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 Chostakovitch Symphonie n°1

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Utnapištim
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MessageSujet: Chostakovitch Symphonie n°1   Sam 10 Avr 2010 - 18:55

J'ouvre ce fil dans la discographie mais je pense qu'il est souhaitable de dire deux mots sur cette pièce.
Symphonie d'environ 30 mn en 4 mouvements.
Dès les premières notes on est saisi par l'originalité du propos, tout en contraste qui progresse lentement vers un grand tutti.
Le trop court 2e mvt est considérée comme la meilleure page de la symphonie, toute l'ironie du compositeur y est déjà présente.
Le 3e est plus mélancholique et d'un très beau lyrisme. Sans interruption suit le final qui se termine sur une incroyable coda. On notera l'importance du piano, instrument du compositeur, qu'il jouait dans les cinémas.
Elle a été composée à 19 ans et est pour moi un chef-d'oeuvre. Elle fut rapidement jouée à travers le monde. Création en URSS en 1926, jouée par Walter à Berlin en 1927, par Stokowski à Philadephie en 1928, et Toscanini en 1931. C'est par cette oeuvre que fut reconnu le génie de Chosta et il parait qu'il fêtait l'anniversaire de la création.
Pour quelqu'un qui souhaiterait découvrir ce compositeur c'est par là qu'il faut commencer.

Je retiens surtout trois versions de cette oeuvre :

Neeme Järvi et le National d'Ecosse (1985) : exécution sans faiblesse, convaincante d'un bout à l'autre ; c'est ma préférée. Il est dommage que la 6e qui complète ce CD ne soit pas du même calibre.

Karel Ančerl el la Philharmonie tchèque (1964) : moins confortable au niveau sonore, mais une vision intérieure et noble.

Kirill Kondrashin et le Philharmonique de Moscou ( 1973 ) : là aussi on n'a pas le confort de Järvi, mais c'est aussi à connaitre comme tous les enregistrements de Chosta de ce chef (je devrais dire de tous ses enregistrements) qui est globalement pour moi le plus grand interprète de ce compositeur.


Dernière édition par Utnapishtim le Sam 10 Avr 2010 - 19:15, édité 1 fois
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Sam 10 Avr 2010 - 19:09

Merci Utnapishtim! Very Happy
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keane
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Sam 10 Avr 2010 - 19:45

Une nette préfèrence pour Kondrashin dont l'intégrale des symphonies de Chosta me comble : c'est mordant, avec des attaques sèches et les couleurs sombres qui conviennent bien à cette musique.

Sinon Sanderling, avec des tempi plus lents et un côté un peu dépressif, n'est pas mal non plus.
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Utnapištim
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Sam 10 Avr 2010 - 20:06

keane a écrit:
Une nette préfèrence pour Kondrashin dont l'intégrale des symphonies de Chosta me comble : c'est mordant, avec des attaques sèches et les couleurs sombres qui conviennent bien à cette musique.

Sinon Sanderling, avec des tempi plus lents et un côté un peu dépressif, n'est pas mal non plus.

C'est bien ce que je lui reproche. Mais dans la 1e ça va encore, par contre je n'aime pas du tout sa 8e. En fait c'est surtout sa 15e que je trouve bien.
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MOJITO67
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Jeu 13 Mai 2010 - 20:51

Fan de Chosta dwarf je suis

et comment ne pas être "surleculté" par le génie qui transpire de cette première symphonie!!
C'est tout simplement extraordinaire, c'est même une certaine révolution dans la façon de faire jouer un orchestre à l'époque ou elle fut créée

La version de Jarvi avec le National d'Ecosse chez Chandos est en effet une version superbissime, qui tient très bien dans le temps

à découvrir de toute urgence pour ceux qui veulent découvrir l'oeuvre symphonique de ce génie incroyable que fut Chosta

thumleft coucou
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Strad78
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Ven 14 Mai 2010 - 20:36

Deux autres propositions :

La somptueuse version Bernstein avec le symphonique de Chicago (DG)

Rojdestvenski avec l'orchestre du ministère de la culture d'URSS (chant du monde) pour sa teinture "expérimentale".
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christophe21
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Lun 24 Mai 2010 - 20:09

Il y a également la version Karel Ancerl couplée avec l'ouverture festive, avec l'orchestre philharmonique Tchèque chez Suprafon.

Je n'ai pas trouvé de lourdeur dans la direction de la symphonie, ni surtout dans l'ouverture, mais je ne possède pas beaucoup de version différentes pour me faire une opinion suffisante.
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dranguetprod
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Dim 13 Mar 2011 - 17:50

Bonjour à tous !

Je me permets de remonter ce fil car je m'étonne qu'on ne parle pas de la version de Haitink tirée de l'intégrale chez DECCA, tout de même. Elle est un summum d'intériorité et de profondeur, et les pianissimi du 3ème mouvement notamment sont à tomber à la renverse au vue de la profondeur des graves...

Je signale aussi la récente version de Gergiev, qui, s'il manquait de profondeur, justement, dans son anthologie Philips, a fait un magnifique disque avec le Mariinski Orchestra regroupant la 1ère et la 15ème symphonie. Ce SACD est magique, avec une coda de la 1ère enlevée et superbe.

Sanderling avec les Berliner Sinfoniker est aussi à recommander. Et bien sûr, Bernstein, dans son disque DG en live avec Chicago (avec la légendaire 7ème), mais aussi dans un DVD Euroarts où on le voit en répétition (faisant l'intérêt du DVD) avec un orchestre de jeunes pour le festival du Schleswig-Holstein de 1987. Magnifique, et quel pédagogue, il vous donnera envie d'aller plus loin sur cette symphonie ou tout simplement de la découvrir...

Voilà, c'était juste pour donner quelques références en plus pour ceux qui cherchent à découvrir d'autres versions, et non des moindres. tongue
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Mer 8 Mai 2013 - 21:05

Witold Rowicki, Wiener Symphoniker

(Philips, 28-30 octobre 1960)



Une des premières versions stéréophoniques. Les atmosphères versatiles et narquoises de l'Allegretto initial sont bien rendues, voilà globalement une très intéressante et fiable interprétation. Mais l'orchestre viennois n'est pas restitué avec suffisamment d'étoffe pour rendre pleinement palpables les influences wagnériennes du Lento. Et la virtuosité fait un peu défaut dans le foudroyant Allegro et le Finale, où certains pupitres restent à la traîne (clarinette par exemple). On y entend néanmoins le chef polonais frapper du pied sur l'estrade, preuve que la baguette était sous tension.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Sam 14 Déc 2013 - 21:32


Smile Quelqu'un connaît-il ces enregistrements canadiens de Rudolf Barshaï ?
 
Je ne les trouve pas sur Amazon.
 
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A
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Dim 15 Déc 2013 - 6:13

Je ne les ai pas entendus, mais je sais que ce disque est hors-circulation. Le VSO de l'époque n'était pas un très bon orchestre. J'ai leur Pathétique de Tchaikovsky, un enregistrement plaisant et sincère, mais poids léger.

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Pierre75013
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Mer 25 Déc 2013 - 15:22

Il existe un live de Solti dans un gros coffret dédié au Royal Concertgebow d'Amsterdam (Concert des années 1990), c'est grand !
Je trouve ça passionnant... Un concert de 91 si ma mémoire est bonne.
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aurele
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Ven 7 Mar 2014 - 22:01

Mélomaniac, tu dois connaître la version Bernstein avec Chicago qui est plébiscitée une fois dans ce topic. Comme elle est couplée avec la 7e, cela m'intéresserait d'avoir ton avis. D'autres avis sont les bienvenues bien évidemment.
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Ven 7 Mar 2014 - 22:13

Very Happy Beh c'est pas compliqué : Bernstein / Chicago est ma version préférée.

Déjà parce qu'il est un des rares à cravacher le Scherzo qu'on a toujours tendance à aborder trop prudemment (faut dire que l'accroche aux cordes graves est particulièrement redoutable à réussir).

Intense dans le mouvement lent, avec une magnifique transition vers le Finale qu'il joue avec une verve, un panache vraiment épatants.

Un triomphe.
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aurele
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Sam 8 Mar 2014 - 9:42

Cela donne envie de se procurer ce couplage 1ere/7e. On peut le trouver seul ou avec les Stravinsky (je connais déjà son Sacre du printemps). Après, comme pour la 6 et la 9 de Chosta, cela existe en DVD (même si je ne sais pas s'il réussit autant ces deux symphonies), vaut mieux les prendre seules peut être.
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Jeu 11 Fév 2016 - 0:23

bounce Je ne connaissais pas ce disque.

C'est bien ces versions ?

Ravelavélo, in playlist, a écrit:

Dimitri Chostakovitch
Symphonies nos.1 & 9
Vancouver Symphony Orchestra
Roudolf Barchaï




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Ravélavélo
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Jeu 11 Fév 2016 - 0:27

Mélomaniac a écrit:
bounce Je ne connaissais pas ce disque.

C'est bien ces versions ?

Ravelavélo, in playlist, a écrit:

Dimitri Chostakovitch
Symphonies nos.1 & 9
Vancouver Symphony Orchestra
Roudolf Barchaï



C'est excellent, surtout pour la Neuvième que j'aime beaucoup et qui me fait rire tant la musique de Chosta est espiègle, un disque produit par Radio-Canada dans les années '80.
Le disque est épuisé depuis belle lurette.
Roudolf Barchaï n'est pas le dernier venu dans l'oeuvre de Chostakovitch, c'était l'ami du compositeur et c'est lui, Barchaï qui a créé la Quatorzième Symphonie en 1969, il est donc porteur d'une tradition. Il existe un autre disque de Barchaï dans Chostakovitch et celui-là, il est disponible (je crois bien) sur étiquette Chandos et c'est un très beau CD.
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Anaxagore
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Jeu 11 Fév 2016 - 1:13

Puisqu'on parle de Barchaï, sa version de la première symphonie, dans le cadre de son intégrale avec l'orchestre de la WDR à Cologne, est remarquable. Je pense que c'est ma préférée ex aequo avec Bernstein/Chicago qui est bien sûr fabuleux Smile .
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Ravélavélo
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Jeu 11 Fév 2016 - 1:25

Anaxagore a écrit:
Puisqu'on parle de Barchaï, sa version de la première symphonie, dans le cadre de son intégrale avec l'orchestre de la WDR à Cologne, est remarquable. Je pense que c'est ma préférée ex aequo avec Bernstein/Chicago qui est bien sûr fabuleux Smile .

Salut Anaxagore!
Voilà notre consolation pour la Neuvième, Barchaï reste un grand spécialiste de Chostakovitch. Il a retranscrit le Dixième Quatuor de Dimitri en Symphonie de chambre (l'Opus 118b), d'une remarquable facture.
Ce CD existait sous Chandos, je peine à le retrouver, mais Barchaï a réenregistré l'oeuvre sous étiquette Hypérion. L'extrait entendu semble de qualité impeccable.
Et que penses-tu de la Neuvième, brièvement?

violon
Spoiler:
 


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Anaxagore
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Jeu 11 Fév 2016 - 1:33

Ravelavélo a écrit:
Anaxagore a écrit:
Puisqu'on parle de Barchaï, sa version de la première symphonie, dans le cadre de son intégrale avec l'orchestre de la WDR à Cologne, est remarquable. Je pense que c'est ma préférée ex aequo avec Bernstein/Chicago qui est bien sûr fabuleux Smile .

Salut Anaxagore!
Voilà notre consolation pour la Neuvième avec l'Orchestre de Vancouver, Barchaï reste un grand spécialiste de Chostakovitch. Il a retranscrit le Dixième Quatuor de Dimitri en Symphonie de chambre (l'Opus 118b), d'une remarquable facture.
Ce CD existait sous Chandos, je peine à le retrouver, mais Barchaï a réenregistré l'oeuvre sous étiquette Hypérion. L'extrait entendu semble de qualité impeccable.
Et que penses-tu de la Neuvième?

violon
Spoiler:
 

Merci pour le lien Smile . Je dois encore découvrir cet opus 118b ...
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arnaud bellemontagne
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Dim 25 Sep 2016 - 13:57

Disques en lice consacré à la Symphonie n°1:
http://www.rts.ch/play/radio/disques-en-lice/audio/dmitri-chostakovitch--symphonie-no-1?id=7991820
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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Sam 6 Oct 2018 - 23:58

Mélomaniac, in playlist, a écrit:

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) :

Symphonie n°1 en fa mineur, Op. 10

= Sergiu Celibidache, Orchestre philharmonique de Munich

(Emi, mai-juin 1994)

Smile Interprétation réfléchie, austère voire un brin alambiquée, -conforme aux impressions que j'avais détaillées lors d'une précédente écoute,
où je m'étais attaché à une analyse des tempos :

La "Première" sort de la plume d'un jeune étudiant du Conservatoire de Saint-Pétersbourg, pour épater le jury.
Il concevait le premier mouvement comme une narration et insistait sur la précision rythmique -remarque d'autant nécessaire qu'il peut sembler erratique.
Celibidache le rend plutôt atmosphérique, dans l'esprit d'une ballade.
Ainsi laisse-t-il musarder son clarinettiste à 1'48 sans souligner le caractère « plaisantin » que souhaitait l'auteur
dans les explications qu'il rédigea en 1927 (et qui contredisent souvent les indications métronomiques primitives).
Noire à 129 pour l'irruption ainsi émoussée de l'allegro non troppo (5'02-6'10) : on s'approche du 138 qui amendait le 160 originellement inscrit.

.
Le chef roumain freine aussi le raptus initial du second mouvement (noire à 140 or non moins de 176 selon le compositeur)
puis modère corrélativement le meno mosso qu'introduit rêveusement la flûte à 1'03 : noire à 78 au lieu de 84.
Mesure 118 (3'53), il mollit l'explosive fanfare par une tendance au legato.

.
La procession funéraire du Lento convient bien à Celibidache qui y déploie sa profonde connivence avec les ambiances contemplatives,
même si certaines nuances dynamiques peuvent se discuter.
À 3'46, sa façon de doser le decrescendo des cordes (ff>pp selon le texte) ne leur concède-t-elle encore pas trop de volume pour émanciper la plainte du hautbois ?
Entre 5'30-9'06, trompettes et cors excèdent peut-être la nuance f à laquelle ils ajoutent du brio,
mais se conforment aux intentions postérieures du compositeur : « très sonore mais sans hurler ».
Dans le sillage de ce climax naîtront des estompes magiquement suscitées : à 6'32, notez comment le violoniste immisce une voix frêle et douce.
Vers la coda (8'34-9'30), le trompettiste en sourdine s'efface dans le dégradé vraiment subjuguant qu'exhalent flûte et clarinette, comme une ultime haleine.

.
Gommant le hiatus généré par le roulement de caisse claire, le maestro coule le Finale dans la continuité spirituelle du mouvement précédent
et accumule la puissance plutôt que l'énergie cinétique.
Moyennant quelques coquetteries : à 1'48, il libère un allegro molto papillonnant, s'attarde à ciseler des vétilles (le jeu entre cymbales et clarinette),
et escamote le tempo requis (noire à 130 au lieu de 208).
À 7'02, noire à 42, soit un tiers plus lent que dans la partition originale : le violoncelliste délite la cantilène qui en devient un morne thrène.
Semblable retenue inhibe l'essor des trombonistes dans le piu mosso (10'04) qui s'achemine poussivement vers une conclusion martelée en force.



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Mélomaniac
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MessageSujet: Re: Chostakovitch Symphonie n°1   Mer 17 Oct 2018 - 0:47

Mélomaniac, in playlist, a écrit:


Catégorie orchestrale -rang 154°/250




Jean Martinon (1910-1976)


Dimitri Chostakovitch (1906-1975) :

Symphonie n°1 en fa mineur, Op. 10
L'Âge d'or, -suite de ballet Op. 22

= Jean Martinon, Orchestre symphonique de Londres

(RCA, décembre 1968)

Smile Deux partitions de jeunesse, écrites à moins de 25 ans.
L'Âge d'or est passé à la postérité pour sa polka avec son xylophone déluré, ses sonorités burlesques,
où l'on sent ouvertement l'ironie chostakovienne, qui peinturlure ici à la gouache la plus corrosive, mais sait aussi exprimer dans l'Adagio une poignante émotion,
soutirée par une ambiance lascive où le second degré n'est pas absent.
Et auparavant, la première des quinze symphonies, brillant exercice de fin d'études, qui maniait déjà le sarcasme (le persifleur Allegretto),
les portraits au vitriol (l'athlétique Allegro qui oscille entre véhémence et hébétude), l'inspiration simili-mahlérienne du Lento,
et le fougueux Finale dont les bourrasques montrent l'ambition et le talent d'orchestrateur du compositeur frais émoulu du Conservatoire.

.
J'avais découvert ces deux œuvres à la même époque, quand je venais d'entrer au lycée,
-vous constaterez dans ces Mélomaniac d'Or que Chostakovitch est un vieux compagnon :
la Suite Op. 22 dans l'enregistrement somptueux d'Haitink (Decca), presque trop opulent pour des pages aussi séditieuses,
puis avec Neeme Järvi (DG), un peu trop mince même si l'esprit semble adéquatement plus affûté.
J'ai choisi Martinon car il concilie le charme vénéneux et le panache, dans une captation radiographique qui dissèque l'instrumentation,
et fait entendre à nu les pupitres (un peu par effet de loupe des micros, certes) qui gratouillent l'oreille : cor anglais, contrebasson...
J'aime bien aussi la version d'Efrem Kurtz, mais moins maîtrisée, et trop désordonnée dans le charivari final.

.
Martinon s'impose aussi dans la symphonie, où le choix s'avère pourtant vaste. C'est Bernstein à Chicago (DG) qui me l'avait fait connaître :
prestation gonflée à bloc, avec des cuivres bluffants, un Allegro furieux, des sommets d'intensité qu'il faut assurément avoir entendus !
Seul Toscanini a su éviter tout flottement dans le désultoire Allegretto, au prix d'un tempo astringent, mais le chef français obtient une restitution
autrement agrégée, par l'intelligence du propos, voire une certaine élégance.
Clairvoyance, fluidité de la conduite dénuée d'emphase, sans renier une certaine abrasivité du timbre et du ton, qui resitue l'idiome, et obtient un final sec et foudroyant.
En définitive, Martinon a su saisir les diverses intentions de cet hétéroclisme et en scruter les facettes,
de même que Markevitch (Columbia) mais qui quant à lui ne disposait pas d'une prise de son aussi démonstrative et sculpturale.



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