendance à réécouter Pappano (plutôt la bande avec Brewer que le CD avec Netrebko, mais c'est orchestralement relativement équivalent).

Je suis tout sauf un inconditionnel de Giulini (la plupart du temps, je ferais bonne figure dans ses cercles de détracteurs…), mais comme pour ses Falstaff, je crois qu'on n'a pas fait mieux, au moins orchestralement, que son War Requiem (effectivement, LeKap, BBC Legends). Chœurs écossais magnifiques, fluide orchestral permanent dans une œuvre défragmentée, aucune lourdeur, je n'ai jamais entendu Giulini aussi élégant et transparent !  
Quel dommage qu'il n'ai pas gravé (ni joué ?) les opéras…  

Rattle et Hickox, distributions parfaites dans un anglais superbe, et belles atmosphères – ce sont les deux plus proches (un brin plus lyrique pour Rattle et plus sobre pour Hickox).  


Bonjour David

Ozawa ==> Recording: 24-30 August, 2009 at Nagano Prefecture Cultural Hall (Live)
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 27 Déc 2015 - 16:39

En faisant le recensement de ma section anglaise, je m'aperçois que j'avais téléchargé, copié sur disque et rangé sans l'avoir écouté un programme Britten composé de la Symphonie pour violoncelle (avec Truls Mork), le Nocturne pour ténor (Christoph Prégardien) et ... le War Requiem Shocked dirigé par Rilling. Label Hänssler Classics.

Je vais avoir l'occasion de me familiariser un peu avec l'oeuvre avant d'y plonger pour de bon lorsque mes commandes seront arrivées. Il s'agit de cette version:

.

J'y découvre une oeuvre tournée vers l'intérieur, avec des blessures cachées.
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Jeu 31 Déc 2015 - 2:28

J'ai reçu le Hickox et le Giulini, tous deux avec un boîtier abimé Evil or Very Mad

Enfin, pas trop grave vu le prix que j'ai payé. N'empêche, quand Amazon décrit l'état comme 'très bon', je m'attends à ce que les composantes ne se séparent pas lorsque j'ouvre le boîtier.

J'écoute après les fêtes de la nouvelle année.
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Ven 8 Jan 2016 - 2:59

Skata ! Evil or Very Mad J'avais commencé à écrire le résultat de ma réflexion sur le Requiem et différentes versions que j'ai écoutées lorsque ma tablette m'a lâché. 0% batterie. J'étais tellement concentré que je ne voyais pas les avertissements hehe

Bref, je recommence dans 1 ou 2 jours...

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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 10 Jan 2016 - 1:13

Voilà, j'ai entendu 1, 2 ou 3 fois des versions différentes du War Requiem.

Je ne propose ni une analyse, ni une liste des meilleurs enregistrements, c'est encore loin de mon champ d'expertise et David est déjà passé par là  hehe mains  !

Ce que je retiens de l'oeuvre est son côté couteau sous la gorge. Tenant compte de la tradition liturqique et musicale d'une messe de requiem telle qu'illustrée par Mozart, Verdi ou Fauré, l'introduction de poèmes séculaires en anglais (ou n'importe quelle langue vernaculaire) est ressentie comme une quasi agression. La distance que la langue morte universelle (latin) et la forme coulée dans le béton du poème liturgique ancien apportent imposent une certaine zone de confort émotionnelle. Ici, l'immédiat côtoie l'ancien.

Britten fait à nouveau couler le sang, la sueur et les larmes, mais de façon tangentielle, quasi prismatique. Contrairement par exemple aux grandes oeuvres chorales de Sandström, dans lesquelles rien ne nous est épargné, Britten et Owen apportent l'émotion via la réflexion. Dans cette optique il ne saurait y avoir de grandes effusions lyriques (Lacrymosa), point d'exclamations mélodramatiques (Ingemisco) , ni d'explosions apocalyptiques (Dies Irae). Non plus que d'incantation consolatoire (Fauré).

Ce Requiem est réellement composé de chair et de sang, mais vu et entendu comme à travers un prisme, un kaléidoscope. Dans la dernière partie - le sublime Libera me -  l'émotion pure affleure enfin, le voile déchiré est écarté pour que chacun mette en scène la Mort comme il (elle) l'imagine. Quiconque a connu la perte d'un être cher ou a été affecté dans sa chair intellectuelle par une tragédie humanitaire (Shoah, génocides) reconnaîtra ce déchirement qui transparaît dans l'écriture (celle du texte et  de la partition) du Libera me.

Le Requiem de Britten s'épluche tel un oignon. Plus on approche du coeur et plus on pleure. Contrairement au Requiem de Verdi qui tend vers la consolation et la sublimation, celui de Britten nous amène minute par minute vers cette dernière partie en noir et blanc, gros plan et ralenti qui fend le coeur. Le succès de l'oeuvre tient  en cet équilibre extrêmement fragile d'émotion, de sentiment et de réflexion qui anime également celui de Brahms.


Dernière édition par André le Dim 10 Jan 2016 - 2:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 10 Jan 2016 - 1:51

J'ai écouté plusieurs versions et, à mesure que je me familiarisais avec l'oeuvre j'ai établi des poins de repères (structurels, musicaux, émotionnels). Puis j'ai réécouté et me suis fixé des balises. Les composantes de l'oeuvre sont très importantes. Les solistes, le choix des poèmes (et leur placement dans la drama-liturgie), la trame orchestrale: tout est méticuleusement pensé et orchestré (sans jeu de mots) par le compositeur.

Le choix des solistes d'abord. À remarquer: point de mezzo-soprano. Il fallait donc que la trame vocale et l'apportionnement des interventions de la soliste soient conséquents: donc pas de soprano lyrique. D'entrée de jeu, la tessiture et le timbre seront ceux d'une soprano dramatique de type spinto. Une Tosca par exemple. Le coffre et la projection sont de première importance.

Dans le cas des hommes, c'est le choix et l'enchaînement des textes qui dictent le choix des interprètes. Comme le révèlent les poèmes, le Requiem met en scène des frères ennemis qui ne se connaissent pas et qui subissent l'assaut qu'ils donnent contre l'autre, contre leur gré. Je n'extrapole pas ici. Il faut savoir que Britten et Pears (compagnons de vie) ont choisi de s'exiler lors du dernier conflit mondial en tant qu'objecteurs de conscience. Toute sa vie Britten a été opposé à la violence et aux conflits entre les peuples.

il s'ensuit que l'harmonie des timbres et des inflexions est plus importante que leur différenciation. OK, l'un est un ténor et l'autre un baryton, mais lors de leur dernière intervention ils doivent se reconnaître ("I am the enemy you killed, my friend"), se réconcilier et s'aimer dans la mort. C'est vraiment une question de sensibilité. Les deux doivent vraiment faire la paire. Si l'un est remarquable et l'autre non (version Giulini), l'équilibre s'évanouit ou encore peine à s'établir. Manrico doit être égal vocalement et dramatiquement à son frère Di Luna.

Pour ce qui est des choeurs et de l'orchestre, c'est avant tout une question d'équilibre et, par là je parle d'une mise en place et d'une restitution sonore réussies. Il faut noter à quel point Britten a méticuleusement organisé sa partition. Je ne l'ai pas vue et ne saurais la lire, mais lorsque je compare la fourchette de minutages des requiems de Mozart (45-63 minutes), Verdi (72-90 minutes) et Britten (79-84 minutes), il est évident que ce dernier semble tissé de façon très serrée. Il n'y a pas de place ici pour les épanchements ou la précipitation. Verticalement aussi (indications de dynamique), tout est minutieusement établi et ce, de façon semble-t-il définitive par le compositeur lui-même, dont l'ambitus sonore me semble le plus grand parmi les versions que j'ai entendues. Cela m'a surpris . Je me serais attendu à des écarts de plus en plus importants à mesure que le temps avançait (Britten 1963, Rilling 2008) mais non, l'original demeure le plus 'écarté' du lot.


Dernière édition par André le Dim 10 Jan 2016 - 2:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 10 Jan 2016 - 2:19

J'ai reçu des liens pour écouter la version Kegel, mais n'ai pas réussi à les ouvrir et télécharger Embarassed . Qu'à cela ne tienne, je vais me procurer cette version sans faute.

Celles que j'ai écoutées sont Rillling (2008), Hickox (1991), Rattle (1983), Giulini (1968) et Britten (1969). Je n'ajouterai pas sur ce que David a déjà très bien recensé. Mais en tenant compte de ce que j'ai noté, j'ai établi une préférence qui reflète tous ces points.

À ma grande surprise la version de Britten est ressortie gagnante à TOUS les points de vue: soprano hyper dramatique et chaste tout à la fois;  tandem ténor-baryton qui font tendre l'oreille à chaque mot, chaque inflexion; prise de son ample, précise, spectaculaire et propre; choeurs et orchestre  magnifiques. Et avant tout une intensité à fleur de peau (car Britten le compositeur ne laisse que peu de place à l'émotion de l'interprète) qui laisse frissonnant.

Très près de cette immense réussite: Rattle à Birmingham. Je suis loin d'être un fan du frisé. Mais ici il se passe quelque chose. Tout est en place sans le moindre artifice. Ce n'est pas fabriqué. Très belle prise de son, belle prestation des cheurs et de l'orchestre, et un tandem ténor-baryton (Tear, Allen) aussi réussi et émouvant que celui de Pears et Fisher-Dieskau. Söderstrom est très bonne, mais moins en voix que Vishnevskaya (Britten ) et Woïtowycz (Giulini). Une très honorable seconde place.

Giulini suit. Plus rapide, plus direct, plus immédiat que le compositeur, avec une magnifique soprano (la Vishnevskaya polonaise), un Pears légèrement diminué (on croirait entendre Gerontius dans l'enregistrement quasi contemporain qu'il a fait avec Britten) et un baryton un peu falot et hors de propos. Direction enlevante de Giulini, très bonne ambiance phonographique (malgré les aléas du live) et, surprise: un seul disque (la SEULE version), ce qui ajoute substantiellement à la commodité de l'écoute et la continuité dramatique. Pour une version axée sur l'émotion, celle-ci prend la palme (Britten est intentionnellement glacé).

Puis la très belle version Hickox: ténor un peu granuleux (il n'a pas le coupant de Pears ou l'autorité de Tear), bon baryton et étonnante Heather Harper (la créatrice du rôle 30 ans plus tôt), sauf qu'ici on a l'impression qu'elle donne une master class. Ce disque a reçu des prix pour la prise de son et les prestations chorales. Bravo, mais perso, je trouve ça moins précis que chez Britten-Decca. C'était la grosse mode Chandos, beaucoup d'espace et de réverbération, comme si "the world is our stage". Depuis, on fait plus précis.

Finalement la version Rilling. Ce fut la première que j'ai écoutée et celle qui m'a laisssé le moins d'impression (soprano et baryton). Très honnêtement, je vais lui accorder une autre chance, il me semble quand même que c'était très bon.
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Mike
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 10 Jan 2016 - 3:29

André a écrit:


Puis la très belle version Hickox: ténor un peu granuleux (il n'a pas le coupant de Pears ou l'autorité de Tear), bon baryton et étonnante Heather Harper (la créatrice du rôle 30 ans plus tôt), sauf qu'ici on a l'impression qu'elle donne une master class. Ce disque a reçu des prix pour la prise de son et les prestations chorales. Bravo, mais perso, je trouve ça moins précis que chez Britten-Decca. C'était la grosse mode Chandos, beaucoup d'espace et de réverbération, comme si "the world is our stage". Depuis, on fait plus précis.

Curieux comme la réception de la qualité sonore d'un enregistrement peut varier d'une personne à l'autre... Pour ma part, je ne vois pas sur quoi ergoter quant à la version Hickox... alors qu'il ne me viendrait pas à l'idée de qualifier de "très bonne" la prise de son de Rattle!
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 10 Jan 2016 - 19:36

D'accord quasiment en tout point avec toi, André ! Ne perds pas trop de temps avec Rilling, c'est une bonne version, mais très liturgique et lisse, il n'y a pas beaucoup de nouveauté à y chercher.

Ça me fait plaisir de voir quelqu'un qui remet en cause la perfection des Chandos première manière (aujourd'hui, c'est vraiment devenu irréprochable), capables d'enregistrer du piano au milieu d'une cathédrale… Néanmoins, dans son genre vaste, Hickox est très réussi (je suis surpris que tu n'aimes pas Langridge,un maître souverain du verbe, et une voix vraiment plus avenante que la concurrence).

Les deux seules nuances où nous divergeons, sinon :
— réécouté Rattle récemment, le son est vraiment étouffé (même quand la flûte est seule, on l'entend à peine !) et ça diminue l'intérêt de la version, très réussie par ailleurs ;
— je trouve Giulini particulièrement poignant (pour les raisons que tu dis, d'ailleurs : on y retrouve la netteté de Britten, qui codirigeait ce soir-là, mais avec plus de liberté de sentiment).

Tout ce que tu dis sur la posture de Britten me paraît très juste. Intéressante appréciation de l'œuvre, même si je la ressens assez différemment (les fanfares gabrieliennes du Sanctus, pour moi c'est de la jubilation).
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 10 Jan 2016 - 21:39

En fait l'émotion que transmet Giulini transcende les limitations techniques. par contre je ne peux faire abstraction du baryton beaucoup trop léger dramatiquement de Hilbrink. Les nerfs ou une lecture à vue je ne sais pas. Mais ça débalance complètement le drame extraordinaire qui se joue entre les deux camps ennemis que personnifient les voix masculines. N'était de cette faute de casting Giulini serait une référence.

Pour Rattle, c'est une prise de son de style cathédrale. Ce que tu dis est vrai.  Mais pour moi le remède a été simple: augmenter le volume de 25% environ et tout est devenu nettement plus clair et précis, sans que les oreilles en souffrent. J'ai beaucoup aimé les voix masculines. Tear est comme toujours très cru et inélégant de timbre, mais c'est un maître conteur. Il chante les poèmes de Owen avec une grande implication dramatique. Et Allen est le baryton qui me rappelle le plus Fischer-Dieskau par la beauté de son timbre (question d'appréciation encore une fois !).

La grande surprise pour moi a été de ne découvrir que des qualités à la version Britten. Je m'attendais à un vibrato excessif de Vishnevskaya qui, une fois lancée peut enterrer un sifflet de locomotive, ainsi qu'à des défauts graves chez Pears (son Gerontius est vraiment celui d'un vieillard) et un accent insupportable chez Fischer-Dieskau. Rien de tout cela. La justesse dramatique et musicale unit ces trois voix très différentes de façon surprenante. Et la prise de son (Kingsway Hall!) a parfaitement voyagé dans le temps.

Finalement, tu as tout-à-fait raison de mentionner le côté jubilatoire (ludique) des fanfares dans le Sanctus. Je n'en ai probablement pas encore intégré la substance dans la structure globale du Requiem. Ça viendra.
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 10 Jan 2016 - 21:51

André a écrit:
La grande surprise pour moi a été de ne découvrir que des qualités à la version Britten. Je m'attendais à un vibrato excessif de Vishnevskaya qui, une fois lancée peut enterrer un sifflet de locomotive

Le vibrato de Vishnevskaya, il arrive dans les années 70 surtout. Avant elle est capable d'une droiture hyper tranchante.
Et dans ce War Requiem en studio, j'imagine que différentes prises ont permis de gommer les passages plus vibrés.
Ecoute son "Libera me" du Requiem de Verdi par exemple, ou encore le fameux "Pace pace" de La Forza del Destino (/watch?v=p8fPISHUZjk). Aucune trace de ce vibrato qu'elle peut laisser des fois percer à cette époque pour des fins expressives, ou alors du vibrato qui arrive par la suite avec l'usure de la voix.

Dans ce War Requiem, elle est impressionnante de force, d'éclat et de tranchant!
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Dim 11 Nov 2018 - 23:32



Surprised Je sais aussi que Kegel avait déjà enregistré (pour Eterna également, pochette ci-dessus) le War Requiem en 1967 à Leipzig,
mais jamais entendu et je doute que ce vinyle ait été reporté en CD.
Si quelqu'un connait...



Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Benjamin Britten (1913-1976) :

War Requiem, Op. 66

Kari Lövaas, soprano
Anthony Roden, ténor
Theo Adam, baryton-basse
Hansjürgen Scholze, orgue
Chœur de la Radio de Leipzi, Chœur d'enfants Kapellknaben de Dresde

Herbert Kegel, Orchestre philharmonique de Dresde

(Eterna, 1989)

Smile En version allemande traduite par Dietrich Fischer-Dieskau.
Remarquable interprétation, réalisée quelques mois avant le suicide de Kegel.



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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Mar 13 Nov 2018 - 22:45

DavidLeMarrec, in playlist, a écrit:

Britten, War Requiem, Kegel 89 (en allemand). Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
Très ample et lent, peu contrasté, je trouve que ça passe assez à côté du sujet. Une des rares versions plutôt ratées (Gardiner est hors-concours évidemment Confused ), mais ça faisait longtemps que je devais l'écouter, merci (quand même).
Manière de l'écouter dans de bonnes conditions, j'essaie cette version qui me restait à tenter :
Britten, War Requiem, Brewer, Griffey, Finley ; Masur LPO 2005 Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
L'orchestre a un très beau médium très coloré et les chanteurs sont excellents. Pour la poussée d'ensemble, je trouve le lyrique de sa version avec New York plus marquant. Il faut dire que ce n'est pas le choix luxueux qui manque : Giulini, Pappano, Britten studio, au premier chef, mais aussi Ančerl, Ozawa, Hickox, Rattle, Shaw, Shafer, Zweden… on ne manque pas de grandes versions. (Par ailleurs Jansons, Britten 62, Noseda, Rilling ou Brabbins sont très réussis, même s'ils ne me touchent pas aussi fort.)



Concernant Kegel, cette lenteur un brin neurasthénique caractérise son style ultime, par ailleurs étonnant dans une Symphonie Fantastique à nulle autre pareille.
Ceci dit, pour un Requiem, je ne trouve pas que ce soit hors-sujet.
Quant au manque de contraste que tu allègues, je trouve que même le Dies Irae n'en souffre pas : certes le geste est fluide mais s'intègre bien à la vision d'ensemble.
Bref de là à dire que c'est une version ratée, point ne suis d'accord



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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Mar 13 Nov 2018 - 22:54

Enfin, « plutôt ratée », pas au sens où ce serait mauvais ou inopérant, simplement que ça passe, il me semble, à côté de la couleur spécifique de l'ouvrage : on se retrouve avec un vrai requiem un peu pesant, loin de l'atmosphère très originale (d'une sorte d'affliction lumineuse) de l'œuvre.

Si on n'avait que ça, ce serait très bien, mais vu qu'on a le choix, ça ne me paraît pas vraiment intéressant d'aller de ce côté, sauf pour la curiosité de la langue (mais j'aime trop Owen pour ça…).
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Mar 13 Nov 2018 - 22:58


Surprised Et l'enregistrement leipzigois de 1967 alors, quelqu'un l'a entendu ? bounce




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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Mer 14 Nov 2018 - 14:13

¶ Écouté hier Masur avec le LPO (2005) mentionné en playlist : très belle distribution (Brewer, Griffey, Finley), et des couleurs chaleureuses inhabituelles dans les médiums de l'orchestre. Pour autant, j'aime davantage le lyrisme très particulier de sa version plus ancienne et mieux connue avec le NYP.

¶ Et aujourd'hui : réécoute de Giulini. C'était ma chouchoute, et à la réécoute je dois dire que je suis un peu déçu : oui, des finesses que les autres n'ont pas, mais il manque justement l'abandon (et même la danse !) qu'on trouve dans le studio de Britten (je n'aime pas trop la création, un peu cafouilleuse et très sèche), en définitive celle que j'ai le plus écoutée, et les autres grandes versions.
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MessageSujet: Re: Britten : War Requiem   Mer 14 Nov 2018 - 14:15

Mélomaniac a écrit:
Surprised Et l'enregistrement leipzigois de 1967 alors, quelqu'un l'a entendu ? bounce

Non, mais je l'ai en stock… J'ai quelques autres versions dans la pile (et un peu plus haut, comme Maazel), pas sûr de le faire tout de suite…
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Britten : War Requiem
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