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 Sur le chant rossinien

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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Ven 23 Nov 2018 - 11:29

Belcore a écrit:

Dont acte, on parlera d'autres artistes au milieu des entrées consacrées à Horne, Ramey, Sutherland...

??? Je ne comprends pas le rapport...

Citation :
Mais :
Puisque tu abordes la question par ordre alphabétique, quid de June Anderson ??

C'est simple! Je n'ai pas de disque rossinien avec elle. Enfin pas de récital!

Citation :
Enfin il serait pertinent d'englober dans la discussion les représentations - puisque tu vas parler de Di Donato, rossinienne éminente, il serait intéressant d'évoquer ses incarnations récentes dans Sémiramide à Londres et à Munich qu'à ma connaissance elle n'a pas enregistré en intégrale - Sa Donna del Lago au Met avec Florez est aussi un grand moment..

Ah mais attention, je parle ici... je mets un petit retour sur les écoutes juste à caractère informatif (même si ça ne doit pas passionner personne!). Je ne cherche aucunement à être exhaustif sur le sujet ou à vouloir faire un panorama complet des chanteurs rossiniens...
C'est juste pour rassembler les choses...

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Belcore
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Ven 23 Nov 2018 - 17:00

La phrase initiale que tu as soulignée, c'est simplement pour dire que j'espère que ce fil sera instructif pour moi aussi ; en disant ça je ne cherche pas à etre condescendant, et tous les membres de ce forum  n'ont pas une connaissance approfondie des interprètes de ce répertoire... Mais j'écoute les - magnifiques - récitals de Rockwell Blake depuis bien une vingtaine d'année.
Donc par exemple, Cencic pour moi c'est une découverte : c'est comment ? Dans le même ordre j'avais écouté le récital de Fagioli, c'était pénible.
Par ailleurs je comprends aussi que pour des raisons pratiques tu cherches à te limiter aux récitals, mais - comme le montre le cas de June Anderson - ce peut etre limitatif : si je prends l'exemple de Marilyn Horne, je ne pense pas que les récitals reflètent son exceptionnel talent...

Belcore
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Stefano P
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Ven 23 Nov 2018 - 17:13

Belcore a écrit:
si je prends l'exemple de Marilyn Horne, je ne pense pas que les récitals reflètent son exceptionnel talent...

Belcore

Il suffit qu'elle chante, en récital ou en opéra pour qu'éclate aussitôt son exceptionnel talent, et sa classe stratosphérique... Idea
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Ven 23 Nov 2018 - 17:19

Belcore a écrit:
La phrase initiale que tu as soulignée, c'est simplement pour dire que j'espère que ce fil sera instructif pour moi aussi ; en disant ça je ne cherche pas à etre condescendant, et tous les membres de ce forum  n'ont pas une connaissance approfondie des interprètes de ce répertoire... Mais j'écoute les - magnifiques - récitals de Rockwell Blake depuis bien une vingtaine d'année.

Ah ben on verra ça! Very Happy Suivent DiDonato, Genaux, Kasarova, Kunde, Lezhneva, Podles et Ramey a priori... rien de bien révolutionnaire j'en conviens, mais des récitals que j'aime! Par exemple, j'évite celui de Peretyatko que je trouve peu passionnant. idem pour les Florez... Il faudrait que j'ajoute Horne et ses airs alternatifs peut-être! Very Happy

Citation :
Donc par exemple, Cencic pour moi c'est une découverte : c'est comment ? Dans le même ordre j'avais écouté le récital de Fagioli, c'était pénible.

Je trouve ça vraiment très bien fait. Pas du tout baroquisant dans l'approche et les variations. Après la voix est ce qu'elle est. mais le résultat est très chouette je trouve.

Citation :
Par ailleurs je comprends aussi que pour des raisons pratiques tu cherches à te limiter aux récitals, mais - comme le montre le cas de June Anderson - ce peut etre limitatif : si je prends l'exemple de Marilyn Horne, je ne pense pas que les récitals reflètent son exceptionnel talent...
Raisons pratiques, de temps... et de volonté je l'avoue totalement!


Stefano P a écrit:
Belcore a écrit:
si je prends l'exemple de Marilyn Horne, je ne pense pas que les récitals reflètent son exceptionnel talent...
Il suffit qu'elle chante, en récital ou en opéra pour qu'éclate aussitôt son exceptionnel talent, et sa classe stratosphérique... Idea

Et pas forcément dans Rossini d'ailleurs... Sa Cassandre est bluffante! Very Happy Et bien sûr Fidès aussi!

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Stefano P
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Ven 23 Nov 2018 - 17:31

Polyeucte a écrit:
Et pas forcément dans Rossini d'ailleurs... Sa Cassandre est bluffante! Very Happy Et bien sûr Fidès aussi!

Et Haendel, l'Orfeo de Gluck, son Orlando génialissime de Vivaldi, même des trucs improbables comme la Vivandière de Godard, moi, je l'adore dans tout ! Cool
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Ven 23 Nov 2018 - 17:40

Stefano P a écrit:
Et Haendel, l'Orfeo de Gluck, son Orlando génialissime de Vivaldi, même des trucs improbables comme la Vivandière de Godard, moi, je l'adore dans tout ! Cool  

Globalement aussi! Very Happy Après il y a une date à partir de laquelle ça devient un peu difficile... Sa Dalila de 87 face à Vickers est quand même difficile de timbre... Confused
Mais sinon oui! Après, je la préfère dans le répertoire romantique que baroque (je suis déformé par les baroqueux maintenant... hehe)

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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Ven 23 Nov 2018 - 17:51



Joyce DiDonato : Colbran, the muse (2009)

Armida : "D'amor al dolce impero"
La Donna Del Lago : "Oh mattutini albori"
La Donna Del Lago : "Tanti affetti in tal momento... Fra il padre, e fra l'amante"
Maometto II : "Giusto Ciel, in tal periglio"
Elisabetta, Regina D'Inghilterra : "Qant'è grato all'alma mia"
Semiramide : "Serena i vaghi rai.... Bel raggio lusinghier"
Otello : "Ah! Dagli affanni oppressa... Nessun maggior dolore... O come infino al core... Assisa appiè d'un salice..."
Armida : "Se al mio crudel tormento... Dove son io!... È ver....Gode quest'anima"

Orchestra dell' Accademia Nazionale di Santa Cecilia
Direction : Edoardo Muller


Ce récital n'est pas forcément représentatif du répertoire de Joyce DiDonato... car au final, elle a abordé La Donna del Lago et Semiramide... mais il est tout de même passionnant! Déjà par la chanteuse en elle-même qui est toujours aussi volcanique dans ses interprétations... tout en sachant bien sûr soigner la ligne quand il le faut. Ainsi, son Elena est d'abord pleine de douceur avant d'affronter les variations du rondo final, variations ébouriffantes rarement entendues! Mais les autres airs sont magiques aussi. Tout est splendide. Un petit manque d'interprétation peut-être pour ces grandes figures tragiques de Desdemona et Armida. Mais en récital sans avoir chanté le rôle, il est sûrement difficile de prendre toute la mesure du personnage.
Le timbre est assez clair et donc sûrement loin de ce que pouvait proposer la Colbran, mais le résultat est superbe.
A noter la présence de Lawrence Brownlee en gondolier dans Otello.


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Belcore
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Sam 24 Nov 2018 - 13:48

June Anderson :
Elle a bien signé en 1993 un récital avec Gatti : "Rossini scènes" : extraits de Semiramide, Otello, Ermione.. donc plutôt des raretés.
Ensuite quelques unes de ses intégrales :
Maometto dirigé par Scimone
Mose dirigé par Scimone
Donna del Lago, avec Blake et Dupuy, dirigé par Muti
Semiramide, au Met avec Horne et Ramey dirigé par Conlon.

Di Donato : le récital est très intéressant, d'autant qu'il comporte des raretés..
Mais son grand talent est mieux illustré dans des intégrales, tels que :
Cenerentola, avec Florez, dirigé par Zedda
Donna del Lago, capté au Met, avec Florez et Barcellona, dirigé par Mariotti.

Ensuite je trouve inimaginable, quoiqu'on pense de ses interprétations, de ne pas inclure Florez qui est actuellement le ténor le plus distribué dans Rossini.
Évidemment sa suprématie dans ce répertoire est contestée par d'autres chanteurs comme Camerena, Brownlee pour n'en citer que deux
Mais l'approche du thème par l'aspect discographique fera obstacle à ce qu'on évoque de nombreux talents actuels : si Camarena vient d'enregistrer un récital, est - ce le cas de Pratt, Brownlee, Iervolino, Scala, Esposito...???

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Otello
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Sam 24 Nov 2018 - 15:36

Petit panorama complémentaire:























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Stefano P
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Sam 24 Nov 2018 - 16:00

C'est rigolo, le montage d'Otello met côte à côte trois concurrentes : Kurzak, Peretyatko et Rebeka, et rien que sur les pochettes, la palme de la classe revient incontestablement à Rebeka ! I love you
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Francesco
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Sam 24 Nov 2018 - 17:14

Belcore a écrit:
June Anderson :
Elle a bien signé en 1993 un récital avec Gatti : "Rossini scènes" : extraits de Semiramide, Otello, Ermione.. donc plutôt des raretés.
Ensuite quelques unes de ses intégrales :
Maometto dirigé par Scimone
Mose dirigé par Scimone
Donna del Lago, avec Blake et Dupuy, dirigé par Muti
Semiramide, au Met avec Horne et Ramey dirigé par Conlon.

Di Donato : le récital est très intéressant, d'autant qu'il comporte des raretés..
Mais son grand talent est mieux illustré dans des intégrales, tels que :
Cenerentola, avec Florez, dirigé par Zedda
Donna del Lago, capté au Met, avec Florez et Barcellona, dirigé par Mariotti.

Ensuite je trouve inimaginable, quoiqu'on pense de ses interprétations, de ne pas inclure Florez qui est actuellement le ténor le plus distribué dans Rossini.
Évidemment sa suprématie dans ce répertoire est contestée par d'autres chanteurs comme Camerena, Brownlee pour n'en citer que deux
Mais l'approche du thème par l'aspect discographique fera obstacle à ce qu'on évoque de nombreux talents actuels : si Camarena vient d'enregistrer un récital, est - ce le cas de Pratt, Brownlee, Iervolino, Scala, Esposito...???

Belcore

C'est précisément un fil discographique. En ce qui concerne les intégrales au disque, il existe des fils dédiés à quasiment chaque œuvre de Rossini.
Mais, cela dit, rien n'empêche de lancer un sujet sur le chant rossinien tel qu'il est illustré sur les scènes aujourd'hui.
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Francesco
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Sam 24 Nov 2018 - 17:19

Je me rends compte que j'en ai quand même un (trop ?) grand nombre ... du côté féminin, en tout cas. J'en ai justement réécouté quelques uns cet été.
Un de ceux qui m'impressionnent le plus, c'est celui de Devia, d'une éblouissante sureté technique, avec quelque chose qui évoque, par le sérieux, la probité et la rectitude du chant, un grand ton strictement musical aussi, l'opera seria des décennies précédentes. C'est vraiment beau, sans exubérance ou soleil dans la voix, assez peu latin au fond.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Lun 26 Nov 2018 - 13:13



Il barbiere di Siviglia, Acte II : "Ma forse, ahime, Lindor"
Il Barbiere di Siviglia, Acte II : "L'innocenza di Lindoro"
Tancredi : "O sospirato lido!"
Tancredi : "Dolci d'amor parole"
Tancredi : "Voce, che tenera"
La Gazza Ladra : "Deh! Lasciate ch'io pur"
La Gazza Ladra : "Beviam, tocchiamo a gara"
Zelmira : "Da te spero, O Ciel clemente"
Tancredi : "Qual suon? Che miro!"
Tancredi : "Solamir d'Amenaide"
Tancredi : "Va, palese e troppo omai"
Tancredi : "E questa la fede"
Tancredi : "Si, la patria si difenda"
Il Barbiere di Siviglia, Acte II : "La mia pace la mia calma"
Maometto II : "Non temer: d'un basso affetto"
Maometto II : "Del periglio al fiero aspetto"
Giovanna d'Arco, cantate pour voix et piano

RAI Orchestra, Turin
Direction : Alberto Zedda
Piano : Martin Katz

Très intéressant récital pour non seulement bien sûr l'interprétation de Marylin Horne (toujours à son affaire dans ces rôles, même si je dois avouer que sa Rosina est un peu trop matrone pour moi!)... mais aussi pour les choix du programme d'airs alternatifs passionnants! ça nous change des airs habituels et nous montre combien les partitions étaient changeantes.
Superbe disque... et puis Giovanna d'Arco pour terminer c'est vraiment chouette dans cette version pour piano!



Bianca e Falliero : "Tu non sai qual colpo atroce"
L'Italiana in Algeri : "Per lui que adoro"
La Cenerentola : "Una volta c'era... Un soave non so che" *
Semiramide : "Eccomi alfine in Babilonia... Ah! Quel giorno ognor rammento"
Armida : "Amor... possente nome!... Vacilla a quegli accenti!" *
L'Italiana in Algeri : "Cruda sorte! Amor tiranno!"
Otello : "Ah, vieni, nel tuo sangue" *
La donna del lago : "Tanti affetti in tal momento"

* Duo avec Juan Diego Florez
Münchner Rundfunkorchester
Arhur Fagen

Quel disque!! ça faisait très longtemps que je ne l'avais pas écouté et que Kasarova est magnifique ici! On pourrait penser qu'elle est plus à son affaire en Arsace par exemple, mais au contraire, je la trouve tellement belle dans les rôles plus aigus. Son Rondo de la Donna del Lago par exemple est splendide! Tout y est de toute façon dans ce chant, la vélocité féroce, la tessiture largement balayée, les variations magnifiques (et jamais entendues pour certaines!)...
Et puis bon, les trois duos avec Florez sont parfaits! Armida bien sûr... où elle sait donner toute la passion dévorante et aussi ce côté un peu terrifiant... et puis l'Otello qu'on aurait tellement aimé entendre chanté par Kasarova en entier! Version Malibran bien sûr!

Mais du coup, je me pose une question... est-ce qu'elle aurait pu chanter ces rôles tendus en entier? Imaginons une Elena, une Semiramide ou un Ottelo? Personnellement, ça m'aurait sûrement plus passionné que Tancredi où elle pousse un peu son grave (euphémisme! Mr.Red)

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Francesco
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Lun 26 Nov 2018 - 19:15

Quelle chanteuse douée elle était. Elle réussissait vraiment tout ce qu'elle voulait dans ses belles années.

Je n'ai jamais écouté ce disque, merci du conseil. Donc elle chante un duo d'Otello où elle chante ... Otello ?

A la même génération, j'adore le disque Rossini de Larmore : beau programme (deux inédits même à l'époque, extraits de Mathilda di Sabran) et des réussites vraiment séduisantes (les deux airs de Mathilda justement, la prière du Siège de Corinthe, en français, avec grand récitatif, très post gluckiste dans cette version et cette interprétation, ou de gigantesques variations d'Armida).
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Lun 26 Nov 2018 - 21:48

Sauf erreur de ma part, on ne parle pas d'Araiza.
Pourtant, après Monti, Alva et Benelli qui sévissaient jusqu'à la fin des années 70, Araiza fut l'un des premiers vrais ténors rossiniens à chanter le Barbier, Cenerentola et l'italienne avec un timbre plus sombre et surtout des vocalises vaillantes et sans savonnage. Sans parler d'Idreno dans Semiramide et le Comte Libenskof dans le voyage à Reims ou Aménophis dans Moïse et Pharaon

Je pense qu'Araiza a largement contribué à changer l'image du ténor rossinien façon ténorino (cité plus haut Wink ) et à imposer de nouvelles références en la matière.
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mar 27 Nov 2018 - 0:17

tu as entièrement raison pour Araïza mais il n'a malheureusement enregistré aucun album rossinien! Heureusement nous avons ses superbes intégrales!
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mar 27 Nov 2018 - 10:04

Francesco a écrit:
Quelle chanteuse douée elle était. Elle réussissait vraiment tout ce qu'elle voulait dans ses belles années.

Je n'ai jamais écouté ce disque, merci du conseil. Donc elle chante un duo d'Otello où elle chante ... Otello ?  

Ah ça... et même dans ses dernières années, elle avait des choses encore à montrer. J'ai le souvenir très ému d'une Marie dans L'Enfance du Christ à Pleyel magnifique...

Sinon oui, elle chante Otello avec toute la fougue voulue... franchement avec un organe pareil elle aurait été vraiment chouette dans ce rôle en intégrale!
Plutôt que Tancredi ça aurait été intéressant de lui proposer un truc inédit...

Citation :
A la même génération, j'adore le disque Rossini de Larmore : beau programme (deux inédits même à l'époque, extraits de Mathilda di Sabran) et des réussites vraiment séduisantes (les deux airs de Mathilda justement, la prière du Siège de Corinthe, en français, avec grand récitatif, très post gluckiste dans cette version et cette interprétation, ou de gigantesques variations d'Armida).

Ah il faudra que je m'y lance un jour alors!

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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mar 27 Nov 2018 - 11:28

Polyeucte a écrit:
(toujours à son affaire dans ces rôles, même si je dois avouer que sa Rosina est un peu trop matrone pour moi!)

Il faut dire que l'air retenu par Horne a été écrit pour Laure Cinti-Damoreau (la première Folleville du Viaggio a Reims ; la première Mathilde aussi et la créatrice d'Isabelle dans Robert le Diable ; ça ne fait pas un portrait proprement dit mais ça reste quand même très éloigné de la vocalité de Horne). À mon sens, esprit et lettre, tu auras des interprétations beaucoup plus conformes par Battle et par Serra dans les intégrales Abbado 2 et Campanella Wink .
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mar 27 Nov 2018 - 11:53

Horne : un de mes favoris : "Mura felice" dans le récital "Live from Lincoln Center" - avec Pavarotti et Sutherland, dirigé par Bonynge.


Manque dans la liste d'Otello : "Aria for Rubini" par Florez.
Très largement consacré à Rossini avec des airs ou des scènes d'Elisabetta, Turco in Italia, Donna del Lago et Guillaume Tell.

Remarque similaire pour le "Contrabandista" de Javier Camarena : pas exclusivement du Rossini, mais ce chanteur est bien parti pour éclipser les autres dans ce répertoire.

Belcore
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mar 27 Nov 2018 - 12:57



Gregory Kunde : In love and War (2006)

L' italiana in Algeri : "Languir per una bella"
Ermione : "Reggia abborrita!...Che sorda al mesto pianto...Ah! come nascondere"
Tancredi : "Oddio! Crudel!...Ah! segnar invano io tento...Sì, virtù trionfi"
Il turco in Italia : "Intesi! Ah, tutto intesi!...Tu seconda il mio disegno...Ah, sì! La speme"
Stabat mater : "Cujus animam"
La donna del lago : "Qual rapido...Eccomi a voi!"
Ricciardo e Zoraide : "S'ella mi è ognor fedele...Qual sàra mai la gioia"
Semiramide : "La speranza più soave...Sì, sperar voglio contento"
La cenerentola : "Principe più non sei...Si, ritrovarla, lo giuro!...Noi voleremo, domanderemo"

Prague Metropolitan Choir
Prague Metropolitan Symphony Orchestra
Direction : Marco Zambelli

Avec ce récital, c'est un peu le retour de Kunde au triomphe après son passage à vide.
Et en fait, on est même dans un entre-deux puisqu'il chante à la fois sont ancien répertoire ("Languir per una bella") mais aussi celui qui le verra magnifique par la suite (l'entrée de Rodrigo dans La Donna del Lago.
Le timbre est de toute beauté, la technique toujours aussi belle... et quel art de la nuance! Chanté sur un fil de voix ou à plein poumons, le ténor offre plus qu'un beau chant, mais bien de superbes émotions. Superbe disque pour celui qui aura été un rossinien si important pendant de nombreuses années, passant des rôles légers aux rôles lourds sans perdre de sa beauté!




Julia Lezhneva : Rossini (2010)

La donna del lago, Acte II Scène 2 : "Tanti affetti"
Guillaume Tell : "Ils s'éloignent enfin... Sombre forêt"
Semiramide : "Bel raggio lusinghier"
Otello : "Assisa a' pie d'un salice"
La Cenerentola, Sinfonia
La Cenerentola : "Nacqui all'affanno"
L'assedio di Corinto : "L'ora fatal s'apressa"

Warsaw Chamber Opera Choir
Sinfonia Varsovia
Direction : Marc Minkowski

Objet étrange que ce disque... et surtout mon appréciation en fait. Après avoir découvert Julia Lezhneva dans les Huguenots à Bruxelles, je me suis jeté sur ce disque pour l'écouter avec un ravissement de tous les instants. Quelques années après, je suis plus critique! Il reste le bonheur de ce timbre clair, cette technique impressionnante (mais qui l'est encore plus maintenant j'ai l'impression!) qui lui permet toutes les variations possibles... mais il y a aussi cette jeunesse légère qui ne convient pas à certains airs. Si Cenerentola et La Donna del Lago sont splendide de virtuosité et de fraîcheur, l'air de Semiramide par exemple est assez transparent. En fait, on entend un instrument splendide, mais pas beaucoup l'implication. La jeune femme n'avait alors que 21 ans. Depuis le caractère s'est affirmé et l'interprète aussi. Peut-être difficilement encore une rossinienne...
Mais ce disque est beau car plein de douceur et de fraicheur. Tout coule sans aucun souci. Manque justement un peu de remoud!

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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mar 27 Nov 2018 - 18:41

Ah, j'aime beaucoup ce sujet Very Happy !


Je ne sais par où commencer, j'irai donc moi aussi de mon récital et de ma réhabilitation, même si les vrais amateurs de Rossini sauront qu'il n'y en a pas besoin!

Comme on parlait de Cuberli sur un autre fil -qui est un peu oubliée aujourd’hui en France alors qu’en Italie elle est toujours justement considérée comme une ‘chanteuse culte’ par les amateurs de Rossini- je ne vois pas mention du magnifique disque (un enregistrement sec et peu valorisant néanmoins) incluant des scènes de Maometto, Shabran et Ermione, au côté d’un Donizetti ( sa scène de Rosmonda est à se damner) et d’un Bellini.


Voilà une leçon de chant rossinien. Peu importe la modestie des moyens, les discours sur le timbre peu favorisé ( faits aussi à un de ses compatriotes tout aussi brillant, suivez mon regard). Ici, l’art du chant et l’exactitude stylistique font tout le travail, c’est ce qui importe le plus dans ce répertoire. Et sans cela, inutile de vouloir prétendre à interpréter (lire les commentaire de l’Alboni, une des sources les plus fiables quant au chant proprement rossinien): émission pure a fior di labbra, lévitant sur le souffle, morbidezza, legato impeccable, agilités perlées et goût excellent dans les variations (on dirait que les difficiles quartolets et quintolets rossiniens ont été écrits pour elle), fluidité de la diction, travail remarquable sur l'homogénéité des registres et la fermeté du médium (c’est là que l’essentiel se passe chez Rossini, héritage du premier belcanto, sûrement pas dans le suraigu), nuances et jeux dynamiques, ton aristocratique, tout y est...Son Ermione est un peu légère, c’est vrai, mais pour un récital, ça passe très bien, et quelle maîtrise  !


La notice de Celletti sur la valeur de cette chanteuse est très éclairante. Ce n'est pas anodin qu'elle ait été soutenue par les acteurs historiques de la "Renaissance", de Gossett à Zedda, qui l'adorait, mais n'ont pas toujours pu l'imposer, malheureusement. Quelle honte de ne l’avoir pas enregistrée davantage, c’est vraiment le soprano rossinien de sa génération. La plus intègre aussi.  Pour les rôles Colbran, consciente des limites naturelles de son instrument, elle s’est principalement concentrée sur les choses plus « lyriques » (Elena, Desdemona), transposables pour son –plutôt petit- lirico agile  mais capable d'accentuation et de coloration. Elle ne s’est pas fourvoyée dans une Armida ou une Ermione intégrale par exemple. Rôles qui l’aurait dépassée, comme ils ont terrassé une Gasdia (la grande arnaque de cette époque) et mis en grande difficulté Anderson. C'est néanmoins une merveilleuse Semiramide. Une déception cependant : Elisabetta, où le chant et le style sont impeccables, mais la caractérisation trop timide. Elle aurait amplement mérité qu’on s’intéresse à elle pour un disque officiel de Semiramide, Desdemona, Elena (la soirée parisienne de 86 drunken ), et Bianca aussi, tous ces rôles qu'elle aura marqués. En ce qui concerne les rôles Manfredini, là, elle est absolument idéale. Son Amenaïde est une référence jamais égalée, c'est clairement l'une des interprétations rossiniennes majeures du siècle dernier.  Je regrette une Adelaïde ou une Amira…

Francesco a écrit:
Je me rends compte que j'en ai quand même un (trop ?) grand nombre ... du côté féminin, en tout cas. J'en ai justement réécouté quelques uns cet été.
Un de ceux qui m'impressionnent le plus, c'est celui de Devia, d'une éblouissante sureté technique, avec quelque chose qui évoque, par le sérieux, la probité et la rectitude du chant, un grand ton strictement musical aussi, l'opera seria des décennies précédentes. C'est vraiment beau, sans exubérance ou soleil dans la voix, assez peu latin au fond.


Devia, c’est quand même assez mécanique. Elle m’ennuie vite. Elle a des qualités techniques, c’est certain, mais pas assez électrisantes pour me la faire apprécier comme une véritable virtuose. Et ce n’est pas dans l’élan dramatique qu’elle se distingue non plus. Quant à la noblesse d’accent, la grandeur de ton, je ne sais pas où tu la trouves. Pour moi, c’est métronomique au possible …Le récital en question est sympathique, avec un beau programme (la Didone…), mais ça s’arrête là. Pourtant, il y avait matière !Le grand aria di baule de la Catalani, qu’elle a ressorti de sa malle, aurait pu être un exercice enivrant d’exhibition virtuose (ce qu’il est supposé être d’ailleurs), en plus de sa valeur historique, mais lasse par le peu de slancio déployé et la désolante platitude rythmique.

Les Kasarova, Larmore, toute cette génération là, j'ai horreur de ça. La saison des voix grossières, opaques et toutes en gorge commençait, versions "dégénérées" des Podles ou des Valentini-Terrani, dont elles n'ont pris que les défauts, en les amplifiant.

Pour les interprètes contemporains de Rossini, bon, je sais que je suis assez marginal ici. Surtout quand je lis les considérations sur certains chanteurs comme Bartoli (dont le chant est anti-rossinien au possible), Di Donato, ou Cencic qui respecterait le style requis, par exemple… Heureusement que nous n'avons pas eu le droit aux éloges de Fagioli! Aujourd’hui, pour moi, aucune figure ne détonne. Pratt, Palazzi, Florez, Osborne, etc, c’est honnête, je peux en apprécier certains, mais franchement, on est loin des sommets atteints dans les années 80. Qui peut dire le contraire ? Je ne vois pas quel problème cela pose de le reconnaître. Et cela ne m’empêche pas d’être heureux que les théâtres s’intéressent de plus en plus au Rossini sérieux, que je réécoute en salle toujours avec grand plaisir, malgré les distributions que je juge souvent insuffisantes. Et d’ailleurs, pour être équilibré, il faut aussi dire que la ‘Rossini Renaissance’ a aussi eu son lot de chanteurs moyens ou mauvais, pourtant honorés par les scènes, festivals et maisons de disques. Entre la susurrante  Ricciarelli, de tous les ROF ou presque, ou une Gasdia au bord de l’implosion vocale quoiqu’elle chante, par exemple, tout n’a pas toujours été heureux, même à cette époque bénie…Il n’y a qu’à revoir le Viaggio mythique de 84. Sur tous les chanteurs réunis, supposés être la fine fleur du chant rossinien, il n’y en avait que deux pleinement en style : Cuberli, encore elle (la seule voix féminine du plateau capable d’exécuter un trille ou une quelconque agilité convenablement et avec un médium et une première octave bien plus fermes que Gasdia, distribuée dans un rôle Pasta, quel comble !) et Ramey. Le reste allait du correct à l’oubliable.

Sinon, je trouve que l'amorce de discussion sur le chant rossinien et ce que Belcore appelle belcanto (Bellini, Donizetti) -alors que Rossini, ce sont les derniers feux de l'esthétique belcantiste, tandis que chez Donizetti et Bellini, on pioche çà et là, mais globalement, on est déjà ailleurs -  est très intéressante. Mais ça sera pour un autre jour!
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Francesco
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mar 27 Nov 2018 - 21:32

Oui, Cuberli, je n'ai jamais lu que du bien d'elle, mais je crois que c'est une artiste pour professeur de conservatoire. Des oreilles érudites peuvent bien percevoir ce que Colbran détaille et décrit si bien, mais pour des profanes de la technique vocale (comme moi), de loin, ça reste un chant en effet timidement caractérisé, un peu fade et pas très différencié. Je pense que son relatif oubli est dû à ça. D'une certaine manière, les monstres vocaux, les ovnis, les "signatures vocales" (copyright Otello) et autres Attilas du chant suscitent davantage de ferveur et de passion. Peut-être parce que, comme le disait joliment Jean Cabourg, on les aime non pas en dépit mais en raison de leurs défauts.

Pour Devia, c'est précisément le franchissement sans faille de ces Himalaya allié à cette constance mais surtout à ce sérieux, à cette gravité dans le chant (pas dans le ton, en effet) qui m'émeut intrinsèquement et me fait penser non pas à Haendel ou à Vivaldi mais plutôt à Mozart ou Haydn.
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mar 27 Nov 2018 - 23:53

Francesco a écrit:
D'une certaine manière, les monstres vocaux, les ovnis, les "signatures vocales" (copyright Otello) et autres Attilas du chant suscitent davantage de ferveur et de passion. Peut-être parce que, comme le disait joliment Jean Cabourg, on les aime non pas en dépit mais en raison de leurs défauts.

Je viens, en lisant ceci, de me rendre compte que je n'ai jamais écouté Siegmund Nimsgern dans Rossini ! Sad
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Colbran
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mer 28 Nov 2018 - 9:04

Francesco a écrit:
Oui, Cuberli, je n'ai jamais lu que du bien d'elle, mais je crois que c'est une artiste pour professeur de conservatoire. Des oreilles érudites peuvent bien percevoir ce que Colbran détaille et décrit si bien, mais pour des profanes de la technique vocale (comme moi), de loin, ça reste un chant en effet timidement caractérisé, un peu fade et pas très différencié. Je pense que son relatif oubli est dû à ça. D'une certaine manière, les monstres vocaux, les ovnis, les "signatures vocales" (copyright Otello) et autres Attilas du chant suscitent davantage de ferveur et de passion. Peut-être parce que, comme le disait joliment Jean Cabourg, on les aime non pas en dépit mais en raison de leurs défauts.  

Justement, c’est dans le modelé canovien de son chant, son détachement aristocratique (qui n'est pas de la froideur, au contraire) que naît l’émotion chez moi. C’est le genre de chanteuse qui n’a pas à simuler la noblesse, mais qui l’est instinctivement, sur scène, tous reconnaissaient sa grande allure, Dupuy disait d'ailleurs qu’elle avait une face de camée. Aucun effet naturaliste, aucune facilité, aucun son enflé ou grossier, la voix toujours filant sur le souffle, même dans ses soupirs, même dans ses murmures, la haute dignité même dans le pathétique, non, vraiment, pour moi c’est une Idole du seria. En particulier dans la veine préromantique des héroïnes princières persecutées (plus que pour les rôles Colbran, où elle sera toujours incomplète, c’est certain), comme Amenaïde, modèle largement hérité de la tradition belcantiste du siècle précédent. Elle délivre superbement  ces « accenti nascosti », si chers à Rossini, qui, sous le déluge de notes, transparaissent, accessibles seulement à ceux qui peuvent dominer les complexités de son écriture vocale . Il faut vraiment réécouter l'un de ses sommets, la scène de la prison de Tancredi (aussi un type de scène hérité de la tradition seria du XVIIIe) avec son splendide récitatif accompagné, où c’est par l’art du chant, et uniquement par cela, par les ressources expressives du legato, les ports de voix, les nuances subtiles, la messa di voce, le trille, les échelles chromatiques, les jeux dynamiques, et j’en passe, que le personnage et sa situation émergent, que ce spianato sublime prend cette atmosphère de profondeur suspendue. Comme je disais, aucune facilité. Alors oui, il aurait été plus simple et direct de jouer les pleureuses, en appuyant sur le tremolo, les inégalités de voix, les susurrements émis sans soutien, mais dans ce cas-là, ce n’est plus du belcanto.
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Polyeucte
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Mer 28 Nov 2018 - 17:39


Chris Merritt :  The Heroic Bel Canto Tenor (1993)

Cornaro, Acte 2 : [/img]Don Sebastiano Re del Portogallo, Acte 2 : "Deserto in terra"
Il Duca d'Alba, Acte 4 : "Angelo casto e bel"
Poliuto, Acte 2 : "Fu macchiato l'onor mio"
Cantata in onore del Sommo Pontefice Pio IX : "La sua possente voce"
Otello, Acte 1 : "Ah! sì, per voi già sento"
Ermione, Acte 1 : "Balena in man del figlio"
Elisabetta Regina d'Inghilterra, Acte 2 : "Della cieca fortuna"

Münchner Rundfunkorchester
Direction : John Fiore

Alors oui, ce récital n'est qu'à moitié Rossini... mais bon, difficile de passer sur Chris Merritt a priori. Et pourtant, après l'écoute de Kunde par exemple, je confirme mon manque d'accroche pour Merritt dans ce répertoire. Autant dans le répertoire français je peux bien aimer (Robert le Diable par exemple ou même ses Juive tardives!) autant là j'ai plus de mal. Peut-être que 1993 est un peu tard il faut dire. Mais je trouve le chant "grossier" en fait  Confused Désolé, mais le timbre semble un peu bizarre, très large mais sans être vraiment focalisé. Je ne doute pas qu'en salle ça devait être sidérant à entendre. Mais le disque fait plus ressortir des limites à mes oreilles. La vocalise n'est pas bluffante (mais correcte), le sur-aigu rare... Alors oui, il y a le monstre vocal qui ressort dans Otello. Mais mes petites oreilles policées préfèrent un Kunde ou un Ford ou un Osborn. Plus délicats dans la ligne de chant entre autre.




Ewa Podleś : Rossini, Arias for contralto (1996)

L'Italiana in Algeri : "Cruda sorte! Amor tiranno!" (Isabella)
L'Italiana in Algeri : "Amici, in ogni evento m'affido a voi... Pensa alla patria" (Isabella)
Semiramide : "Eccomi alfine in Babilonia... Ah! quel giorno ognor rammento" (Arsace)
Tancredi: "Oh patria... Di tanti palpiti" (Tancredi)
Maometto secondo : "Non temer, d' un basso affetto" (Calbo)
La donna del lago : "Mura felici... Elena! oh tu, che chiamo!" (Malcolm)
Il barbiere di Siviglia : "Una voce poco fa" (Rosina)
La Cenerentola : "Naqui all' affanno, al pianto" (Cenerentola)

Hungarian State Opera Chorus
Hungarian State Opera Orchestra
Direction : Pier Giorgio Morandi

Ce disque est pour moi un modèle du genre tant il est fascinant. Déjà fascinant par la voix et l'art d'Ewa Podleś! Ce contralto est totalement passionnant avec le timbre chargé mais jamais lourd, la longueur de tessiture sidérante... et à côté une vélocité dingue! Bien sûr Horne était chouette dans ces airs, mais par l'amplitude et l'aisance, on est encore un cran au dessus ici. Et le pire, c'est que là où je trouve Horne un peu matrone en Rosina par exemple, Podleś semble au contraire se promener comme une jeune fille! Aussi à l'aise dans la bravoure que la comédie, elle nous donne des versions de référence pour presque chacun de ces airs, avec talent, humour, héroïsme... et ce timbre!!!!!




Samuel Ramey : Rossini Arias (1991)

Il Viaggio a Reims : "Ah! Perche la conobbi?...Invan strappar"
Stabat Mater : "Pro Peccatis"
La Cenerentola  : "Là del ciel nell'arcano profondo"
La Cenerentola : "Come Un'Ape Ne'Giomi D'Aprile"
"Alle Voci Della Gloria"
L'Italiana in Algeri : "Le femmine d'Italia"
Semiramide : "Il di gia cade...Deh ti ferma...Que'numi furenti"

Welsh National Opera Chorus & Orchestra
Direction : Gabriele Ferro

Après le récital de Podles, voici un autre monument pour moi... Samuel Ramey dans Rossini, c'est un peu la bonheur absolu!
Et puis quel choix de pièces... le grand air de Lord Sidney, du Sabat Mater, un air bouffe, une cantate, la scène de folie d'Assur...
Bien sûr, tout est grandiose, le timbre splendide, la technique immense... Que dire sinon que c'est parfait??

Voilà... a priori, c'est fini pour moi... (même si j'ai une petite Donna del Lago avec Cuberli, Blake, Merritt et Valentini-Terrani qui m'attend hehe)" />

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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Jeu 29 Nov 2018 - 23:08

Polyeucte a écrit:



Ewa Podleś : Rossini, Arias for contralto (1996)

L'Italiana in Algeri : "Cruda sorte! Amor tiranno!" (Isabella)
L'Italiana in Algeri : "Amici, in ogni evento m'affido a voi... Pensa alla patria" (Isabella)
Semiramide : "Eccomi alfine in Babilonia... Ah! quel giorno ognor rammento" (Arsace)
Tancredi: "Oh patria... Di tanti palpiti" (Tancredi)
Maometto secondo : "Non temer, d' un basso affetto" (Calbo)
La donna del lago : "Mura felici... Elena! oh tu, che chiamo!" (Malcolm)
Il barbiere di Siviglia : "Una voce poco fa" (Rosina)
La Cenerentola : "Naqui all' affanno, al pianto" (Cenerentola)

Hungarian State Opera Chorus
Hungarian State Opera Orchestra
Direction : Pier Giorgio Morandi

Ce disque est pour moi un modèle du genre tant il est fascinant. Déjà fascinant par la voix et l'art d'Ewa Podleś! Ce contralto est totalement passionnant avec le timbre chargé mais jamais lourd, la longueur de tessiture sidérante... et à côté une vélocité dingue! Bien sûr Horne était chouette dans ces airs, mais par l'amplitude et l'aisance, on est encore un cran au dessus ici. Et le pire, c'est que là où je trouve Horne un peu matrone en Rosina par exemple, Podleś semble au contraire se promener comme une jeune fille! Aussi à l'aise dans la bravoure que la comédie, elle nous donne des versions de référence pour presque chacun de ces airs, avec talent, humour, héroïsme... et ce timbre!!!!!

I love you I love you I love you I love you

Pour ma part, j'ai réécouté ce matin, en me baladant (donc par forcément avec une grande concentration) le récital de Deshayes et j'ai été frappé par la qualité de l'accompagnement orchestral, par les Forces majeures et Raphaël Merlin (membre du quatuor Ébène qui a fondé cet ensemble à géométrie variable, constitué de jeunes chambristes, qui semble avoir fait flop... Leur page sur Facebook n'est plus active depuis 2017 et je ne trouve pas d'autres informations... — Edit. : il semblerait qu'un CD avec Edgar Moreau consacré à Offenbach, Schubert, Mozart et Gulda (Very Happy) ait été enregistré par eux et sorte « fin 2018 »...)
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Ven 30 Nov 2018 - 10:02

Il peut arriver que des ensembles soient en suspens pendant longtemps – certains changent même d'effectif (par effectif, je veux dire qu'il n'y a que le chef en commun…) à chaque concert. Et puis s'ils obtiennent les bons engagements, ils vont se fixer et s'installer (c'est un peu ce qui est arrivé aux Dissonances, j'ai l'impression).
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Belcore
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Sam 1 Déc 2018 - 17:29

Hier soir sur le câble un Rossini inconnu de moi : "Ciro in Babilonia" capté en 2012 à Pesaro.
L’œuvre n'est pas passionnante, et la mise en scène de Davide Livermore un peu moins déjantée que d'autres plus réussies comme son "Italienne".
Il y a dans cet opéra de 1812 les prémices de Semiramide : un baryton - rôle travesti -veut épouser la soprano malgré l'opposition du ténor...
Ciro est interprété par Ewa Podles, chanteuse scandaleusement sous estimée, la soprano, c'est Jessica Pratt - et on a un duo entre les deux qui annonce les duos de Semiramide, et le méchant est interprété par Michael Spyre ; grâce à ces trois - là je n'ai pas regretté ma soirée.

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Francesco
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Sam 1 Déc 2018 - 20:02

Belcore a écrit:
Hier soir sur le câble un Rossini inconnu de moi : "Ciro in Babilonia" capté en 2012 à Pesaro.
L’œuvre n'est pas passionnante, et la mise en scène de Davide Livermore un peu moins déjantée que d'autres plus réussies comme son "Italienne".
Il y a dans cet opéra de 1812 les prémices de Semiramide : un baryton - rôle travesti -veut épouser la soprano malgré l'opposition du ténor...
Ciro est interprété par Ewa Podles, chanteuse scandaleusement sous estimée, la soprano, c'est Jessica Pratt - et on a un duo entre les deux qui annonce les duos de Semiramide, et le méchant est interprété par Michael Spyre ; grâce à ces trois - là je n'ai pas regretté ma soirée.

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Retour à l'opéra baroque ?

Ou bien Edwa Podles est si crédible en homme qu'on oublie qu'elle est une femme et un contralto ? Mr. Green
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Stefano P
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Sam 1 Déc 2018 - 21:02

J'aime beaucoup Ewa Podles et je trouve qu'elle a fait une très belle carrière, avec beaucoup de succès ; je ne vois pas en quoi on pourrait dire qu'elle est une "une grande chanteuse scandaleusement sous-estimée"...
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Colbran
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Dim 2 Déc 2018 - 11:37

J’avais assisté à ce Ciro, qui, s’il n’est pas un chef d’œuvre,  reste néanmoins un ouvrage très intéressant qui annonce par moment le grand Rossini sérieux, effectivement.

Podles est quand même sur le retour là-dedans. J’ai toujours eu des réserves sur elle. Alors qu’elle a commencé comme un prometteur mezzo aigu, sa vocalité a évolué vers un faux contralto à renfort de gonflement dans le grave, de médium opacifié et de registres complètement désorganisés. Tout ce que je n'aime pas. Après, ça reste un chant très persuasif et nous avons affaire à une grande chanteuse, c’est certain, juste très loin de mon esthétique et de ce qui est approprié dans le style de chant propre au musico rossinien.
Pratt est très bien en Amira. Elle est bien plus à son aise et à sa place dans les rôles Manfredini que dans les Colbran, son Adelaïde pésaraise est à connaitre également, même si l’œuvre est l’une des plus faibles du catalogue du compositeur.
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Francesco
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Dim 2 Déc 2018 - 12:17

Elle a fait une superbe carrière et je ne pense pas qu'elle soit sous-estimée, mais elle a toujours eu un petit côté "chanteuse culte", je trouve (un peu comme Della Jones qui a un brillant récital Rossini à son actif).


Dernière édition par Francesco le Dim 2 Déc 2018 - 13:15, édité 1 fois
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DavidLeMarrec
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Dim 2 Déc 2018 - 12:33

Ah oui, Podleś, pour le belcanto d'école, c'est sûr. Je fais partie des (nombreuses) groupies qui adorent ses éclats poitrinés.

Et puis quelle voix exceptionnellement longue, très à l'aise dans les mezzos sopranisants et trouvant sa voie dans les contraltos (à coups de poitrinés hénaurmes, certes, mais elle évite la pâleur de beaucoup d'interprètes dans les pages graves où même les voix les plus adaptées n'ont pas forcément un éclat exceptionnel).

J'avais beaucoup aimé son récital Rossini chez Naxos, mais c'était à une époque où je n'avais pas encore découvert Wagner et Pelléas, ça me fascinerait sans doute moins aujourd'hui (et j'ai écouté d'autres propositions stylistiques depuis… accompagnement très lisse-opaque, dans mon souvenir).
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   Dim 2 Déc 2018 - 14:40

Stefano P a écrit:
"une grande chanteuse scandaleusement sous-estimée"...

Scandaleusement ignorée par les firmes discographiques, au moins.
(Et d'autant plus qu'elle a largement plus à montrer que ses Rossini ; voir ses Russes, son Erda, etc.)
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MessageSujet: Re: Sur le chant rossinien   

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